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L'Ordre des francophones d'Amérique 1998 décerné à sept personnalités de la francophonie

1998-03-21

Montréal, le 21 mars 1998. - Le Conseil de la langue française, qui célèbre cette année son vingtième anniversaire, a remis aujourd'hui l'Ordre des francophones à sept personnalités. La cérémonie s'est déroulée à 17 h 30, salle Alfred-Rouleau du Complexe Desjardins, sous la présidence d'honneur de madame Louise Beaudoin, ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française, et de madame Nadia Brédimas-Assimopoulos, présidente du CLF.

L'Ordre des francophones d'Amérique est remis annuellement depuis vingt ans par le CLF à des personnalités dont on reconnaît la part active qu'elles prennent dans la promotion et la diffusion du français en Amérique. La première cérémonie a eu lieu en 1978 sous la présidence d'honneur de monsieur René Lévesque. Les insignes de l'Ordre sont constitués d'une fleur de lys stylisée montée en épinglette et d'une médaille. Les récipiendaires reçoivent également un parchemin calligraphié signé par le premier ministre du Québec, par la ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française et par la présidente du CLF.

Les personnalités suivantes ont été décorées de l'Ordre des francophones d'Amérique :

  • Pour l'Acadie, madame Viola Léger
  • Pour le Québec, monsieur Aurélien Boivin et monsieur Jean Royer
  • Pour l'Ontario, madame Gisèle Lalonde
  • Pour l'ouest canadien, madame Marie Bourgeois
  • Pour les Amériques, monsieur Zachary Richard
  • Pour les autres continents, monsieur Yoshikazu Obata

 

Annexe

Ordre des francophones d'Amérique, 1998, notes biographiques

Pour l'Acadie, madame Viola Léger
Diplômée en éducation, madame Léger est détentrice de plusieurs doctorats honoris causa. Elle est professeure invitée de l'Université de Moncton et professeure de théâtre au secondaire. Elle a fondé une compagnie de théâtre en Atlantique, elle fait des mises en scène et son talent de conteuse est reconnu. Madame Léger incarne depuis longtemps la francophonie acadienne, non seulement en Acadie mais aussi au Québec, dans le reste du Canada, en Louisiane et en Europe. Sa contribution au développement des arts de la scène en Acadie s'exprime non seulement par son talent de comédienne, par son enseignement de l'art dramatique, tant aux niveaux secondaire et collégial qu'universitaire, mais également par ses actions qui visent à reconnaître le théâtre acadien. Toutes ses activités possèdent un rayonnement populaire important. On la connaît surtout comme comédienne et principale interprète du théâtre d'Antonine Maillet; elle a sillonné le monde francophone et anglophone avec plus de 1 000 représentations à son crédit. Elle a joué dans plus de vingt-cinq productions théâtrales, fait de la télévision et du cinéma. Elle est à juste titre considérée comme un chef de file en matière de développement, de diffusion et de promotion du monde culturel acadien actuel.

Pour le Québec, monsieur Aurélien Boivin
Professeur titulaire au Département de littérature de l'Université Laval, il a d'abord travaillé au Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec. Il est, notamment, membre de l'équipe de recherche sur l'histoire littéraire du Québec et membre du collectif de la revue Québec français depuis plus de vingt-cinq ans. Il a été parmi les premiers Québécois à collaborer à une édition spéciale destinée aux enseignants allemands de français sur le Québec, son histoire, sa civilisation et sa littérature dans la revue Französisch heute. Une anthologie de textes québécois à laquelle il a collaboré paraîtra à Mexico. Une anthologie de la poésie québécoise à laquelle il a aussi collaboré a été traduite en roumain. Monsieur Boivin contribue depuis longtemps à la diffusion de la culture et de la littérature québécoises, non seulement dans son propre pays mais aussi en Europe, en Amérique latine, en Afrique et même en Asie. Le CLF considère que ses activités en tant qu'universitaire dépassent largement sa seule tâche professionnelle et qu'elles ont eu et ont toujours un rayonnement important ici comme à l'extérieur.

Pour le Québec, monsieur Jean Royer
Monsieur Royer a commencé sa carrière dans l'enseignement en même temps qu'il pratiquait les métiers de réalisateur et d'écrivain radiophonique. Journaliste culturel et critique littéraire jusqu'en 1991, il participe activement à l'animation de la vie culturelle et littéraire du Québec. Il organise des soirées de poésie et de théâtre, de même que les nuits de la poésie du Gesù à Montréal et du 24 juin en 1971, laquelle inaugure le Théâtre de l'Île d'Orléans dont il est le fondateur. Il est co-fondateur de la revue Estuaire, dont il sera le principal animateur jusqu'en 1985. Il s'intéresse particulièrement à l'histoire littéraire québécoise et l'a fait connaître par de nombreuses conférences et dans le cadre de plusieurs colloques. Il a publié deux anthologies de poésie parues chez Gallimard et chez La Découverte en France, de même qu'une Introduction à la poésie québécoise. Il a fait paraître plusieurs recueils d'entretiens avec pas moins de deux cents écrivains contemporains appartenant à une vingtaine de littératures du monde. Poète lui-même, il a publié une dizaine de titres dont certains lui ont valu des prix prestigieux, notamment le prix Alain-Grandbois. Monsieur Royer est directeur littéraire des Éditions de l'Hexagone, président de la Fondation Saint-Denys-Garneau, président de la Rencontre québécoise internationale des écrivains et écrivaines et secrétaire général de l'Académie des Lettres du Québec.

