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Les choix linguistiques des travailleurs immigrants et allophones : Rapport d'une enquête réalisée en 1991

Les choix
linguistiques
des travailleurs
immigrants et
allophones

Rapport d'une enquête
réalisée en 1991 Daniel Monnier




Remerciements



Nous désirons remercier les personnes qui ont collaboré aux diverses étapes de cette recherche. En premier lieu, il faut souligner l'excellent travail de Jacques Joly et Michel Dorval de la firme Les Services à la recherche J.T.D. inc. qui a réalisé la collecte des données auprès d'une sous-population très diversifiée. Nous remercions également pour leur soutien technique et leurs remarques critiques Mireille Levesque, Paul Béland, Pierre Georgeault, Jacques Maurais, Jean Renaud et Morton Weinfeld. Enfin, nous remercions aussi Marlène Dionne qui, avec beaucoup de patience, a mené à bien le long travail de traitement de texte.





Table des matières




Présentation
Introduction

Chapitre I
Le Québec et l'intégration des immigrants
1.1 Les aspects théoriques de l'intégration
1.2 L'intégration linguistique
1.3 La problématique québécoise
1.4 Conclusion

Chapitre II
Les coordonnées de l'enquête
2.1 L'objectif de la recherche
2.2 La stratégie d'échantillonnage
2.3 Le mode de collecte des données et le contenu du questionnaire
2.4 Le rendement de la collecte
2.5 Les caractéristiques de l'échantillon et la représentativité
2.5.1 La représentativité
2.5.1.1 Selon la profession
2.5.1.2 Selon la scolarité
2.6 Le plan d'analyse

Chapitre III
L'évolution de la connaissance du français et de l'anglais
3.1 La connaissance du français et de l'anglais à l'arrivée
3.1.1 Selon le sexe, le niveau de scolarité, la profession
3.1.2 Selon la langue maternelle
3.1.3 Variation au sein des groupes d'arrivée récente
3.2 L'évolution de la connaissance du français et de l'anglais au cours des années
3.2.1 La connaissance actuelle du français et de l'anglais au sein des groupes d'enquête
3.2.2 Connaissance initiale et connaissance actuelle du français et de l'anglais
3.2.2.1 Selon la période d'arrivée et le sexe
3.2.2.2 Selon la langue maternelle
3.2.2.3 Selon la composition linguistique des contextes d'insertion
3.2.3 Moyens utilisés pour apprendre le français et l'anglais
3.2.3.1 Apprentissage du français
3.2.3.2 Apprentissage de l'anglais
3.3 Motivation d'apprendre le français et l'anglais
3.3.1 Langue exigée pour obtenir un emploi
3.3.2 Motivation à suivre des cours de français ou d'anglais
3.3.3 Conditions souhaitées pour suivre des cours de français ou d'anglais
3.4 Conclusion

Chapitre IV
L'usage de langues dans les communications publiques
4.1 L'usage des langues au travail
4.1.1 L'usage des langues au travail selon le type d'interlocuteur
4.1.2 L'usage des langues au travail pour les tâches écrites
4.1.3 L'indice d'usage des langues au travail
4.1.3.1 Selon les groupes d'enquête
4.1.3.2 Selon la langue maternelle
4.1.3.3 Selon la classification géolinguistique du pays d'origine
4.1.3.4 Selon la connaissance du français et de l'anglais à l'arrivée
4.1.3.5 Selon la connaissance actuelle du français et de l'anglais
4.1.3.6 Selon le niveau de scolarité
4.1.3.7 Selon l'âge et la période d'arrivée
4.1.3.8 Selon la langue d'usage
4.1.3.9 Selon la composition du quartier de résidence
4.1.3.10 Selon le type de profession et le secteur industriel
4.1.3.11 Selon la proportion d'allophones dans les contacts à l'intérieur de l'entreprise
4.1.3.12 Selon la langue du propriétaire
4.1.3.13 Selon la taille de l'entreprise
4.1.3.14 Selon la présence d'un programme de francisation
4.2 L'usage des langues dans la consommation des biens et services
4.2.1 Les communications avec les commerces et les services publics
4.2.2 L'indice d'utilisation des langues avec les commerces et les services publics
4.2.2.1 Selon les groupes d'enquête
4.2.2.2 Selon la connaissance des langues à l'arrivée et la connaissance actuelle
4.2.2.3 Selon la connaissance actuelle du français et de l'anglais
4.2.2.4 Selon l'âge et la période d'arrivée
4.2.2.5 Selon l'indice d'utilisation du français au travail
4.3 L'usage des langues dans la consommation des médias
4.3.1 Selon les groupes
4.3.2 L'indice d'utilisation des langues dans la consommation des médias
4.3.2.1 Selon les groupes d'enquête
4.3.2.2 Selon la langue maternelle
4.3.2.3 Selon la connaissance du français et de l'anglais à l'arrivée
4.3.2.4 Selon la connaissance actuelle du français et de l'anglais
4.3.2.5 Selon l'âge et la période d'arrivée
4.3.2.6 Selon le niveau de scolarité
4.3.2.7 Selon l'indice d'utilisation des langues au travail
4.4 L'indice global d'utilisation des langues
4.4.1 Selon le groupe d'enquête et la langue maternelle
4.4.2 Selon l'année d'arrivée
4.4.3 Selon la langue d'usage
4.5 L'analyse multivariée
4.6 Conclusion

Chapitre V
La mobilité linguistique des travailleurs allophones
5.1 La mobilité linguistique au sein des divers groupes de l'enquête
5.2 Quelques caractéristiques individuelles qui influencent la mobilité
5.2.1 La langue maternelle et l'origine géolinguistique
5.2.2 L'âge
5.2.3 La scolarité
5.2.4 La profession
5.2.5 La connaissance des langues à l'arrivée
5.3 La mobilité linguistique et les contextes d'insertion
5.3.1 Le milieu de résidence
5.3.2 La proportion de contacts internes avec des allophones dans l'entreprise
5.3.3 La langue de la parenté et la langue de la communauté
5.4 Typologie et attraction relative du français et de l'anglais
5.4.1 Regroupement des répondants en fonction d'une typologie
5.4.2 Attraction relative du français et de l'anglais
5.5 Conclusion

Chapitre VI
Les travailleurs allophones, la place du français au Québec et leur jugement sur la société d'accueil
6.1 Appui à certains grands principes de francisation
6.1.1 Français, langue de l'école, du travail et du commerce
6.1.2 La langue la plus utile sur le marché du travail
6.1.3 La langue préférée pour faire son travail et ses courses
6.1.4 Français, langue à recommander à ses compatriotes
6.2 Disposition à l'égard de la promotion du français
6.2.1 Selon la langue maternelle et l'origine géolinguistique
6.2.2 Selon l'âge et le sexe
6.2.3 Selon la scolarité et la profession
6.2.4 Selon la composition des milieux d'insertion
6.2.5 Selon la connaissance du français et de l'anglais
6.2.6 Selon l'usage des langues
6.2.7 L'analyse multivariée
6.3 Jugement sur la société d'accueil
6.3.1 Venir, se faire une idée, rester ou partir
6.3.1.1 Ceux qui entendent rester, ceux qui entendent partir
6.3.2 Se sentir accepté
6.3.3 Jugement global sur son expérience d'immigrant
6.4 Conclusion

