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La langue de l'affichage à Montréal de 1997 à 1999

Conseil de la langue française
Office de la langue française
Commission de protection de la langue française
Secrétariat à la politique linguistique


8 novembre 2000





Dépôt légal - 2000
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque du Canada
ISBN 2-550-36766-9.



Résumé de la publication

En 1997, le Conseil de la langue française, l'Office de la langue française et la Commission de protection de la langue française ont effectué une collecte de données portant sur l'affichage des commerces dans l'île de Montréal. La même enquête a été refaite à l'automne 1999, en respectant le plus possible les mêmes conditions, pour étudier l'évolution de la situation. La dernière collecte de données a été faite à Montréal de la mi-septembre à la mi-octobre 1999. Les enquêtes de 1997 et de 1999 ont porté chacune sur 3 100 commerces et ont permis d'analyser plus de 25 000 messages. La présente étude rend compte de la place qu'occupait en 1999 le français dans les façades des commerces par rapport à l'anglais et aussi par rapport aux autres langues comme l'italien, le grec, l'espagnol, le chinois, etc. Elle a aussi pour objectif de montrer l'évolution de la présence des langues dans l'affichage des commerces de 1997 à 1999 dans l'île de Montréal.


Table des matières

Avant-propos

Présentation

Introduction

Les concepts de base

La méthode d'enquête

Différences méthodologiques avec les enquêtes précédentes

Le contenu du présent rapport

Le cas particulier des noms de commerces et d'entreprises

  1. LA CONFORMITÉ DES COMMERCES AUX DISPOSITIONS
    LÉGISLATIVES SUR LA LANGUE DE L'AFFICHAGE


  2. LE VISAGE LINGUISTIQUE DES COMMERCES
    Les commerces qui n'affichent que dans une seule langue
    La place du français dans l'ensemble des commerces

  3. LE VISAGE LINGUISTIQUE GLOBAL DE L'ÎLE-DE-MONTRÉAL
    Présence des langues dans les messages
Conclusion

Annexe 1 : table des symboles

Annexe 2 : plan d'échantillonnage

Annexe 3 : l'affichage extérieur des commerces sur rue

Annexe 4 : grille d'observation  





Avant-propos



En 1997, le Conseil de la langue française, l'Office de la langue française et la Commission de protection de la langue française ont effectué une collecte de données portant sur l'affichage des commerces de l'Île-de-Montréal. La même enquête a été refaite à l'automne 1999 en respectant le plus possible les mêmes conditions, pour étudier l'évolution de la situation.

Le plan d'échantillonnage des commerces ayant pignon sur rue est le même que celui qui a été utilisé pour les observations de 1997, sauf pour les commerces du centre-ville que l'on a surreprésentés dans l'échantillon de 1999; de ce fait, les données ont été pondérées. On trouvera en annexe un résumé du plan qui a été préparé par la firme Statplus.

La dernière collecte de données a été faite à Montréal de la mi-septembre à la mi-octobre 1999. Le travail de cueillette a été réalisé par la firme Écho Sondage sous la supervision de l'Office et du Conseil de la langue française. La validation des données sur le terrain a été effectuée par la firme et, en partie, par un inspecteur de la Commission de protection de la langue française. Le traitement de l'information et l'analyse ont été faits par l'Office et le Conseil de la langue française.

Les enquêtes de 1997 et de 1999 ont porté chacune sur 3 100 commerces et ont permis d'analyser plus de 25 000 messages.






Présentation



L'introduction présente un historique de la question de l'affichage au Québec, résume l'évolution de la législation linguistique sur ce sujet et présente les concepts de base qui serviront à l'analyse. On y discute aussi de différents points méthodologiques.

Nous évaluerons dans une première partie la proportion des commerces qui ne se conforment pas aux dispositions régissant l'emploi des langues dans l'affichage. Il faut mentionner que, dans le présent rapport, la présentation de la conformité des commerces a été rédigée en faisant abstraction des raisons sociales pour les motifs qui seront expliqués dans l'introduction.

Ensuite, nous procéderons à une analyse sociolinguistique de l'affichage.

On peut étudier la présence des langues dans l'affichage selon deux points de vue : en prenant comme unité d'analyse le commerce ou en prenant comme unité le message. Dans un premier temps, nous étudierons la présence des langues dans les commerces; c'est ce que nous appellerons le visage linguistique de l'affichage des commerces.

Dans un deuxième temps, nous ferons abstraction des commerces eux-mêmes pour concentrer l'analyse sur la langue des messages : cette partie offrira donc une image du visage linguistique global de l'Île-de-Montréal ainsi que des secteurs et des zones définis pour les fins de l'enquête.

Dans la conclusion, nous résumerons les faits saillants de l'étude.




Introduction



La présente étude rend compte de la place qu'occupait en 1999 le français dans les façades des commerces par rapport à l'anglais et aussi par rapport aux autres langues comme l'italien, le grec, l'espagnol, le chinois, etc. Elle a aussi pour objectif de montrer l'évolution de la présence des langues dans l'affichage des commerces de 1997 à 1999 dans l'Île-de-Montréal (région 06).

Si le Conseil et l'Office de la langue française en sont rendus à publier leur quatrième enquête sur l'affichage, c'est que cette question, aujourd'hui comme hier, préoccupe beaucoup les Québécois. L'affichage revêt d'ailleurs une importance particulière dans le plan d'aménagement linguistique du Québec parce que, étant observables par l'ensemble de la population, les changements dans l'affichage confirment l'efficacité de la loi1. Il n'est donc pas inutile, pensons-nous, de faire un court rappel historique, puis d'esquisser l'évolution de la législation linguistique en matière d'affichage.

Historique

Les témoignages les plus anciens sur la question de l'affichage remontent au XIXe siècle. Lors de son célèbre voyage en Amérique, Alexis de Tocqueville a eu l'occasion de visiter le Bas-Canada en 1831 et il a été frappé par l'omniprésence de l'anglais dans l'affichage :

Les villes, et en particulier Montréal (nous n'avons pas encore vu Québec), ont une ressemblance frappante avec nos villes de province. Le fond de population et l'immense majorité est partout française. Mais il est facile de voir que les Français sont le peuple vaincu. Les classes riches appartiennent pour la plupart à la race anglaise. Bien que le français soit la langue presque universellement parlée, la plupart des journaux, les affiches, et jusqu'aux enseignes des marchands français sont en anglais2.






1 Sur cette question, voir les réflexions de Jean-Claude Corbeil, L'aménagement linguistique du Québec, Montréal, Guérin, 1980. [retour au texte]

2 Alexis de Tocqueville, Œuvres complètes, tome v : Voyages en Sicile et aux États-Unis, Paris, Gallimard, 1957. Cité par Guy Bouthillier et Jean Meynaud, Le choc des langues au Québec 1760-1970, Montréal, Presses de l'Université du Québec, 1972, p. 139. [retour au texte]




Tocqueville écrit au sujet de Québec :

Toute la population ouvrière de Québec est française. On n'entend parler que du français dans les rues. Cependant, toutes les enseignes sont anglaises3.

En 1916, l'abbé Étienne Blanchard faisait un constat analogue :

Les affiches qui s'étalent le long des rues de nos grandes villes sont la plupart du temps anglaises; quand elles sont bilingues, ce sont presque toujours des traductions boiteuses où domine la note, la tournure d'idée anglaise4.

Un auteur décrit ainsi la situation de l'affichage dans le centre-ville de Montréal dans les années 1960 :

Regardez au centre de la ville, dans le quartier Sainte-Catherine-Peel par exemple : presque toutes les grandes enseignes sont uniquement en anglais, et cela malgré la fameuse révolution tranquille (oh! ce tranquille!) et la majorité française qui fait vivre même le centre de la ville. Il y a bien peu de français sur les petites pancartes des vitrines et sur les menus, pour la vente! Mais pour s'affirmer, allez donc! c'est en anglais qu'ils se proclament ces commerçants. L'anglais, leur langue, ou celle du plus fort, au Canada, pour laquelle ils ont opté, faisant fi de la réalité démographique française du Québec et de Montréal même5.

Pendant longtemps, les revendications ont donc porté sur le fait que le Québec, et spécialement sa métropole, n'offrait pas un visage français. On en vint à prendre à partie, non seulement l'unilinguisme anglais, mais aussi le bilinguisme. Ce rejet du bilinguisme dans l'affichage a été justifié par René Lévesque de la manière suivante :

À sa manière, chaque affiche bilingue dit à l'immigrant : il y a deux langues ici, le français et l'anglais, on choisit celle qu'on veut. Elle dit à l'anglophone : pas besoin d'apprendre le français, tout est traduit6.





3 Ibid., p. 140. [retour au texte]

4 Abbé Étienne Blanchard, « Le français et l'affichage », Almanach de la langue française, édité par la Ligue des droits du français, première année, 1916, pp. 95-101. [retour au texte]

5 Roland Lorrain, La mort de mon joual, Montréal, Éditions du Jour, 1966, p. 80. [retour au texte]

6 Cité par Yves Beauchemin, La Presse, 25 avril 1986. [retour au texte]




On note, en 1970, la rédaction d'un premier travail universitaire, en fait un mémoire de maîtrise, portant spécifiquement sur la langue de l'affichage. Tout au long des années 1970 et 1980, la question retiendra l'attention des organismes chargés de mettre en oeuvre la politique linguistique. La Commission de surveillance de la langue française (connue par après sous le nom de Commission de protection de la langue française) procédera à toute une série de coups de sonde dans le centre-ville de Montréal alors que les bureaux régionaux de l'Office de la langue française analyseront la situation de l'affichage en Estrie, à Trois-Rivières et à Drummondville. Le Conseil de la langue française mentionnera la question dans quelques avis.

L'évolution de la législation linguistique

La question de l'affichage a été présente dans toute la législation linguistique québécoise depuis 1969. Mais elle a évolué au fil des modifications législatives et des décisions judiciaires.

