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INDICATEURS de la situation linguistique au Québec

INDICATEURS de la situation
linguistique
au Québec

Conseil de la langue française
Secrétariat à la politique linguistique
Office de la langue française
Commission de protection de la langue française


4 Langue et travail

4.1 Marché du travail

4.1.1 Participation au marché du travail, 1971-1986

La population adulte, c'est-à-dire âgée de 15 ans et plus, peut être répartie en « actifs » (ceux qui sont au travail ou en chômage) et en « inactifs ». L'intérêt de répartir la population dansces deux catégories est basé sur l'hypothèse selon laquelle l'accroissement de la main-d'oeuvre francophone devrait entraîner une augmentation des communications de travail en français et, par conséquent, avoir des incidences positives sur la francisation du travail au Québec.

Cette répartition montre que, pour chaque groupe linguistique, la proportion des « actifs » augmente régulièrement entre 1971 et 1986. Chez les francophones les pourcentages s'accroissent de 51,6 % à 62,4 %, chez les anglophones, de 57,3 % à 61,4 % et chez les allophones, de 60,3 % à 65,5 %. Il y a donc un plus fort pourcentage de personnes actives parmi les allophones, et ce, pour chacune des années de recensement.

Par ailleurs, comme l'indique le graphique cicontre, les francophones occupent une place de plus en plus importante sur le marché du travail. La proportion de francophones dans la population active est en effet passée de 78 % à 83 % entre 1971 et 1986.



Tableau 4.1.1
Répartition (en %) de la population adultea par rapport à l'emploi, par langue maternelle,
ensemble du Québec, 1971-1986


Graphique 4.1.1
Répartition (en %) de la population active
selon la langue maternelle,

ensemble du Québec, 1981-1986


4.1.2 Propriété des entreprises, 1961-1987

La propriété des entreprises est généralement considérée comme un facteur qui influe sur la langue de travail au Québec : dans une entreprise à propriété francophone, la langue de travail serait généralement le français.

Cet indicateur montre que, pour l'ensemble du Québec, le nombre de travailleurs qui étaient à l'emploi d'entreprises à propriété francophone n'a cessé de croître depuis 1961. En effet, 47 % des emplois relevaient de francophones en 1961, 55 % en 1978 et 60 % en 1987.

En 1987, les secteurs d'activité les plus francisés sont l'agriculture, la construction et les services. Par ailleurs, entre 1978 et 1987, le secteur des institutions financières et celui des mines ont vu les plus fortes croissances de la proportion de ces emplois: 18 points dans le secteur des mines et 13,4 points dans celui des institutions financières.



Graphique 4.1.2
Répartition (en %) des emplois
selon la propriété des entreprises,

ensemble du Québec, 1961, 1978 et 1987,
ensemble des secteurs d'activité économique


Tableau 4.1.2
Répartition (en %) des emplois
selon la propriété des entreprises,
par secteur d'activité économique

ensemble du Québec, 1961, 1978 et 1987


4.1.3 Francophonisation des postes de cadre, 1959-1988

La commission Gendron mettait l'accent sur la faible présence de cadres dans l'entreprise québécoise et fixait comme objectif à atteindre, la francophonisation de la main-d'oeuvre hautement qualifiée.

Depuis 1959, la francophonisation des postes de cadre a fait de grands progrès. Les francophones représentaient 30,5 % en 1959 et 58,0 % en 1988 des cadres résidant au Québec pour les entreprises inscrites dans le Directory of Directors du Financial Post. Cette évolution constitue un changement majeur, même si la proportion de cadres (58,0 %) ne correspond pas encore au poids démographique (82,6 %) des francophones dans la population du Québec.

Cette francophonisation des postes de cadre devrait accroître l'utilisation du français comme langue de travail car on a observé que le choix de la langue de communication avec le personnel était lié à la langue maternelle du supérieur.

Pour constituer cet indicateur, l'attribution linguistique du poste est faite à partir de la consonance des noms et prénoms des personnes qui occupent le poste et résident au Québec. Cette méthode a été utilisée dans de nombreuses études et, dans l'une d'entre elles, une vérification a été faite auprès des personnes ellesmêmes. Cette démarche a permis de montrer que les erreurs n'excèdent pas 5 %. Malgré tout, il faut retenir la tendance plus que l'exactitude des chiffres eux-mêmes.



Tableau 4.1.3
Répartition (en %) des postes de cadre d'entreprise selon la langue maternelle et le poste occupéa,
ensemble du Québec, 1959-1988


Graphique 4.1.3
Pourcentage de postes de cadre d'entreprise occupés
par des francophones,

ensemble du Québec, 1959-1988


4.2 Langue de l'informatique au travail

4.2.1 Langue des logiciels utilisés par les usagers de l'informatique au travail, 1986 et 1989

Les appareils informatiques sont de plus en plus présents dans les milieux de travail et ils posent un défi important à la francisation de ce secteur. Il y a quelques années, la langue anglaise était omniprésente dans toutes les composantes, systèmes d'exploitation, logiciels, claviers, etc.

Depuis quelques années, certains progrès ont été faits grâce au bilinguisme. Ainsi, de 1986 à 1989, parmi les usagers francophones de Montréal, le pourcentage de logiciels en français est demeuré stable autour de 35 % (la différence entre 33,0 % en 1986 et 37,6 % en 1989 n'est pas statistiquement significative), alors que le pourcentage de logiciels en anglais a régressé de 54,1 % à 41,3 %. Cette décroissance des logiciels anglais s'est produite au profit des logiciels bilingues dont la proportion s'est accrue de 12,9 % à 21,1 %.

