Accéder au contenu principal
 
NOTE
Ce texte a été numérisé par un système de reconnaissance optique de caractères.
Des erreurs de lecture peuvent s’y être glissées.


 
L'évolution de la situation de l'affichage à Montréal, 1995 et 1996

L'évolution de la
situation de l'affichage
à Montréal, 1995 et 1996

Documentation no 35

 






Cette édition a été produite par le Service des communications
du Conseil de la langue française 800, place D'Youville, 13e étage
Québec (Québec) G1R 3P4

Dépôt légal — 1997 Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada ISBN 2-551-17285-3

© Gouvernement du Québec






Sommaire



Avant-propos

Considérations méthodologiques

Plan de l'analyse

Présence des langues dans l'affichage extérieur des commerces

Présence des langues dans les messages

Conformité des commerces aux dispositions législatives sur l'affichage

Raisons sociales

Conclusion

Annexe 1 : table des symboles et définition des secteurs et des zones

Annexe 2 : Résumé du plan d'échantillonnage

Annexe 3 : Rapport administratif





Avant-propos


En 1995, l'Office de la langue française et le Conseil de la langue française ont effectué une enquête qui, pour la première fois, permettait d'obtenir un portrait statistiquement représentatif de l'affichage pour l'ensemble de l'Île-de-Montréal. À la demande de la ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française, la même enquête a été refaite un an plus tard en respectant le plus possible les mêmes conditions, pour vérifier si la situation avait évolué.

Le plan d'échantillonnage des commerces ayant pignon sur rue est le même que celui qui avait été préparé l'an dernier par Victor Tremblay de la firme Statplus. La cueillette des données a été effectuée à Montréal de la fin septembre à la mi-novembre. Plusieurs employés de l'Office de la langue française sont allés observer partout dans l'Île-de-Montréal la situation de l'affichage : Fernand Bernier, Claude Drapeau, Denise Duff, Huguette Labrecque, Rhéal Lanctôt, france Périard, Michel Quesnel, Colette Roy, Simone Samson, Michel Pascal Vachon. Ils ont été assistés dans ce travail par des personnes de l'Office des ressources humaines : Richard Baril, Léo-Paul Jacques, Lucie Perrier, Arlette Raymackers et Jacques Scott. Pierre Jolicoeur de la Direction du traitement des plaintes à l'Office de la langue française a participé à la formation des observateurs. Le travail de cueillette des données a été supervisé par Pierre Bouchard et Robert Globensky, de l'Office de la langue française. L'analyse des raisons sociales a été faite à l'Office de la langue française par Rachelle Tremblay, qui a pu compter sur l'aide occasionnelle et l'expérience de françois Grou. Le contrôle de la qualité des observations et la mise au point du fichier des données ont été faits par Pierre Bouchard, chef du Service de la recherche de l'Office de la langue française. Sous la responsabilité de Pierre Georgeault, directeur des études et recherches du Conseil de la langue française, Daniel Monnier a procédé à l'analyse statistique des données numériques fournies par l'Office de la langue française et Jacques Maurais a rédigé le rapport de recherche.

L'enquête de 1995 a porté sur près de 3 000 commerces et a permis d'analyser plus de 26 000 messages. Celle de 1996 a recensé près de 2 000 commerces sur rue et a entraîné l'examen de plus de 17 000 messages.





Considérations méthodologiques


L'enquête de 1995 a été effectuée dans le cadre du bilan de la situation sociolinguistique du Québec. Elle avait un caractère expérimental du fait qu'on appliquait une méthodologie tout à fait nouvelle, notamment en ce qui concerne l'échantillonnage des commerces. La méthode retenue avait pour objectif de donner une image ponctuelle et générale de l'affichage pour l'ensemble de l'Île-de-Montréal; elle n'avait pas été mise au point poursuivre l'évolution de l'affichage sur une base annuelle.

