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Nouvelles tendances démolinguistiques dans l'Île de Montréal, 1981-1996

Nouvelles tendances démolinguistiques
dans l'Île de Montréal


1981-1996
par
Michel Paillé
Démographe
Direction des études et recherches
Conseil de la langue française
Mai 1989
par
Michel Paillé
Démographe





ANNEXE B
ASPECTS MÉTHODOLOGIQUES




  1. TABLEAU I.1 : SOUS-DÉNOMBREMENT EN 1981

    Statistique Canada évalue que le recensement de 1981 a dénombré 98,09 % de la population du Québec. Nous avons majoré les données du tableau A.1 en conséquence. Les résultats obtenus sont ceux du tableau I.1.

  2. TABLEAU I.1 : LIMITES TERRITORIALES EN 1981

    Le recensement de 1981 avait énuméré, pour la région métropolitaine de recensement de Montréal, des effectifs de 2 828 350. Les nouvelles limites fixées au recensement de 1986 auraient donné pour le même territoire en 1981 une population de 2 862 285, soit un effectif accru de 33 945. Nous avons ajouté cet accroissement à la R.M.R. de Montréal en répartissant les langues maternelles selon la distribution observée à l'extérieur de la région métropolitaine de Montréal1 d'où proviennent ces effectifs : francophones 93,4 %, anglophones 5,1 % et allophones 1,5 %.

  3. TABLEAU I.3 : SOUS-DÉNOMBREMENT EN 1986

    Comme dans le cas du recensement de 1981, nous avons majoré les effectifs du tableau A.2 pour tenir compte du fait que le recensement de 1986 n'aurait dénombré que 96,83 % des Québécois. Les données corrigées se trouvent au tableau I.4.

  4. TABLEAU I.3 : LANGUES MATERNELLES EN 1986

    Afin de rendre comparables le plus possible les données du recensement de 1986 et celles de 1981 relativement à la langue maternelle, nous avons réparti les déclarations doubles et multiples de la manière dont Statistique Canada a procédé au recensement de 1981. Notre répartition est la suivante :

    Répartition2
    Langues déclarées Français
    %
    Anglais
    %
    Autre
    %
    Français et anglais
    Français et autre
    Anglais et autre
    Français, anglais et autre
    50
    42
    -
    25
    50
    -
    38
    25
    -
    58
    62
    50

    Cette façon de procéder est identique à celle qui a été très récemment utilisée par Luc Albert de Statistique Canada3.

  5. TABLEAUX I.6 ET I.7 : NAISSANCES ET DÉCÈS

    Pour répartir les cas où le français et l'anglais sont également utilisés et où l'information est manquante, nous avons procédé ici comme nous avions fait dans une étude antérieure4, répartition que d'autres démographes ont utilisée par la suite5. Les déclarations doubles « français, anglais » sont distribuées également entre les francophones et les anglophones tandis que les informations manquantes sont ventilées au prorata des trois groupes linguistiques en doublant toutefois la part qui irait normalement aux anglophones et aux allophones, et en laissant le solde aux francophones.

    Selon le démographe Réjean Lachapelle, la fécondité des groupes linguistiques calculée de manière classique à partir de la répartition des naissances selon la langue d'usage des mères telle qu'elle apparaît dans le fichier de l'état civil québécois, donne un indice trop élevé aux francophones, et trop bas aux anglophones6. Si Lachapelle a raison, nous surestimons la fécondité et, par conséquent, la croissance démographique réelle des francophones.

  6. TABLEAU I.8 : PROPORTION D'IMMIGRANTS À MONTRÉAL

    Dans les statistiques annuelles du ministère des Communautés culturelles et de l'Immigration, la région de Montréal est subdivisée en trois territoires : « rive nord », « rive sud » et « centre ». Cette dernière zone comprend l'île Jésus7. Afin de rendre comparables des données provenant de trois sources différentes (recensements, état civil, immigration), il faut estimer le nombre d'immigrants qui choisissent une résidence dans l'île de Montréal. Par « île de Montréal », nous entendons une division de recensement définie par Statistique Canada et reprise par l'état civil québécois. Outre l'île de Montréal proprement dite, cette division comprend également d'autres îles à proximité dont les plus importantes sont l'île des Soeurs et l'île Bizard8.

