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Nouvelles tendances démolinguistiques dans l'Île de Montréal, 1981-1996

Nouvelles tendances démolinguistiques
dans l'Île de Montréal


1981-1996
par
Michel Paillé
Démographe
Direction des études et recherches
Conseil de la langue française
Mai 1989
par
Michel Paillé
Démographe





CHAPITRE IV
LA MAJORITÉ DE LANGUE MATERNELLE FRANÇAISE
DANS L'ÎLE DE MONTRÉAL EN 1991 ET 1996




Nous avons vu au chapitre II comment, au cours de la présente décennie, certaines tendances démographiques avaient profondément changé dans l'île de Montréal. Ces changements sont d'ailleurs encore plus marqués si l'on tient compte de la répartition linguistique de la population plutôt que de la population totale de l'île de Montréal.

Où peuvent conduire ces nouvelles tendances? Bien qu'il n'entre pas dans les objectifs de cette étude d'estimer pour plusieurs décennies à venir les effectifs de la population de l'île de Montréal selon les groupes linguistiques, nous serons tout de même en mesure, en fixant divers objectifs d'immigration et différentes concentrations d'immigrants dans l'île de Montréal, d'évaluer où en sera l'importance relative de la majorité francophone au milieu des années 90. Les données dont nous disposons ne permettent pas de faire une projection qui s'étendrait sur 25 ou 50 ans, ni de présenter des effectifs absolus répartis par langue maternelle, par sexe ou par âge comme c'est généralement le cas pour des perspectives de population complètes1. Néanmoins, nous avons tout ce qu'il faut pour établir une proportion de francophones selon divers objectifs d'immigration et selon différents degrés de concentration des immigrants dans l'île de Montréal.

Les scénarios que nous établirons ne doivent pas être perçus comme des « prévisions démographiques », exercices que l'on présente comme ayant une « valeur prédictive2 ». Il s'agit plutôt de « projections démographiques«  d'où les intentions prédictives sont absentes3. Ces scénarios s'apparentent beaucoup plus à des « simulations » par lesquelles le démographe trace l'évolution d'une population « en prêtant, aux membres ou aux groupes qui la composent [...] certains comportements en matière démographique4 ». Comme nous l'avons indiqué dans l'introduction, nos scénarios sont établis de façon à réduire l'effet des tendances démographiques sur la proportion de francophones. Pour un objectif d'immigration donné, les résultats de nos scénarios surestiment l'importance relative des francophones en 1991 et 1996.

4.1 PROJECTIONS DE LA POPULATION DE LANGUE MATERNELLE FRANÇAISE EN 1991 ET 1996

Au chapitre II, nous avons déjà établi les composantes de la croissance démographique de l'île de Montréal en 1987, 1988 et 1989. Le tableau II.5 présentait en effet les naissances, les décès, le nombre d'immigrants et le solde des francophones et des non-francophones pour ces trois années. À partir de la population de l'île de Montréal recensée en 1986 (tableau I.3) et des composantes de la croissance démographique des trois années subséquentes, nous sommes en mesure, en poussant plus loin notre examen de l'avenir, de calculer quelle devrait être, et à quelles conditions, l'importance de la population de langue maternelle française de l'île de Montréal en 1991 et 1996. Nous présenterons deux séries de projections qui comprennent quatre scénarios chacune.

4.1.1 Plus de trois immigrants sur quatre dans l'île de Montréal

Notre première série de projections suppose que les immigrants se concentreront dans une proportion de 77,3 % dans l'île de Montréal durant toute la période de projection5. Trois objectifs d'immigration ont été considérés, soit 35 0006, 25 000 et 15 000. Ainsi, avec un écart de 10 000 immigrants entre ces trois hypothèses, nous devrions obtenir des proportions de francophones dans l'île de Montréal suffisamment différentes les unes des autres. Avec 35 000 immigrants par année de 1989 jusqu'à 1996, nous maintenons l'objectif réellement fixé pour 1989 qui est légèrement supérieur à la moyenne annuelle des années 50. Par contre, un apport de 25 000 immigrants à partir de 1990 serait un retour à la moyenne annuelle des années 1971-1976. Enfin, faire l'hypothèse que le Québec n'accueillerait que 15 000 immigrants par année de 1990 à 1996, c'est supposer à ce chapitre un retour aux objectifs de la fin des années 40 ou des années 1983-19857. Un objectif d'immigration de 15 000 ne ferait entrer au Québec qu'environ 10 % des immigrants que le Canada recevrait. Toutefois, le Québec aurait tout de même un taux d'immigration équivalant à celui des États-Unis, soit moins de 25 pour 10 000 8.

Pour ces trois objectifs d'immigration, nous conservons la répartition linguistique des immigrants qui est de 10 % aux francophones et aux anglophones, et de 80 % aux allophones. Dès qu'un objectif d'immigration donne plus de 9 600 immigrants allophones par année dans l'île de Montréal, nous retranchons, comme nous l'avons fait au chapitre II, 25 % de l'excédent.

