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La situation linguistique dans les écoles primaires et secondaires

LA SITUATION
LINGUISTIQUE
DANS LES
ÉCOLES
PRIMAIRES
ET SECONDAIRES

1971-72 à 1978-79





CHAPITRE III

L'analyse de
la situation linguistique

LES RÉSEAUX D'ENSEIGNEMENT







1- Vue d'ensemble

La clientèle scolaire précollégiale du Québec se répartit selon divers types d'institutions que l'on regroupe traditionnellement en deux réseaux d'enseignement. Le réseau public comprend les commissions scolaires et les commissions scolaires régionales. Le réseau privé recouvre une réalité beaucoup plus hétérogène. Il se compose d'institutions purement privées, subventionnées ou non par le ministère de l'Éducation du Québec, ainsi que d'autres institutions sous la responsabilité de divers ministères des gouvernements québécois et canadiens. Nous reviendrons plus loin sur l'importance relative de ces divers types d'institutions.

Le tableau 10 présente l'évolution de la clientèle scolaire précollégiale de chaque réseau selon la langue d'enseignement, de 1971-72 à 1977-78. La grande majorité de la clientèle scolaire fréquente des écoles du réseau public, tant du côté français que du côté anglais (entre 93 % et 95 % des élèves). La répartition des élèves de chaque langue d'enseignement entre les deux réseaux est à peu près la même. Enfin, la diminution de la clientèle scolaire a presque uniquement affecté le réseau public, de sorte que son poids relatif a légèrement diminué (de 95,4 % à 92,7 % du côté français, de 94,1 % à 93,6 % du côté anglais).

2- Le réseau public d'enseignement

Comme la clientèle scolaire du réseau public constitue au-delà de 93 % de la clientèle précollégiale globale du Québec, il n'est évidemment pas question de reprendre ici l'analyse que nous avons faite au chapitre précédent pour l'ensemble du Québec1. Nous nous attacherons plutôt à l'examen de deux points particuliers : la situation des langues d'enseignement dans les écoles du réseau public en 1978-79 et la situation linguistique selon la confessionnalité des organismes.

2.1 La situation des langues d'enseignement en 1978-79

Les données du fichier des élèves du MEQ sur la répartition de la population scolaire selon la langue maternelle ne sont pas encore disponibles pour 1978-79. Nous avons cependant inclus dans les tableaux qui suivent et qui portent sur la répartition des élèves selon la langue d'enseignement les données préliminaires du fichier des écoles.




1 On retrouvera aux tableaux A.5 à A.8, en annexe, les répartitions qui concernent l'ensemble du réseau public. [retour au texte]






TABLEAU 10 Évolution de la clientèle scolaire précollégiale du Québec selon le réseau
et la langue d'enseignement
de 1971-72 à 1977-78


TABLEAU 11 Évolution de la clientèle scolaire des commissions scolaires du Québec selon le niveau et la langue d'enseignement
de 1971-72 à 1978-79



On a vu au chapitre précédent que la clientèle scolaire précollégiale du Québec a connu entre 1976-77 et 1977-78 sa plus importante baisse depuis 1971-72, autant du côté français que du côté anglais. Le tableau 11 donne l'évolution de la clientèle des commissions scolaires de 1971-72 à 1978-79. Le tableau 12 contient les pourcentages annuels d'accroissement de ces clientèles suivant la langue d'enseignement. On y constate que la vitesse de diminution de la clientèle scolaire étudiant en anglais a encore augmenté entre 1977-78 et 1978-79 et se situe à 8,7 %. Si l'on exclut les clientèles étudiant en anglais des commissions scolaires Crie et Kativik, qui se sont jointes au réseau public en 1978-79, le pourcentage de diminution se situe à près de 10%. Par ailleurs, rappelons qu'en 1977-78 les données incluent un certain nombre d'élèves qui fréquentent illégalement des classes anglaises. Ce n'est pas le cas en 1978-79. Si cette situation a pour conséquence de sous-estimer les effets qu'aurait eus la loi 101 entre 1976-77 et 1977-78, elle a par ailleurs pour conséquence de les surestimer entre 1977-78 et 1978-79. Globalement pour les deux années la réduction est de 14,5 %, ce qui donne une diminution annuelle moyenne de 7,25 %. Si on exclut les commissions scolaires Crie et Kativik, la réduction annuelle est de 7,8 %. Le même calcul appliqué au seul niveau maternelle donne une réduction annuelle moyenne de 9,5 % (10,1 % si l'on exclut les commissions scolaires Crie et Kativik).