    Nous avons choisi d'attribuer à l'île de Montréal la plus faible de trois proportions qui établissent sa part dans l'ensemble de la population de la sous-région « Montréal centre » :

    Immigrants arrivés entre 1979 et 1981
    (au recensement de 1981) : 95,8 %
    Personnes nées en dehors du Canada
    (au recensement de 1981) : 93,2 %
    Proportion d'allophones
    (au recensement de 1986) : 92,0 %

    Nous devons au démographe Louis Duchesne du Bureau de la statistique du Québec de nous avoir signalé une estimation de Statistique Canada concernant la proportion d'immigrants qui se dirigent vers l'île de Montréal. Ces données diffèrent de celles du ministère des Communautés culturelles et de l'Immigration du Québec. Ces proportions pour les trois dernières années disponibles sont les suivantes9 :

    1983-1984 64,7 %
    1984-1985 64,0 %
    1985-1986 64,6 %

    Entre temps, Statistique Canada a publié la deuxième partie des « Profils » du recensement de 1986. Des immigrants arrivés au Québec entre janvier 1983 et mai 1986 et recensés dans les îles de Montréal et Jésus en juin 1986, 96,6 % demeuraient dans l'île de Montréal10. Par conséquent, nous sous-estimons un peu le nombre d'immigrants qui optent pour l'île de Montréal.

  7. TABLEAU I.10 : LANGUE MATERNELLE ET LANGUE D'USAGE

    Nous avons convenu au premier chapitre que les données d'état civil sur les naissances vivantes, ventilées selon la langue d'usage de la mère, pouvaient donner à la fois la langue maternelle et la langue d'usage que les nouveau-nés parleront. C'est ainsi qu'il nous a été possible de mesurer l'accroissement naturel des groupes linguistiques définis selon la langue d'usage pour la période intercensitaire 1981-1986.

    Mais étant donné que nous avons utilisé la langue maternelle plutôt que la langue habituellement parlée au foyer pour décrire les groupes linguistiques aux recensements de 1981 et de 1986, et comme seule la langue maternelle des immigrants est connue, il ne nous est pas possible de dresser un bilan démographique sans une quelconque adaptation.

    Considérant que les effectifs de langue d'usage française dans l'île de Montréal en 1981 ne dépassaient ceux de langue maternelle française que par une marge de 0,39 %, et que le recensement de 1986 donne pour l'île de Montréal moins de personnes de langue d'usage française (-0,6 %)11 que de langue maternelle française, nous avons considéré l'accroissement naturel de ceux qui parlent français au foyer comme celui de la population de langue maternelle française.

    Il va sans dire que nous ne pouvons pas faire de même pour les groupes anglophones et allophones. Malgré une perte d'informations, surtout aux dépens de la plus importante minorité linguistique du Québec, il nous faut réunir en un même groupe, à des fins statistiques seulement, les anglophones et les allophones. C'est ainsi que le bilan démographique de l'île de Montréal pour la période 1981-1986 ne peut comparer les francophones qu'avec tous ceux dont la langue maternelle n'est pas le français. On ne saurait toutefois considérer les non-francophones comme une communauté linguistique homogène.

  8. TABLEAU I.10 : SOLDE DÉMOGRAPHIQUE

    À partir des effectifs de 1981, nous ajoutons les naissances de la période 1981-1986, nous retranchons les décès et nous ajoutons le nombre d'immigrants admis pour obtenir une « population attendue » en 1986. En faisant la différence entre cette « population attendue » et la population recensée en 1986 (après correction pour le sous-dénombrement), nous obtenons un solde. Il s'agit donc de la méthode dite « résiduelle ».

    Le solde obtenu comprend l'immigration en provenance de toute autre région du Québec comme de toute autre province (ou territoire) du Canada ainsi que l'émigration à partir de l'île de Montréal, peu importe la destination (reste du Québec, reste du Canada, autres pays).

