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Twitter et l’enseignement du français au secondaire : une entrevue exclusive avec Annie Côté

2011-10-13
Madame Annie Côté.

Au printemps 2011, Annie Côté, une enseignante de français en cinquième secondaire de l'école secondaire Saint-Pierre et des Sentiers, de l'arrondissement Charlesbourg de la ville de Québec, a proposé à ses élèves de rédiger huit devoirs sur la plateforme Twitter, à raison d'un devoir par semaine. Ces devoirs devaient, comme l'impose le site de microblogage, comporter au maximum 140 caractères, incluant la ponctuation et les espaces. Chaque devoir devait également respecter un thème précis, lequel différait chaque semaine.

Au terme de cette première expérience, madame Côté a eu l'occasion de présenter son bilan et son appréciation du projet à quelques reprises dans les médias1. De son côté, le Conseil supérieur de la langue française (CSLF) lui a proposé de répondre à quelques questions portant sur l'usage de la langue française dans les médias sociaux. Voici la version intégrale de cette entrevue exclusive.

Pourquoi avez-vous décidé d'utiliser Twitter comme outil pédagogique pour inciter vos élèves à écrire?

Chaque occasion d'inciter les élèves à lire et à écrire doit être saisie. La plupart des écoles secondaires doivent, ces années-ci, légiférer à propos de l'utilisation des téléphones cellulaires, que les élèves n'utilisent pas toujours à bon escient. Les élèves sont souvent tentés d'envoyer des textos à des amis dans d'autres classes, ce qui pose problème en situation d'examen, par exemple. Ces téléphones permettent l'envoi de messages de 140 ou de 160 caractères, ce qui est semblable à Twitter. Proposer aux élèves de rédiger un devoir de 140 caractères, c'est donc interpeller les jeunes dans leur habitude de communiquer de façon succincte à l'aide d'un média électronique.

Mais, au-delà de la communication, il y a ce qui s'appelle plaisamment la « twittérature », que j'ai découverte à l'automne 2010, c'est-à-dire que certaines personnes publient de courts textes littéraires sur Twitter. Deux de ces personnes, Jean-Yves Fréchette et Jean-Michel Le Blanc, ont même fondé l'Institut de twittérature comparéeCe lien ouvre dans une nouvelle fenêtre, et son contenu risque de ne pas être accessible. Cette idée de production littéraire courte m'a fascinée, et j'ai voulu que mes élèves tentent cette expérience : c'est ainsi que j'ai eu l'idée de leur proposer la rédaction de devoirs.

Quelle a été la réaction de vos élèves?

Ils ont d'abord été amusés par l'idée de devoirs si courts à publier sur un réseau social, parce que cela ne correspondait pas à l'idée qu'ils se faisaient d'un devoir traditionnel. Puis ils ont perçu le défi d'écrire sur un thème précis en 140 caractères exactement. Et, au fil des semaines, certains ont décidé de se donner des contraintes supplémentaires : utiliser des mots qui commencent tous par la même lettre, ne pas utiliser la lettre e ou utiliser des mots choisis au hasard dans le dictionnaire.

J'ai présenté ce projet à mes élèves en leur disant que j'étais consciente qu'ils aimaient s'envoyer des textos et que nous allions utiliser leurs téléphones cellulaires pour une série de devoirs. L'aspect avant-gardiste de cette idée leur a plu, mais je crois que c'est l'aspect ludique du projet qui les a surtout séduits. Tout au long du projet, certains de mes collègues et plusieurs internautes, très enthousiastes à propos du projet, me disaient qu'eux aussi voulaient « jouer à faire un devoir sur Twitter ». Et j'ai en effet reçu, au fil des semaines, des « devoirs » de plusieurs personnes qui suivaient mes élèves. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'à la toute fin des huit semaines, j'ai proposé aux internautes un défi concocté par mes élèves : rédiger un mode d'emploi en 140 caractères. Ainsi, 65 personnes ont produit près de 200 devoirs dans le cadre de ce défi public.

Comment l'utilisation de Twitter peut-elle soutenir l'enseignement de la langue française?

Les possibilités n'ont de limites que celles de notre imagination : Delphine Regnard (@drmlj)Ce lien ouvre dans une nouvelle fenêtre, et son contenu risque de ne pas être accessible, de Mantes-la-Jolie, dans la région Île-de-France, a entre autres demandé à ses lycéens de produire et de publier des haïkus sur Twitter; Jean-Michel Le Baut (@jmlebaut)Ce lien ouvre dans une nouvelle fenêtre, et son contenu risque de ne pas être accessible, de Brest, a demandé à ses élèves de réécrire chacun des chapitres de L'Étranger de Camus en un seul « tweet2 ». D'autres enseignants font travailler l'argumentation ou la critique théâtrale en direct sur ce réseau.

