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LA SITUATION DÉMOLINGUISTIQUE AU QUÉBEC ET LA CHARTE DE LA LANGUE FRANÇAISE

LA SITUATION DÉMOLINGUISTIQUE
AU QUÉBEC ET LA CHARTE
DE LA LANGUE FRANÇAISE

Textes colligés par
Michel Amyot





La clientèle scolaire des écoles anglophones
du réseau d'enseignement public au
Québec de 1971 à 1976





Michel Amyot*
Antonio Bisson
Claude St-Germain*

Service de la démographie scolaire
Ministère de l'Éducation




* Messieurs Amyot et St-Germain sont maintenant à l'emploi du Conseil de la langue française [retour au texte]




INTRODUCTION

L'objectif de ce texte est de dégager les principaux traits de l'évolution de la clientèle scolaire qui reçoit son enseignement en langue anglaise, à partir de certaines caractéristiques socio-démographiques et, plus particulièrement, selon la langue maternelle.

Les statistiques utilisées sont extraites des fichiers administratifs du ministère de l'Éducation du Québec. Le « Fichier École », constitué à partir du « Sommaire statistique de l'école au 30 septembre » nous a fourni les données portant sur la langue d'enseignement; les données ont ensuite été ventilées selon la langue maternelle grâce au « Fichier Élèves », constitué à partir des fiches d'inscriptions individuelles.

Dans un premier temps, on esquissera un aperçu général de l'évolution des effectifs scolaires du Québec. On limitera ensuite le champ d'analyse au réseau public anglophone, en considérant d'abord l'évolution de l'effectif des écoles anglaises en fonction de quelques variables fondamentales telles la langue maternelle, la confessionnalité et les niveaux d'enseignement, pour étudier enfin l'évolution de l'effectif des écoles anglaises dans quelques régions du Québec.

1.

Aperçu général de l'évolution de la clientèle scolaire du Québec selon la langue d'enseignement et la confessionnalité

Langue d'enseignement

Considérons d'abord la répartition de la clientèle scolaire précollégiale du réseau public du Québec selon la langue d'enseignement. Le nombre d'élèves des classes françaises est passé de 1 315 180 à 1 094 767 au cours de la période 1971-72 à 1976-77, soit une baisse de 16,8 %. Au contraire, dans les écoles anglaises, la population passait de 241 194 à 220 286 élèves, soit une diminution de 8,7 %1.

Lorsqu'on considère chacun des niveaux d'enseignement (tableau 1) séparément, on peut voir qu'à la maternelle l'effectif scolaire des écoles françaises a diminué régulièrement en nombre absolu, de 86 194 en 1971-72 à 75 923 enfants en 1976-77; c'est une baisse relative de 11,9 %. Le nombre d'enfants de la maternelle des écoles anglaises est passé, quant à lui, de 14 687 à 11 2182; la baisse est alors de 23,6 %. À l'élémentaire et au secondaire, le nombre d'enfants diminue dans les écoles françaises, alors que dans les écoles anglaises l'effectif scolaire diminue à l'élémentaire mais tend à augmenter au secondaire jusqu'en 1975-76. La baisse de la clientèle scolaire des écoles françaises est plus rapide que celle des écoles anglaises de sorte qu'à l'élémentaire la proportion de la clientèle anglophone augmente de 15,5 % à 16,7 %; cette proportion passant de 15,7 % à 17,4 % au secondaire.

Au niveau collégial, la clientèle des collèges publics francophones a augmenté de 66 253 à 85 925 élèves depuis 1971-72, soit une hausse de 29,7 %. La clientèle anglophone de niveau collégial était inscrite, au début des années soixante-dix, d'une part dans les collèges anglophones et, d'autre part, dans les universités anglophones. Cette situation a pris fin en 1973-743, de sorte qu'en 1974-75 l'ensemble de la clientèle scolaire collégiale anglophone était inscrite dans les CEGEP. Ainsi, les données annuelles ne sont comparables que pour la période de 1974-75 à 1976-77. Pour ces années, le nombre d'étudiants des CEGEP anglophones passe de 19 179 à 20 398 élèves, une hausse de 6,35 %. Cette augmentation est plus rapide que celle observée dans les collèges francophones pour la même période (tableau 2).