Ailleurs au Québec, les logiciels bilingues ont aussi progressé, et dàns des proportions comparables, soit de 12,1 % à 20,5 %. Le pourcentage de logiciels en anglais a diminué de 37,3 % à 23,4 %. Quant au pourcentage de logiciels en français, il n'a pas augmenté (la différence entre 50,5 % en 1986 et 56,1 % en 1989 n'est pas statistiquement significative). On notera que ce pourcentage demeure cependant beaucoup plus élevé que dans la région de Montréal (56,1 % contre 37,6 %) et que le pourcentage de logiciels en anglais demeure beaucoup plus faible (23,4 % contre 41,4 %).



Tableau 4.2.1
Langue des logiciels utilisés par les usagers francophones de micro-ordinateurs et de terminaux au travail,
Montréala et le Québec sauf Montréal, 1986 et 1989


Graphique 4.2.1
Langue des logiciels utilisés par les usagers francophones de micro-ordinateurs et de terminaux au travail,
Montréal et le Québec sauf Montréal, 1986 et 1989


4.2.2 Langue des manuels d'utilisation des appareils informatiques au travail, 1986 et 1989

L'indicateur précédent a montré une certaine régression des logiciels exclusivement en anglais au profit des logiciels bilingues. La langue des manuels d'utilisation des appareils, liés au système d'exploitation plutôt qu'aux logiciels, n'a pour sa part subi aucun changement. Les pourcentages de ces manuels en français, en anglais ou dans les deux langues sont demeurés les mêmes en 1986 et 1989 (les différences de pourcentages ne sont pas statistiquement significatives).

Dans la région métropolitaine de Montréal, ces manuels sont en anglais pour plus de 40 % des usagers francophones de l'informatique au travail. Ailleurs au Québec, cette proportion est de 26 % à 30 %.



Tableau 4.2.2
Langue des manuels d'utilisation des appareils informatiques au travail, usagers francophones,
Montréala et le Québec sauf Montréal, 1986 et 1989


Graphique 4.2.2
Langue des manuels d'utilisation des appareils informatiques au travail, francophones,
Montréal et le Québec sauf Montréal, 1986 et 1989


5 Langue et revenus

5.1 Distribution du revenu total entre les groupes linguistiques, 1970 et 1980

De 1970 à 1980, la part du revenu total aux mains des francophones augmente de 74,7 % à 80,1 %. Cette part se rapproche donc de la proportion des francophones dans l'ensemble de la population, ce qui indique une amélioration de leur situation et une répartition plus équitable des revenus parmi les groupes linguistiques.

Cet indicateur très global est influencé par un grand nombre de facteurs dont la proportion de personnes actives sur le marché du travail, les mouvements de population, la croissance ou la décroissance démographique des groupes. La diminution de 9,2 % à 4,7 % de la part du revenu des anglophones unilingues s'explique en partie par une forte décroissance de ce groupe comme le montre l'indicateur socio-démographique « Connaissance du français et de l'anglais ».

Une appréciation plus révélatrice de l'appartenance à un groupe linguistique et de la connaissance des langues sera étudiée avec le prochain indicateur « Écarts de revenus entre les groupes linguistiques ».

On doit cependant retenir que l'accroissement du revenu total des francophones, mis en relief ici, favorise la francisation du travail tout au moins dans les secteurs des services et des institutions financières. Il est permis de croire en effet que cet enrichissement de la communauté francophone entraîne une augmentation de la demande de services en français, ce qui devrait influencer la langue généralement utilisée parles employés de ces secteurs.



Tableau 5.1
Distribution (en %) du revenu totala
entre les groupes linguistiques,

ensemble du Québec, 1970 et 1980


Graphique 5.1
Distribution (en %) du revenu totala
entre les groupes linguistiques,

ensemble du Québec, 1970 et 1980


5.2 Écarts de revenus entre les groupes linguistiques, 1970 et 1980

Les écarts de revenus de travail selon les groupes linguistiques montrent la rentabilité économique d'une langue par rapport à une autre. On sait, par ailleurs, qu'un des facteurs qui a contribué au déploiement des efforts de francisation au Québec a été la prise de conscience des revenus inférieurs des francophones comparativement aux anglophones et à certains groupes d'allophones.

Le revenu de travail

En 1980, le revenu moyen de travail d'un anglophone est plus élevé que celui d'un francophone mais l'écart a fortement diminué puisque l'indice est passé de 130,5 en 1970 à 110,9 en 1980. Cet indice signifie qu'en moyenne, le revenu de travail d'un anglophone était supérieur à celui d'un francophone de 30,5  % en 1970 et de 10,9 % en 1980. Il est par ailleurs intéressant de noter que l'ordre des groupes linguistiques qui reçoivent les meilleurs salaires a changé au profit des francophones bilingues et que les écarts se sont fortement amenuisés. Ainsi, le francophone bilingue est le mieux rémunéré (137,3 %) en 1980 et il dépasse l'anglophone bilingue (132,3 %). L'anglophone unilingue qui arrivait au deuxième rang en 1970 (145,8 %) passe au troisième rang (120,5 %) en 1980.

Le revenu total

Lorsqu'on considère le revenu total, c'est à dire la somme des revenus de travail, de transfert et de placement, on observe le même changement. Si un anglophone a toujours un revenu total plus élevé que celui d'un francophone, l'écart s'est considérablement réduit et l'indice passe de 144,7 % en 1970 à 116,3 % en 1980. Par ailleurs, l'anglophone bilingue qui arrivait au premier rang en 1970 parmi les différents groupes linguistiques se voit dépassé parle francophone bilingue en 1980.



