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La situation linguistique dans les écoles primaires et secondaires

LA SITUATION
LINGUISTIQUE
DANS LES
ÉCOLES
PRIMAIRES
ET SECONDAIRES

1971-72 à 1978-79





CHAPITRE IV

L'analyse de
la situation linguistique

LES RÉGIONS ADMINISTRATIVES SCOLAIRES







1- Vue d'ensemble

La distribution de la clientèle scolaire sur le territoire du Québec offre des caractères bien particuliers. Plus de la moitié des élèves des niveaux précollégiaux sont concentrés dans la région administrative scolaire de Montréal, 25 % sur l'Île de Montréal. En dehors de cette région, seule celle de Québec dépasse les 10 % (16 % en 1977-78). En 1977-78, les autres régions se partageaient entre 0,3 % (Nouveau-Québec) et 7,0 % (Trois-Rivières) de la population scolaire.

La concentration dans la région de Montréal est encore plus grande pour les élèves qui étudient en anglais. Près de 84 % de ces derniers s'y retrouvent (environ 60 % sur l'Île de Montréal). Suivent de très loin l'Outaouais avec 5 % et les Cantons-de-l'Est avec un peu plus de 3 %. Les autres régions ne dépassent pas 2 %.

Le tableau 30 donne l'évolution des effectifs scolaires de chaque région par langue d'enseignement, pour chacune des années entre 1971-72 et 1977-78. Toutes les régions, sauf le Nouveau-Québec, dont les effectifs sont par ailleurs minimes, ont subi une baisse de clientèle scolaire.

Quatre d'entre elles ont même enregistré des baisses dépassant 20 %; ce sont les régions du Bas-Saint-Laurent—Gaspésie (25,7 %), du Saguenay—Lac-Saint-Jean (24,5 %), de Trois-Rivières (23,4 %) et du Nord-Ouest (20,8 %). Les diminutions les plus faibles sont le fait de la Côte-Nord (4,0 %) et de l'Outaouais (10,1 %). Les autres régions se situent près de la moyenne québécoise. Par ailleurs, si l'on isole la sous-région de l'Île de Montréal des parties nord et sud de la grande région administrative scolaire, on constate que la diminution sur l'île est parmi les plus élevées (22,1 %) tandis que celles des deux autres sous-régions sont parmi les plus faibles du Québec, soit 6,8 % pour le Sud et 10,4 % pour le Nord.



TABLEAU 30 Évolution de la clientèle scolaire
précollégiale du Québec
et de ses régions administratives
scolaires selon la langue d'enseignement
de 1971-72 à 1977-78



Dans cinq régions sur neuf1, la baisse de la clientèle des classes françaises a été plus importante que celle des classes anglaises; il s'agit du Bas-Saint-Laurent—Gaspésie, des Cantons-de-l'Est, de Montréal (et de ses trois sous-régions), de l'Outaouais et du Nord-Ouest. Pour les quatre autres régions, les pourcentages de diminution des effectifs des classes anglaises sont particulièrement impressionnants à Trois-Rivières (30,7 %), à Québec (32,4 %) et surtout au Saguenay—Lac-Saint-Jean (53,8 %). Dans les cas de Trois-Rivières et du Saguenay—Lac-Saint-Jean, il faut souligner que les nombres impliqués sont petits (2 000 élèves et moins). Dans les deux cas également la baisse la plus forte se situe entre 1971-72 et 1972-73. Il pourrait s'agir de problèmes de déclaration de langue d'enseignement. En effet, les élèves qui étudient le français, langue seconde, dans des classes où l'on applique la technique de l'immersion, doivent, en principe, être déclarés en langue d'enseignement anglaise. On a constaté que plusieurs de ces élèves étaient déclarés en langue d'enseignement française2. Les données ont pu être corrigées à partir de 1973-74, mais il s'est avéré impossible de le faire pour 1971-72 et 1972-73. Comme le nombre d'élèves en classes d'immersion était moins important pour ces années, les chiffres pour l'ensemble du Québec en sont peu affectés. Il est possible cependant qu'au niveau régional l'erreur prenne plus d'importance, surtout, comme c'est le cas ici, quand les nombres sont petits.