Chapitre VII
Les mesures d'accueil et l'intégration linguistique des travailleurs immigrants
7.1 La satisfaction des besoins
7.2 Le profil des travailleurs immigrants qui ont fréquenté un COFI
7.2.1 Selon le sexe, l'âge, la langue maternelle
7.2.2 Selon la période d'arrivée, la scolarité, la profession
7.2.3 Selon la composition linguistique du milieu de résidence et des contacts en entreprise
7.2.4 Selon la connaissance actuelle du français et de l'anglais
7.3 Fréquentation du COFI, usage des langues et promotion du français
7.3.1 Langue de travail, indice global d'utilisation des langues et disposition à l'égard de la promotion du français
7.4 La satisfaction des besoins d'accueil et l'orientation linguistique
7.5 Conclusion

Conclusion générale
Annexe A Rapport méthodologique de J.T.D. inc.
Annexe B Construction des indices et statistiques complémentaires
Annexe C Questionnaire




Liste des tableaux



Chapitre I
I.1

Typologie des modes d'intégration

Chapitre II
II.1

Projection de la taille des groupes cibles dans l'île de Montréal en 1989

II.2

Répartition des répondants selon les familles de langues et le groupe d'enquête

II.3

Répartition des répondants allophones selon l'origine géolinguistique et le groupe d'enquête

II.4

Répartition des répondants selon le groupe professionnel et comparaison avec les données du recensement

II.5

Proportion des répondants ayant atteint le niveau de scolarité postsecondaire et comparaison avec le recensement — 11 communautés

Chapitre III
III.1

Connaissance orale du français et de l'anglais à l'arrivée, selon le groupe d'enquête, travailleurs immigrants — île de Montréal

III.2

Connaissance orale du français et de l'anglais à l'arrivée selon le sexe, le niveau de scolarité et la profession, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

III.3

Connaissance orale du français et de l'anglais à l'arrivée, selon la langue maternelle, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

III.4

Connaissance orale du français et de l'anglais à l'arrivée, selon la période d'arrivée (découpage quinquennal), travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

III.5

Connaissance actuelle du français et de l'anglais selon les groupes d'enquête, travailleurs immigrants et allophones — île de Montréal

III.6

Connaissance actuelle du français et de l'anglais selon la période d'arrivée, travailleurs immigrants allophones 1976-1991 — île de Montréal

III.7

Connaissance actuelle du français et de l'anglais selon l'âge à l'arrivée, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

III.8

Évolution de la connaissance orale du français et de l'anglais selon la période d'arrivée et le sexe, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

III.9

Évolution de la connaissance orale du français et de l'anglais selon la langue maternelle, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

III.10

Défaut d'apprendre le français ou l'anglais selon la composition linguistique du quartier de résidence et celle des contacts à l'intérieur de l'entreprise, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

III.11

Moyens utilisés pour apprendre le français chez ceux qui ne le parlaient pas à l'arrivée, selon la connaissance actuelle des langues, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

III.12

Connaissance actuelle du français chez ceux qui ne le parlaient pas à l'arrivée, selon le moyen qu'ils ont pris pour l'apprendre, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

III.13

Moyens utilisés pour apprendre l'anglais chez ceux qui ne le parlaient pas à l'arrivée, selon la connaissance actuelle des langues, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

III.14

Connaissance actuelle de l'anglais chez ceux qui ne le parlaient pas à l'arrivée selon les moyens pris pour l'apprendre, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

III.15

Langue exigée pour obtenir le premier emploi et l'emploi actuel selon la connaissance du français et de l'anglais à l'arrivée, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

III.16

Évolution du bilinguisme requis au travail selon la connaissance des langues à l'arrivée, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

III.17

Motivation à suivre des cours chez ceux qui ne parlent pas le français ou l'anglais, selon la période d'arrivée, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

III.18

Motivation à suivre des cours chez les travailleurs immigrants francophones qui ne parlent pas l'anglais et chez les travailleurs immigrants anglophones qui ne parlent pas le français — île de Montréal

III.19

Conditions souhaitées pour suivre des cours de français ou des cours d'anglais chez ceux qui ne parlent pas ces langues et n'ont jamais suivi de cours pour les apprendre, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

Chapitre IV
IV.1

Langue parlée le plus souvent avec divers interlocuteurs au travail, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

IV.2

Pourcentage du temps de travail en français, en anglais et en langue maternelle selon l'indice d'utilisation des langues au travail, travailleurs allophones — île de Montréal

IV.3

Indice d'utilisation des langues au travail, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

IV.4

Indice d'utilisation des langues au travail selon la langue maternelle — île de Montréal

IV.5

Indice d'utilisation des langues au travail selon la classification géolinguistique du pays d'origine — île de Montréal

IV.6

Indice d'utilisation des langues au travail selon la connaissance du français et de l'anglais à l'arrivée, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

IV.7

Indice d'utilisation des langues au travail selon la connaissance actuelle du français et de l'anglais, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

IV.8

Indice d'utilisation des langues au travail selon le niveau de scolarité, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

IV.9

Indice d'utilisation des langues au travail selon l'âge à l'arrivée et la période d'arrivée, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

IV.10

Indice d'utilisation des langues au travail selon la langue d'usage et la composition linguistique du quartier, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

IV.11

Indice d'utilisation des langues au travail selon le type de profession et le secteur industriel, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

IV.12

Proportion d'allophones dans les contacts du répondant à l'intérieur de l'entreprise

IV.13

Indice d'usage des langues au travail selon la proportion de travailleurs allophones dans les contacts du répondant à l'intérieur de l'entreprise, travailleurs allophones — île de Montréal

IV.14

Indice d'utilisation des langues au travail selon la composition linguistique des contacts du répondant à l'intérieur de l'entreprise, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

IV.15

Indice d'utilisation des langues au travail selon la langue maternelle du propriétaire (ou des propriétaires) principal de l'entreprise, travailleurs allophones, immigrants ou non — île de Montréal

IV.16

Langue utilisée le plus souvent avec le supérieur immédiat selon la langue du propriétaire de l'entreprise, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

IV.17

Langue utilisée le plus souvent avec les collègues selon la langue du propriétaire de l'entreprise, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

IV.18

Indice d'utilisation des langues au travail selon la taille de l'entreprise, travailleurs allophones immigrants ou non — île de Montréal

IV.19

Indice d'utilisation des langues au travail selon la présence dans l'entreprise d'un programme pour améliorer l'usage du français, travailleurs allophones immigrants ou non — île de Montréal

IV.20

Langue utilisée le plus souvent dans les communications avec les commerces et les services publics, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

IV.21

Indice d'utilisation des langues dans les communications avec les commerces et les services publics, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

IV.22

Indice d'utilisation des langues pour les communications avec les commerces et les services publics selon la connaissance du français et de l'anglais à l'arrivée, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

IV.23

Indice d'utilisation des langues dans les communications avec les commerces et les services publics selon la connaissance actuelle du français et de l'anglais, travailleurs allophones, immigrants ou non — île de Montréal

IV.24

Indice d'utilisation des langues dans les communications avec les commerces et les services publics selon l'âge à l'arrivée et la période d'arrivée, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

IV.25

Indice d'utilisation des langues dans les communications avec les commerces et les services publics selon l'indice d'utilisation des langues au travail, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

IV.26

Proportion des travailleurs immigrants allophones qui effectuent diverses activités culturelles majoritairement en français/en anglais ou à moins de 5 % du temps dans leur langue maternelle — île de Montréal

IV.27

Indice d'utilisation du français et de l'anglais pour la consommation des médias, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