    Comme dans tout exercice démographique de ce genre, ce solde comporte certaines inexactitudes, car aucune source n'est absolument parfaite (recensements, état civil et fichiers de l'immigration). Nonobstant ces imprécisions, nous supposerons, comme il est coutume de le faire dans toute analyse de ce type, que l'image d'ensemble qui se dégage de cette étude ne peut conduire à une déformation importante de la réalité démolinguistique.

  9. TABLEAU II.1 : NAISSANCES ET IMMIGRANTS

    Les naissances que nous avons attribuées à l'ensemble du Québec en 1987, 1988 et 1989 sont celles du scénario C tiré des perspectives les plus récentes du Bureau de la statistique du Québec12. Le choix de ce scénario se justifie pour les raisons suivantes : un indice synthétique de fécondité (corrigé) fixé à 1,36 enfant à partir de 1986; une immigration internationale très proche des objectifs visés par le gouvernement du Québec, qui atteignent 35 000 dès 1990; un solde migratoire total positif qui, de tous les scénarios, est le plus près de la situation actuelle; une correction de la population du Québec en 1986 qui tient compte du sous-dénombrement et qui donne un effectif en 1986 de seulement 0,1 % supérieur au nôtre.

    Compte tenu de la hausse de l'importance relative des naissances dans l'île de Montréal par rapport à l'ensemble du Québec, nous l'avons prolongée de la manière suivante : 25,4 % en 1987, 25,7 % en 1988 et 26,0 % en 1989.

    En ce qui a trait aux immigrants qui se seront installés ou qui s'installeront dans l'île de Montréal en 1988 et 1989, nous estimons qu'ils représenteront 77,3 % des nouveaux venus de l'ensemble du Québec. Nous obtenons cette proportion en retenant 92 % des immigrants qui se sont dirigés dans la sous-région métropolitaine de « Montréal centre » au cours des cinq dernières années (1983-1987) (voir le paragraphe 6). En procédant ainsi, nous accordons à l'île de Montréal une importance moins forte (77,3 %) que celle que nous avons observée au cours des trois dernières années (de 1985 à 1987).

  10. TABLEAU II.3 : NAISSANCES ET IMMIGRANTS

    À partir des résultats obtenus par la démarche décrite au paragraphe 9, nous avons estimé pour 1987, 1988 et 1989 le nombre de naissances attribuables à des résidentes de l'île de Montréal dont la langue parlée au foyer est le français. De même, parmi les immigrants qui se dirigent vers l'île, nous avons évalué combien d'entre eux sont susceptibles de ne pas être de langue maternelle française.

    Pour les naissances, nous avons simplement reconduit jusqu'en 1989 la ventilation observée en 1986 et qui donnait aux francophones 59,6 % des nouveau-nés. Nous avons préféré maintenir cette proportion plutôt que de poursuivre la légère tendance à la baisse observée depuis 1982.

    La ventilation des immigrants selon leur langue maternelle est celle de l'ensemble du Québec pour 1987, laquelle accorde 94 % aux non-francophones. Pour 1988 et 1989, nous avons supposé une progression de l'immigration francophone et anglophone jusqu'à 10 % pour chacun de ces deux groupes en 1989. Avec des proportions intermédiaires pour 1988 -- soit 8 % pour les francophones et 9 % pour les anglophones --, nous obtenons des proportions de non-francophones parmi les immigrants de 92 % en 1988 et de 90 % en 1989. Bien que la proportion de non-francophones chez les immigrants soit nettement à la hausse depuis quelques années, nous avons préféré quand même faire l'hypothèse d'une baisse entre 1987 et 1989.

  11. TABLEAU II.5 : DÉCÈS ET SOLDE

    Comme dans le cas des naissances (voir le paragraphe 10), nous avons estimé les décès à l'aide du scénario C des dernières perspectives du Bureau de la statistique du Québec. Nous avons considéré que 32 % des décès du Québec surviennent dans l'île de Montréal comme c'était le cas entre 1981 et 1986 et que leur répartition linguistique est égale à la moyenne observée entre 1981 et 1986 (voir le tableau 1.7), soit 64,9 % pour les francophones et 35,1 % pour les autres.

