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Agir dès maintenant pour favoriser la cohésion sociale par le français

2008-06-26

Québec, le 26 juin 2008. - « Trente ans après l'entrée en vigueur de la Charte de la langue française, et prenant acte des changements sociaux en cours ainsi que des inquiétudes largement médiatisées des Québécois, le Conseil supérieur de la langue française (CSLF) croit que le temps est venu de proposer une vision d'avenir où le français devient la langue de cohésion sociale », déclare le président du CSLF, monsieur Conrad Ouellon, dans le discours présentant un avis remis par son organisme à la ministre Christine St-Pierre, responsable de l'application de la Charte de la langue française.

Respectant un engagement pris en mars dernier, cet avis propose une analyse de la situation linguistique qui montre que la situation de la langue française au Québec, dans certains domaines, s'est nettement améliorée depuis l'avènement de la Charte. Toutefois, le chemin parcouru demeure insuffisant dans d'autres domaines, où il est nécessaire d'agir en priorité : l'intégration des immigrants et la langue du travail.

« Deux principes fondamentaux doivent guider les efforts visant à relever avec succès le défi du développement du français en tant que langue d'usage public au Québec, particulièrement dans le contexte de l'accueil accru de nouveaux arrivants. D'une part, l'offre de francisation doit être globale et n'exclure aucun groupe de personnes; d'autre part, les actions et les moyens mis en œuvre doivent être conçus et appliqués de manière concertée par l'ensemble des ministères et des organismes concernés; ils doivent en même temps mettre à contribution les autres acteurs sociaux, communautaires, syndicaux et économiques », affirme le président.

Le CSLF propose de centrer les actions autour de deux pôles pour favoriser l'intégration sociale et la francisation : l'école et le monde du travail. Dans un premier temps, il propose une redéfinition du rôle de l'école qui, après avoir relevé avec succès le défi de la francisation des jeunes immigrants, doit s'ouvrir davantage sur sa communauté et devenir un lieu physique de rencontre pour tous les habitants d'un quartier. Conscient que les résultats d'un tel changement ne seront pas visibles à court terme, le président insiste sur la concertation nécessaire à la réalisation de ce projet : « Pour que l'école puisse véritablement devenir le vecteur de la cohésion sociale, elle doit s'adjoindre comme partenaires tous les intervenants qui œuvrent déjà en francisation, en reconnaissant pleinement leur expertise ainsi que le travail qu'ils accomplissent déjà dans l'accueil et l'intégration des immigrants. »

Le CSLF estime en outre que le monde du travail constitue un autre lieu fondamental pour favoriser l'intégration sociale et la francisation des nouveaux arrivants. « Une intégration sociale réussie en français n'est possible que si les nouveaux arrivants retirent des bénéfices tangibles de leur connaissance de la langue d'usage public, que si la langue française leur permet d'améliorer leur sort et d'avoir accès à un emploi intéressant, où leurs compétences sont mises à profit. » De l'avis du CSLF, la somme de travail à faire pour améliorer l'usage du français au travail est importante et les efforts doivent porter sur l'accès au marché du travail pour les immigrants et les membres des communautés culturelles, ainsi que sur une offre de travail en français ou sur le français, langue du travail.

S'appuyant donc sur l'école et le monde du travail, le CSLF énonce une série de vingt recommandations qui visent la promotion de la langue française. « Plus particulièrement, il développe l'idée que l'intégration sociale en français des immigrants est indispensable au développement d'une société francophone en Amérique du Nord, au Québec. À l'importance qu'on accorde à l'immigration pour l'avenir du Québec doit correspondre un effort de même niveau de l'État québécois pour l'aboutissement de ce projet social », conclut monsieur Ouellon.

Le texte complet de l'avis est accessible dans la section Avis de la Bibliothèque virtuelle du site Web du CSLF. Également, une étude de Paul Béland intitulée Langue et immigration, langue du travail : éléments d'analyse est publiée en soutien à la lecture de cet avis et est disponible dans la section Études de la Bibiothèque virtuelle du site Web du CSLF.

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