Et ce n'est pas tout : sur Twitter, toute une communauté d'enseignants échangent à propos de leurs expériences, s'entraident et discutent de leurs pratiques. D'ailleurs, chaque mercredi de l'année scolaire ont lieu des discussions qui réunissent plusieurs intervenants du monde de l'éducation francophone. Il est possible de suivre ces discussions à l'aide du mot-clic #ClavEd (pour clavardage éducation).

La contrainte de 140 caractères est-elle un frein ou un stimulant au processus de création littéraire de vos élèves? Croyez-vous que l'utilisation des textos les avait préparés à travailler avec cette contrainte?

La créativité de mes élèves a été particulièrement stimulée, plus encore que lorsqu'ils ont écrit leur recueil de poésie plus tôt durant l'année scolaire, mais je ne sais pas s'il faut attribuer ce fait à la contrainte, aux thèmes proposés ou au fait que ces devoirs aient été publics. Je crois que le caractère public de mon projet a donné le goût aux jeunes de se surpasser : ils n'écrivaient pas uniquement pour leur professeur et pour être évalués, mais ils avaient un lectorat qui réagissait à leurs publications et les félicitait parfois. Le nombre de fautes a d'ailleurs sensiblement baissé au cours des semaines : c'est gênant de faire des fautes d'orthographe en public! De plus, ce qui est intéressant, c'est la possibilité de décloisonner les apprentissages, de faire prendre conscience aux jeunes que le français, ce n'est pas exclusif à la classe de français.

Croyez-vous que l'utilisation des textos chez les jeunes a un impact sur leur manière d'écrire la langue française?

L'écriture de textos est uniquement, selon moi, un code différent. Exactement comme les notes de cours que prennent les étudiants ou comme l'écriture sténographique. La différence est que, normalement, la maîtrise de la langue française précède celle des autres codes, ce qui n'est pas forcément le cas avec les textos, puisque les adolescents commencent très jeunes à utiliser l'écriture SMS, avant même de maîtriser la langue française. Il serait pertinent de se demander si la prise de notes à l'université a un impact sur la manière d'écrire des étudiants; je crois que nous répondrions de façon négative. Mes élèves savent faire la différence entre ces codes : à 16 et 17 ans, ils ne sont plus de jeunes adolescents. Alors, la plupart d'entre eux ont déjà une bonne maîtrise de la langue française et continuent d'utiliser parallèlement le langage SMS.

Croyez-vous que leur participation à votre projet va changer leur manière de texter et, si oui, de quelle façon?

Je ne crois pas que ce projet va changer leur façon de texter : les gens envoient des textos parce que c'est simple et rapide, et l'utilisation d'abréviations n'est pas pour moi un péché. Je crois cependant que mes élèves n'écriront pas sur Twitter comme ils écrivent sur leurs cellulaires, parce qu'ils ont appris qu'on peut écrire de jolies choses sans fautes et sans abréviations en 140 caractères.

Saviez-vous qu'il existe des termes français pour désigner les nouvelles réalités sur des plateformes comme Twitter (microbillet, microbloguer, mot-clic, etc.)? Les utilisez-vous avec vos élèves?

Je connais ces mots, mais je ne les utilise pas systématiquement, ce qui est peut-être contraire à ce qu'un professeur de français devrait faire. Si je n'utilise pas exclusivement ces propositions de l'Office québécois de la langue française (OQLF), c'est parce que l'usage de ces mots n'est pas encore fixé et qu'ils ont des concurrents : « hashtag »/mot-clic/croisillon/balise, « tweet »/microbillet/gazouilli, « tweeter »/microbloguer/gazouiller.

De plus, je ne suis pas nécessairement à l'aise avec ces mots, par exemple avec microbillet, parce qu'un « tweet » n'est pas toujours un billet : la motivation linguistique de ce mot n'apparaît donc pas évidente pour moi. « Hashtag » me pose un autre problème parce que trois équivalents francophones sont en concurrence pour le traduire : mot-clic, proposé par l'OQLF en janvier dernier, réfère à l'action posée; croisillon est quant à lui le nom du signe typographique qui précède le mot (à ne pas confondre avec le dièse, qui lui ressemble beaucoup); enfin, balise, celui que je préfère, réfère à la fonction du mot. Appartient-il à un enseignant de déterminer lequel de ces concurrents il faut privilégier? Je ne le crois pas.