La Loi pour promouvoir la langue française au Québec (le « bill 63 » de 1969) ne faisait que confier le mandat à l'Office de la langue française de « conseiller le gouvernement sur toute mesure législative ou administrative qui pourrait être adoptée en matière d'affichage public pour faire en sorte que la langue française y soit prioritaire » (art. 4, modifiant l'article 14 de la Loi du ministère des affaires culturelles).

La Loi sur la langue officielle, en 1974, a rendu obligatoire la présence du français dans l'affichage public et rejeté l'unilinguisme anglais au profit de l'usage du français seul ou du bilinguisme égalitaire français-anglais.

En 1977, le régime juridique de l'affichage a été modifié substantiellement par la Charte de la langue française pour établir, comme règle générale, l'unilinguisme français, mais de nombreuses exceptions ont continué de permettre de faire usage d'une autre langue en plus ou à la place du français, notamment pour les messages de type religieux, politique, idéologique ou humanitaire. L'unilinguisme français de l'affichage avait pour rôle de manifester, aux yeux de l'ensemble de la population, que le passage de l'unilinguisme anglais ou du bilinguisme au français était en cours, non seulement sur les enseignes mais aussi ailleurs dans la société. Les règles adoptées en 1977 ont évolué au fil des ans parce que les gouvernements successifs ont apporté des modifications à la loi, souvent à la suite de décisions judiciaires.

En 1983, par la « loi 57 », le régime d'unilinguisme a été précisé pour permettre expressément l'affichage bilingue à l'extérieur des établissements spécialisés dans la vente de produits typiques d'une communauté étrangère.

Le régime juridique de l'affichage a été contesté devant les tribunaux à de nombreuses reprises. C'est ainsi qu'en décembre 1988 la Cour suprême du Canada l'invalidait mais ajoutait que le législateur pouvait imposer l'usage « nettement prédominant » de la langue française. Pour la Cour, l'objectif du législateur québécois était « que le " visage linguistique " du Québec reflète la prédominance du français » (Ford c. P.G. Québec [1988] 2 R.C.S. 778) et que cet objectif était justifié.

En 1988, à la suite de ce jugement, le gouvernement du Québec a adopté la « loi 178 » qui maintenait la règle de l'unilinguisme français dans l'affichage public et la publicité commerciale faits à l'extérieur des commerces mais qui permettait dans certains cas l'utilisation d'une autre langue à l'intérieur à la condition que le français figure de façon nettement prédominante; on pouvait aussi utiliser une autre langue en plus du français dans l'affichage extérieur dans le cas des produits culturels et des produits typiques d'un groupe ethnique particulier. Pour assurer la sécurité juridique de ces règles, la loi recourait à la disposition de dérogation (dite clause « nonobstant ») prévue dans la loi constitutionnelle de 1982.

En 1993, le délai de cinq ans prévu dans la disposition de dérogation étant venu à échéance, le gouvernement du Québec a décidé de ne pas recourir de nouveau à cette disposition et a permis, par la « loi 86 », la présence d'une autre langue dans l'affichage tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des commerces en plus de la langue officielle (dont la présence est obligatoire) à la condition d'accorder à cette dernière la nette prédominance.






Les concepts de base



Dans la présente section, nous allons définir les concepts sur lesquels reposent nos enquêtes de 1997 et de 1999.

Tout d'abord, les enquêtes ont porté sur l'affichage commercial, c'est-à-dire l'affichage, visible de la rue, des vitrines et des façades des commerces et des entreprises de services, à l'exclusion de l'affichage des gouvernements (fédéral, provincial, municipaux), des établissements scolaires publics (écoles primaires et secondaires, cégeps, universités) et des édifices religieux (églises, temples, synagogues, mosquées). Les annonces d'événements culturels (concerts, expositions, pièces de théâtre, etc.) ont été retenues lorsqu'elles figuraient dans la vitrine d'un commerce (souvent un dépanneur). De même, les annonces à contenu personnel, religieux, politique, idéologique, humanitaire (campagne Centraide, lutte contre le sida, collectes de la Croix-Rouge, etc.) ont été prises en considération lorsqu'elles apparaissaient sur la façade d'un commerce (là aussi, souvent un dépanneur). Les enquêtes n'ont pas porté sur l'affichage des centres commerciaux lorsque cet affichage n'est pas visible de la rue.

Une des unités d'analyse de la présente enquête est le message. Pour les fins de l'enquête, le message a été défini comme une unité d'information formée d'un ou de plusieurs mots. Ainsi, le message n'exprime qu'une seule idée générale; les qualificatifs et compléments déterminatifs qui se rattachent à l'idée générale, qui en sont indissociables, font partie intégrante du message. Le message n'équivaut donc pas nécessairement à un mot, pas plus qu'il n'équivaut nécessairement à une affiche. Une affiche peut comprendre un message d'un seul mot ou de plusieurs mots, mais elle peut aussi comprendre plusieurs messages. Un même message peut même être véhiculé sur plusieurs affiches différentes. Bref, le message est une unité sémantique, non une unité physique (comme une affiche).

Premier exemple



Freins
Soudure électrique
Transmission standard  
Trois messages, même s'il n'y a qu'une seule affiche





On doit aussi insister sur le fait que le message, s'il est souvent rédigé en une seule langue, peut aussi apparaître en deux ou plusieurs langues : l'unité de sens qu'est le message peut donc s'exprimer en une ou plusieurs langues.

Deuxième exemple



Solde  Solde  Sales 



  Une seul message, bilingue, avec
prédominance du français, mais sur trois
affiches distinctes 





Troisième exemple



ESCOMPTE
Vingt à soixante pour cent
Pour le mois 
DISCOUNT
Twenty to sixty per cent
For the month 
ESCONTO
Vente a sesante per cente
Per il messe 


  Un seul message, sur trois affiches, mais le même message apparaît en trois langues 




Il arrive, par exemple dans le cas d'un nom propre utilisé seul ou dans le cas d'une marque de commerce, qu'il soit impossible de préciser à quelle langue le message appartient. Exemples : Tremblay inc., Di Stasio inc., Nortel, IBM. Même lorsque la marque de commerce pouvait avoir une appartenance linguistique claire (La Belle Gueule, Dunkin Donuts, etc.), il a été décidé de la ranger, elle aussi, dans la catégorie dite des « indéterminables » parce que la loi, compte tenu des accords internationaux, ne peut obliger à traduire une marque de commerce.

L'affichage commercial recourt souvent à des listes. Nous avons considéré la liste comme équivalant à un message.

Quatrième exemple



Escomptes
  • Cosmétiques
  • Parfums
  • Cartes de souhaits
 


Nous sommes biens conscients que la notion de message a ses limites. On pourra faire valoir que le contenu sémantique de certains messages est plus puissant que celui d'autres messages, qui attirent peut-être moins l'attention. Ainsi, le message Push-Poussez gravé sur les portes est moins prégnant (s'impose moins à l'esprit) que d'autres messages. La méthode utilisée ne permet pas de rendre compte de la plus ou moins grande prégnance des messages. De même, elle ne permet pas de distinguer les messages installés par le commerçant de sa propre initiative des messages qu'il est obligé d'afficher parce qu'il appartient à un réseau (ainsi, certains fleuristes n'ont pas d'autre choix que celui d'afficher un message en anglais indiquant qu'ils font partie de tel ou tel réseau).

Ajoutons, enfin, que le commerce constitue la principale unité d'analyse.




La méthode d'enquête



Les consignes données aux observateurs Les observateurs ont reçu une formation théorique et pratique de quatre jours et demi. La formation théorique portait sur la notion de message, sur la façon de déterminer la langue des messages, sur la méthode à utiliser pour procéder à l'échantillonnage des commerces (voir l'annexe 2), sur la manière de déterminer que l'affichage d'un commerce est conforme à la loi, sur la façon de remplir la grille d'analyse, etc. La formation pratique s'est faite à partir de photos et de travaux sur le terrain.

Une fois rendus sur le terrain, les observateurs devaient remplir une grille d'analyse (dont on trouvera un exemplaire en annexe du présent rapport). Ils devaient d'abord déterminer quels commerces ils devaient observer à partir du plan d'échantillonnage (voir l'annexe 2). Une fois le commerce repéré, ils devaient observer chaque message, noter la raison sociale (le nom de l'établissement) et déterminer à quelle catégorie linguistique les messages appartenaient : message unilingue français, message bilingue français-anglais avec prédominance du français, message bilingue avec égalité du français et de l'anglais, message unilingue anglais, etc., en n'oubliant pas que certains messages peuvent n'avoir aucune langue propre (c'est la catégorie des « indéterminables »); ils devaient aussi indiquer la langue des messages rédigés ni en français ni en anglais. L'observateur devait, enfin, évaluer si, globalement, le commerce accordait au français la nette prédominance que prévoit la loi.






Différences méthodologiques
avec les enquêtes précédentes



En 1995, à l'occasion du bilan de la situation de la langue française au Québec, l'Office et le Conseil de la langue française ont mené une première enquête sur l'affichage commercial dans l'Île-de-Montréal à l'intérieur de délais très courts. Il a alors fallu mettre au point, très rapidement, une méthode tout à fait nouvelle, qui n'avait pas encore été testée et qui ne pouvait pas l'être compte tenu des délais. Lorsque la méthode a été utilisée pour la première fois en 1995, il n'avait pas été prévu que l'on s'en servirait pour suivre l'évolution de l'affichage sur une base annuelle ou quasi annuelle; elle n'avait donc pas été conçue dans cette perspective.

