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Le français et les langues scientifiques de demain

Le français et
les langues scientifiques
de demain
Actes du colloque
tenu à l'Université du Québec à Montréal
du 19 au 21 mars 1996






THÈME II

L'ÉTAT DES RECHERCHES
SUR LES LANGUES DE LA
COMMUNICATION SCIENTIFIQUE





LA LANGUE FRANÇAISE EN SCIENCES
UN CAS DE FIGURE : LA SITUATION LINGUISTIQUE
DES SCIENCES EN FRANCE


Claude Truchot
Professeur à l'Université de Franche-Comté - France





Nous allons essayer de situer la place de la langue française dans la communication scientifique en France vis-à-vis de sa principale concurrente, la langue anglaise, et éventuellement vis-à-vis d'autres langues. La communication scientifique constitue un tout au sein duquel de nombreuses activités s'entrecroisent. Mais pour analyser l'usage de langues, il convient de considérer isolément différentes activités à l'intérieur desquelles les choix linguistiques peuvent être identifiés. Nous en avons distingué sept sans prétendre à l'exhaustivité.

  1. L'information scientifique transmise par des journaux, des ouvrages et, de plus en plus, par des moyens informatiques. Elle constitue une grande partie de l'environnement linguistique des chercheurs.

  2. Les échanges oraux et écrits entre scientifiques dans les colloques, congrès et autres manifestations.

  3. La publication de travaux dans les journaux scientifiques.

  4. La communication interpersonnelle entre chercheurs, à l'intérieur du laboratoire ou du centre de recherche, en relation avec la présence de chercheurs d'origines linguistiques différentes.

  5. La formation à la recherche, qui inclut l'élaboration de mémoires et de thèses de doctorat.

  6. L'administration de la science, son animation, sa politique, à savoir l'ensemble des activités qui constituent le support de la production scientifique.

  7. La communication scientifique externe aux milieux scientifiques, qui regroupe l'ensemble des activités ayant trait à la divulgation de la science, à sa diffusion vers l'éducation, les techniques, l'industrie, les services, le grand public, et qui, de ce fait, tient une large place dans le fonctionnement d'une communauté nationale.

Nous évaluerons la part prise par les langues en présence à l'intérieur de chacun de ces types d'activités.

1. Les langues de l'information scientifique

En matière d'information scientifique, les usages linguistiques sont largement dictés par l'internationalisation de la science et l'extrême centralisation économique et linguistique de l'édition scientifique, du moins pour ce qui est de la recherche primaire. Rappelons que s'il y a quelque 100 000 journaux scientifiques publiés dans le monde, dont 50 % sont en anglais, le noyau dur de l'édition scientifique mondiale est constitué d'environ 4 000 journaux, contrôlés à plus des deux tiers par des éditeurs américains, britanniques et néerlandais qui publient presque intégralement en anglais. Les autres se conforment de plus en plus à cet usage dominant (D. Confland, 1990).

De plus, ce sont les articles de ce noyau dur qui servent de références. Ce sont eux qui sont indexés de manière prioritaire dans les fichiers informatisés, c'est-à-dire dans les banques de données qui ont été constituées pour réunir et diffuser l'information scientifique. De plus, c'est aux États-Unis et en Grande-Bretagne que sont concentrés le plus grand nombre de fichiers et les plus influents, comme le Science Citation Index (SCI) de l'Institute for Scientific Information de Philadelphie. Plus de 90 % de l'information contenue dans ces banques de données est extraite d'articles écrits en anglais provenant pour l'essentiel de journaux anglophones.

Certes, des banques de données ont été constituées dans d'autres parties du monde, notamment en France, en Allemagne et au Japon. Mais elles tendent à utiliser les mêmes références que le SCI, accordant éventuellement une place un peu plus grande aux références dans la langue locale. C'est le cas en France du fichier PASCAL constitué par le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) pour les sciences dites exactes.

Il contenait 75 % de citations en anglais en 1978, 80 % en 1988, et 85 % en 1994. Les références en français sont passées de 12 % en 1978 à 8 % en 1988, et à 11 % en 1994. Cette remontée relative et récente du français correspond selon l'INIST (Institut de l'Information Scientifique et Technique du CNRS) à un effort de prise en compte des journaux francophones.

Parallèlement, la place des autres langues n'a cessé de s'y amenuiser. Ainsi, les références en allemand sont passées de 12 % en 1978 à 8 % en 1988 et à 2,3 % en 1994. Celles en russe sont passées de 12 % à 4,5 % puis à 0,3 %.

La situation est plus favorable au français dans le fichier FRANCIS du CNRS qui inclut les sciences humaines et les mathématiques. En 1994, il contenait environ 38 % de citations en français et 52 % en anglais. Mais ce fichier ne regroupe qu'une fraction très minoritaire des documents analysés, soit pour 1993, 17 253 contre 654 731 dans PASCAL (document INIST).