À ces objectifs d'immigration, nous ajoutons un scénario qui épouse les intentions des gouvernements canadien et québécois d'augmenter graduellement les effectifs d'immigrants qui entreront au Canada et au Québec. Ce scénario prévoit une immigration pour le Québec qui passe de 35 000 en 1989 à 45 000 par année à partir de 19929. Dans ce scénario, la proportion d'immigrants de langue maternelle française augmentera d'un point par année (8 % en 1988) pour atteindre 15 % en 1995. Enfin, nous supposons que 82 % des immigrants s'installeront dans l'île de Montréal10. Des quatre scénarios, c'est celui qui conduira nécessairement à la plus faible proportion de francophones dans l'île de Montréal en 1996. Cependant, c'est le seul des scénarios qui présente des hypothèses qui correspondent à la réalité québécoise d'aujourd'hui, sauf en ce qui a trait à la proportion de francophones que nous faisons évoluer à la hausse. Notons enfin que nous n'avons pas retenu la proposition du sociologue Gary Caldwell selon qui le Québec aurait besoin d'au moins « cinquante mille immigrants par année11 » afin de pallier à court terme les conséquences de la dénatalité12. Toutefois, ce scénario pourra tout de même nous éclairer sur les conséquences d'une hausse supplémentaire des objectifs d'immigration sur la proportion de francophones de l'île de Montréal en 1991 et 1996.

Le tableau IV.1 présente les proportions de francophones que l'on obtient pour 1991 et 1996 dans l'île de Montréal en fonction du nombre d'immigrants que le Québec pourrait accueillir à compter de 1989, et compte tenu également de la concentration de ces immigrants dans l'île. En maintenant l'objectif d'immigration annuel à 35 000 personnes, et dans l'hypothèse où 77,3 % de ces immigrants choisissent de vivre dans l'île de Montréal, on obtient un déclin de la proportion de francophones allant à 58,7 % en 1991 et à 57,3 % en 1996. Comme la majorité francophone de l'île comptait pour 59,9 % de la population de 1986, il s'agirait d'un déclin de 2,6 points procentuels en 10 ans.




TABLEAU IV.1 Proportion (%) de personnes de langue maternelle française selon quatre objectifs d'immigration, Île de Montréal, 1991 et 1996 (série A : plus de trois immigrants sur quatre dans l'île)



Avec 10 000 immigrants de moins, soit 25 000, la majorité francophone perdrait 1,6 point de pourcentage au cours de la même période, ce qui donnerait une proportion de 58,4 % en 1996. Par contre, avec 15 000 immigrants, la proportion de francophones décline de 59,9 % à 59,0 % entre 1986 et 1991 -- déclin da à la forte immigration des années 1986 à 1989 --, pour connaître ensuite une très légère remontée entre 1991 et 1996.




FIGURE IV.1 Proportion (%) de personnes de langue maternelle française aux recensements de 1981 et 1986 et selon quatre scénarios perspectifs pour les années censitaires 1991 et 1996, île de Montréal



Mais si les objectifs d'immigration augmentaient jusqu'à 45 000 (nombre atteint en 1992), et si un peu plus de quatre immigrants sur cinq s'établissaient dans l'île de Montréal, la majorité francophone connaîtrait un important déclin en dépit d'une augmentation des francophones parmi les immigrants. En effet, le scénario A4 montre une proportion de 58,4 % en 1991 et de 56,5 % en 1996. On obtient ainsi dès 1991 une proportion voisine de celle que donnerait en 1996 le scénario A2 (25 000 immigrants par année). Ce serait là un déclin relativement plus important en 10 ans que ce qu'on a observé en 25 ans, entre 1951 et 1976. À moins de faire en sorte que plus d'immigrants élisent domicile en dehors de l'île de Montréal ou de consentir à une baisse de l'importance démographique des francophones de l'île, la proposition de Caldwell de hausser jusqu'à plus de 50 000 les objectifs annuels d'immigration du Québec ne constitue pas une solution, même à court terme, à la dénatalité québécoise.

4.1.2 Moins de deux immigrants sur trois dans l'île de Montréal

Les scénarios de la section précédente reposent sur un maintien de la forte propension des immigrants à s'installer dans l'île de Montréal. Si l'on supposait maintenant qu'une politique gouvernementale conduise au moins un tiers des immigrants à s'établir et à demeurer à l'extérieur de l'île de Montréal où ils ont plus de chances d'adopter le français comme langue d'usage au foyer, quelle serait la proportion de francophones dans l'île en 1991 et 1996? Bien que notre hypothèse de base soit tout à fait arbitraire13, il n'est certes pas inutile de mesurer les effets d'une meilleure répartition des immigrants sur le territoire du Québec.

Pour trois scénarios de la seconde série, nous fixerons la concentration des immigrants dans l'île de Montréal à 65 %14. Quant au nombre d'immigrants que nous faisons entrer chaque année à partir de 1990, il est respectivement de 15 000, 20 000 et 25 000. Le quatrième scénario fixe à 35 000 le nombre d'immigrants que l'on répartit ensuite également entre l'île de Montréal et le reste du Québec. C'est évidemment là un scénario qui n'a aucune chance de se réaliser car l'hypothèse de répartition des immigrants est tout à fait irréaliste. Cependant, il n'est certes pas inutile de voir si, dans la conjoncture démographique actuelle, la proportion de francophones dans l'île de Montréal peut se maintenir autour de 60 % avec un objectif d'immigration annuel de 35 000 immigrants.




