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Les Québécois bougent beaucoup d'une région à l'autre, surtout ceux qui parlent français à la maison. La couronne métropolitaine de Montréal est la plus impliquée dans ces mouvements migratoires

1999-11-08

Québec, le 8 novembre 1999. - Au milieu des années 1980, des changements majeurs se sont produits relativement aux migrations des Québécois entre les régions du Québec. On note à la fois une importante augmentation du choix de la couronne métropolitaine de Montréal comme lieu de destination, ainsi qu'un renversement des échanges entre la région métropolitaine de Montréal et l'ensemble des autres régions du Québec.

Si, au cours des années 1981-1986, l'île-de-Montréal a à peine compensé des pertes migratoires de près de 123 000 personnes (léger gain de 4500), elle accuse, par contre, une perte nette appréciable de près de 84 000 à la fin des années 1980. Quant à la population domiciliée à l'extérieur de la région métropolitaine de Montréal, les importantes pertes de près de 64 000 personnes de la période quinquennale 1981-1986 ont fait place, au cours des cinq années suivantes, à un gain qui, bien que léger, indique un changement de tendance.

C'est ce que révèle une étude du démographe Michel Paillé que le Conseil de la langue française vient de rendre publique. Cet ouvrage intitulé Migrations interrégionales des groupes linguistiques au Québec compare le comportement des Québécois, selon qu'ils s'expriment en français, en anglais ou dans une autre langue au foyer.

 

Les francophones 

  • Au cours de la période quinquennale 1986-1991, 431 000 francophones ont migré à l'intérieur du territoire québécois. C'est une croissance de 29,5 % du nombre de migrations intérieures qui permet aux francophones de maintenir une sur-représentation de 5 points de pourcentage.

  • Une tendance lourde a été brisée au milieu des années 1980 : les banlieues de la couronne métropolitaine de Montréal ont vu la population francophone de l'île-de-Montréal jouer un rôle plus important dans la croissance de leur population d'expression française : les francophones de l'île-de-Montréal ont perdu près de 60 500 personnes en faveur de la couronne entre 1981 et 1986 et plus de 100 900 dans les années 1986-1991. La compensation assumée partiellement par les mouvements migratoires effectués en sens inverse a fortement chuté.

  • La Rive-Nord, destination privilégiée au cours des années 1981-1986, a davantage attiré les francophones de l'île-de-Montréal durant la période 1986-1991. À la fin des années 1980, la Rive-Nord a exercé une plus forte attraction que l'Île-de-Montréal sur les francophones de Laval.

Les anglophones

  • Près de 32 000 anglophones ont migré d'une région du Québec à une autre au début des années 1980. Ce nombre est passé à près de 41 000 au cours de la période quinquennale 1986-1991, pour une augmentation de 28,5 %. Les anglophones sont toutefois sous-représentés dans les migrations interrégionales de la décennie 1980.

  • Au cours des années 1981-1986, les anglophones de l'île-de-Montréal qui ont migré vers la couronne métropolitaine se sont répartis de manière très inégale. La Rive-Sud prend la part du lion tandis que la Rive-Nord est négligée. L'attraction de la Rive-Sud s'est accentuée à la fin des années 1980, suivie de Laval.

Les allophones et les immigrants

  • Seulement 8100 allophones ont migré à l'intérieur du Québec entre 1981 et 1986. Ils sont fortement sous-représentés avec à peine plus de 2 % des migrations interrégionales. Au cours de la période quinquennale suivante, plus de 14 000 allophones ont changé de région de résidence. Cependant, ils demeurent sous-représentés avec moins de 3 % des mouvements migratoires de la période.

  • Bien que l'extérieur de la RMR de Montréal compte fort peu d'allophones, il a été déficitaire tout au long des années 1980 en ce qui a trait aux migrations interrégionales de ce groupe linguistique. On note un solde négatif de 2500 allophones en 1981-1986 et de 1500 en 1986-1991.

  • Laval est la région qui a le plus profité des mouvements migratoires des allophones au cours des années 1980. On note un gain net de plus de 1500 personnes entre 1981 et 1986, et de 4700 au cours de la période quinquennale suivante. La MRC Champlain vient en seconde place parmi les régions qui ont connu un solde positif. Les allophones ne se sont donc pas trop éloignés de la CUM.

  • Les allophones, qui parlent toujours leur langue maternelle à la maison, ont une propension moins grande à migrer entre les régions du Québec, que ceux qui ont choisi de s'exprimer en français ou en anglais. Les allophones francisés se déplacent davantage sur le territoire québécois que les allophones anglicisés.

  • L'attraction qu'exercent l'île-de-Montréal et la région métropolitaine sur les personnes nées à l'étranger s'est accentuée à la fin de la décennie 1980. Environ 78 % des immigrants de la décennie 1980 ont opté pour l'île-de-Montréal. Neuf immigrants sur dix se sont établis dans l'ensemble de la région métropolitaine.

Le vieillissement

  • Les migrations interrégionales des années 1981-1986 ont ralenti le vieillissement de la région métropolitaine de Montréal au détriment de tout le reste du territoire québécois. La Rive-Nord et la Rive-Sud de Montréal ont le plus profité des migrations à cet égard.

  • À la fin des années 1980, les mouvements migratoires, qui ont eu cours sur le territoire du Québec, ont accentué le vieillissement de la population de l'île-de-Montréal et de l'extérieur de la RMR au profit de la Rive-Nord et de la Rive-Sud.

L'ouvrage est distribué gratuitement par le Conseil de la langue française.

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