1 Cette baisse est de fait légèrement plus faible qu'indiqué puisque prés de 1 000 élèves de niveau maternelle ne sont pas inscrits officiellement à l'école anglaise, mais y étaient présents en septembre 1976. Ces élèves avaient échoué aux tests linguistiques prévus par la Loi 22. [retour au texte]

2 Si on tient compte des 1 000 enfants non inscrits officiellement. Voir note 1. [retour au texte]

3 La création des CEGEP anglophones a permis de retirer des institutions universitaires anglophones des étudiants de niveau collégial. [retour au texte]




TABLEAU 1
Évolution de la clientèle scolaire précollégiale de 1971-72 à 1976-77, selon la langue et le niveau d'enseignement : réseau public, confessions catholique et protestante (total), ensemble du Québec


Quant au niveau universitaire, malgré une certaine amélioration de 1973-74 à 1975-76, les universités francophones n'accueillent encore que deux étudiants sur trois4.

Confessionnalité

Plus de 90 % de la clientèle scolaire des commissions scolaires catholiques reçoit son enseignement en langue française (tableau 3). Dans les commissions scolaires pour protestants, l'anglais est la langue d'enseignement de 98 % de la clientèle scolaire (tableau 4). Dans les écoles catholiques5 la proportion des élèves qui étudient en français en 1976-77 a augmenté par rapport à la proportion de 1971-72 en maternelle, mais a diminué à l'élémentaire et au secondaire. Dans les écoles protestantes, le nombre d'élèves étudiant en français est infime; de plus, la déficience des données statistiques pour les années antérieures à 1975-76 rend impossible toute analyse6.

Dans la suite du texte, on ne s'intéressera qu'au réseau scolaire anglophone. On analysera la langue maternelle de cette clientèle, d'abord pour l'ensemble du Québec (section II), pour étudier ensuite le cas de quelques régions et commissions scolaires (sections III et IV).




4 Voir à cet effet l'étude de Michel Robillard, Les clientèles universitaires au Québec, évolution passée et perspectives d'avenir 1966-1990. Service de la recherche institutionnelle, Vice-présidence à la Planification, Université du Québec, novembre 1976. Tenir compte des étudiants francophones inscrits dans les universités anglaises modifierait peu ce résultat. [retour au texte]

5 Il s'agit de la confessionnalité de l'organisme d'enseignement. [retour au texte]

6 Certaines commissions scolaires ont, en effet, déclaré comme étant de langue d'enseignement française une partie des élèves des classes d'immersion. En fait, l'immersion est une méthode d'apprentissage de la langue seconde; à partir de 1975-76 les directives du formulaire « sommaire statistique de l'école » demandent de classer ces élèves dans la catégorie « anglais » pour la variable « langue d'enseignement ». Ces corrections aux fichiers, actuellement en cours, permettront de classer correctement ces éléments et d'évaluer l'importance de ce mauvais classement. À ce jour (juillet 78), il y a tout lieu de croire que les effets de ce phénomène sont fortement compensés par d'autres qui n'avaient pu être décelés au moment de la rédaction de ce texte. [retour au texte]




TABLEAU 2
Évolution de la clientèle scolaire post-secondaire de 1971-72 à 1976-77, selon la langue et le niveau d'enseignement : réseau public, confessions catholique et protestante (total), ensemble du Québec


TABLEAU 3
Évolution de la clientèle scolaire précollégiale de 1971-72 à 1976-77, selon la langue et le niveau d'enseignement : réseau public, confession catholique, ensemble du Québec


TABLEAU 4
Évolution de la clientèle scolaire précollégiale de 1971-72 à 1976-77, selon la langue et le niveau d'enseignement : réseau public, confession protestante, ensemble du Québec


II. Le réseau scolaire anglophone

1 - Aperçu général de la situation du réseau scolaire anglophone

Le tableau 5 permet de constater que l'effectif scolaire (excluant la prématernelle) des écoles anglaises passe de 236 677 à 220 285 élèves de 1972-73 à 1976-77, soit une baisse relative de 6,9 %. Durant cette même période, l'effectif scolaire (sans les élèves de la prématernelle) des écoles françaises passe, quant à lui, de 1 277 835 à 1 094 768 élèves, soit une diminution de 14,3 %.