2- La répartition selon la langue d'enseignement

C'est à Montréal que la proportion des élèves qui étudient en anglais est de loin la plus importante (25,9 % en 1977-78 pour l'ensemble de la région administrative scolaire, 39,2 % pour l'Île). Deux autres régions seulement ont un pourcentage supérieur à 10 % : l'Outaouais avec 16,8 % et les Cantons-de-l'Est avec 12,5 %. C'est à Trois-Rivières (98,6 %) et au Saguenay—Lac-Saint-Jean (98,5 %) que les proportions d'élèves étudiant en français sont les plus élevées.




1 Nous ne tenons pas compte du Nouveau-Québec qui se trouve dans une situation particulière d'augmentation de sa clientèle scolaire. Les chiffres impliqués sont d'ailleurs très petits. Enfin, il est fort possible que cette augmentation soit le reflet d'une meilleure cueillette des données des écoles gouvernementales. [retour au texte]

2 BISSON, Antonio, La déclaration de la langue d'enseignement au Sommaire statistique de l'école : anomalies et corrections, Service de la démographie scolaire, ministère de l'Éducation, gouvernement du Québec, document non publié. [retour au texte]






TABLEAU 31 Répartition de la clientèle scolaire
précollégiale du Québec
et de ses régions administratives
scolaires selon la langue d'enseignement,
de 1971-72 à 1977-78



À l'image de l'ensemble du Québec, le poids des classes anglaises dans la région de Montréal a augmenté entre 1971-72 et 1975-76, pour commencer à diminuer en 1976-77 (tableau 31). Dans l'Outaouais et les Cantons-de-l'Est, la diminution ne s'est amorcée qu'à partir de 1977-78.

Dans les trois cas, cependant, la proportion des élèves des classes anglaises est demeurée supérieure en 1977-78 à ce qu'elle était en 1971-72. Pour ce qui est des autres régions, l'évolution est plus variée et soumise à des fluctuations aléatoires à cause des petits nombres d'élèves concernés. Globalement, on peut néanmoins parler de stabilité à un peu plus de 3 % de la population scolaire.

3- La répartition selon la langue maternelle

Les régions du Saguenay—Lac-Saint-Jean, de Québec et de Trois-Rivières comptent plus de 98 % d'élèves francophones (tableau 32). Le poids des anglophones ne dépasse 10 % que dans trois régions : les Cantons-de-l'Est (11 %), l'Outaouais (16 % à 17 %), et surtout Montréal (plus de 18 %, 24 % à 27 % sur l'Île). Quant aux allophones, ils n'ont d'importance que dans la région de Montréal (7 % à 9 %), surtout sur l'Île (13 % à 17 %) et sur la Côte-Nord et au Nouveau-Québec (7 % à 8 %). La région de Montréal regroupe 81 % des élèves anglophones et 93 % des élèves allophones du territoire québécois en 1977-78.

Entre 1971-72 et 1977-78, quatre régions ont enregistré des variations sensibles de la distribution de leur population scolaire par langue maternelle. Dans le Nord-Ouest et dans les régions regroupées de la Côte-Nord et du Nouveau-Québec, la proportion des francophones a augmenté respectivement de 1,2 % et de 1,9 %. Dans le premier cas, c'est surtout au détriment des anglophones, dans le second cas à celui des allophones. Les régions de l'Outaouais (2,2 %) et surtout de Montréal (3,6 % pour la région, 11,8 % pour l'Île) ont enregistré les diminutions les plus fortes de pourcentage de francophones. Dans l'Outaouais, ce sont surtout les anglophones qui ont augmenté leur représentation. À Montréal, ce sont les allophones.



TABLEAU 32 Répartition de la clientèle scolaire
précollégiale des régions administratives
scolaires du Québec
selon la langue maternelle
en 1971-72 et 1977-78



4- Distribution des élèves des divers groupes linguistiques selon la langue d'enseignement

La proportion des francophones qui étudient en français est de 98 % ou 99 % dans toutes les régions, sauf dans les Cantons-de-l'Est et à Montréal (tableau 33). Dans ces régions, la proportion se situe entre 96 % et 97 % (95 % à 96 % sur l'Île de Montréal). Dans la région de Montréal, cette proportion diminuait régulièrement sous le régime de la loi 63. L'introduction de la loi 22 l'a fait remonter à partir de 1975-76.

Deux régions se distinguent nettement des autres en ce qui concerne la proportion d'anglophones qui étudient en français : l'Outaouais avec 12 % ou 13 % et le Nord-Ouest avec de 18 % à 25 %. Dans les autres régions elle ne dépasse jamais 10 %.

