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Les langues autochtones du Québec

Les langues
autochtones
du Québec



V


Bilan de l'instrumentalisation
et de la modernisation
dans les langues autochtones
dans la perspective
de l'aménagement du corpus

par Lynn Drapeau



Dès leur arrivée en terre d'Amérique, les missionnaires se sont empressés de compiler des dictionnaires et des grammaires des langues autochtones avec lesquelles ils entraient en contact. Avec l'avènement de la linguistique moderne, anthropologues et linguistes ont trouvé dans la description des langues indigènes un terrain privilégié pour l'exercice de leur art. Parallèlement, les autochtones eux-mêmes ont multiplié, pendant les 20 dernières années, les efforts en vue de consolider l'expression écrite dans leurs langues. Ces efforts ont eu pour résultat de créer de nouveaux domaines d'utilisation à ces langues, surtout en milieu scolaire.

Le présent article se divise en deux parties. Dans un premier temps, nous tenterons de faire le point sur l'état de l'instrumentalisation dans les langues autochtones du Québec. Pour ce faire, nous effectuerons un recensement de l'ensemble des ressources humaines et matérielles et ferons état du développement des connaissances pouvant être mises en œuvre dans l'effort de consolidation et d'affirmation de ces langues en territoire québécois, particulièrement dans l'optique de l'aménagement du corpus (corpus planning). Dans un deuxième temps, nous procéderons à un bilan critique de l'état de cette instrumentalisation et tenterons de dégager une compréhension globale du processus de standardisation et de modernisation des langues autochtones.

Les frontières géopolitiques nord-américaines imposent aux langues autochtones des découpages très artificiels qui accentuent la tendance au fractionnement. La langue parlée par les Inuit est particulièrement exemplaire à cet égard puisque la famille esquimau-aléoute s'étend depuis la Sibérie, en passant par l'Alaska et l'Arctique canadien, jusqu'à l'extrême nord de la péninsule du Québec-Labrador, et, de là, jusqu'au Groenland. Elle se subdivise, comme son nom l'indique, en deux branches. La branche esquimaude se répartit en deux aires dialectales, soit le yupik et l'inuit-inupiaq, souvent appelé esquimau de l'Est, auquel l'inuktitut du Québec se rattache. La langue inuit-inupiaq se présente comme une chaîne dialectale de l'ouest de l'Alaska jusqu'au Groenland. Bien qu'il existe un degré certain d'intelligibilité mutuelle entre dialectes voisins, les communautés éloignées se comprennent plus difficilement et les spécialistes s'entendent pour distinguer quatre grandes régions : l'Alaska, l'Ouest canadien, l'Est canadien et le Groenland (Krauss, 1973 et 1979; Woodbury, 1984; voir également, dans cet ouvrage, chap. II). L'inuktitut est parlé par la quasi-totalité des quelque 6 000 Inuit du Québec et un peu moins de la moitié de cette population ne parle ni le français, ni l'anglais2 (voir, dans cet ouvrage, chap. II).

La recherche sur cette famille a attiré depuis très longtemps l'attention des scientifiques du monde entier et l'inventaire le plus complet des publications est fourni par Krauss, à la suite de Pilling, pour les ouvrages antérieurs au XXe siècle (Krauss, 1973 et 1979; Pilling, 1887). On peut également consulter les renseignements donnés dans la description de Paillet (1979). Une importante bibliographie et une présentation de toute la famille sont fournies dans Woodbury (1984) et une intéressante collection d'articles a été réunie sous la direction de Eric Hamp (1976). Mentionnons la parution récente d'une étude sur la dialectologie des langues esquimau-aléoutes (Dorais, 1990b), assortie d'un lexique multidialectal de quelque 1 400 mots transcrits en 14 dialectes du Groenland au delta du Mackenzie (Dorais, 1990a). La revue interdisciplinaire Études/lnuit/Studies3, qui paraît deux fois l'an, présente souvent des articles en linguistique (voir en particulier un numéro spécial sur la langue, Dorais, 1981). Une conférence interdisciplinaire, le Congrès d'études inuit, se réunit tous les deux ans depuis 12 ans. À l'Université Laval, l'Association Inuksiutiit Katimajiit, qui organise ces congrès, publie également des ouvrages de référence sur les dialectes du Nord canadien et du Groenland4.

Compte tenu de l'abondante production de lexiques et de descriptions de cette langue, nous nous limiterons à la présentation de ce qui se rapporte aux dialectes parlés sur le sol québécois. Il existe plusieurs grammaires dont l'une du sous-dialecte de l'Ungava (Schneider, 1967), une grammaire « purement esquimaude » en plusieurs volumes du même auteur (Schneider, 1976a, 1976b, 1976c, 1976d et 1978), ainsi qu'une grammaire pertinente pour l'Arctique oriental canadien, y compris le Nouveau-Québec (Dorais, 1988b). Conçue comme un manuel pour les élèves qui veulent s'initier à l'inuktitut, la petite grammaire du père Ernest Trinel, basée sur le dialecte d'Ivujivik, comporte également une liste d'infixes et un court vocabulaire inuktitut-français (Trinel, 1970). Sur le plan de la lexicologie, on compte, pour le dialecte de l'Ungava, un dictionnaire des infixes (Schneider, 1968), un dictionnaire inuktitut-français (Schneider, 1966) et son pendant français-inuktitut (Schneider, 1970). Dorais a pour sa part publié un dictionnaire étymologique des néologismes (mots désignant des objets et des concepts importés des Euro-Canadiens) en version française (Dorais, 1978) et en version anglaise (Dorais, 1983). Il existe également un dictionnaire inuktitut-anglais (Schneider, 1985); il s'agit d'une traduction en anglais, effectuée par Dirmid Collis, du dictionnaire inuktitut-français du regretté Schneider. Enfin, Taamusi Qumaq, un aîné de Povungnituk, au Nouveau-Québec, a compilé seul une œuvre unique et monumentale : un dictionnaire de définitions uniquement en inuktitut (écriture syllabique5) qui compte environ 30 000 entrées (Qumaq, 1991). Mentionnons enfin l'existence d'un manuel pour l'apprentissage de l'inuktitut comme langue étrangère (Dorais, 1975). Quelques études sur le bilinguisme et l'usage des langues en milieu inuit viennent également fournir des informations chiffrées utiles pour toute planification de l'avenir linguistique de cette population. La dernière en titre a été commandée par l'Institut culturel Avataq6 (Avataq, 1990; Dorais, 1989; Dorais et Collis, 1987; Taylor, 1990; Taylor et Wright, 1989).

Au chapitre de l'écrit, les Inuit du Nouveau-Québec, à l'instar de ceux de Baffin, Keewatin, et des Inuit Natsilik utilisent le syllabique alors que l'alphabet romain est utilisé au Labrador et dans l'Arctique de l'Ouest. Le syllabique inuit a été adapté à la fin du XIXe siècle du système mis au point pour le cri par le révérend Evans vers la fin des années 1830. L'écriture, tant syllabique que romaine, a été standardisée par une décision de l'assemblée générale d'Inuit Tapirisat du Canada en 19767. Une modification mineure a par la suite été apportée par la Commission scolaire Kativik pour les Inuit du Nouveau-Québec. Ces derniers apprennent aussi le système romain à l'école, mais n'ont jamais l'occasion de l'utiliser dans leur langue. S.T. Mallon décrit de façon précise les enjeux de la standardisation de l'écriture chez les Inuit (Mallon, 1985). Le développement du corpus écrit en inuktitut est considérable et devance de loin celui de n'importe quelle autre langue autochtone parlée en territoire québécois. La Commission scolaire Kativik a déjà publié près de 200 manuels scolaires et livres de lecture en inuktitut, en anglais et en français8. Parallèlement, les Inuit sont très avancés dans leur réflexion sur le rôle que doivent jouer la langue et la culture dans l'alphabétisation (et la scolarisation en général) de leurs enfants. Arlene Stairs nous livre à cet égard une réflexion qui illustre bien la teneur des débats et des préoccupations chez les Inuit autour de ces questions (Stairs, 1985).

Parmi toutes les nations autochtones du Québec, les Inuit sont les plus avancés sur la voie de la modernisation lexicale. Ils sont les seuls à notre connaissance à avoir adopté une approche cohérente et systématique du problème de la création de néologismes en inuktitut. Cette approche s'illustre particulièrement bien à la Commission scolaire Kativik où la question de la mise sur pied de la terminologie nécessaire à l'enseignement en inuktitut des matières scolaires « modernes », telles que les mathématiques, l'histoire et les sciences, est prise en charge par un comité d'aînés, d'éducateurs et de spécialistes inuit dont le rôle est d'enrichir la terminologie. Les Inuit ont en général une position très conservatrice face à la création terminologique et recourent systématiquement aux mécanismes de formation de mots propres à leur langue plutôt que de faire appel à l'emprunt, comme en fait foi le dictionnaire de Qumaq où on retrouve plusieurs néologismes en inuktitut. On doit avouer cependant que les jeunes générations ont tendance à remplacer ces derniers par des emprunts à l'anglais.

Les principaux organismes inuit qui travaillent dans le domaine de la langue sont la Commission scolaire Kativik et l'Institut culturel Avataq. Ce dernier a mis sur pied une commission linguistique formée d'Inuit âgés qui se réunissaient pour définir les problèmes linguistiques à régler (Avataq, 1985). Cette commission a récemment été dissoute.

Malgré le fait que l'inuktitut attire la curiosité des chercheurs du monde entier, les universitaires québécois sont peu nombreux à s'y intéresser. Gilles Lefebvre (Université de Montréal) fut le premier à étudier cette langue dans la perspective de la linguistique structurale. Il s'est attaché surtout à appliquer son analyse de la phonologie à l'élaboration d'un système d'écriture uniforme pandialectal (Lefebvre, 1956 et 1957). De nos jours, l'Université Laval est sans conteste le lieu de recherche le plus dynamique sur l'inuktitut. Louis-Jacques Dorais y a produit au cours des 15 dernières années une série de publications sur la dialectologie, le lexique, la grammaire et l'ethnosémantique. Ronald Lowe, de l'Université Laval, auteur d'une étude sur la structure du mot (Lowe, 1981), poursuit des travaux sur les dialectes de l'Ouest canadien dont il a publié de nombreuses descriptions. Dirmid Collis, autrefois à Laval, s'intéresse à la syntaxe et à la lexicologie. À Paris, Michèle Therrien effectue des recherches ethnosémantiques sur la langue du Nouveau-Québec. La Commission scolaire Kativik et l'Institut culturel Avataq autorisent certains linguistes à faire de la recherche au Nouveau-Québec inuit. À l'heure actuelle, Martha Crago et Shanley Allen, de l'Université McGill, étudient l'acquisition de l'inuktitut par les jeunes enfants, pour le compte de la Commission scolaire Kativik.

Les langues algonquiennes

Les langues algonquiennes parlées au Québec comprennent des représentants de trois groupes. Le groupe septentrional comprend le cri, le montagnais, le naskapi et l'attikamek; le groupe méridional est représenté par l'algonquin, et la branche orientale comprend le micmac et l'abénaki9. Les linguistes considèrent généralement que les deux premiers groupes forment chacun un continuum dialectal, chaque dialecte étant partiellement intelligible pour les locuteurs des dialectes voisins (Rhodes et Todd, 1981). On parlera donc du complexe cri pour désigner le groupe septentrional, et du complexe ojibwa, pour le groupe méridional.

Le complexe cri comprend, ailleurs au Canada, le cri parlé le long du littoral du nord de l'Ontario (Moose Cree et Swampy Cree), et au centre du Manitoba (Woods Cree), de la Saskatchewan et de l'Alberta (Plains Cree). Ce groupe porte aussi le nom de « complexe cri-montagnais-naskapi » mais il est généralement reconnu que les dialectes cri-montagnais-naskapi du Québec partagent un ensemble de caractéristiques qui les distinguent des dialectes parlés plus à l'ouest (MacKenzie, 1980).

