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Modèles de gouvernance des politiques linguistiques

2018-03-21

Québec, le 21 mars 2018 – Le souci d’assurer la vitalité d’une langue commune est l’objet d’initiatives variées dans plusieurs pays, certaines pouvant être inspirantes pour le Québec, d’autres, plus récentes, méritant une veille quant aux résultats qu’elles pourront produire.

Tel est l’un des principaux constats de l’étude rendue publique aujourd’hui par le Conseil supérieur de la langue française (CSLF) et intitulée Modèles de gouvernance des politiques linguistiques, signée par Julie Bérubé.

Cette recherche recense ainsi les pays et les États qui doivent gérer le fait linguistique dans un contexte où il y a une langue officielle qui est affirmée comme langue commune dans le respect d’autres langues. Elle inclut notamment une description de ces contextes, de même qu’une analyse des différents modèles de gouvernance institués pour gérer les politiques et les aménagements linguistiques de ces territoires.

« Le Québec a non seulement une tradition de plus d’un demi-siècle de gestion du fait linguistique, laquelle remonte à la création en 1961 de l’Office de la langue française, mais les démarches de l’État québécois pour affirmer le statut du français, langue officielle mais aussi langue commune, se sont toujours inscrites dans une dynamique d’échange, c’est-à-dire que le Québec inspire d’autres gouvernances autant qu’il s’en inspire », a déclaré madame Marie Montpetit, ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française.

L’étude propose en l’occurrence un examen de différents modèles de gouvernance, en commençant par ceux de la francophonie du Nord. Un chapitre est également consacré aux organismes linguistiques d’autres États, cette fois non francophones, qui eux aussi gèrent des politiques linguistiques et où certains éléments de gouvernance pourraient trouver écho au Québec. Un dernier chapitre examine d’autres gouvernances qui ne sont pas circonscrites à un État mais qui sont plutôt conçues, en tout ou en partie, autour d’une langue ou de la notion de langue.

Ces modèles peuvent, à divers titres, présenter un intérêt pour le Québec, que ce soit au regard de leurs structures propres, de leurs activités liées à la promotion de la langue, des politiques et programmes qu’ils destinent à l’acquisition et au maintien d’une langue commune ou encore de la place qu’y occupe la recherche.

Structures de gouvernance linguistique


L’étude du CSLF souligne que la gestion du fait linguistique est généralement assumée par un ou deux organismes, où est maintenu un mécanisme, parfois sous la forme d’une instance d’avis ou encore d’un ombudsman, qui permet de poser régulièrement un regard critique sur les actions posées.

On constate aussi, chez les organismes de gouvernance de la francophonie du Nord, des modifications apportées ou projetées à leur structure au cours des dernières années. Elles visent pour l’essentiel à faire en sorte que le rôle de ces organismes soit mieux défini et circonscrit, et que la concertation et la communication entre les divers ministères et organismes soient renforcées en ce qui a trait à la mise en œuvre des politiques ou des initiatives à caractère linguistique.

Ces mêmes organismes de la francophonie du Nord, partenaires du Québec au sein du réseau des Organismes francophones de politique et d’aménagement linguistiques, ne recèlent pas tous les mêmes principes et paramètres structurels, certains faisant davantage que d’autres partie intégrante de l’appareil gouvernemental et leur personnel étant associé ou non à la fonction publique.

Ces modèles ne présentent pas toutefois tant d’attributs spécifiques ni de qualités propres qui feraient en sorte que leur adoption puisse être recommandée pour le Québec. Ils ne favorisent pas l’élaboration et la mise en œuvre d’orientations, de politiques, de pratiques, de mesures ou de programmes à caractère linguistique que le modèle de gouvernance du Québec ne permet déjà.

Promotion de la langue


L’étude permet par ailleurs de mettre en lumière le fait que les éléments mis de l’avant par nombre de gouvernances témoignent d’une conception de la langue qui passe par la culture, au sens large. Ceux qui ont été recensés misent sur l’accès à la culture, sur le patrimoine, sur la vitalité régionale, sur le jeu, etc.

Un constat se dégage de l’examen des mécanismes de promotion privilégiés par les différentes gouvernances : ils ont pour cibles des publics qui ne sont pas nécessairement acquis à la langue commune. Nombre d’initiatives s’adressent aux jeunes, aux entreprises ou aux nouveaux arrivants.

Acquisition et maintien d’une langue commune


Nombreux aussi sont les organismes qui font le constat du poids de l’immigration et, dans une perspective plus large, du renouvellement des locuteurs dans l’élaboration de leurs stratégies de gouvernance, et ce, dans les États où la langue ciblée est déjà bien établie comme dans ceux qui visent une revitalisation.

L’apprentissage de la langue occupe une place importante dans les actions et réflexions des organismes. Les moyens adoptés pour stimuler et valoriser l’usage public de la langue commune sont pertinents, qu’une langue soit en situation de précarité ou non. La multiplication des outils linguistiques en ligne, qu’il s’agisse d’acquisition ou d’enrichissement de la langue, en témoigne.

Place de la recherche


L’étude du CSLF démontre enfin qu’outre des différences de fonctionnement marquées, la plupart des gouvernances linguistiques distinguent ce qui relève de l’administration, d’une part, et de la recherche, d’autre part. L’accent semble être mis autant sur les données quantitatives que qualitatives, et les organismes disposent pour la plupart de mécanismes d’évaluation en vue de confirmer l’efficacité des initiatives mises en place. De plus, la plupart des gouvernances ont le souci de décrire et d’enrichir le corpus de leur langue, et presque toutes collaborent de près ou de loin à un projet d’ouvrage de référence, qu’il s’agisse d’un dictionnaire, d’une banque terminologique, d’un corpus de textes, etc. Ces projets débordent également les frontières dans certains cas.


À propos du CSLF


Le CSLF a pour mission de conseiller la ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française sur toute question relative à la langue française au Québec. De plus, il peut informer le public sur toute question qui concerne le français au Québec.


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Source : Conseil supérieur de la langue française
Téléphone : 418 643-2740
Courriel : cslf@cslf.gouv.qc.ca

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