TABLEAU 12 Pourcentages annuels de diminution de la clientèle scolaire précollégiale du réseau public du Québec selon la langue d'enseignement
de 1971-72 à 1978-79



Du côté français, le pourcentage de diminution enregistré entre 1977-78 et 1978-79 est le plus faible depuis 1971-72/1972-73, avec 2,9 %1. C'est la première fois depuis 1971-72 qu'une législation linguistique semble permettre de ralentir la chute de la clientèle scolaire des classes françaises. On assiste d'ailleurs pour la première fois depuis 1971-72 à une augmentation du nombre d'élèves de niveau maternelle dans les classes françaises.




1 Nous ne tiendrons pas compte ici de la présence des commissions scolaires Crie et Kativik, qui n'ajoutent que 961 élèves en langue d'enseignement française en 1978-79. [retour au texte]




En termes de poids relatif des deux clientèles scolaires, le tableau 13 montre que les classes françaises regroupent dorénavant 84,4 % de la clientèle scolaire précollégiale, contre 15,6 % pour les classes anglaises. On est ainsi revenu au niveau de la représentation relative des deux groupes en 1972-73.



TABLEAU 13 Répartition de la clientèle scolaire des commissions scolaires du Québec selon la langue d'enseignement
de 1971-72 à 1978-79



2.2 La situation linguistique selon la confessionnalité des organismes d'enseignement

La caractéristique organisationnelle principale du réseau public d'enseignement précollégial du Québec est sa répartition en organismes confessionnels. Il se compose de commissions scolaires pour catholiques, de commissions scolaires pour protestants et de commissions scolaires multiconfessionnelles. Les premières regroupent plus de 90 % de la clientèle scolaire, les secondes autour de 9 % et les troisièmes moins de 0,5 %.

Les données du tableau 14 illustrent la concentration des classes françaises dans les commissions scolaires pour catholiques. Plus de 99 % de la clientèle scolaire qui étudie en français se retrouve dans des organismes pour catholiques. La proportion des classes françaises chez les protestants a augmenté entre 1977-78 et 1978-79 mais, demeure très faible à 0,5 %. Par ailleurs, la clientèle qui étudie en anglais se partage entre organismes catholiques et protestants dans une proportion d'environ 45 % — 55 %. L'augmentation à 1,9 % des organismes multiconfessionnels pour la dernière période provient de l'ajout des commissions scolaires Crie et Kativik.



TABLEAU 14 Répartition de la clientèle scolaire précollégiale du réseau public d'enseignement du Québec par confessionnalité des organismes, selon la langue d'enseignement
de 1971-72 à 1978-79



Nous allons maintenant examiner plus en détail la situation linguistique des organismes pour catholiques et pour protestants.

2.2.1 La situation linguistique dans les commissions scolaires pour catholiques

Le tableau 15 donne l'évolution de la clientèle des commissions scolaires pour catholiques de 1971-72 à 1978-79 selon la langue d'enseignement1. Le tableau 16 traduit cette évolution en termes de poids relatif des deux langues d'enseignement. On y constate que la proportion des élèves étudiant en français a peu varié dans le temps et s'établit aux environs de 92 %.

Le tableau 17 donne l'évolution de la répartition des mêmes élèves par langue maternelle jusqu'en 1977-78. Les francophones y constituent une solide majorité avec plus de 90 % des effectifs. Les anglophones représentent environ 5 % des élèves. La proportion d'allophones oscille entre 3 et 4 %.

Les données les plus intéressantes, cependant, apparaissent aux tableaux 18 et 19. Le tableau 18 donne la distribution des élèves des divers groupes linguistiques selon la langue d'enseignement. Près de 99 % des « francocatholiques » étudient en français. La proportion des « anglocatholiques » qui étudient dans leur langue maternelle fluctue entre 77,1 % (1971-72) et 84,8 % (1973-74). Les lois linguistiques semblent avoir pour effet, dans leur cas, d'en diriger une plus grande proportion vers l'école française. C'est cependant la situation des allophones qui est la plus intéressante. En 1971-72, 81,2 % d'entre eux fréquentaient l'école anglaise! La loi 22 avait cependant réduit cette proportion à 76,5 % en 1976-77. La loi 101 l'a réduite à 67,5 %.

Les données du tableau 19 montrent que la clientèle des classes anglaises des commissions scolaires pour catholiques était composée de plus de 50 % de non-anglophones, du moins jusqu'en 1973-74. En 1976-77, cette proportion se situait à 49,2 %. Après une année d'application de la loi 101, elle est à 49,1 % avec 14,2 % de francophones et 34,9 % d'allophones.