IV.28

Indice d'utilisation du français et de l'anglais pour la consommation des médias selon la langue maternelle, travailleurs allophones immigrants ou non — île de Montréal

IV.29

Proportion d'utilisation de la langue maternelle pour la consommation des médias selon la langue maternelle, travailleurs allophones immigrants ou non — île de Montréal

IV.30

Indice d'utilisation du français et de l'anglais pour la consommation des médias selon la connaissance du français et de l'anglais à l'arrivée, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

IV.31

Indice d'utilisation du français et de l'anglais pour la consommation des médias selon la connaissance actuelle du français et de l'anglais, travailleurs allophones immigrants ou non — île de Montréal

IV.32

Indice d'utilisation des langues pour la consommation des médias selon la connaissance actuelle du français et de l'anglais, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

IV.33

Indice d'utilisation des langues pour la consommation des médias selon l'âge et la période d'arrivée, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

IV.34

Indice d'utilisation du français et de l'anglais pour la consommation des médias selon le niveau de scolarité, travailleurs allophones immigrants ou non — île de Montréal

IV.35

Indice d'utilisation du français et de l'anglais pour la consommation des médias selon l'indice d'usage des langues au travail, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

IV.36

Indice d'utilisation des langues au travail, dans la consommation et pour les médias selon l'indice global d'utilisation des langues, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

IV.37

Indice global d'utilisation des langues pour les communications de type public, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

IV.38

Indice global d'utilisation des langues pour les communications de type public selon la langue maternelle, travailleurs allophones immigrants ou non — île de Montréal

IV.39

Indice global d'utilisation des langues pour les communications de type public selon la classification géolinguistique du pays d'origine, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

IV.40

Indice global d'utilisation des langues pour les communications de type public selon l'année d'arrivée, travailleurs allophones — île de Montréal

IV.41

Indice global d'utilisation des langues pour les communications de type public selon la langue d'usage à la maison, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

Chapitre V
V.1

Mobilité linguistique, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

V.2

Mobilité linguistique selon la période d'arrivée, travailleurs allophones — île de Montréal

V.3

Mobilité linguistique selon la langue maternelle, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

V.4

Mobilité linguistique selon la classification géolinguistique du pays d'origine, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

V.5

Mobilité linguistique selon l'âge et le groupe d'enquête, travailleurs allophones — île de Montréal

V.6

Mobilité linguistique selon l'âge à l'arrivée et la période d'arrivée, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

V.7

Mobilité linguistique selon le nombre d'années de scolarité, travailleurs allophones — île de Montréal

V.8

Mobilité linguistique chez les répondants qui ont une scolarité supérieure à 15 années selon le groupe d'enquête, travailleurs allophones — île de Montréal

V.9

Mobilité linguistique selon le groupe professionnel, travailleurs allophones — île de Montréal

V.10

Mobilité linguistique selon la connaissance du français et de l'anglais à l'arrivée, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

V.11

Mobilité linguistique selon la composition du milieu de résidence, travailleurs allophones — île de Montréal

V.12

Mobilité linguistique selon la proportion d'allophones dans les contacts à l'intérieur de l'entreprise, travailleurs allophones — île de Montréal

V.13

Mobilité linguistique selon la composition linguistique des contacts à l'intérieur de l'entreprise, travailleurs allophones — île de Montréal

V.14

Mobilité linguistique selon la facilité de parler le français ou l'anglais chez la parenté qui habite au Québec, travailleurs allophones — île de Montréal

V.15

Mobilité linguistique selon la langue la mieux connue parmi les membres de la communauté établie au Québec, travailleurs allophones — île de Montréal

V.16

Classification des répondants selon une typologie croisant la mobilité linguistique et l'indice global d'utilisation des langues, travailleurs allophones — île de Montréal

V.17

Indice d'attraction relatif du français par rapport à l'anglais d'après les transferts linguistiques effectués par les travailleurs allophones — île de Montréal

Chapitre VI
VI.1

Accord avec certaines propositions portant sur la problématique du français au Québec, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

VI.2

Langue qui, selon le répondant, est la plus utile sur le marché du travail, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

VI.3

Langue préférée pour faire son travail et faire ses courses selon les groupes d'enquête — île de Montréal

VI.4

Langue que le répondant conseillerait d'apprendre en premier lieu à un immigrant du même pays d'origine que lui, qui ne parle pas français ni anglais à l'arrivée, et motif principal, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

VI.5

Disposition à l'égard de la promotion du français selon le groupe d'enquête, travailleurs allophones — île de Montréal

VI.6

Disposition à l'égard de la promotion du français selon l'âge à l'arrivée et la période d'arrivée, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

VI.7

Disposition à l'égard de la promotion du français selon la langue maternelle, travailleurs allophones — île de Montréal

VI.8

Disposition à l'égard de la promotion du français selon la classification géolinguistique du pays d'origine, travailleurs allophones — île de Montréal

VI.9

Disposition à l'égard de la promotion du français selon l'âge et le sexe, travailleurs allophones — île de Montréal

VI.10

Proportion des travailleurs allophones (immigrants ou non) favorables à la promotion du français selon l'âge et la période d'arrivée — île de Montréal

VI.11

Disposition à l'égard de la promotion du français selon le niveau de scolarité et le groupe professionnel, travailleurs allophones — île de Montréal

VI.12

Disposition à l'égard de la promotion du français selon la composition du milieu de résidence et des contacts à l'intérieur de l'entreprise, travailleurs allophones — île de Montréal

VI.13

Disposition à l'égard de la promotion du français selon la connaissance du français et de l'anglais à l'arrivée, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

VI.14

Disposition à l'égard de la promotion du français selon la connaissance actuelle du français et de l'anglais, travailleurs allophones — île de Montréal

VI.15

Disposition à l'égard de la promotion du français selon les indices d'utilisation des langues au travail, dans la consommation et pour les médias, travailleurs allophones — île de Montréal

VI.16

Disposition à l'égard de la promotion du français selon l'indice global d'utilisation des langues, travailleurs allophones — île de Montréal

VI.17

Circonstance de la décision d'immigrer au Québec, point de vue sur le Québec comme endroit d'immigration et décision de demeurer ou de quitter, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

VI.18

Intention de rester au Québec selon la langue maternelle, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

VI.19

Intention de rester au Québec selon la connaissance du français et de l'anglais à l'arrivée, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

VI.20

Intention de rester au Québec selon la connaissance actuelle du français et de l'anglais, travailleurs allophones — île de Montréal

VI.21

Intention de rester au Québec selon l'indice global d'utilisation des langues, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

VI.22

Intention de rester au Québec selon la disposition à l'égard de la promotion du français, travailleurs allophones — île de Montréal

VI.23

Raisons invoquées par ceux qui s'interrogent sur la possibilité de quitter le Québec, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

VI.24

Sentiment d'être bien ou mal accepté à partir d'expériences vécues, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

VI.25

Francophones ou anglophones jugés les plus accueillants selon l'indice global d'utilisation des langues, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

VI.26

Jugement global sur leur expérience d'immigrant au Québec, tous les groupes d'enquête — île de Montréal

Chapitre VII
VII.1

Satisfaction des besoins en ce qui concerne le COFI selon la période d'arrivée, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

VII.2

Fréquentation ou non d'un COFI selon le sexe, l'âge et la langue maternelle, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

VII.3

Fréquentation ou non d'un COFI selon la période d'arrivée, le niveau de scolarité et la profession, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

VII.4

Fréquentation ou non du COFI selon la composition linguistique du milieu de résidence et des contacts à l'intérieur de l'entreprise, travailleurs immigrants allophones — île de Montréal

