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Selon une étude du Conseil de la langue française, les jeunes Québécois étudiant dans les établissements francophones sont à la fois très attachés à leur langue et plus bilingue en 1990 qu'en 1978

1994-03-14

Québec, le 14 mars 1994. - « Les attitudes d'identification linguistique nous montrent peu d'ambiguïté du côté des jeunes francophones. Ils sont très attachés à leur langue et prêts à assurer qu'elle soit transmise à la prochaine génération. » En contrepartie, « le bilinguisme continue d'augmenter autant sur le plan individuel qu'en milieu scolaire ». Ainsi, « depuis 1978, nous avons constaté un léger recul du français dans les usages linguistiques des jeunes. L'anglais occupe une place d'une certaine importance surtout dans les activités qui ont recours aux médias électroniques ». Ce recul, d'ailleurs, « s'accorde bien avec le bilinguisme accru » que l'enquête révèle. En somme, « c'est peut-être le modèle qu'ils suivront dans ce Québec d'expression française de l'avenir auquel ils croient. Ce modèle combine une identité francophone et un comportement culturel sans limites ». C'est en ces termes que le professeur-chercheur Uli Locher, de l'Université McGill, conclut une étude faite pour le Conseil de la langue française et rendue publique aujourd'hui.

Cette enquête a été menée en 1990 auprès d'un échantillon des mêmes écoles secondaires et cégeps sélectionnés en 1978 pour une enquête semblable.

Le français domine toujours, en 1990, comme langue d'usage, dans toutes les activités culturelles des étudiants francophones, surtout en ce qui a trait à la lecture. On observe toutefois une baisse de cet usage, depuis 1978, particulièrement en ce qui concerne la radio, le cinéma et la télévision. Chez ces étudiants, l'indice général d'usage du français est passé de 0,79 à 0, 74.

Certains peuvent voir un paradoxe dans ces données, compte tenu de la croissance de produits culturels francophones en cinéma et en télévision. L'auteur attribue la baisse de l'usage du français à plusieurs facteurs, notamment au fait que certaines activités culturelles « comportent un aspect symbolique qui permet l'identification du lecteur, identification à cette culture médiatisée dans le monde entier et qui est avant tout nord-américaine et de langue anglaise ». L'auteur met aussi en évidence le changement de la composition linguistique des établissements francophones où, depuis l'entrée en vigueur de la Charte de la langue française, la proportion d'élèves anglophones et allophones a sensiblement augmenté.

L'étude examine également les attitudes des jeunes face au français. L'identification linguistique des étudiants francophones demeure forte et s'est même renforcée depuis 1978. « Ils sont presque 80 % à penser qu'"il est probable que dans l'avenir le Québec sera français et le reste du Canada anglais". Cette opinion s'accorde bien avec celle qui veut, "pour rien au monde, abandonner nos efforts pour garder au Québec le français de nos pères" — opinion qui a reçu l'appui le plus puissant (90,6 %) de toute l'enquête », précise Uli Locher. Par contre, l'optimisme qui régnait en 1978 a cédé la place à une inquiétude marquée. En effet, 36,1 % des jeunes francophones croient, en 1990, que l'avenir du français est menacé.

Par ailleurs, l'enquête révèle que les jeunes francophones interrogés « sympathisent avec la situation minoritaire des francophones hors Québec » dans une proportion de 74,3 % et estiment, dans une proportion de 83,1 %, que le « gouvernement du Québec devrait aider les francophones hors Québec en matière linguistique ».

Enfin, nous devons noter que l'enquête comporte également des données sur le milieu social des répondants, les attributs et compétences linguistiques, les contacts avec le Québec anglophone et l'identification linguistique des francophones par rapport aux autres groupes.

L'ouvrage Les jeunes et la langue, tome 1 compte 222 pages et est vendu 21,95 $ par Les publications du Québec. Le tome 2 de cette étude, portant sur les usages et attitudes linguistiques des jeunes qui étudient en anglais paraîtra au cours du printemps 1994.URCE : Bruno Giroux (418) 643-2956

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