TABLEAU IV.2 Proportion (%) de personnes de langue maternelle française selon quatre objectifs d'immigration, île de Montréal, 1991 et 1996 (série B : moins de deux immigrants sur trois dans l'île)



Des quatre premiers scénarios, un seul montrait une légère augmentation de la proportion de francophones entre 1991 et 1996. Des quatre scénarios suivants, un seul encore donne un accroissement de l'importance relative de la majorité d'expression française (tableau IV.2). Comme on devait normalement s'y attendre, grâce à une moins grande concentration dans l'île de Montréal des 15 000 immigrants que le scénario B3 fixe pour l'ensemble du Québec, la proportion des Montréalais de langue maternelle française augmenterait un peu plus entre 1991 et 1996 que selon le scénario A3, de sorte que la majorité francophone retrouverait en 1996 une bonne partie de ce qu'elle aurait auparavant perdu.

Avec un objectif de 20 000 immigrants (scénario B2), la proportion de francophones continue de décliner après 1991 mais à un rythme très lent en comparaison avec le déclin de la période quinquennale antérieure. Un apport de 25 000 immigrants par année (scénario B1) conduirait à une baisse un peu plus rapide, qui ferait ainsi passer la majorité francophone à 58,5 % en 1996. Enfin, on observe au tableau IV.2 que, même si seulement la moitié des immigrants s'établissaient dans l'île de Montréal, on aurait, dans l'éventualité où 35 000 immigrants entreraient au Québec chaque année, une situation quasi identique à celle du scénario qui prévoit 25 000 immigrants (B1), dont 65 % éliraient domicile dans l'île de Montréal15. La comparaison de ces deux derniers scénarios montre toute l'importance de la répartition des immigrants sur le territoire québécois, répartition qui laisse pourtant la moitié des immigrants dans l'île de Montréal et qui permet un objectif d'immigration sensiblement plus élevé que si deux immigrants sur trois choisissent un domicile dans l'île.

4.1.3 L'avenir le plus plausible

Étant donné la répartition arbitraire des immigrants sur le territoire québécois que nous avons supposée dans les scénarios B1 à B4, aucune des proportions de francophones que nous avons obtenues pour l'île de Montréal en 1991 et 1996 ne saurait être perçue comme ayant une valeur prédictive. Toutefois, parmi les quatre premiers scénarios, il s'en trouve deux qui pourraient à la rigueur être considérés comme des prévisions démographiques : les scénarios A1 et A4. En effet, advenant d'une part que les objectifs d'immigration se situent entre 35 000 et 45 000 immigrants d'ici 1996, et, d'autre part, que la concentration des immigrants dans l'île de Montréal se poursuive toujours avec la même intensité, la proportion de francophones dans l'île en 1996 se situerait entre 56,5 % et 57,3 %. De plus, comme le montre la figure IV.1, la tendance à long terme serait manifestement à la baisse et selon un rythme sans précèdent dans l'histoire démolinguistique de l'île de Montréal.

Il va sans dire que cette prévision repose sur certaines hypothèses qu'il n'est pas inutile de rappeler ici :

Fécondité : nous avons supposé que les francophones donnent naissance annuellement à un nombre d'enfants égal à leur importance démographique dans l'île.

Mortalité : les francophones meurent dans une proportion qui dépasse de cinq points leur importance démographique.

Immigration : 10 % des immigrants sont de langue maternelle française dans le scénario A1 alors qu'il y a augmentation graduelle jusqu'à 15 % dans le scénario A4; de plus, la concentration des immigrants dans l'île de Montréal se situe entre 77,3 % et 82,0 %.

Solde : le solde démographique des francophones et des non-francophones est celui que nous avons observé entre 1981 et 1986; cette hypothèse suppose que le solde migratoire négatif des anglophones ne retrouvera pas l'importance qu'il a connue entre 1976 et 1981 et que la migration vers les banlieues sera surtout le fait des francophones.

Émigration subséquente des immigrants allophones : sauf pour les 9 600 premiers, nous faisons repartir dès leur arrivée 25 % des immigrants allophones; par la suite, le solde négatif de la période 1981-1986 s'applique chaque année à l'ensemble de la population non francophone de l'île.

Toutes ces hypothèses pourraient ne pas se réaliser en même temps. Une modification des unes donnerait une proportion plus élevée de francophones alors qu'un changement pour d'autres conduirait à une réduction plus importante que prévu. Par exemple, un solde négatif plus important chez les francophones qui serait dû à une plus forte migration vers les banlieues contribuerait au déclin de leur proportion dans l'île de Montréal. Par contre, une plus forte émigration des anglophones ou des allophones aurait l'effet contraire. Rappelons également que, par mesure de prudence, nous avons établi des hypothèses, des estimations et des scénarios de façon à surestimer l'importance relative des francophones en 1991 et 1996. Par exemple, la concentration des immigrants dans l'île de Montréal pour les scénarios A1, A2 et A3 a été limitée à 77,3 %, soit une proportion plus faible que celle que nous avons estimée pour la période de 1985 à 1987.

Outre les proportions de francophones que nous avons calculées pour 1991 et 1996, nous pouvons également affirmer sans toutefois apporter de chiffres absolus que, d'ici une dizaine d'années, le nombre de décès annuels chez les francophones de l'île de Montréal sera égal ou supérieur au nombre de naissances. De plus, avec des objectifs d'immigration élevés, les allophones de l'île de Montréal seront plus nombreux que les anglophones.