VII.5

Connaissance actuelle du français et de l'anglais selon la fréquentation ou non du COFI, travailleurs allophones — île de Montréal

VII.6

Usage des langues au travail et indice global d'utilisation des langues selon la fréquentation ou non du COFI, travailleurs immigrants allophones qui ne connaissaient ni le français ni l'anglais à l'arrivée — île de Montréal

VII.7

Usage des langues au travail et indice global d'utilisation des langues selon la fréquentation ou non du COFI, travailleurs allophones venus depuis 1976 et qui ne connaissaient ni le français ni l'anglais à l'arrivée — île de Montréal

VII.8

Disposition à l'égard de la promotion du français selon la fréquentation du COFI, travailleurs immigrants allophones qui ne connaissaient ni le français ni l'anglais à l'arrivée — île de Montréal

VII.9

Disposition à l'égard de la promotion du français et langue de travail selon la fréquentation ou non du COFI, travailleurs immigrants de langues latines (sauf le français et l'italien) qui ne parlaient ni le français ni l'anglais à l'arrivée — île de Montréal

VII.10

Disposition à l'égard de la promotion du français et langue de travail selon que l'aide désirée à l'arrivée ait été octroyée ou non, travailleurs allophones ne connaissant ni le français ni l'anglais à l'arrivée — île de Montréal

VII.11

Disposition à l'égard de la promotion du français et langue de travail selon que l'aide désirée (soutien matériel, aide à l'emploi) soit venue de francophones ou d'anglophones, travailleurs allophones ne connaissant ni le français ni l'anglais à l'arrivée — île de Montréal





Liste des graphiques





Chapitre III
III.1

Connaissance actuelle du français et de l'anglais selon la connaissance (orale) de ces langues à l'arrivée, travailleurs allophones — île de Montréal, 1991

III.2

Moyens utilisés pour apprendre le français chez les travailleurs allophones venus depuis 1976 — île de Montréal

III.3

Connaissance actuelle du français chez ceux qui le parlaient pas à l'arrivée selon la fréquentation du COFI ou de l'école publique, travailleurs immigrés allophones venus de 1976 à 1991 — île de Montréal

Chapitre IV
IV.1

Langue utilisée le plus souvent pour lire au travail selon le groupe d'enquête — île de Montréal

IV.2

Langue utilisée le plus souvent pour écrire au travail selon le groupe d'enquête — île de Montréal

IV.3

Utilisation principale du français au travail, dans la consommation et pour les médias selon la période d'arrivée, tous les groupes d'enquête — île de Montréal




Présentation




Depuis une trentaine d'années, les choix linguistiques des populations immigrantes constituent une préoccupation constante des politiques gouvernementales québécoises. Ces politiques, spécifiquement la politique québécoise de la langue française et les politiques d'immigration et d'accueil des immigrants, visent à favoriser leur intégration à la majorité francophone.

La présente étude, réalisée par un chercheur du Conseil de la langue française, monsieur Daniel Monnier, vise à décrire les effets des politiques gouvernementales mentionnées plus haut. Elle s'inscrit donc dans le mandat général du Conseil, soit la surveillance de l'évolution de la situation linguistique.

L'étude permet de constater que l'intégration linguistique des immigrants allophones varie selon leurs périodes d'arrivée au Québec. Fait significatif : les travailleurs immigrants venus depuis une quinzaine d'années utilisent davantage le français dans les divers domaines de leur vie quotidienne que ne le faisaient leurs prédécesseurs. Ce constat général démontre que l'intégration des immigrants en faveur du français est un objectif réalisable et que, dans une certaine mesure, cet objectif découle de la mise en place d'une politique d'immigration sélective et, bien sûr, de la volonté de renforcement du statut social du français qui s'exprime dans la Charte de la langue française.

L'étude montre, par ailleurs, que la concurrence entre l'attrait du français et celui de l'anglais demeure vive au sein de la population allophone montréalaise. C'est ainsi que, même chez les travailleurs allophones venus plus récemment s'établir au Québec, la connaissance de l'anglais à l'arrivée continue à jouer au désavantage de l'acquisition et de l'utilisation du français. On ne peut donc pas encore conclure que le français ait d'ores et déjà atteint la position de force qui en ferait la langue d'intégration linguistique naturelle des immigrants. Toutefois, l'étude témoigne d'un changement sociolinguistique en cours qui est, répétons-le, favorable au français.

En terminant, je dois mentionner que la présente étude s'inscrit dans un programme du Conseil visant à mettre en lumière les aspects démolinguistiques et sociolinguistiques de l'intégration des populations immigrantes à la majorité francophone. Nous sommes donc grandement redevables à son auteur d'une analyse fort éclairante pour la suite de nos réflexions.

Le président,
Pierre-Étienne Laporte



Introduction




La bonne vieille Révolution tranquille des années 60 a tout fait chavirer au Québec. De ruraux, peu scolarisés et sécurisés culturellement par une natalité hors de l'ordinaire, les francophones sont devenus de plus en plus urbains, plus instruits et plus inquiets de leur avenir culturel et linguistique qu'un taux de natalité parmi les plus bas au monde pourrait compromettre. Le mouvement évident des immigrants montréalais vers l'anglicisation au cours des années 60 est venu ajouter au sentiment d'être menacé. La « loi 63 » (1969), la « loi 22 » (1974) et la Charte de la langue française (1977) sont nées en grande partie du besoin d'intervenir sur ce phénomène.

Parallèlement à ces interventions dans le domaine linguistique, le Québec s'est donné petit à petit une politique dans le domaine de l'immigration (création du ministère de l'Immigration en 1968, transformé en ministère des Communautés culturelles et de l'Immigration en 1981). Tout en poursuivant des objectifs d'intégration économique des immigrants, l'intégration linguistique des allophones immigrés ou natifs constitue l'un des volets majeurs de cette politique.

L'Énoncé de politique de 1990 érige la « pérennité du fait français » au rang d'un objectif prioritaire. Accroître la proportion de l'immigration francophone, intensifier les services d'apprentissage du français, faire la promotion du français comme langue d'usage et ouvrir la collectivité francophone à la pleine participation des personnes d'origines diverses sont les principaux axes de l'intervention favorable au fait français. En 1992, un plan d'action prévoit la mise en place de différentes mesures pour réaliser ces objectifs.

Le Conseil de la langue française, dont le mandat essentiel est de surveiller l'évolution de la situation linguistique et d'aviser le ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française sur les mesures propres à favoriser l'amélioration du statut et de la qualité du français, a mené au cours des ans plusieurs recherches qui ont pris en considération les choix linguistiques des allophones québécois : études démographiques et statut du français dans les écoles pluriethniques auront été les principales contributions du Conseil à ce chapitre. Les études sociologiques qui se préoccupent des attitudes et comportements linguistiques de la population québécoise en général n'ont pas beaucoup approfondi la relation des immigrants et allophones québécois avec la langue française. La plupart du temps, leur représentation dans les échantillons d'enquêtes plus générales est limitée et ne permet pas une analyse fine de leur vécu linguistique. La présente enquête veut combler ce vide relatif. Elle a été réalisée dans l'île de Montréal auprès de travailleurs immigrants et allophones et d'une faible proportion d'immigrants francophones et anglophones venus depuis 1976. Les travailleurs ont été retenus de préférence à la population générale des immigrants, d'une part, parce que le champ de la langue de travail est un dossier majeur pour le Conseil et, d'autre part, parce que la population active permet de mieux cerner tous les aspects de la dynamique des choix linguistiques des immigrants et des allophones. Le travail représente le contact le plus « lourd » des immigrants avec la société d'accueil, le coude à coude institutionnel avec la population non immigrante et sa langue y étant obligé.