Cependant, les banques de données françaises assurent aux chercheurs qui les consultent plus de contacts que d'autres sources avec le français qu'elles utilisent, à côté de l'anglais, comme langue d'accès.

Les pratiques constatées sur le terrain sont conformes à ces tendances dominantes. Une étude (Truchot 1990) avait été menée en 1984 à Strasbourg auprès d'un échantillon de 136 chercheurs répartis dans différents laboratoires du CNRS et de l'INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale). Il leur avait été demandé d'évaluer l'origine linguistique de leur information. Pour l'ensemble du groupe, 82 % de l'information était en anglais, contre 16 % en français et 4 % en d'autres langues. Des sondages ponctuels récents confirment ces proportions.

Il importe néanmoins de souligner que ces constatations pessimistes portent sur l'information primaire qui est extrêmement centralisée et internationalisée. Les chercheurs utilisent aussi une information de synthèse plus générale quand ils veulent faire le point sur l'ensemble de leur discipline autour de leur champ spécifique de spécialisation, ou connaître d'autres champs disciplinaires. En principe, ce mode d'information devrait être plus favorable au français. C'est ce que révèlent le succès d'un journal comme Médecine-Sciences et l'intérêt grandissant pour les Comptes rendus de l'Académie des Sciences. Mais ces deux exemples semblent assez isolés.

2. Les langues de colloques et de la circulation internationale des scientifiques

Il convient de distinguer entre les pratiques linguistiques des scientifiques français dans les colloques et autres manifestations auxquels ils participent, et les choix linguistiques faits par les organisateurs français de colloques. Plusieurs études relativement anciennes mettaient déjà en évidence le rôle prédominant de la langue anglaise dans l'un et l'autre cas. Ainsi, un rapport parlementaire présenté à l'Assemblée nationale en 1981 faisait état d'une étude sur les langues utilisées dans les colloques organisés en France dans le cadre du CNRS. Cette étude, portant sur 1 960 communications dans des colloques qui s'étaient tenus de 1976 à 1978, montrait que 66,5 % d'entre elles furent présentées en anglais, 32 % en français, et 1,5 % en d'autres langues.

Dans l'enquête réalisée à Strasbourg, 95 % des chercheurs ont répondu qu'ils communiquaient en anglais dans les colloques auxquels ils participaient à l'étranger. Dans les colloques internationaux qui ont lieu en France, 76 % ont déclaré communiquer en anglais et 24 % en français.

Une nouvelle étude serait actuellement souhaitable, mais il est douteux qu'elle fasse apparaître une inversion de cette tendance à l'usage de l'anglais. Toutefois, il existe une permanence de l'usage de la langue française dans les colloques. Le Ministère de l'Éducation Nationale de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche rapporte que sur 139 demandes d'aide pour des colloques et réunions qui lui ont été faites entre septembre 1993 et juin 1994, 135 faisaient état d'un usage total ou partiel du français. Il est vrai que l'emploi du français est pris en compte pour l'attribution des soutiens financiers.

3. Les langues de publication

Le Rapport 1996 de l'Observatoire des sciences et techniques (OST) présente une analyse des pratiques de publication des chercheurs français basée sur des informations fournies par le SCI. Il relève ainsi que 17,4 % des publications des auteurs français apparaissant dans le SCI sont rédigées en français, 82,4 % en anglais et 0,2 % en d'autres langues. Il met ces chiffres en relation avec ceux de 1982 et montre que la situation était alors assez différente, puisque près du tiers des articles des auteurs français (31,6 %) étaient publiés en français, et seulement 68,1 % en anglais.

Lorsque les scientifiques français publient dans des journaux français, 73 % le font en français. Mais on constate une désaffection des scientifiques français pour les journaux français où ils ne publient que 20 % de leur production, contre 32,4 % dans des journaux américains. En 1982, 25,3 % de leurs productions étaient insérées dans des journaux français.

Ajoutons comme autres indices de ce transfert vers l'anglais que les journaux français utilisent de plus en plus l'anglais comme langue de publication : 26,5 % des contributions publiées en 1993, contre 15,4 % en 1982. Par ailleurs, les journaux non français publient de moins en moins en français : 16 % des articles en français en 1993 contre 32 % en 1982.

L'OST précise toutefois que dans la mesure où ces données sont extraites du SCI, elles doivent donc être considérées avec prudence, une large partie de la production scientifique française n'étant pas recensée par cette banque de données. En outre, les choix linguistiques varient beaucoup selon les domaines. Ainsi, l'usage du français est nettement plus important dans les sciences de la terre, la recherche spatiale, les sciences appliquées, les sciences humaines, qu'il ne l'est en physique et chimie. Mais, précise le Rapport, « les tendances lourdes qui se manifestent, notamment pour l'usage de la langue française, ne peuvent être ignorées ».

Ce processus de glissement vers l'anglais apparaissait clairement dans l'étude menée en 1984 à Strasbourg. La production scientifique des chercheurs interrogés (136) se répartissait entre 30 % pour le français et 69,5 % pour l'anglais.

