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Découvrez les finalistes 2010 des Prix littéraires du Gouverneur général

2010-10-26
Logo des Prix du Gouverneur général.

Le Conseil des Arts du Canada a dévoilé le 13 octobre 2010 les noms des 70 finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général de 2010. Ces Prix sont décernés en français et en anglais dans les catégories romans et nouvelles, études et essais, poésie, théâtre, littérature jeunesse (texte et illustrations) et traduction. Les noms des finalistes, les titres de leurs œuvres ainsi que les commentaires des comités d'évaluation par les pairs sur chacune de ces œuvres sont énumérés ci-dessous. Les lauréats seront connus le jeudi 25 novembre à 18 h.

Finalistes de langue française

Romans et nouvelles

Marie-Claire Blais, Mai au bal des prédateurs, Éditions Boréal
En prise avec la sensibilité polyphonique de notre époque, la forme éclatée de Mai au bal des prédateurs entremêle des destins croisés pour brosser un tableau vibrant de notre modernité. Voici un livre fraternel qui, à travers Yinn la transsexuelle et Mai la fille surprotégée, nous entraîne dans le tourbillon du monde.

Martine Desjardins, Maleficium, Éditions Alto
Un petit bijou construit autour d'une structure narrative qui ne laisse rien au hasard, servi par une langue d'une richesse rare. Le monde présenté avec une habileté admirable dans Maleficium est habité par la crainte et le désir, et la réalité y a des profondeurs insoupçonnées. Avec ses surprises, ses voyages exotiques et ses descriptions chatoyantes, ce livre constitue un plaisir unique de lecture.

Agnès Gruda, Onze petites trahisons, Éditions Boréal
Un vrai recueil de nouvelles : structuré, unifié, intelligent, sensible, qui sait traiter aussi bien des petits drames personnels que des grandes tragédies internationales. Les personnages y sont parfaitement incarnés et plongés au cœur de situations humaines où chacun peut se reconnaître, dans ses meilleures intentions comme dans ses plus lamentables ratés.

Dany Laferrière, L'énigme du retour, Éditions Boréal
Autobiographie commençant par la mort d'un père inconnu, L'énigme du retour est aussi un tableau intergénérationnel d'une nation encore en deuil de son passé. Portrait d'un écrivain face à son Haïti natal, tiraillé entre misère et opulence, lumière et ténèbres, beauté et laideur. Dany Laferrière signe ici une œuvre au ton étonnamment juste.

Kim Thúy, Ru, Éditions Libre Expression
À cheval entre l'Orient et l'Occident, le passé et le présent, l'héroïne de Ru nous entraîne dans le sillage des boat people dont le destin houleux épouse les grands chocs de l'histoire du Vietnam décolonisé. Portrait au style limpide et scintillant d'une exilée dont la vie est liée par un fil à l'océan des vivants.

Poésie

Francis Catalano, qu'une lueur des lieux, L'Hexagone
Dans qu'une lueur des lieux, les mots sont des minibombes qui renvoient avec fulgurance à la case départ du langage. L'auteur nous emporte dans une cascade de « lapsus linguae » et de « lapsus oculi » qui « lèvent le voile sur un coin de l'inconscient ». Nous parcourons avec jubilation les lieux mythiques de l'Amérique, brûlants de mille feux de circulation.

Marie-Josée Charest, Rien que la guerre, c'est tout, Les Herbes rouges
Avec une économie de moyens, avec la noblesse de mots directs et simples, sans complaisance ni pitié, Marie-Josée Charest nous fait entrer dans la réalité de la guerre trop souvent banalisée. On accueille comme un soulagement la réserve de l'auteure devant son sujet, l'acuité et la justesse de ses paroles, la pudeur de son regard.

Carole David, Manuel de poétique à l'intention des jeunes filles, Les Herbes rouges
Comme une tragédienne, Carole David donne voix à toutes les femmes qui l'habitent, des créatrices qui ont inspiré le monde. Manuel de poétique à l'intention des jeunes filles nous rappelle la fragilité et la force tranquille de ces êtres nécessaires à l'humanité. Ici, le réel magnifié échappe à son quotidien et atteint la grâce qu'a parfois le chant des sirènes.

Danielle Fournier, effleurés de lumière, L'Hexagone
La narration audacieuse aux strates multiples nous entraîne dans un labyrinthe tout en transparence, où l'on ne sait qui du chœur ou des deux voix de femmes chuchotent. Ici, le corps se dévoile dans la lumière du jour. L'écriture se construit avec grâce et intelligence dans le déploiement de la structure même du recueil. 