Ce rapport d'enquête contient sept chapitres. Le premier examine l'intégration des immigrants en fonction de la problématique linguistique québécoise. Le deuxième présente les coordonnées essentielles de l'enquête. Les chapitres suivants traitent de l'apprentissage du français et de l'anglais chez les travailleurs allophones et immigrants, de leur usage de ces langues au travail et hors du travail, de leur mobilité linguistique, de leurs attitudes envers la francisation et de leur perception du Québec comme société d'accueil. Le rapport se termine sur un court examen des impacts des mesures d'accueil sur l'intégration linguistique des travailleurs allophones.




Chapitre I



Le Québec et l'intégration des immigrants



Avant de relever quelques grands traits de la problématique de l'intégration linguistique des immigrants au Québec, il est essentiel de réfléchir sur le concept d'intégration lui-même. Cette réflexion aidera à mieux saisir la portée réelle des données de cette enquête.

1.1 LES ASPECTS THÉORIQUES DE L'INTÉGRATION

Selon François Dubet1, l'immigration se trouve au centre de plusieurs processus sociaux relativement indépendants les uns des autres :

Le premier niveau de définition de la situation et du processus migratoire est celui de l'intégration, de la place qui leur est assignée, éventuellement de leur « fonction », au sein d'un ensemble plus large. Dans un domaine où le vocabulaire employé est particulièrement sensible, où le soupçon d'ethnocentrisme pèse vite, la notion d'intégration n'a pas très bonne presse, même s'il est, au bout du compte, difficile d'en faire l'économie. Il ne faut pas oublier que l'intégration ne définit pas seulement la place attribuée à un groupe, mais aussi son projet, d'installation ou de départ, comme son degré de cohésion interne. En ce sens, y compris dans le cas d'un groupe dominé, le processus d'intégration ne peut être conçu indépendamment du point de vue qu'ils élaborent.

Le deuxième niveau est celui de l'assimilation qui désigne les mécanismes d'identification culturelle dominant l'expérience de l'immigration, le rapprochement ou la distance des relations entre les groupes, la convergence des « mœurs » des groupes en présence. Proche en cela du vocabulaire établi par Myrdal (1944), nous appellerons assimilation les dimensions culturelles du processus d'immigration et les écarts culturels et sociaux établis entre les groupes immigrés et ceux qui les accueillent. A. Sayad (1987) note que cette notion a des connotations « digestives ». Là encore, la critique ne vaut que si le point de vue des immigrés est ignoré, autrement, on voit mal comment la question pourrait être posée. Le malaise rencontré à l'égard du vocabulaire a favorisé l'emploi de mots plus neutres, comme celui d'insertion par exemple, qui permettent, semble-t-il, d'éviter le problème plus que de le régler. La notion d'insertion suggère à la fois une intégration et le maintien de spécificités, elle fait comme si tout allait bien, comme si l'immigration n'impliquait pas une relative destruction culturelle et une transformation des acteurs en présence.

Le troisième niveau de la situation des immigrés est celui de l'identification nationale comme modèle de citoyenneté, de participation politique et, vraisemblablement, d'« imaginaire historique » et d'appartenance étatique. En effet, un immigré n'est pas seulement mis en situation de changer de statut social — d'emploi, de position hiérarchique... —, de transformer ses modèles culturels — alimentaires, familiaux, religieux... —, il est aussi, à plus ou moins long terme, confronté à un problème de « choix » national, que celui-ci soit désiré, imposé, ou bien encore refusé par l'État et le système politique de la société d'accueil et du pays d'origine.

Cette longue citation de Dubet pose bien le problème des divers processus auxquels sont soumis les immigrants et la société qui les accueille. On remarquera que cet auteur parle d'intégration lorsqu'il traite des relations formelles de l'immigrant avec les institutions de la société d'accueil, mais d'assimilation lorsqu'il traite des transformations des façons de vivre et d'interagir. L'intégration renvoie à la « place » qu'occupent les immigrants dans la société d'accueil, l'assimilation, à la « transformation » qu'ils subissent et font subir à la société d'accueil et l'identification nationale, au « choix national » auquel, tôt ou tard, ils sont confrontés. Ainsi, contrairement à d'autres auteurs, Dubet n'oppose pas intégration à assimilation, mais conçoit qu'il s'agit de processus distincts qui s'exercent sur des dimensions différentes du contact de l'immigrant avec la société d'accueil. Dans sa terminologie, il se distingue de Milton M. Gordon2 qui parlait d'assimilation pour désigner les deux processus :

[Traduction] L'acculturation (l'assimilation culturelle) consiste pour un immigrant à abandonner ses modèles de conduites pour adopter ceux de la société d'accueil, alors que l'assimilation sociale (assimilation institutionnelle) consiste en une large adhésion sur le plan individuel à des associations, clubs et institutions de la société d'accueil.

Il faut dire que le concept d'assimilation a été grandement combattu depuis une trentaine d'années, dans la foulée de la remise en question de la théorie du « melting pot » aux États-Unis3. Au moment où les sociologues américains croyaient que l'assimilation aux modes de vie américains était inévitable, et qu'il était préférable que les États-Unis aient une culture homogène, réapparut l'ethnicité chez plusieurs souches d'immigrants américains installés déjà depuis quelques générations. Beaucoup d'associations et de publications ethniques firent leur apparition. Au début des années 70, des enquêtes du Bureau de recensement américain démontrèrent que 50 % des participants se réclamaient membre d'un groupe ethnique.

Selon Michel Del Baslo, « L'immigrant ne doit pas être perçu comme une victime passive de forces impersonnelles tel que l'ont décrit certains sociologues, mais comme un agent dynamique. Nous avons examiné davantage le rôle des valeurs des immigrants dans le processus d'adaptation à une nouvelle société. Les traditions, la vie familiale, la classe sociale sont autant d'éléments qu'il faut examiner pour comprendre à fond les groupes ethniques4 ». Il rejoint en cela les préoccupations de Marco Micone5 qui voit trois axes à la culture immigrée :

a) l'expérience de vie au pays d'origine;
b) l'épreuve de l'émigration-immigration;
c) l'expérience de vie au pays d'accueil.

Dans le même ordre d'idée, deux chercheurs américains, Hurh et Kim6, proposent une typologie des modes d'adaptation des immigrants qui prend en considération la culture d'origine de l'immigrant et son expérience dans le pays d'accueil. Alors que l'assimilation implique le remplacement des traits culturels de la société d'origine par ceux de la société d'accueil et l'intégration complète dans les réseaux sociaux de la société dominante, un processus dont le pôle opposé est l'isolement ethnique qui maintient une coupure avec la société d'accueil tant au point de vue culturel que social, le pluralisme, voie choisie selon eux par les Coréens des États-Unis, serait un processus additif :

[Traduction] L'adaptation additive est un mode d'adaptation par lequel l'immigrant adopte des traits culturels de la société d'accueil, noue des relations avec ses membres sans remplacer de façon significative les traits propres à sa culture d'origine et sans abandonner son réseau de relations ethniques.



