Accéder au contenu principal
 

 
Les choix linguistiques des travailleurs immigrants et allophones : Rapport d'une enquête réalisée en 1991

Les choix
linguistiques
des travailleurs
immigrants et
allophones

Rapport d'une enquête
réalisée en 1991
Daniel Monnier




Chapitre II



Les coordonnées de l'enquête

Pour bien apprécier la portée d'une enquête, il importe d'en connaître les principales coordonnées. L'objectif poursuivi, la stratégie élaborée pour l'atteindre, le contenu du questionnaire, le rendement de la collecte des données et la représentativité de l'échantillon sont autant de caractéristiques essentielles à sa compréhension.

2.1 L'OBJECTIF DE LA RECHERCHE

En 1986, dans un rapport sur la francisation des entreprises1, le Conseil de la langue française faisait le constat suivant :

Quant aux allophones, immigrants ou descendants d'immigrants, ils n'ont pas la même motivation historique et culturelle que les francophones à l'égard de la francisation. Ils sont tentés de se ranger du côté du plus fort et, en ce sens, leurs attitudes et leurs comportements servent de thermomètre à la francisation des entreprises. Il faut considérer cependant que les allophones sont très inégalement distribués au sein des entreprises québécoises. On les retrouve souvent au sein de PME et parfois en proportion majoritaire. Les communications de travail sont alors marquées par le multilinguisme, chaque sous-groupe conversant dans sa langue d'origine. L'attraction du français peut difficilement se faire sentir dans ce contexte.

Ce constat du Conseil n'était pas, à l'époque, appuyé par une étude scientifique, mais reposait sur l'impression découlant de nombreuses rencontres d'un comité de travail avec des personnes normalement bien informées des difficultés de francisation dans les entreprises dites ethniques ou celles embauchant une part importante d'immigrants et d'allophones. Par ailleurs, conscient que la main-d'oeuvre allophone québécoise est très diversifiée, probablement tout autant que celle non immigrante ou non allophone, le Conseil ne pouvait avoir une appréciation juste de l'envergure du problème qu'on lui avait souligné. Du désir d'en savoir davantage est née la présente enquête qui vise un double objectif, soit de décrire le comportement linguistique de trois groupes de travailleurs québécois, à savoir les immigrants (allophones ou non) venus depuis 1976, les immigrants allophones arrivés avant 1976 et les allophones nés au Québec, et d'examiner les facteurs qui favorisent ou défavorisent l'usage du français chez ces trois groupes. Le comportement linguistique sera mesuré sur la base de l'apprentissage de la langue, de son usage et de la disposition à l'utiliser dans les communications formelles au travail et, dans une certaine mesure, hors du travail (consommation et loisirs).

On constatera que ce double objectif ne parle pas d'intégration linguistique comme telle puisque, comme nous l'avons souligné au chapitre précédent, cette notion comporte de si nombreuses facettes qu'une enquête unique ne peut pas les englober toutes. Celle-ci, toutefois, fournit de l'information sur des composantes importantes de l'intégration linguistique et nous avons l'intention, dans la mesure du possible, d'interpréter les résultats dans le sens de cette préoccupation générale.

Au moment d'en livrer les résultats, nous constatons qu'elle s'insère dans une conjoncture très propice, étant donné que le ministère des Communautés culturelles et de l'Immigration a adopté en 1991 un plan d'action sur l'intégration des immigrants et des communautés culturelles et que le Conseil de la langue française a créé en 1992 un comité de travail chargé de préparer un avis sur le thème « démographie, immigration et langue ».

2.2 LA STRATÉGIE D'ÉCHANTILLONNAGE

Selon nos estimations (tableau ii.1), cette enquête devait concerner environ 23 % de la population de l'île de Montréal. Idéalement, nous souhaitions atteindre la plus grande représentativité possible des travailleurs allophones. Or, échantillonner selon la consonance des noms dans les annuaires introduit des biais importants chez plusieurs groupes d'immigrants. Se limiter à des secteurs de recensement où résident une proportion appréciable d'immigrants et d'allophones n'est pas non plus une approche idéale, puisqu'elle favorise habituellement le contact avec l'ancienne immigration alors que notre intérêt principal portait sur les choix linguistiques de la nouvelle immigration. Nous avons donc privilégié l'échantillonnage complètement aléatoire.