La structuration de la recherche sur un plan européen, notamment sous l'impulsion des programmes scientifiques de l'Union européenne, renforce encore l'usage de l'anglais comme langue de publication. La plupart des sociétés savantes constituées sur une base nationale se sont rassemblées sur une base européenne, et publient le plus souvent en anglais des résultats et des informations scientifiques qui étaient jusqu'alors diffusés dans chacune des langues nationales. On pourrait citer parmi d'autres exemples, le bulletin de l'European Physical Society, intitulé Europhysics News et rédigé entièrement en anglais. Certaines de ces sociétés savantes européennes se sont donné plusieurs langues officielles, notamment le français. Mais elles effacent le plus souvent l'usage des autres langues que l'anglais. Un exemple révélateur nous est donné en astronomie. Il y a 25 ans, les astronomes de 12 pays ont décidé de saborder leurs revues nationales et de fonder une revue commune, Astronomy and Astrophysics. Les contributions y sont intégralement publiées en anglais bien que le français et l'allemand soient théoriquement autorisés. Cette revue est devenue la seconde au monde dans son domaine, mais force est de relever aussi le prix payé (cité par Maurice Ronai, in Cassen, 1990, p. 80). Remarquons que cette anglicisation est souvent imposée par les éditeurs anglophones.

4. Les langues du laboratoire

La présence de chercheurs d'origines linguistiques différentes introduit souvent dans le laboratoire l'usage véhiculaire de l'anglais. Cette pratique est courante dans plusieurs pays européens. En France, les rapports officiels, mais aussi les témoignages autorisés soulignent que les chercheurs étrangers s'intègrent en français. Le CNRS, qui accueille quelque 700 chercheurs étrangers permanents et environ 3 000 chercheurs chaque année pour des séjours de moyenne durée, estime qu'ils deviennent des relais non seulement de la science, mais aussi de la langue et la culture françaises. L'INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale), qui en accueille en tout environ 1 100, leur assure une formation en français au début de leur séjour. M. Hubert Curien, qui fut pendant plusieurs années ministre de la Recherche, assure que la centaine de chercheurs étrangers qu'il a accueillis dans son laboratoire se sont tous insérés en français (in Cassen, 1990).

L'étude de Strasbourg en 1984 avait dans l'ensemble confirmé ce mode d'insertion de chercheurs étrangers. Les directeurs de recherche avaient souligné qu'ils y veillaient personnellement. Néanmoins, l'étude avait localisé quelques laboratoires, réputés pour être très internationalisés, dans lesquels la présence de chercheurs d'origines linguistiques différentes introduisait l'usage quotidien de l'anglais. Des sondages ponctuels montrent que cette pratique a tendance à se développer actuellement. Il serait utile qu'une étude soit entreprise, d'une part pour situer l'importance de cette tendance et, d'autre part, pour connaître les facteurs qui favorisent l'insertion en français. Parmi ceux-ci, soulignons qu'un tiers environ des chercheurs étrangers sont originaires des pays qui ont en commun l'usage du français. Par ailleurs, la pression sociale en dehors du laboratoire incite à l'usage du français.

5. Les langues de la formation à la science

Dans plusieurs pays européens, la formation à la recherche n'est plus l'apanage de la langue nationale. En Allemagne, les thèses de doctorat peuvent être rédigées dans une autre langue que l'allemand. En Belgique francophone, 20 % des thèses sont rédigées en anglais et 70 % en Belgique néerlandophone (État de la francophonie dans le monde, 1994). En France, en principe, elles doivent l'être en français, cette obligation ayant force de loi depuis la promulgation de la Loi de 1994 sur l'emploi de la langue française. L'obligation d'utiliser le français était reconnue il y a dix ans comme un passage obligé de la formation à la recherche (C. Truchot, 1990). Mais des glissements s'opèrent. Selon une étude menée récemment à Rouen (F. Gaudin, 1993), cette obligation est plutôt mal acceptée par les jeunes chercheurs et certains n'hésitent pas à la considérer comme « un caprice de mandarin ». Cette étude met aussi en évidence les difficultés que rencontrent ces jeunes chercheurs pour créer un discours scientifique en français lors de la rédaction de leur thèse. En effet, ils manquent de références, puisque leurs sources d'information sont en anglais, et souvent ils ne disposent pas d'une terminologie adaptée, soit parce qu'elle n'existe pas, soit parce qu'elle n'est pas accessible.

6. Les langues de l'administration et de l'animation de la science

En France, le français est la langue de l'administration et de l'animation de la recherche, celle dans laquelle se rédigent les projets, les programmes et les comptes rendus adressés aux organismes scientifiques, celle dans laquelle se tiennent les réunions administratives. Cependant, l'anglais tend à supplanter le français dès l'instant où une forme d'internationalisation se met en place. Les projets de recherche de l'Union européenne, qui existent maintenant dans presque tous les domaines, se développent pour la plupart d'entre eux en anglais, des appels d'offre jusqu'aux réalisations. Enfin, les réunions où s'élaborent les projets internationaux ont tendance à avoir lieu en anglais, sauf si les participants ont une fonction représentative nationale, auquel cas des moyens d'interprétation et de traduction sont en général utilisés.

