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La situation démolinguistique du Québec

La situation
démolinguistique
du Québec






Marc Termote
et Danielle Gauvreau

Étude réalisée pour
le Conseil de la langue française



TABLE DES MATIÈRES

Remerciements
Présentation

INTRODUCTION

CHAPITRE PREMIER
Le bilan démolinguistique du Québec de 1976 à 1981
1.1. Le bilan démographique du Québec par langue maternelle
1.2. Le bilan démographique du Québec par langue d'usage
1.3. Conclusions préliminaires

CHAPITRE II
Les groupes linguistiques au Québec et dans les régions de 1951 à 1981
2.1. Composition selon la langue maternelle et la langue d'usage
2.1.1. Langue maternelle
2.1.2. Langue d'usage
2.2. Répartition selon l'âge et le sexe de la population des divers groupes linguistiques
2.3. Quelques caractéristiques socio-économiques des groupes linguistiques en 1981
2.3.1. Lieu de naissance
2.3.2. Niveau de scolarité
2.3.3. Revenu
2.4. Le bilinguisme au Québec et dans les régions, de 1951 à 1981
2.4.1. Situation générale
2.4.2. Variations du bilinguisme selon la langue maternelle, l'âge et le sexe
2.4.3. Indice de communicabilité

CHAPITRE III
L'accroissement naturel des groupes linguistiques
3.1. La mortalité
3.1.1. La mesure du phénomène
3.1.2. Les disparités linguistiques et régionales
3.2. La fécondité
3.2.1. La fécondité passée des femmes âgées de 45 ans et plus en 1981
3.2.2. La fécondité passée et présente des femmes âgées de moins de 45 ans en 1981
a) Nombre moyen d'enfants mis au monde
b) Les indices du moment

CHAPITRE IV
La mobilité linguistique
4.1. Définition et concepts
4.2. Présentation critique des données
4.2.1. La situation ailleurs au Canada
4.2.2. Les règles utilisées pour distribuer les déclarations « erronées »
4.2.3. Les caractéristiques des déclarations « erronées »
4.3. Analyse générale de la mobilité linguistique
4.3.1. L'indice de continuité linguistique
4.3.2. Nombre et répartition des transferts
4.3.3. Taux de mobilité linguistique
4.3.4. Mobilité linguistique et bilinguisme
4.3.5. Taux de mobilité linguistique selon l'âge et le sexe
4.3.6. Évolution des taux de mobilité linguistique entre 1971 et 1981
4.4. Mobilité linguistique suivant quelques caractéristiques socio-économiques
4.4.1. Mobilité linguistique suivant le lieu de naissance
4.4.2. Mobilité linguistique et mobilité interrégionale
4.4.3. Mobilité linguistique suivant la formation scolaire et le revenu
4.5. Mobilité linguistique et exogamie
4.5.1. Groupes linguistiques et exogamie
4.5.2. Transferts linguistiques et exogamie

CHAPITRE V
La migration
5.1. Problèmes de données
5.2. Vue d'ensemble
5.3. Analyse régionale
5.4. L'impact démographique de la migration
5.4.1. Migration et structure par âge
5.4.2. Migration et mortalité
5.4.3. Migration, fécondité et mortalité : le taux spatial de reproduction nette

CONCLUSION

ANNEXE A
Découpage géographique

ANNEXE B
Présentation critique des informations contenues dans les recensements, concernant les caractéristiques linguistiques individuelles

BIBLIOGRAPHIE




Liste des tableaux

CHAPITRE PREMIER
I.1 :

Bilan démolinguistique par langue maternelle, Québec, 1976-1981 (en milliers)

I.2 :

Bilan démolinguistique par langue maternelle, Québec, 1976-1981, après correction pour le sous-dénombrement (en milliers)

I.3 :

Bilan démolinguistique par langue maternelle, Québec, 1976-1981, après correction pour le sous-dénombrement (taux en %)

I.4 :

Bilan démolinguistique par langue d'usage, Québec, 1976-1981 (en milliers)

I.5 :

Bilan démolinguistique par langue d'usage, Québec, 1976-1981, après correction pour le sous-dénombrement (en milliers)

I.6 :

Bilan démolinguistique par langue d'usage, Québec, 1976-1981, après correction pour le sous-dénombrement (taux en %)



CHAPITRE II
II.1 :

Population selon la langue maternelle, Québec, 1951 à 1981

II.2 :

Composition de la population selon la langue maternelle, Québec et régions, 1981

II.3 :

Composition de la population selon la langue d'usage, Québec et régions, 1971 et 1981

II.4 :

Indice de vieillissement selon la langue maternelle et le sexe, Québec (1971 et 1981) et régions (1981)

II.5 :

Composition de la population selon la langue maternelle et le lieu de naissance, Québec, 1981

II.6 :

Proportion de la population ayant fréquenté l'école primaire seulement et proportion ayant fréquenté l'université, selon la langue maternelle, ensemble de la population et personnes âgées de 25 à 44 ans, Québec, 1981

II.7 :