Tableau 5.2
Écarts de revenus moyens selon les attributs linguistiques,
ensemble du Québec, 1970 et 1980


Graphique 5.2
Pourcentage d'écart dans les revenus moyens des groupes linguistiques par rapport aux francophones unilingues,
ensemble du Québec, 1970 et 1980


5.3 Effet des attributs linguistiques sur le revenu, à scolarité égale, 1970 et 1980

L'indicateur précédent montrait une réduction importante des écarts de revenus et la promotion des francophones bilingues. On sait par ailleurs que les anglophones sont plus scolarisés que les francophones et que la scolarité est le facteur qui influence le plus le salaire.

Il est donc intéressant de cerner plus précisément la rentabilité économique du français indépendamment de l'effet de certains autres facteurs importants comme la scolarité, l'expérience de travail et le nombre annuel de semaines de travail.

En effectuant ces analyses, on observe qu'en 1970, parmi les hommes ayant des caractéristiques semblables (scolarité, expérience, etc.), l'anglophone bilingue recevait la meilleure rémunération. En 1980, c'est le francophone bilingue qui reçoit le plus haut salaire et l'unilingue anglophone obtient moins que l'unilingue francophone. En effet, lorsque le francophone unilingue reçoit 100 $, le francophone bilingue reçoit 105,10 $ et l'anglophone unilingue 92,80 $.

Chez les femmes, la francophone bilingue demeure, en 1970 comme en 1980, la mieux rémunérée.

Cet indicateur montre que le français a acquis une rentabilité économique en dix ans. En effet, on peut estimer qu'en 1980, il est plus rentable de parler français que de parler uniquement l'anglais.



Tableau 5.3
Écarts de revenus de travail entre les groupes linguistiques, par sexe et à scolarité égalea
ensemble du Québec, 1970 et 1980


Graphique 5.3
Pourcentage d'écart dans les revenus des groupes linguistiques par rapport aux francophones unilingues, par sexe, et à scolarité égale,
ensemble du Québec, 1970 et 1980


6 Langue et communication

6.1 Presse écrite

6.1.1 Langue des quotidiens, 1960-1990

À partir de 1970, les quotidiens francophones et anglophones semblent suivre des évolutions diamétralement opposées. Le tirage de langue française passe de quelque 800 000 exemplaires à près de 1 000 000. Quant au tirage de langue anglaise, il subit un ralentissement, plus marqué encore entre 1975 et 1980 alors qu'on observe une chute importante du nombre d'exemplaires.

En ce qui concerne les quotidiens francophones, la fermeture du Montréal-Matin et du Jour (entre 1975 et 1980) se traduira par un accroissement sensible du tirage pour l'ensemble des autres quotidiens.

Par ailleurs, la fermeture du Montreal Star à la fin des années 1970 fera chuter de façon notable le nombre d'exemplaires anglophones.

À Montréal, la segmentation linguistique du tirage des quotidiens exprime encore plus clairement la situation observée dans l'ensemble du Québec. Dès 1975, les quotidiens francophones suivent une progression inversement proportionnelle à celle des quotidiens anglophones.

Le tirage total des quotidiens anglophones ne cesse de décroître alors que celui des quotidiens francophones affiche une croissance progressive qui a atteint un sommet en 1985.

Conséquemment, la représentation proportionnelle du tirage de langue française s'accroît (voir le graphique ci-contre). En 1960, 69 % du tirage québécois était de langue française. Trente ans plus tard, cette proportion est passée à 84 %, soit une hausse de 15 points. Cet indicateur porte sur les quotidiens publiés au Québec1; il ne représente donc pas le volume de lecture en français ou en anglais de la population québécoise2.




1 Y compris Le Droit, publié à Ottawa mais distribué majoritairement en sol québécois. [retour au texte]

2 Comme les quotidiens de Toronto vendus à Montréal ne sont pas publiés au Québec, ils ne sont pas comptabilisés. [retour au texte]




Tableau 6.1.1
Nombre de titres et tirage (en milliers) des quotidiens
selon la langue de publication,

ensemble du Québec et Montréal, 1960-1990


Graphique 6.1.1
Répartition (en %) du tirage des quotidiens
selon la langue de publication,

ensemble du Québec, 1960-1990


6.1.2 Composition du lectorat des quotidiens montréalais selon la langue maternelle, 1990

Les données sur la composition du lectorat des quotidiens montréalais constituent un autre indicateur, bien que très partiel, des habitudes de lecture des groupes linguistiques de la région métropolitaine de Montréal.

Notons d'abord que le lectorat du quotidien de langue anglaise The Gazette est composé de 18,8 % de francophones et de 23,7 % d'allophones. Celui des quotidiens de langue française compte de 6 % à 7 % d'anglophones et de 5 % à 10 % d'allophones. Au total, le lectorat de chacun des quotidiens francophones est composé d'au moins 11 % de non-francophones.

On observe par ailleurs que la composition du lectorat des quotidiens francophones est assez homogène, soit entre 84 % et 89 % de francophones.

L'examen des nombres absolus montre que la préférence des allophones va à la lecture du quotidien anglophone. En effet, dans la région métropolitaine de Montréal, près de 130 000 allophones lisent The Gazette, environ 30 000 lisent La Presse, 28 600, Le Journal de Montréal et 6 200, Le Devoir1.




1 Une personne peut être comptée plus d'une fois si elle lit plus d'un quotidien. [retour au texte]






Tableau 6.1.2
Répartition des lecteurs des quotidiens montréalais
selon la langue maternelle, par titre,

Montréala, 1990


Graphique 6.1.2
Répartition (en milliers) des lecteurs des quotidiens montréalais selon la langue maternelle, par titre, Montréal, 1990
Montréal, 1990


6.1.3 Langue des hebdomadaires, 1960-1989

Au Québec, la presse hebdomadaire est principalement constituée de publications d'information générale : les hebdomadaires régionaux. D'autres publications hebdomadaires sont également accessibles aux lecteurs québécois. Pour la plupart, elles sont spécialisées (habitation, affaires, variétés, etc.) et ne sont pas recensées ici1.