1 Nous avons souligné au chapitre II que certaines écoles accueillent dans des classes anglaises des élèves inadmissibles à l'enseignement dans cette langue, bien que les commissions scolaires dont ces écoles relèvent aient décidé d'appliquer la loi 101. Ces « illégaux » ne sont évidemment pas inclus dans les statistiques du ministère de l'Éducation. On sait cependant que la plupart de ces élèves fréquentent des écoles de commissions scolaires pour catholiques. Voir à ce sujet les nombreuses déclarations publiques de la Provincial Association of Catholic Teachers (PACT). Cette situation affecte des données statistiques des années scolaires 1977-78 et 1978-79. [retour au texte]






TABLEAU 15 Évolution de la clientèle scolaire des commissions scolaires pour catholiques du Québec selon le niveau et la langue d'enseignement
de 1971-72 à 1978-79


TABLEAU 16 Répartition de la clientèle scolaire des commissions scolaires pour catholiques selon la langue d'enseignement
de 1971-72 à 1978-79


TABLEAU 17 Répartition de la clientèle scolaire des commissions scolaires pour catholiques selon la langue maternelle
de 1971-72 à 1977-78


TABLEAU 18 Répartition de la clientèle scolaire des commissions scolaires pour catholiques des divers groupes linguistiques selon la langue d'enseignement
de 1971-72 à 1977-78


TABLEAU 19 Répartition de la clientèle scolaire des commissions scolaires pour catholiques des diverses langues d'enseignement selon la langue maternelle
de 1971-72 à 1977-78



2.2.2 La situation linguistique dans les commissions scolaires pour protestants

Entre 1971-72 et 1977-78, la proportion d'élèves des commissions scolaires pour protestants qui étudie en anglais se situe entre 97 % et 98 %. Entre 1977-78 et 1978-79, le nombre d'élèves étudiant en français passe d'un peu plus de 2 000 à près de 5 000 (tableau 20). Pour la première fois depuis 1971-72, la proportion de clientèle étudiant en anglais tombe sous les 97 %; elle se situe à 95,5 % (tableau 21). Cette évolution est évidemment attribuable à la loi 101, qui contraint en quelque sorte les commissions scolaires pour protestants à devenir de véritables organismes confessionnels, et non plus « anglophones ».



TABLEAU 20 Évolution de la clientèle scolaire des commissions scolaires pour protestants du Québec selon le niveau et la langue d'enseignement
de 1971-72 à 1978-79


TABLEAU 21 Répartition de la clientèle scolaire des commissions scolaires pour protestants du Québec selon la langue d'enseignement
de 1971-72 à 1978-79



Quant à la composition de la clientèle scolaire « protestante » par groupe linguistique, elle est beaucoup moins homogène que la clientèle « catholique ». Cette répartition apparaît au tableau 22. La proportion d'anglophones y est inférieure à 81 % et a constamment diminué entre 1971-72 et 1977-78, passant de 80,6 % à 76,5 %. Cette diminution s'est surtout faite au profit des francophones au moins jusqu'en 1973-74, au profit exclusif des allophones à partir de 1976-77.



TABLEAU 22 Répartition de la clientèle scolaire des commissions scolaires pour protestants du Québec selon la langue maternelle
de 1971-72 à 1977-78



Cependant, comme la quasi-totalité des élèves étudie en anglais, les anglophones constituent de 77 à 80 % de la clientèle des classes anglaises (tableau 24). Les allophones, pour leur part, étudient presque tous en anglais (99 % contre 67 % à 82 % du côté catholique; voir tableau 23) et représentent 13 % à 16 % de la clientèle des classes anglaises. Plus de 80 % des francophones étudient en anglais. Par ailleurs alors qu'ils ne représentaient que 44,0 % des « protestants » étudiant en français en 1971-72, leur proportion est montée à 81,1 % en 1977-78. Pendant ce temps, les anglophones ont vu leur proportion passer de 53,1 % à 9,4 % et les allophones de 2,9 % à 9,5 %. Nul proportion passer de 53,1 % à 9,4 % et les allophones de 2,9 % à 9,5 %. Nul doute cependant que les proportions d'anglophones et d'allophones devraient se situer à des niveaux plus élevés en 1978-79. Rappelons qu'en 1977-78, des commissions scolaires pour protestants ont défié la loi 101 et permis le « libre choix » de la langue d'enseignement. Parmi elles se trouvait le Bureau des écoles protestantes du grand Montréal (BEPGM). qui regroupait près de 70 % de la clientèle protestante étudiant en français (1 451 élèves sur 2 088). En 1978-79, ces commissions scolaires ont décidé d'appliquer la loi 101.