    Pour ce qui est du solde, nous avons appliqué à chacun des groupes les taux annuels moyens observés entre 1981 et 1986. Ces taux apparaissent au tableau I.10. Comme le solde des non-francophones s'applique à une période où nous avons accueilli en moyenne 9 600 allophones annuellement dans l'île de Montréal, nous décrivons au paragraphe suivant notre façon de procéder pour tenir compte d'une immigration plus élevée.

  12. TABLEAU II.5 : ÉMIGRATION DES IMMIGRANTS ALLOPHONES

    Bien que nous ayons quelques indications sur le fait que de nombreux immigrants venus s'installer au Québec repartent ensuite dans une proportion plus élevée que ceux qui s'installent dans les autres provinces canadiennes, ce phénomène démographique, à l'instar de l'émigration dans son ensemble, est plutôt mal connu. En comparant certaines statistiques tirées des recensements avec celles du ministère des Communautés culturelles et de l'Immigration du Québec, on peut calculer dans quelles proportions les immigrants arrivés au cours d'une période déterminée vivaient toujours et résidaient encore au Québec :

    Recensés en 198113
    Arrivés entre janvier 1978 et mai 1981 : 85 %
    Arrivés entre 1970 et 1977 inclusivement : 65 %
    Arrivés entre 1955 et 1969 inclusivement : 47 %
    Recensés en 198614
    Arrivés entre janvier 1983 et mai 1986 : 80 %
    Arrivés entre 1978 et 1982 inclusivement : 76 %
    Arrivés entre 1967 et 1977 inclusivement : 53 %

    Dans ses dernières perspectives, le Bureau de la statistique du Québec utilise un taux de rétention de 75 % qu'il applique à tous les immigrants « l'année même de leur entrée au Québec »15. C'est donc dire que le quart des immigrants repartent aussitôt. Par la suite, les immigrants « qui restent adoptent un comportement migratoire comparable à la moyenne des autres Québécois pour tout le reste de la période de projection »16. L'auteur, Normand Thibault, nous avise que le taux de rétention est sans doute trop faible pour la première année et trop fort pour les années subséquentes. Il estime cependant que le taux de rétention moyen ainsi obtenu est plausible.

    À titre indicatif, nous avons calculé au chapitre II quelle serait la croissance nette de la population non francophone de l'île de Montréal de 1986 à 1989 advenant que 25 % des immigrants allophones (à l'exclusion des 9 600 premiers à qui nous appliquons le solde de la période 1981-1986) repartaient l'année même de leur arrivée. Dans le cas des immigrants francophones et anglophones, nous avons considéré que les nombres sont trop faibles pour faire une distinction. Nous avons tout simplement appliqué dans leur cas les soldes de la période 1981-1986 (voir le tableau I.10).

  13. TABLEAU IV.1 : SCÉNARIO A1

    L'essentiel de notre démarche se trouve déjà aux paragraphes 9, 10 et 11. Ayant déjà fait évoluer les groupes linguistiques de l'île de Montréal pour les années 1987 à 1989, il s'agit simplement de poursuivre la même technique jusqu'en 1996.

    Comme notre scénario A1 suppose le maintien des objectifs d'immigration à 35 000 individus par année jusqu'en 1996, il suffira de déduire du scénario C des perspectives du Bureau de la statistique du Québec17, qui suppose une même immigration, une « perspective dérivée »18.

    Les deux variables démographiques qu'il faut estimer à partir du scénario C sont la natalité et la mortalité. Ainsi, nous avons considéré que 26 % des naissances et que 32 % des décès annuels du scénario C sont le fait de résidents de l'île de Montréal19. La répartition linguistique des naissances est la suivante : nous donnons à chacun des groupes linguistiques sa part relative des naissances, de sorte qu'elles varient d'année en année selon l'importance démographique du groupe. Quant aux décès, nous maintenons pour les francophones cinq points de pourcentage de plus que leur poids démographique, ce qui suppose ici qu'il n'y aura pas, en 10 années seulement, une importante réduction de l'écart qui sépare les deux groupes.