7. Les langues de la diffusion de la science

La diffusion des connaissances scientifiques s'étend très largement hors du champ de la communication entre scientifiques. Les connaissances sont transmises par l'éducation à tous les niveaux, de la formation initiale à la formation permanente. Elles sont utilisées par de nombreux secteurs d'activité (industrie, médecine, etc.). Elles intéressent de nombreuses personnes qui désirent s'informer de l'évolution des connaissances, même hors du champ de l'éducation et de l'activité professionnelle. Un très large public est concerné et il existe de grands besoins de documents, de revues, de journaux, d'ouvrages, de productions audiovisuelles et informatisées; d'informations adaptées à différents types de demandes.

En France, dans la plupart des secteurs qui viennent d'être mentionnés, l'accès à la science est possible en français. Mais la qualité de cet accès est très variable. Il est de bonne et même de très bonne qualité pour ce qui est de la vulgarisation auprès du grand public. Des revues comme Science et vie (341 000 exemplaires en 1988), Ça m'intéresse (372 000), Science et avenir (176 000) attirent un large lectorat, et une revue comme La recherche (94 000 exemplaires) un lectorat de haute culture scientifique. Après avoir délaissé le domaine scientifique, la télévision crée maintenant des émissions de qualité, grâce surtout à la nouvelle chaîne du savoir, la Cinq. Des documents informatisés commencent aussi à être conçus et diffusés.

La situation semble moins favorable dans la formation. Certes, dans l'enseignement supérieur, tous les cours sont assurés en français, quels que soient les domaines disciplinaires. Mais les supports écrits en anglais, manuels, traités, fiches techniques, revues spécialisées, entrent fortement en concurrence avec les supports en français. Ces derniers existent dans la quasi-totalité des disciplines, mais les supports en anglais sont en règle générale plus récents, plus souvent renouvelés et plus diversifiés.

Dans l'utilisation professionnelle des résultats de la recherche, la situation est très différente selon les domaines. La plupart de ces domaines associent de manière étroite production des connaissances scientifiques, formation et application professionnelle. L'usage dominant de l'anglais à l'un des stades de cette filière peut avoir des répercussions sur l'ensemble de la filière.

Dans son rapport intitulé La diffusion en français des sciences de la vie (1989) destiné au gouvernement français, le professeur Jean-Charles Sournia soulignait que la faiblesse de l'usage du français dans certains secteurs de la recherche rendait difficile la dissémination des résultats :

« Pourtant les deux millions de professionnels de la santé considérés comme francophones souhaiteraient pour la plupart être tenu informés en français de l'évolution de la science, d'origine française ou non. »

Dans d'autres domaines, c'est la dépendance industrielle qui a des effets en chaîne. Si la dépendance est à la fois industrielle et scientifique, la permanence de la langue française n'est plus garantie. C'est le cas de la filière électronique sur laquelle une étude a été réalisée à la demande du gouvernement français (Ministère de la Francophonie) en 1990. Cette étude, intitulée L'usage du français dans la filière électronique, après avoir constaté la dépendance scientifique, technique et industrielle de la France conclut en ces termes :

« Telle qu'elle apparaît à présent, la situation devrait se dégrader inexorablement au sein de la filière professionnelle, et il ne serait pas étonnant que d'ici quelques années, une partie importante des enseignements de troisième cycle se fasse en anglais, la presse française spécialisée fasse place à une presse anglo-saxonne, ou au mieux bilingue, ... Ne pouvant s'enrichir à la vitesse imposée par le rythme des créations de concepts et de produits, la langue française s'adaptera en incorporant des mots nouveaux, d'origine anglo-saxonne, comme elle le fait aujourd'hui. »

Une étude de terrain en cours à Besançon, dans un établissement qui forme des techniciens de l'électronique, confirme ces constatations pessimistes.

Dans d'autres domaines où la relation entre science, formation et applications est plus forte, l'avenir de la langue française est mieux assuré. Mais aucun n'est à l'abri d'un glissement.

En conclusion

Dans la mesure où cette étude de situation porte sur un cas de figure, celui de la France, et non sur l'ensemble de la francophonie, on ne peut en tirer un diagnostic global sur la langue française en science. Toutefois, les tendances lourdes qui apparaissent en France se retrouvent, parfois même de manière amplifiée, dans les autres régions de la francophonie. La perspective sociolinguistique utilisée dans cette étude avait pour objectif de les mettre en évidence, et de faire apparaître la répartition des usages entre les langues et les évolutions qui se font jour.