Et il y a un problème à utiliser systématiquement ces néologismes : Twitter permet l'éclatement des frontières en favorisant le dialogue entre des gens qui ont les mêmes intérêts, mais qui habitent aux quatre coins du monde. Sur ce réseau, je suis en communication, tout comme mes élèves d'ailleurs, avec des gens de partout dans la francophonie : mes élèves et moi avons reçu des commentaires d'internautes de la France et de la Belgique, mais aussi de l'Inde, de l'Australie et de la Chine. Ces gens n'ont aucune idée des termes proposés par l'OQLF. Si nous devions utiliser ces termes lors de nos communications avec des internautes hors du Québec, il faudrait utiliser systématiquement les termes anglais et français afin de permettre à nos interlocuteurs de nous comprendre, ce qui n'est pas une bonne idée lorsque les messages sont limités à 140 caractères. Attention, je ne dis pas ici que seuls les mots anglais devraient avoir droit de cité sur Twitter, au contraire! Cependant, je suis convaincue que les élèves doivent connaître l'ensemble de ces mots.

Il peut sembler plus facile d'inciter des élèves à participer activement à un projet tel que le vôtre lorsque ces derniers ont de bons résultats dans les exercices et examens de français ou entretiennent un intérêt soutenu pour cette matière (ces deux aspects sont souvent intimement liés). Qu'en est-il des élèves qui manifestent peu d'intérêt pour le français ou qui éprouvent des difficultés d'apprentissage?

Ce sont justement des élèves qui manifestaient peu d'intérêt ou qui éprouvaient des difficultés qui ont montré le plus d'enthousiasme quant à ce projet. Pour qu'un élève trouve un travail motivant, il doit avoir à la fois la conviction qu'il peut réussir ce travail, que ce qu'il a à faire est à la mesure de ses capacités, tout en présentant une part de défi, et que le projet sera utile dans son cheminement. Pour un élève qui éprouve des difficultés, une rédaction de 500 mots est beaucoup moins motivante parce que, même si le défi et l'utilité sont présents, le nombre de mots demandés représente néanmoins pour lui autant d'occasions de faire des fautes, et donc d'échouer. C'est pour cette raison qu'il est essentiel de varier les travaux et les projets proposés à l'élève, tant en longueur qu'en nature.

Quant aux élèves « plus forts », ils ont trouvé le moyen de complexifier le projet pour qu'il continue à représenter un défi pour eux et ils ont, ma foi, fort bien réussi.

Quelles suites souhaiteriez-vous donner à ce projet dans les années à venir?

Je compte renouveler cette expérience avec mes élèves en février 2012. D'ici là, il est toujours possible de lire les devoirs produits au printemps dernier en consultant le compte du projet (@AnnieSentiers) sur TwitterCe lien ouvre dans une nouvelle fenêtre, et son contenu risque de ne pas être accessible.



1. Notamment lors de la parution de deux articles de madame Daphnée Dion-Viens, chroniqueuse au journal Le Soleil.

2. L'OQLF recommande d'utiliser le terme neutre microbillet, qui n'est pas limité à la plateforme Twitter; voir plus loin dans le texte.


 

Voici quelques exemples de devoirs réalisés par les élèves ayant participé au projet de madame Côté

(Il est à noter que les devoirs ont été retranscrits tels quels.)

1re semaine – Rendre un hommage
Voici votre première contrainte : vous devrez rendre un hommage à une personne (une chose?) que vous appréciez particulièrement.

Je les oublie souvent sur mon nez tellement elles sont parfaites. Je fais hommage à mes lunettes puisqu'elles me rendent la vie moins floue.

Les deux pieds dans la flaque, je saute. Les clapotis de l'eau se fondent dans la mélodie de mon rire. C'est l'enfance oubliée que j'admire.

Point de larmes ou de sourires, ni de cœur ou de tripes; j'admire cette insensibilité qui fait survivre tant de gens, moi qui n'en ai pas.

Je rends hommage aux gens qui se lèvent le matin en sachant jamais quand leurs journées vont vraiment terminer. Merci au personnel médical!

2e semaine – Écrire un horoscope
La prochaine contrainte : à la manière d'un horoscope. Peu importe qu'il soit d'Orient ou d'Occident, ancien ou nouveau. À vos prédictions!

Famille : Faites fi des félonies, frivolités qui forment les fissures. Fractures qui, au fur et à mesure, forgent ce gouffre infranchissable. (Microbillet avec allitération)

Tiré d'un hebdo de l'an 0 : Né le 25 décembre? Vous vous sentez si léger que vous marcherez sur l'eau. Pâques sera pour vous une renaissance.

Scorpion : Au travail, cessez de piquer vos collègues. Cette semaine, l'amour est un venin pour vous. Côté voyages, ne pensez pas au désert.

Amour : Vierge? Prenez le taureau par les cornes! Santé : Mangez beaucoup de poisson pour éviter le cancer. Travail : Balancez vos horaires.

3e semaine – Écrivez un fait divers
Dans votre prochain devoir, vous devrez présenter un fait divers... Ou d'été! À vos journaux, à vos claviers : il ne faut surtout pas lâcher!

Un Montréalais a perdu connaissance en percutant le coussin gonflable de son véhicule. Le coupable n'ira pas en cour, c'est un nid-de-poule.