La ventilation de la clientèle des écoles anglaises selon la langue maternelle de l'élève apparaît également au tableau 5. Un premier coup d'oeil permet de constater des différences importantes entre les années 1972-73, 1973-74, 1976-77, d'une part, et les années 1974-75 et 1975-76, d'autre part, différences qui ne semblent nullement réfléter la situation réelle.

En effet, les données observées laissent croire à une augmentation du poids relatif de la clientèle scolaire de langue maternelle française (de 11,3 à 15,6 %) et de la clientèle scolaire de langue maternelle anglaise (de 66,6 à 76,5 %), de 1972-73 à 1975-76, au détriment de la clientèle scolaire allophone. Selon ces données, les allophones voient leur effectif chuter de 52 404 à 18 337 élèves, soit une baisse de 65,0 %. Bien que constituant 22,1 % de la clientèle scolaire des écoles anglaises en 1972-73, ils n'en représentent plus que 7,9 % en 1975-76. Or, il y a tout lieu de croire que la ventilation de 1974-75 et de 1975-76 est perturbée par les débats suscités autour de la Loi 227. Il semble également que l'année 1976-77 reflète plus exactement la situation, même si la proportion des allophones y semble encore sous-estimée, ce qui nous invite à beaucoup de circonspection dans l'interprétation des résultats.

Il faut donc reconnaître que la baisse observée des allophones au profit des anglophones ne peut être considérée comme un reflet fidèle de la réalité. Ne s'agirait-il pas là d'un « miracle sociologique » conséquent aux débats politiques du moment : les allophones, dans leurs réponses aux questionnaires reçus, ont senti le besoin de se dire de langue maternelle anglaise. Les données n'ayant pas été validées, leur utilisation devient donc impossible. Par contre, ces données sur la langue maternelle de la clientèle scolaire du réseau français peuvent être utilisées avec plus de sûreté, car les répondants n'avaient ni avantage ni désavantage à se déclarer francophones.




7 Et l'apparition des directives concernant les classes d'immersion dans le Sommaire statistique de l'école. [retour au texte]




TABLEAU 5
Répartition de la clientèle scolaire des écoles anglaises selon la langue maternelle de l'élève, ensemble du Québec, 1972-73 à 1975-76


Nos commentaires porteront donc essentiellement sur les effectifs de 1972-73, 1973-74 et 1976-77. On note au tableau 5 que, de 1972-73 à 1973-74, l'effectif des francophones et des allophones augmente alors que celui des anglophones baisse. Par contre, si nous comparons les données de 1973-74 à celles de 1976-77, il y a baisse générale parmi chacun des groupes linguistiques. Cette baisse est pourtant plus rapide chez le groupe linguistique « autre », de sorte que la proportion des anglophones augmente. Cela demeure vrai, même si l'on inclut dans le groupe « autre » 1 000 enfants (surtout italiens) non inscrits officiellement.

2 - Évolution générale de la clientèle scolaire anglophone selon la confessionnalité8

En raison de failles importantes dans les déclarations de langue maternel le en 1974-75 et 1975-76, on s'abstiendra de tout commentaire sur les données de ces deux années. Le tableau 6 représente la répartition de la clientèle des écoles anglaises selon la langue maternelle et la confessionnalité pour les années 1972-73, 1973-74 et 1976-77. L'année 1976-77 marque une baisse de l'effectif scolaire par rapport à 1972-73, tant dans les écoles pour anglo-catholiques que dans les écoles pour protestants. Cette diminution est de 10 % chez les catholiques contre 4 % chez les protestants. Dans les écoles pour anglo-catholiques la baisse d'effectif a touché surtout les allophones, et à un moindre degré les anglophones. Par contre, dans les écoles pour anglo-protestants, la baisse a touché surtout les anglophones. Le groupe francophone, quant à lui, malgré les fluctuations numériques observées, a vu accroître son importance relative en 1976-77 par rapport à 1972-73 aussi bien dans les écoles pour catholiques que pour protestants.