En 1996, l'Office et le Conseil de la langue française ont reçu le mandat d'évaluer de nouveau la situation de l'affichage; on leur demandait aussi de faire une comparaison avec la situation de 1995. Divers problèmes méthodologiques sont apparus qu'il a fallu alors régler pour assurer la comparabilité des résultats avec ceux de l'année précédente. La reprise de l'enquête en 1996 a permis de montrer que la méthode utilisée était très bonne dans une perspective de correction, c'est-à-dire pour repérer les affiches qui contreviennent à la loi, mais qu'elle ne semblait pas assez précise pour suivre, au fil des années, l'évolution du rapport entre les langues dans l'affichage. En particulier, ainsi qu'il est mentionné dans le rapport de 19967, la méthode avait pour effets de multiplier le nombre des messages et de causer une certaine variation d'un observateur à l'autre. Il n'est pas impossible que cela ait entraîné une certaine imprécision quant au poids relatif des langues en présence dans le paysage montréalais. L'expérience de l'enquête de 1996 a montré que, dans les enquêtes futures, il faudrait mieux définir la notion de message et standardiser certains paramètres. Par ailleurs, il avait fallu, lors de l'analyse de l'enquête en 1996, abandonner la notion de « messages indéterminables » pour mieux assurer la comparabilité avec l'année précédente. Cette solution n'était pas idéale car elle occulte le fait que, dans le paysage linguistique, il y a un bon nombre de messages que l'on ne peut attribuer à une langue en particulier (noms propres, marques de commerce, combinaisons artificielles de lettres pour désigner un commerce, etc.).






7 L'évolution de la situation de l'affichage à Montréal, 1995 et 1996, Québec, Conseil de la langue française, coll. «Documentation», no 35, 1997, p. 7. [retour au texte]




À la suite de l'enquête de 1996, l'Office et le Conseil de la langue française ont entrepris une réflexion pour mettre au point une méthode d'observation plus fiable. Au cours de l'été 1997, des tests, sur photos et sur le terrain, ont été faits pour comparer la méthode déjà utilisée à deux autres méthodes. Il en est ressorti la confirmation que la première méthode présentait des lacunes qui rendaient difficile une comparaison fine des données. Les résultats ont aussi montré que l'une des deux autres méthodes permettait de réduire les fluctuations entre observateurs par rapport à un certain nombre de paramètres.

En 1997, les organismes chargés d'appliquer la Charte de la langue française ont reçu le mandat d'évaluer la présence des langues dans l'affichage de l'Île-de-Montréal en comparant les résultats avec ceux de 1995 et de 1996. On a donc demandé aux chercheurs de ne pas changer de méthode en vue d'assurer la comparabilité des résultats. Toutefois, on a aussi procédé en même temps à une autre enquête, mais utilisant la méthode qui avait permis de limiter la variation entre observateurs lors des tests de l'été 1997. Les résultats qui ont ensuite été publiés sont ceux de l'ancienne méthode alors que les chiffres pour 1997 qui apparaissent dans le rapport actuel sont ceux de la nouvelle méthode; par conséquent, les données de 1997 apparaissant dans le présent rapport sont publiées pour la première fois. Il faut donc bien prendre en considération que les résultats de la première des deux enquêtes de 1997 ne sont pas comparables avec ceux de 1999. Du point de vue méthodologique, les résultats publiés dans le présent rapport, même s'ils portent eux aussi sur l'année 1997, ne peuvent pas se comparer avec ceux qui ont été publiés dans le rapport de 1997.

La méthode des premières enquêtes, qui, pour l'essentiel, reprenait les techniques mises au point par l'ancienne Commission de protection de la langue française, conduisait à un fractionnement du nombre des messages pouvant varier fortement d'un observateur à l'autre. La nouvelle méthode utilise une notion de message plus raffinée, permet de réintroduire la notion de messages dont la langue est « indéterminable » et, par l'introduction de la notion de liste dont nous avons parlé plus haut, a pour effet de réduire la variation entre les observateurs.

Dans le tableau qui suit, seules les enquêtes figurant dans une même colonne sont comparables.


Ancienne méthode  Nouvelle méthode 
Enquête 1995   
Enquête 1996   
Enquête 1997, a  Enquête 1997, b 
  Enquête 1999 


On doit ajouter que, du point de vue de la conformité à la loi, il n'est pas possible de comparer les enquêtes de 1997 et de 1999 avec les enquêtes antérieures pour la principale raison que les tests menés durant l'été 1997 ont montré que la méthode utilisée dans l'observation de l'affichage influait sur l'évaluation de la conformité.






Le contenu du présent rapport



Comme il ressort des considérations précédentes, l'affichage commercial à Montréal comprend des messages rédigés en une seule langue, en français, en anglais, dans une langue autre que le français ou l'anglais, ou encore en plusieurs langues. Cet affichage comporte aussi des messages qu'on ne peut assigner à aucune langue en particulier : ce sont les messages « indéterminables ».

La méthode qui a été retenue pour la présente enquête permet d'offrir une analyse de l'affichage commercial sous trois angles :

a) elle évalue la conformité de l'affichage des commerces à la loi. Elle permet de dire si les commerces de l'échantillon respectent la notion de nette prédominance de la langue officielle, compte tenu des exceptions qui permettent l'usage d'autres langues.

b) elle présente le visage linguistique de l'affichage des commerces. Pour ce faire, elle prend comme unité d'analyse le commerce. De la sorte, il est possible de déterminer le pourcentage des commerces dont l'affichage n'est rédigé qu'en français. On peut aussi évaluer la place qu'occupent les autres langues sur la façade des commerces ou encore la proportion des commerces qui n'ont aucun affichage en français ou qui affichent des messages qu'on ne peut attribuer à une langue en particulier. On peut enfin estimer le pourcentage des commerces dont l'affichage est conforme à la loi.

c) elle présente la place des langues dans les messages, en ne prenant plus le commerce lui-même comme unité de mesure, mais le message. À ce niveau de description, on ne tient donc plus compte du commerce. Toute affiche est constituée d'un ou plusieurs messages. Ces messages peuvent être rédigés en français uniquement (c'est le cas de la majorité), mais ils peuvent aussi s'accompagner d'une version dans une autre langue. On peut ainsi estimer quelle est la proportion des messages de l'ensemble de l'Île-de-Montréal qui sont rédigés en français uniquement ou encore la proportion de ceux qui sont accompagnés d'une traduction en anglais ou dans une autre langue.

Pour les fins de l'enquête, l'Île-de-Montréal a été divisée en deux secteurs, est et ouest. C'est le boulevard Saint-Laurent qui délimite les deux secteurs : les numéros pairs de ce boulevard ont été assignés au secteur ouest et les numéros impairs au secteur est.

L'île a aussi été divisée en quatre zones (centre, est, ouest, nord). Le centre va de la rue Sherbrooke (des deux côtés) jusqu'au fleuve et de la rue Atwater à la rue Papineau. L'est commence à la rue Papineau, numéros impairs; la rue Papineau, numéros pairs, au sud de la rue Sherbrooke fait partie de la zone centre; la rue Papineau, numéros pairs, au nord de la rue Sherbrooke fait partie de la zone nord. L'ouest commence à la rue Atwater. La zone nord suit le corridor déjà déterminé par les extrémités est et ouest de la zone centre, mais en direction du nord à partir de la rue Sherbrooke (voir carte).






Le cas particulier des noms de
commerces et d'entreprises



On doit enfin ajouter que la Charte a des dispositions particulières en ce qui concerne les raisons sociales, c'est-à-dire les dénominations des commerces, des entreprises et des associations. Mais nous n'entrerons pas dans ces détails parce que, lorsqu'elles sont affichées sur la façade des établissements commerciaux, les raisons sociales doivent se conformer aux dispositions générales relatives à l'affichage. Dans le présent rapport, les raisons sociales n'ont été analysées que du point de vue linguistique, c'est-à-dire que l'on a déterminé si elles étaient rédigées en français, en anglais, dans une autre langue, ou si elles étaient bilingues.

Note : Pour faciliter la lecture, les chiffres ont été arrondis à l'unité la plupart du temps.

Île-de-Montréal





A- LA CONFORMITÉ DES COMMERCES AUX DISPOSITIONS LÉGISLATIVES SUR LA LANGUE DE L'AFFICHAGE



Dans cette partie, nous abordons la conformité de l'affichage commercial aux règles qu'a établies la Charte de la langue française. Il s'agit donc d'une évaluation de type juridique, et non d'une évaluation sociolinguistique. Par ailleurs, nous avons déjà expliqué dans l'introduction les raisons méthodologiques qui empêchent de comparer les enquêtes de 1997 et de 1999 aux enquêtes antérieures.

*
* *

La Charte de la langue française prévoit que l'affichage commercial doit se faire en français. Il peut être rédigé en français et dans une autre langue, mais, en pareil cas, le français doit être nettement prédominant. La règle de base est donc que, dans tout affichage public ou commercial, le français doit être présent et nettement prédominant, mais il peut être accompagné d'une traduction en une ou plusieurs autres langues. Répétons que cette règle s'applique aux messages commerciaux et publics, car la loi prévoit des mesures d'exception, notamment pour les messages personnels, culturels, idéologiques, religieux ou humanitaires.

Lorsque deux ou plusieurs langues sont présentes dans l'affichage visible de l'extérieur d'un commerce, le français doit être nettement prédominant. Une façon simple d'évaluer la nette prédominance du français, c'est de s'assurer que les messages en français sont deux fois plus nombreux ou sont écrits en caractères deux fois plus gros que les messages dans une autre langue. Ils peuvent aussi être écrits dans une couleur plus voyante que la version en une autre langue. Mais, comme l'indique la notion même de nette prédominance, il doit être clair, au simple coup d'œil, que le français est plus important dans l'affichage que toute autre langue. Si, dans l'affichage d'un commerce, il n'est pas tout de suite évident que le français est plus important, c'est que la notion de nette prédominance n'est pas respectée.

Par ailleurs, les règles en vigueur prévoient des exceptions. Dans les commerces de type culturel (librairies, cinémas, clubs vidéo, entreprises de presse, etc.), il est permis d'afficher des messages dans la langue des produits culturels ou éducatifs offerts, sans même une traduction en français; mais si ces commerces offrent un produit culturel en français, l'affichage doit se faire en français. Par conséquent, pour ne prendre qu'un exemple, un cinéma qui offre des films en version anglaise peut avoir un affichage en lien avec ces films rédigé en anglais uniquement; cet affichage est conforme à la loi.