Tableau ii.1
PROJECTION DE LA TAILLE DES GROUPES CIBLES
DANS L'ÎLE DE MONTRÉAL EN 1989a


On a donc retenu comme base d'échantillon tous les numéros de téléphone desservant le territoire de l'île de Montréal. Vu le très grand nombre de numéros à sélectionner, l'échantillon global a été découpé en sous-échantillons indépendants et équivalents recouvrant chacun le territoire visé, soit environ 3 000  numéros par tranche. Ce découpage a permis de gérer plus facilement l'ensemble de la collecte des données et de produire, en cours d'opération, des estimations des divers indicateurs de rendement, comme l'admissibilité des ménages et le taux de rendement.

Jugeant indispensable d'obtenir au moins 1 500 répondants pour le groupe des immigrants arrivés après 1976 un nombre moindre risquait de compromettre la valeur des analyses d'une population aussi diversifiée —, nous avons établi la structure suivante de l'échantillon final (nombre de répondants réels) à partir des estimations du tableau ii.1 :

Travailleurs immigrants venus depuis 1976 : 1 500 40 %
Travailleurs immigrants allophones arrivés avant 1976 : 1 425 38 %
Travailleurs allophones nés au Québec : 825 22 %
Total : 3 750 100 %


2.3

LE MODE DE COLLECTE DES DONNÉES ET LE CONTENU DU QUESTIONNAIRE

L'entrevue téléphonique a été retenue comme mode de contact avec les répondants. Il s'agit d'une méthode éprouvée qui est utilisée couramment par les meilleures firmes de sondage. Le Conseil a souvent eu recours à cette méthode, notamment pour ses enquêtes sur la langue au travail. Nous nous sommes fixé une limite d'environ 30 minutes pour les entrevues téléphoniques, une durée plus longue risquant d'indisposer une part importante des interviewés et de compromettre la qualité des réponses. Quant au contenu du questionnaire, une revue de la documentation sur l'intégration des immigrants nous a permis d'établir une gamme de variables pertinentes à l'analyse du phénomène. Au total, 21 dimensions ont été retenues.

Le questionnaire a été traduit en 12 langues2 et des intervieweurs polyglottes ou de même langue d'origine que certains groupes de répondants ont été recrutés et formés par la firme d'enquête.



LES DIMENSIONS DU QUESTIONNAIRE DE L'ENQUÊTE
SUR LES COMPORTEMENTS LINGUISTIQUES
DES TRAVAILLEURS IMMIGRANTS ET ALLOPHONES


A.

Caractéristiques démographiques et critères d'admissibilité à l'enquête — Questions QV2 à GR3, sexe, langue d'entrevue, religion (Q69).

B.

Maîtrise des langues (langue d'origine, français, anglais) — Questions Q5A à Q8C.

C.

Composition linguistique du milieu de résidence et disponibilité des médias dans sa langue d'origine — Questions Q9A à Q11E.

D.

Usage des langues dans les contacts avec les commerces et les services publics — Questions Q12B à Q13D.

E.

Usage des langues dans la consommation des médias — Questions Q15A1 à Q16C3.

F.

Attitudes à l'égard de la situation linguistique québécoise — Questions Q17A à Q23E.

G.

Langue d'usage à la maison et en dehors de la maison — Questions Q24 et Q25.

H.

Caractéristiques du milieu familial en fonction de la durée de résidence au Québec — Questions Q26A1 à Q27 et Q68A-Q68B.

I.

Scolarité et lieu d'acquisition — Questions Q28A1 à Q29.

J.

Historique d'apprentissage du français et de l'anglais — Questions Q29 à Q36B.

K.

Motivation relative à l'apprentissage du français et de l'anglais — Questions Q37A à Q38B5.

L.

Caractéristiques professionnelles — Questions Q39A1 à Q39C2.

M.

Caractéristiques de l'entreprise d'embauche et composition linguistique du milieu de travail — Questions Q39D à Q44.