Le constat principal est que la plupart des activités liées à une forme d'internationalisation tendent à avoir lieu en anglais. C'est une tendance forte qui continue à se renforcer. Le français se maintient dans la communication interne aux lieux de production de la science, laboratoires et centres de recherche, même lorsqu'ils sont linguistiquement hétérogènes, et dans la formation à la recherche. Mais dans l'un et l'autre cas, la pression de l'anglais commence à se manifester. Le second constat est que si le français se maintient dans la diffusion de la science hors du milieu des chercheurs et dans les activités qui font usage de la science, là aussi des glissements commencent à s'opérer.

Bien que ces glissements soient de moins grande envergure que ceux que l'on peut constater pour d'autres langues dans différents pays, le maintien de l'usage du français dans ces activités sera mieux garanti s'il est soutenu par une politique linguistique appropriée. En France, des dispositions ont été prises dans le cadre de la Loi de 1994 sur l'emploi de la langue française (dite Loi Toubon). Toutefois, leur ampleur est limitée. La principale est l'obligation d'utiliser le français dans la rédaction des thèses. Le français doit également être présent, notamment sous forme de résumés, dans les supports écrits diffusés dans les colloques. La disposition la plus contraignante qui liait l'attribution des aides publiques à l'usage du français a été supprimée par le Conseil constitutionnel. Reste à savoir si elle aurait été admise et appliquée par les intéressés. En fait, les moyens les plus efficaces seront les instruments qui permettront une médiation entre le français et l'anglais, instruments scientifiques (ouvrages de synthèse écrits en français), et instruments d'ingénierie linguistique : bases de données terminologiques, aides à la traduction, dictionnaires électroniques. Ce sont des instruments que les communautés francophones ont solidairement les moyens de forger et qui devraient permettre au français de demeurer la langue normale d'usage dans les activités scientifiques qui ne sont pas fortement liées à l'internationalisation.






Références bibliographiques

Cassen Bernard (1990), dir. Quelles langues pour la science? La découverte, Paris.

Confland Daniel (1990) « Les langues de la communication scientifique » in Cassen, dir., op. cit. p. 87-138.

Conseil de la langue française du Québec (1991) La situation du français dans l'activité scientifique et technique.

Gaudin François (1994) « Conférence inaugurale » Actes du Séminaire sur l'implantation des termes officiels, Terminologies nouvelles N° 12.

Haut Conseil de la Francophonie (1994) État de la francophonie dans le monde, Rapport 1994, La documentation française.

Observatoire des sciences et techniques (1996) Rapport 1996, Économica, Paris, Ronai Maurice (1990) « Dans quelle langue livrer les résultats de la recherche? » in Cassen, dir., op. cit. p. 63-86.

Sournia Jean-Charles (1989) La diffusion en français des sciences de la vie, Rapport au gouvernement français.

Truchot Claude (1990) L'anglais dans le monde contemporain, Ch. 4 « L'anglais dans les sciences. Essai d'interprétation de la diglossie des milieux scientifiques », Le Robert, Paris, p. 95-181.

-

(1995) « L'internationalisation et les langues : effets et enjeux linguistiques de la mondialisation des échanges » in Langues nationales et mondialisation : enjeux et défis pour le français. Conseil de la langue française. Les Publications du Québec. p. 41-66.

TSA Consultants (1990) L'usage du français dans la filière électronique. 9, rue Ybry, Neuilly sur Seine.






LA LANGUE ESPAGNOLE DANS LA SCIENCE


Marcial Bonilla Marin
CONACYT, Mexique





La versión original en castellano aparece a continuación de la traducción francesa


Résumé

On présente une brève introduction historique mettant l'emphase sur les antécédents du développement scientifique en Amérique latine. On situe la contribution des pays qui utilisent la langue espagnole dans le cadre mondial des publications scientifiques indexées dans les bases de données de « courant principal ». On analyse en détail la contribution de l'Amérique latine dans les publications enregistrées dans le Science Citation Index. On discute de la collaboration scientifique dans le cadre de l'Accord de libre-échange et des politiques scientifiques d'État en matière de publications scientifiques, utilisant comme exemple L'Index des revues scientifiques mexicaines d'excellence. Finalement, on émet quelques opinions sur l'avenir de la science et des revues scientifiques en Amérique latine.

Introduction

Parler de la science en langue espagnole, c'est parler des documents écrits qui prouvent la génération de nouvelles connaissances dans cette langue. Un scientifique qui possède une connaissance approfondie de sa langue nationale révèle de manière évidente qu'il fait partie d'une société détentrice d'une culture solide et d'un système éducatif adéquat. La science requiert de la précision dans les mots afin de pouvoir exprimer correctement les idées. La science génère aussi les nouveaux termes requis pour exprimer les nouvelles théories ou les nouvelles connaissances. Une langue qui n'a pas la vitalité dérivée de l'activité scientifique de la société qui l'utilise, est condamnée à périr et à la pauvreté culturelle.