Les règles en vigueur prévoient aussi que les messages de type humanitaire, idéologique, religieux, politique, personnel, à condition de ne pas être à but lucratif, peuvent être rédigés dans une autre langue sans qu'il soit obligatoire de leur adjoindre une version française. Un dépanneur, par exemple, peut avoir des messages commerciaux rédigés en français uniquement avec une affiche en italien annonçant un spectacle en italien, une autre affiche annonçant une messe en espagnol et, sur un babillard dans la vitrine, des messages personnels de clients rédigés en anglais seulement; tout l'affichage de ce commerce est conforme à la loi.

On trouvera plus loin un tableau faisant la synthèse des règles qui s'appliquent à l'affichage.

L'interprétation de la nette prédominance du français dans l'affichage d'un commerce qui a été adoptée par la Commission de protection de la langue française se rapporte non aux messages pris un à un, mais à l'ensemble de l'affichage du commerce (abstraction faite des raisons sociales). Avec cette interprétation, un commerce est conforme si, dans son affichage, le français prédomine nettement; par exemple, si une façade présente cinq messages unilingues français et un sixième avec bilinguisme égalitaire français-anglais, le commerce sera considéré comme conforme. À noter toutefois que, lorsqu'un (seul) message commercial n'est pas traduit en français même si tous les autres messages sont unilingues français et indépendamment de l'impact visuel du message en question (par exemple, le seul mot OPEN), le commerce est considéré comme n'étant pas conforme.

La question de la conformité des raisons sociales est à l'étude en vue de définir une stratégie globale et réaliste en la matière. C'est pourquoi, dans l'analyse qui suit, la conformité des commerces a été évaluée en faisant abstraction des raisons sociales.



TABLEAU-SYNTHÈSE
Le régime juridique de l'affichage commercial 
1. Régime général 
  Tout affichage public et toute publicité commerciale  F+ L 
2. Exceptions 
  1. Santé et sécurité  F + L 
  2. Événements internationaux  F + L 
  3. Menus  F + L 
  4. Produits éducatifs et culturels, activités éducatives et culturelles promotion d'un organe d'information 
  5. Messages religieux, politiques, idéologiques, humanitaires 
  6. Affichage personnel 
  7. Congrès, foires, colloques pour public restreint ou spécialisé 
_________________

Abréviations : 
F + L  Français nettement prédominant (impact, sur le plan visuel, beaucoup plus important du message français, ou règle du « deux pour un »), autre langue permise. 
F + L  Bilinguisme égalitaire permis, avec présence obligatoire du français. 
Autre langue permise, sans obligation d'utiliser le français. 


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Dans l'ensemble de l'Île-de-Montréal, les trois quarts des commerces (75,8 %) respectent la nette prédominance du français (pour une synthèse des résultats de 1999, voir le tableau 3). Mais il s'agit, sur le plan statistique, d'une baisse significative par rapport à la situation de 1997 (79,5 %) (voir les tableaux 1a et 2a).

Dès le premier jour de l'enquête en septembre 1999, il est apparu un élément inconnu de la précédente enquête : la présence, dans les vitrines de dépanneurs, de nombreuses cartes d'appel téléphonique qui, comportant des éléments non traduits en français, pouvaient, à elles seules, faire ranger ces commerces dans la catégorie des établissements en infraction. Nous avons donc, dès le départ, consigné cette information pour pouvoir mesurer l'ampleur de ce nouveau phénomène. Il ressort de notre analyse que le cinquième de l'augmentation du nombre de commerces non conformes est dû à la présence des affiches publicitaires sur les cartes d'appel où quelques noms de villes sont en anglais. Donc, quand on fait abstraction des cartes d'appel, 76,4 % des commerces de l'Île-de-Montréal respectent la Charte de la langue française.

La zone est, avec 83,8 %, est celle où il y a le plus de commerces conformes. La baisse de quatre points qu'on y enregistre par rapport à la situation de 1997 n'est pas statistiquement significative.

Les trois autres zones ont connu une stabilité dans leur taux de conformité.

Lorsque l'on divise l'île en deux secteurs, on constate une hausse significative des commerces non conformes dans le secteur est. Même si l'on tient compte des cartes d'appel dans l'analyse, il y a encore une différence significative entre le taux d'infraction de 1997 et celui de 1999 (voir le tableau 2b).




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Les 75,8 % de commerces conformes, en 1999, se répartissent de la façon suivante (voir le tableau 3) : 47,4 % le sont parce qu'ils présentent un affichage unilingue français; 23,2 % ont à la fois des messages unilingues français et des messages bilingues mais l'affichage du commerce est conforme parce qu'il respecte la nette prédominance; 1,4 % des commerces n'ont que des messages qu'il est impossible d'attribuer au français plus qu'à l'anglais (par exemple, des marques de commerce) et les autres cas de figure comptent en tout pour 3,8 %. Dans cette ventilation, il y a une seule évolution statistiquement significative par rapport à la situation de 1997 : la baisse de 4,3 points de la proportion des messages unilingues français, de 51,7 % en 1997 à 47,4 % en 1999.

En conséquence, en 1999 24,2 % des commerces de l'Île-de-Montréal ne respectent pas la Charte de la langue française en matière d'affichage :
—>9,1 % des commerces qui, tout en ayant des messages en français, ont aussi des messages unilingues anglais et des messages bilingues (en anglais et en français) où on n'accorde pas la nette prédominance à la langue officielle;
—>7,2 % qui ont à la fois des messages unilingues français et des messages unilingues anglais;
—>2,9 % qui ont des messages unilingues français et des messages bilingues (en anglais et en français) sans nette prédominance de la langue officielle;
—>1,8 % qui ont uniquement des messages bilingues (en français et en anglais) sans nette prédominance de la langue officielle;
—>et 3,2 % qui constituent les autres cas de commerces non conformes.

Avec les règles utilisées dans les enquêtes de 1997 et 1999, il n'est plus possible d'évaluer la proportion des commerces qui sont en infraction à cause d'un seul message non conforme. On peut cependant fournir une estimation minimale de 33,8 % à partir des commerces non conformes où il n'y a qu'un message non en français. Mais il est permis de croire que les commerces non conformes à cause d'un seul message sont plus nombreux. En effet, dans les enquêtes antérieures, où cette évaluation était possible, les commerces non conformes à cause d'un seul message non conforme étaient de l'ordre de 51 %. Ceux qui n'étaient pas conformes à cause de 2 ou 3 messages étaient de l'ordre de 31 %. Les commerces qui dérogeaient massivement à la loi, avec 8 messages non conformes et plus, étaient de l'ordre des 5-6 %.




Tableau 1a
Pourcentage de conformité de l'affichage des commerces de l'Île-de-Montréal, sans les raisons sociales, avec les cartes d'appel, 1997 et 1999



Tableau 1b
Pourcentage de conformité de l'affichage des commerces de l'Île-de-Montréal, sans les raisons sociales, sans les cartes d'appel, 1997 et 1999



Tableau 2a**
Pourcentage de non-conformité de l'affichage des commerces de l'Île-de-Montréal, sans les raisons sociales, avec les cartes d'appel, 1997 et 1999

** Ce tableau est l'inverse du tableau précédent



Tableau 2b
Pourcentage de non-conformité de l'affichage des commerces de l'Île-de-Montréal, sans les raisons sociales, sans les cartes d'appel, 1997 et 1999



Tableau 3
Pourcentage de conformité de l'affichage des commerces de l'Île-de-Montréal, sans les raisons sociales, avec les cartes d'appel, 1999





B- LE VISAGE LINGUISTIQUE DES COMMERCES



Dans la présente partie, nous prendrons le commerce comme unité d'analyse. Nous verrons dans quelle proportion le français, l'anglais et les langues issues de l'immigration sont présents dans l'affichage des commerces de l'Île-de-Montréal. Il suffira, par exemple, d'un seul message en français ou en chinois pour affirmer que le français, ou le chinois, est présent dans un commerce. Nous traiterons ensuite des commerces qui n'affichent que dans une seule langue, que ce soit le français, l'anglais ou une langue tierce. Nous terminerons cette partie en présentant un portrait plus général du poids du français par rapport aux autres langues dans l'ensemble des commerces.

Présence des langues dans l'affichage extérieur des commerces

En 1999 tout comme en 1997, il y a du français sur la devanture d'à peu près tous les commerces de l'Île-de-Montréal. La présence du français est de 97 % en 1999 (tableau 7).

Présence du français

En 1999, 47 % des commerces de l'Île-de-Montréal n'affichaient que du français dans leur façade; 43 % avaient des messages en français et en anglais, 5 % avaient des messages rédigés en trois langues dont le français et 2 % en deux langues dont le français, pour un total de 97 % de présence du français (tableau 4).

De 1997 à 1999, la proportion des commerces qui n'affichent qu'en français a connu une baisse significative, passant de 52 % à 47 % dans l'ensemble de l'Île-de-Montréal (voir tableau 4). En contrepartie, les commerces qui affichent des messages en français et en anglais ont connu une croissance corrélative, de 37 % à 43 %. Les autres catégories de la grille d'analyse n'ont pas varié.

Il peut être intéressant de détailler la catégorie des commerces présentant des messages en français et en anglais. Cette catégorie, on vient de le voir, comptait pour 43 % de l'ensemble des commerces en 1999. Ces 43 % de commerces se répartissent de la façon suivante : 16 % avaient au moins un message en français et un message bilingue sans prédominance du français; 9 % avaient au moins un message uniquement en français et un autre uniquement en anglais; 8 % avaient au moins un message uniquement en français, un message uniquement en anglais et un message bilingue sans prédominance du français.

Si l'on examine l'évolution de la présence des langues selon les deux secteurs et les quatre zones de l'enquête (tableau 5), on constate que les variations significatives se concentrent dans les deux secteurs et dans deux des quatre zones. Dans le secteur situé à l'est du boulevard Saint-Laurent, l'unilinguisme français décroît de 66 % à 60 % avec une hausse corrélative de bilinguisme français-anglais de 25 % à 32 %. Dans le secteur à l'ouest du boulevard Saint-Laurent, le bilinguisme français-anglais passe de 45 % à 50 %. Dans la zone est, le bilinguisme français-anglais augmente de 25 % à 31 %. Dans la zone nord, l'unilinguisme français baisse de 59 % à 53  % et le bilinguisme français-anglais augmente de 29 % à 38 %.