Répartition de la population âgée de 25 à 44 ans selon la catégorie de revenus et la langue maternelle, Québec, 1981

II.8 :

Population selon la connaissance du français et de l'anglais, Québec, 1951 à 1981

II.9 :

Proportion (en %) de personnes bilingues et de personnes connaissant au moins le français, Québec et régions, 1981

II.10 :

Proportion (en %) de bilingues selon la langue maternelle, Québec (1971 et 1981) et régions (1981)

II.11 :

Proportion (en %) de bilingues, observée et standardisée selon la structure par âge de la population québécoise en 1961, selon le sexe, Québec, 1961, 1971 et 1981

II.12 :

Indice de communicabilité en français ou en anglais et en français seulement, Québec et régions, 1971 et 1981



CHAPITRE III
III.1 :

Les disparités linguistiques (selon la langue d'usage) et régionales de la mortalité, 1976-1981

III.2 :

Espérance de vie à la naissance selon la langue d'usage et le sexe, Québec et régions, 1980-1982

III.3 :

Indice de surmortalité de la population d'origine française par rapport à la population d'origine autre que française, selon le sexe, Québec, 1951 à 1971

III.4 :

Indice de surmortalité de la population de langue d'usage française par rapport à la population de langue d'usage anglaise et « autre », selon le sexe, Québec, 1980-1982

III.5 :

Nombre moyen d'enfants par femme non célibataire, proportion de femmes non célibataires et nombre moyen d'enfants par femme de tout état matrimonial, selon la langue d'usage, pour les femmes de 45 ans et plus, Québec et régions, 1981

III.6 :

Nombre moyen d'enfants par femme non célibataire, proportion de femmes non célibataires et nombre moyen d'enfants par femme de tout état matrimonial, selon la langue d'usage et le groupe d'âge, pour les femmes âgées de moins de 45 ans en 1981, Québec, 1981

III.7 :

Nombre moyen d'enfants mis au monde par femme de tout état matrimonial de langue maternelle « autre » et de langue d'usage « autre », selon le groupe d'âge, pour les femmes âgées de moins de 45 ans en 1981, Québec, 1981

III.8 :

Nombre moyen d'enfants par femme non célibataire, proportion de femmes non célibataires et nombre moyen d'enfants par femme de tout état matrimonial, selon la langue d'usage et le groupe d'âge, pour les femmes âgées de moins de 45 ans en 1971, Québec, 1971

III.9 :

Les disparités linguistiques (selon la langue d'usage) et régionales de la fécondité, 1976-1981

III.10 :

Indice synthétique de fécondité selon la langue d'usage, Québec et régions, 1981

III.11 :

Indice synthétique de fécondité selon la langue maternelle, Québec et régions, 1976 et 1981

III.12 :

Taux de fécondité des femmes selon le groupe d'âge et la langue d'usage, Québec et régions, 1981



CHAPITRE IV
IV.1 :

Indice de continuité linguistique, Québec et régions, 1981

IV.2 :

Indice de continuité linguistique dans la population âgée de 25 à 44 ans, Québec et régions, 1971 et 1981

IV.3 :

Population selon la langue maternelle et la langue d'usage, Québec, 1981

IV.4 :

Répartition des transferts selon le type et la région, Québec, 1981

IV.5 :

Taux de mobilité linguistique vers le français et vers l'anglais, selon le sexe et la langue maternelle, Québec et régions, 1981

IV.6 :

Taux de mobilité linguistique des bilingues vers le français et vers l'anglais, selon le sexe et la langue maternelle, Québec et régions, 1981

IV.7 :

Taux de mobilité linguistique, proportion de bilingues et taux de mobilité linguistique des bilingues, selon la langue maternelle, pour les personnes âgées de 25 à 44 ans en 1971 (générations 1926-1946), Québec et régions, 1971 et 1981

IV.8 :

Taux de mobilité linguistique, proportion de bilingues et taux de mobilité linguistique des bilingues, selon la langue maternelle, pour les personnes âgées de 25 à 44 ans en 1971 et 1981, Québec et régions

IV.9 :

Taux de mobilité linguistique, proportion de bilingues et taux de mobilité linguistique des bilingues de langue maternelle « autre », pour les personnes âgées de 25 à 44 ans en 1971 et 1981, Québec et région métropolitaine de recensement de Montréal

IV.10 :

Taux de mobilité linguistique selon la langue maternelle, le lieu de naissance et la période d'immigration, Québec, 1981

IV.11 :

Taux de mobilité linguistique (en %) des immigrants internationaux, selon le lieu de résidence en 1981 et la période d'immigration

IV.12 :

Taux de mobilité linguistique (en %) selon la langue maternelle, le lieu de naissance, la période d'immigration et la région de résidence en 1981, population âgée de 25 à 44 ans, Québec, 1981

IV.13 :

Indice de continuité linguistique selon le lieu de naissance, le sexe, l'âge et la langue maternelle, Québec, 1981

IV.14 :

Migration et mobilité linguistique, Québec et régions, 1981

IV.15 :