Les premiers travaux scientifiques écrits en espagnol remontent à plusieurs centaines d'années, en Espagne, où plusieurs des connaissances scientifiques arrivèrent à la suite de l'invasion islamique. Dans les premières années de gestation de la langue espagnole, l'utilisation de cette langue dans les travaux scientifiques est rare, puisqu'à cette époque on est habitué que les écrits scientifiques se fassent en latin. Plus tard, la langue espagnole rivalise avec le latin comme langue des livres scientifiques. C'est qu'aux XVIe, XVIIe et jusqu'au début du XVIIIe siècle, la production scientifique est écrite de manière alternative en espagnol et en latin, selon la spécialité et le lieu1.

L'avènement de la culture scientifique en Amérique latine en langue espagnole est lié à la conquête et à la religion. L'évangélisation fut utilisée comme un mécanisme de « culturisation » dans le but d'induire un système d'éducation occidental. Les conquistadors utilisèrent sagement les prêtres (principalement des ordres franciscain et dominicain) pour mener à bien cette immense tâche. Les Franciscains, connaisseurs des antécédents culturels des indigènes, profitèrent de l'habileté représentative et musicale de ces derniers pour transmettre les nouveaux enseignements2. Les premiers écrits scientifiques d'Amérique latine datent du XVIe siècle. Les auteurs sont tous des immigrants espagnols, avec des études faites dans des institutions espagnoles. La moitié d'entre eux faisaient partie du clergé. E.1 considère que le premier livre scientifique est une œuvre de mathématiques imprimée par Juan Pablos en 1556, dont l'auteur est Juan Diez (le sommaire abrégé des comptes d'argent et d'or qui, dans les royaumes du Pérou, sont nécessaires aux marchands et à tout genre de commerçants. Avec quelques règles touchant l'arithmétique).2 rapporte la publication technico-scientifique Instruction nautique écrite en 1587 par Diego Garcia de Palacio. Il est important de signaler que les échanges épistolaires entre les scientifiques européens et ceux du Nouveau Monde s'effectuaient en latin, la langue scientifique de l'époque1. Depuis le début, il existait de l'inquiétude quant à la création d'un centre d'éducation supérieure en Amérique puisque les enfants des colonisateurs devaient voyager à la métropole pour faire leurs études. La création de l'Université Royale et Pontificale du Mexique a eu lieu le 25 janvier 1553 (Rodríguez-Sala).

Postérieurement, au XVIIIe siècle apparaissent d'une façon éphémère les premières publications périodiques comme Affaires variées sur les sciences et les arts et Mercure volant avec des informations importantes et curieuses sur des affaires variées de physique et de médecine, les deux publiées en 1772. Au XIXe siècle apparaissent les premières revues qui sont éditées de manière régulière, et même quelques-unes étant toujours en vigueur actuellement, comme le Bulletin de la Société de géographie et statistique du Mexique.

 

1 Elias Trabulse, Historia de la Ciencia en México, XVIe siècle, Mexico. Fonds de Culture économique(1992). [retour au texte]

2 Ma. Luisa Rodríguez-Sala. Raíces de la Cultura Científica Nacional. Los primeros Personajes en la Nueva España, XVIe siècle, Collection la Science et la Technologie dans l'histoire, Conseil national de la Science et de la Technologie, Mexico (1994). [retour au texte]




L'usage de l'espagnol dans la publication de textes scientifiques augmente encore aux XIXe et XXe siècles. Il faut se rappeler qu'au XIXe siècle ont eu lieu les guerres d'indépendance en Amérique latine et au XXe siècle arrivent des guerres civiles importantes (révolutions nationales). Ces événements modifièrent considérablement la vie et la culture en Amérique latine.

L'incorporation de l'Amérique latine dans les circuits scientifiques internationaux a eu lieu lors des premières décades du XXe siècle. En général, on peut affirmer que, jusqu'au début du XXe siècle3, notre contribution aux publications de « courant principal » est peu abondante.

Les publications scientifiques internationales et la langue

Pour ces pays comme les ibéro-américains, qui ont une langue maternelle différente de la langue universelle utilisée par les scientifiques pour communiquer entre eux, il résulte une situation injuste dans la distribution des revues de « courant principal » indexées, puisque seule une petite fraction de leurs publications nationales est incluse dans ces index internationaux. Les tendances actuelles d'utiliser des paramètres bibliométriques proviennent, dans une bonne mesure, de l'initiative de l'entreprise privée Institute for Scientific Information de Philadelphie, États-Unis, pour enregistrer l'information provenant de 3 300 revues scientifiques des 70 000 existantes. Une inspection autour des différents mécanismes qui sont utilisés actuellement pour mesurer la productivité, l'impact, la qualité des chercheurs et des institutions elles-mêmes, révèle que l'évaluation se réalise sur la base de paramètres proportionnés par la statistique bibliométrique. Il existe un consensus voulant que ces moyens bibliométriques laissent beaucoup à désirer, cependant tout le monde est d'accord qu'il n'y a pas encore de meilleur système, c'est pourquoi, dans le milieu scientifique, il est considéré comme un mai nécessaire.