4.2 UN DÉCLIN DES FRANCOPHONES AMORCÉ DEPUIS TRÈS LONGTEMPS

4.2.1 Les écoliers de l'île de Montréal

Nous avons vu au premier chapitre que la proportion de francophones dans l'île de Montréal est restée à peu près la même entre 1976 et 1986, soit autour de 60 %. Notre deuxième chapitre démontre qu'une hausse des objectifs d'immigration, jumelée à un faible accroissement naturel des Montréalais de langue maternelle française, donne à la population non francophone de l'île une croissance nette beaucoup plus forte que celle de la majorité francophone. Tout cela conduit, si les objectifs d'immigration demeurent élevés et si la concentration des immigrants dans l'île de Montréal reste très forte, à un déclin de la proportion de francophones dans l'île. Ce déclin éventuel n'est cependant pas nouveau, car, comme nous l'avons déjà noté, il s'inscrit dans une tendance amorcée en 1951 alors que la majorité francophone de l'île représentait 64,2 % de la population.

Sans remonter trop loin dans le temps, nous présentons au tableau IV.3 la proportion de Montréalais de langue maternelle française dans la population totale ainsi que dans l'ensemble de la population scolaire de l'île depuis 1971 jusqu'à 1986. Nous serons donc en mesure de comparer une importante portion des moins de 20 ans avec l'ensemble de la population de l'île.

Les données statistiques sur les effectifs scolaires de l'île de Montréal montrent l'importance relative des francophones chez les jeunes âgés de 5 à 17 ans. En comparaison avec l'ensemble de la population, l'évolution de ces proportions donne une idée de ce que réserve l'avenir16. On remarque à la figure IV.2, qui illustre les données du tableau IV.3, que la proportion de francophones chez les écoliers montréalais diminue plus rapidement que dans la population en général. Si en 1971 il y avait relativement plus de francophones dans les écoles que dans toute la population, c'est l'inverse qui se produit par la suite. L'écart s'accentue avec le temps pour atteindre presque six points de différence en 1986 (54,2 % et 59,9 %).




TABLEAU IV.3 Proportion (%) de personnes de langue maternelle française, population totale et écoles de l'île de Montréal, années censitaires 1971-1986



FIGURE IV.2 Proportion (%) de personnes de langue maternelle française dans la population totale et dans les écoles de l'île de Montréal, années censitaires 1971-1986



Compte tenu des scénarios déjà présentés, on peut affirmer qu'en 1996, les écoliers francophones de l'île de Montréal ne formeront plus la majorité absolue17 si le nombre d'immigrants par année et la forte concentration de ceux-ci dans l'île de Montréal demeurent élevés.

La proportion que les écoliers francophones de l'île de Montréal représentent dans l'ensemble de la population francophone de l'île est beaucoup plus faible que la proportion équivalente dans tout le reste du Québec. Comme le montrent les données suivantes18, l'écart s'est accentué entre 1981 et 1986, passant de 5,2 à 6,1 points procentuels (p.p.) :

1981 1986
Québec, sauf l'île de Montréal 19,3 % 18,4 %
île de Montréal 14,1 % 12,3 %
Différence 5,2 p.p. 6,1 p.p.


Sans doute ces différences s'expliquent-elles par la plus faible fécondité des francophones montréalais et par leurs mouvements migratoires interrégionaux.

4.2.2 Les écoliers du secteur français

On s'interroge depuis quelques années sur la situation nouvelle des écoles françaises de l'île de Montréal qui doivent intégrer annuellement un nombre relativement important de nouveaux écoliers allophones de cultures et de langues fort diversifiées. En nous limitant à l'évolution de la proportion d'écoliers de langue maternelle française, il n'est certes pas inutile de distinguer au tableau IV.4 le primaire et le secondaire.

Remarquons d'abord au tableau IV.4, ainsi qu'à la figure IV.3, un déclin de la proportion de francophones dans l'ensemble des écoles de l'île de Montréal de 19 points procentuels au cours d'une période de 11 années seulement. Si au primaire la chute est un peu plus faible (17 points), elle est légèrement plus forte au secondaire où elle dépasse 20 points de pourcentage, d'où la convergence des courbes sur la figure IV.3. Comme les écoles secondaires accueillent à la fois les écoliers allophones qui ont fait leurs études primaires en français au Québec, ainsi que les nouveaux immigrants qui en sont à leurs études secondaires, il s'ensuit une diminution plus rapide de la proportion de francophones.




TABLEAU IV.4 Proportion (%) d'écoliers de langue maternelle française selon l'ordre d'enseignement, secteur français, île de Montréal, de 1976-1977 à 1987-1988 (années choisies)



Que les écoles françaises de l'île de Montréal aient accueilli depuis 1977 de très nombreux écoliers dont la langue maternelle n'est pas le français ne peut surprendre. Mais que l'importance relative des écoliers francophones qui étudient dans des écoles françaises ait perdu 19 points de pourcentage en 11 ans témoigne des effets de la faible fécondité des francophones de l'île de Montréal, ainsi que des mouvements migratoires interrégionaux. Comme nous l'avons montré au premier chapitre, ces facteurs démographiques donnent une croissance très faible aux francophones de l'île de Montréal comparativement à une très forte augmentation de la majorité francophone dans la périphérie métropolitaine.