Probabilité conditionnelle (en %) d'un transfert linguistique, selon le statut migratoire, Québec et régions, 1981

IV.16 :

Taux de mobilité linguistique selon la langue maternelle et le niveau de scolarité atteint parmi les personnes âgées de 25 à 44 ans, Québec, 1981

IV.17 :

Taux de mobilité linguistique selon la langue maternelle et la catégorie de revenu parmi les personnes âgées de 25 à 44 ans, Québec, 1981

IV.18 :

Proportion des conjoints faisant partie d'un couple exogame selon la langue maternelle et le sexe, Québec et régions, 1981

IV.19 :

Familles époux-épouses selon la langue maternelle respective des conjoints, Québec, 1981

IV.20 :

Proportions — observées et attendues — de conjoints faisant partie de couples exogames, selon la langue maternelle, Québec et régions, 1981

IV.21 :

Proportion de conjoints appartenant à des couples exogames parmi les mariages récents, selon la langue maternelle des conjoints, Québec 1975 à 1982

IV.22 :

Proportion des transferts provenant de personnes appartenant à un couple exogame, selon le type de transfert, Québec, 1981

IV.23 :

Orientation linguistique des couples endogames en termes de langue d'usage, selon la langue maternelle des conjoints, Québec et régions, 1981

IV.24 :

Orientation linguistique des couples exogames en termes de langue d'usage, selon la langue maternelle des conjoints, Québec et régions, 1981

IV.25 :

Taux de mobilité linguistique des conjoints au sein des couples français-anglais, selon la langue maternelle et le sexe des conjoints, Québec et régions, 1981

IV.26 :

Taux de mobilité linguistique des conjoints de langue maternelle « autre » au sein des couples français-anglais-autre et anglais-autre, selon la langue maternelle et le sexe des conjoints, Québec et régions, 1981

IV.27 :

Taux de mobilité linguistique (en %) des femmes de langues maternelles française et anglaise ayant donné naissance à un enfant, selon la langue maternelle du père, Québec 1976 à 1983

IV.28 :

Taux de mobilité linguistique (en %) des femmes de langue maternelle « autre » ayant donné naissance à un enfant, selon la langue maternelle du père, Québec, 1976 à 1983

IV.29 :

Proportion (en %) des transferts provenant de femmes ayant donné naissance à un enfant, qui vont vers la langue maternelle du père, suivant le type de transfert, Québec, 1976 à 1983



CHAPITRE V
V.1 :

Évolution du solde migratoire interne, population de 5 ans et plus, par langue maternelle, Québec et régions, 1966-1971 à 1976-1981

V.2 :

Migrants (de 5 ans et plus) entre le Québec et le reste du Canada, langue maternelle (LM) et langue d'usage (LU), 1966-1971 et 1976-1981 (en milliers)

V.3 :

Taux annuel (en 0/00) de migration entre le Québec et le reste du Canada, de 1966-1971 à 1976-1981

V.4 :

La migration internationale des groupes linguistiques (langue maternelle) au Québec, de 1966-1971 à 1976-1981 (en milliers)

V.5 :

Évolution du solde migratoire interprovincial et international du Québec, 1966-1981, par langue maternelle (chiffres absolus en milliers et taux annuels en 0/00)

V.6 :

Mouvements migratoires de la période censitaire 1976-1981, par langue d'usage, région du Québec et type de migration (en milliers)

V.7 :

Taux annuel de migration (en 0/00) de la période censitaire 1976-1981, par langue d'usage, région du Québec et type de migration

V.8 :

Taux annuels de migration interrégionale (en 0/00), par groupe linguistique, 1976-1981

V.9 :

Hiérarchie régionale exprimée par les flux migratoires interrégionaux, 1976-1981

V.10 :

Structure par âge (part en %) de la population totale et des migrants, par groupe linguistique et région, 1976-1981

V.11 :

Âge moyen des migrants internes selon la langue d'usage, 1976-1981

V.12 :

Âge moyen des migrants internes, par origine-destination et selon la langue d'usage, 1976-1981

V.13 :

Probabilité (en %) de survivre dans la région de naissance, par région et groupe linguistique, 1976-1981

V.14 :

Espérance de vie à la naissance, selon la région de résidence, 1976-1981

V.15 :

Taux spatial de reproduction nette, par région et groupe linguistique, 1976-1981



ANNEXE A
A.1 :

Découpage géographique : divisions de recensement comprises dans chacune des régions du Québec



ANNEXE B
B.1 :

Proportion (en %) de non-réponses et de réponses multiples aux questions portant sur la langue maternelle et la langue d'usage, Québec et Canada, 1971 à 1981

B.2 :

Types de réponse aux questions linguistiques, selon l'âge des répondants, Québec, 1981

B.3 :

Types de déclaration de langue maternelle et connaissance du français et de l'anglais, parmi la population âgée de 0-14 ans et pour l'ensemble des âges, Québec, 1981

B.4 :

Résumé des règles d'attribution (1971 et 1976) et répartition effective (1981) des déclarations multiples de langue maternelle, Québec, recensements de 1971 à 1981