L'algonquin fait partie du complexe ojibwa qui comprend huit dialectes sur un territoire qui couvre le sud-ouest du Québec et de l'Ontario (ojibwa de l'Est), le Michigan (dialecte ottawa), tout l'intérieur des terres du centre (ojibwa du centre) et du nord de l'Ontario (ojibwa du Nord-Ouest et dialecte de Severn), les parties septentrionales du Wisconsin et du Minnesota (ojibwa du Sud-Ouest) ainsi que le sud du Manitoba (saulteux) et de la Saskatchewan (Rhodes et Todd, 1981).

Les caractéristiques dialectologiques de ces langues, qui les placent chacune sur un continuum de dialectes, rendent totalement arbitraire un découpage géographique isolant les langues parlées au Québec. Il va sans dire que plusieurs ouvrages qui décrivent des dialectes parlés hors Québec sont d'une grande utilité pour l'étude de ceux qui sont parlés à l'intérieur de nos frontières.

Il n'existe pas de concertation de la part des groupes autochtones du Québec en vue du développement linguistique à l'échelle de la famille algonquienne. Un projet d'orthographe pan-algonquienne élaboré au milieu des années 1970 dans le cadre des activités du projet d'amérindianisation du ministère des Affaires indiennes et du Nord (MAIN) à La Macaza est resté sur les tablettes. Même les Cris, les Montagnais, les Naskapis et les Attikameks qui, pourtant, parlent des variétés étroitement liées de la même langue sont repliés, comme on pourra le constater plus loin, dans des cadres administratifs hérités de l'histoire récente et qui obscurcissent les liens culturels réels qui existent entre eux. Tous ces groupes partagent pour l'essentiel la même culture matérielle et spirituelle et une langue commune. Ils n'ont d'ailleurs pas dans leur langue d'équivalent pour les noms que les Blancs leur ont donnés et qu'ils ont adoptés par la suite. Le Montagnais, tout comme le Naskapi, le Cri ou l'Attikamek, se définit comme un innu, ilnu, iynu, irnu, selon le dialecte.

En ce qui concerne les spécialistes non autochtones, il existe une longue tradition d'étude sur les langues de la famille algonquienne qui a donné lieu à une abondance de publications, notamment celle de Bloomfield (1946), sans doute la plus célèbre. Le relevé de ces œuvres dépasse cependant le cadre du présent article et le lecteur intéressé pourra consulter les ouvrages de référence sur le sujet (Goddard, 1979; Pentland et Wolfart, 1982; Sturtevant, 1978 et 1981). Pour une recension des œuvres (publiées ou manuscrites) des missionnaires, le lecteur consultera l'important ouvrage de Hanzeli (1969). Un congrès multidisciplinaire réunit annuellement les chercheurs algonquianistes depuis 22 ans et les actes sont publiés depuis 1975 par William Cowan10. Un bulletin d'information sur les activités de recherche et les publications dans le domaine algonquien et iroquoien paraît quatre fois l'an sous la direction de John Nichols11.

Le complexe cri-montagnais-naskapi

Il existe une certaine confusion chez les linguistes quant à la façon de nommer la langue des Cris du Québec. Sur le plan linguistique, le cri du Québec fait partie d'un continuum dialectal cri-montagnais-naskapi couvrant un territoire qui s'étend des Rocheuses jusqu'au Labrador. L'usage chez les linguistes est d'appeler ce dialecte le « cri de l'Est », bien qu'à la fin des années 1970 la tendance se soit répandue d'inclure tous les dialectes cri-montagnais-naskapi du Québec sous le terme « montagnais ».

Les Cris du Québec sont répartis dans neuf villages dans l'ouest du Québec et à la baie James où ils forment une population d'environ 10 633 âmes selon une étude réalisée récemment pour le compte du James Bay Cree Cultural Education Centre (Bobbish-Salt et Rabbitt, 1990). Pour la quasi-totalité d'entre eux, ces Cris ont leur langue ancestrale comme langue maternelle et un peu moins du tiers n'a pas l'usage du français ou de l'anglais (voir, dans cet ouvrage, chap. II). La langue seconde des Cris du Québec est généralement l'anglais; toutefois, le français est utilisé comme langue d'enseignement dans certaines communautés telles que Mistassini et Waswanipi. Un rapport d'enquête apporte un éclairage intéressant sur l'état actuel et l'avenir de la langue crie (Bobbish-Salt et Rabbitt, 1990).

Les Cris du Québec, à l'instar de ceux du nord de l'Ontario, des Ojibwas, des Inuit, des Cherokees (famille iroquoienne) et des locuteurs de certaines langues athapascanes, telles que le chipewyan et le slavey, utilisent un système à base syllabique à l'opposé des autres groupes autochtones du Québec qui, eux, utilisent l'alphabet romain. Le syllabique cri fut créé par le révérend James Evans, missionnaire au Manitoba vers la fin des années 1830. Evans inventa une écriture extrêmement économique, car elle emploie peu de symboles (environ une dizaine). Chaque symbole correspond à une syllabe et l'extraordinaire économie réside dans le fait que le symbole représente en quelque sorte la consonne et que la voyelle est exprimée en faisant pivoter le caractère, à gauche, à droite, vers le haut ou vers le bas, selon le timbre correspondant aux quatre distinctions vocaliques du cri (/a/, /e/, /i/, /u/). La longueur des voyelles est marquée au moyen d'un point au-dessus du caractère (Bennett et Berry, 1989; Murdoch, 1981)13.

En raison de son efficacité et de la rapidité avec laquelle il peut être appris, le syllabique cri s'est répandu extrêmement vite dans le contexte du mode de vie ancestral. Bennett et Berry n'hésitent pas à dire qu'au tournant du siècle, la population crie était une des plus alphabétisées du monde. Paradoxalement, le déclin du syllabique s'est amorcé avec l'instauration de l'instruction « formelle » obligatoire dans les écoles dirigées par les Blancs. Néanmoins, tant pour les Cris que pour les Inuit du Québec, l'écriture syllabique demeure un symbole important de leur identité culturelle (Bennett et Berry, 1987).

On doit se garder de confondre l'utilisation d'un ensemble commun de symboles et la véritable uniformisation de l'écriture que représente l'usage d'un système standard d'orthographe. Les huit villages qui parlent le cri de l'Est se divisent en deux zones dialectales : le dialecte du Nord est parlé à Grande-Baleine, Chisasibi et Wemindji. Le dialecte du Sud est parlé sur la côte, dans les villages de Waskaganish et Eastmain et, à l'intérieur des terres, à Mistassini, Waswanipi et Nemiscau. L'uniformisation de l'orthographe s'est faite en normalisant tout ce qui était semblable entre les deux dialectes et, là où il existait des écarts, on a nivelé tout ce qui pouvait être acceptable pour les populations concernées. Le système résultant s'est cristallisé autour d'une norme commune avec deux variantes régionales. Il est présentement utilisé dans la Commission scolaire crie (Cree School Board) qui a pris officiellement parti pour ce système. Les autres corps politiques ou administratifs cris ne se sont pas prononcés. MacKenzie (1985) rend compte de cette réforme orthographique.

Chez les Cris, comme partout ailleurs, il s'est fait une évolution considérable des mentalités et des opinions sur le bien-fondé d'uniformiser l'écriture. Alors qu'au milieu des années 1970, les Cris étaient opposés à l'établissement d'un système standard, l'idée est largement acceptée de nos jours. Le système en vigueur aujourd'hui pourrait éventuellement être modifié pour aller dans le sens de l'adoption d'une écriture parfaitement uniformisée pour toute l'aire crie. Il faut compter sur l'évolution des mentalités et sur une utilisation accrue de l'écrit, car ce n'est qu'à l'usage que les populations locales se convaincront de la nécessité d'une écriture uniforme.

La volonté d'utiliser l'orthographe uniformisée (dans l'une ou l'autre de ses deux variantes régionales) est manifeste chez les Cris. Elle se heurte cependant à des difficultés qui en rendent l'implantation ardue. Comme l'écriture uniformisée fait largement abstraction des prononciations locales, elle constitue un système passablement abstrait et sa manipulation exige une habitude de reconnaissance des morphèmes de la langue. Il s'ensuit qu'il faut un entraînement rigoureux du personnel chargé de l'enseignement et de l'élaboration du matériel pédagogique, des traducteurs et des correcteurs d'épreuves, ce qui entraîne inévitablement des lenteurs et des hésitations14.

Le corpus écrit en cri est de taille modeste et prend surtout la forme de matériel pour l'enseignement de la langue dans les écoles. Ce matériel porte principalement sur l'enseignement de la lecture syllabique à toutes les années du primaire et même jusqu'au secondaire dans certaines communautés15. L'enseignement de la langue crie dans les écoles se fait à raison de deux à quatre heures par semaine, mais il est question d'implanter un programme de transition bilingue au premier cycle du primaire.

De tous les dialectes du cri-montagnais-naskapi, le cri de l'Est est le plus proche de celui de l'Ouest pour lequel il existe une abondante documentation tant en raison des nombreux écrits missionnaires (dictionnaires et grammaires) que par le travail, plus récent, des linguistes canadiens et québécois. Les ouvrages de référence pour le cri du Québec étant en nombre assez restreint, les intéressés sont forcés de consulter les nombreux dictionnaires et grammaires établis pour le cri de l'Ouest. Toutefois, les Cris du Québec ont à leur actif un des dictionnaires cri-anglais les plus complets; il comporte presque 15 000 entrées en écriture syllabique et romanisée. L'ordre d'apparition des entrées est syllabique (MacKenzie, Whiskeychan, Salt, Blacksmith et Loutitt, 1987). Un manuscrit anglais-cri des mêmes auteurs attend d'être publié ainsi qu'un dictionnaire visuel destiné au premier cycle du primaire. Aucun lexique spécialisé n'a été porté à notre connaissance, mais Ellis a fait paraître une terminologie grammaticale, en cri de l'Ouest et en ojibwa, qui pourrait fort bien être utile pour le cri du Québec (Ellis, 1986).

Au chapitre des descriptions grammaticales, Marguerite MacKenzie et Sandra Clarke, toutes deux de l'Université Memorial, à Terre-Neuve, ont préparé une description très utile des paradigmes verbaux (MacKenzie et Clarke, 1981); MacKenzie travaille présentement à une grammaire de référence à l'usage des enseignants. De nombreuses informations grammaticales peuvent également être glanées dans le volumineux cours de cri (comme langue seconde) du père Vaillancourt (1978 et 1980). Les descriptions les plus complètes de la dialectologie des parlers cris se trouvent dans MacKenzie (1980) et Pentland (1978 et 1979). Le lecteur intéressé pourra également consulter Michelson (1924 et 1939) et Rhodes et Todd (1981).

Il y a très peu de chercheurs universitaires qui travaillent sur les dialectes québécois du cri. Pierre Martin, de l'Université Laval, a étudié durant les années 1970 la phonétique et la phonologie. Marguerite MacKenzie se consacre, depuis le début des années 1970, à des recherches portant surtout sur la dialectologie, la morphologie et le lexique. Son engagement en milieu cri a connu un retentissement considérable puisqu'elle s'est également penchée sur la question de l'orthographe et qu'elle a contribué à la formation de professeurs de langue crie. À Mistassini, Rod et Leisl Bartlett poursuivent la formation de spécialistes cris en traduction et en analyse grammaticale. Ils ont produit beaucoup de matériel en cri (alphabet romain et syllabique) tel que des traductions du Nouveau Testament et des cours de lecture en langue crie. Luci Salt et Louise Blacksmith, toutes deux coauteurs du dictionnaire cri-anglais (MacKenzie, Whiskeychan, Salt, Blacksmith et Loutitt, 1987), ont acquis une formation de technolinguistes en vue d'obtenir le certificat de l'Université du Québec à Chicoutimi et, par la suite, une grande expérience des problèmes linguistiques.

Le naskapi

Le dialecte naskapi du cri-montagnais est parlé dans deux communautés, soit à Kawawachikamach, près de Schefferville, ainsi qu'à Davis Inlet (Labrador). On renvoie souvent aux Naskapis sous le nom de mushuau-innuat. Ceux-ci sont tous de langue maternelle naskapie et les plus jeunes ont l'anglais pour langue seconde. Les Naskapis de Kawawachikamach sont au nombre d'environ 400. Selon les chiffres cités par Dorais (voir, dans cet ouvrage, chap. II), la totalité des Naskapis auraient leur langue ancestrale comme langue maternelle et quelque 28 % ne parleraient ni le français ni l'anglais. Une enquête sur les compétences linguistiques des habitants de la communauté de Kawawachikamach a été effectuée en 1984 (Anonyme, 1984); elle fournit des informations sur les langues parlées, comprises, lues et écrites par la population. Il existe peu d'études de ce type sur la population autochtone du Québec et on ne peut que saluer cette réalisation de la Corporation naskapie de développement.