DERNIÈRE HEURE : un amant éconduit projette de décrocher la lune pour reconquérir le cœur de sa belle. Risque de grande noirceur ce soir!

Un funambule déambulant sur son fil et abordant une figure s'avérant être une façade de marbre, chute tête première vers un passage funèbre.

Costa Rica. Un caïman contrecarre les codes conventionnels de la conception en coïtant avec une cabiai. Constat : l'inconcevable se conçoit. (Microbillet avec allitération)

4e semaine – Pendant ce temps, quelque part sur la terre
Le prochain thème : « Pendant ce temps, quelque part sur la terre ». Ce qui implique de parler d'abord de vous, puis de vous projeter ailleurs.

Alors qu'à l'aube la clarté efface ma divagation, ma crainte, ailleurs l'astre lunaire s'éclaire, mélancolique, au-dessus d'âmes solitaires. (Tous les mots de ce microbillet contiennent un a.)

J'étais une fillette, ne possédait que peu de dents en me réjouissant. Ailleurs, le tueur esquissait ce sourire étrange taché d'hémoglobine. (Tous les mots de ce microbillet contiennent un e.)

J'emballais un néon. Et soudain, sous enquête spéciale policière, on logea illico Théodule, implacable Québécois unilingue et souverainiste. (Ce microbillet est l'acrostiche de « jeunesses politiques ».)

J'avalais un lavaret sous la lavasse, alors qu'en aval des valets avalisaient les à-valoir des ravalés avalés par la valleuse des lavandins. (Microbillet avec allitérations)

5e semaine – Une définition
Devoir : donnez une définition. Donc définissez, dépourvus de doutes et de défectuosités, dais, davier ou débuché. Dans deux dodos, déballez!

Vivre. Regarder dehors par la fenêtre et songer à hier sans le regretter; profiter de chaque moment d'aujourd'hui sans appréhender demain.

Hippopotomonstrosesquippedaliophobie : La peur des métaphores qui demandent plus d'une heure à concevoir; les lecteurs eux-mêmes l'ignorent!!

Lunette : Accessoire demandant un renouvellement régulier pour des raisons souvent esthétiques. Derrière elle, tout est beaucoup plus clair.

David : petit être surexcité et énervé, débordant d'une énergie inépuisable. Il est l'ami des gnomes et des nains. Petit farfadet à devenir.

6e semaine – Une fausse citation
Pour votre prochain devoir – et nous allons nous amuser –, il faut faire une fausse citation historique. De Rostand? De Confucius? Faut voir!

« Quoi? J'écris en petits points? Et vous êtes capables de les lire? Mais voyons! Vous n'y êtes pas! Je fais de la peinture! » -Louis Braille

En cherchant sur la mythologie grecque, j'ai trouvé ceci : « Est-ce que tu voudrais arrêter de me marcher sur les talons maman? » (Achille)

« Comme c'est surprenant, les pommes donnent mal à la tête. Par contre, elles aident à inventer de nouvelles lois. » Citation de Isaac Newton

« Dans ma jeunesse, la solitude me faisait peur. J'ai toujours fait en sorte d'être entouré de gens. » -Mark Zuckerberg, créateur de Facebook

7e semaine – Une annonce classée
Voici, mes élèves, votre prochain devoir : vous devrez rédiger une annonce classée. À vendre? À louer? Je recherche? C'est à vous de décider!

Chien perdu répondant au nom de Fido. Sachant que tu prends plaisir à prendre mon journal tous les matins, tu risques de voir cette annonce.

Petite pianiste propose ses poésies phoniques pour un public plus que patient : la paralysie pourfend présentement son physique à perpétuité. (Microbillet avec allitération)

Feuilles vierges à vendre : utilisées à bon escient, elles feront de vous un auteur rentable ou un artiste renommé. Cela explique leur prix...

À brocanter : candélabre d'Éthiopie. Fissuré gravement. Historiquement impressionnant. Jaguars, kangourou lithographiés. Montant négociable.

8e semaine – Décrire un rêve
Votre dernier devoir, mes élèves : nous rêvons tous, parfois la nuit, parfois le jour. Il s'agit donc ici de partager un de vos rêves. Rêvons!

Rêves flétris par le feu de l'aube. Le réveil les a soufflés au loin. Ils ont vécu le temps d'une nuit, mais le flot de l'oubli les emporta.

Ne serait-ce pas un grand trésor que de déterrer volonté et courage? Dès lors, tous les possibles seraient permis et les rêves, accessibles.

Le temps s'écoule, s'arrête, s'allonge et se plie à mes désirs, défiant toute logique ou forme de réalité. Le réel a tant à envier au songe.

La nuit, il m'arrive de rêver que tu es de retour, près de moi, tu me manques et j'ai remarqué que personne ne pouvait remplacer une mère...