B.5 :

Composition linguistique de la population selon la langue maternelle d'après quatre hypothèses de répartition des non-réponses et des réponses multiples, Québec, 1981

B.6 :

Taux de sous-dénombrement selon la langue, Québec, recensements de 1971 à 1981






Liste des graphiques

CHAPITRE II
II.1

Part (en %) de la population de langue maternelle française, Québec et régions, 1951-1981

II.2

Part (en %) de la population de langue maternelle anglaise, Québec et régions, 1951-1981

II.3

Part (en %) de la population de langue maternelle « autre », Québec et régions, 1951-1981

II.4

Pyramide des âges de la population de langue maternelle française, Québec, 1981

II.5

Pyramide des âges de la population de langue maternelle anglaise, Québec, 1981

II.6

Pyramide des âges de la population de langue maternelle « autre », Québec, 1981

II.7

Évolution de la proportion de bilingues (connaissance du français et de l'anglais), Québec et régions, 1951 à 1981

II.8

Évolution de la proportion d'unilingues français, Québec et régions, 1951 à 1981

II.9

Évolution de la proportion d'unilingues anglais, Québec et régions, 1951 à 1981

II.10

Proportion (en %) de bilingues selon la langue maternelle et le groupe quinquennal d'âge (sexes réunis), Québec, 1981

II.11

Rapport de la proportion de bilingues de sexe masculin à la proportion de bilingues de sexe féminin, selon la langue maternelle et le groupe quinquennal d'âge, Québec, 1981

II.12

Proportion (en %) de bilingues de langue maternelle française, selon le groupe quinquennal d'âge et le sexe, Québec, 1971 et 1981

II.13

Proportion en (%) de personnes connaissant le français parmi la population de langue maternelle anglaise et « autre », selon le groupe quinquennal d'âge et le sexe, Québec, 1971 et 1981



CHAPITRE III
III.1

Probabilités de décès des femmes selon la langue d'usage, Québec, 1980-1982

III.2

Probabilités de décès des hommes selon la langue d'usage, Québec, 1980-1982

III.3

Nombre moyen d'enfants par femme de tout état matrimonial, selon la langue d'usage et l'âge, Québec et régions, 1981

III.4

Nombre moyen d'enfants par femme de tout état matrimonial, selon l'âge et la langue d'usage, Québec et régions, 1981

III.5

Indice de l'évolution du nombre moyen d'enfants par femme de tout état matrimonial entre 1971 et 1981, selon l'âge et la langue d'usage, ensemble de Montréal et Québec moins Montréal

III.6

Taux de fécondité (en 0/00) des femmes selon l'âge et la langue d'usage, Montréal-Îles et ensemble du Québec moins Montréal-Îles, 1981



CHAPITRE IV
IV.1

Rapport du taux de mobilité linguistique calculé après répartition des non-réponses et des réponses multiples au taux de mobilité linguistique calculé sur la base des seules réponses uniques, selon l'âge et le type de transfert, Québec, 1981

IV.2

Taux de mobilité linguistique selon la langue maternelle et l'âge, Québec et régions, 1981

IV.3

Taux de mobilité linguistique des bilingues, selon la langue maternelle et l'âge, Québec, 1981

IV.4

Taux de mobilité linguistique selon la langue maternelle, l'âge et le sexe, Québec, 1981



CHAPITRE V
V.1

Évolution annuelle des taux (en 0/00) de migration interprovinciale nette, Québec, 1961-1985

V.2

Taux annuels (en 0/00) d'émigration interprovinciale par âge, Québec, 1966-1971 et 1976-1981, groupe français

V.3

Taux annuels (en 0/00) d'émigration interprovinciale par âge, 1966-1971 et 1976-1981, groupe anglais

V.4

Taux annuels (en 0/00) d'émigration interprovinciale par âge, Québec, 1966-1971 et 1976-1981, groupe « autre »




Remerciements

Sans chiffres les démographes sont souvent perdus, et sans Micheline Tremblay, qui a participé à l'élaboration des données, et Michel Beaudry, Claire Gaulin et François Tessier, qui en ont assuré le traitement informatique, nous nous serions perdus dans les méandres de l'ordinateur. Sans programme d'analyse multirégionale, et donc sans Jacques Ledent, qui après avoir participé à sa conception, en a assuré l'application à nos données, notre analyse n'eût pas été complète. Sans l'aide efficace de cartographes expérimentés, c'est-à-dire sans Gilles Grégoire, Julie Archambault et Rénald Rosa, nos graphiques n'auraient été que du barbouillage. Sans une équipe dévouée de personnes capables de rendre vivants et présentables nos hiéroglyphes et nos tableaux, c'est-à-dire sans Roxane Petit, Cécile Trottier et surtout Nicole Wragg, nos manuscrits seraient restés « lettre morte ». Enfin et surtout, sans l'aide de Michel Amyot, sans les encouragements constants et les critiques constructives de Michel Paillé, sans la patience et la compréhension de Pierre Georgeault, cet ouvrage, même s'il eût pu naître, aurait couru le risque sérieux d'être déclaré « mort-né ». Notre espoir est qu'il pourra également « mobiliser » le lecteur, que nous tenons à remercier comme acteur ultime et interprète suprême de ce travail.