    Par définition, le scénario A1 fait entrer 35 000 immigrants par année, dont 77,3 % s'installent dans l'île de Montréal et dont 10 % sont des francophones.

    Quant au solde, les taux sont les mêmes que ceux de la période 1981-1986. De plus, nous retranchons pour chaque année jusqu'en 1996 le quart des immigrants allophones (sauf pour les 9 600 premiers).

  14. TABLEAUX IV.1 ET IV.2 : SCÉNARIOS A2, A3 ET A4, ET B1, B2, B3 ET B4

    Les scénarios A2, A3 et A4, et B1, B2, B3 et B4 sont dérivés du scénario A1. Pour obtenir de nouvelles séries de naissances et de décès pour chaque groupe linguistique, séries propres à chaque scénario, nous avons calculé les taux annuels de fécondité et de mortalité du scénario A1. En appliquant ces taux aux effectifs de population au 31 décembre d'une année donnée, nous obtenons les naissances et les décès de l'année suivante.

    Les objectifs d'immigration, la composition linguistique et la répartition des immigrants entre l'île de Montréal et le reste du Québec, sont déterminés selon les définitions propres à chacun des scénarios.

    Quant au solde, nous appliquons toujours les mêmes taux, et nous retranchons 25 % des immigrants allophones lorsque, par définition, le scénario fait entrer plus de 9 600 immigrants allophones dans l'île de Montréal.

    Outre que le scénario A4 maintient à 10 % la proportion d'immigrants anglophones, il répond aux hypothèses suivantes :

    Année Immigrants Immigrants
    francophones
    Immigrants
    allophones
    1989 35 000 9 % 81 %
    1990 39 000 10 % 80 %
    1991 42 000 11 % 79 %
    1992 45 000 12 % 78 %
    1993 45 000 13 % 77 %
    1994 45 000 14 % 76 %
    1995 45 000 15 % 75 %
    1996 45 000 15 % 75 %
  15. TABLEAU IV.6 : PROPORTION DE FRANCOPHONES DANS L'ENSEMBLE DU QUÉBEC

    Afin de calculer la proportion de francophones pour l'ensemble du Québec en 1991 et en 1996, il nous faut deux estimations supplémentaires : la proportion de francophones en dehors de l'île de Montréal et la répartition de la population totale du Québec entre l'île et le reste du territoire.

    Pour estimer la proportion de francophones en dehors de l'île de Montréal en 1991 et en 1996, nous avons tout simplement supposé que la tendance observée entre 1981 et 1986 se poursuivrait jusqu'en 1996. Puisque cette proportion est passée de 90,9 % (tableau I.1) à 91,3 % (tableau I.3) entre 1981 et 1986, nous la fixons à 91,7 % en 1991 et à 92,0 % en 199620, peu importe les objectifs d'immigration.

    Afin d'estimer la répartition de la population du Québec entre l'île de Montréal et le reste du territoire, nous nous servirons des perspectives du Bureau de la statistique du Québec pour ce qui est de la population totale (scénarios C et C121), et de deux de nos scénarios pour ce qui est de la population de l'île (scénarios A1 et B222). Le chiffre qui représente la population extérieure à l'île s'obtient par simple soustraction.

    Nos résultats supposent donc que la fécondité demeurera à 1,36 enfant par femme d'ici 1996 tandis que l'immigration internationale sera soit de 35 000 immigrants (scénarios C et A1), soit de 20 000 immigrants par année (scénarios C1 et B2).

    Les proportions de Québécois qui vivront en dehors de l'île de Montréal en 1991 et 1996 (compte tenu de deux objectifs d'immigration) sont estimées comme suit :

    Immigrants 1991 1996
    35 000 73,39 % 73,35 %
    20 000 73,33 % 73,64 %

    On peut vérifier par exemple qu'avec un objectif de 35 000 immigrants par année, les francophones de l'île de Montréal en 1996 pourraient compter pour 15,3 % de la population du Québec, et que les francophones de l'extérieur de l'île compteraient pour 67,5 % de la population du Québec. On obtient donc un total de 82,8 % de francophones en 1996 pour l'ensemble du Québec (tableau IV.6).