Le nombre d'éditions

L'examen global des données de 1960, 1970, 1980 et 1989 démontre que le nombre d'éditions2 des hebdomadaires de langue française au Québec a diminué en 1970. Cette baisse s'est accompagnée d'une augmentation des publications bilingues qui atteignent un sommet avec 44 éditions.

Le nombre de publications de langue anglaise affiche par ailleurs une diminution importante en 1980. Ce nombre atteint la dizaine alors qu'en 1989, une légère remontée le fait passer à 15.

Le tirage

À partir de 1980, les publications de langue française affichent un tirage total particulièrement élevé. Parallèlement, celui des hebdomadaires bilingues demeure important, surtout en 1970 alors que ce genre de publications dépasse même les éditions francophones quant au nombre d'exemplaires.

Le tirage des éditions bilingues a tendance à se replier en 1989 alors que celui des publications anglophones demeure restreint. Quant au nombre d'exemplaires de langue française, il connaît une percée importante.

En 1960, le tirage total des hebdomadaires au Québec était en majorité (52 %) en langue française, alors qu'on retrouvait 38 % d'exemplaires bilingues et à peine 10 % du tirage en langue anglaise. Vingt-neuf ans plus tard, la proportion d'exemplaires de langue française atteint 82 %; celle des exemplaires bilingues a chuté à 16 % et le tirage en langue anglaise est cinq fois moindre et ne représente que 2 % de l'ensemble.




1 Il faut par ailleurs noter la présence dans la région de Montréal d'une quinzaine d'hebdomadaires ethniques, c'est-à-dire publiés dans une langue autre que le français ou l'anglais. [retour au texte]

2 Dans le secteur des hebdomadaires, le mot « édition » est employé au lieu de « titre » pour comptabiliser les publications coiffées d'un même titre mais qui font l'objet de plusieurs éditions.

Les informations sur le tirage proviennent d'organismes de certification comme l'Audit Bureau of Circulation (ABC), le Canadian Circulation Audit Board (CCAB), l'Office de la distribution certifiée (ODC), ou de l'assermentation des éditeurs. La compilation du nombre d'exemplaires pour chacune des années a été effectuée avec les tirages disponibles inscrits dans le répertoire Canadian Advertising Rates & Data (CARD). [retour au texte]




Tableau 6.1.3
Nombre d'éditions et tirage (en milliers) des hebdomadaires selon la langue de publication,
ensemble du Québec, 1960-1989


Graphique 6.1.3
Répartition (en %) du tirage des hebdomadaires
selon la langue de publication,

ensemble du Québec, 1960-1989


6.1.4 Périodiques francophones, 1960-1989

L'examen du nombre de périodiques de langue française édités au Québec1 permet de constater un accroissement sensible entre 1970 et 1980, soit une augmentation annuelle moyenne de 7 points de pourcentage. Entre 1980 et 1989, le nombre de titres demeure pratiquement semblable, l'augmentation annuelle moyenne n'étant que de 0,3 point de pourcentage.

Le tirage, toutefois, passe de quelque 6,1 millions à 4,9 millions d'exemplaires entre 1980 et 1989, ce qui correspond à une diminution annuelle moyenne de 2,2 points de pourcentage.

Dans la mesure où une part importante du marché québécois est constituée de périodiques américains ou européens, cet indicateur ne montre pas l'évolution des habitudes de lecture de la population, d'autant plus que seules les publications québécoises de langue française sont recensées ici.

En revanche, un sondage effectuée en 1989 parla firme Impact Recherche a révélé que 19 des 25 périodiques préférés de la population montréalaise sont publiés en français et produits au Québec. Parmi les dix premiers, neuf sont dans ce cas.




1 Le répertoire Canadian Advertising Rates & Data (CARD) recense uniquement les publications commerciales qui contiennent de la publicité. La compilation du tirage total des périodiques de langue française a été effectuée avec les informations sur les tirages disponibles dans ce répertoire. [retour au texte]




Tableau 6.1.4
Nombre de titres et tirage (en milliers)
des périodiques francophones,
ensemble du Québec, 1960-1989


Graphique 6.1.4
Variation annuelle moyenne (en points de pourcentage) des titres et du tirage des périodiques francophones,
ensemble du Québec, 1960-1989


6.2 Télévision

6.2.1 Écoute de la télévision par les francophones1, 1981-1989

Dans l'ensemble du Québec, tes habitudes d'écoute des francophones — définis en fonction de la langue d'usage et non de la langue maternelle — ont été stables au cours des dernières années. Sauf en 1983, l'écoute accordée à l'ensemble des diffuseurs francophones a varié de moins de 3 points de pourcentage de 1981 à 1989, tandis que la part d'écoute des francophones accordée aux stations de langue anglaise s'est maintenue entre 9,6 % et 12,4 % depuis 1984.

Bien que la programmation des stations de langue française soit populaire auprès des francophones, il n'en demeure pas moins que ceux ci écoutent, en anglais, une proportion importante d'émissions canadiennes anglaises ou américaines. Cette habitude, particulièrement enracinée chez les francophones de Montréal, a atteint son point culminant en 19832. La situation s'est cependant modifiée depuis. De 21,7 % en 1981, avec un sommet de 27,9 % en 1983, la part de l'écoute des francophones de Montréal consacrée aux stations anglophones est descendue à 14,7 % à l'automne 1989.