Présentation

Des diverses inquiétudes qui ont incité les gouvernements du Québec à légiférer en matière linguistique, celle qui a trait au nombre et à l'importance relative des francophones du Québec compte pour beaucoup. En effet, le facteur démographique a fortement contribué à l'action gouvernementale, comme en témoignent les analyses de nombreux experts quant à l'avenir du français au Québec. Qu'on se rappelle les principales conclusions de l'étude des démographes Hubert Charbonneau et Robert Maheu, réalisée à la demande de la Commission d'enquête sur la situation de la langue française et sur les droits linguistiques au Québec (Commission Gendron) diminution « inéluctable » de la proportion des francophones hors Québec, baisse de l'importance relative de la population du Québec au sein du Canada, déclin de la majorité francophone au Québec et à Montréal, importante croissance des immigrants à Montréal.

Cette étude de Charbonneau et Maheu, devenue un classique que l'on consulte régulièrement et que l'on cite encore, a cependant vieilli. Publiée il y a 15 ans, elle reposait essentiellement sur les données du recensement de 1961. Par un devoir que lui confère la Charte de la langue française de « surveiller l'évolution de la situation linguistique au Québec quant au statut de la langue française », le Conseil de la langue française publie aujourd'hui une synthèse des démographes Marc Termote et Danielle Gauvreau sur La situation démolinguistique du Québec. Cette imposante étude représente une mise à jour de nos connaissances en cette matière. Bien que le Conseil se soit toujours préoccupé du statut démographique du français au Québec comme le démontrent les études de Gary Caldwell, Claude St-Germain, Charles Castonguay, Mireille Baillargeon et, surtout, de Michel Paillé, il manquait une véritable première synthèse démolinguistique exclusivement consacrée au Québec, abstraction faite de l'important ouvrage publié en 1980 par Réjean Lachapelle et Jacques Henripin portant sur La situation démolinguistique au Canada dans lequel le Québec occupe une large place.

Marc Termote et Danielle Gauvreau jettent un regard neuf sur la situation démolinguistique du Québec. Analysant principalement les données du recensement de 1981, ainsi que les statistiques de l'état civil, les mouvements migratoires et les recensements de 1971 et de 1976, ils ont largement profité, comme en fait foi la bibliographie, de l'apport de nombreux chercheurs d'ici et du Canada anglais. Après un bilan de la dernière période quinquennale pour laquelle toutes les données étaient disponibles (1976-1981), ils dressent au chapitre II un portrait évolutif des groupes linguistiques du Québec et de six grandes régions, de 1951 à 1981. Au chapitre III, l'analyse de la mortalité et de la fécondité permet de dégager les grandes tendances de l'accroissement naturel des groupes linguistiques.

C'est aux chapitres IV et V que Termote et Gauvreau apportent au dossier démolinguistique leur contribution la plus originale et la plus substantielle. Profitant largement des études de Charles Castonguay dans le domaine de la mobilité linguistique, les auteurs ont livré au chapitre IV une analyse approfondie, articulée et renouvelée de cet important facteur d'évolution des groupes linguistiques. Bien que les grandes tendances de la mobilité linguistique de la décennie 1971-1981 nous soient déjà connues, Marc Termote et Danielle Gauvreau apportent, par de multiples recoupements selon l'âge, le sexe, le lieu de naissance, la migration, la scolarité, le revenu et l'exogamie, des faits nouveaux qui permettent l'optimisme quant à l'avenir du français.

Le lecteur tirera profit, au chapitre V sur la migration, de l'expérience et de la réputation internationale du principal auteur, Marc Termote. On y trouvera une analyse claire et limpide d'une variable fort complexe de la démographie, d'autant plus complexe que l'ouvrage porte sur trois grands groupes linguistiques répartis entre diverses régions. Articulant leur analyse selon l'âge, la mortalité, la fécondité et la mobilité linguistique, Termote et Gauvreau livrent un portrait très détaillé des migrations internationales, interprovinciales et interrégionales d'où émergent des informations tout à fait inédites sur le comportement des groupes linguistiques. Notons également que le fait d'analyser les migrations principalement selon la langue d'usage plutôt que selon la langue maternelle seulement constitue une autre originalité; ainsi, les auteurs sont en mesure de montrer, dans le comportement migratoire des groupes linguistiques, les différences significatives les plus fortes.

Étant donné l'ampleur de la tâche à accomplir, on comprendra que Marc Termote et Danielle Gauvreau se soient limités à trois groupes linguistiques : francophones, anglophones et « autres ». Si, d'une part, la majorité d'expression française et la communauté anglophone se reconnaîtront, les autochtones et les communautés culturelles par contre ne pourront malheureusement se distinguer les unes des autres : nous souhaiterions vivement publier une étude démolinguistique qui leur serait consacrée.