Pierre Nepveu, Les verbes majeurs, Éditions du Noroît
Dans une langue exacte, au rythme indéfectible, large comme un fleuve, Les verbes majeurs épouse avec une extrême tendresse le destin des petites gens. Quand les saisons s'accordent pour nous rendre vulnérables, s'installe alors l'émerveillement d'une fin de parcours où le verbe majeur est sans aucun doute « être ».

Théâtre

Geneviève Billette, Les ours dorment enfin, Lansman Éditeur
Dans Les ours dorment enfin, Geneviève Billette examine la relation improbable d'un enfant porté par le vent et d'un gardien de zoo blessé par son passé. Un texte dur et lucide, mais rempli de tendresse et de poésie où les ours, les gardiens et les enfants cherchent le bonheur. 

Evelyne de la Chenelière, L'imposture, Leméac Éditeur
À qui appartient le texte que signe un auteur? Aux êtres et aux événements qui l'auront inspiré ou à l'auteur qui s'est approprié le droit de puiser dans la vie des autres? Dans L'imposture, Evelyne de la Chenelière fait le procès des auteurs et pose un regard très juste sur notre époque.

Emma Haché, Trafiquée, Lansman Éditeur
Trafiquée célèbre, avec force et courage, la survie d'une femme exploitée sexuellement et nous plonge dans l'action même du récit grâce à des images percutantes et troublantes qui nous maintiennent sur la corde raide. Une bouleversante descente aux enfers.

David Paquet, Porc-épic, Dramaturges Éditeurs
Dans l'espoir de rompre leur solitude, les personnages de Porc-épic tentent de se rapprocher les uns des autres. À la recherche d'une ultime bouée de sauvetage, ils navigueront d'illusion en illusion, de déception en déception. Une tragédie qui se tisse dans un environnement surréaliste et poétique, sur fond d'humour noir.

Gilles Poulin-Denis, Rearview, Dramaturges Éditeurs
Entre le Québec et le Nord de l'Ontario, Guy, au volant de sa bagnole, tente de fuir. Mais quoi au juste? Un délit? Des spectres? Sa propre vie? Le « road-théâtre » de Gilles Poulin-Denis est un voyage fascinant et poétique entre l'errance qui nous entraîne parfois malgré nous et les repères auxquels on tente désespérément de s'accrocher.

Études et essais

René-Daniel Dubois, Morceaux : entretiens sur l'écho du monde, l'imaginaire et l'écriture, Leméac Éditeur
Cet essai, où l'auteur converse avec un double imaginaire, nous montre avec brio et humour les coulisses de la création. René-Daniel Dubois nous fait entrer dans son univers de libre penseur, en s'arrêtant à son expérience dans le milieu théâtral, à ses préoccupations sociales et politiques, et, peut-être surtout, aux mystères de la fiction.

Michel Lavoie, C'est ma seigneurie que je réclame : la lutte des Hurons de Lorette pour la seigneurie de Sillery, 1650-1900, Éditions Boréal
C'est à l'histoire de la seigneurie de Sillery et de la lutte des Hurons pour la récupérer que nous convie Michel Lavoie. À travers le récit de ce combat inégal que les Hurons livrèrent aux Britanniques et au gouvernement du Canada, l'auteur nous montre l'incidence que pourrait avoir sur les revendications territoriales amérindiennes cette histoire ancienne, brûlante d'actualité.

Marie Mc Andrew, Les majorités fragiles et l'éducation : Belgique, Catalogne, Irlande du Nord, Québec, Les Presses de l'Université de Montréal
Marie Mc Andrew, dans Les majorités fragiles et l'éducation, procède à une étude imposante et nécessaire. Elle y compare les systèmes d'éducation de quatre sociétés analogues : la Belgique, la Catalogne, l'Irlande du Nord et le Québec. Il en résulte une enquête stimulante, un important apport au débat public.

Pierre Ouellet, Où suis-je? Paroles des égarés, VLB éditeur
Avec une écriture incandescente, Pierre Ouellet suit le fil rouge de la perte de soi et de la reconnaissance de l'autre à travers sa lecture d'écrivains, la plupart québécois. Il nous fait parcourir les thèmes et le travail sur la langue de ces auteurs et les lieux qu'ils lui inspirent.