La documentation est rare sur le dialecte naskapi. Par rapport au cri et au montagnais, il tient lieu de charnière quoique ses particularités restent peu étudiées. Quelques études viennent combler cette lacune (Ford, 1978; MacKenzie, 1979 et 1980). Un dictionnaire naskapi-anglais assez complet du dialecte de Kawawachikamach est paru récemment (MacKenzie, 1989) et son auteur prépare une version anglais-naskapi. Une brochure a également été réalisée dans le but de présenter de façon accessible quelques aspects de la grammaire du naskapi (Martens et Chase, 1983). On doit se rappeler cependant que sa grammaire ne diffère pas de façon substantielle de celle du cri du Québec, mis à part les accommodements phonologiques. Alan Ford, de l'Université de Montréal, a élaboré un manuel d'apprentissage du naskapi du Labrador (Ford, s.d.).

Les Naskapis vivent une situation d'isolement du reste des locuteurs du cri-montagnais-naskapi. Bien qu'ils utilisent l'orthographe syllabique comme les Cris, ils sont regroupés du point de vue administratif et politique en entité distincte de ceux-là. Le même état de fait les isole également des Montagnais. Par rapport au développement de l'écriture et d'outils pédagogiques dans leur langue, ces barrières ne peuvent qu'avoir des conséquences néfastes. Fort heureusement, le système d'écriture utilisé dans le dictionnaire naskapi (MacKenzie, 1989) est le même que celui qui est en usage chez leurs voisins cris, ce qui devrait être de nature à rapprocher les deux groupes. Il est raisonnable de penser que la parution de ce dictionnaire contribuera à fixer l'usage écrit.

Peu de chercheurs universitaires s'intéressent au naskapi. Marguerite MacKenzie travaille à des recherches lexicologiques sur le dialecte de Kawawachikamach. Alan Ford a effectué quelques séjours chez les Naskapis du Labrador.

Le montagnais

Les Montagnais occupent un immense territoire: depuis le lac Saint-Jean vers le nord et l'est, ils couvrent la partie nord-est de la péninsule du Québec-Labrador. Aujourd'hui, ils sont sédentarisés dans des villages au Lac-Saint-Jean, à Schefferville et tout le long de la Moyenne et de la Basse-Côte-Nord jusqu'au bord du lac Melville, près de Goose Bay au Labrador. Il y a en tout 11 villages montagnais (voir, dans cet ouvrage, chap. II). Le montagnais est la première langue et la langue d'usage de la quasi-totalité de la population, à l'exception des villages des Escoumins où le montagnais n'est plus parlé et de Mashteuiatsh où on ne compte presque plus d'enfants qui apprennent la langue ancestrale. Il semble qu'à Sept-Îles la tendance au transfert d'allégeance linguistique qui s'était amorcée depuis une vingtaine d'années soit en voie de se résorber. Les transferts d'allégeance aux Escoumins et à Mashteuiatsh se sont faits en faveur du français. Les autres Montagnais ont aussi le français comme langue seconde, à l'exception de ceux, peu nombreux, de Pakuashipi et du Labrador. Les monolingues montagnais formeraient environ 15 % de la population selon les chiffres cités par Dorais (voir, dans cet ouvrage, chap. Il).

Le montagnais est une des langues sur lesquelles existe le plus de documentation au Québec. Sur le plan lexicologique, malgré le fait qu'ils constituent des ouvrages aujourd'hui difficiles d'accès pour un public non initié, on doit souligner la publication de trois dictionnaires du montagnais ancien qui nous ont été légués par les missionnaires français. Ces deux dictionnaires montagnais-français du XVIIe siècle (Fabvre, 1970; Angers, Cooter et McNulty, 1974) et le dictionnaire français-montagnais du XVIIIe (Laure, 1988) sont de toute première utilité pour retracer l'histoire récente de la langue. Le père Lemoine nous a aussi donné au début du siècle un important dictionnaire français-montagnais à partir d'un dialecte qui pourrait être l'ancêtre de celui de Betsiamites (Lemoine, 1901). Ce n'est qu'au milieu des années 1970 que furent publiés les premiers ouvrages non missionnaires avec la parution d'un lexique montagnais-français du dialecte de Sept-Îles et Schefferville (Mailhot et Lescop, 1977) comportant environ 8 000 entrées montagnaises. Il fut suivi d'un lexique montagnais-français d'environ 5 000 mots du dialecte de Mingan (McNulty et Basile, 1981a). À la même période, avec l'aide du père Alexis Jouveneau, le Comité culturel des Montagnais de La Romaine présentait son propre dictionnaire illustré de quelque 4 000 mots (Anonyme, 1978); le père Lapointe, de Natashquan, préparait un dictionnaire de ce dialecte, et un lexique de 1 000 mots du dialecte de Mashteuiatsh était mis en circulation (Charlish, s.d.). Chacun de ces ouvrages répondait à des conventions orthographiques différentes. Le plus récent dictionnaire montagnais-français, élaboré à partir de données recueillies dans la communauté de Betsiamites, comporte plus de 21 000 entrées montagnaises (Drapeau, 1991). La forme montagnaise de citation est donnée en orthographe uniformisée16. Chaque entrée comporte également une transcription phonétique large et des informations sur la prononciation du mot dans le dialecte de la Basse-Côte-Nord. Deux lexiques spécialisés viennent de paraître : le premier, un lexique montagnais de la santé, présente un glossaire montagnais-français suivi d'un index français-montagnais (Drapeau, 1990) et le second, qui porte sur l'ethnobotanique montagnaise de Mingan, comporte une section sur le lexique de l'ethnobotanique (Clément, 1990).

Quant aux descriptions grammaticales, nous possédons une petite grammaire du parler de Mingan (McNulty, 1971) et une grammaire assez complète élaborée à partir du dialecte de Sheshatshiu, au Labrador (Clarke, 1982). Ce dernier ouvrage est d'une grande utilité pour la compréhension de tous les dialectes du montagnais. Enfin, la grammaire de Pierre Martin analyse le montagnais du point de vue de la théorie fonctionnelle martinétienne (Martin, à paraître). Soulignons également que le dictionnaire du père Lemoine (1901) comporte une grammaire qui met surtout l'accent sur les conjugaisons verbales.

La dialectologie montagnaise fait l'objet d'une documentation relativement abondante, quoique les parlers de la Basse-Côte-Nord mériteraient d'être mieux connus dans une optique comparative. Le lecteur en trouvera un aperçu dans les travaux de Cowan (1976), Drapeau, Ford et Noreau-Hébert (1975), MacKenzie (1980), MacKenzie et Clarke (1981) et Michelson (1939). Une étude des écarts dialectaux en montagnais a été réalisée dans le cadre du projet d'uniformisation de l'orthographe montagnaise (Drapeau et Mailhot, 1989). Quelques articles traitent des changements linguistiques en cours dans les communautés de Natashquan (Baraby, 1989), Betsiamites (Drapeau, 1981a et 1981b) et Sheshatshiu (Clarke, 1987; Clarke et MacKenzie, 1982, 1983 et 1984). Il existe également plusieurs études fouillées sur la morphologie flexionnelle (Baraby, 1984) et dérivationnelle (Cloutier, 1988; Drapeau, 1979), l'aspect et l'analyse du discours (Cyr, 1990). Un cours de montagnais a été mis sur pied à l'intention des francophones (Ford et Bacon, 1978-1979).

Les Montagnais sont très avancés sur la voie de l'uniformisation de l'orthographe de leur langue. Une première tentative en ce sens avait échoué au milieu des années 1970 et provoqué un certain pessimisme sur la possibilité d'arriver à un consensus orthographique (Mailhot, 1975 et 1985). La reprise du processus d'uniformisation s'est amorcée à Betsiamites au début des années 1980 (Drapeau, 1985a et 1985b) et s'est étendue par la suite à l'ensemble des communautés sous la direction de l'Institut éducatif et culturel attikamek-montagnais (IECAM17). Le processus d'élaboration d'un système d'écriture uniforme s'est fait en plusieurs étapes. En premier lieu, L. Drapeau et J. Mailhot ont analysé les publications récentes en langue montagnaise provenant de toutes les communautés dans le but d'établir un premier diagnostic. De très nombreux points de variation orthographique ont été trouvés, certains reflétant des différences dialectales alors que d'autres relevaient de la pure convention. Chaque point de variation a été décrit et analysé linguistiquement et consigné dans un document de travail qui a par la suite été étudié au cours de trois ateliers de trois jours chacun de mars 1986 à février 1989. Ces ateliers réunissaient des enseignants et des traducteurs de toutes les communautés. En raison des différences marquées qui séparent les dialectes de l'Ouest (Betsiamites, Sept-Îles et Schefferville) de ceux de la Basse-Côte-Nord, il n'a pas été possible de réduire à zéro les disparités orthographiques. Néanmoins, l'orthographe a été largement normalisée et on doit compter sur le temps pour que se poursuive le processus. Le résultat des décisions prises en ateliers est consigné dans un guide pratique destiné aux enseignants et aux rédacteurs de textes montagnais (Drapeau et Mailhot, 1989).

Comme partout ailleurs en milieu autochtone, l'enrichissement du corpus écrit passe d'abord et avant tout par la production de matériel pédagogique. L'équipe des services éducatifs de Betsiamites18, sous la direction d'Évangéline Picard-Canapé, a à son actif des programmes et le matériel pédagogique complet pour l'enseignement de la langue au primaire et au secondaire, plusieurs dizaines de livrets de lecture ainsi qu'un programme et le matériel idoine pour l'enseignement en montagnais de la lecture, de l'écriture, des mathématiques, des sciences naturelles et humaines au premier cycle du primaire. Outre les nombreux recueils de récits vécus et de légendes parus depuis le milieu des années 1970, les Montagnais se distinguent par la parution d'oeuvres originales de création : des essais (André, 1984; Kapesh, 1976), un recueil de souvenirs (Vachon, 1985) et même une pièce de théâtre (Kapesh, 1979).

Les Montagnais en sont à leurs débuts dans le domaine des activités planifiées de modernisation lexicale. L'Institut culturel et éducatif montagnais pilote un projet d'élaboration de la terminologie de la grammaire et de l'écriture à l'intention du milieu scolaire. D'autres projets sont envisagés en ce qui concerne la terminologie juridique.

La communauté des chercheurs universitaires et indépendants qui étudient aujourd'hui la langue montagnaise est importante et regroupée en majeure partie dans les établissements francophones du Québec. À l'Université Laval, Gérard McNulty fut un des pionniers dans l'étude du montagnais; il fut suivi par Pierre Martin qui s'intéresse surtout au phonétisme, à la phonologie et à la morphologie flexionnelle. Tous deux travaillent à partir du dialecte de Mingan. À l'Université de Montréal, Alan Ford s'intéresse à la morphologie et à la syntaxe. À l'UQAM, Lynn Drapeau s'intéresse à la morphologie, à la lexicologie et à l'ethnosémantique. Travaillant à partir du dialecte de Betsiamites, elle a été engagée dans l'uniformisation de l'orthographe, la formation des enseignants et l'enrichissement du programme montagnais en collaboration avec l'équipe des services éducatifs de Betsiamites. Elle vient de commencer avec Danielle Cyr (Université York à Toronto) et Robert Papen (UQAM) un programme de recherche sur la dynamique de l'utilisation des langues et les changements linguistiques liés au contact avec le français dans la communauté de Betsiamites. À l'Université Carleton, William Cowan poursuit des recherches sur l'histoire du montagnais et des langues algonquiennes. Danielle Cyr (Université York) travaille sur l'évolution de la syntaxe et de la morphologie dans une perspective typologique. Marguerite MacKenzie et Sandra Clarke (Université Memorial à Terre-Neuve) poursuivent leurs recherches sociolinguistiques sur le montagnais de Sheshatshiu (North West River). MacKenzie a terminé un lexique montagnais-anglais, anglais-montagnais de ce dialecte. Parmi les chercheurs indépendants, José Mailhot s'intéresse surtout à l'ethnosémantique; elle a également pris une part active dans le dossier de l'uniformisation de l'orthographe et de la formation des maîtres depuis plus d'une quinzaine d'années. Anne-Marie Baraby, après avoir effectué des recherches sur les dialectes de Sheshatshiu et de Natashquan, a par la suite travaillé à la formation des maîtres et à l'enrichissement du programme pour la bande de Sept-Îles. Denise Cloutier prépare une thèse de troisième cycle sur le dialecte de Pakuashipi.