Parmi l'ensemble des commerces de l'Île-de-Montréal, 93 % (en 1999) affichent au moins un message unilingue français. Par ailleurs, 34 % des commerces affichent au moins un message bilingue sans nette prédominance de la langue française (voir tableau 6); cette catégorie a connu une hausse significative depuis 1997. Dans le paysage linguistique montréalais, il y a peu de commerces ayant ne serait-ce qu'un seul message bilingue avec nette prédominance du français (9 % en 1999).

Présence de l'anglais

En 1999, 2 % des commerces de l'Île-de-Montréal n'affichaient que des messages en anglais (tableau 4). En revanche, la proportion des commerces ayant des messages en français et en anglais, comme on l'a vu dans la section précédente, était plus substantielle (43 % de l'ensemble des commerces, en hausse significative par rapport aux 37 % de 1997).

Parmi l'ensemble des commerces de l'Île-de-Montréal, le quart, en 1999, affichait au moins un message unilingue anglais, ce qui représente une augmentation significative de quatre points par rapport à 1997 (voir le tableau 8). La proportion des commerces affichant au moins, un message bilingue en anglais et en français a augmenté de façon significative entre 1997 et 1999, passant de 32 % à 38 % de l'ensemble des commerces.

En 1997, on trouvait de l'anglais (c'est-à-dire au moins un message anglais) sur la devanture de 43 % des commerces. Cette proportion est montée à 49 % en 1999 (tableau 7). Il s'agit d'une hausse significative du point de vue statistique.

Présence des langues tierces

Les commerces n'affichant que dans une langue autre que le français ou l'anglais sont trop peu nombreux pour apparaître dans nos statistiques, puisque nous avons jugé bon d'arrondir nos chiffres pour faciliter la lecture.

Parmi l'ensemble des commerces de l'Île-de-Montréal, 3 % affichent au moins un message rédigé uniquement dans une langue autre que le français ou l'anglais et 4 % au moins un message bilingue en français et en langue tierce; 2 % affichent au moins un message bilingue rédigé en anglais et en langue tierce, sans traduction en français (voir tableau 9). Comme on le voit, les langues autres que le français et l'anglais occupent un espace restreint dans le paysage linguistique montréalais.

La présence des langues tierces dans les commerces est demeurée stable entre 1997 et 1999; en 1999, 7 % des commerces offraient au moins un message rédigé, en tout ou en partie, dans une langue tierce (tableau 10).

Messages dont la langue n'est pas déterminable au sens de la loi (marques de commerce et patronymes)

Un certain nombre de messages ne peuvent être assignés à aucune langue, soit parce que ce sont des noms propres, soit parce que ce sont des marques de commerce (les marques de commerce sont régies par des conventions internationales et, conséquemment, la Charte de la langue française n'oblige pas à les traduire; les marques peuvent être à consonance française, par exemple Reno Dépôt ou La Belle Gueule, mais elles sont souvent à consonance anglaise : Canadian Tire, Second Cup, etc.). Aux fins de la présente recherche, ces messages sont dits « indéterminables ». Même s'il n'y a qu'un pour cent des commerces à afficher exclusivement ce type de message (tableau 4), nos enquêtes montrent aussi que des messages de cette catégorie se trouvent sur la devanture de près de la moitié des commerces (48 % en 1999, voir tableau 7); cela explique sûrement, pour une bonne part, l'impression d'anglicisation que plusieurs personnes ressentent devant le paysage linguistique montréalais.

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La présence des langues selon les quatre zones de l'enquête

Rappelons que, dans la construction de cette variable, il suffit qu'un seul message soit rédigé, totalement ou en partie, dans telle ou telle langue pour que cette langue soit considérée comme présente dans l'affichage du commerce en cause.

Si l'on ventile la présence des langues selon les quatre zones de l'enquête (voir le tableau 10), on remarque qu'en 1999 c'est dans la zone est que le français est le plus présent (98 % des commerces); sa présence n'est inférieure à 95 % dans aucune zone. L'anglais est le plus présent dans les zones centre et ouest (60 % des commerces) et le moins présent dans la zone est (35 % des commerces). Les langues tierces sont surtout présentes au centre-ville (13 % des commerces). Près de la moitié des commerces affichent au moins un message dont la nature linguistique est indéfinissable parce que ce sont des marques de commerce ou des noms propres.

On constate que, dans trois zones sur quatre, il y a une hausse de la présence de l'anglais : de 52 % à 60 % dans le centre, de 29 % à 35   dans l'est et de 35 % à 43 % dans le nord. La différence de quatre points enregistrée dans la zone ouest, 56 % en 1997 comparativement à 60 % en 1999, n'est pas significative.




Tableau 4
Pourcentage des commerces de l'Île-de-Montréal selon la langue d'affichage et selon l'année d'observation



Tableau 5
Pourcentage des commerces de l'Île-de-Montréal selon la langue d'affichage, l'année et le secteur



Tableau 6
Pourcentage des commerces de l'Île-de-Montréal affichant en français selon les caractéristiques des messages observés (sans égard à la conformité à la loi)



Tableau 7
Présence des langues dans les commerces de l'Île-de-Montréal, en %



Tableau 8
Pourcentage des commerces de l'Île-de-Montréal affichant en anglais selon les caractéristiques des messages observés



Tableau 9
Pourcentage des commerces de l'Île-de-Montréal affichant en langues tierces selon les caractéristiques des messages observés



Tableau 10
Présence des langues
Pourcentage des commerces affichant au moins un message en français, en anglais ou dans une autre langues Île-de-Montréal, selon les zones



Figure 1
La présence de l'anglais en 1999, selon les zones (Figure basée sur le tableau 5)





Les commerces qui n'affichent que dans une seule langue



Dans la présente section, nous étudierons le cas des commerces qui n'affichent que dans une seule langue, que ce soit le français, l'anglais ou une langue tierce. Nous étudierons aussi le cas des commerces qui affichent seulement des messages qu'on ne peut attribuer à aucune langue en particulier. Il ne sera donc pas question, ici, des commerces qui affichent en plus d'une langue, quelle que soit l'importance de cet affichage.

On peut donc se demander quelle est la proportion des commerces qui n'affichent qu'en français (c'est-à-dire qui n'affichent dans aucune autre langue, quelle que soit la nature du message). On constate que, de 1997 à 1999, l'unilinguisme français connaît une baisse statistiquement significative dans l'ensemble de l'Île-de-Montréal, passant de 52 % à 47 % (voir le tableau 11). Si l'on ventile les résultats selon les quatre zones de l'enquête, on s'aperçoit que les baisses constatées ne sont statistiquement significatives dans aucun cas. En revanche, si l'on divise l'île en deux, la baisse constatée à l'est du boulevard Saint-Laurent a une signification statistique, l'unilinguisme français passant de 66 % à 60 %.

En 1999, il y a 2 % des commerces qui ont un affichage d'où le français est totalement absent (tableau 12). Nous avions la même situation deux ans plus tôt.

Quant aux commerces qui n'affichent qu'en anglais (voir tableau le 13), on observe qu'ils représentent un phénomène marginal (même dans la zone ouest où ils ne sont que 3 % en 1999).

Enfin, en ce qui concerne les commerces qui n'affichent que dans une langue tierce, c'est-à-dire autre que le français ou l'anglais, ils sont tellement peu nombreux qu'ils n'apparaissent pas dans nos statistiques.




Tableau 11
Pourcentage des commerces affichant uniquement en français, Île-de-Montréal, 1997 et 1999



Tableau 12
Répartition des commerces sans affichage français par rapport à l'ensemble des commerces, Montréal, par secteurs et par zones, 1997 et 1999, en %



Tableau 13
Pourcentage de commerces affichant uniquement en anglais, Île-de-Montréal, 1997 et 1999





La place du français dans l'ensemble des commerces



Dans la très grande majorité des cas, l'affichage des commerces est soit en français seulement, soit à la fois en français et dans une autre langue. Nous étudierons le cas des commerces qui offrent 100 % de français dans leurs messages. Cela ne signifie pas que 100 % de leurs messages sont unilingues français, mais tout simplement qu'il y a du français dans tous leurs messages : les messages bilingues ou trilingues incluent donc toujours une version en français. L'objectif de la démarche est de fournir une mesure de l'intensité de la présence du français.

En 1999, dans 74,4 % des commerces de l'ensemble de l'Île-de-Montréal, tous les messages étaient en français ou avaient une version française (voir le tableau 14); nous avons déjà vu que 47 % des commerces n'avaient que des messages unilingues français. Cela représente une diminution statistiquement significative de trois points par rapport à 1997, alors que 77,4 % des commerces avaient du français dans tous leurs messages.

En 1999, 17,1 % des commerces avaient du français dans 75 % à 99 % de leurs messages comparativement à 14,8 % en 1997. Cette hausse statistiquement significative s'explique par la baisse correspondante de la proportion des commerces ayant du français dans 100 % de leurs messages.

En 1999, 8,5 % des commerces avaient du français dans moins de 75 % de leurs messages (dont 1,7 % n'avaient pas de français dans plus de la moitié de leurs messages). La situation n'avait pas changé significativement par rapport à celle de 1997.

Lorsque l'on ventile les données par secteur et par zone, on ne constate aucune variation significative.


Tableau 14
Distribution des commerces de l'Île-de-Montréal selon le pourcentage de messages où il y a du français





C- LE VISAGE LINGUISTIQUE GLOBAL DE L'ÎLE-DE-MONTRÉAL



La présente section est une analyse sociolinguistique de l'affichage de l'Île-de-Montréal. L'unité d'analyse n'est plus le commerce, mais le message. Nous étudierons donc dans quelles langues sont rédigés les messages affichés dans l'ensemble de l'île, dans les deux secteurs et les quatre zones.



