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La généralisation de l'usage du français au travail demeure un défi pour la société québécoise

2005-09-01

Montréal, le 1er septembre 2005. - Lors de la publication de l'avis à la ministre intitulé Le français, langue normale et habituelle du travail, la présidente du Conseil supérieur de la langue française (CSLF), madame Nadia Brédimas-Assimopoulos, déclarait que « la généralisation du français au travail ne s'est pas entièrement réalisée ». Selon le CSLF, les mesures actuelles pour faire du français la langue des communications orales et écrites au travail sont nécessaires mais insuffisantes, des stratégies complémentaires doivent être élaborées, et les efforts pour franciser les employés doivent être accrus.

Ces constats émergent de la consultation de plus de soixante organismes des milieux patronal, syndical et communautaire qu'a effectuée le CSLF. Ils sont également basés sur le recensement canadien de 2001, qui indique que si, parmi les francophones de la région métropolitaine de Montréal, 88 % utilisent surtout le français au travail, ce pourcentage n'est que de 45 % parmi les allophones. Par ailleurs, la langue utilisée lorsque des Québécois de diverses origines travaillent ensemble demeure l'anglais, dans bon nombre de cas.

Le CSLF propose deux axes d'intervention pour faire du français la langue généralement utilisée au travail : d'abord, le Québec doit intervenir auprès des grandes et des petites entreprises par des stratégies de francisation complémentaires à la démarche de certification actuelle; ensuite, il doit s'assurer que les travailleurs maîtrisent la langue commune. Ainsi, les entreprises doivent être incitées à inclure dans leur planification stratégique l'usage du français au travail et la formation en français de leurs employés. Il faut revitaliser les comités de francisation et concevoir des outils de travail en français. Ces interventions nécessitent des ressources supplémentaires dans la majorité des cas. L'État ne devrait pas hésiter à les accorder, notamment à l'Office québécois de la langue française (OQLF) et au ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles (MICC), afin de bien marquer l'importance de son leadership en francisation et de contribuer à améliorer le statut du français dans les entreprises. L'État devra aussi continuer à appliquer avec vigilance les divers volets de sa politique linguistique à l'égard des communications de son administration.

Une bonne maîtrise de la langue est devenue un atout majeur pour les travailleurs, les employeurs et la société québécoise. En effet, une enquête récente de Statistique Canada et de l'OCDE a montré qu'une augmentation de 1 % de la littératie, soit des compétences en lecture et en écriture, amènerait une croissance de 2,5 % de la productivité au travail et de 1,5 % du PIB par habitant. Il faut donc, selon le Conseil supérieur de la langue française, assurer la formation linguistique de base de tous les travailleurs immigrants allophones adultes et aussi offrir une formation qualifiante en français aux travailleurs en général et, en particulier, aux professionnels, aux immigrants allophones et aux anglophones qui ne posséderaient pas une maîtrise suffisante de la langue. Le Fonds national de formation de la main-d'œuvre, le « Fonds du 1 % », doit contribuer davantage à la francisation des travailleurs. Ajoutons à cela que le système scolaire doit donner une bonne formation en langue technique.

Le statut du français dans les entreprises ne progressera que si les divers organismes intéressés se concertent et coordonnent leurs interventions. Le MICC, la Commission des partenaires du marché du travail, Emploi-Québec, les ordres professionnels et l'OQLF doivent conjuguer leurs efforts pour assurer une meilleure francisation de la main-d'œuvre et des outils de travail. L'enjeu est crucial, car le CSLF croit fermement que l'avenir du français au Québec est étroitement lié à l'usage qu'on en fait et qu'on en fera en milieu de travail.

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