FIGURE IV.3 Proportion (%) d'écoliers de langue maternelle française selon l'ordre d'enseignement, secteur français, île de Montréal, de 1976-1977 à 1987-1988 (années choisies)



À en juger par l'allure des courbes de la figure IV.3, le déclin de la proportion de francophones au secteur français des écoles de l'île de Montréal ne montre aucun signe de ralentissement. En effet, au rythme où évoluent les facteurs démographiques dans la région de Montréal, la répartition linguistique des écoliers du secteur français n'a pas fini de se transformer. La très forte concentration d'écoliers d'origines diverses dans certaines écoles continuera de s'accentuer sous l'effet conjugué d'une plus importante immigration non francophone ainsi que de la faible fécondité et des mouvements migratoires interrégionaux des francophones.

Cette situation est d'ailleurs plus avancée dans les écoles secondaires publiques. En effet, les données statistiques du ministère de l'Éducation du Québec montrent pour l'année scolaire 1987-1988 une proportion de 72,6 % dans l'ensemble des écoles secondaires administrées par les commissions scolaires et de 71,8 % à la Commission des écoles catholiques de Montréal19. Bien que nous ne croyons pas que le secteur français de la C.E.C.M. ne compte que 50 % de francophones en 1990-199120, il est très plausible que le maintien d'objectifs d'immigration très élevés conduise à une telle proportion pour l'ensemble des écoles publiques françaises en 10 ou 15 ans.

4.3 L'AVENIR DE LA POPULATION DU QUÉBEC

4.3.1 Les effectifs en 2011

L'immigration prend de plus en plus d'importance dans les pays où la fécondité est si faible que la population autochtone n'assure plus le renouvellement des générations. Le Canada -- et à plus forte raison le Québec dont la fécondité est la plus faible des 10 provinces21 -- n'y échappe pas. Mais compte tenu de la dimension linguistique indissociable des facteurs démographiques qui déterminent l'évolution actuelle de la population du Québec, et en particulier de la majorité francophone de l'île de Montréal, on peut s'interroger sur ce que pourrait être l'avenir de la population du Québec sans l'apport d'un grand nombre d'immigrants. C'est là bien sûr une question qui appellerait un long développement. Nous nous limiterons aux aspects les plus pertinents.

Selon le scénario C des dernières perspectives de population du Bureau de la statistique du Québec -- scénario qui fait entrer 35 000 immigrants par année de 1990 à 2010 tout en maintenant l'indice de fécondité à 1,36 enfant par femme en âge de procréer --, la population du Québec connaîtra une croissance continuelle jusqu'à la fin de la projection pour atteindre 7,4 millions d'habitants. En dépit de cette croissance, il faut noter qu'en 2006, le nombre de décès sera égal à celui des naissances, soit 65 500. Par la suite, l'accroissement naturel du Québec deviendra négatif.

Pour connaître les effets d'une immigration moins forte sur la croissance de la population du Québec jusqu'en 2011, nous avons commandé au Bureau de la statistique du Québec une variante du scénario C où seul le nombre d'immigrants est changé. Avec 20 000 immigrants par année au lieu des 35 000 du scénario C, cette variante, que nous appellerons C1, se situe entre nos scénarios A2 et A3 où les objectifs annuels d'immigration sont respectivement de 15 000 et de 25 000 immigrants.

Si l'on ne fait entrer que 20 000 immigrants par année à partir de 1989, la population du Québec compterait en 2011 un peu plus de 7,1 millions de personnes. Cette variante du scénario C donne un effectif de population inférieur d'environ 270 000 personnes, soit 3,6 %, par rapport au scénario C qui prévoit 35 000 immigrants à compter de 1990. Quant à l'accroissement naturel, il devient négatif en 2005 avec 20 000 immigrants.




TABLEAU IV.5 Quelques caractéristiques de la population du Québec en 2011 selon trois scénarios perspectifs



Il ne fait donc aucun doute que les objectifs d'immigration auront une influence sur les effectifs de la population du Québec dans un quart de siècle. Mais étant donné les résultats du scénario A1 qui donne une proportion de francophones de 57,3 % en 1996, il faut prévoir que les 270 000 Québécois de plus que l'on aurait en 2011 -- avec des objectifs de 35 000 immigrants par année d'ici là -- entraîneraient une diminution régulière de l'importance relative des francophones de l'île de Montréal dans le cas où plus de trois immigrants sur quatre s'installeraient toujours dans l'île22.

Afin de déterminer l'importance de l'immigration par rapport à la fécondité, nous avons commandé au Bureau de la statistique du Québec une autre variante du scénario C. Cette variante (C2) conserve l'objectif d'immigration précédent, soit 20 000 immigrants. Toutefois, nous avons supposé une hausse de la fécondité qui donnerait un indice de 1,6 enfant par femme à partir de 1992 et de 1,8 enfant dès l'an 200023. Les résultats, portés au tableau IV.5, sont éloquents.