Selon des chiffres de 1986 cités par Dorais (voir, dans cet ouvrage, chap. II), la langue attikamek est parlée par un petit peuple de 3 200 individus environ, répartis dans trois communautés de la Haute-Mauricie. La langue ancestrale y est encore parlée par la presque totalité de la population. La langue seconde est le français qui sert aussi pour l'enseignement. Environ le quart de la population attikamek ne parle ni le français ni l'anglais (voir, dans cet ouvrage, chap. II). Nous n'avons aucun indice à l'heure actuelle de changements d'allégeance linguistique dans cette population.

Il existe une réelle pénurie d'ouvrages de description de l'attikamek que les linguistes ont toujours considéré comme un dialecte du cri (McNulty et Gilbert, 1981b; Cooper, 1945). Superficiellement, il paraît que l'attikamek est plus proche du cri parlé à l'ouest de la baie James en raison de l'absence de palatalisation des vélaires devant les voyelles hautes antérieures qui caractérise les parlers cri-montagnais-naskapi du Québec. La seule description de cette langue est la thèse de Jean-Pierre Béland, conçue dans la perspective bloomfieldienne, et qui comporte un petit lexique (Béland, 1982). L'équipe des services éducatifs de Atikamekw-Sipi20 (La Tuque), organisme de coordination de services pédagogiques pour la nation attikamek, a toutefois en sa possession des manuscrits d'une grammaire du dialecte d'Obedjiwan inspirée de la grammaire du cri du père Horden et de quelques lexiques en préparation. Il n'existe à l'heure actuelle aucun ouvrage approfondi sur l'état des écarts dialectaux entre les trois villages.

Quant à l'orthographe, l'Institut linguistique atikamekw (ILA) a fixé, au milieu des années 1980, un alphabet et quelques conventions orthographiques. Comme les Montagnais, les Attikameks ne représentent pas la longueur des voyelles; par contre, leur alphabet se caractérise par l'usage du w et o là où les premiers utilisent u (Wasikahikan, 1987)21. En l'absence d'étude dialectologique sur cette langue, il est difficile de se faire une idée précise des difficultés potentielles d'implantation d'une orthographe commune dans tous les villages attikameks. La solution orthographique proposée dans la brochure de l'Institut linguistique atikamekw ne peut être facilement applicable qu'à condition qu'il existe une très grande homogénéité entre les dialectes, puisqu'elle ne résout pour l'essentiel que la question de l'alphabet. On sait cependant que la population d'Obedjiwan est en partie d'origine distincte de celle des deux autres villages (McNulty et Gilbert, 1981b), laissant ainsi deviner des difficultés potentielles d'uniformisation avec les autres communautés. Tout récemment, l'ILA a entrepris de se pencher de nouveau sur la question de l'orthographe avec le dessein d'établir une véritable standardisation de celle-ci. Pour ce faire, les techno-linguistes ont choisi de s'inspirer de la méthodologie utilisée pour le montagnais au milieu des années 1980 (Drapeau et Mailhot, 1989). Cette démarche devrait porter fruit d'ici quelques années.

Par ailleurs, le corpus écrit est relativement peu développé. Il existe à l'usage des écoles primaires trois programmes et le matériel pédagogique idoine en langue attikamek: deux programmes pour le premier cycle du primaire, soit Wikwasatikw pour les sciences de la nature, Matakan pour les sciences humaines, et Minic, un programme pour l'éducation préscolaire. Quant à la modernisation lexicale, qui entre également dans le mandat de l'ILA, les travaux à ce sujet sont sur le point d'être amorcés.

Au chapitre des ressources humaines, il n'existe à notre connaissance aucun universitaire qui travaille actuellement sur la langue attikamek. Les Attikameks disposent cependant des services de trois technolinguistes autochtones en poste (diplômés dans le programme de certificat en linguistique amérindienne de l'Université du Québec à Chicoutimi). Ce sont Marthe Coocoo pour Weymontachie, Cécile Mattawa pour Obedjiwan et Lucien Ottawa pour Manouane. De plus, les Attikameks sont dotés de structures telles que l'Institut linguistique atikamekw, organisme indépendant et consultatif regroupant les technolinguistes et qui a pour mandat de donner des conseils sur la langue, et l'équipe de services pédagogiques de Atikamekw-Sipi qui prépare du matériel pédagogique en attikamek et en français. Le linguiste David McNeil travaille au développement du programme pour le secondaire à Weymontachie.

L'aire linguistique algonquine du Québec est enclavée au nord par le cri (Waswanipi et Mistassini), à l'ouest par l'ojibwa, au sud-est par les Mohawks et à l'est par les Attikameks (Manouane, Weymontachie et Obedjiwan). Le nom « algonquin » serait dérivé d'un terme malécite elakómkwik, « ils sont nos parents, nos alliés » (Day et Trigger, 1978 : 792). Les Algonquins ne forment toutefois pas un groupe linguistique homogène puisqu'ils se divisent en deux groupes dialectaux, soit l'algonquin comme tel et l'ojibwa de l'Est. En effet, le dialecte de Maniwaki tout comme celui de Golden Lake en Ontario, bien qu'ils soient communément nommés « algonquins » par leurs locuteurs, se rattachent en fait à l'ojibwa de l'Est parlé dans le sud de l'Ontario (Rhodes et Todd, 1981). Nous désignerons néanmoins ces deux sous-groupes comme « algonquins », puisque tel est l'usage établi.

La situation sociolinguistique chez les Algonquins est extrêmement complexe et c'est peut-être ce qui explique le peu de développement de l'instrumentalisation dans cette langue23. D'une part, du point de vue dialectal, on vient de voir que l'algonquin se divise en deux groupes, soit le groupe algonquin tel quel et le dialecte de Maniwaki à ranger plutôt du côté de l'ojibwa de l'Est. D'autre part, les vrais dialectes de l'algonquin se répartissent en deux sous-groupes : le sous-dialecte algonquin de l'intérieur regroupant Lac-Simon et Grand-Lac-Victoria, et un sous-dialecte dit de transition incluant Pikogan (Amos), Winneway, Kipawa, Témiscamingue (Notre-Dame-du-Nord) et Lac-Rapide (Rhodes et Todd, 1981). Par ailleurs, les Algonquins sont divisés quant à leur emploi des langues euro-canadiennes. Si l'anglais domine dans cinq villages (Kipawa, Winneway, Témiscamingue, Hunters Point et Maniwaki), les Algonquins du Grand-Lac-Victoria et de Lac-Simon utilisent le français comme langue seconde, alors que ceux de Pikogan et de Lac-Rapide se partagent entre le français et l'anglais (voir, dans cet ouvrage, chap. II). Les transferts d'allégeance linguistique sont importants chez les Algonquins où on estime que plus d'un tiers de la population n'a plus la langue ancestrale comme langue d'usage. La langue est en voie de disparition à Témiscamingue, Hunters Point et Kipawa; elle est en régression à Maniwaki et Winneway, mais semble se maintenir toutefois au Grand-Lac-Victoria, à Lac-Rapide, au Lac-Simon ainsi qu'à Pikogan. Les besoins des communautés où la langue est en voie de disparition ou en régression sont différents de ceux des communautés où la langue est bien vivante. Ces écarts se font sentir particulièrement lors des discussions sur l'orthographe, la mise sur pied des programmes d'enseignement et l'élaboration du matériel pédagogique. Dans un cas, les besoins sont liés au développement de la langue maternelle, alors que, dans l'autre cas, ils reflètent la situation d'utilisation de l'algonquin comme langue seconde. La situation linguistique rend problématiques les communications même entre Algonquins puisque les adultes de certains villages sont monolingues anglophones, alors que d'autres, tels que ceux de la bande du Lac-Simon, parlent surtout l'algonquin et n'ont qu'une connaissance rudimentaire du français. Dans pareil contexte, la difficulté de concertation ne saurait surprendre.

Les descriptions grammaticales de l'algonquin sont peu nombreuses; le manuscrit non publié de Jones (1977) porte sur le dialecte de Maniwaki et la grammaire de Cuoq (1891 et 1892) décrit l'ancêtre du parler actuel de cette même communauté (dont on a dit plus haut qu'il était rattaché à l'ojibwa du Sud plutôt qu'à l'algonquin). Les descriptions grammaticales globales de l'algonquin contemporain sont rares. Toutefois, le centre culturel Amikwân du Lac-Simon a fait paraître une grammaire qui comporte une abondance de données sur ce dialecte (Brouillard et Dumont-Anichinapeo, 1987). De plus, la parution imminente de la grammaire du père Nicolas (1672- 1674) est attendue à plus d'un titre puisqu'elle sera publiée sous forme d'édition critique, analysée et commentée, illustrant l'équivalent des formes du XVIIe siècle dans les dialectes contemporains (Daviault, à paraître). D'ici là, Daviault (1987) donne un aperçu de la morphologie verbale. Enfin, T.S.T. Henderson (1973) fait une présentation des modalités verbales. En ce qui a trait à la lexicologie, un volumineux dictionnaire algonquin-anglais du dialecte de Maniwaki (McGregor, 1987) est venu compléter la liste de mots auparavant disponible (Jones, 1976). Un dictionnaire de l'ojibwa intègre également des formes de différents dialectes algonquins (Piggott et Grafstein, 1983). Un lexique thématique algonquin-français a été produit au Lac-Simon (Dumont et Papatie-Dumont, 1985). Un autre lexique d'environ 1 000 mots donne l'équivalent des formes citées dans plusieurs dialectes (Couture, 1982).

La rareté de la documentation sur l'algonquin contemporain oblige le lecteur à fouiller l'abondante documentation existant pour l'ojibwa qu'il trouvera en consultant la bibliographie des langues algonquiennes (Pentland et Wolfart, 1982) de même que les informations fournies dans le Handbook (Rhodes et Todd, 1981). Mentionnons toutefois, en passant, les nombreux et excellents ouvrages missionnaires tels que le dictionnaire français-algonquin de Lemoine (1909), le lexique algonquin-français de Cuoq (1886) de même que la grammaire et les lexiques ojibwa-anglais, anglais-ojibwa de l'évêque Baraga (1878a, 1878b et 1880).

Au chapitre de la dialectologie, un rapport d'enquête fait le point sur les rapports dialectaux entre les communautés de Pikogan, Lac-Simon Maniwaki, Lac-Rapide et Winneway (Gilstrap, 1978). Deux autres articles portent l'un sur l'algonquin du Nord (Daviault, Dufresne, Girouard, Kaye et Legault, 1978) et l'autre sur l'algonquin et les autres dialectes de l'ojibwa (Piggott, 1978). Pour une présentation de la dialectologie algonquine/ojibwa, on peut également consulter Rhodes et Todd (1981). Une enquête importante sur les dialectes de l'ojibwa, couvrant au-delà de 50 communautés, a été effectuée en 1983-1984 par Lisa et Randolph Valentine. Les résultats de cette enquête sont compilés sous forme informatisée au moyen du logiciel Hypercard et disponibles auprès des auteurs24.