Si on exclut la région de Montréal, les stations de langue française recueillent environ 90 % de l'écoute des francophones du Québec. Par ailleurs, si on excepte l'année 1983, l'écoute des stations de langue anglaise a varié, au fil des années, entre 7 % et 10 %.

Ce sont surtout les francophones de Montréal qui ont modifié leurs habitudes et qui écoutent de moins en moins les stations de langue anglaise. En conséquence, l'écart se réduit entre la région de Montréal et les autres régions du Québec pour ce qui est de l'écoute des stations de télévision anglophones.




1 Sont considérées ici comme francophones les personnes dont la langue parlée à la maison (langue d'usage) est le français. [retour au texte]

2 De façon générale, les spécialistes attribuent la forte hausse des transferts d'écoute vers les stations de langue anglaise de 1983, entre autres choses, à la grève de Télé-Métropole. [retour au texte]




Tableau 6.2.1
Répartition (en %) de l'écoute de la télévision
par les francophonesa,

ensemble du Québec, Montréalb automnes 1981-1989, journée complète


Graphique 6.2.1
Pourcentage d'écoute des stations de télévision anglophones
par les francophones,

Montréal et le Québec sauf Montréal, automnes 1981-1989,
journée complète


6.2.2 Écoute de la télévision selon la langue d'usage, 1987-1989

L'objet de cet indicateur est de présenter l'écoute de la télévision selon la langue d'usage du téléspectateur. La variable langue d'usage est subdivisée selon les catégories habituelles: français, anglais et autre. Étant donné le faible échantillonnage de personnes dont ta langue d'usage n'est ni le français ni l'anglais qui ont répondu au questionnaire BBM au cours de ces trois années, il est impossible de présenter des données annuelles d'écoute de la télévision pour les allophones. Toutefois, en additionnant les résultats obtenus entre 1987 et 1989 et en faisant la moyenne, il devient possible d'obtenir des données fiables.

Les anglophones écoutent relativement peu la télévision en français puisque leur part d'écoute des stations francophones ne dépasse pas 4,8 %. En comparaison, la part d'écoute des stations anglaises par les francophones est plus élevée puisqu'elle atteint 14,4 %. Les personnes dont la langue d'usage n'est ni le français ni l'anglais écoutent surtout les stations de langue anglaise (64,3 %), alors que leur temps d'écoute des stations de langue française est de 27,5 % seulement.



Tableau 6.2.2
Répartition (en %) de l'écoute de la télévision
par langue d'usagea

Montréalb automnes 1981-1989, journée complète


Graphique 6.2.2
Répartition (en %) de l'écoute de la télévision
par langue d'usage

Montréalb automnes 1981-1989, journée complète


6.3 Radio

6.3.1 Langue de diffusion des stations de radio, 1970-1990

Au Québec, l'univers radiophonique se répartit en stations privées, publiques et communautaires. Entre 1970 et 1990, le nombre total de stations radiophoniques a presque doublé, passant de 68 à 135. Les stations qui diffusent en langue française ont connu la plus forte croissance, soit de 55 à 118. Cette augmentation est encore plus marquée pour les stations MF francophones qui sont passées de 6 à 56.

Le nombre de stations de langue française a donc plus que doublé de 1970 à 1990, alors que le nombre de stations de langue anglaise n'a progressé que de 1,36 fois.

La majorité (87,4 %) des stations existantes diffusent en français. Toutes les stations anglophones se trouvent à Montréal, à l'exception de trois, situées à Sherbrooke, Québec et Saint-Augustin (Basse-Côte-Nord)1.

Le nombre de stations communautaires a également connu une progression importante de 2 à 22; sauf deux d'entre elles, ces stations diffusent en français.

Le nombre de stations multilingues est restreint (2) et n'a pas varié depuis 1970.




1 Ministère des Communications, Direction générale des médias, compilation des données du C.R.T.C. [retour au texte]




Tableau 6.3.1
Répartition du nombre de stations de radioa
selon la langue de diffusion,

ensemble du Québec, 1970-1990


Graphique 6.3.1
Répartition du nombre de stations de radio
selon la langue de diffusion,

ensemble du Québec, 1970-1990


6.3.2 Langue de diffusion et heures d'écoute des stations de radio, 1989

Alors que les francophones représentent environ 83 %1 de la population du Québec, la proportion des heures d'écoute en français atteint 74 % du total. Les stations de langue anglaise recueillent donc le quart de l'écoute radiophonique. Cette situation est caractéristique du marché québécois et elle influence le développement de son système de radiodiffusion.

La part d'écoute des francophones accordée aux stations anglaises est encore plus élevée dans la région métropolitaine de Montréal. En effet, bien que les anglophones ne représentent que 16,9 % de la population de la région de Montréal2, 31 % des stations sont de langue anglaise. De plus, elles recueillent 32,7 % des heures d'écoute.




1 Au recensement de 1986. Voir l'indicateur 1.1. [retour au texte]

2 Michel Paillé, Nouvelles tendances démolinguistiques dans l'île de Montréal, Québec, Conseil de la langue française, « Notes et documents », n° 71, p. 23. [retour au texte]




Tableau 6.3.2
Répartition (en %) des stationsa de radio et des heures d'écoute selon la langue de diffusion,
ensemble du Québec et Montréalb, 1989


Graphique 6.3.2
Répartition (en %) des stations de radio et des heures d'écoute selon la langue de diffusion,
ensemble du Québec et Montréalb, 1989


6.3.3 Écoute des stations de radio de langue anglaise parles francophones1, 1989

L'écoute par les francophones — définis en fonction de la langue d'usage et non de la langue maternelle — des stations de radio de langue anglaise demeure présente année après année. En 1989, quelque 10 % des heures d'écoute des francophones de l'ensemble du Québec sont consacrés aux stations anglophones. Cette part d'écoute est encore plus élevée dans la région de Montréal (13,7 %).