Si l'on suppose une hausse de la fécondité d'ici la fin du siècle, on obtient une population de près de 7,5 millions en 2011 avec 20 000 immigrants par année. Comparativement au scénario C selon lequel le Québec accueillerait 35 000 immigrants par année dans un contexte où l'indice de fécondité demeurerait inférieur à 1,4 enfant par femme, la variante C2 montre un effectif de population en 2011 légèrement supérieur de 0,8 %. Mais il y a mieux encore. En effet, la hausse de la fécondité que nous avons supposée, bien qu'elle ne conduise pas au seuil nécessaire au renouvellement des générations, donne un accroissement naturel positif tout au long de la période de projection. En 2010, l'excédent des naissances sur les décès est de près de 9 000 d'après la variante C2 alors que, rappelons-le, le scénario C montre un accroissement naturel négatif dans les cinq dernières années de la période de projection.

Si l'on fait l'hypothèse que la hausse de la fécondité envisagée à la variante C2 touchera tous les groupes linguistiques de l'île de Montréal, on peut conclure, en s'appuyant sur les résultats de nos scénarios (tableaux IV.1 et IV.2), que la proportion de francophones dans l'île de Montréal pourrait atteindre ou dépasser 60 % de la population au début de XXIe siècle. La proportion de francophones sera d'autant plus élevée que la reprise de la fécondité sera forte, que le nombre annuel d'immigrants que le Québec accueillera d'ici là sera ajusté en fonction de la fécondité, ou qu'un nombre important d'immigrants s'établiront en dehors de l'île.

4.3.2 La proportion de francophones

Entre 1951 et 1971, la proportion de Québécois de langue maternelle française a sensiblement diminué, passant de 82,5 % à 80,7 %24. Depuis, elle n'a cessé d'augmenter et s'établit, comme nous l'avons vu au premier chapitre, à 82,9 % au recensement de 198625. Cette croissance de l'importance relative de la population d'expression française a été perçue comme une tendance si ferme que l'on ne pouvait imaginer une diminution dans un avenir rapproché. Rappelons que Lachapelle et Henripin avaient construit quatre scénarios dont un seul prévoyait un déclin de la proportion de Québécois dont le français est la langue parlée à la maison. Ce scénario, qui donnait un pourcentage de 79,3 % de francophones au Québec en 2001, contrastait nettement avec le plus optimiste des trois autres, celui qu'Henripin percevait comme le plus probable, et qui estimait à 86,5 % la proportion de francophones au début du prochain siècle26.

Mais la conjoncture a bien changé depuis quelques années de sorte qu'il faut examiner les nouvelles tendances. Jacques Henripin et Yves Martin ont été les premiers à entrevoir que « la prédominance du français, dans le Québec, pourrait bien se réduire, pour de bon cette fois »27. Toutefois, ils estiment que la proportion de francophones s'achemine vers 85 %, pourcentage qu'elle atteindrait au tournant du siècle. De son côté, Réjean Lachapelle prévoit que « la persistance d'une forte immigration va d'évidence provoquer une réduction de la fraction de la population d'origine française » et se demande si « cette évolution provoquera une baisse appréciable de la fraction des francophones »28.




TABLEAU IV.6 Proportions (%) de personnes de langue maternelle française selon deux objectifs d'immigration, Québec, 1991 et 1996



Pour clore cette étude, nous sommes en mesure de présenter quelques estimations de la proportion de Québécois de langue maternelle française en 1991 et 1996. En nous basant sur le scénario C et sur la variante C1 des perspectives les plus récentes du Bureau de la statistique du Québec, nous obtenons des proportions selon deux objectifs d'immigration nettement différents l'un de l'autre29. Les résultats se trouvent au tableau IV.6.

Étant donné les hypothèses que nous avons établies pour calculer ces proportions, il faut être prudent dans l'interprétation des résultats. Une lecture purement factuelle des données du tableau IV.6 nous amènerait à dire qu'avec un objectif de 35 000 immigrants par année, la proportion de francophones diminuerait tandis qu'un objectif plus modeste de 20 000 immigrants laisserait cette proportion augmenter. Fixer un objectif maximal d'immigration annuelle compris entre 20 000 et 35 000 au-delà duquel la proportion de Québécois de langue maternelle française diminuerait d'ici 1996 serait fantaisiste, même avec une marge de quelques milliers d'immigrants.

Mais comme nous avons construit les scénarios selon des hypothèses toujours un peu plus favorables aux francophones de l'île de Montréal, on peut penser qu'un objectif annuel de 35 000 immigrants ou plus conduirait, dans un contexte de faible fécondité, à une baisse évidente de la proportion de francophones d'ici 1996, surtout si l'on ne retrouve pas, parmi les immigrants, un minimum de 10 % de francophones. De plus, on ne peut pas être tout à fait certain qu'un objectif annuel de 20 000 immigrants assurerait une croissance, même légère, de la proportion de francophones dans l'ensemble de la population du Québec.

Nous illustrons les données du tableau IV.6 à la figure IV.4, en partant toutefois de 1981. En plus de nos estimations selon la langue maternelle, nous portons également à la figure IV.4 trois des quatre projections que Lachapelle et Henripin ont publiées en 1980. Bien que ces projections aient été faites selon la langue habituellement parlée à la maison, la comparaison avec nos estimations selon la langue maternelle est possible, car, dans le cas du français au Québec, il y a peu de différence entre ces deux variables.