Nous aurions souhaité, avec les auteurs, présenter des perspectives de la population du Québec selon les groupes linguistiques pour les 25 ou 30 prochaines années. Comme l'expliquent Termote et Gauvreau, une telle entreprise aurait été hasardeuse, étant donné le caractère très particulier de l'évolution démolinguistique du Québec entre 1976 et 1981. À l'instar des auteurs, le Conseil de la langue française a préféré investir temps et énergie dans un bilan le plus complet et le plus rigoureux possible où la qualité des sources et l'approche méthodologique seraient mises à rude épreuve. Nous croyons que cet ouvrage viendra à court terme alimenter la réflexion des Québécois quant à l'avenir de leur population, réflexion à laquelle le Conseil de la langue française participe depuis la parution de son avis sur Les aspects démolinguistiques de l'évolution de la population du Québec. Nous pensons également qu'il servira, à moyen terme, de pierre angulaire à l'élaboration de perspectives de population construites à partir du recensement de 1986, ce que le Conseil compte entreprendre dès que les données seront disponibles.

Le Conseil de la langue française remercie M. Marc Termote et Mme Danielle Gauvreau pour cette étude qu'ils ont su mener à terme en dépit de contraintes et de délais imprévus qui ont ralenti leur travail. Nous remercions également tous ceux et celles qui ont collaboré à leur entreprise, qu'ils soient de l'I.N.R.S.-Urbanisation ou du Conseil de la langue française.

Pierre MARTEL
Président



Introduction




La situation démolinguistique du Québec et son évolution ont été étudiées avec grand intérêt à la fin des années 1970 et au début de la décennie suivante. Les études de cette période étaient la plupart du temps basées sur les résultats du recensement de 1976, voire celui de 1971. Beaucoup de choses ont cependant changé depuis lors : la fécondité a continué de baisser, jusqu'à faire de la population québécoise une des moins fécondes du monde; la mortalité a connu une accélération de son déclin; la mobilité linguistique a été soumise à un contexte socio-économique et législatif tout à fait nouveau; le mouvement migratoire s'est inversé et, après avoir fait du Québec une région de forte émigration, lui a donné récemment un solde migratoire positif.

Ces diverses évolutions ne se sont pas faites uniformément pour chacun des groupes linguistiques, de telle sorte que depuis 1976 la structure démolinguistique du Québec s'est considérablement modifiée. Aussi importe-t-il, à la veille de la publication des résultats du recensement de 1986, de faire le point. L'objectif fondamental de cet ouvrage est précisément de voir quelle est, en cette première moitié des années 1980, la situation démographique des divers groupes linguistiques du Québec, et à'en analyser la dynamique par l'étude de la fécondité, de la mobilité linguistique et géographique, et de la mortalité.

Certes, au cours des dernières années, il n'a pas manqué d'études brillantes consacrées à l'évolution récente de l'une ou l'autre de ces composantes de la dynamique démolinguistique. Il ne doit d'ailleurs pas y avoir beaucoup de démographes québécois qui, au cours de la dernière décennie, n'aient analysé l'aspect linguistique. Sans doute ne serait-il pas exagéré d'avancer que, dans ce domaine, le Québec représente un des foyers mondiaux de la recherche. Il suffira au lecteur de jeter un bref coup d'oeil sur la liste des références bibliographiques pour se rendre compte à quel point nous sommes débiteurs des travaux de nos collègues. Un des objectifs de cet ouvrage est précisément de faire la synthèse de ces travaux, souvent dispersés, d'accès parfois difficile, et presque toujours consacrés à une composante particulière de la dynamique démolinguistique.

La dimension régionale est essentielle pour comprendre cette dynamique, non seulement parce que la distribution au sein de l'espace québécois varie considérablement d'un groupe linguistique à l'autre, mais également parce qu'il subsiste toujours de profondes disparités régionales dans le comportement démographique de ces groupes. Pour la définition de notre système régional, nous avons tenu compte de trois critères. La nécessité d'avoir des chiffres statistiquement significatifs nous imposait d'abord un découpage territorial qui ne soit pas trop fin. Il fallait ensuite que nos régions soient linguistiquement significatives, en termes d'effectifs de population de chaque groupe linguistique aussi bien qu'en termes de comportement démolinguistique de ces groupes. Enfin, il nous a paru important de pouvoir comparer nos résultats à ceux obtenus par d'autres chercheurs pour des périodes antérieures, et donc de tenir compte du système régional adopté par ces derniers.

Ces divers critères nous ont amenés à retenir un découpage du Québec en six grandes régions : l'Outaouais, la région étendue de Montréal, les Cantons de l'Est, l'Intérieur, la Gaspésie et le Nord (nous présentons en annexe les divisions de recensement comprises dans chacune de ces régions, ainsi qu'une justification détaillée du découpage utilisé). Lorsque cela s'avérera pertinent, la région « Ensemble de Montréal » sera subdivisée en trois sous-régions qui correspondent à des unités fréquemment étudiées : Montréal-Îles (constituée de l'île de Montréal et de l'île Jésus), le reste de la région métropolitaine de recensement (constituée de façon approximative à partir des divisions de recensement) et le reste de la région « Ensemble de Montréal ». Dans certains cas, surtout quand nous traiterons des migrations, il sera nécessaire, pour clore le système, d'ajouter à nos six régions de base une septième région, comprenant le reste du Canada, voire une huitième (le reste du monde) lorsqu'il s'agit de la migration internationale.