TABLEAU 23 Répartition de la clientèle scolaire des commissions scolaires pour protestants des divers groupes linguistiques selon la langue d'enseignement de 1971-72 à 1977-78


TABLEAU 24 Répartition de la clientèle scolaire des commissions scolaires pour protestants des diverses langues d'enseignement selon la langue maternelle, de 1971-72 à 1977-78



3- Le réseau privé d'enseignement

3.1 Vue d'ensemble

Le réseau privé d'enseignement ne regroupe que 5 à 7 % de la clientèle scolaire précollégiale du Québec, soit moins de 100 000 élèves. Ces élèves se répartissent entre quatre types d'institutions.

  1. Privées subventionnées : cette catégorie regroupe les élèves pour lesquels des institutions d'enseignement privées reçoivent des subventions du ministère de l'Éducation du Québec, soit que leur enseignement ait été « déclaré d'intérêt public » (DIP) ou « reconnu aux fins de subvention » (RFS);

  2. Privées non subventionnées : ce groupe comprend les élèves qui fréquentent des institutions privées dont l'enseignement est reconnu par le MEQ (Permis), mais qui ne reçoivent aucune subvention;

  3. Écoles gouvernementales : ce sont des institutions d'enseignement relevant de divers ministères du gouvernement du Québec (Affaires sociales, Affaires culturelles) ou du gouvernement fédéral canadien (Affaires indiennes et du Nord canadien, Défense);

  4. Associées : cette catégorie regroupe les élèves qui fréquentent des institutions privées pour lesquelles elles reçoivent des subventions par suite d'ententes avec certaines commissions scolaires.

Le tableau 25 donne la répartition des élèves du réseau privé selon ces quatre types d'institutions ou de clientèles, selon la langue d'enseignement, pour les années 1976-77 et 1977-78. On constate que plus de 76 % de la clientèle du réseau dit privé est subventionnée par le ministère de l'Éducation (DIP, RFS, Associées). Or, cette clientèle est soumise aux critères de la loi 101 quant à l'accessibilité à l'enseignement en anglais. Bien qu'on ne puisse l'isoler comme telle au fichier individuel du MEQ, son importance justifie une analyse globale de la situation linguistique du réseau privé.



TABLEAU 25 Clientèle scolaire précollégiale des institutions privées du Québec selon le statut et la langue d'enseignement
en 1976-77 et 1977-78



3.2 L'évolution selon la langue d'enseignement

Entre 84 % et 85 % des élèves du réseau privé étudient en français, la seule exception étant l'année 1971-721 (tableau 26). La situation est donc assez peu différente de celle du réseau public, si ce n'est que l'importance relative du français est un peu plus grande au réseau privé à partir de 1975-76 (environ 2 points de pourcentage). L'importance relative de la clientèle des classes françaises a par ailleurs légèrement, mais régulièrement, augmenté entre 1973-74 et 1977-78, passant de 84,0 % à 85,3 %.




1 Comme on pourra le constater dans tous les tableaux du réseau privé, les données de l'année 1971-72 sont toujours très différentes de celles des années qui suivent. Il est difficile d'expliquer cette situation si ce n'est par des problèmes de dénombrement de clientèle scolaire. C'est pourquoi dans le reste du texte nous avons décidé d'ignorer les statistiques de cette année. [retour au texte]






TABLEAU 26 Répartition de la clientèle scolaire précollégiale du Québec par langue d'enseignement, selon le réseau d'enseignement
de 1971-72 à 1977-78



3.3 L'évolution selon la langue maternelle

Les données du tableau 27 indiquent une stabilité quasi parfaite de la répartition de la clientèle scolaire du réseau privé selon la langue maternelle. La proportion des francophones se situe entre 82 % et 83 % des élèves, celle des anglophones entre 13 % et 14 % et celle des allophones à 4 %. Cette répartition est peu différente de celle du réseau public, si ce n'est que la proportion d'anglophones du réseau privé est un peu plus élevée, alors que celle des allophones est un peu plus faible.