N.

Usage des langues au travail — Questions Q45A à Q49 (14 questions).

O.

Exigences linguistiques à l'embauche — Questions Q50-Q51.

P.

Historique d'emploi et réseaux d'accès à l'emploi — Questions Q52 à Q54B.

Q.

Capacité linguistique au moment de l'accueil et soutien à l'apprentissage requis et reçu — Questions Q55C à Q57F.

R.

Historique de l'accueil au Québec — Questions Q57G à Q571.

S.

Contacts avec le pays d'origine — Questions Q58A à Q58C.

T.

Jugement personnel sur son expérience d'immigrant au Québec et perception du Québec comme société d'accueil — Questions Q59 à Q67A.

U.

Caractéristiques socio-démographiques des personnes du ménage — Questions Q69 et suivantes.

2.4 LE RENDEMENT DE LA COLLECTE

La collecte des données s'est échelonnée sur un peu moins de sept mois, soit du 11 mai au 6 décembre 1991. Un total de 81 000  numéros de téléphone a été nécessaire pour obtenir le nombre de répondants visé (3 750). Environ 60 % des numéros étaient valides, les autres étant des numéros non résidentiels ou sans service. Parmi les ménages (numéros résidentiels), 73 % ne comptaient aucune personne admissible à l'enquête (absence de travailleurs immigrants [reçus] ou allophones). Une fois toutes les opérations de dépistage terminées, il est resté 5 350 ménages comptant au moins une personne admissible. Une entrevue a été complétée dans 71 % de ces ménages (3 778 répondants).

Après avoir comparé la distribution des répondants à celle de tous les individus du ménage admissibles à l'enquête, il a été décidé de n'introduire aucune pondération des données, les écarts observés ne justifiant que des facteurs de pondération négligeables (variation habituellement inférieure à moins de 1 %). Le lecteur qui souhaite obtenir plus de détails consultera le rapport méthodologique de J.T.D. inc., annexé au présent rapport (p. 191).

2.5

LES CARACTÉRISTIQUES DE L'ÉCHANTILLON ET LA REPRÉSENTATIVITÉ

Pour plusieurs raisons, il est difficile d'établir avec précision la représentativité de l'échantillon, et ce, en raison des difficultés suivantes :

  • Par définition, une population allophone est très diversifiée : horizons et origines multiples tant du point de vue de la langue maternelle, de l'ethnie, de la race que de la religion et de l'histoire politico-coloniale des divers pays de provenance. Cette forte segmentation est toujours mal reflétée par une catégorisation statistique trop large, alors qu'à l'inverse, une catégorisation plus fine laisse souvent peu d'individus pour garantir que les écarts statistiques soient significatifs.

  • Il n'existe pas de données déjà colligées qui épouseraient les contours exacts des sous-groupes de notre échantillon, d'autant plus que nous n'avons retenu que les travailleurs.

  • Le recensement de 1986 risque de ne plus être valable pour juger de la situation actuelle de la population immigrante puisque la composition de l'immigration, son volume et le taux de rétention des immigrants sont les facteurs qui ont varié beaucoup au cours des dernières années. En outre, les diverses générations d'immigrants et d'allophones sont sans doute marquées par des taux d'entrée et de sortie de la main d'oeuvre fort différenciés.

  • Les compilations spéciales que nous pourrions produire sur la base du recensement de 1991 ne pouvaient pas être disponibles avant la publication de ce rapport. Nous nous limiterons donc ici à livrer quelques caractéristiques fondamentales de l'échantillon et à faire quelques comparaisons avec des données officielles susceptibles de donner des indications sur sa représentativité.