Quant au découpage temporel, nous n'avons guère le choix. L'essentiel des informations sur la mobilité linguistique et territoriale des groupes linguistiques provient en effet des recensements. Ceci implique que nous considérerons le plus souvent des périodes quinquennales censitaires, en mettant l'accent évidemment sur la période 1976-1981, la dernière période censitaire pour laquelle nous disposons de données appropriées sur la mobilité. Pour la fécondité et la mortalité, et même pour la migration, nous pouvons cependant étendre quelque peu la période d'analyse.

Trois groupes linguistiques ont été distingués: le groupe « français », le groupe « anglais » et le groupe « autre ». Ces groupes ont été définis tantôt en termes de langue maternelle, tantôt en termes de langue d'usage; dans ce dernier cas, nous utiliserons éventuellement, lorsqu'il n'y aura pas d'ambiguïté possible, et pour varier la terminologie, les expressions « francophones », « anglophones » et « allophones ». Nous accorderons relativement peu d'importance aux groupes linguistiques définis selon l'origine ethnique, ce critère étant trop vague, aussi bien dans son contenu que dans son application empirique. Et nous omettrons toute distinction au sein du groupe « autre », même si nous savons que ce dernier comprend des sous-populations dont le comportement démolinguistique est très différent. À vouloir trop désagréger, nous risquerions, en effet, non seulement d'arriver rapidement à des chiffres statistiquement peu significatifs, mais également de perdre de vue l'objectif essentiel de ce travail : dégager les tendances de fond du comportement démolinguistique de la population québécoise.

L'ouvrage donne d'abord une vue d'ensemble de la dynamique démo-linguistique récente du Québec (chapitre I). Avant d'entreprendre de façon détaillée l'analyse de chacune des composantes de l'évolution démographique des groupes linguistiques, il semble en effet opportun d'établir ce que l'on pourrait appeler « le plus récent bilan démolinguistique du Québec ». Ce bilan fait référence à la période censitaire 1976-1981, puisqu'il s'agit de la dernière période pour laquelle les diverses informations nécessaires sont disponibles. Dresser un tel bilan représente plus qu'un simple exercice comptable. Il nous permet en effet de dégager la contribution relative de chaque composante (fécondité, mortalité, mobilité linguistique, migration) à l'évolution démolinguistique, et d'obtenir ainsi une première indication quant au comportement démographique des différents groupes linguistiques. En même temps, il nous oblige à soumettre les données statistiques utilisées dans ce rapport à un test de validité. Trop souvent encore, la démographie étudie séparément chacune des composantes de la croissance de la population, ce qui empêche de découvrir les incohérences, voire les absurdités, qui se cachent parfois derrière les chiffres utilisés. Dresser un bilan est une façon de répondre à cette préoccupation de cohérence.

Cette première étape franchie, il importera de situer l'évolution récente dans une plus longue période et d'introduire la dimension régionale. C'est à cette mise en perspective qu'est consacré le chapitre II. Un premier objectif de ce chapitre sera donc de décrire la répartition des différents groupes linguistiques dans l'espace québécois depuis 1951, et d'en dégager les tendances à long terme. Ensuite, nous tenterons de mettre en évidence quelques caractéristiques démographiques (âge, sexe, lieu de naissance) et socio-économiques (niveau de scolarité et de revenu) de ces groupes. Enfin, puisque l'appartenance à un groupe linguistique n'entraîne pas nécessairement — et heureusement — l'ignorance d'une autre langue que celle du groupe auquel on appartient, nous étudierons également l'évolution depuis 1951 du bilinguisme au Québec et dans ses régions, ce qui nous permettra d'estimer le degré de « communicabilité » entre membres de groupes différents. Il est d'autant plus intéressant d'étudier le bilinguisme que ce dernier représente normalement la condition nécessaire à un transfert linguistique.

Une fois caractérisée la dynamique démolinguistique récente du Québec, une fois située cette dynamique dans son contexte de longue période et dans sa dimension spatiale, nous pouvons aborder d'une façon plus approfondie chacune des composantes de cette dynamique, c'est-à-dire la fécondité (qui se manifeste par les naissances), la mortalité (les décès), et la mobilité (les changements d'« état », ce dernier pouvant être défini en termes de lieu de résidence, de statut matrimonial, de groupe linguistique, etc.). En ce qui nous concerne, seulement quatre types d'événements peuvent affecter l'évolution démolinguistique du Québec : les naissances, les décès, les migrations et les passages d'un groupe linguistique à un autre. Ce dernier type de « transition » peut cependant revêtir des formes diverses. Nous nous limiterons ici, essentiellement à cause des contraintes statistiques, à une seule forme de mobilité linguistique, à savoir le passage d'une langue « maternelle » donnée à une langue « d'usage » différente, et encore cette définition limitative devra-t-elle être précisée en temps opportun, car ce qui est « maternel » et « d'usage » n'est pas de première évidence.