Yvon Rivard, Une idée simple, Éditions Boréal
L'art doit travailler au bonheur de l'humain. L'idée est si simple qu'on se demande pourquoi on a si peu réfléchi à la portée éthique et consolatrice de l'art, ou encore à l'hospitalité que la littérature offre à la souffrance. Yvon Rivard nous montre à la suite de Camus que « l'écriture fait du bien ».

Littérature jeunesse - texte

Michel Noël, Nishka, Les Éditions Hurtubise
Avec Nishka, Michel Noël nous livre le récit attachant de la destinée d'Ojipik, un jeune Anishnabé, parti vivre dans la communauté canadienne-française de Messines, dans les années 1960. Toutes les valeurs humaines fondamentales sont ici réunies : amour, compassion, respect et dignité.

Patrice Robitaille, Le chenil, Les Éditions L'Interligne
Récit à la fois tendre et dur sur le sort d'un orphelin trisomique, emprisonné dans la maltraitance comme le sont les chiens du chenil dont il s'occupe. À travers l'amitié naissante et porteuse d'espoir entre le jeune Simon et l'officier allemand, Walter Krüger, l'auteur en profite pour nous rappeler la présence d'un camp de prisonniers de guerre à Espanola, en Ontario, dans les années 1940.   

Yves Steinmetz, La chamane de Bois-Rouge, Éditions Pierre Tisseyre
L'aventure est au rendez-vous! Magie blanche et magie noire, mythes autochtones et dure réalité de la colonisation, puis de la ruée vers l'or, servent de toile de fond à cette histoire merveilleuse, baroque à souhait, d'une famille hantée de génération en génération par l'héritage maléfique de l'arrière arrière grand-mère sorcière. 

Alain Ulysse Tremblay, Le dernier été, Soulières éditeur
Isaac, âgé et malade, va mourir. Sa famille le retrouve pour l'accompagner sur ce dernier chemin pendant les vacances. Entre le début et la fin de celles-ci, des bateaux qui passent, des contes fantastiques, du suspense. Connivence et chagrin d'amour seront aussi au rendez-vous. Un éloge à l'imagination et à la transmission de la mémoire d'une génération à l'autre.

Élise Turcotte, Rose : derrière le rideau de la folie, Les éditions de la courte échelle
Album saisissant et polyphonique qui propose un parcours insolite à l'intérieur du chagrin et de la peur, un vrai dialogue sur la folie. L'écriture poétique singulière bouscule et dérange. Les mots justes tombent comme un couperet et les images fortes flottent à contre-courant. Grâce à chacune des listes qu'elle écrit, Rose finit par soulever le rideau de la folie.

Traduction de l'anglais vers le français

Geneviève Letarte et Alison L. Strayer, Rencontres fortuites, Les Allusifs
Geneviève Letarte et Alison Strayer ont su recréer avec minutie et beaucoup de finesse la psychologie intime des personnages créés par Mavis Gallant. Le contexte culturel et les différences entre nationalités sont subtilement rendus; l'ensemble reproduit avec brio la belle ironie de l'auteur.

Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Sale argent : petit traité d'économie à l'intention des détracteurs du capitalisme, Éditions Logiques
Il n'est pas facile de traduire un traité d'économie, même s'il est à l'usage du néophyte. Lori Saint-Martin et Paul Gagné y arrivent admirablement, en conservant, au bénéfice du lecteur, le style vif et limpide de l'original. Leur traduction, pleine de trouvailles, est tout simplement excellente.

Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Les Troutman volants, Éditions Boréal
Ce roman posait un défi de taille aux traducteurs, celui de la reproduction de l'oralité. Le défi a été relevé avec succès : la langue des deux adolescents se distingue parfaitement de celle de leur tante, sans toutefois rompre l'unité du roman. Le style, les niveaux de langue, le ton et l'effet du texte, tout est ici fidèlement reproduit.

Claudine Vivier, L'exode des loups, Éditions Boréal
Claudine Vivier parvient à rendre l'émotion qui se dégage du texte d'origine et à donner vie à un monde animal riche en mystères. Cette traduction pleine de chaleur nous entraîne dans un univers au sein duquel le chant animal et l'appel de la nature portent en eux l'espoir.

Sophie Voillot, Le cafard, Éditions Alto
Sophie Voillot est sensible aux intentions de l'auteur du Cafard et sait recréer l'atmosphère urbaine, sombre et oppressante du quotidien des personnages. Son talent se manifeste aussi bien dans les passages lyriques que dans ceux teintés d'humour noir.