Comme résultat de cela, nous devons évaluer les scientifiques sur la base d'un système de mérites qui s'appuie sur le nombre de publications, lequel conduit à une « explosion typographique ». En effet, ce critère a donné lieu à la prolifération de certains vices comme les publications multiples (plusieurs fois la même chose), les publications fragmentées (plusieurs articles qui pourraient en être un seul) et la multitude d'auteurs qui signent un travail sans que leur participation soit claire. L'Amérique latine n'est pas étrangère à ce phénomène et il n'est pas rare de lire dans les périodiques locaux une nouvelle se référant aux comportements non orthodoxes de chercheurs qui motivent l'intervention des Commissions d'honneur et de justice pour sa classification.

 

3 A. M. Cetto. Publicaciones científicas en América Latina, p. 29, International Council of Scientific Unions, Mexico (1995). [retour au texte]




Selon une analyse des articles publiés en 19944, dans les revues répertoriées dans le Science Citation index (SCI), on observe que des dix pays qui enregistrent le pourcentage le plus élevé de publications, aucun n'est de langue espagnole. On peut mentionner que ces dix pays produisent conjointement 76 % du total des publications correspondant à 1994. Les États-Unis est le premier pays sur la liste, participant à 31 % des publications, étant suivi par la Japon avec 8 %, le Royaume-Uni avec 7,9 %, l'Allemagne et la France avec 7 % et 5,6 %, respectivement. Ceux-ci sont suivis par le Canada (4,3 %), la Russie (4,1 %), l'Italie (3,4 %), la Hollande (2,3 %) et l'Australie (2,1 %). Comme on peut le voir, de ces dix pays, quatre ont comme langue maternelle l'anglais (en considérant la partie anglophone du Canada). Le premier pays de langue espagnole qui apparaît sur la liste est précisément l'Espagne, en onzième lieu et avec une participation de 2 % des publications indexées dans le SCI. Les suivants sont l'Argentine (0,35 %) et le Mexique (0,33 %) en 31e et 32e lieux, respectivement. Ensuite apparaissent le Chili, le Vénézuéla, Porto Rico et Cuba occupant des positions comprises entre les numéros 39 et 55.

Amérique latine

En Amérique latine, il existe un débat permanent sur l'usage de la langue espagnole dans les revues scientifiques qui aspirent à être reconnues par la communauté scientifique internationale.

L'Amérique latine dans son ensemble produit 1,8 % des articles publiés dans les revues indexées dans le SCI selon les données de 1993. Ce nombre inclut le Brésil qui produit 0,65 %. Quoique cette participation latino-américaine soit petite, le sous-continent a augmenté constamment son pourcentage : en 1978, pas moins de 3 126 articles ont été publiés et en 19935 le chiffre grimpe à presque 13 000, lequel représente une croissance de 1 % (1978) à 1,8 % en 1993. La participation des pays latino-américains est très irrégulière : quatre d'entre eux, l'Argentine, le Brésil, le Chili et le Mexique, contribuent à 85 % des publications. Le facteur d'impact des articles publiés dans la région est approximativement la moitié de la moyenne mondiale, c'est-à-dire qu'ils sont cités 50 % de moins que la moyenne.

Selon l'opinion de quelques-uns, les données que nous venons de présenter ne favorisent pas la région et sont la cause d'une forte polémique questionnant la représentativité des pays latino-américains dans les index internationaux. Cette polémique n'est pas propre à l'Amérique latine, car elle a eu un écho dans des revues comme Scientific American4, Science5 ou Nature6. Un exemple de cela est le cercle vicieux établi par les citations ou le facteur d'impact d'une revue. L'Institut pour l'Information Scientifique (Institute for Scientific Information) requiert, entre autres choses, qu'une revue soit référée par celles qui sont incluses dans le SCI, pour que puisse être considérée son inclusion dans cet index. Mais, en même temps, parce qu'elle est hors de l'index, elle n'a pas de références puisque les travaux publiés par ces revues n'ont pas la diffusion requise pour que les scientifiques du monde les connaissent. Cela augmente l'« euphorie » dans le leadership des revues du premier monde.

 

4 W. Wayt Gibbs, Lost Science in the Third World Scientific American, p. 92-99, août 1995. [retour au texte]

5 J. Cohen. Science in Latin America. Science 267 : 808 (1995). [retour au texte]

6 J. Maddox and H. Gee. Science in Mexico. Nature 368 : 6474 : 789-804 (1994). [retour au texte]




Il vaut la peine de mentionner qu'en Amérique latine on a fait des efforts pour obtenir la reconnaissance internationale des publications périodiques, pour enraciner la culture scientifique au sein d'une société ayant une tradition faible ou nulle dans ce domaine au moyen de publications de divulgation et pour produire des livres de texte pour l'éducation supérieure et postgraduée7.