Le développement de l'écrit en algonquin en est encore à l'état embryonnaire. Les Algonquins ne se sont pas encore entendus sur une orthographe uniformisée et chaque communauté utilise une orthographe différente, certaines faisant usage d'une écriture plus conservatrice alors que d'autres se contentent d'une écriture quasi phonétique. Pourtant, à l'exception peut-être du dialecte de Maniwaki, les écarts linguistiques entre les communautés ne sont pas de taille à empêcher la création d'une orthographe uniforme. Il faut reconnaître cependant que les Algonquins sont dans une situation difficile comme nous l'avons expliqué plus haut. Les communautés où l'algonquin est enseigné comme langue seconde réclament une orthographe qui colle à leur prononciation alors que celles où l'algonquin est encore la langue maternelle de chacun peuvent plus facilement s'accommoder des exigences d'une orthographe conservatrice qui nivelle les différences dialectales. Comme leurs voisins montagnais et attikameks, les Algonquins s'entendent pour ne pas marquer la longueur des voyelles. Le développement du corpus écrit se rapporte essentiellement à l'élaboration de matériel pédagogique qui est décentralisé dans chacune des communautés. D'autre part, pour ce qui est de la modernisation lexicale, les programmes de création de la terminologie juridique et technique n'ont pas encore été mis en application, non plus que le programme de formation d'interprètes.

Les nombreuses difficultés au regard de la mise sur pied d'une orthographe uniforme et les besoins divergents des communautés entraînent inévitablement un repli sur soi dans les communautés. Ainsi, on assiste à une profusion de mini-projets mis en oeuvre par des enseignants ou autres spécialistes de la langue, assistés parfois de religieux ou d'autres intervenants, travaillant chacun en vase clos. Ces groupes produisent des ouvrages de référence (lexiques, grammaires, etc.) et du matériel pédagogique pour diffusion locale.

Les chercheurs et les équipes de recherche qui travaillent sur l'algonquin sont peu nombreux. Une équipe a été mise sur pied à l'UQAM et à McGill à la fin des années 1970 autour de J. Kaye et G.L. Piggott. Elle a produit des publications sur la phonologie et la morphologie flexionnelle et quelques thèses sur des aspects particuliers de la syntaxe. Souvent à caractère théorique, ces descriptions suivent l'évolution des modèles en grammaire générative. À ce jour, G.L. Piggott travaille à une théorie intégrée de la morphologie sur la base d'une description de la structure du mot en algonquin et D. Daviault (1982), à qui on doit une étude sur les particules introduisant des propositions enchâssées, s'apprête à publier la grammaire du père Nicolas. Un linguiste américain, Roger Spielmann (1989), réside depuis quelques années à Winneway où il travaille à l'élaboration d'un programme scolaire en algonquin; ses recherches portent sur l'ethnographie de la communication.

Les langues algonquiennes de l'Est

La branche orientale des langues algonquiennes est représentée au Québec par l'abénaki de l'Ouest et le micmac. Il n'y a pas d'universitaire québécois qui fasse de recherches sur ces langues. Pour une description des particularités des langues algonquiennes de l'Est, le lecteur pourra consulter Goddard (1978).

L'abénaki

Il ne reste plus à Odanak qu'une poignée de locuteurs de la langue abénakie jadis parlée à Odanak et Wôlinak où elle a été remplacée par le français. La langue parlée à Odanak était un dialecte de l'abénaki de l'Ouest qui était parlé au New Hampshire et au Vermont. La variété de Wôlinak se situait linguistiquement à la frontière de ce dialecte et de l'abénaki de l'Est, parlé au Maine (Day, 1978).

Il existe de vieux dictionnaires de l'abénaki (Aubéry, 1715; Râle, 1833), tous deux cités dans le même ouvrage (Dominique et Deschênes, 1985). Deux locuteurs de l'abénaki ont publié des ouvrages sur leur langue (Laurent, 1884; Masta, 1932). Gordon Day a compilé une bibliographie (Day, 1961) et une liste de mots (Day, 1964) de l'abénaki d'Odanak. Une thèse porte sur la phonologie historique de l'abénaki de l'Ouest (Warne, 1975).

Le malécite

Les Malécites du Québec habitaient la réserve de Viger près de Rivière-du-Loup. La population de la bande aurait été de 93 en 1970, mais le village est aujourd'hui inhabité. Il n'y aurait donc pas de locuteurs du malécite au Québec. Les Malécites et les Passamaquoddy du Nouveau-Brunswick et du Maine parlaient des dialectes mutuellement intelligibles. Ceux du Québec, en raison des inter-mariages, se seraient assimilés à la population canadienne-française (Erickson, 1978 : 126).

La langue micmaque est parlée dans deux villages gaspésiens, soit Gresgapegiag et Restigouche26. Des quelque 2 500 Micmacs du Québec, on estime qu'environ 40 % auraient encore la langue ancestrale comme langue d'usage, alors que seulement 1,7 % de cette population serait monolingue en langue autochtone (voir, dans cet ouvrage, chap. II). Le micmac constitue la langue la plus septentrionale des langues algonquiennes de l'Est; il est parlé au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à l'Île-du-Prince-Édouard, mais presque éteint à Terre-Neuve.

L'histoire de l'écriture de la langue micmaque remonte au XVIIe siècle alors qu'un type d'hiéroglyphes a été élaboré par le missionnaire catholique Chrétien Le Clercq dans le but de favoriser l'apprentissage des prières et de la doctrine religieuse. Cette écriture, perpétuée par le père Antoine Maillard, est tombée en désuétude par la suite. Entre temps, vers la fin du XVIIIe siècle, les Micmacs auraient eux-mêmes établi, sur la base de l'alphabet romain, une orthographe quasi phonologique pour écrire leur langue. Le père Pacifique, après avoir constaté la popularité de cette orthographe, s'en servit, non sans l'avoir modifiée quelque peu, dans la traduction des Saintes Écritures. Encourageant par tous les moyens l'alphabétisation en langue micmaque, il publia même un journal en micmac (Sulnaljij / The Micmac Messenger) pendant 17 ans (Bock, 1978, # 154, 109). L'orthographe traditionnelle, mise au point par les Micmacs, de même que l'adaptation faite par le père Pacifique (ou un mélange des deux) sont encore utilisées par les aînés micmacs (DeBlois, communication personnelle). La pédagogue micmaque Marie Battiste (1985) analyse l'histoire de l'écrit et de l'alphabétisation en micmac en tant que mécanisme d'assimilation culturelle et cognitive.

À l'heure actuelle, il n'existe pas d'orthographe uniforme de la langue micmaque. En effet, l'usage adopté au Québec diffère de celui du Nouveau-Brunswick de même que de l'orthographe standardisée adoptée par les Micmacs de Nouvelle-Écosse telle qu'elle est illustrée dans Hewson et Francis (1990). Cette disparité se reflète dans la parution en 1985 et 1986 de trois recueils de légendes micmaques. Dans un compte rendu critique de ces trois recueils, l'un de Restigouche, au Québec (Metallic et Metallic, 1985), l'autre du Nouveau-Brunswick (Milliea, 1985) et le troisième de la Nouvelle-Écosse (Leavitt, 1986), Proulx (s.d.) déplore le fait que les trois soient écrits « with very different orthographies ». La plupart de ces orthographes contemporaines sont des variantes de l'orthographe micmaque traditionnelle. Chez les Micmacs du Québec, le système mis au point par A.D. DeBlois et A. Metallic (1984) entre en concurrence avec celui du père Pacifique, lequel s'apparente davantage à l'orthographe du français (Pacifique de Valigny, 1938, 1939 et 1940). Alors que l'alphabet traditionnel comportait 13 lettres, DeBlois et Metallic utilisent l'accent grave pour marquer la longueur vocalique, l'apostrophe, l'accent circonflexe, et les lettres u et w. Selon eux, ces modifications visent à faciliter l'acquisition de la lecture et de l'écriture. À ce jour, le débat, qui fait couler beaucoup d'encre depuis plusieurs années (Fidelholtz, 1976), est encore ouvert et la suggestion la plus récente est celle de Watson Williams (1988) qui propose, dans un document en trois parties, une nouvelle solution pour régler les conflits orthographiques. Témoin de la constante évolution dans les conventions d'écriture du micmac, un recueil de textes publié tout récemment utilise une orthographe proche de celle des Micmacs de Nouvelle-Écosse à l'exception, entre autres, des deux points pour marquer la longueur vocalique et de l'utilisation de l'apostrophe pour noter le schwa (DeBlois, 1990).

La tradition d'écriture en micmac s'est illustrée par la parution de plusieurs ouvrages de référence. Citons en premier lieu la grammaire du père Pacifique qui a toujours été très appréciée des Micmacs (Pacifique de Valigny, 1938, 1939 et 1940). Tout récemment, elle a été traduite en anglais et les transcriptions de Pacifique ont été converties dans l'orthographe standardisée des Micmacs de la Nouvelle-Écosse (Hewson et Francis, 1990). À la suite de Pacifique, Maillard (1864) avait déjà fait paraître une grammaire du dialecte de la Nouvelle-Écosse. Au cours des 15 dernières années, deux grammaires pédagogiques sont venues enrichir la documentation existante (Delisle et Metallic, 1976; Williams, 1981). Au chapitre de la lexicologie, le dictionnaire de Rand dans ses deux versions (Rand, 1888 et 1902) est une référence classique. Un nouveau lexique (DeBlois et Metallic, 1984) a été élaboré à partir de textes et d'anecdotes recueillis en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et au Québec. Il comporte 5 500 entrées en micmac avec une traduction anglaise. DeBlois, du Musée canadien des civilisations, travaille présentement à une nouvelle version augmentée et corrigée. E. Metallic s'attaque à une tâche semblable sous l'égide du Curriculum Department du conseil de bande de Restigouche.

La langue micmaque a attiré par le passé l'attention de plusieurs linguistes qui se sont attaqués à la description de divers aspects de sa grammaire. Signalons, entre autres, des travaux sur les paradigmes verbaux (Proulx, 1978), la morphophonologie (Fidelholtz, 1968) et la morphologie en général (Fidelholtz, 1978; Inglis, 1986), ainsi qu'un mémoire sur l'histoire de la morphologie (Dawe, 1986). Pour l'apprentissage du micmac, il existe une série de manuels et de cassettes d'accompagnement élaborés par le Micmac Language Program du Native Council of Nova Scotia27 ainsi qu'une méthode mise au point par le Micmac-Maliseet Institute (Anonyme, 1988)28.

Les chercheurs qui travaillent sur la langue micmaque sont tous à l'extérieur du Québec. Les travaux de DeBlois viennent d'être commentés. John Hewson, de l'Université Memorial (Terre-Neuve), travaille depuis plusieurs années sur la phonologie du micmac et l'histoire des langues algonquiennes en général. Il collabore avec Bernard Francis, de Nouvelle-Écosse, à la préparation d'une grammaire de référence du micmac. Signalons en terminant que la University of New Brunswick (Fredericton) est le siège du Micmac-Maliseet Institute. En dehors du milieu universitaire, mentionnons également le travail effectué à Restigouche par E. Metallic qui travaille présentement à un dictionnaire accompagné d'une esquisse grammaticale. Au même endroit, le coordonnateur de l'élaboration du programme micmac, Watson Williams, étudie tous les aspects de l'alphabétisation en micmac depuis la formation des maîtres en grammaire (Williams, 1981), à la question de l'orthographe (Williams, 1988), en passant par le matériel pédagogique pour l'enseignement de l'écrit (Williams, 1990).

Les langues iroquoiennes

Le groupe iroquoien29 est représenté au Québec par les Hurons et les Mohawks. Les langues iroquoiennes sont parlées aujourd'hui au Québec et en Ontario ainsi qu'aux États-Unis dans les États de New York, du Wisconsin, d'Oklahoma et de Caroline du Nord. Elles comprennent le cherokee, parlé en Caroline du Nord et en Oklahoma, le tuscarora près de Niagara Falls dans l'État de New York et à Six-Nations, près de Brantford en Ontario, le sénéca dans l'État de New York, le cayuga à Six-Nations, l'onondaga dans l'État de New York et à Six-Nations, l'oneida près de London et au Wisconsin et, enfin, le mohawk parlé dans six communautés réparties au Québec, en Ontario et dans l'État de New York. Ce sont, au Québec, les communautés de Kahnawake et Kanesatake et celles de Tyendinaga, Six-Nations et Gibson en Ontario. Enfin, Akwesasne chevauche le Québec, l'Ontario et l'État de New York (Mithun, 1984-1985). Plusieurs langues iroquoiennes sont déjà éteintes : le nottaway, le huron, le wyandot et le susquehannock. Pour une discussion des caractéristiques linguistiques de la famille, voir Foster, Campisi et Mithun (1984), Lounsbury (1978) et Mithun (1979); le lecteur pourra également trouver une bibliographie des ouvrages anciens sur la famille (Pilling, 1888), une présentation des ouvrages des missionnaires (Hanzeli, 1969) et une étude qui fait le point sur la recherche au milieu des années 1970 (Chafe, 1976). Pour un traitement très informatif de l'histoire des Mohawks et du peuplement iroquoien au Québec, voir Fenton et Tooker (1978), Trigger (1978), Trigger et Pendergast (1978).