Présence des langues dans les messages



Si l'on envisage l'ensemble de l'Île-de-Montréal, l'unilinguisme français dans les messages chute de plus de quatre points de 1997 à 1999, passant de 73,3 % à 69 % (voir tableau le 15). Cette baisse est significative du point de vue statistique. Elle se manifeste dans les deux secteurs de l'île, est et ouest, et dans trois des quatre zones. C'est seulement dans la zone nord que l'unilinguisme français des messages demeure stable de 1997 à 1999. La baisse est de 6,9 points dans la zone ouest, de 6,5 points dans le centre et de 2,4 points dans la zone est.

Dans l'ensemble de l'Île-de-Montréal, l'unilinguisme anglais dans les messages progresse de plus d'un point, passant de 4,5 % en 1997 à 5,8 % en 1999 et cette hausse est statistiquement significative. Si on se sert du boulevard Saint-Laurent pour diviser en deux l'échantillon des commerces, on constate que la hausse se confine au secteur ouest. Quand on procède à une analyse par zone, on constate que la hausse de l'unilinguisme anglais dans les messages se manifeste dans le centre (de 5,5 % à 8,2 % de l'ensemble des messages) et dans la zone ouest (de 6,1 % à 8,3 %).

Le bilinguisme égalitaire anglais-français (bilinguisme de type «moitié-moitié») a progressé de 1997 à 1999. La hausse de plus d'un point dans l'ensemble de l'île (5,9 % en 1997 contre 7,1 % en 1999) est statistiquement significative. Cette hausse n'est significative que dans le secteur ouest et dans la zone ouest.

Le recours à des messages écrits en caractères deux fois plus gros en français ou à des messages français deux fois plus nombreux est un phénomène marginal dans le paysage linguistique montréalais. Il n'atteint pas 2 % en 1999 et il demeure stable. Il ne faut pas s'étonner outre mesure de ce que les messages bilingues avec nette prédominance du français ne soient pas plus nombreux : leur peu de place s'explique par l'importance des messages unilingues français, qui comptent pour 69 % de l'ensemble des messages en 1999.

On peut aussi analyser la situation linguistique des messages en les divisant dans les catégories suivantes : 1) les messages qui accordent au français un impact visuel plus grand; 2) les messages où le français est présent, mais où il est à égalité avec une autre langue ou bien où une autre langue l'emporte sur la langue officielle; 3) les messages d'où le français est absent; 4) enfin, les messages qu'il est impossible d'assigner à une langue en particulier (par exemple, noms propres ou marques de commerce). Si on se reporte au tableau 16, on constate que les messages où le français a un impact visuel plus grand présentent une baisse statistiquement significative de 1997 à 1999, passant de 74,7 % à 71 %. Les messages où le français est présent, mais sans être prédominant augmentent de façon significative (de 6,8 % à 8 %) de même que ceux d'où le français est absent (de 5,4 % à 6,6 %). Les messages indéterminables du point de vue linguistique augmentent aussi (de 13,1 % à 14,4 %).




Tableau 15
Présence des langues dans les messages
Sommaire des résultats selon la typologie de la grille d'analyse
(avec les raisons sociales)



Tableau 16
Présence des langues (en %) dans les messages de l'ensemble des commerces de l'Île-de-Montréal
(avec les raisons sociales)



Figure 2
Baisse de l'unilinguisme français et hausse correspondante du bilinguisme et de l'absence du français
(Figure basée sur le tableau 16)





Conclusion

Les tendances suivantes se dégagent de la présente analyse :

A. Par rapport à la conformité des commerces

1)  En 1999, les trois quarts des commerces de l'Île-de-Montréal étaient conformes aux règles établies par la Charte de la langue française. C'est une diminution de 3,7 points par rapport à la situation qui avait cours deux ans plus tôt. Cette baisse est significative du point de vue statistique. Il faut noter que l'évaluation de la conformité n'a pas tenu compte des raisons sociales. 

B. Par rapport aux commerces

2)  Le français est présent dans 97 % des commerces de l'Île-de-Montréal. 
3)  On note une diminution de l'unilinguisme français dans l'ensemble de l'Île-de-Montréal (de 52 % à 47 % entre 1997 et 1999). Cette diminution s'est surtout fait sentir à l'est du boulevard Saint-Laurent. 
4)  On constate une hausse de la présence de l'anglais : alors qu'en 1997, 43 % des commerces avaient au moins un message rédigé en anglais, cette proportion atteint 49 % en 1999. 
5)  En 1999, les commerces dont tous les messages sont en français (unilinguisme français ou français accompagné d'une traduction en une autre langue) ont connu une baisse significative de trois points par rapport à 1997, ce qui a pour corollaire une progression à peu près équivalente de l'anglais. 
6)  Du point de vue géographique, c'est dans les zones est, centre et nord que l'anglais connaît une hausse statistiquement significative : dans le centre sa présence passe de 52 % à 60 % de l'ensemble des commerces, dans l'est de 29 % à 35 % et dans le nord de 35 % à 43 %. Dans l'ensemble de l'île, sa présence passe de 43 % à 49 %. 
7)  Les commerces qui n'affichent qu'en anglais sont peu nombreux, seulement 2 % de l'échantillon. Leur proportion s'est maintenue de 1997 à 1999. 

C. Par rapport aux messages

8)  Dans l'Île-de-Montréal, si l'on considère l'ensemble des messages en faisant abstraction des commerces, l'unilinguisme français dans les messages diminue de 4,3 points de 1997 à 1999. Cette diminution s'est manifestée dans trois des quatre zones de l'enquête. C'est seulement dans la zone nord que l'unilinguisme français dans les messages est demeuré stable. 
9)  L'unilinguisme anglais des messages a augmenté de 1997 à 1999, passant de 4,5 % à 5,8 % de l'ensemble des messages. Cette hausse s'est manifestée dans le centre (de 5,5 % à 8,2 %) et dans la zone ouest (de 6,1 % à 8,3 %). 
10)  De 1997 à 1999, le bilinguisme égalitaire français-anglais (c'est-à-dire le bilinguisme de type « moitié-moitié ») a connu une hausse significative, passant de 5,9 % à 7,1 % des messages dans l'ensemble de l'Île-de-Montréal. La hausse s'est surtout manifestée dans le secteur et la zone ouest. 
11)  La proportion des messages respectant la notion de nette prédominance (c'est-à-dire messages unilingues français et messages où le français a un impact beaucoup plus important sur le plan visuel que celui de toute autre langue) a diminué de façon significative de 1997 à 1999, passant de 74,7 % à 71 %. 





Annexe 1
Table des symboles



Unilinguisme français 
Unilinguisme anglais 
F>A  Français prédominant + anglais 
A=F  Bilinguisme égalitaire anglais-français (« moitié-moitié ») 
F<A  Anglais prédominant + français 
IND  Indéterminable (message dont la langue est indéterminable) 


Définition des secteurs et des zones

Les secteurs

Aux fins de la présente enquête, l'Île-de-Montréal a été divisée en deux secteurs : l'est et l'ouest. C'est le boulevard Saint-Laurent qui délimite les deux secteurs : les numéros pairs de ce boulevard ont été assignés au secteur ouest et les numéros impairs au secteur est.

Les zones

L'ensemble de l'Île-de-Montréal a aussi été divisé en quatre zones : centre, est, ouest, nord. Le centre va de la rue Sherbrooke (des deux côtés) jusqu'au fleuve et de la rue Atwater à la rue Papineau. L'est commence à la rue Papineau numéros impairs; la rue Papineau numéros pairs au sud de la rue Sherbrooke fait partie de la zone centre; la rue Papineau numéros pairs au nord de la rue Sherbrooke fait partie de la zone nord. L'ouest commence à la rue Atwater. La zone nord suit le corridor déjà déterminé par les extrémités est et ouest de la zone centre, mais en direction du nord à partir de la rue Sherbrooke.






Annexe 2

Plan d'échantillonnage



Victor Tremblay
Statplus

Adaptation

Pierre Bouchard






I. Introduction

L'enquête de 1999 sur l'affichage commercial est la quatrième enquête du genre visant à suivre la situation de la présence du français dans les messages publicitaires visibles de la rue. Le présent rapport décrit la méthodologie retenue pour l'échantillonnage des places d'affaires présentant de l'affichage sur rue sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal. Mentionnons que cette méthodologie est la même que celle utilisée en 1997.

II. Objectifs

L'objectif du plan d'échantillonnage était de choisir un échantillon aléatoire représentatif des commerces qui affichent sur rue dans l'Île-de-Montréal tout en faisant en sorte que les points d'observation soient, dans une certaine mesure, regroupés afin de rendre efficace le travail sur le terrain. Il fallait donc concevoir une méthode suivant laquelle, d'une part, on contrôlait les probabilités de sélection des commerces et, d'autre part, on maîtrisait la dispersion géographique.

La méthodologie d'échantillonnage retenue en 1997, et reprise en 1999, s'inspire clairement de celle mise en place en 1995 et s'appuyant sur la technique d'échantillonnage à deux degrés (c'est-à-dire sélection de segments de rue et échantillonnage de commerces dans les segments choisis); cependant, forts de l'expérience acquise sur le terrain, les responsables du projet ont ressenti le besoin d'améliorer la procédure de manière à réduire le nombre de grappes vides, atténuant, par le fait même, la fréquence des déplacements inutiles. L'adaptation méthodologique retenue en 1997 et reprise en 1999 n'affecte en rien l'objectif central de l'exercice qui est de représenter l'univers des commerces affichant sur rue.

III. Définition de la population de référence

La cible de l'enquête est l'ensemble des établissements commerciaux et des places d'affaires de l'Île-de-Montréal qui ont un affichage visible de la rue. Ces commerces, terme entendu dans le sens général, couvrent non seulement les magasins, mais aussi les bureaux des membres de professions libérales, les sociétés et les organismes qui s'identifient à l'extérieur. L'observation se limite aux établissements affichant au niveau de la rue et elle inclut les commerces dont l'entrée se situe sous la ligne de niveau du sol jusqu'à ceux qui se logent à l'étage.