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1 Tableau I.2. [retour au texte]

2 Statistique Canada, recensement de 1981, cat. no 92-902, p. ix. [retour au texte]

3 Luc Albert, « Les langues au Canada », Tendances sociales canadiennes, 12 (printemps 1989), p. 10. [retour au texte]

4 Michel Paillé, Contribution à la démolinguistique du Québec, Québec, Conseil de la langue française, « Notes et documents », no 48, 1985, p. 105-118. [retour au texte]

5 Marc Termote et Danielle Gauvreau, La situation démolinguistique du Québec, Québec, Conseil de la langue française, « Dossiers du Conseil de la langue française », no 30, 1988, p. 102-112. [retour au texte]

6 Réjean Lachapelle, « Évolution des différences de fécondité entre les groupes linguistiques au Canada », Tendances sociales canadiennes, 10 (automne 1988), p. 2-8. [retour au texte]

7 Information verbale obtenue de Mireille Baillargeon, ministère des Communautés culturelles et de l'Immigration du Québec. [retour au texte]

8 Statistique Canada, recensement de 1981, cat. no 99-910. [retour au texte]

9 Bureau de la statistique du Québec, La situation démographique au Québec. Édition 1988, Québec, 1988, tableau 612, p. 197-198. [retour au texte]

10 Statistique Canada, recensement de 1986, cat. no 94-110. [retour au texte]

11 On ne peut faire une comparaison stricte avec les données de 1981 parce que nous ne pouvons utiliser pour 1986 que les déclarations uniques, Statistique Canada n'ayant pas publié les données des deux derniers recensements de la même manière. Sources : langue maternelle : Statistique Canada, recensement de 1986, cat. no 94-109; langue d'usage : ibid., cat. no 94-110 (les données sur la langue d'usage sont majorées de 1,2 % pour tenir compte des personnes qui résident dans des institutions et qui n'ont pas fait partie de l'échantillon). [retour au texte]

12 Bureau de la statistique du Québec, Perspectives provisoires de la population et des ménages, Québec 1986-2011, Québec, 1988, p. 105-120. [retour au texte]

13 Claire BenJamin, « Les entrées internationales au Québec », dans Bureau de la statistique du Québec, Démographie québécoise : passé, présent, perspectives, Québec, 1983, p. 330. [retour au texte]

14 Proportions fournies à l'auteur par Claire Benjamin, démographe au ministère des Communautés culturelles et de l'Immigration du Québec. [retour au texte]

15 Bureau de la statistique du Québec, Perspectives provisoires de la population et des ménages, Québec 1986-2011, p. 31. [retour au texte]

16 Ibid., p. 31. [retour au texte]

17 On trouvera au tableau A.7 un résumé des composantes de la croissance démographique selon le scénario C du Bureau de la statistique du Québec. [retour au texte]

18 Roland Pressat, Dictionnaire de démographie, Paris, Presses universitaires de France, 1979. [retour au texte]

19 Consulté à ce sujet, Normand Thibault reconnaît l'à-propos de cette méthode. [retour au texte]

20 On conviendra aisément que prévoir un accroissement si important à mesure que l'on approche de 100 % constitue une hypothèse très forte. Par conséquent, nos estimations pour l'ensemble du Québec ont plus de chances de surestimer les francophones que l'inverse. [retour au texte]

21 Un aperçu des composantes de la croissance démographique selon le scénario C et sa variante C1 se trouve aux tableaux A.7 et A.8. [retour au texte]

22 Comme nous avions supposé une concentration de 65 % d'immigrants dans l'île de Montréal pour le scénario B2, nous avons refait les calculs avec une proportion de 77,3 % comme pour le scénario A1. Cette variante du scénario B2 prévoit pour l'île de Montréal 58,7 % de francophones au début de juin 1991, et 58,3 % cinq ans plus tard. [retour au texte]




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