Le chapitre III est consacré aux deux premiers phénomènes, la fécondité et la mortalité. Les études démolinguistiques ont souvent tendance à être centrées sur la mobilité linguistique et territoriale. Il ne faudrait cependant pas négliger, surtout en ces temps de « croissance zéro », l'impact que peut exercer à plus ou moins long terme le comportement dit « naturel » des groupes linguistiques, particulièrement en matière de fécondité. Les problèmes actuels (et futurs) de chacun des groupes linguistiques, aussi bien en termes d'effectifs qu'en termes de structure, sont largement conditionnés par le comportement que ces groupes ont adopté dans le passé en matière de reproduction.

Ces groupes linguistiques ne sont pas étanches : on peut passer de l'un à l'autre, ou, du moins, on peut adopter une langue d'usage différente de sa langue maternelle. Le chapitre IV traite de cette forme de mobilité linguistique, forme sans doute restreinte, mais la seule que nous puissions analyser de façon statistiquement significative, puisqu'il n'existe pratiquement aucune information sur la langue d'usage des individus à deux moments dans le temps. Dans un pays où le poids démographique et socio-économique des différents groupes linguistiques est très inégal, il est inévitable que la mobilité linguistique se manifeste selon des directions privilégiées. Lorsque certains des groupes linguistiques en cause ont des effectifs de population relativement faibles, ces « échanges inégaux » peuvent affecter considérablement leur évolution démographique. Comme la mobilité linguistique est fortement influencée par des facteurs socio-économiques, nous tenterons cependant de dépasser l'analyse strictement démographique, pour dégager les relations entre cette mobilité et diverses caractéristiques particulières des individus ayant effectué un transfert linguistique, telles que leur statut migratoire (par exemple, le comportement linguistique des migrants internationaux selon l'époque où ils ont immigré), leur niveau de scolarité et de revenu, leur contexte familial (plus précisément, le caractère exogame ou endogame du ménage).

Si les groupes linguistiques ne sont pas hermétiques, et peuvent donc voir leurs membres passer de l'un à l'autre, il en va de même pour les régions dans lesquelles résident ceux-ci. La mobilité territoriale, qui se manifeste par la migration, quatrième et dernière composante de l'évolution démolinguistique, fait l'objet du chapitre V. Cette mobilité géographique peut se manifester selon plusieurs échelles spatiales : entre régions du Québec, entre le Québec et le reste du Canada, entre le Québec et le reste du monde. Bien plus que la fécondité et la mortalité, la migration est un phénomène particulièrement instable : les variations dans les conditions économiques et sociopolitiques ont un impact souvent immédiat sur le comportement migratoire.

La réponse migratoire est aussi un phénomène structurel, en ce sens que son impact démographique (et économique) se prolonge à long terme la migration n'est pas seulement la délocalisation d'un individu, elle représente également le déplacement d'un certain nombre d'années à vivre et d'enfants à naître. L'analyse de cet impact régional (c'est-à-dire en termes agrégés, non en termes de comportement individuel) de la migration sur la mortalité et la fécondité nous semble un développement particulièrement important. Trop souvent, en effet, la migration est étudiée indépendamment des autres phénomènes démographiques. Une analyse à entrées multiples (naissances et immigrations) et sorties multiples (décès et émigrations) permettra de remédier à cette lacune. Quand on sait l'importance qu'a revêtue la réponse migratoire pour certains groupes linguistiques du Québec au cours de la seconde moitié des années soixante-dix, on peut s'attendre à ce que les résultats de cette analyse de l'impact démographique des migrations puissent être particulièrement impressionnants.

Cette considération simultanée de la fécondité, de la migration et de la mortalité nous amènera tout naturellement à faire, en conclusion, la synthèse des résultats de notre analyse. Une des conclusions majeures de cette réflexion est que la place du lustre 1976-1981 dans l'évolution démolinguistique du Québec aura été, à plus d'un titre, exceptionnelle au point de vue du comportement démolinguistique. Aussi, après avoir annoncé ce que contenait cet ouvrage, est-il temps de prévenir le lecteur de ce qu'il ne contient pas : vu le caractère très particulier du comportement des années 1976-1981, et vu l'absence d'informations adéquates sur l'évolution de ce comportement depuis lors, il nous semble pour le moins téméraire, surtout à la veille de la publication des résultats du recensement de 1986, de proposer une nouvelle série de perspectives démolinguistiques pour le Québec. Ceci ne nous empêchera évidemment pas de faire quelques exercices de simulation, à partir de la situation particulière de 1976-1981, afin de dégager les implications futures des comportements démolinguistiques analysés dans les chapitres de cet ouvrage. Cela aussi est une façon de voir où l'on en est. Pour paraphraser F. Cairncross, nous saurons mieux où nous en sommes lorsque nous saurons où nous nous en irions si nous ne changions pas.







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