8 La confessionnalité caractérise l'organisme scolaire, non l'élève. [retour au texte]




TABLEAU 6
Répartition de la clientèle scolaire des écoles anglaises selon la confessionnalité et la langue maternelle, Québec, 1972-73, 1973-74 et 1976-772, réseau public


3.

Évolution générale de la clientèle scolaire anglophone en fonction de la langue maternelle et du niveau d'enseignement

Le tableau 7 représente la répartition de la clientèle scolaire anglophone de 1972-73, 1973-74 et 1976-77, selon la langue maternelle et le niveau d'enseignement des élèves. Formulons d'abord deux remarques importantes : les données de 1972-73 à 1974-75 ne tiennent pas compte des mauvaises déclarations quant à la langue d'enseignement pour les classes d'immersion; on peut donc croire que pour ces années la chute d'effectif scolaire à chacun des niveaux d'enseignement a été beaucoup plus régulière que ne le laissent croire les données observées9. De plus, la faible représentation des allophones à la maternelle en 1976-77 provient des quelques 1 000 enfants non inscrits officiellement et, également, de mauvaises déclarations quant à la langue maternelle.

Étant donné les défauts de nos sources pour 1974-75 et 1975-76, nous négligerons ces deux années dans nos commentaires.

Première constatation : le groupe francophone constitue un peu plus de 10 % de la clientèle scolaire qui étudie en anglais.

C'est à l'élémentaire que l'importance relative des francophones est la plus élevée. C'est à ce niveau également que le gain d'importance relative des francophones a été le plus important entre 1972-73 et 1976-77.

Par ailleurs, plus de deux enfants sur dix des écoles anglaises sont de langue maternelle « autre ». Les allophones constituent près de 25 % de la clientèle de la maternelle et de l'élémentaire. Au secondaire, cette proportion passe de 19,1 % en 1972-73 à 21,6 % en 1976-77.

À la maternelle, l'omission des 1 000 enfants non inscrits officiellement modifie considérablement les rapports établis. En effet, si on ajoute ces élèves à ceux déjà recensés, la proportion des allophones passe de 7,4 % à 15,0 %. La proportion des autres groupes varie alors ainsi : les anglophones 81,3 % au lieu de 88,6 % et les francophones 3,7 % au lieu de 4,1 %.

Si le nombre de francophones augmente légèrement à l'élémentaire et au secondaire, le nombre d'allophones diminue à l'élémentaire mais augmente au secondaire. Cette augmentation des allophones au secondaire n'est cependant pas suffisante pour contrecarrer entièrement la baisse observée à la maternelle et à l'élémentaire, puisque le pourcentage des allophones passe de 22,1 % en 1972-73 à 21,5 % en 1976-77 (compte tenu des 1 000 enfants de la maternelle exclus du tableau). Cette évolution des francophones et des allophones aux différents niveaux d'enseignement entraîne chez les anglophones une hausse relative assez importante à la maternelle, mais un poids relatif moindre à l'élémentaire et au secondaire.




9 C'est peut-être vrai aussi en partie pour l'année 1975-76, année où la définition de langue d'enseignement pour les classes d'immersion est introduite dans les directives du « Sommaire statistique de l'école ». [retour au texte]




TABLEAU 7
Répartition de la clientèle scolaire des écoles anglaises selon le niveau d'enseignement et la langue maternelle (confessionnalités catholique et protestante), Québec, 1972-73, 1973-74 et 1976-77


À la maternelle, les anglophones représentaient moins de 2 enfants sur 3 en 1972-73; ils représentent maintenant près de 9 enfants sur 10. À l'élémentaire comme au secondaire, ce rapport est de 2 sur 3 environ en 1976-77 comme en 1972-73.

4.

Évolution de la clientèle scolaire anglophone selon la langue maternelle, pour certaines régions administratives scolaires au Québec, 1972-73 à 1976-77

Le tableau 8 présente l'évolution de la composition linguistique de la clientèle scolaire anglophone pour cinq régions administratives scolaires du Québec. En termes de proportions d'allophones, on peut distinguer trois catégories de régions

  1. Régions où les allophones représentent moins de 5 % :cette catégorie inclut les Cantons-de-l'Est et l'Outaouais;

  2. Régions où les allophones représentent moins de 15 % mais plus de 5 % : la sous-région Nord de Montréal et la sous-région Sud de Montréal;

  3. Et enfin la sous-région de l'île de Montréal où les allophones constituent près du tiers de la clientèle scolaire anglaise.