TABLEAU 27 Répartition de la clientèle scolaire précollégiale du Québec par langue maternelle, selon le réseau d'enseignement, de 1971-72 à 1977-78



3.4 La répartition des groupes linguistiques selon la langue d'enseignement

Comme un réseau public, 98 % de la clientèle scolaire francophone du réseau privé étudie dans sa langue maternelle (tableau 28). Là s'arrête cependant la ressemblance entre les deux réseaux. En effet, alors qu'au réseau public la proportion des anglophones étudiant en anglais varie entre 90 % et 94 %, au réseau privé elle est toujours inférieure ou égale à 90 %. Elle a d'ailleurs fortement diminué à partir de 1976-77, et se situe à 80 % en 1977-78. La dernière diminution pourrait être attribuable, du moins en partie, à l'application de la loi 101, puisque, contrairement à la loi 22, elle touche tout le réseau privé subventionné.



TABLEAU 28 Répartition de la clientèle scolaire du réseau privé du Québec des divers groupes linguistiques selon la langue d'enseignement de 1971-72 à 1977-78



C'est cependant la situation des allophones qui diffère le plus d'un réseau d'enseignement à l'autre. Au réseau public, la proportion des allophones qui étudie en anglais est passée de 85 % en 1971-72 à 77 % en 1977-78. Au réseau privé, elle passe de 64 % à 34 %. D'une part, on voit donc qu'elle se situe à un niveau bien inférieur; de fait depuis 1974-75 la majorité des allophones du réseau privé étudie en français. D'autre part, la diminution de la proportion a été beaucoup plus importante au réseau privé.

Soulignons cependant qu'en termes « d'attirance » des langues d'enseignement, les allophones du réseau privé sont encore en 1977-78 beaucoup plus attirés par la langue anglaise que par la langue française, puisque, comme nous l'avons déjà vu, les anglophones ne devraient « théoriquement » qu'attirer 12,8 % des allophones cette année-là; ils en attirent en fait 34,1 %.

3.5 La répartition des élèves des diverses langues d'enseignement selon la langue maternelle

Malgré la présence d'une forte proportion des anglophones et d'une majorité des allophones dans les classes françaises, les francophones représentent plus de 95 % de la population de ces classes jusqu'en 1976-77 (tableau 29). En 1977-78 leur pourcentage s'établit à 93,3 %. C'est moins qu'au réseau public où le pourcentage de francophones dans les classes françaises se situe entre 97 % et 98 %.

Du côté des classes anglaises, la représentation des anglophones augmente, passant de 70,6 % en 1972-73 à 80,2 % en 1977-78. Il s'agit là de pourcentages beaucoup plus élevés qu'au réseau public où les anglophones ne constituent qu'environ 65 % de la clientèle scolaire qui étudie en anglais. Par ailleurs, le poids des deux autres groupes linguistiques a diminué. En 1977-78, ils représentent chacun d'eux 10 % de la population de ces classes.



TABLEAU 29 Répartition, de la clientèle scolaire du réseau privé du Québec des diverses langues d'enseignement selon la langue maternelle de 1971-72 à 1977-78



4- Rappel

Entre 1976-77 et 1978-79, la clientèle scolaire des classes anglaises du réseau public d'enseignement a diminué de 14,5 %, une diminution annuelle moyenne de 7,25 % (7,8 % si l'on exclut les commissions scolaires Crie et Kativik, qui se sont jointes au réseau public en 1978-79). Avant 1977-78, le taux de diminution n'avait pas dépassé 4,2 %. Par ailleurs, pour la première fois depuis 1971-72, le pourcentage de réduction des classes françaises se retrouve sous les 3 %. On est ainsi revenu au niveau de la représentation relative des deux groupes en 1972-73, les classes françaises regroupant 84,4 % des élèves, contre 15,6 % pour les classes anglaises.

Les commissions scolaires pour catholiques regroupent la quasi-totalité des classes françaises. Les classes anglaises se partagent par ailleurs entre commissions scolaires pour catholiques et commissions scolaires pour protestants dans une proportion de 45 %-55 %.

D'autre part, la composition linguistique de la population des classes anglaises est bien différente selon qu'il s'agit des organismes de l'une ou l'autre confessionnalité. Dans les classes « anglocatholiques », la moitié de la clientèle scolaire n'est pas de langue maternelle anglaise (14 % à 18 % de francophones, 33 % à 35 % d'allophones). Dans les classes anglaises des commissions scolaires pour protestants, cette proportion fluctue autour de 20 %. Dans les commissions scolaires pour catholiques, entre 67,5 % (1977-78) et 81,2 % (1971-72) des allophones étudient en langue anglaise. Chez les protestants, cette proportion est de 99 %.

Au réseau privé, le pourcentage des allophones qui étudient en anglais est passé de 64 % à 34 % entre 1971-72 et 1977-78. Soulignons cependant que le réseau privé ne regroupe que 7 % de la population scolaire précollégiale du Québec.




Chapitre IV

Table des matières

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