Pour l'analyse du contenu linguistique de l'affichage, il paraissait plus simple, dans les circonstances, de recourir à la méthode utilisée par l'ancienne Commission de protection de la langue française. L'expérience a montré que cette méthode, très bonne dans une perspective de correction, c'est-à-dire pour corriger les affiches qui contreviennent à la loi, ne semble pas assez précise lorsqu'il s'agit de suivre l'évolution de l'affichage dans le temps. En particulier, la méthode a pour effet de multiplier le nombre des messages et il est possible que cela entraîne une certaine imprécision quant à la présence des langues dans le paysage urbain.

En septembre dernier, l'Office de la langue française et le Conseil de la langue française ont reçu le mandat d'évaluer la situation de l'affichage en 1996 en la comparant à celle de 1995. C'est pourquoi il a fallu avoir recours à la même méthode que l'année précédente.

L'analyse des données de 1995 et 1996 confirme que la méthode a des limites quand il s'agit de faire des comparaisons. Il en ressort qu'à l'avenir il serait préférable de raffiner davantage la notion de message et de procéder à une plus grande standardisation de certains paramètres. Plus précisément, on observe qu'il y a un certain flottement dans le traitement des messages à classer dans la catégorie des « indéterminables1 ». En conséquence, il a fallu exclure cette catégorie de la présente analyse pour mieux assurer la comparabilité des résultats.

On ne peut donc tenir pour absolument assurés les écarts de résultats entre 1995 et 1996 (écarts, somme toute, relativement faibles, comme nous le verrons au cours de la présentation des résultats), même lorsqu'ils sont supérieurs à la marge d'erreur échantillonnale. C'est pourquoi, si pareille enquête doit être répétée dans les années à venir, il est fortement souhaitable qu'on en précise la méthodologie pour garantir des résultats plus précis; en particulier, on devra mieux définir la notion de message, ainsi que celle de commerce sur rue et trouver des balises permettant de mieux catégoriser les messages « indéterminables ».


1 Rappelons que cette catégorie regroupe des messages qu'on ne peut assigner à aucune langue en particulier, soit parce qu'il s'agit de noms propres (exemples : « tremblay Inc. », « Molson ») ou de mots inventés assimilables à un nom propre (« Olco », « Interac »), soit parce qu'il s'agit d'une combinaison (artificielle ou non) de lettres ou de chiffres (« ABC Inc. », « CN »). [retour au texte]




Les réserves méthodologiques qui précèdent s'appliquent moins aux cas des raisons sociales. L'analyse des raisons sociales a été faite dans des conditions qui garantissent la comparabilité des enquêtes de 1995 et 1996.

En outre, ces réserves méthodologiques ne s'appliquent que faiblement aux données portant sur le degré de conformité des commerces aux dispositions régissant l'emploi des langues dans l'affichage commercial.

Par ailleurs, on constate qu'il y a une différence de 900 commerces et de plus de 9 000 messages entre l'enquête de 1995 et celle de 1996. Cette diminution est attribuable aux facteurs suivants :

  1. Il est apparu, lors des contrôles effectués en 1996, qu'en 1995 les observateurs avaient pris comme points de départ des commerces non conformes aux directives qui leur avaient été communiquées; ils auraient pris comme points de départ des tours à bureaux et des commerces à l'étage, ce qui n'était pas prévu dans le plan d'échantillonnage; chaque fois que le cas se produit, c'est toute la « grappe » de commerces qui disparaît en 1996;

  2. L'enquête de 1996 a pris comme points de départ les mêmes adresses que celles de 1995; à chaque point de départ s'ajoute un maximum de cinq commerces pour constituer une « grappe », la grappe idéale contenant donc six commerces; il est normal qu'après un an, un certain nombre de commerces qui servaient de points de départ aient déménagé ou fermé leurs portes;

  3. Dans l'enquête de 1995, les commerces faisant partie d'un centre commercial mais ayant un affichage visible de la rue avaient été retenus; les directives données en 1996 ont fait en sorte qu'ils ont été éliminés parce qu'il a été prévu de procéder plus tard à l'évaluation de l'affichage des centres commerciaux.