Pays d'origine : plus de 160
Langue d'origine : plus de 90 (voir l'annexe B)
Sexe :
Femmes 46 %
Hommes 54 %
Langue d'usage :
Français 20 %
Anglais 22 %
Langue d'origine 54 %
Autre cas 4 %
Année d'arrivée :
Avant 1976 41 %
1976-1980 11 %
1981-1985 12 %
1986-1991 18 %
Nés ici 18 %
Âge à l'arrivée (travailleurs immigrants allophones) :
Période

1976-1991 Avant 1976 Total
0-16 ans 9 % 35 % 22 %
17-35 ans 72 % 59 % 66 %
36-45 ans 13 % 5 % 9 %
46 ans et plus 6 % — 3 %
Niveau de scolarité :
Moins de 7 années 12 %
8 à 12 années 32 %
13 à 15 années 27 %
16 années et plus 29 %
Milieu de résidence (allophones seulement) :
Majorité francophone 39 %
Majorité anglophone 15 %
Mi-francophone, mi-anglophone 5 %
Mixte (allophone à plus de 30 %) 20 %
indéterminé 22 %
Connaissance actuelle du français et de l'anglais :
Ni le français, ni l'anglais 8 %
Seulement le français 20 %
Seulement l'anglais 18 %
Parle le français et l'anglais 12 %
Parle et écrit le français et l'anglais 42 %




Tableau ii.2
RÉPARTITION DES RÉPONDANTS
SELON LES FAMILLES DE LANGUESa
ET LE GROUPE D'ENQUÊTE


Tableau ii.3
RÉPARTITION DES RÉPONDANTS ALLOPHONES
SELON L'ORIGINE GÉOLINGUISTIQUEa
ET LE GROUPE D'ENQUÊTE


2.5.1 La représentativité

Constatant la rareté des sources de comparaison avec des données officielles, nous nous limitons ici à confronter l'échantillon aux statistiques relatives à la profession et à la scolarité.

2.5.1.1 Selon la profession

Les données du tableau ii.4 annoncent une bonne représentativité de l'échantillon compte tenu que nous comparons ici des données qui n'épousent pas exactement les mêmes contours de population. Les données du recensement valent pour l'ensemble de la population immigrée et pour l'ensemble du Québec en 1986. Les données de l'enquête sont limitées à l'île de Montréal, elles incluent les travailleurs allophones non immigrés et les travailleurs immigrants jusqu'en 1991. La structure de l'échantillon apparaît fort plausible, d'autant plus que la plus grande différence vient de la catégorie agriculture, mines et forêts qui ne regroupe que très peu de travailleurs dans l'île de Montréal.



Tableau ii.4
RÉPARTITION DES RÉPONDANTS
SELON LE GROUPE PROFESSIONNEL
ET COMPARAISON AVEC LES DONNÉES DU RECENSEMENT


2.5.1.2 Selon la scolarité

Le tableau ii.5 montre que le classement de plusieurs communautés selon la proportion de leur population ayant fait des études postsecondaires est très semblable. Dans plusieurs cas, l'enquête fournit une proportion supérieure de répondants qui ont poursuivi des études postsecondaires, ce qui apparaît normal étant donné que l'on compare ici la population de 15 ans et plus de l'ensemble du Québec (recensement) à celle des travailleurs (plutôt 18-65 ans) de l'île de Montréal. En général, les plus âgés sont moins scolarisés, les 15-18 ans n'ont pas tous terminé leurs études et les résidents des métropoles sont plus scolarisés. Les marges d'erreur statistiques peuvent aussi être assez élevées puisque l'effectif des sous-échantillons est, dans la plupart des cas, assez restreint. Le groupe haïtien apparaît moins scolarisé dans l'enquête que dans le recensement, mais les données du recensement s'arrêtant ici à 1986, il est possible que les Haïtiens venus depuis lors soient moins scolarisés que leurs prédécesseurs.

Grosso modo, l'échantillon de l'enquête semble donc assez représentatif. Il couvre les ressortissants d'un grand nombre de pays (160), issus de près d'une centaine de langues différentes, et sa structuration selon la profession et la scolarité est plus que convenable. Rappelons, enfin, que les procédures de sélection de l'échantillon de même que les opérations de dépistage effectuées par la firme d'enquête furent rigoureuses (voir l'annexe A) et, en ce sens, elles constituent aussi une garantie de représentativité.