Les exclusions explicites touchent les ministères et organismes gouvernementaux (mais non les régies ni les sociétés d'État qui exercent des activités commerciales), ainsi que les établissements publics des domaines de la santé, de l'éducation et de la religion. Par ailleurs, les unités admissibles doivent présenter de l'affichage sur rue; ce critère élimine d'office, par exemple, les magasins situés dans les centres commerciaux ou le Montréal souterrain ou, encore, les places d'affaires se trouvant à l'intérieur d'immeubles à bureaux lorsqu'aucun affichage de tels commerces n'est visible à partir de la rue.

IV. Méthodologie

A. Résumé du plan d'échantillonnage

Comme aucune liste des établissements commerciaux avec affichage sur rue n'existe, pour construire l'échantillon il a fallu procéder en deux étapes : a) choisir au hasard des codes postaux sur le territoire de la CUM, et b) pour chaque code postal, dénombrer tous les commerces admissibles qui y sont situés et choisir, parmi ceux-ci, ceux dont on observe l'affichage.

C'est au hasard simple que l'on a réalisé la sélection des codes postaux parmi tous ceux comportant au moins une place d'affaires. Comme le nombre de commerces sur rue varie passablement d'un code postal à l'autre, deux mécanismes ont permis le contrôle de la taille de l'échantillon : a) le calcul préalable du nombre d'observations à effectuer par RTA (Région de tri d'acheminement : les trois premiers caractères du code postal) en fonction de la répartition proportionnelle du nombre de commerces dans toute l'Île-de-Montréal, et b) l'application d'une fraction modulée d'échantillonnage selon la densité des commerces avec affichage sur chaque territoire défini par code postal. Enfin, lors du traitement des données, on a incorporé une pondération pour tenir compte de la variation des probabilités de sélection des commerces.

B. Taille d'échantillon et stratification

Lors de la planification de l'étude en 1999, on visait à observer un total de quelque 3 000 établissements présentant de l'affichage sur rue et à surreprésenter les commerces de la zone centre. Une pondération appropriée sera appliquée pour tenir compte de cette surreprésentation.

Afin de bien contrôler la dispersion géographique de ces 3 000 observations, on a découpé l'Île-de-Montréal en 85 strates géographiques, chaque strate correspondant à une RTA ou à une collection de RTA (dans le cas de territoires très peu commerciaux). Les 3 000 observations à mener à terme ont été réparties proportionnellement au nombre de place d'affaires que l'on retrouve dans chaque strate selon le plus récent dénombrement de Postes Canada (sauf dans le cas de la zone centre), en excluant les cases postales (édition de septembre 1997). Aussi, comme les commerces situés dans les centres commerciaux étaient exclus de l'étude, les chiffres de Postes Canada ont été corrigés pour en tenir compte : le dénombrement effectué lors de l'enquête de 1996 sur l'affichage commercial dans les centres commerciaux a servi de base à cette correction. Le tableau 2.1 présente, par RTA, le nombre d'inscriptions selon Postes Canada, après correction pour les centres commerciaux. L'hypothèse sous-jacente à cette répartition de l'échantillon est que, par RTA, le nombre d'établissements présentant de l'affichage sur rue est proportionnel au nombre d'adresses d'affaires, lorsque l'on exclut les cases postales et les centres commerciaux. Le tableau 2.2 présente la répartition souhaitée du nombre de commerces à observer pour chacune des 85 strates, et ce, dans la perspective d'observer quelque 3 000 commerces.




Tableau 2.1
Répartition du nombre de places d'affaires* selon Postes Canada par RTA ou regroupement de RTA

* Après élimination des centres commerciaux fermés.



Tableau 2.2
Objectif du nombre de commerces avec affichage à observer par RTA ou regroupement de RTA



Par ailleurs, avant d'entreprendre les travaux sur le terrain, il était difficile de prévoir le nombre moyen d'observations que comporterait chaque bout de territoire défini comme un code postal. Il fallait adopter une approche prudente. C'est ainsi que 1 108 codes postaux ont été choisis, afin de s'assurer de ne pas manquer de codes postaux échantillonnés par strate. À l'intérieur de chaque strate, les codes postaux ont été ordonnés au hasard, de manière à ce que les observateurs puissent cesser le travail dès que l'objectif était atteint sans affecter la représentativité.

C. Sélection des codes postaux

En guise de première étape de l'échantillonnage, nous avons choisi au hasard sur ordinateur environ 1 600 codes postaux dans la région de Montréal (région 6, dite de l'Île-de-Montréal) parmi l'ensemble des codes postaux de ce territoire comportant au moins une inscription d'affaires. La base d'échantillonnage qui a servi à cet exercice est le cédérom de 1997, 4e édition, de tous les numéros inscrits dans les annuaires téléphoniques.

Ce premier ensemble a été épuré des codes inadmissibles comme ceux correspondant à des centres commerciaux ou, encore, à des tours à bureaux, pour lesquels on savait que l'affichage sur rue ne s'appliquait pas. Un sous-échantillon de 1 108 codes postaux a été extrait au hasard de l'ensemble restant. Pour chaque RTA, les codes postaux choisis ont été ordonnés aléatoirement.

Afin de faciliter le repérage sur le terrain du territoire correspondant à chaque code postal, nous lui avons associé une adresse complète. Il faut souligner que l'adresse ne devait correspondre ni à un commerce admissible, ni même à un établissement ayant de l'affichage sur rue. L'objectif de l'adresse était simplement de servir de point de repère. À ce point précis du plan d'échantillonnage, l'unité choisie demeurait le code postal, c'est-à-dire tout ce qui se situe de part et d'autre de l'adresse de référence, du même côté de la rue, entre les deux intersections successives comprenant cette adresse de référence.

Enfin, pour les besoins de la gestion de l'observation sur le terrain, nous avons associé un numéro séquentiel à chaque sélection. Nous avons inscrit ce numéro sur chaque étiquette produite affichant l'adresse-repère déterminant la grappe, c'est-à-dire le code postal.

D. Définition des grappes

Pour les besoins de ce modèle d'échantillonnage, une grappe est la collection de tous les commerces admissibles, c'est-à-dire appartenant à la population de référence et situés dans le code postal choisi. En règle générale, la grappe est l'ensemble de tous les établissements présentant de l'affichage sur rue et qui sont situés du même côté de la rue que l'adresse de référence, entre les deux intersections successives comprenant cette adresse de référence. Dans les cas d'ambiguïté, par exemple s'il s'agit d'un bout de rue ne comptant pas deux intersections, c'est le contenu du code postal qui définit la grappe.

E. Sélection des commerces présentant de l'affichage

Les grappes, c'est-à-dire les codes postaux, peuvent être classées en trois groupes selon le nombre de commerces avec affichage qu'on y retrouve : faible, moyen et élevé. Cette classification a pour but d'atténuer les variations excessives du nombre d'observations à effectuer par grappe en appliquant une fraction d'échantillonnage modulée en fonction de la densité des commerces. La section suivante traitant des directives d'échantillonnage sur le terrain précise ces fractions d'échantillonnage, ainsi que la classification des segments de rue.




V. Directives d'échantillonnage sur le terrain

A. Généralités

L'échantillon préparé était constitué de codes postaux définissant des segments de rue. Les adresses apparaissant sur les étiquettes ne servaient qu'à repérer les segments de rue que l'observateur devait parcourir. Le nom du commerce inscrit pouvait ne plus correspondre à l'adresse indiquée ou, encore, le commerce en question pouvait se situer au dixième étage d'un immeuble; peu importe, cette information n'a été inscrite que pour faciliter le travail de repérage des endroits à visiter. L'important était de pouvoir retracer le tronçon de rue comprenant l'adresse. L'observation des caractéristiques de l'affichage devait se limiter à ce qui est visible sur le segment de rue en question.

B. Illustration du cas-type

En règle générale, un code postal comprend toutes les adresses situées du même côté de la rue, entre deux intersections. Par conséquent, si l'on se rend à une adresse précisée sur une étiquette, on peut aisément dénombrer tous les commerces qui appartiennent au même code postal. Le territoire d'observation est donc bien défini.

Le schéma 1 illustre le cas-type d'une grappe formée par le segment de rue entre deux intersections. L'adresse inscrite sur l'étiquette ne constitue qu'une référence servant à définir le segment de rue où doit se faire l'observation. L'observateur entreprend son dénombrement à l'intersection correspondant au numéro de porte le plus petit dans la série que comporte le segment de rue. En se dirigeant vers l'autre intersection, il repère le premier commerce présentant de l'affichage sur rue : ce commerce constitue sa première observation. Continuant sa marche toujours dans la même direction, il repère un second commerce avec affichage. Dans le cas correspondant au Schéma 1, il ne doit observer qu'un commerce avec affichage sur deux; par conséquent, dans ce cas, il ne fait aucune observation pour ce commerce. Par contre, il notera l'affichage apparaissant au troisième commerce, au cinquième, au septième, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il atteigne la seconde intersection. L'observation de l'affichage sur ce segment de rue se termine à cette intersection.




Schéma 1 



C. Quelques principes directeurs

Certains principes ont servi à guider la démarche de manière à ce qu'il n'y ait pas d'ambiguïté sur la façon de dénombrer les commerces et places d'affaires, et de repérer ceux devant faire l'objet d'observation.

L'affichage admissible à l'observation est l'affichage commercial visible sur le segment de rue choisi, en le parcourant d'un coin de rue à l'autre.

Le premier commerce avec affichage rencontré sur un segment de rue est toujours observé. Par premier commerce, il faut entendre celui qui est le premier à afficher sur rue à partir de l'intersection située le plus près du numéro de porte le plus petit dans le tronçon de rue choisi.

Ce premier commerce peut-être l'établissement occupant le coin de la rue, même si son adresse donne dans la rue transversale. La présence d'affichage sur la rue sélectionnée rend ce commerce admissible à l'observation, mais c'est alors seulement l'affichage dans la rue choisie qui doit être rapporté.