Compte tenu de ce qui précède, l'analyse a porté uniquement sur les points de départ communs (donc, sur les « grappes » communes) aux enquêtes de 1995 et de 1996. Pour améliorer la comparabilité, on a donc éliminé toutes les autres « grappes ».

Mis à part le fait qu'elle augmente la marge d'erreur, la diminution du nombre de commerces en 1996 n'a toutefois pas d'impact sur la comparaison des résultats puisque l'analyse qui suit ne conserve que les points d'enquête communs aux enquêtes de 1995 et de 1996. Cela explique par ailleurs pourquoi certaines données de 1995 présentées dans le présent document ne correspondent pas exactement à ce qui apparaît dans le rapport de l'année dernière.





Plan de l'analyse


On peut étudier la présence des langues dans l'affichage selon deux points de vue : en prenant comme unité d'analyse les commerces ou en prenant comme unité les messages. Dans un premier temps, nous étudierons la présence des langues dans les commerces, puis dans les messages. Par la suite, nous évaluerons la proportion des commerces qui ne se conforment pas aux dispositions régissant l'emploi des langues dans l'affichage. Enfin, nous consacrerons une section à l'étude des raisons sociales.

Pour faciliter la lecture du présent rapport, les chiffres ont généralement été arrondis.





Présence des langues dans l'affichage extérieur des commerces


En 1996 tout comme en 1995, on trouve des messages français sur la devanture d'à peu près tous les commerces de l'Île-de-Montréal. En 1995, 94 % de ces derniers présentaient au moins un message français; cette proportion est demeurée la même en 1996 (voir figure 1).

La présence de l'anglais et des langues tierces dans les commerces est également demeurée stable. Elle est passée de 45 % à 44 % dans le premier cas et de 6 % à 5 % dans le second (voir figure 1), mais ces écarts ne sont pas statistiquement significatifs.

Si l'on ventile la présence des langues selon les quatre zones de l'enquête (voir figure 2), on constate une grande stabilité de la présence du français. Dans la zone est, la différence de trois points (de 33 % à 30 %) de la présence de l'anglais n'est pas significative, non plus que celle des langues tierces (de 7 % à 4 %) dans la même zone.

Au chapitre de la présence des langues dans les commerces, on doit donc conclure à une grande stabilité.

 
figure 1
Présence des langues dans les commerces dans l'Île-de-Montréal, en %


 
figure 2
Présence des langues dans les commerces dans l'Île-de-Montréal, en %


On peut aussi se demander quelle est la proportion des commerces qui n'affichent qu'en français. On constate que, de 1995 à 1996, malgré des variations apparentes, cette proportion n'a pas significativement varié ni pour l'ensemble de l'Île-de-Montréal, ni pour chacune des zones (voir figure 3). Dans l'ensemble de l'île, le nombre de commerces n'affichant qu'en français est resté stable; ceux-ci représentaient 42 % de tous les commerces en 1995 et 43 % en 1996, ce qui ne constitue pas une hausse significative.

La même stabilité d'une année à l'autre s'observe dans le cas des commerces qui n'affichent qu'en anglais (voir figure 4). Ils représentent partout un phénomène marginal (même dans la zone ouest où ils ne sont que 5 %, tant en 1995 qu'en 1996).

Quant aux commerces qui n'affichent que dans une langue tierce, c'est-à-dire autre que le français ou l'anglais, il n'y en a quasiment pas (0 % en 1995 et 0,1 % en 1996).

Les commerces qui n'affichent que des messages respectant la « nette prédominance du français » prévue dans la « loi 86 » ne représentent que quelque 3 % de tous les commerces. Rappelons que, pour être conforme à la « loi 86 », il faut que l'affichage respecte la règle du « deux pour un » : il doit y avoir deux fois plus de messages en langue française qu'en toute autre langue ou bien les messages en langue française doivent être écrits en caractères deux fois plus gros que les messages en une autre langue.