TYPOLOGIE DES MODES D'ADAPTATION ETHNIQUE
(Hurh et Kim)

Modes Attachement ethnique Assimilation
d'adaptation Culture Société Culture Société

Assimilation - - + +
Isolement ethnique + + - -
Pluralisme + + + +
Adaptation (1) + + ± ±
Adaptation (2) ± ± + +



Note.- + signifie attachement/adaptation;
- signifie détachement/rejet;
± signifie attachement/acceptation limitée.

L'adaptation (1) est typique de la première génération d'immigrants; l'adaptation (2) est un mode d'adaptation probable des générations subséquentes.



Hurh et Kim voient une équivalence entre ce concept et celui de « pluristically integrated » faisant partie de la typologie du chercheur torontois Richmond : « [Traduction] Typiquement, ce genre d'immigrant tient beaucoup à conserver certains aspects de son héritage linguistique, culturel et religieux, continue de parler sa langue maternelle au foyer même s'il a vécu depuis plus de dix ans au Canada et a connu une amélioration de son statut socio-économique. »

Portes et Manning7 vont plus loin lorsqu'ils suggèrent de combiner les types d'immigrants et les façons de s'intégrer à une société d'accueil pour en arriver à une typologie encore plus détaillée des modes d'intégration. Cela les amène à considérer plusieurs dimensions par lesquelles se différencient diverses communautés immigrantes. Ils distinguent quatre modes d'intégration des immigrants. En premier lieu, il y a les immigrants « destinés8 » aux secteurs dominants. Dotés de statuts professionnels supérieurs, ces derniers ne sont pas concentrés sur le plan géographique, leur mobilité est forte et ils ont un attachement faible à leur culture ethnique et une très bonne connaissance de la langue du pays d'accueil et de ses institutions. En deuxième lieu, les immigrants destinés aux secteurs précaires ont un statut professionnel inférieur et même s'ils sont fortement concentrés géographiquement dans un quartier, ils sont très peu organisés sur le plan institutionnel, connaissent peu la langue du pays d'accueil et ses institutions. La vitalité de leur culture ethnique est moyenne. En troisième lieu viennent les immigrants destinés à l'enclave ethnique. Ils forment une communauté très structurée à l'intérieur de la société d'accueil. Ils sont nombreux, concentrés, diversifiés professionnellement, disposent d'un réseau institutionnel complet, participent fortement aux associations ethniques, tiennent beaucoup à leur culture, connaissent faiblement la langue du pays d'accueil, mais assez bien ses institutions. Enfin, en quatrième lieu, il y a les intermédiaires-commerçants. Même s'ils sont nombreux sur le plan national, ils sont peu concentrés géographiquement. Dans leurs rangs, ils comptent essentiellement des commerçants et quelques professionnels, ils occupent des positions à la fois complémentaires et subordonnées à l'élite locale.



Tableau I.1
TYPOLOGIE DES MODES D'INTÉGRATION


À la lumière des références précédentes, on doit donc concevoir l'intégration comme un processus de changement qui touche l'immigrant et les membres de la société d'accueil dans leurs façons d'être et d'interagir. Les membres de la société d'accueil étant fortement majoritaires, les modifications des modèles de conduite seront pour eux limitées (acceptation de la différence et emprunt de certains aspects des cultures étrangères), alors qu'elles seront considérables pour les immigrants. Ces modifications seront d'autant plus considérables que les écarts culturels entre la société d'origine et la société d'accueil sont importants. L'intégration peut conduire à l'assimilation, mais pas nécessairement. L'expérience américaine montre que l'ethnicité ou la revendication d'une appartenance ethnique franchit les générations. Comme nous l'avons vu chez les auteurs cités précédemment, l'assimilation concerne plus les traits culturels et les rapports sociaux, mais moins les activités économiques et les rapports formels.

Il y a autant de dimensions de l'intégration qu'il y a de contextes de vie. Généralement, on parlera d'intégration économique, institutionnelle, culturelle, linguistique, sans compter le dilemme de l'appartenance nationale.

L'intégration économique concerne essentiellement la conquête de l'autonomie financière, ce qui se réalise de fait par l'insertion permanente sur le marché du travail.

L'intégration institutionnelle vise l'établissement de relations fonctionnelles avec les nombreuses institutions de la société d'accueil, soit les institutions publiques (les services de l'administration, la justice, l'école, l'hôpital), les institutions privées (les commerces, les institutions financières), les institutions sans but lucratif (les organisations de loisirs, clubs sociaux, organismes de charité) et les institutions idéologiques (les églises, les mouvements, les partis politiques).

L'intégration culturelle a rapport à l'acceptation, de plein gré, des valeurs, des modèles de conduite et des pratiques culturelles elles-mêmes de la société d'accueil. Essentiellement, il s'agit des façons de penser et de se comporter communément acceptées dans cette société. « Communément acceptées » ne veut pas dire qu'il n'a pas déjà un certain pluralisme des valeurs dans la société d'accueil, mais que certaines pratiques socioculturelles sont dominantes, et ce, indépendamment de toutes considérations morales sur leur valeur en soi. On distinguerait ici trois stades de l'intégration culturelle :

  1. l'intérêt pour la découverte (le désir de s'informer) des caractéristiques culturelles de la société d'accueil (le contact);

  2. l'amalgame de certains traits culturels de la société d'accueil et de la société d'origine (la culture immigrée);

  3. l'abandon des traits culturels de la société d'origine et leur remplacement par ceux de la société d'accueil (l'assimilation).

L'intégration linguistique, pour sa part, concerne la maîtrise de la langue (des langues) de la société d'accueil, son (leur) usage et les contacts inter-linguistiques. En un mot, il s'agit de voir dans quelle langue principale vit l'immigrant et jusqu'à quel point il entre en contact avec des membres de la société d'accueil. Généralement, l'immigrant utilise sa langue d'origine au foyer et la langue de la société d'accueil à l'extérieur. Le hic, c'est lorsqu'il y a deux langues usuelles dans la société d'accueil. Nous reviendrons sur la notion d'intégration linguistique un peu plus loin.

Enfin, une dernière dimension de l'intégration a trait au sentiment d'appartenance nationale. L'immigrant ou ses descendants se définiront plus ou moins par leur appartenance à leur nation d'origine ou parcelle de leur pays d'accueil. Il y a, ici également, des stades qui peuvent correspondre dans le temps à ceux de l'intégration culturelle : identification nationale au pays d'origine au premier stade, identification double ou triple au deuxième stade et identification unique à la nation d'accueil au troisième stade.

1.2 L'INTÉGRATION LINGUISTIQUE

À première vue, le concept d'intégration linguistique est ambigu. À quoi renvoie-t-il? Est-ce aux choix linguistiques des immigrants ou à leur intégration dans une communauté plutôt qu'une autre?

Les choix linguistiques se font à deux niveaux : celui de l'apprentissage de la langue et celui de son utilisation. Dans les pays unilingues, cette distinction n'a probablement pas l'importance qui doit lui être accordée dans les pays où deux ou plusieurs langues sont en concurrence. En pays unilingue, apprendre la langue du pays d'accueil conduit directement à son utilisation. Dans un pays où il y a concurrence des langues, l'apprentissage de ces langues offre la possibilité de les utiliser, mais, en pratique, leur usage réel dépendra de la souscription à l'image de marque d'une langue plutôt qu'à une autre ou, encore, de la composition linguistique des réseaux sociaux dans lesquels évoluent les immigrants.

Ces réseaux sociaux se développent à partir de deux principaux types de relations, soit les relations primaires (famille/parenté, amis/voisinage) et les relations secondaires (communications au travail, consommation, médias/culture).