Si le deuxième scénario de Lachapelle et Henripin avait correctement prévu la proportion de francophones recensés au Québec en 1981, il surestime légèrement la proportion que donne le recensement de 1986 (83,1 % comparativement à 82,9 %). Comme nous prévoyons une stabilisation de la proportion de francophones avant le prochain recensement30, la réalité s'écarte de plus en plus du deuxième scénario de Lachapelle et Henripin. Advenant que les objectifs d'immigration demeurent de l'ordre de 35 000 ou plus, la nouvelle tendance donnerait au tournant du siècle une proportion de francophones voisine de 82,6 % que Lachapelle et Henripin ont calculée à l'aide de leur troisième scénario. Par contre, un objectif d'immigration de l'ordre de 20 000 personnes par année pourrait maintenir la population francophone du Québec autour de 83 % d'ici 2001.




FIGURE IV.4 Proportion (%) de personnes de langue maternelle française de 1981 à 1996 selon les recensements et deux nouveaux scénarios et proportion de personnes de langue d'usage, française de 1981 à 2001 selon trois anciens scénarios, Québec



Cette situation est propre au Québec. En effet, selon le démographe Réjean Lachapelle, lorsque nous comparons avec l'ensemble du Canada anglais,

le Québec doit [...] surmonter plusieurs handicaps pour baser sa croissance démographique dans l'immigration. D'abord, les autres provinces attirent proportionnellement plus d'immigrants de langue maternelle anglaise que le Québec n'attire d'immigrants de langue maternelle française. Ensuite, les [...] immigrants de tierce langue maternelle persistent davantage dans leur langue d'origine au Québec qu'ailleurs au pays. Enfin, lorsqu'ils font un transfert linguistique, ils s'orientent au Québec plus souvent vers l'anglais que vers le français31.

Outre cette énumération de Lachapelle, ajoutons qu'au recensement de 1986, on a dénombré dans l'île de Montréal 70,9 % de la population immigrée du Québec32 tandis que la Toronto Metropolitan Municipality ne comptait que 42,4 % des immigrants qui résidaient en Ontario33.

* * *


Huit projections démographiques ont permis de constater que l'importance relative de la majorité francophone de l'île de Montréal est susceptible de décliner d'ici 1996. Compte tenu de la conjoncture démographique actuelle, la proportion la plus vraisemblable de francophones que l'on pourrait recenser dans l'île en 1996 se situe entre 56,5 % et 57,3 %. Nos scénarios montrent cependant que l'on pourrait maintenir à 60 % la proportion de francophones dans l'île de Montréal si l'on faisait en sorte que plus d'immigrants s'installent ailleurs au Québec. En effet, si l'on désire maintenir la majorité francophone à 60 % de la population de l'île de Montréal, la capacité d'accueil de l'île se limite à environ 10 000 immigrants non francophones par année.

Le déclin de la proportion de francophones dans l'île de Montréal est déjà une réalité chez les jeunes d'âge scolaire. En effet, si l'ensemble de la population francophone a vu son importance relative diminuer de 61,5 % à 59,9 % entre 1971 et 1986, la proportion d'écoliers de langue maternelle française dans l'île est passée de 63,8 % à 54,2 % en 15 ans. Au rythme où vont les choses, ils seront minoritaires dans quelques années. De plus, l'affaiblissement de la majorité francophone de l'île de Montréal entraîne un arrêt dans la croissance de la proportion de francophones pour l'ensemble du Québec. Nous estimons que, si les facteurs démographiques actuels se maintenaient, la proportion de Québécois de langue maternelle française pourrait demeurer en deçà de 83 % d'ici 1991 avant de décroître par la suite.



1 Le Conseil de la langue française a commandé ce genre d'étude au démographe Marc Termote. retour au texte]

2 Roland Pressat, Dictionnaire de démographie, Paris, Presses universitaires de France, 1987. [retour au texte]

3 Ibid. [retour au texte]

4 Ibid. [retour au texte]

5 Rappelons qu'il s'agit d'une proportion inférieure à celles qui ont été observées depuis 1985. [retour au texte]

6 On trouvera au paragraphe 13 de l'annexe B la méthode suivie pour l'élaboration de ce scénario qui sert de base à tous les autres. [retour au texte]

7 Pour ce qui est de l'immigration au Québec entre 1946 et 1980, voir Claire Benjamin, « Les entrées internationales au Québec », dans Bureau de la statistique du Québec, Démographie québécoise : passé, présent, perspectives, Québec, 1983, p. 320-327. [retour au texte]

8 En 1986, les États-Unis ont admis près de 602 000 immigrants. En 1987, leur population était estimée à 243,8 millions d'habitants. Sources : immigration : W. Brian Arthur et Thomas J. Espenshade, « Immigration Policy and Immigrants' Ages », Population and Development Review, 14-2 (juin 1988), p. 323; population : Michel Louis Lévy, « Tous les pays du monde (1987) », Population & sociétés, 216 (septembre 1987). [retour au texte]

9 Nous tenons compte ici du fait que le Canada a l'intention de hausser graduellement ses objectifs d'immigration. En supposant que le gouvernement fédéral fixe d'ici 1992 des objectifs de l'ordre de 175 000 à 185 000 immigrants, nous obtenons 45 000 pour le Québec en prenant 25 % de la moyenne. Gouvernement du Canada, Rapport annuel sur les futurs niveaux d'immigration déposé au Parlement, Ottawa, Emploi et Immigration Canada, 1988, 9 p. [retour au texte]