Les stations MF de langue anglaise de Montréal bénéficient particulièrement de l'écoute des francophones puisque leur taux atteint 18 %.

Par ailleurs, la ventilation par groupe d'âge démontre que les jeunes adultes (18-34 ans) sont le plus attirés par l'écoute des stations de radio MF de langue anglaise; ils consacrent presque le quart (24,4 %) de l'écoute à ces stations.




1 Sont considérées ici comme francophones les personnes dont la langue parlée à la maison (langue d'usage) est le français. [retour au texte]




Graphique 6.3.3a
Part de l'écoute radiophonique des francophones accordée aux stations anglophones,
ensemble du Québec, Montréal et le Québec sauf Montréal, 1989


Tableau 6.3.3
Part de l'écoute radiophonique MF des francophones accordée aux stations anglophonesa,
Montréalb, 1989, par groupe d'âge


Graphique 6.3.3b
Part de l'écoute radiophonique MF des francophones accordée aux stations anglophones,
Montréal, 1989, par groupe d'âge


7 Langue et culture

7.1 Édition

7.1.1 Langue de l'édition de monographies, 1972-1989

Les statistiques de l'édition au Québec correspondent aux documents reçus au Bureau du dépôt légal de la Bibliothèque nationale du Québec. Tous les éditeurs, en vertu de la loi sur la Bibliothèque nationale, sont tenus de déposer deux exemplaires de leurs publications. Le dépôt légal exigé par la loi s'applique aux éditions et aux rééditions1 mais non aux réimpressions; il en résulte donc que les statistiques de l'édition, présentées dans cette section, ne concernent que les titres2 et exemplaires d'éditions et de rééditions des monographies3.

Le nombre de titres de monographies, livres4 et brochures5, publiés annuellement entre 1972 et 1989, a été multiplié par 3 alors que celui du nombre d'exemplaires l'a été par 1,5.

La proportion des titres en français est plus élevée de 3 points en 1989 qu'en 1972 et celle des exemplaires, de 13 points. Les publications en français atteignent un sommet au début des années 80, soit environ 90 % des titres et des exemplaires de l'édition québécoise. La proportion des publications en anglais s'est également accrue entre 1972 et 1989, mais de façon moindre que les publications en français. La proportion de titres en anglais s'est accrue de 1,7 point et celle des exemplaires, de 3,3 points. Quant aux publications multilingues et autres, leur place relative dans l'édition québécoise s'est amenuisée, en particulier à partir de 1978, et représente moins de 2,5 % des titres et des exemplaires publiés en 1989.




1 Une « réédition » est une édition qui se distingue des éditions antérieures par des modifications apportées au contenu ou à la présentation. [retour au texte]

2 « Titre est le terme utilisé pour désigner une publication imprimée, constituant un tout distinct, qu'elle soit en un ou plusieurs volumes. [retour au texte]

3 Une « monographie » est un ouvrage (livre ou brochure) formant un tout en un ou plusieurs volumes, soit qu'il paraisse en une seule fois, soit que la publication s'étale sur une durée limitée selon un plan établi à l'avance. [retour au texte]

4 Un « livre est une publication non périodique comptant au moins 49 pages (pages de couverture non comprises), éditée dans le pays et offerte au public. [retour au texte]

5 Une « brochure » est une publication non périodique imprimée comptant au moins 5, mais pas plus de 48 pages (pages de couverture non comprises), éditée dans le pays et offerte au public. [retour au texte]




Tableau 7.1.1
Répartition (en %) des titres et des exemplaires de l'édition de monographies selon la langue de publication,
ensemble du Québec, 1972-1989


Graphique 7.1.1
Pourcentage de l'édition de monographies en français (titres),
ensemble du Québec, 1972-1989


7.1.2 Langue de l'édition commerciale, 1972-1989

Le nombre de titres des maisons d'édition commerciale a plus que doublé entre 1972 et 1982. Tout au long de cette période, le nombre de titres publiés en français a progressé plus rapidement que tout autre; de 1972 à 1989, 2,2 fois plus de titresont été publiés en français, 1,7 fois plus en anglais, et les titres multilingues et autres se sont multipliés par 1,2. La place relative occupée par l'édition commerciale en langue française est devenue plus importante, à partir de 1980 notamment. Au cours des dernières années de la décennie, la proportion des titres publiés en français atteint 90 % alors qu'elle était d'environ 85 % en 1972. Les titres publiés en anglais, eux, accusent une baisse relative d'environ 2 points entre 1972 et 1989 alors que lestitres multilingues et autres ont diminué de 1,5 point.

L'évolution du nombre d'exemplaires des publications commerciales s'apparente à celle du nombre de titres. L'année 1988 demeure exceptionnelle, avec un nombre d'exemplaires qui, au total, dépasse 15 millions et, pour les publications en français, 14 millions. La progression observée pour l'ensemble vaut pour les publications en français. Les exemplaires des publications en anglais varient en nombre au cours des ans, mais ils font un bond en 1988 et en 1989, où leur nombre dépasse le million. Quant aux publications multilingues et autres, le nombre d'exemplaires varie considérablement selon les années.

Le pourcentage des exemplaires de langue française dans l'ensemble de l'édition commerciale se maintient entre 89 % et 96 %, à l'exception de fa période de 1976 à 1978 et de l'année 1989. Les exemplaires en langue anglaise améliorent leur part relative du nombre d'exemplaires en 1978 (11,3 %) et en 1989 (11,6 %). La place relative des exemplaires multilingues et autres, elle, est exceptionnelle en 1976 (15,8 %).