Pour l'Ontario, madame Gisèle Lalonde
Enseignante durant une vingtaine d'années, madame Lalonde s'est illustrée tant dans le domaine politique que par son apport au milieu de l'éducation franco-ontarien. Elle est notamment la directrice générale fondatrice du Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques. Elle a, au sein de l'Association française des conseils scolaires, réactivé le dossier de la gestion scolaire en Ontario. Elle a siégé dans plusieurs comités et présidé autant d'organismes rattachés ou non au gouvernement ontarien. Élue maire de Vanier en 1995, elle fonde l'Association française des municipalités de l'Ontario dont elle assume la première présidence. Son engagement social et communautaire date des années 1950 alors qu'elle est présidente fédérale de la Jeunesse ouvrière catholique. Par la suite, elle travaille bénévolement au sein du comité de pastorale de Notre-Dame-de-Lourdes, de l'Association des parents et instituteurs, du conseil d'administration de l'Hôpital Royal d'Ottawa et enfin du conseil d'administration de l'Hôpital Montfort. Sa vision et son leadership ne sont jamais remis en question. Les nombreuses reconnaissances qui lui sont décernées par divers organismes provinciaux, nationaux et internationaux en font foi et, sans aucun doute, la lutte de S.O.S. Montfort qu'elle a dirigée font d'elle une ambassadrice de la francophonie ontarienne partout.

Pour l'ouest canadien, madame Marie Bourgeois
Née à Montréal en 1947, madame Bourgeois réside à Vancouver depuis vingt-quatre ans. Dès son arrivée en Colombie-Britannique, elle s'est engagée de façon professionnelle et bénévole dans la promotion du fait français. À titre de présidente de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique, de 1989 à 1993, et vice-présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, de 1987 à 1991, elle a contribué au développement des grands dossiers de la francophonie canadienne. Elle a été membre des conseils d'administration de plusieurs organismes francophones, dont l'Association des parents francophones de la Colombie-Britannique et le Théâtre le Seizième. Membre fondatrice de la première des Maisons de la francophonie canadienne, elle est maintenant directrice générale de la Société Maison de la francophonie. Elle a agit très souvent dans le cadre des débats constitutionnels en présentant des mémoires et en participant à des comités provinciaux et nationaux. Son expérience lui confère une vision provinciale et nationale de la francophonie en milieu minoritaire. Son action est considérée par ses pairs comme très importante dans cette communauté francophone isolée de Vancouver.

Pour les Amériques, monsieur Zachary Richard
L'action en faveur de la survie du français en Louisiane de monsieur Richard est très importante. En 1995, il a fondé Action cadienne, une association à but non-lucratif qu'il préside toujours. Cette organisation, composée essentiellement de bénévoles, s'est donnée pour mission la promotion de la langue française et de la culture cadienne en Louisiane, notamment en faisant la promotion des programmes d'immersion en langue française auprès des jeunes. Cette association accomplit un travail exemplaire afin que les Cajuns, et plus particulièrement les jeunes, renouent avec leur histoire et avec leur langue d'origine. Cette personnalité très connue de la francophonie n'hésite pas non plus à se faire le porte-parole, sur différentes tribunes, des 250 000 francophones de la Louisiane qui, depuis trois siècles, combattent pour maintenir leur identité en plein coeur des États-Unis. Un artiste connu et apprécié dans une très large partie du monde francophone, il peut être considéré comme un véritable symbole de la francophonie nord-américaine, non seulement en Louisiane mais tout autant au Québec ou ailleurs dans les communautés francophones canadiennes et en Europe. Son très large rayonnement et son implication dans le domaine de l'enseignement par immersion en français ajoutent encore à la portée et à la qualité de son action en faveur de la vitalité du français en Amérique.

Pour les autres continents, monsieur Yoshikazu Obata
Professeur à l'Université Meiji, l'une des plus célèbres du Japon, monsieur Obata est détenteur d'un doctorat en littérature française de l'Université de Kioto. Il rédige également une thèse de doctorat en littérature québécoise après des études à l'Université de Montréal. Il a publié de nombreux essais sur la littérature québécoise dans diverses revues universitaires japonaises ainsi que des textes sur le Québec lui-même, sur son histoire littéraire comme sur son histoire politique. Il a donné, au cours des trois dernières années, des conférences sur des auteurs québécois, de même que sur l'évolution du roman québécois. Il a traduit des auteurs québécois en japonais et une traduction de Salut Galarneau! de Jacques Godbout doit paraître ce mois-ci. Il est membre de l'Association japonaise d'études canadiennes, de la Société japonaise de langue et littérature française et du comité de rédaction de la revue de l'Union des universités privées japonaises. En outre, il est vice-président du Forum Japon-Québec, un groupe d'environ deux cents personnes, surtout japonaises, qui a pour but d'entretenir des liens entre le Québec et le Japon, et de faire connaître les cultures japonaise et québécoise. Pour ses activités nombreuses et importantes de promotion du fait français en Amérique, dans un milieu qui n'appartient pas aux réseaux habituels de la francophonie, le CLF a décidé de lui remettre l'Ordre des francophones d'Amérique.

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