Enfin, dans nos échantillons, 6 % des commerces ont un affichage d'où le français est totalement absent. Les trois quarts de ces commerces sont situés dans le secteur ouest, c'est-à-dire à l'ouest du boulevard Saint-Laurent (voir figure 5). Quand on procède à la ventilation par zone (figure 6), on constate qu'il y a eu quelques déplacements entre les zones de 1995 à 1996, mais il faut se rappeler que le nombre des commerces concernés est trop petit pour que ces réaménagements soient significatifs.

 
figure 3
Les commerces avec affichage unilingue français, 1995 et 1996, en %


 
figure 4
Les commerces avec affichage unilingue anglais, 1995 et 1996, en %


 
figure 5
Répartition des commerces sans affichage français à Montréal, par zones, en %


 
figure 6
Répartition des commerces sans affichage français à Montréal, par zones, en %


On remarque une très grande stabilité du nombre de commerces qui affichent au moins les deux tiers de leurs messages en français : la proportion de ces commerces demeure de 84 % en 1995 et en 1996.

 
tableau 1
Proportion des messages français dans l'affichage des commerces





Présence des langues dans les messages



Si l'on observe l'ensemble de l'Île-de-Montréal, l'unilinguisme français dans les messages ne varie pas d'une année à l'autre : il se maintient à 84 % (voir tableau 2). On constate la même stabilité si on procède à une analyse par secteurs (voir tableau 2 et figure 7).

Il y a un peu plus de changements si l'on recourt à l'analyse par zones. Les zones est et ouest sont stables; c'est dans la zone est qu'il y a le plus de messages unilingues français (92 % en 1996) et dans la zone ouest qu'il y en a le moins (72 % en 1996). Les zones du centre et du nord se révèlent plus mobiles, puisque l'unilinguisme français diminue dans le centre et augmente dans le nord. Dans le cas de la zone du centre, la différence est de 4,6 points; même si on applique l'erreur échantillonnale de 2,8 points, il demeure une différence de 1,8 point. Dans le nord, il reste une différence de 1,1 point, une fois que l'on a soustrait l'erreur échantillonnale de 1,9 point. Compte tenu des considérations méthodologiques du début, on ne peut affirmer hors de tout doute que ces petites différences sont significatives.

L'unilinguisme anglais varie peu d'une année à l'autre. La plus grande variation se produit dans le centre, où il passe de 6 % en 1995 à 8 % en 1996 et dans la zone ouest, où il diminue de 14 % à 11 %. Alors qu'au centre la différence est égale à l'erreur échantillonnale, dans la zone ouest la soustraction de l'erreur échantillonnale ne laisserait qu'un point d'écart entre 1995 et 1996. Compte tenu des considérations méthodologiques du début, cette petite différence pourrait être significative, mais on ne peut l'affirmer hors de tout doute.

On constate une petite augmentation du bilinguisme égalitaire français anglais (bilinguisme de type « moitié-moitié ») dans le secteur ouest (+3 %) et dans la zone ouest (+3 %). Ces différences dépassent de peu l'erreur échantillonnale. Dans les zones du centre et de l'est, le bilinguisme égalitaire augmente respectivement de 2 % et de 1 %, mais il baisse de 2 % dans la zone nord. Ces variations ne sont pas statistiquement significatives.

La « nette prédominance », telle que la définit la « loi 86 », est toujours un phénomène marginal dans le paysage linguistique montréalais. Elle n'atteint ou ne dépasse le seuil de 1 % des messages que dans le secteur ouest et dans la zone du centre. Depuis un an, il n'y a pas eu d'augmentation significative de la présence de l'affichage avec « nette prédominance ».

 
tableau 2
Présence des langues dans les messages Sommaire des résultats selon la typologie de la grille d'analyse (avec les raisons sociales et sans les « indéterminables »)


 
figure 7
Messages unilingues français 1995 et 1996, en %


Les types d'affichage


Comme cela a été déjà mentionné, l'unilinguisme français est majoritaire dans l'affichage, puisque 84 % des messages sont écrits dans cette langue (voir figure 8).