10 Tous les détails concernant ce scénario sont présentés au paragraphe 14 de l'annexe B. [retour au texte]

11 Gary Caldwell, « Immigration et émigration : vers un solde migratoire positif », L'Action nationale, LXXVIII-3 (mars 1988), p. 15. [retour au texte]

12 Gary Caldwell demeure très conscient que l'immigration ne saurait être une solution à long terme. Voir « La question démographique : vers une politique nationale », L'Action nationale, LXXVIII-1-2 (janvier-février 1988), p. 64. [retour au texte]

13 Contrairement aux quatre premiers scénarios où les objectifs d'immigration ont été fixés en tenant compte de notre histoire depuis 1945, ceux-ci établissent des répartitions territoriales qui n'ont jamais été observées. La très forte concentration des immigrants dans l'île de Montréal est sans doute le reflet de l'importance économique de l'île par rapport aux autres villes et régions du Québec. [retour au texte]

14 Nous avons retenu cette proportion à partir des estimations de Statistique Canada quant à la répartition régionale des immigrants au Québec. Voir le paragraphe 6 de l'annexe B. [retour au texte]

15 Étant donné que nous ne faisons varier que les objectifs d'immigration et la proportion des immigrants qui se dirigent vers l'île de Montréal, il arrive ici que les scénarios B1 et B4 apportent dans l'île un nombre à peu près identique d'immigrants dont la langue maternelle n'est pas le français, soit environ 14 000. [retour au texte]

16 Abstraction faite des mouvements migratoires interrégionaux selon le nombre d'enfants par famille qui pourraient expliquer en partie les différences que l'on observe au tableau IV.3. [retour au texte]

17 Cette situation est déjà une réalité dans l'ensemble des écoles secondaires publiques de l'île (secteurs français et anglais réunis). En effet, si en 1976-1977 les francophones comptaient pour 58,1 % des écoliers, ils n'étaient plus que 48,5 % en 1987-1988. Source : gouvernement du Québec, ministère de l'Éducation, données informatisées non publiées. [retour au texte]

18 Nous obtenons ces proportions en divisant les effectifs scolaires de langue maternelle française par la population francophone du même territoire. Sources : effectifs scolaires : gouvernement du Québec, ministère de l'Éducation, données informatisées non publiées; populations : tableaux I.1 et I.3. [retour au texte]

19 Gouvernement du Québec, ministère de l'Éducation, données informatisées non publiées. Ces données ne se trouvent pas au tableau IV.4. [retour au texte]

20 Paul Longpré, « Un défi de taille : faire l'école pour tout le monde malgré les difficultés », La Presse, cahier spécial « La C.E.C.M. », 21 janvier 1989, p. 4. [retour au texte]

21 Statistique Canada, Statistiques démographiques trimestrielles, 2-3 (juillet-septembre 1988), tableau 4, cat. no 91-002. [retour au texte]

22 Nous supposons toujours que la mobilité linguistique des allophones vers le français ne sera pas encore suffisante pour grossir les effectifs de francophones au point de maintenir leur importance relative. [retour au texte]

23 Ces dates nous ont été suggérées par Normand Thibault du Bureau de la statistique du Québec à qui nous avons commandé ces variantes du scénario C. [retour au texte]

24 Michel Paillé et Michel Amyot, « Quelques tendances générales de la situation démolinguistique au Canada et au Québec », dans Conseil de la langue française, L'état de la langue française au Québec. Bilan et prospective, Québec, « Notes et documents », no 58, 1986, p. 42. [retour au texte]

25 Tableau I.5. [retour au texte]

26 Réjean Lachapelle et Jacques Henripin, La situation démolinguistique au Canada : évolution passée et prospective, Montréal, Institut de recherches politiques, 1980, p. 301. [retour au texte]

27 Jacques Henripin et Yves Martin, « D'aujourd'hui à 2050 », L'Action nationale, LXXVIII-5 (mai 1988), p. 237. [retour au texte]

28 Réjean Lachapelle, L'immigration et le caractère ethnolinguistique du Canada et du Québec, Ottawa, Statistique Canada, « Documents de recherche », no 15, 1988, p. 29-30. [retour au texte]

29 Nous présentons les détails méthodologiques au paragraphe 15 de l'annexe B. [retour au texte]

30 Au moment de la révision de cette étude, l'économiste Georges Mathews formulait l'hypothèse que l'importance relative des francophones du Québec avait cessé de croître. Voir « Démographie, langue et politique : 2. Depuis 1986, la proportion de francophones n'augmente plus », La Presse, 7 mars 1989, B-3. [retour au texte]

31 Réjean Lachapelle, op. cit., p. 28. [retour au texte]

32 Statistique Canada, recensement de 1986, cat. no 94-110; rappelons que l'île de Montréal comptait 26,8 % de la population du Québec en 1986. [retour au texte]

33 Statistique Canada, recensement de 1986, cat. no 94-112; lors du dernier recensement, 24,1 % des Ontariens résidaient dans la Toronto Metropolitan Municipality. [retour au texte]






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