Le mohawk

Il y aurait un peu moins de 11 000 Mohawks au Québec30 et on estime la proportion de locuteurs de la langue à environ 35 % (voir, dans cet ouvrage, chap. II). Ce pourcentage pourrait être un peu plus élevé cependant puisqu'à la fin des années 1970, M. Mithun établissait le nombre de locuteurs du mohawk à environ 3 000 (Mithun, 1979). Selon elle, très peu d'enfants l'acquièrent comme langue maternelle et la langue n'est généralement pas parlée par les moins de 30 ans (Mithun, 1979 : 153).

Bien que son avenir soit incertain, on possède une documentation relativement riche sur la langue mohawk en comparaison avec d'autres langues autochtones. Au siècle dernier, Cuoq a fait paraître un traité grammatical qui comporte des chapitres sur la grammaire mohawk (Cuoq, 1866). Selon Chafe (1976), il se serait basé en partie sur les manuscrits du père Joseph Marcoux qui avait travaillé comme missionnaire à Akwesasne et à Kahnawake plus tôt au XIXe siècle. Plus récemment, la grammaire de Bonvillain comporte une présentation des caractéristiques générales du mohawk, la définition du mot et des processus dérivationnels ainsi qu'une description de la phonologie et de la morphophonologie. La majeure partie de la grammaire porte sur la structure et l'utilisation des verbes (Bonvillain, 1973). Quelques années plus tard paraissait une grammaire pédagogique (Deering et Harries-Delisle, 1976). De plus, le lexique de Michelson (dialecte de Kahnawake) comporte une brève introduction non technique à la grammaire.

Outre les lexiques plus anciens (Bruyas,1862; Cuoq, 1882), les Mohawks disposent de quelques dictionnaires contemporains (Bonvillain, 1972; Maracle, 1985; Michelson, 1973; Mithun, 1977). Une liste d'environ 1 300 entrées anglaises avec traduction en mohawk a été publiée récemment elle utilise une orthographe distincte (Isaac, Johnson et Loft, 1986). Bonvillain a publié également une étude sur les différences dialectales en mohawk (Bonvillain, 1984). Il existe aussi un certain nombre de thèses sur des aspects plus spécialisés (Beatty, 1972; Feurer, 1976; Hopkins, 1988; Postal, 1976).

La recherche universitaire québécoise sur le mohawk est quasi inexistante alors que les universitaires américains, surtout ceux de l'État de New York, ont été très actifs au cours des 20 dernières années. Nancy Bonvillain (State University of New York) poursuit des recherches sur divers aspects de la langue, y compris des études comparatives. Sa thèse de doctorat portait sur la grammaire du mohawk d'Akwesasne (Bonvillain, 1973). Elle a également publié un dictionnaire (Bonvillain, 1972). Marianne Mithun (University of California at Santa Barbara) travaille sur les langues iroquoiennes en général parmi lesquelles figurent les trois dialectes mohawks du Québec. Sa recherche porte sur la morphologie et la syntaxe, le discours et les reconstructions historiques. Elle a participé à l'entreprise d'amérindianisation de 1973 à 1985, période durant laquelle elle a contribué à la mise au point de beaucoup de matériel pédagogique, notamment pour les classes d'immersion destinées à enseigner le mohawk aux enfants qui ne l'apprennent plus de leurs parents. Karin Michelson (State University of New York-Buffalo) travaille sur tous les aspects de la langue. Elle collabore présentement avec Hanni Woodbury et Michael Foster à l'élaboration d'un modèle pour les dictionnaires des langues iroquoiennes. Mark C. Baker (McGill) poursuit des recherches sur divers aspects de la syntaxe et de la morphologie des langues iroquoiennes qui ont une incidence sur la théorie linguistique (Baker, 1988).

Plusieurs Mohawks ont une formation poussée en linguistique; ils déploient depuis une quinzaine d'années des efforts considérables pour renverser la tendance au changement d'allégeance linguistique (au profit de l'anglais) à laquelle ils doivent faire face (Mithun et Chafe, 1979). David Maracle du Territory of the Mohawks of the Bay of Quinte (Ontario) a préparé une grammaire pédagogique (Maracle, 1987a) et plusieurs monographies sur les conjugaisons verbales (Maracle, 1987b); il a également publié une compilation de listes de mots déjà publiées auxquelles il a ajouté des données du dialecte de Bay of Quinte (Maracle, 1985)31. Mary MacDonald, d'Akwesasne, travaille aux programmes d'enseignement dans sa communauté. À Kahnawake, Annette Jacobs travaille également au développement du programme mohawk. Les efforts combinés des spécialistes et des enseignants ont donné lieu à une abondante récolte de matériel pédagogique disponible en langue mohawk32.

Un congrès réunit annuellement dans l'État de New York les chercheurs qui travaillent dans le domaine iroquoien (Conference on Iroquois Research, Rensselaerville, N.Y.33). Un bulletin d'information, paraissant quatre fois l'an, informe tous les intéressés au sujet des activités scientifiques et des nouvelles parutions dans le double domaine de la linguistique iroquoienne et algonquienne (Algonquian and Iroquoian Newsletter34).

Le huron

Les habitants de Wendake sont les descendants d'une nation iroquoienne que les Européens rencontrèrent pour la première fois en Ontario au XVIIe siècle, et qui se dispersèrent après de lourdes défaites militaires; quelques-uns d'entre eux s'établirent près de Québec. Les Hurons parlaient une langue nord-iroquoienne. Le dernier Indien à parler cette langue mourut en 1912 (Morissonneau, 1978 : 390). Pour une histoire des Hurons de Wendake et une description de la culture huronne, voir Heidenreich (1978) et Morissonneau (1978). Il existe une abondante documentation sur le huron ancien qui nous vient des missionnaires français des XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi que d'autres oeuvres plus récentes (Blin-Lagarde, 1977; Chaumonot, 1831; Fraser, 1920; Potier, 1748, 1920a et 1920b; Sagard, 1632; Wilkie, 1831). Barbeau a également amassé une importante documentation sur les récits (Barbeau, 1960). La teneur de nombreux manuscrits de grammaires et des listes de mots non publiés est discutée dans l'ouvrage de Hanzeli (1969).

La modernisation
des langues autochtones

Avant de procéder au bilan sur le plan de la modernisation, quelques précisions s'imposent. D'abord, il importe de reconnaître que la situation linguistique autochtone, au Québec comme partout ailleurs en Amérique du Nord, est fragmentée à l'extrême, chaque nation étant composée de groupes linguistiquement non homogènes au stade de la préstandardisation. De plus, la concurrence des langues euro-canadiennes vient accentuer ces divisions de manière plus cruelle, divisions entre les communautés sur la base de la langue seconde (français ou anglais), selon les taux plus ou moins élevés de bilinguisme (une même langue sera parlée fort différemment par des locuteurs unilingues ou par des bilingues), ou plus carrément selon les changements d'allégeance linguistique (écart au sein même d'une nation entre ceux qui ont perdu leur langue et ceux qui la maintiennent). Prises dans leur ensemble, ces dimensions entraînent dans la plupart des groupes un profil sociolinguistique fort complexe. Il importe aussi de garder présent à l'esprit que le fait d'examiner la situation des langues autochtones à l'intérieur du territoire québécois, justifié du point de vue des frontières politiques euro-canadiennes, entraîne toutefois une distorsion dans la façon d'appréhender la question. En effet, nos frontières politiques imposent aux langues autochtones des divisions artificielles et ont l'effet pervers d'accentuer la tendance au fractionnement déjà constatée. En plus des divergences sous-jacentes que l'on vient d'énumérer, ajoutons les divisions politiques entre les groupes autochtones et la décentralisation à peu près généralisée qui règne à l'intérieur de chaque nation où les conseils de bande locaux sont souverains. Pour une meilleure compréhension du dossier, il importe de prendre en considération que, depuis le milieu des années 1970, le ministère des Affaires indiennes et du Nord et le gouvernement du Québec à sa suite ont adopté une politique où le maintien de la langue ancestrale est vu comme la responsabilité première des communautés locales.

Nous aborderons la modernisation des langues autochtones sous trois angles principaux: le développement de l'écrit, la standardisation et l'élaboration lexicale. Reliés dans une très large mesure, ces trois processus sont des préalables pour permettre aux langues autochtones de répondre aux besoins croissants des populations qui les parlent et, partant, de survivre dans le monde moderne. En effet, le mode de vie des premières nations s'est modifié de façon radicale au cours de ce siècle, à l'exemple de celui de la société blanche. Toutes sont aujourd'hui scolarisées et il apparaît que l'épanouissement, si ce n'est la survie des langues autochtones, passe par leur présence croissante en milieu scolaire. Or, on peut difficilement concevoir de scolarisation sans recours à l'écrit, dont la maîtrise demeure plus que jamais essentielle malgré les innovations technologiques que sont la télévision, les divers autres moyens audiovisuels et l'informatique.

Le développement de l'écrit des langues autochtones est donc incontournable. Au Québec, deux systèmes d'écriture se partagent aujourd'hui la faveur des populations de langue autochtone. Le plus répandu est l'alphabet romain qui fut introduit par les missionnaires. Il est utilisé chez les Montagnais, les Algonquins, les Mohawks et les Micmacs. Le deuxième système est l'écriture de type syllabique utilisée chez les Cris, les Naskapis et les Inuit. Syllabique et alphabet romain entrent en conflit chez ces populations. Pour les Inuit par exemple, on a expliqué plus haut que ceux du Nouveau-Québec, à l'instar de ceux de Baffin, Keewatin et des Inuit Natsilik, utilisent le syllabique alors que l'alphabet romain est utilisé chez ceux du Labrador et de l'Arctique de l'Ouest. Alors que les Cris des provinces des Prairies utilisent l'alphabet romain, les Cris du Québec et ceux du nord de l'Ontario utilisent le syllabique. De la même façon, au Québec, Cris, Naskapis et Montagnais sont divisés entre le syllabique et l'alphabet romain. Dans tous ces cas, on a affaire à des continuums de dialectes souvent mutuellement intelligibles à l'oral, mais que l'utilisation de systèmes d'écriture radicalement différents rend inintelligibles à l'écrit. Compte tenu des faibles effectifs des populations autochtones, les profondes divisions engendrées par ces conventions divergentes d'écriture sont regrettables, car elles les privent d'une force importante. Le problème paraît toutefois insoluble puisque les groupes qui utilisent le syllabique y sont profondément attachés, car ils y voient le reflet de leur spécificité culturelle. En dépit de son introduction relativement récente (au siècle dernier), le syllabique est en effet devenu l'emblème de la langue, de la culture et partie intégrante de l'héritage culturel. Il n'est pas rare qu'un système d'écriture distinct soit maintenu, ou mis sur pied, dans le but précis de maintenir une identité distincte (Fishman, 1977).

Parmi les populations qui utilisent l'alphabet romain, il existe une grande diversité dans le choix des symboles. Pour certaines langues, comme le micmac, c'est un moindre mal puisque cette langue est éloignée de celle qui est parlée dans la péninsule du Québec-Labrador. Par contre, entre le montagnais et l'attikamek, qui sont proches au point d'être mutuellement intelligibles (du moins pour les aînés), l'hétérogénéité des correspondances phonographiques peut surprendre. Par exemple, le montagnais utilise la lettre u et l'attikamek le o pour écrire le son /u/; la consonne /tS/ s'écrit tsh en montagnais et tc en attikamek; l'attikamek transcrit le son /w/ au moyen de la lettre w alors que cette lettre est inexistante en montagnais. Ainsi, le verbe signifiant « il est submergé » s'écrira en montagnais akutshinu et en attikamek akotcin, « il le voit » s'écrira uapameu (montagnais) ou wapamew (attikamek), « femme » ishkueu (montagnais) et iskwew (attikamek). Les propositions de mise sur pied d'une orthographe panalgonquine, émises par des linguistes au service du ministère des Affaires indiennes et du Nord dans la première moitié des années 1970, s'étaient butées à une résistance prévisible. Elles ont été noyées dans la politique de décentralisation vers les communautés qui s'est poursuivie de la moitié des années 1970 jusqu'aujourd'hui.