Le bilinguisme, dans ses différentes manifestations, est un peu plus représenté que l'unilinguisme anglais.

Les petits écarts de pourcentage constatés entre 1995 et 1996 pour le bilinguisme (de 8 % à 9 %) et pour l'unilinguisme anglais (de 7 % à 6 %) ne sont pas significatifs.






Les types de bilinguisme


Le bilinguisme de type égalitaire (« moitié-moitié ») français anglais est de loin la forme de bilinguisme la plus fréquente : plus de 4 messages bilingues sur 5 sont de ce type. On constate que, sur une période d'un an, cette sorte de bilinguisme est restée stable (voir figure 9; la différence de 3 points n'est pas significative).

La « nette prédominance » est une forme de bilinguisme peu répandue. Si on additionne les messages où le français est nettement prédominant sur l'anglais (f>A = 5 % en 1995, 6,5 % en 1996) et sur les langues tierces (f>L3 = 0,5 % en 1995, 0,3 % en 1996), on constate que, sur une période d'un an, la « nette prédominance » n'a pas varié de façon significative.

 
figure 8
Les types d'affichage dans l'Île-de-Montréal, en %


 
figure 9
Les types de bilinguisme dans l'affichage, dans l'Île-de-Montréal, en %





Conformité des commerces aux dispositions législatives sur l'affichage



La proportion des commerces non conformes aux dispositions régissant l'emploi des langues dans l'affichage se maintient à 42 % (voir tableau 3).

Dans trois zones (est, ouest, nord), la diminution du nombre de commerces en infraction est trop petite pour être significative (voir figure 5). Même l'augmentation de près de 7 % constatée dans la zone du centre n'est pas significative, en raison du faible nombre de commerces observés dans cette zone.

 
tableau 3
Commerces non conformes


 
figure 10
Commerces non conformes, selon les zones, 1995 et 1996, en %


En 1996, 41 % des messages non conformes sont unilingues anglais, ce qui est une diminution par rapport aux 45 % de l'année précédente (voir figure 11). En revanche, les messages où le bilinguisme français anglais est égalitaire ont augmenté de 44 % à 53 %.

 
figure 11
Répartition des messages non conformes par types de message dans l'Île-de-Montréal, en %


Dans l'ensemble de l'Île-de-Montréal, la moitié des commerces qui ne sont pas conformes le sont à cause d'un seul message (voir figure 12). Environ 17 % des commerces non conformes affichent plus de quatre messages non conformes.

La figure 13 ventile les données précédentes selon les zones. Aucune des différences que l'on constate entre 1995 et 1996 n'est significative.

 
figure 12
Non-conformité- des commerces dans l'Île-de-Montréal selon le nombre de messages, en %


 
figure 13
Non-conformité- des commerces selon le nombre de messages, par zones





Raisons sociales



En 1977, la Charte de la langue française avait obligé les entreprises et les commerces à utiliser le français dans leur raison sociale; toutefois, la loi ajoutait : « les raisons sociales peuvent être assorties d'une version dans une autre langue pour utilisation hors du territoire du Québec. » Ces règles ont été modifiées par la « loi 86 ». Dorénavant, le bilinguisme de type « moitié-moitié » est permis dans les raisons sociales; mais les raisons sociales affichées doivent présenter un bilinguisme avec nette prédominance du français.

Dans nos enquêtes, moins de 2 % des commerces n'affichaient pas de raison sociale (voir figure 14). Par ailleurs, 16 % des raisons sociales n'étaient pas déterminables du point de vue linguistique, pouvant être aussi bien françaises qu'anglaises, ou encore italiennes autant que françaises.

Les deux tiers des raisons sociales sont unilingues françaises (66 % en 1995, 64 en 1996).

Le bilinguisme égalitaire français-anglais se maintient d'une année à l'autre, sans aucune variation. L'unilinguisme anglais et le bilinguisme égalitaire sont tous deux de l'ordre de 7 % à 9 % et n'ont pas varié de façon significative en un an.