La proportion de francophones est élevée surtout dans les Cantons-de-l'Est (de 15,5 % en 1972-73 à 20,0 % en 1976-77) et dans la sous-région Nord de Montréal (plus de 19 %). Dans la sous-région Sud de Montréal cette proportion oscille autour de 15 %. Pour la sous-région de l'île de Montréal et la région de l'Outaouais, la proportion se situe respectivement entre 8 et 10 % .

On ne peut que constater l'importance de la sous-région de l'île de Montréal en ce qui touche le rôle des allophones dans l'évolution linguistique des écoles anglaises et, par ricochet, dans l'évolution linguistique de la population francophone. Plus de 40 000 des 47 276 allophones dans les écoles anglaises du Québec sont en effet concentrés dans la sous-région de l'île de Montréal, soit près de 85 % d'entre eux.


TABLEAU 8
Évolution de la clientèle scolaire des écoles anglaises selon la langue maternelle, pour certaines regllons administratives scolaires du Québec, 1972-73 à 1976-77


III.

Quelques données concernant la clientèle scolaire de la région de l'Outaouais, 1972-73 à 1976-7710

Au cours des cinq dernières années la clientèle scolaire de la région administrative scolaire de l'Outaouais a évolué différemment selon que l'on observe les élèves du secteur francophone ou du secteur anglophone. Les premiers ont vu leur nombre diminuer de 6,2 % alors que les seconds ont augmenté de 5,4 % (tableau 9). Ces chiffres sont très différents selon les niveaux d'enseignement considérés, mais dans tous les cas l'évolution des anglophones est plus favorable que celle des francophones.

Si la Loi 22 avait été maintenue, il était à prévoir, au cours des cinq prochaines années, une croissance de 10,5 % des élèves qui étudient en langue anglaise et une diminution de 14,0 % chez ceux de langue française. La proportion des élèves anglophones serait ainsi passée de 17,2 % en 1976-77 à plus de 21,0 % en 1981-82. Au tableau 9, on trouvera l'évolution prévue pour chacun des niveaux d'enseignement.

Les données sur le lieu de naissance des élèves qui étudient en anglais permettent de mesurer l'importance grandissante de ceux qui sont nés hors du Québec, mais au Canada, et ce au cours d'une période de trois ans seulement (tableau 10). Ces jeunes représentent en 1975-76 plus de 36 % des élèves qui étudient en anglais. Pour l'ensemble du Québec ils ne représentent que 7,9 % des élèves des classes anglaises.




10 Michel Amyot, Groupe de travail sur les aspects démographiques du projet de Loi 101, document déposé à l'Assemblée nationale par M. Camille Laurin, ministre d'État au développement culturel, le 5 juillet 1977. [retour au texte]




TABLEAU 9
Évolution de la clientèle scolaire de la Région administrative scolaire de l'Outaouais suivant la langue d'enseignement, réseau public, pour catholiques et protestants


TABLEAU 10
Répartition des élèves du précollégial selon le lieu de naissance et la langue d'enseignement, réseau public — région de l'Outaouais et ensemble du Québec


TABLEAU 11
Répartition de la clientèle scolaire précollégiale selon la langue d'enseignement et la langue maternelle, réseau public — région de l'Outaouais


IV.

Quelques données sur la clientèle scolaire de la sous-région administrative scolaire de l'lie de Montréal

En 1976-77 les commissions scolaires de l'île de Montréal reçoivent 127 552 élèves dans leurs classes anglaises, c'est-à-dire 58 % de l'ensemble du Québec. Ces élèves se regroupent en grande majorité au Bureau des écoles protestantes du grand Montréal (BEPGM), où on en dénombre 48 247, et à la Commission des écoles catholiques de Montréal, (CECM) où 44 754 autres élèves sont inscrits11.