La standardisation des systèmes d'écriture reste un problème au Québec comme à peu près partout au Canada. Depuis les années 1970, les rencontres et les débats se multiplient à ce sujet. Dans la plupart des cas, c'est le principe même de la standardisation de l'écriture qui fut longtemps contesté de la part des populations elles-mêmes. Aujourd'hui, les mentalités ont changé et plusieurs groupes, tels les Inuit, les Montagnais et les Cris, sont parvenus à s'entendre sur un système d'écriture uniformisé. La portée de l'uniformisation varie cependant d'un groupe à l'autre et, une fois le système uniformisé, les mécanismes de son implantation et de sa diffusion restent le plus souvent imprécis.

Pourquoi est-il si difficile, pour les peuples autochtones, de s'entendre sur un système uniforme d'écriture pour une langue donnée, dont la nécessité s'impose d'emblée pour quiconque est élevé dans une culture de l'écrit? La réponse réside en grande partie dans le processus même par lequel se constitue une norme uniforme d'écriture pour une langue. Traditionnellement, les religieux missionnaires, puis les linguistes s'appuyaient, dans la définition d'une norme orthographique, sur un seul dialecte de cette langue : dans le meilleur des cas, le dialecte parlé par le plus grand nombre, ou celui qui a le plus de prestige, ou encore, dans le pire des cas, sur le dialecte auquel ils avaient le meilleur accès (Sjoberg, 1966). De nos jours, les questions d'écriture ne sont plus du seul ressort du missionnaire, elles sont prises en charge par les organismes autochtones et les processus de décision démocratiques et consensuels sont mis en branle. Comme aucune nation autochtone n'a de dialecte standard (parlé), le chemin vers un système d'écriture uniforme prend l'allure d'une négociation d'égal à égal entre les représentants des divers dialectes qui composent la langue35. On se rappellera que chaque langue est parlée par un petit nombre d'individus, disséminés dans plusieurs villages (réserves) souvent très éloignés géographiquement. Il s'ensuit une variation dialectale très grande dont les communautés sont fort jalouses. Les sociolinguistes, spécialistes de l'aménagement linguistique, s'entendent généralement pour considérer que la standardisation de la langue parlée est un préalable absolu à l'édification d'une norme orthographique. Chez les autochtones, il n'a jamais été question de standardiser la langue parlée et, bien au contraire, la standardisation de l'écriture n'est rendue possible que parce que les intervenants acceptent de prononcer dans leur propre dialecte des mots qu'ils écrivent dans une graphie très éloignée de la phonie. Les spécialistes de l'écrit autochtone auront donc encore plusieurs obstacles à contourner puisque l'étendue de la variation dialectale touche souvent plus que la prononciation pour toucher également, bien que dans une moindre mesure, le lexique, la morphologie et la syntaxe. Il faudra compter sur le temps et sur la diffusion du matériel écrit pour qu'un dialecte standard voie le jour36. Comme dans les autres domaines de l'aménagement du corpus, les réformes réussies ne peuvent être ni commandées ni imposées par des agents de l'extérieur et doivent répondre à des besoins précis reconnus par des groupes de pression à l'intérieur même des communautés.

Nous avons également fait état, dans la première partie de cet article, de la difficulté à parvenir à une norme écrite dans le cas des langues qui possèdent des dialectes éteints ou en voie d'être supplantés par la langue majoritaire. Dans une perspective de « revitalisation » de la langue ancestrale, les représentants de ces dialectes insistent pour utiliser une écriture très proche de la prononciation réelle. Cette exigence est incompatible avec le principe de conservatisme (retour à l'usage ancien) qui est une pierre d'assise importante au moment de concilier à l'écrit des dialectes souvent fort différents.

La question de l'uniformisation de l'orthographe, là où elle n'est pas réglée, pose un obstacle de taille dans l'entreprise d'implantation de la langue autochtone en milieu scolaire, notamment dans l'élaboration et la mise en route des programmes et du matériel pédagogique.

Partout le corpus en langue autochtone est à un stade relativement peu avancé. Handicapé par les fréquents changements dans les conventions d'orthographe et noyé dans la concurrence que lui livre l'écrit en langue majoritaire, le matériel écrit en langue autochtone n'a pris un réel envol que dans le domaine scolaire. Les autres domaines d'utilisation de l'écrit, tels que les journaux et la littérature d'essai ou de fiction, paraissent pour l'instant n'avoir qu'une valeur symbolique. La situation de bilinguisme diglossique généralisé, duquel les générations autochtones éduquées paraissent s'accommoder, paraît peu propice à l'établissement durable du corpus écrit en dehors du milieu scolaire. D'autres observateurs de la scène linguistique autochtone sont déjà arrivés à la même constatation (Spolsky et Boomer, 1983).

La modernisation de la langue passe également par le processus d'expansion du lexique qui permet à une langue de fournir à ses locuteurs les moyens de s'exprimer sur des sujets variés dans la vie moderne. Cela se fait par l'ajout au lexique de nouveaux termes et de nouvelles expressions (Ferguson, 1968). Nous nous référons ici à l'activité consciente d'élaboration lexicale par opposition au processus largement spontané de création néologique. Toutes les langues du monde possèdent des vocabulaires techniques pour nommer des aspects précis et fouillés de l'environnement et l'action de l'homme sur celui-ci. L'étendue de certains champs lexicaux est en rapport direct avec leur importance dans la culture. C'est ainsi que les lexiques des langues autochtones sont très élaborés dans certains domaines où, par comparaison, ceux des langues euro-canadiennes paraissent sous-développés. À l'inverse, le lexique des langues autochtones est peu développé dans les domaines de la terminologie juridique, administrative, informatique, technologique qui sont l'apanage des sociétés occidentales industrialisées. Comment l'interprète en milieu hospitalier va-t-elle expliquer au vieillard unilingue algonquin que l'on doit lui installer un cathéter? Comment expliquer aux contrevenants la procédure pénale? Une expansion considérable du lexique est nécessaire pour traiter de ces nouveaux sujets.

La création lexicale dans sa forme spontanée paraît se faire tout naturellement quand le rythme du changement n'est pas trop rapide, que ce sont ceux-là mêmes qui ont le plus besoin du vocabulaire nouveau qui se chargent de le créer et, bien sûr, qu'il y a suffisamment de communications entre les locuteurs pour que le consensus s'établisse rapidement (Ferguson, 1968). Depuis quelques décennies, le rythme du changement social et technologique s'est considérablement accéléré et la capacité des langues autochtones à les intégrer spontanément s'est essoufflée considérablement. J'ai constaté ce phénomène chez les Montagnais et l'étude sociolinguistique menée récemment chez les Cris en témoigne également (Bobbish-Salt et Rabbitt, 1990).

Le processus d'expansion lexicale peut se faire soit par l'emprunt, soit par le recours aux mécanismes endogènes de création lexicale. Du strict point de vue des besoins lexicologiques, ces deux mécanismes sont également efficaces, l'emprunt étant évidemment plus facile. Dans une perspective plus globale cependant, le recours systématique à l'emprunt comme mécanisme de création lexicale risque d'entraîner des effets secondaires pernicieux chez une population largement bilingue où la pratique déjà fréquente de l'alternance de code risque d'être déclenchée à tout moment par l'obligation d'utiliser un mot d'emprunt (Clyne, 1967). Des efforts concertés de création terminologique répondraient donc à des besoins pressants.

Jusqu'aujourd'hui, à part chez les Inuit, les efforts conscients et systématiques de moderniser le lexique des langues autochtones sont restés extrêmement fragmentaires. Dans le cas des populations qui sont en voie d'assimilation linguistique, la tâche de modernisation du lexique paraît d'emblée secondaire. Ailleurs, on est généralement plus occupé à faire une place à la langue en milieu scolaire qu'à élaborer des lexiques spécialisés. En conséquence, les programmes de formation de traducteurs et d'interprètes sont encore au stade de projet et leur nécessité apparaît de moins en moins évidente au fur et à mesure que s'accroît la connaissance d'une langue seconde euro-canadienne chez les populations visées. L'élaboration d'une nouvelle terminologie n'est véritablement pertinente que dans les domaines qui sont totalement intégrés à la vie autochtone comme le milieu scolaire, par exemple37. De plus, on doit espérer que, lorsque les groupes algonquiens, tels les Algonquins, les Cris, les Montagnais et les Attikameks, se mettront sérieusement à la tâche d'élaboration lexicale, ils auront la sagesse d'établir des structures de concertation de manière à ne pas doubler inutilement des processus de création et de diffusion lexicales qui demanderont certainement à eux seuls des efforts considérables.

Quant à l'opportunité de mettre sur pied des mécanismes formels de création terminologique, je conclurai que, compte tenu des bouleversements culturels considérables qui secouent les peuples autochtones et de la montée du bilinguisme généralisé dans leurs rangs, il importe de garder à l'esprit que la recherche des équivalents appropriés pour traduire toutes les subtilités de la Charte des droits et libertés ou du Code criminel ne doit surtout pas prendre le pas sur la mise en place des mécanismes qui permettront de préserver l'héritage culturel établi et d'assurer sa transmission aux générations à venir.

L'état de l'instrumentalisation
dans les langues autochtones

Nous passerons maintenant à un bilan sommaire de l'état de l'avancement de la recherche sur les langues en question dans la perspective de l'aménagement linguistique. Au chapitre de la lexicologie, le bilan est fort inégal comme on pourra le constater à la lecture des ouvrages mentionnés. Certaines langues, telles que l'inuktitut, le cri et le montagnais, possèdent des dictionnaires très élaborés alors que d'autres, comme l'attikamek, ne comptent que sur des lexiques fort rudimentaires. Toutes les langues autochtones du Québec possèdent une morphologie extrêmement riche permettant de construire des mots à volonté et un lexique de quelques milliers de mots ne peut prétendre refléter la richesse lexicale de ces langues. Les lexiques les plus récents (Drapeau, 1991; MacKenzie, Whiskeychan, Salt, Blacksmith et Loutitt, 1987; Qumaq, 1991) comptent respectivement quelque 15 000, 21 000 et 30 000 mots. Pour les besoins des autochtones qui travaillent dans le domaine de l'écrit (enseignants, traducteurs, écrivains ou concepteurs de matériel pédagogique), des dictionnaires complets sont d'une absolue nécessité. Des linguistes tentent de se concerter au sujet des langues iroquoiennes afin d'établir un modèle pour les dictionnaires dans ces langues. Il est à souhaiter qu'un effort semblable voie le jour du côté des langues algonquiennes. Cette concertation s'impose d'autant plus que les Attikameks ont le projet d'élaborer un dictionnaire et que les Algonquins ont de lourds besoins à ce chapitre.

Nous devons aux missionnaires la plupart des descriptions grammaticales fouillées des langues autochtones du Québec. Quant à eux, les linguistes contemporains utilisent des modèles d'analyse fort différents de ceux qui ont inspiré les missionnaires et le résultat n'est pas toujours très accessible au commun des mortels. En règle générale, ceux qui s'inscrivent dans la tradition chomskyenne se fixent des objectifs de description limités (la syntaxe des relatives, l'ordre des mots, l'obviatif, par exemple), car leur intérêt se partage entre la description des faits et l'amélioration du modèle théorique. Il en résulte parfois des descriptions partielles qui n'ont d'intérêt que pour ceux qui partagent la même théorie. C'est également le lot des études faites en linguistique fonctionnelle martinétienne ou en psychomécanique du langage. En conséquence, une grande partie des recherches sur les langues autochtones est soit très difficile d'accès, soit non pertinente pour les non-linguistes. Presque partout, on manque de grammaires qui soient, pour emprunter au jargon de l'informatique, conviviales, c'est-à-dire de bonnes descriptions, accessibles moyennant un minimum de formation linguistique. Ces remarques ne doivent toutefois pas être interprétées comme un désaveu des recherches universitaires sur les langues autochtones qui restent un préalable et une nécessité. On ne doit cependant pas oublier qu'il existe une large marge entre les études conçues dans un cadre d'analyse ésotérique et ce qui peut être mis à profit par le non-linguiste.