Le tableau 4 illustre le degré de conformité des raisons sociales aux dispositions législatives et réglementaires qui les régissent. Les variations que l'on constate entre 1995 et 1996 ne sont qu'apparentes. Seule la diminution des raisons sociales conformes dans la zone nord est statistiquement significative.

Globalement, la conformité des raisons sociales demeure autour des 85 % à 88 %. Elle est plus forte dans la zone est (93 %) et plus faible dans la zone ouest (78 % en 1996) (voir tableau 4).

Les raisons sociales non conformes — 12 % en 1996 — se concentrent dans le secteur ouest, qui regroupe les trois quarts des cas de non-conformité (voir figure 15). Si l'on découpe l'île en quatre zones, c'est dans la zone ouest que se concentrent plus de la moitié des raisons sociales non conformes (figure 15). C'est dans la zone du centre qu'il y a la plus grande proportion de raisons sociales conformes.

 
tableau 4
Conformité des raisons sociales, 1995 et 1996, en %


 
figure 14
Raisons sociales Description linguistique Île-de-Montréal


;
figure 15
Répartition des raisons sociales non conformes, en %


;
figure 16
Répartition des raisons sociales non conformes, par catégories, en %


La majorité des raisons sociales non conformes le sont à cause de leur unilinguisme anglais : 58 % en 1995, 55 % en 1996 (voir figure 16). Il n'y a pas eu de variation significative.

Le bilinguisme égalitaire français-anglais arrive en deuxième rang comme motif de non-conformité (30 % en 1995, 35 % en 1996; différence non significative).

En conclusion de cette section, il faut constater que l'usage des langues dans les raisons sociales a très peu varié sur une période d'un an.






Conclusion



On peut dégager les traits suivants de la présente analyse :

  1. De 1995 à 1996, il y a une grande stabilité du paysage linguistique montréalais. Les différences apparentes que l'on constate d'une année à l'autre sont, somme toute, peu importantes.

  2. En 1996 comme en 1995, on trouve du français sur la devanture de presque tous les commerces de l'Île-de-Montréal (94 % des commerces).

  3. Pour l'ensemble de l'Île-de-Montréal, l'unilinguisme français dans les messages ne varie pas d'une année à l'autre : il se maintient à 84 %. Quand on analyse l'unilinguisme français dans les messages selon les quatre zones de l'enquête, on constate des variations qui excèdent de peu l'erreur échantillonnale.

  4. La proportion des commerces en infraction demeure la même en 1996 qu'en 1995.

  5. En 1996 comme en 1995, la conformité globale des raisons sociales se situe entre 85 % et 88 % dans l'ensemble de l'île.






Annexe l

table des symboles

f Unilinguisme français

A Unilinguisme anglais

f>A français prédominant + anglais

A=f Bilinguisme anglais français moitié-moitié

f<A Anglais prédominant + français

f>L3 français prédominant + langue tierce

f=L3 Bilinguisme français langue tierce moitié-moitié

f<L3 Langue tierce prédominante + français

A>L3 Anglais prédominant + langue tierce

A=L3 Bilinguisme anglais langue tierce moitié-moitié

A<L3 Anglais prédominant + langue tierce

L3+ Deux langues tierces ou plus

Ind. Langue impossible à déterminer (noms propres, combinaison artificielle de lettres ou de chiffres, etc.)

C Conforme (à la loi et aux règlements)

Définition des secteurs et des zones

Les secteurs

Aux fins de la présente enquête, l'Île-de-Montréal a été divisée en deux secteurs l'est et l'ouest. C'est le boulevard Saint-Laurent qui délimite les deux secteurs : les numéros pairs de ce boulevard ont été assignés au secteur ouest et les numéros impairs au secteur est.