Si on compare les pertes, on constate que le BEPGM a connu une diminution de 14,5 % de ses effectifs au cours de la période 1971-72 à 1976-77, soit une perte de 8 409 élèves (tableau 12). Pour la même période, les classes françaises des commissions scolaires catholiques qu'englobe le territoire du BEPGM perdaient 28,4 % de leur clientèle, soit 66 935 élèves (tableau 13a). Les classes anglaises de ces mêmes commissions scolaires catholiques diminuaient, pour leur part, de 12,9 %, soit de 8 130 élèves (tableau 13b). Dans une perspective de maintien de la Loi 22, la clientèle du BEPGM aurait diminué de 24,6 % au cours des cinq prochaines années, soit une perte de 12 240 élèves (tableau 12). Par contre, les classes françaises des commissions scolaires catholiques — sauf Jérôme LeRoyer — qu'englobe le BEPGM auraient vu leur clientèle passer de 148 536 à 100 675, pour une diminution de 32,3 % (tableau 13).

Il est assuré que l'impact du projet de Loi 101 ne pourrait inverser, au cours des cinq prochaines années, cette situation de décroissance relative beaucoup plus importante du côté francophone que du côté anglophone.

Ce qui semble se dégager de ces données, c'est que le BEPGM a pu, grâce à l'attraction qu'il exerce sur les immigrants, atténuer les effets de la baisse de la fécondité qu'a connue le Québec — ce qui inclut la population anglophone et allophone — depuis le milieu des années soixante. Ainsi, en 1975-76, 20,6 % des élèves de cet organisme étaient nés à l'extérieur du Canada (tableau 14). Si on prend 1967-68 comme année de référence, on observe une diminution de 22,7 % des clientèles du BEPGM, mais une baisse de 29 % à la CECM; cette diminution est de 32 %a dans les classes françaises. On peut remarquer également qu'au cours des quatre dernières années le nombre d'élèves de langue maternelle « autre » est passé de 12 151 à 13 477, soit une augmentation de plus de 9,0 %. Le tableau 15 donne la répartition des élèves suivant la langue maternelle pour les deux dernières années d'observation. Enfin, plus de 11 % des élèves de cette commission scolaire sont inscrits dans des classes d'immersion, dont 25,6 % en maternelle (tableau 16).




11 Prématernelle non comprise. [retour au texte]




TABLEAU 12
Évolution de la clientèle scolaire du Bureau des écoles protestantes du Grand Montréal (BEPGM) de 1971-72 à 1985-86


TABLEAU 13
Évolution de la clientèle des C.S. pour catholiques chevauchés par le BEPGM


TABLEAU 14
Répartition de la clientèle scolaire selon le lieu de naissance, pour certains organismes scolaires pour protestants, 1973-74 à 1975-76


Pour terminer, citons quelques chiffres sur les caractéristiques linguistiques des élèves des écoles anglaises de la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM) :

Dans son rapport12 à M. Jean-Paul Tardif, directeur général, M. Léo McLaren, directeur de l'informatique à la CECM, présente en page 3 la répartition des élèves du réseau anglais selon la langue parlée à la maison :

Français 5,5 %
Anglais 66,8 %
Italien 12,9 %
Autre 14,8 %
Total 100,0 % (41 049 élèves)


Au réseau français, ceux de langue d'usage autre que le français ne représentent que 6 % de l'effectif.

Les données sur la langue maternelle sont encore plus révélatrices :

Réseau anglais Réseau français
% %
Français 9,6 95,6
Anglais 27,8 1,2
Italien 45,7 1,0
Autre 16,9 2,2
Total 100,0 100,0


En résumé, on peut dire que le réseau anglais catholique de la CECM s'adresse à fort peu d'anglophones véritables (11 414 sur 41 049 élèves en 1975).




12 Résultats de l'analyse des données de l'inscription au 1er mars 1975, Montréal le 18 avril 1975. Ce texte a été transmis au ministère de l'Éducation du Québec par la commission scolaire. [retour au texte]




TABLEAU 15
Répartition de la clientèle scolaire du BEPGM selon la langue maternelle en 1975-76 et 1976-77


TABLEAU 16
Élèves inscrits dans les classes d'immersion du BEPGM en 1976-77 et proportion par rapport à la clientèle dont l'anglais est la langue d'enseignement selon le niveau du cours



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