Au cours de la première partie de cet article, nous avons cherché à mettre en évidence les chercheurs et les centres de recherche qui contribuaient à l'avancement de nos connaissances sur les langues autochtones du Québec. Pour l'essentiel, les universitaires québécois sont actifs du côté montagnais et inuit et, dans une moindre mesure, chez les Algonquins. Une politique de laisser-aller a cours et un certain divorce apparaît entre les universités où se fait la formation de la relève autochtone et celles où on conduit la recherche sur ces mêmes groupes linguistiques.

Déjà au milieu des années 1980, des chercheurs québécois constataient l'essoufflement de la recherche amérindianiste québécoise (Dominique et Deschênes, 1985; Tremblay, 1984). Ce « creux de la vague » s'explique de multiples façons. D'une part, l'engouement pour les études amérindianistes, à son apogée dans les années 1960 et les années 1970, s'est largement estompé. Cela est en partie dû à l'âpreté des conditions de terrain, à une plus grande politisation de la recherche en milieu autochtone qui se traduit souvent par un saupoudrage des subventions à parts plus ou moins égales dans les communautés, de même que par la montée de la mainmise autochtone sur la recherche effectuée en son sein. Toutes justifiées qu'elles sont, les deux dernières raisons expliquent en partie la difficulté pour les jeunes chercheurs de se tailler une place en milieu autochtone.

Une des solutions à ce problème consiste à former une relève autochtone capable de mener à bien les tâches afférentes aux questions linguistiques. Déjà, plusieurs nations au Québec comptent sur les services de technolinguistes autochtones. Toutefois, l'ampleur et la complexité des problèmes à régler mettent en évidence le besoin d'une formation plus poussée. Les Mohawks paraissent être les plus avancés à ce chapitre et on ne peut que souhaiter que les autres nations poursuivent les efforts déjà entrepris dans cette voie. Il demeure toutefois que le faible poids démographique des nations autochtones continuera de les rendre tributaires des spécialistes de l'extérieur, ce qui nous ramène en quelque sorte à la case départ.

Pendant que se poursuit le « creux de la vague » de la recherche amérindianiste universitaire, on assiste dans les communautés à une prolifération d'études menées tantôt par les autochtones eux-mêmes, tantôt par leurs consultants. Dictionnaires, grammaires, matériel pour l'enseignement de la langue, études à caractère sociolinguistique, une large part de la recherche est amorcée par les communautés ou les organismes qui les représentent et commanditée par eux. Dans quelques cas, cette recherche se fait en collaboration avec des universitaires. L'extrême décentralisation qui a cours depuis le milieu des années 1970 où chaque nation, voire chaque communauté, poursuit individuellement ses efforts sur le plan linguistique comporte sa part de désavantages : la duplication des efforts, la difficulté d'amorcer la concertation et le manque de diffusion des publications. Entre les universitaires, les divers ministères des deux ordres de gouvernement, les organismes autochtones et les communautés locales, on ne sait d'où viendront le leadership et les initiatives de concertation.

Quelque souhaitable qu'elle soit, la recherche née en milieu autochtone ne pourra combler totalement les besoins en recherche fondamentale et appliquée qui se font plus que jamais sentir et que seul le milieu universitaire a véritablement les moyens de mener à bien. Nous n'en donnerons que quelques exemples éloquents. En linguistique descriptive, on manque à plusieurs endroits de grammaires de référence. Aux fins de la standardisation de l'écriture ou de la langue, peu de langues peuvent compter sur des descriptions fouillées de la variation dialectale susceptible d'infléchir le cours de l'implantation d'un système uniformisé d'orthographe. En psycholinguistique appliquée, quelle est l'incidence des caractéristiques typologiques des langues autochtones (agglutinantes par opposition au français de type analytique) sur l'apprentissage de la lecture dans ces langues (Downing, 1973)? Une réponse à cette question permettrait de concevoir un matériel pédagogique propre à faciliter l'apprentissage de la lecture dans les langues autochtones; pour l'instant, le matériel produit se fonde la plupart du temps sur les théories de la lecture élaborées pour les langues euro-canadiennes. Comment envisager le transfert de l'alphabet (ou du syllabique) autochtone à l'alphabet français (ou anglais) dans le cas de l'alphabétisation précoce en langue autochtone (Bowers, 1968; Downing, 1984; Fishman, 1977)? Quel modèle d'enseignement bilingue est le plus susceptible d'amener des résultats conformes aux attentes des populations autochtones? En sociolinguistique, à l'heure actuelle, les langues autochtones du Québec sont à un tournant déterminant de leur histoire. En effet, toutes celles qui sont encore parlées comptent parmi leurs aînés les dernières générations d'unilingues. Les études sur les changements d'allégeance linguistique effectuées ailleurs dans le monde démontrent que le bilinguisme généralisé est le stade qui précède la transition à l'unilinguisme dans la langue majoritaire (Aikio, 1990; Fishman, 1972 et 1990; Gal, 1979). Les études sur l'utilisation des langues autochtones dans cette perspective commencent à voir le jour (Anonyme, 1984; Dorais, 1988a et 1989; Dorais et Collis, 1987; Taylor, 1990; Taylor et Wright, 1989). Il est à souhaiter que d'autres études approfondies viennent expliquer les phénomènes qui accompagnent le passage vers le bilinguisme généralisé.




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1 Je remercie Louis-Jacques Dorais pour les informations qu'il m'a aimablement fournies sur l'état de l'instrumentalisation en inuktitut. [retour au texte]

2 C'est le taux d'unilinguisme le plus élevé au Québec parmi les populations autochtones. [retour au texte]

3 Le rédacteur de la revue est François Therrien, GETIC, Université Laval, Québec, G1K 7P4. [retour au texte]

4 Pour information, communiquer avec l'Association Inuksiutiit Katimajiit, Pavillon Jean-Durand, Université Laval, Québec, G1K 7P4. [retour au texte]

5 Dans la suite de cet article, nous utiliserons le terme « syllabique » comme substantif comme le veut l'usage dans les milieux linguistiques québécois. [retour au texte]

6 Cet organisme possède des locaux au 294, square Saint-Louis, Montréal, H2X 1A4. [retour au texte]

7 Les Inuit du Labrador ont rejeté le système standard romain auquel ils préfèrent l'orthographe morave. [retour au texte]

8 Un catalogue des productions sera bientôt disponible auprès de la commission scolaire Kativik, 305, avenue Mimosa, Dorval (Québec), H9S 3K5. [retour au texte]

9 En ce qui a trait à la classification génétique, seules les langues de la branche orientale forment un sous-groupe distinct, toutes les autres langues de la famille, y compris le complexe ojibwa et le complexe cri, auraient évolué indépendamment les unes des autres directement du proto-algonquien. [retour au texte]

10 Plus d'information auprès de William Cowan, Département de linguistique, Université Carleton, Ottawa, K1S 5B6. [retour au texte]

11 Algonquian and Iroquoian Newsletter. John D. Nichols, Dept. of Native Studies, 532 Fletcher Argue Building, University of Manitoba, Winnipeg, R3T 2N2. [retour au texte]

12 Je tiens à remercier Marguerite MacKenzie pour les informations qu'elle m'a aimablement fournies. [retour au texte]

13 Le dictionnaire le plus récent utilise 12 caractères en rotation et le point comme diacritique (MacKenzie, Whiskeychan, Salt, Blacksmith et Loutitt, 1987). [retour au texte]

14 Les mêmes constatations valent pour le montagnais qui se trouve dans une situation tout à fait similaire pour l'implantation de son orthographe uniformisée. [retour au texte]

15 La production de matériel pour l'enseignement de la langue et de la culture relève du Curriculum Development Unit, à la Commission scolaire crie. [retour au texte]

16 L'uniformisation de l'orthographe montagnaise fut entreprise au milieu des années 1980 sous les auspices de l'Institut éducatif et culturel attikamek-montagnais. [retour au texte]

17 L'IECAM a été récemment rebaptisé Institut culturel et éducatif montagnais (ICEM), à la suite du retrait des Attikameks de cet organisme. L'ICEM a ses locaux au 40, rue François-Gros-Louis, Wendake (Québec), G0A 4V0. [retour au texte]

18 Évangéline Picard-Canapé, coordonnatrice, équipe d'amérindianisation, Services éducatifs, Betsiamites, G0H 1B0. [retour au texte]

19 Je remercie Céline Castonguay pour les renseignements qu'elle m'a donnés. [retour au texte]

20 Les locaux de cet organisme, qui abritent aussi l'Institut linguistique atikamekw, sont situés au 317, rue Saint-Joseph, La Tuque, G9X 3P6. [retour au texte]

21 On peut s'étonner de ce que deux groupes aussi proches culturellement et linguistiquement que le sont les Attikameks et les Montagnais et qui, de surcroît, ont chacun le français comme langue seconde, aient adopté des graphies qui soient aussi éloignées. [retour au texte]

22 Je suis redevable à Roger Spielmann d'une partie des informations contenues dans cette section. [retour au texte]

23 Fort heureusement, les nombreux travaux effectués sur les dialectes de l'ojibwa hors Québec peuvent combler en partie ces lacunes. [retour au texte]

24 Dept. of Anthropology, University of Western Ontario, London, Ontario. [retour au texte]

25 Watson Williams, Manny Metallic, Bernie Francis, Don DeBlois et Paul Proulx ont chacun fourni des informations contenues dans cette section. [retour au texte]

26 Les Micmacs de Gaspé ne parlent plus leur langue ancestrale. [retour au texte]

27 Disponibles auprès de NCNS Micmac Language Program, C.P. 1320, Truro (N.-É.), B2N 5N2. [retour au texte]

28 Disponible auprès de Micmac-Maliseet Institute, University of New Brunswick, Fredericton (N.-B.), E3B 6E3. [retour au texte]

29 Je suis redevable à Marianne Mithun, Nancy Bonvillain et Karin Michelson des informations qu'elles m'ont aimablement fournies. [retour au texte]

30 La présence mohawk, tout comme la présence huronne, sur le territoire du Québec actuel date de la période postcontact (au XVIIe siècle). Néanmoins, la vallée du Saint-Laurent était habitée par un groupe d'Iroquoiens dits « Iroquoiens laurentiens », qui sont tôt disparus. [retour au texte]

31 Ces publications sont distribuées par l'intermédiaire du Centre for Research and Teaching of Canadian Native Languages, Dept. of Anthropology, University of Western Ontario, London (Ontario), N6A 5C2. [retour au texte]

32 On peut obtenir un catalogue des publications d'intérêt iroquoien telles que livres et matériel pédagogique auprès de Kanien'kehaka Raotitiohkwa Cultural Center, C.P. 1988, Kahnawake (Québec), J0I 1B0. [retour au texte]

33 Pour plus d'information, contacter: Dean Snow, Dept. of Anthropology, SUNY-Albany, Albany, NY, 12222. [retour au texte]

34 S'adresser à John D. Nichols, Dept. of Native Studies, 532 Fletcher Argue Building, University of Manitoba, Winnipeg (Manitoba), R3T 2N2. [retour au texte]

35 Les Montagnais ont effectué une démarche de ce genre dans l'uniformisation de leur orthographe au cours des années 1980. [retour au texte]

36 La standardisation a aussi ses effets pervers illustrés par le commentaire suivant : « In the Bosavi situation four dialects lived very happily together until the mission selected one as the basis of written version of the language. Thus a consciousness of a standard was created when one previously did not exist. Of course, this made it easier for some speakers to acquire literacy skills, in addition to introducing new bases of stratification into a linguistic situation where none previously existed » (Schieffelin, 1987 : 158). [retour au texte]

37 Dans leur étude sur le navajo, Spolsky et Boomer (1983 : 149) en arrivent à la même conclusion. Ils constatent également que l'avalanche de traductions de textes officiels en langue autochtone est d'une bien piètre utilité parce qu'ils sont trop techniques et éloignés des préoccupations quotidiennes. [retour au texte]







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