Tableau ii.5
PROPORTION DES RÉPONDANTS
AYANT ATTEINT LE NIVEAU DE SCOLARITÉ POSTSECONDAIRE
ET COMPARAISON AVEC LE RECENSEMENT —
11 COMMUNAUTÉS


2.6 LE PLAN D'ANALYSE

Il est impossible, dans le cadre du présent rapport, d'épuiser toutes les possibilités d'analyse qu'offre la banque de données que nous avons constituée; plus de 200 variables présentent un nombre de combinaisons presque infini. Fidèles à notre objectif, nous avons opté pour les analyses suivantes qui constituent autant de chapitres de ce rapport :

  1. l'évolution de la connaissance du français et de l'anglais chez les travailleurs immigrants et allophones;

  2. l'usage des langues dans les communications de type public : travail, commerces et services, médias;

  3. la mobilité linguistique, soit l'adoption du français ou de l'anglais en remplacement de la langue d'origine au foyer;

  4. les attitudes à l'égard du fait français au Québec et le jugement posé sur le Québec comme société d'accueil;

  5. l'impact de quelques mesures d'accueil sur les choix linguistiques.

Plusieurs variables clés seront utilisées pour approfondir les analyses. Ce sont le groupe d'enquête, la langue maternelle (regroupée selon diverses familles), l'origine géolinguistique (histoire linguistico-coloniale des pays), le moment d'arrivée, l'âge à l'arrivée, l'âge actuel, le sexe, la scolarité, la profession, la connaissance du français et de l'anglais à l'arrivée, la connaissance actuelle de ces langues, la composition linguistique du milieu de résidence et de l'entreprise.

Notre intention générale est de chercher à savoir si les travailleurs immigrants ou allophones connaissent le français, l'utilisent dans la vie quotidienne, et sont bien disposés à l'égard de la promotion du français et à l'égard du Québec comme société d'accueil. L'autre pôle d'attraction linguistique au Québec est évidemment l'anglais et l'effet de domination de l'une ou l'autre langue sera l'une de nos principales préoccupations en cours d'analyse.

Nous n'utiliserons pas d'appareil statistique complexe pour mesurer les interrelations entre les variables. Sans toujours le mentionner, nous nous assurerons toutefois que les différences commentées soient statistiquement significatives (test de proportion, khi-deux). De nombreux indices ont été constitués pour faciliter la présentation des données et synthétiser les résultats. Par définition, en construisant des indices, on s'éloigne toujours un peu des données brutes et cela comporte le risque de tronquer le reflet de la réalité. Nous avons donc toujours présenté dans le texte les résultats bruts des questions devant servir à la constitution des indices; ils constituent des points de référence qu'il faudra garder en mémoire tout au long de ce rapport. Étant donné le mandat du Conseil de la langue française et la finalité de cette étude (orientation des choix linguistiques des travailleurs immigrants), les indices d'utilisation des langues (chapitre 4) ont été construits dans l'intention de refléter soit la dominance du français, soit celle de l'anglais, soit l'absence d'une dominance évidente de l'une de ces langues (bilinguisme français-anglais, trilinguisme français-anglais-langue d'origine ou langue d'origine seulement). En ce sens, il ne faut pas y chercher une représentation très précise des nombreuses combinaisons mettant en cause ces trois langues dans diverses circonstances de communications. Pour ce faire, d'autres analyses seront nécessaires. L'annexe B fournit les détails sur l'élaboration des indices utilisés dans le rapport et, quand cela est nécessaire, des analyses de fiabilité ou de cohérence.

Enfin, quelques analyses multivariées sont présentées à la fin des chapitres 4 et 6 dans le but d'apprécier la force des liens entre les variables que l'examen des données a permis de relever comme vecteurs des variations les plus significatives. Ces analyses multivariées n'explorent évidemment pas toutes les possibilités de liaisons entre les variables. Un travail plus approfondi en ce sens est donc susceptible de modifier la teneur des relations entre les variables mais, normalement, les variables clés établies ici devraient demeurer telles.












1 Les enjeux actuels de la francisation des entreprises, Rapport du Conseil de la langue française, 1986, Notes et documents no 57, p. 64. [retour au texte]

2 Anglais, espagnol, italien, grec, portugais, arabe, chinois, cambodgien, thaï, turc, tamoul, vietnamien. [retour au texte]

haut