Les zones

L'ensemble de l'Île-de-Montréal a aussi été divisé en quatre zones : centre, est, ouest et nord. Le centre va de la rue Sherbrooke (des deux côtés) jusqu'au fleuve et de la rue Atwater à la rue Papineau. L'est commence à la rue Papineau; la rue Papineau au sud de la rue Sherbrooke fait partie de la zone du centre; la rue Papineau au nord de la rue Sherbrooke fait partie de la zone nord. L'ouest commence à la rue Atwater; la Pointe-Saint-Charles fait partie de la zone ouest. La zone nord suit le corridor déjà déterminé par les extrémités est et ouest de la zone du centre, mais en direction du nord à partir de la rue Sherbrooke.






Annexe 2

Enquête de 1996 sur l'affichage commercial sur rue
Résumé du plan d'échantillonnage

par Victor Tremblay
StAtPLUS


La méthodologie du plan d'échantillonnage des commerces sur rues mise en application en 1996 est identique à celle de 1995. Les détails de cette méthodologie apparaissent dans le document intitulé Enquête de 1995 sur l'affichage commercial — plan d'échantillonnage préparé par StAtPLUS en décembre 1995. En voici un résumé.

L'objectif du plan d'échantillonnage était de choisir un échantillon aléatoire représentatif des commerces qui ont un affichage sur rue dans l'Île-de-Montréal tout en faisant en sorte que les observations soient jusqu'à un certain point regroupées afin de rendre efficace le travail sur le terrain.

Il fallait donc concevoir une méthode permettant, d'une part, un contrôle rigoureux des probabilités de sélection des commerces et, d'autre part, une maîtrise de la dispersion géographique.

La cible de l'enquête est l'ensemble des établissements commerciaux et des places d'affaires de l'Île-de-Montréal qui affichent sur les rues. Ces commerces, terme entendu dans le sens général, couvrent non seulement les magasins, mais aussi les bureaux professionnels, les corporations et les organismes qui s'identifient sur les rues. L'observation s'est limitée aux établissements situés au niveau de la rue.

Les exclusions touchent les ministères et organismes gouvernementaux (mais non les régies ou les sociétés d'État), ainsi que les établissements publics des domaines de la santé, de l'éducation et de la religion. Par ailleurs, les unités admissibles devaient présenter de l'affichage sur rue; ce critère éliminait d'office les magasins localisés dans les centres commerciaux et dans le Montréal souterrain ou encore les places d'affaires se trouvant à l'intérieur d'immeubles à bureaux lorsqu'aucun affichage de tels commerces n'est visible à partir de la rue.

Le plan d'échantillonnage a donc pris la forme suivante. Comme il n'existe aucune liste des établissements commerciaux avec affichage sur rue, il a fallu, pour construire l'échantillon, procéder en deux étapes : a) choisir des points de départ aléatoires sur le territoire de la CUM, et b) déterminer, dans le voisinage de chaque point de départ, un certain nombre de commerces admissibles et choisir parmi eux ceux dont on observerait l'affichage. Les points de départ ont été obtenus en produisant au hasard un échantillon téléphonique de numéros d'affaires surtout le territoire de l'Île-de-Montréal. Des adresses correspondant à ces numéros, on n'a retenu que celles de commerces satisfaisant aux critères d'admissibilité. Sur le terrain, les observateurs ont dénombré jusqu'à 11 établissements admissibles le long d'un parcours défini à l'avance. Des schémas illustrant diverses situations possibles de parcours ont été mis à la disposition des observateurs. Tous les commerces ayant une position impaire dans ce dénombrement ont fait l'objet d'observations. Ainsi, chaque point de départ pouvait produire jusqu'à un maximum de 6 commerces observés. Comme on l'a démontré dans le document de référence, cette façon de procéder donne à chaque commerce une probabilité connue de faire partie de l'échantillon; dans les cas où les chances sont inégales, une pondération appropriée permet de rétablir l'équilibre sur le fichier d'analyse, de manière à pouvoir produire des statistiques non biaisées.