Quant aux allophones, ils étudient majoritairement en français dans toutes les régions, presque toutes les années, sauf à Montréal. Dans cette dernière région, la proportion des allophones étudiant en anglais varie entre 84 % et 90 % pour la période 1971-72/1976-77. Elle a fortement diminué à la suite de l'entrée en vigueur de la loi 101, passant de 84 % en 1976-77 à 77 % en 1977-78. Sur l'Île de Montréal, ces proportions sont passées de 87 % à 79 %.



TABLEAU 33 Répartition de la clientèle scolaire précollégiale des régions administratives scolaires du Québec des divers groupes linguistiques selon la langue d'enseignement, de 1971-72 à 1977-78


TABLEAU 34 Répartition de la clientèle scolaire
précollégiale des régions administratives
scolaires du Québec des diverses langues
d'enseignement selon la langue maternelle,
de 1971-72 à 1977-78



5- Distribution des élèves des diverses langues d'enseignement selon la langue maternelle

Les francophones représentent la quasi-totalité des élèves qui étudient en français dans toutes les régions, sauf sur l'Île de Montréal, sur la Côte-Nord—Nouveau-Québec et dans l'Outaouais. Sur l'Île de Montréal, la proportion des francophones s'établissait à plus de 95 % en 1972-73 et 1973-74 (tableau 34). Elle avait diminué à 94 % en 1976-77, et à 90,4 % en 1977-78. C'est la proportion des allophones qui a augmenté, passant d'environ 2 %, à 5,8 % en 1977-78. Dans l'Outaouais (96 % à 97 %) et sur la Côte-Nord—Nouveau-Québec (93 % à 94 %) les proportions n'ont pas varié beaucoup dans le temps.

Quant aux classes anglaises, on peut voir au tableau 34 que dans les régions les plus francophones, elles doivent une importante partie de leurs effectifs à ces mêmes francophones, la seule exception étant le Bas-Saint-Laurent—Gaspésie. La proportion de francophones dépasse 30 % au Saguenay—Lac-Saint-Jean, à Québec et à Trois-Rivières. Québec est la seule région où cette proportion a diminué de façon importante entre 1971-72 et 1977-78 (de 42 % à 24 %), la diminution la plus importante intervenant entre 1976-77 et 1977-781.

Par ailleurs, le tiers des élèves des classes anglaises de l'Île de Montréal sont des allophones; cette proportion ne diminue pas dans le temps. Enfin, compte tenu du poids de la région de Montréal dans l'ensemble du Québec, il faut souligner l'importance de la proportion des francophones dans les classes anglaises; elle se situait à plus de 10 % avant 1977-78. La loi 101 l'a ramenée à 8 %.




1 L'importance de cette dernière diminution semble d'ailleurs suspecte. Elle dépasse les 10 points de pourcentage. Il pourrait s'agir en partie de changements de déclaration de langue maternelle qui n'ont pu être corrigés au Fichier élèves standard. [retour au texte]




6- Rappel

La région administrative scolaire de Montréal regroupe plus de la moitié des élèves des niveaux précollégiaux du Québec. La concentration est encore plus grande pour les élèves qui étudient en anglais, soit 84 %, 60 % sur l'Île de Montréal. C'est également dans la région de Montréal que la proportion des élèves qui étudient en anglais est la plus élevée. Elle est de 25,9 % en 1977-78 (39,2 % pour l'Île). Deux autres régions seulement montrent un pourcentage supérieur à 10 % : l'Outaouais avec 16,8 % et les Cantons-de-l'Est avec 12,5 %. La région de Montréal regroupe par ailleurs plus de 80 % des élèves anglophones et plus de 90 % des élèves allophones du Québec.

C'est donc dans cette région que la distorsion entre la répartition de la population d'âge scolaire selon la langue maternelle et sa distribution par langue d'enseignement prend le plus de signification. Ainsi tandis que les anglophones constituent 18 % ou 19 % de la population scolaire précollégiale, plus de 25 % des enfants étudient en anglais. L'écart est encore plus grand pour la sous-région de l'Île-de-Montréal où l'on retrouve entre 24 % et 27 % d'anglophones et de 36 % à 39 % des élèves étudiant en langue anglaise. C'est que plus du tiers de ces élèves est, soit francophone (autour de 10 %), soit allophone (environ 35 %).




Chapitre V

Table des matières

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