Habituellement, l'immigrant est confronté à une situation de dualité linguistique qui l'amène à utiliser sa langue d'origine dans certains contextes et la langue du pays d'accueil dans d'autres contextes. Au Québec, l'immigrant peut considérer qu'il y a deux sociétés d'accueil, donc deux langues d'intégration, soit la langue officielle du Québec et la langue du Canada et de l'Amérique du Nord.

Pour approfondir davantage la problématique de l'intégration linguistique, il est utile d'illustrer quatre profils d'usage des langues chez les immigrants :

1er profil Usage des langues
français anglais langue d'origine
—famille/parenté x
—amis/voisinage x x
—travail x x
—consommation x x
—médias x
2e profil Usage des langues
français anglais langue d'origine
—famille/parenté x x
—amis/voisinage x x
—travail x x
—consommation x x
—médias x x
3e profil Usage des langues
français anglais langue d'origine
—famille/parenté x x
—amis/voisinage x x
—travail x x
—consommation x x
—médias x
4e profil Usage des langues
français anglais langue d'origine
—famille/parenté x
—amis/voisinage x
—travail x
—consommation x
—médias x


Première question, du point de vue des choix linguistiques (apprentissage et usage de la langue), ces immigrants sont-ils tous intégrés linguistiquement au Québec? D'abord, posons l'hypothèse qu'ils sont actifs dans tous les domaines cités. Si quelqu'un n'a pas trouvé de travail, s'il n'a pas d'amis ou n'utilise pas de médias, il manque des éléments à son profil d'intégration. Donc, tenant pour acquis qu'ils ont des activités dans tous les domaines, nous pouvons considérer que, sauf pour le quatrième profil, ils sont tous intégrés linguistiquement à la société d'accueil puisque le français et l'anglais y sont des langues courantes. Ceci dit, le premier profil révèle une intégration par l'anglais, le deuxième, une intégration par le français, et le troisième, par ces deux langues à la fois. Le projet de société de la majorité au Québec appelle évidemment le deuxième profil.

Deuxième question, à quelle communauté ces immigrants sont-ils intégrés? On ne considère plus ici les seuls choix linguistiques, mais aussi l'identification à une communauté plutôt qu'à une autre, cette dernière dimension du processus d'intégration que nous avons évoquée plus haut. Précisons que nous parlons ici d'intégration et non pas d'assimilation linguistique, puisque la langue d'origine demeure présente dans tous les profils. Poursuivons la logique. Celui qui a un profil d'usage des langues davantage orienté vers le français et qui a développé un sentiment d'appartenance à la communauté francophone est intégré à cette communauté. Celui qui a un profil d'usage des langues davantage orienté vers le français et qui a développé un sentiment d'appartenance à la communauté anglophone (par exemple, il utilise l'anglais à la maison) serait intégré à cette communauté même si ses usages linguistiques institutionnels révèlent aussi une intégration en français. Il y a donc une différence subtile entre « être intégré linguistiquement » et « être intégré à une communauté linguistique ». La première expression renvoie à la capacité de fonctionner dans une langue donnée alors que la seconde correspond plutôt au désir de s'identifier, notion qui n'est pas neutre au plan de l'adhésion à des valeurs culturelles. La langue est donc en jeu dans toutes les dimensions de l'intégration, que nous l'examinions sous l'angle économique, institutionnel, culturel ou de l'identité.

1.3 LA PROBLÉMATIQUE QUÉBÉCOISE

On ne saurait remettre en question le postulat qui propose que l'apprentissage de la langue du pays d'accueil représente un facteur fort déterminant de l'intégration des immigrants. Pourtant, ce postulat n'exprime qu'un principe général dont la réalité complexe des sociétés d'accueil vient souvent compromettre l'application. Nous avons vu précédemment que, dans leur typologie, Portes et Manning font remarquer que la connaissance de la langue des pays d'accueil varie beaucoup selon les modes d'intégration des immigrants. Les immigrants destinés aux secteurs dominants (des professionnels et des techniciens) ainsi que ceux qu'ils appellent les intermédiaires-commerçants doivent acquérir une bonne connaissance de la langue de la société d'accueil puisque leurs activités professionnelles sont largement basées sur la communication. Les immigrants destinés aux secteurs précaires, en général les cols bleus peu scolarisés et peu spécialisés, effectuent un travail manuel qui ne requiert pas une connaissance approfondie de la langue. Les immigrants de l'enclave ethnique largement embauchés dans des entreprises possédées par des leaders de leur communauté et vivant en dehors du travail dans une sorte de microcosme ethnique pourront aussi se limiter à une connaissance faible de la langue de la société d'accueil. Un immigrant peut donc s'intégrer économiquement dans un pays sans nécessairement beaucoup investir dans l'apprentissage de la langue de ce pays. Toutefois, il compromettra ainsi ses chances de promotion socioprofessionnelle.

Au Québec, société de concurrence linguistique, les immigrants ont eu le choix, jusqu'aux années 70, de définir quelle était la langue de la société d'accueil. Depuis l'adoption de la Charte de la langue française en 1977, ils doivent inscrire obligatoirement leurs enfants dans les écoles françaises, à moins d'être ici en séjour temporaire. Le français fait aussi l'objet de nombreuses prescriptions dans les domaines du travail, du commerce, des affaires et de l'administration, sans compter qu'au départ, la connaissance du français fait partie des critères de sélection des immigrants. Ces aspects de la politique linguistique québécoise doivent normalement rendre plus manifeste aux yeux des immigrants la volonté des Québécois d'assurer la pérennité du fait français. Toutefois, un certain nombre de données de la situation risquent de brouiller le message. Rappelons brièvement certains « handicaps » susceptibles d'atténuer la force d'attraction du français chez les immigrants et les allophones québécois.

Il y a d'abord le poids du passé. Le gouvernement du Québec a, jusqu'à la fin des années 60, largement abdiqué ses responsabilités à l'égard de l'intégration des immigrants. La sélection des immigrants a été laissée au gouvernement fédéral. Les institutions francophones ont manifesté peu d'ouverture à l'égard des immigrants et ont, ce faisant, laissé le champ libre aux institutions anglophones. Le message qu'ont reçu les immigrants jusqu'aux années 60 aura été que leurs chances de succès dans leur pays d'accueil seraient meilleures en anglais qu'en français, la langue de l'Amérique du Nord pesant de tout son poids. Comme une bonne part des francophones, ils ont donc largement travaillé en anglais dans les entreprises et ils ont inscrit leurs enfants dans les écoles anglaises. Dans l'île de Montréal en 1976-1977, seulement 13 % des écoliers allophones étaient inscrits au secteur français9. Nombre de travailleurs immigrants et allophones du Québec actuel ont donc été touchés par cette phase d'anglicisation.

Puis, le contrôle approximatif de la sélection des immigrants. Même avec les ententes Canada-Québec sur l'immigration, le pouvoir de sélection des immigrants du Québec fut loin d'être total. Jusqu'à tout récemment, le Québec ne contrôlait que la sélection des immigrants dits indépendants qui, depuis une quinzaine d'années, ont constitué entre le quart et la moitié des entrées migratoires10. L'admission des réfugiés et la réunification des familles constituent l'autre part des entrées et relevaient surtout du gouvernement fédéral. Pour ce qui est de la connaissance du français comme critère de sélection, il valait au plus pour 15 % des points attribués lors de l'entrevue d'admission. Du point de vue de la sélection, la langue n'était donc pas le facteur le plus décisif, l'employabilité et l'adaptabilité étant plus déterminantes.