Pour réaliser l'étude de terrain de 1996, on a eu recours exactement aux mêmes points de départ que ceux qui avaient été choisis au hasard en 1995. Après validation, 446 points de départ ont été retenus pour constituer autant de grappes admissibles. Dans ces grappes, un total de 2 152 commerces ont été l'objet d'observations quant à la population de référence.






Annexe 3

L'affichage extérieur des commerces sur rue
Rapport administratif

par Pierre Bouchard
Office de la langue française
12 novembre 1996


La collecte des données dont il sera question se voulait une réplique de celle qui avait été réalisée à l'automne 1995. Aussi a-t-on choisi d'utiliser le même échantillon de commerces de départ et d'appliquer les mêmes consignes concernant la sélection des commerces et la façon de décortiquer les messages. C'est dans cette optique que les observateurs ont été formés et que la collecte a été supervisée. Ceci ne nous a cependant pas empêchés d'obtenir des résultats de collecte qui s'éloignent en partie de ceux obtenus l'an dernier. C'est d'ailleurs ce qui nous a amenés à effectuer un contrôle de qualité assez important.

formation des observateurs

Les observateurs ont reçu une formation d'une journée au cours de laquelle on leur a présenté les directives concernant la sélection des commerces propres à un point de départ (voir l'appendice précédent) et celles ayant trait à la langue des messages et à leur conformité à la loi.

Supervision de la collecte

Une équipe de supervision était constamment en poste. En plus de coordonner le travail, elle devait répondre aux questions que se posaient les observateurs sur le terrain. Il est à noter que la plupart des questions posées avaient trait à l'application des directives de sélection des commerces, très peu d'entre elles portant sur les notions de message et de conformité. Toutefois, des précisions ont été données sur la définition des messages indéterminés.

Résultats de la collecte

L'échantillon de commerces de départ était de 853. Après visite, 446 de ces points de départ ont été considérés comme admissibles, ce qui a permis de recueillir des données pour 2 152 commerces. Le tableau suivant fait état des résultats obtenus. Notons cependant que 14,4 % des points de départ rejetés sont situés dans des secteurs résidentiels et 11,7 % dans des tours à bureaux. Ces rejets ont été nécessaires pour conserver la même chance à tous les commerces d'être sélectionnés.

Si on compare maintenant les résultats de 1996 à ceux de l'année précédente, force nous est de constater que beaucoup de points de départs sont tombés en 1996, alors que l'année précédente, ils avaient été retenus. Ces nouveaux rejets portent principalement sur des tours à bureaux et des commerces situés à l'étage qui avaient malencontreusement été retenus par certains observateurs en 1995. Cette situation s'explique par une application plus rigoureuse des critères de sélection des commerces en 1996.



Rendement de l'échantillon
(Bilan 1996)

N %
Doubles  19 2,2
Inexistants  51 6,0
À l'étage  36 4,2
Résidences privées  123 14,4
tours à bureaux  100 11,7
Centres commerciaux  46 5,4
tours de manufactures  9 0,9
Services communautaires, religieux et autres  24 2,8
Complétés  446

52,3

total  853 100, 0

Contrôle de qualité

La collecte des données a été soumise à un contrôle de qualité assez important. En effet, 40 grappes réparties entre les divers informateurs ont été validées, soit près de 10 %. La validation a porté autant sur l'application des critères de sélection des commerces (voir l'appendice précédent) que sur la façon de déterminer la langue des messages observés. Le travail des observateurs qui n'avaient pas appliqué avec suffisamment de rigueur les règles de sélection des commerces ou qui s'éloignaient de la moyenne dans leur façon de décortiquer les messages a été repris.

De plus, les points de départ qui sont tombés en 1996, alors qu'ils avaient été retenus en 1995, ont été visités dans 82 % des cas, soit 160 sur 195.

Saisie des données

La saisie des données a été effectuée par la firme Élite services informatiques.

Le fichier de données a été mis au point à l'aide des logiciels DbaseIV et SPSS Windows, version française.




haut

 

Free download porn in high quality RGPorn.com - Free Porn Downloads