Par contre, il ne faut pas observer l'affichage sur les rues transversales. En particulier, si un commerce situé au coin d'une rue présente de l'affichage sur les deux rues, on n'observe que l'affichage visible sur la rue de référence.

Au moment de dénombrer les établissements aux fins d'échantillonnage, seuls ceux qui présentent de l'affichage sont comptés. Ainsi, il est impossible qu'un établissement choisi n'ait pas d'affichage.

Certaines rues comptent des commerces au rez-de-chaussée et à l'étage. Dans ce cas, le dénombrement s'effectue toujours suivant l'ordre croissant des numéros de porte (en particulier, 6352 précède 6352A).

Si deux commerces avec affichage ont le même numéro de porte, l'ordre du dénombrement se déduit directement de la direction de déplacement de l'observateur.

Si deux commerces ont le même numéro de porte et si l'un d'eux est situé exactement au-dessus de l'autre, alors il faut compter dans l'ordre : celui du bas d'abord, puis celui du haut.

Si le début ou la fin du segment de rue ne sont pas facilement identifiables (par exemple, dans certains cas d'impasse ou de croissant), c'est le contenu du code postal qui définit le segment. Au besoin, dans ces cas, il faut prendre contact avec le responsable du projet.

Les établissements vacants qui ont de l'affichage sont comptés comme des commerces admissibles, à moins qu'il ne s'agisse d'établissements non couverts par l'étude (par exemple, un établissement de santé).

Si le numéro de porte apparaissant sur l'étiquette est introuvable, on conserve tout de même le segment de rue si le code postal correspond bien à ce segment de rue. Dans le cas contraire, la sélection est rejetée.

D. Modulation de la fraction d'échantillonnage

Le schéma 1 illustre une situation « moyenne » où le nombre de commerces à observer demeure « raisonnable ». Cependant, la réalité comporte une variété de situations avec lesquelles il faut savoir composer. Il faut donc atténuer l'impact de deux situations extrêmes : a) trop peu d'observations dans un segment de rue ou b) trop d'observations dans un segment de rue. La première situation entraîne des déplacements inefficaces, tandis que la seconde engendre une trop grande concentration de l'échantillon au même endroit.

Pour surmonter cette difficulté, il suffit d'appliquer une fraction d'échantillonnage différente selon que l'on se trouve dans l'une ou l'autre des situations. C'est ce qu'illustre le tableau 2.3.




Tableau 2.3
Fraction d'échantillonnage
selon le nombre de commerces du segment de rue



Dans le tableau 2.3, nous entendons, par commerce, un établissement admissible présentant de l'affichage sur rue.

À noter qu'il n'est pas nécessaire de faire un dénombrement absolument rigoureux pour établir si le segment de rue choisi appartient au groupe 1, 2 ou 3. Il suffit d'obtenir une estimation raisonnable a priori. Par contre, l'important est qu'à partir du moment où l'on évalue que le segment de rue choisi appartient à tel ou tel groupe, on applique toute la procédure conformément à cette décision. De cette manière, si l'on juge que le segment de rue appartient au groupe 3, il faut cocher sur sa feuille de travail que la fraction d'échantillonnage est de 1 sur 4 et il faut choisir systématiquement un commerce sur quatre. Si, en bout de ligne, le segment de rue ne compte effectivement que 22 commerces avec affichage, il ne faut pas recommencer le travail en modifiant la fraction d'échantillonnage. L'important est que la fraction qui a été utilisée pour échantillonner les commerces soit exactement celle qui a été cochée sur la feuille de travail.

E. Objectifs par RTA

Une RTA (Région de tri d'acheminement) est un territoire géographique correspondant à l'ensemble des codes postaux partageant les trois mêmes premiers caractères. Pour chaque RTA (ou regroupement de RTA), on a estimé le nombre de commerces avec affichage à observer. Cet objectif a été établi en fonction du nombre total de places d'affaires qu'on y retrouve selon Postes Canada.

Chaque observateur a la responsabilité d'observer l'affichage d'un nombre prédéterminé de commerces par RTA (selon la répartition établie à la section précédente). Pour ce faire, il a à sa disposition une liste d'adresses correspondant à des segments de rues appartenant à une même RTA. Ces adresses sont imprimées sur des étiquettes comportant un numéro séquentiel dans le coin inférieur droit. Pour une RTA donnée, l'observateur doit entreprendre son travail dans le segment de rue correspondant au plus petit numéro séquentiel. Il doit poursuivre son observation sur les autres sites en respectant l'ordre séquentiel. Il quitte la RTA lorsque son objectif de commerces avec affichage est atteint, même s'il lui reste en réserve d'autres segments de rue dans la même RTA.

Certaines précisions doivent être apportées sur l'interprétation de « l'objectif à atteindre » par RTA, c'est-à-dire, du nombre « n » de commerces avec affichage à observer.

Si, après avoir terminé son travail dans un certain nombre de segments de rue d'une même RTA, l'observateur a cumulé au moins « n - 2 » commerces, l'objectif est atteint pour cette RTA. Par exemple, si dans la RTA ‘H1W' l'objectif est fixé à 35, il faut visiter les segments de rue dans l'ordre séquentiel jusqu'à ce qu'au moins 33 commerces avec affichage sur rue aient été observés.

Par contre, lorsque l'on entreprend de l'observation sur un segment de rue, il faut terminer entièrement le segment de rue, même si, ce faisant, on dépasse l'objectif établi.

F. Résultats sommaires de l'échantillonnage sur le terrain

Sur les 1 108 RTA (ou regroupements de RTA) disponibles sur le terrain, 738 ont été requis pour faire les 3 156 observations. C'est dire qu'en moyenne, on a observé 4,28 commerces avec affichage par segment de rue. Par contre, 43 codes postaux choisis ont été rejetés : 6 cas correspondaient à des doubles sélections, 2 à des établissements gouvernementaux et, enfin, 35 à des secteurs purement résidentiels.

Vue sous l'angle de la densité commerciale des segments de rue, la répartition des 3 156 commerces s'établit ainsi :




Tableau 2.4
Répartition des commerces selon les segments de rue



VI. Pondération

La probabilité de sélection d'un établissement commercial est le produit de la probabilité de sélection du segment de rue où il se situe par la fraction d'échantillonnage retenue au moment de la visite sur le segment de rue en question en fonction de la densité commerciale. Comme la première probabilité est pratiquement uniforme sur tout le territoire de la CUM, c'est uniquement la fraction d'échantillonnage des commerces utilisée par les observateurs qui fait varier les chances de sélection des commerces. Par conséquent, les commerces observés ont reçu un poids inversement proportionnel à cette dernière fraction afin de rétablir la représentativité de l'échantillon du fichier des données d'analyse1. Ce poids a été multiplié par une constante de manière à ce que la somme des poids coïncide avec la taille réelle de l'échantillon.

Par contre, l'introduction d'une telle pondération a aussi pour conséquence d'augmenter l'erreur aléatoire par rapport à un échantillonnage aléatoire simple. Nous avons évalué que, dans la présente enquête, la pondération augmente d'un facteur de 1,08 l'erreur aléatoire se rapportant à des estimations découlant d'un échantillon aléatoire simple de même taille. Par conséquent, l'application d'une fraction d'échantillonnage modulée n'a pas d'impact significatif sur la précision des résultats.

VII. Conclusion

La nouvelle méthode d'échantillonnage instaurée lors de l'enquête de 1997 sur l'affichage commercial offre des avantages évidents de simplicité opérationnelle sur le terrain par rapport à la méthode retenue dans les deux enquêtes précédentes. Cette portion de la tâche rendue plus facile pour les observateurs permet à ces derniers de se concentrer plus directement sur l'examen et l'analyse des messages affichés par les établissements commerciaux.






1 Notons qu'étant donné la surreprésentation des commerces de la zone centre, un facteur de correction particulier (540/645) a été appliqué aux commerces de cette zone. [retour au texte]




Annexe 3

L'affichage extérieur des commerces sur rue

Rapport administratif





La collecte des données dont il sera question tend à être une réplique de celle qui avait été faite au cours de l'automne 1997 et dont il est question dans le présent rapport.

Formation des observateurs

Les observateurs ont reçu une formation de quatre jours et demi au cours desquels leur ont été présentées les directives relatives à la détermination des tronçons de rue, à la sélection des commerces propres à un tronçon de rue (voir l'annexe précédente), à la façon d'observer les messages, à l'attribution d'une langue aux messages observés et à l'appréciation de la conformité générale des commerces. En plus, à la mi-terrain, une demi-journée a été consacrée à revoir l'ensemble du dossier et, au besoin, à faire une mise à niveau relativement aux éléments de formation jugés problématiques.

Supervision de la collecte

Pour coordonner le travail sur le terrain, un superviseur était constamment en poste. Il était assisté dans son travail par un des chargés de projet pour les questions relatives à l'échantillon et à l'évaluation des messages commerciaux (application des directives de sélection des commerces, détermination des messages, conformité des messages etc.).

Résultats de la collecte

L'échantillon de RTA (voir l'appendice précédent) était de 1 108. Après sélection des commerces nécessaires aux objectifs fixés pour la collecte, 781 RTA ont été utilisées, ce qui a permis de recueillir des données pour 3 156 commerces. Le tableau 3.1 fait état des résultats obtenus.




Tableau 3.1
Rendement des RTA



Contrôle de qualité

La collecte des données a été soumise à un contrôle de qualité assez important. En effet, 115 RTA réparties entre les divers observateurs ont été validées, soit quelque 15 % de l'échantillon des commerces obtenus. La validation a porté autant sur l'application des critères de sélection des commerces (voir l'annexe précédente) que sur la façon d'observer les messages, d'attribuer une langue à ces messages et d'apprécier la conformité des commerces visés. Le travail accompli a été qualifié de satisfaisant.

Saisie des données

La saisie des données a été faite par la firme Élite services informatiques.

Le fichier des données a été mis au point à l'aide de la version française de SPSS Windows.




Annexe 4

Grille d'observation









GRILLE D'OBSERVATION 





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