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La jeunesse québécoise : le portrait global d'une génération

2008-05-28

Québec, le 28 mai 2008. - « Les enfants de la loi 101 sont à suivre. Peut-être annoncent-ils déjà ce que sera le Québec de demain des points de vue culturel et linguistique ». C'est ainsi que Madeleine Gauthier et Mégane Girard, de l'Institut national de recherche scientifique, concluent le document synthèse commandé par le Conseil supérieur de la langue française (CSLF) pour tracer un portrait global de la jeunesse québécoise et décrire les réalités socioéconomiques, culturelles et sociolinguistiques particulières dans lesquelles évoluent les jeunes d'aujourd'hui.

Dévoilés vendredi dernier lors du trentième anniversaire du CSLF, en présence de madame Christine St-Pierre, ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française, les résultats de la recherche montrent que la cohorte actuelle des jeunes adultes âgés de 25 à 35 ans marque plusieurs différences avec les cohortes qui la précèdent au même âge.

Caractéristiques démographiques

D'abord, en nombre, il s'agit de la proportion la plus faible sur l'ensemble de la population québécoise avec une représentativité d'à peine 13 %. Les jeunes femmes y sont proportionnellement plus nombreuses en activité que dans les autres cohortes et sont aussi plus nombreuses à le demeurer lorsqu'elles ont un ou des enfants. La différence avec les femmes sans enfant sur le marché du travail est de moins en moins grande, surtout dès que les enfants sont d'âge scolaire. C'est la première cohorte où il y a plus d'unions libres que de personnes légalement mariées et où les couples ont autant d'enfants dans une situation que dans l'autre. Les explications données auparavant pour expliquer la baisse de la fécondité ne tiennent plus : la scolarisation des femmes (c'est la cohorte la plus scolarisée), l'union libre et la présence sur le marché du travail.

Formation et insertion professionnelle

Malgré le taux de scolarité le plus élevé de toutes les cohortes jusqu'à maintenant, celle-ci est encore nombreuse aux études à temps partiel. Ces jeunes adultes ont compris l'importance du savoir pour réussir sur le marché de l'emploi. Ce qu'il faut craindre, c'est que la surqualification en décourage certains lorsque les emplois offerts, pour lesquels les exigences à l'entrée sont élevées, ne permettent pas de concrétiser toutes les dimensions de la formation acquise.

Il n'en demeure pas moins que le taux de chômage de cette cohorte est plus bas que celui de la moyenne de la population. C'est le groupe qui compte le moins d'emplois atypiques et le moins de travail autonome. Ces jeunes adultes sont très majoritairement des travailleurs rémunérés. Les deux membres du couple étant nombreux à occuper un emploi, le risque de pauvreté est le moins important pour ce groupe, bien qu'il atteigne encore une portion des personnes seules et des femmes monoparentales.

Valeurs et pratiques culturelles

Le travail ne représentant pas tout pour eux, ces jeunes adultes recherchent une qualité de vie. Ils héritent d'une politique familiale qui leur permet d'avoir cette attitude et savent en profiter. Il s'agit également d'une cohorte mobile dans tous les sens du mot : migration, immigration et voyages à l'étranger. La question migratoire est lourde de conséquences pour l'ensemble du territoire québécois. Enfin, les 25-35 ans sont des urbains à près de 80 %.

Mobilité, études et vie urbaine vont de pair. Cela a sans doute d'autres avantages puisqu'ils sont parmi les plus ouverts à la diversité, à ce qui se passe ailleurs dans le monde. L'avenir de la planète figure parmi leurs grandes préoccupations, domaine où ils sont d'ailleurs les plus pessimistes. Ils entrevoient toutefois l'avenir au regard des autres chapitres (vie amoureuse, emploi, économie) avec un certain optimisme, renouant, pour plus de 60 % d'entre eux, avec la possibilité d'agir mieux que leurs parents, une attitude qui ne s'était pas vue depuis quelques décennies au Québec.

Diversité ethnolinguistique et culturelle

C'est dans ce groupe d'âge qu'on retrouve la plus grande minorité visible (9,7 %) et la plus grande proportion d'immigrants, des immigrants proportionnellement plus nombreux à posséder le français comme langue maternelle. Ces immigrants incitent à s'interroger sur les caractéristiques linguistiques et culturelles de toute la cohorte.

Les francophones sont 52 % à parler l'anglais, ce qui est plus important que chez les cohortes plus âgées — mais les anglophones les dépassent largement dans la connaissance du français, étant jusqu'à 80 % à le parler. Les allophones qui ne parlent qu'une des deux langues officielles du Canada sont plus nombreux à parler l'anglais (25 %) que le français (18 %), mais plus de 50 % d'entre eux parlent le français et l'anglais, ce qui en fait minimalement des trilingues. Quant à la langue de travail, près de 80 % des membres de cette cohorte utilisent le français, 14 % l'anglais et près de 5 % les deux langues (données de 2001).

Bref, les nombreuses différences avec les cohortes qui les précèdent doivent être gardées à l'œil. Si les conditions économiques ne changent pas, si cette cohorte tient au maintien de l'héritage social et culturel dont elle profite maintenant, elle annonce le visage du Québec de demain.

Le rapport complet est accessible dans la section Études de la Bibliothèque virtuelle du site Web du CSLF.

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