Les tirages moyens de l'édition commerciale sont à la baisse; en 1972, le tirage moyen était d'environ 3 800 exemplaires alors qu'il est de 3 200 en 1989. Les années 1987 et 1988 ne suivent pas cette tendance : en 1987, le tirage moyen était d'environ 4 000 exemplaires et en 1988, de plus de 5 000. De façon générale, les tirages des publications en français sont à la baisse, exception faite des années 1987 et 1988, alors que ceux des publications en anglais seraient à la hausse depuis 1984. Notons que le tirage moyen des publications multilingues et autres est généralement plus bas que pour l'ensemble de l'édition commerciale, à quelques exceptions près.



Tableau 7.1.2
Répartition (en %) des titres et des exemplaires de l'édition de commerciale selon la langue de publication,
ensemble du Québec, 1972-1989


Graphique 7.1.2
Pourcentage de l'édition commerciale en français (titres),
ensemble du Québec, 1972-1989


7.1.3 Langue des publications du gouvernement du Québec, 1972-1989

Des variations importantes marquent les publications du gouvernement du Québec au cours de la période de 1972 à 1989. Cependant, depuis 1986, le nombre de titres publiés par le gouvernement du Québec s'est stabilisé à 1 500 titres environ. Les tendances sont différentes selon la langue de publication. Au cours des cinq dernières années, les titres français ont diminué, en nombre et en pourcentage, alors que les titres anglais ont diminué en nombre mais augmenté en proportion. Depuis 1984, la proportion des titres anglais dépasse 10 %. Par contre, les publications multilingues et autres occupent une place de plus en plus marginale dans les publications gouvernementales. Alors qu'en début de période le gouvernement du Québec publiait annuellement plus d'une centaine de titres multilingues et autres, leur nombre demeure inférieur à 40 depuis 1985 et représente moins de 2 % des publications gouvernementales.

Le nombre total d'exemplaires de l'édition gouvernementale est le plus élevé au cours des années 1975 à 1985 alors qu'il se situe entre 5 et 7 millions d'exemplaires annuellement. À partir de 1986, ce nombre passe sous le seuil des 4 millions. Cette baisse est la conséquence conjuguée d'une diminution du nombre de titres publiés et d'un tirage moyen plus faible. La répartition des exemplaires selon la langue de publication ne connaît pas, au cours des années 80, de fluctuations aussi marquées que durant la décennie 1970-1980. À partir de 1980, la part des exemplaires en français oscille néanmoins entre 79,1 % et 89,7 %, alors que les publications en anglais atteignent environ 15 % du nombre des exemplaires et que les publications multilingues et autres passent sous les 2 %. Avant 1978, les exemplaires en français comptaient dans une proportion moindre, les publications en anglais représentaient moins de 10 % alors que les exemplaires multilingues et autres représentaient une proportion beaucoup plus élevée que celle de leurs titres. En effet, leur tirage moyen était largement supérieur à celui des publications en français. Par la suite, la proportion des exemplaires en anglais a augmenté de façon importante alors que diminuait celle des exemplaires multilingues et autres.

Avec les ans, le tirage moyen des publications gouvernementales a été réduit; il était de 4 400 exemplaires partitre pour les années 70. Les publications en français avaient cependant un tirage moyen inférieur aux autres publications. Au cours des années 80, le tirage moyen a baissé à 2 600 exemplaires et les écarts dans les moyennes selon la langue de publication sont maintenant disparus.



Tableau 7.1.3
Répartition (en %) des titres et des exemplaires des publications du gouvernement du Québec selon la langue de publication,
ensemble du Québec, 1972-1989


Graphique 7.1.3
Pourcentage des publications du gouvernement du Québec
en français (titres),

ensemble du Québec, 1972-1989


7.2 Cinéma et vidéocassette

7.2.1 Langue de projection dans les cinémas, 1976-1989

Le nombre de projections cinématographiques1 dans les salles de cinéma et les ciné-parcs a augmenté de 15 % entre 1976 et 1989, passant de 231 689 projections en 1976 à 267 315 projections en 1989. Après 1982, on observe une baisse dans le nombre de projections jusqu'en 1986, année qui marque un relèvement. Cette évolution générale cache cependant des différences selon la langue de projection2. Les projections dans une langue autre que le français3 augmentent généralement au cours de cette période, en particulier entre 1980 et 1982. Pour leur part, les projections en langue française augmentent jusqu'en 1980 pour diminuer ensuite. Ce n'est qu'en 1986 que le nombre de projections en français est de nouveau à la hausse, sans atteindre cependant les sommets antérieurs. En 1989, le nombre de projections en français représente 93 % du nombre de 1976, alors que celui des projections dans une autre langue atteint 173 %.

L'assistance4 annuelle aux projections cinématographiques dans les salles et les ciné-parcs a connu une baisse importante (13 %) entre 1976 et 1989; c'est entre 1980 et 1986 que la perte d'assistance est la plus élevée. Ce mouvement est le produit de tendances inverses selon la tangue de projection. Au cours de cette période, on enregistre une forte baisse (35 %) de l'assistance aux projections en français, alors que l'assistance aux films dans une autre langue que le français augmente de 50 %. En prenant la langue comme point de comparaison, on peut rapprocher les fluctuations d'assistance à celles du nombre de représentations; en effet, les variations d'assistance selon la langue de projection dessinent une courbe de forme similaire à celle du nombre de représentations.

