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Les industries de la langue : un secteur stratégique de développement pour le Québec comme pour l'ensemble de la francophonie

1990-11-23

Québec, le 23 novembre 1990. - Le président du Conseil de la langue française (CLF), monsieur Pierre-Étienne Laporte, a présidé aujourd'hui au lancement du volume Les industries de la langue : un domaine à la recherche de lui-même. Cet ouvrage a été rendu public dans le cadre du Colloque international sur les industries de la langue qui se tient du 21 au 24 novembre à Montréal.

« En ce qui concerne la recherche et le développement ainsi que la commercialisation des produits informatiques, a déclaré le pésident du CLF, le choix de la langue est devenu stratégique. Le CLF a rapidement compris la nature des enjeux auxquels fait face la francisation de la micro-informatique au Québec. » C'est pourquoi le CLF présentera au cours des prochains mois un avis sur cet important secteur d'activité au mnistre responsable de l'application de la langue française.

« Cependant, avant d'en arriver à cet avis, de poursuivre monsieur Laporte, le CLF devait amorcer l'inventaire de l'activité québécoise en industries de la langue, pour avoir un aperçu de son importance, de ses points forts et de ses faiblesses par rapport à la manière dont se développe ce secteur sur le plan international. C'est le résultat de cette analyse que le CLF rend public aujourd'hui en lançant un ouvrage qui décrit l'activité en industries de la langue au Québec. »

 

Que sont les industries de la langue?

Les industries de la langue constituent au Québec un nouveau secteur très dynamique qui se situe sur trois plans à la fois : un domaine de recherche fondamentale et appliquée dans les universités, un volet industriel de recherche-développement de nouveaux produits dans l'entreprise privée et, finalement, un programme de coopération internationale pour l'ensemble des pays francophones. L'essor de la micro-informatique a rendu de plus en plus familiers le traitement de la langue par l'ordinateur et son emploi pour faire fonctionner les logiciels les plus divers.

Le secteur des industries de la langue englobe tous les produits liés à la langue, soit directement, comme dans le cas des logiciels de traitement de texte, soit indirectement, lorsque la langue n'est que l'une des composantes d'un produit, par exemple lorsqu'un appareil téléphonique affiche des messages à l'intention de l'utilisateur.

Les auteurs de l'ouvrage constatent que l'activité québécoise, en ce domaine, se développe d'une manière tout à fait comparable à celle des autres pays francophones sans accumuler de retard sur le plan de la recherche. Toutefois, les entreprises québécoises rencontrent certaines difficultés sur le plan de la commercialisation de leurs produits.

Le premier chapitre retrace l'évolution du concept d'industries de la langue en suivant la chronologie des Conférences des chefs d'État et de Gouvernement ayant en commun l'usage du français. Un examen critique de la typologie des industries de la langue appuie cette section en montrant combien il est difficile, aujourd'hui, de classer les activités et les produits des industries de la langue, tant les points de vue sont nombreux et changeants selon les spécialistes.

Voilà ce qui explique le titre de l'ouvrage du CLF Les industries de la langue : un domaine à la recherche de lui-même, car il indique que le dynamisme de la recherche et de la production en industries de la langue modifie constamment le profil du secteur.

Le deuxième chapitre présente un inventaire de la recherche universitaire et collégiale en industries de la langue. L'ouvrage recense les chercheurs actifs dans ce domaine et décrit les orientations principales de leurs recherches. Quatre domaines dominent nettement : l'analyse et la synthèse de la parole, la bureautique, les systèmes experts et les applications pédagogiques de l'ordinateur.

L'ouvrage se termine par une brève description de l'activité de l'entreprise privée en industries de la langue. Le profil de l'entreprise québécoise type qui se dégage est celui d'une petite entreprise quant à son personnel et son chiffre d'affaires, propriété d'une ou de quelques personnes, qui se consacre principalement, pour ne pas dire exclusivement, aux industries de la langue et qui a beaucoup de mal à financer la recherche-développement de ses produits et à s'introduire dans le marché intérieur et extérieur.

 

Les industries de la langue en français : une priorité

Le CLF espère que ce livre permettra à tous de mieux comprendre le domaine des industries de la langue et son intérêt stratégique pour l'avenir de la langue française au Québec et dans tous les autres pays francophones.

Le président du CLF, monsieur Laporte, a conclu sa présentation en émettant un vœu à l'endroit des spécialistes réunis à l'occasion de ce colloque : « Il faut que nous, qui sommes concernés par ces industries, quittions ce colloque imprégnés de cette même préoccupation, de cette même conviction que ces nouvelles technologies, si bien intégrées à la vie de tous les jours, doivent être parfaitement intégrées à notre culture francophone, en français. Sinon, c'est tout un pan de mur de la stratégie de la grande francophonie internationale qui sera un peu plus vulnérable face à une technologie qui progresse chaque jour, ailleurs et dans une autre langue. »

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