Il faut noter aussi les bassins d'immigration. Les pays francophones ne constituent pas la source principale de l'immigration québécoise. Selon le ministère des Communautés culturelles et de l'Immigration (MCCI)11, seulement 65 millions de personnes ont, dans le monde, le français comme langue maternelle et elles proviennent de pays dont la population est peu portée à émigrer. Au cours de la dernière décennie, 44 % de l'immigration québécoise est venue d'Asie et 25 % d'Amérique (du Sud surtout). Entre 1981 et 1986, seulement le tiers des immigrants disaient connaître le français à l'arrivée12.

Signalons en outre la concentration à Montréal de la population immigrée. En 1986, 87 % de la population immigrée vivait dans la région de Montréal13 et 78 % des allophones résidaient dans l'île de Montréal14. La tâche de franciser les immigrants revenait au 40 % des Québécois de langue française qui habitent la région de Montréal15. En 1986, 60 % de la population de l'île de Montréal était de langue maternelle française, 21 % de langue anglaise et 19 % d'une autre langue d'origine16. Le rapport francophone/non-francophone y était donc de 6 contre 4, ce qui illustre l'ampleur des contacts linguistiques sur le territoire. Le français représente toujours globalement la langue de la majorité, mais pas nécessairement celle de certaines villes et de certains quartiers de la communauté urbaine. On pourrait ajouter que la répartition des médias montréalais, selon la langue de diffusion, ne contribue pas non plus à doter Montréal d'une image de société à majorité nettement francophone.

Enfin, il y a la situation géopolitique du Québec. Le Québec, comme destination d'immigration, est en quelque sorte une référence ambiguë. L'immigrant vient au Canada, pays très majoritairement anglophone, et s'installe au Québec dans une région majoritairement francophone. Il sera soumis à des lois québécoises, mais la citoyenneté qu'il obtiendra sera canadienne. Elle lui conférera une mobilité complète sur l'ensemble du territoire canadien, là où domine l'anglais. Et outre frontière, il y a le géant américain. Ce contexte géopolitique ne peut procurer à la langue française le même pouvoir d'attraction sur les immigrants que le français en France, l'allemand en Allemagne, l'anglais en Angleterre ou aux États-Unis.

Voilà donc autant d'aspects qui posent des défis quant à l'intégration linguistique des immigrants au Québec. Le gouvernement du Québec vient, en 1992, d'adopter un plan d'action pour relever tous ces défis et cette enquête ne peut évidemment en mesurer les impacts. Elle devrait fournir toutefois beaucoup d'information sur l'orientation des choix linguistiques actuels des travailleurs immigrants et allophones et être utile aux instances qui doivent concevoir et mettre en oeuvre une intervention réfléchie favorisant la francisation de ceux qu'on appelle, selon une généralisation abusive, les allophones.

1.4 CONCLUSION

La méconnaissance des données d'une situation conduit presque toujours à des généralisations qui sont injustes pour à peu près tous les acteurs concernés. La réalité est diversifiée et complexe, celle de l'intégration des immigrants probablement plus que toute autre. Notre intention est de tenter de l'éclairer, dans la mesure de nos moyens, sous l'angle linguistique.

Même si les objectifs de l'étude parlent de description du comportement linguistique, les variables retenues permettent de mesurer jusqu'à un certain point l'intégration linguistique. Nous disons jusqu'à un certain point puisque la notion d'intégration linguistique comporte de si nombreuses facettes qu'aucune étude, si exhaustive soit-elle, ne peut toutes les prendre en considération. Par exemple, dans notre étude, nous n'avons pas d'information précise sur la qualité du français ou de l'anglais parlé par les répondants, outre une auto-évaluation générale. Comme nous l'avons souligné, l'intégration linguistique comporte aussi un certain contenu psycholinguistique ou « identitaire » qui ne peut être adéquatement couvert dans une étude par sondage. Enfin, cette enquête n'est pas non plus une étude fine de l'insertion des allophones dans des réseaux dominés par des francophones ou des anglophones, même si certaines variables nous renseignent sur les contextes linguistiques d'évolution des répondants.

Par ailleurs, certains aspects de l'intégration linguistique sont assez bien couverts : le fait de connaître les langues usuelles du pays d'accueil et leur historique d'acquisition; l'usage des langues en matière de fréquence d'utilisation dans le milieu de travail et à l'extérieur du travail; un certain nombre d'attitudes à l'égard de l'apprentissage, de l'utilisation de la langue du pays d'accueil et de ses idéaux linguistiques officiels.


1 Dubet, François. Immigration : qu'en savons-nous? Un bilan des connaissances, Notes et études documentaires, La Documentation française, Paris, 1989. [retour au texte]

2 GORDON, Milton M. Assimilation in American Life : The Role of Race, Religion, and National Origins, New York, Oxford University Press, 1978. [retour au texte]

3 Voir l'excellent article de Michel DEL BASLO, « L'assimilation et les études ethniques en Amérique du Nord », dans Problèmes d'immigration, Cahiers de recherche sociologique, vol. 2, no 2, Département de sociologie de l'UQAM, septembre 1984. [retour au texte]

4 DEL BALO, Michel, op. cit. [retour au texte]

5 MICONE, Marco. « L'intégration des travailleurs et des travailleuses allophones », dans Droits, liberté, démocratie, Actes du Colloque international de l'Association canadienne des sociologues et anthropologues de langue française, 57e congrès de l'ACFAS, UQAM, mai 1989. [retour au texte]

6 HURH, WON MOO et Kwang Chung Kim. « Adhesive Sociocultural Adaptation of Korean Immigrants in the U.S. : An Alternative Strategy of Minority Adaptation », dans International Migration Review, vol. 18, été 1984. [retour au texte]

7 PORTES, A. et R.D. MANNING. « L'enclave ethnique : réflexions théoriques et études de cas », Revue internationale d'action communautaire, no 14-54, 1985, Éditions St-Martin, Montréal. [retour au texte]

8 Ce terme est utilisé dans le texte cité de Portes et Manning. Il pourrait être remplacé par « se retrouvant dans », une expression qui évoquerait moins une fatalité que le résultat d'un processus. [retour au texte]

9 PAILLÉ, Michel. Nouvelles tendances démolinguistiques dans l'île de Montréal, 1981-1996, Notes et documents no 71, Conseil de la langue française, 1989. [retour au texte]

10 BONIN, Daniel. « L'immigration au Québec en 1990 : à l'heure des choix », dans Canada : The State of the Federation, sous la direction de Ronald L. Watts et Douglas M. Brown, Institute of Intergovernmental Relations, Queen's University, Ontario, 1990. [retour au texte]

11 MCCI. Au Québec, pour bâtir ensemble : énoncé de politique en matière d'immigration et d'intégration, Québec, 1990. [retour au texte]

12 MCCI. Présentation graphique sur l'immigration et la population immigrée du Québec, Direction des études et recherches, 1992. [retour au texte]

13 MCCI. Population immigrée recensée au Québec en 1986. Importance et caractéristiques générales, Direction de la planification et de l'évaluation, avril 1989. [retour au texte]

14 PAILLÉ, Michel. Accroissement de la population allophone au Québec, horizon 2006, Notes et documents no 77, Conseil de la langue française, 1990. [retour au texte]

15 BONIN, Daniel, op. cit. [retour au texte]

16 PAILLÉ, Michel, op. cit., 1989. [retour au texte]








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