En 1976, les projections en français rejoignaient les trois quarts de l'assistance; cette proportion baisse jusqu'en 1987 où l'assistance en langue française et celle en une autre langue se rejoignent. Au cours des deux dernières années, soit 1988 et 1989, l'assistance aux projections en langue française a amorcé un mouvement à la hausse.




1 Le « nombre de projections » correspond au nombre de représentations. [retour au texte]

2 La « langue de projection » est la langue parlée sur la bande sonore lors de la projection d'un film. Par exemple, un film anglais doublé en majeure partie en français est considéré de langue française, tandis qu'un film anglais sous titré en français ne l'est pas. [retour au texte]

3 Les statistiques sur le cinéma, produites par le Bureau de la statistique du Québec, distinguent deux catégories selon la langue de projection, soit les projections en français et les projections dans une langue autre que le français. On comprendra que cette dernière catégorie comprend surtout des projections en langue anglaise. [retour au texte]

4 L'« assistance » est définie par le nombre de personnes qui ont payé un billet d'entrée pour assister à une représentation. [retour au texte]




Tableau 7.2.1
Répartition (en %) des profections cinématographiques et de l'assistance selon la langue de projection,
ensemble du Québec, cinémas et ciné-parcs, 1976-1989


Graphique 7.2.1
Répartition (en %) de l'assistance
selon la langue de projection,

ensemble du Québec, cinémas et ciné-parcs, 1976-1989


7.2.2 Langue d'écoute des films sur vidéocassettes selon la langue maternelle, 1987-1989

Le magnétoscope a rapidement pris place parmi les équipements audiovisuels des ménages québécois. En 1985, un ménage sur trois possédait un magnétoscope et deux sur trois en 19891. L'arrivée du magnétoscope dans le foyer adonné lieu à de nouvelles pratiques telles que la location de vidéocassettes et leur visionnement à domicile. Ainsi, la proportion de la population âgée de 15 ans et plus qui regarde des vidéocassettes louées s'est accrue de 10 points entre 1986 et 1989, passant de 24,5 % à 34,4 %2.

Les francophones sont venus un peu plus tardivement à l'écoute de vidéocassettes louées. En effet, en 1986, 24 % des francophones regardaient des films sur vidéocassettes louées, comparativement à 26 % des anglophones et à 31 % des allophones. En 1989, la situation était la suivante: la proportion des francophones est passée à 34 %, celle des anglophones à 39 % alors que les allophones sont demeurés à 31 %3.

Selon les années, la population québécoise âgée de 15 ans et plus regarde mensuellement de 8 à 10 millions de films sur vidéocassettes louées. L'augmentation la plus importante est survenue en 1987, pour les films tant en version française qu'en version anglaise. Après un léger fléchissement en 1988, le nombre des vidéocassettes regardées en français augmente par la suite régulièrement alors que décroît celui des vidéocassettes en anglais.

La part des films en version française dans l'ensemble a augmenté de 14 points entre 1986 et 1990, passant de 56 % à 70 %, ce qui s'explique à la fois par le comportement des francophones et celui des allophones. Entre 1987 et 1989, la part des films regardés en version française est passée de 67,5 % à 75,4 % chez les francophones et de 27,4 % à 33,9 % chez les allophones. Quant aux anglophones, les vidéocassettes en français ne représentent que 5 % de leur écoute totale.




1 Enquête annuelle de la firme Jean Jolicoeur et associés, Statmédia. Cette enquête est effectuée chaque printemps auprès d'un échantillon d'environ 3 000 répondants, représentatif de la population québécoise âgée de 15 ans et plus. [retour au texte]

2 Ibid. [retour au texte]

3 Ibid. [retour au texte]




Tableau 7.2.2
Répartition (en %) des films regardés sur vidéocassettes louées selon la langue d'écoute, par langue maternelle
ensemble du Québec, 1987-1989, population âgée
de 15 ans et plus


Graphique 7.2.2
Répartition (en %) des films regardés sur vidéocassettes louées selon la langue d'écoute, par langue maternelle
ensemble du Québec, 1986-1989, population âgée
de 15 ans et plus


7.2.3 Répartition des spectateurs de films sur vidéocassettes selon la langue d'écoute, 1987-1989

La tendance dominante, tant chez les francophones que chez les anglophones, est d'écouter des vidéocassettes dans sa langue maternelle. Chez les allophones, la préférence pour les films en version anglaise demeure mais l'écoute en français gagne du terrain. Des changements intéressants se produisent dans les habitudes d'écoute de vidéocassettes selon la langue maternelle.

Les francophones sont de plus en plus nombreux à regarder des vidéocassettes exclusivement en français; même si chez eux une proportion stable n'écoute des vidéocassettes qu'en anglais, celle des spectateurs dans les deux langues a diminué au profit de l'écoute en français exclusivement.

Les anglophones, pour leur part, demeurent peu enclins à regarder des vidéocassettes en français; on décèle cependant, à partir de 1988, un intérêt pour l'écoute de versions françaises chez un petit nombre.

Les variations les plus marquées apparaissent chez les allophones. Au cours des trois années d'observation, de 1987 à 1989, il y a une baisse de près de 18 points chez ceux qui regardent des vidéocassettes exclusivement en anglais. Les allophones sont de plus en plus nombreux à regarder des vidéocassettes soit exclusivement en français, soit en français et en anglais.



Tableau 7.2.3
Répartition (en %) des spectateurs de films sur vidéocassettes louées selon la langue d'écoute, par langue maternelle
ensemble du Québec, 1987-1989, population âgée
de 15 ans et plus


Graphique 7.2.3
Répartition (en %) des spectateurs de films sur vidéocassettes louées selon la langue d'écoute chez les francophones et les anglophones
ensemble du Québec, 1987-1989, population âgée
de 15 ans et plus



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