Il est important de citer A. M. Cetto8 quand il se réfère à l'importance d'avoir des revues locales qui publient en langue espagnole en Amérique latine :

Il est valide de penser, cependant, que la valeur et l'utilité d'une revue peuvent aller beaucoup plus loin que ce que paraît indiquer la fréquence avec laquelle elle est citée dans la littérature . ... En d'autres termes, ce qu'on peut analyser en jugeant une revue, c'est si les objectifs sont valides et éminents, et s'ils sont atteints d'une manière satisfaisante. Parmi ceux-ci, en plus de l'objectif de la « qualité », qui est communément accepté quoique difficile à définir, d'autres éléments ou critères existent que l'on devrait inclure avec une importance relative en fonction du contexte spécifique de la revue lorsqu'on juge sa valeur, son impact ou sa transcendance.

Parmi les éléments qu'il envisage, il y a ceux de considérer les revues comme un moyen de communication scientifique d'une communauté, comme un élément pour promouvoir le développement de l'activité scientifique et comme indicateur de celui-ci, comme un moyen de définition et de diffusion du vocabulaire scientifique d'une langue, comme ayant pour fonction la définition d'une politique de développement scientifique propre de la communauté, du pays ou de la région.

 

7 M. Fortes Besprosvani. Ecología de las publicaciones científicas latinoamericanas, en Publicaciones científicas en América Latina, p. 40. International Council of Scientific Unions. Mexico (1995). [retour au texte]

8 A. M. Cetto. ¿Por qué producir revistas científicas en América Latina? Science International 52-53 (1993). [retour au texte]




L'Accord de libre-échange (ALENA) et la collaboration scientifique internationale

La libéralisation régionale et globale du commerce ainsi que la globalisation de l'information sont des facteurs qui affectent les pays de l'ALENA. Toutefois, l'Accord de libre-échange ne dit rien au sujet de la recherche scientifique ou de l'innovation technologique. Les premiers indicateurs, cependant, montrent que la libéralisation commerciale affecte en intensifiant les collaborations scientifiques et l'innovation technologique.

Des liens forts de collaboration bilatérale existent entre scientifiques des États-Unis et du Canada, de même qu'entre ceux du Mexique et des États-Unis. Les collaborations trilatérales ont été faibles, mais se développent.

Si l'on tient compte des articles publiés conjointement dans des revues internationales répertoriées, les États-Unis ont près de 44 % de la coopération scientifique mexicaine et approximativement 42 % de celle du Canada. La coopération scientifique du Mexique avec le Canada représente autour de 7 % de son interaction internationale, tandis que la coopération des États-Unis avec le Canada représente à peu près 10 % de son activité de collaboration internationale.

Considérant une base de production d'articles par million d'habitants, les États-Unis produisent 992 articles, pendant que le Canada en publie 890 et le Mexique 17 (données de 1990). La production trilatérale est très rare : entre 1980 et 1991, seulement 56 articles furent publiés.

L'État et les revues scientifiques nationales

Dans quelques pays latino-américains, comme le Brésil et le Mexique, des mouvements se produisent pour optimiser les ressources et inciter les meilleures publications scientifiques dans le but d'augmenter leur impact dans les circuits internationaux. Dans les deux pays, des évaluations des publications ont été effectuées récemment et on a identifié celles qui ont la qualité nécessaire et qu'on doit appuyer pour qu'elles se convertissent en instruments capables de répandre internationalement les travaux scientifiques de la région.

L'Index des revues scientifiques mexicaines d'excellence fut établi par le Conseil national de la Science et de la Technologie (Consejo Nacional de Ciencia y Tecnología - CONACYT) depuis 1993, après avoir convoqué publiquement toutes les revues scientifiques pour qu'elles se soumettent à un processus d'évaluation. Actuellement, il y a 68 revues scientifiques incluses dans l'index.

Le nombre de publications en vigueur en science et technologie qui sont enregistrées en 1993 par le Centre mexicain de l'International Standard Serial Number (ISSN) s'élève à 1 134 revues tandis que 244 restent en attente. Du nombre total de revues existantes, celles incluses dans l'index représentent une petite fraction, seulement 6 %. Les raisons pour lesquelles on a procédé à la création de cet index sont, d'une part, économiques, pour tenter d'optimiser les ressources et, d'autre part, pour appuyer fortement et résolument ces revues qui ont des possibilités d'avoir un impact majeur dans la région.

Parmi les 68 revues répertoriées dans L'Index des revues scientifiques mexicaines, deux sont incluses dans le Science Citation Index (la Revue mexicaine d'astronomie et la Revue mexicaine de physique) et une autre sera incluse à partir de 1997 (Archives of Medical Research). Celles qui restent seront aussi enregistrées dans les index internationaux importants comme Social Sciences Citation Index, Arts and Humanities, Current Contents, etc.

L'Index des revues scientifiques mexicaines inclut seulement les revues qui présentent un profil de recherche scientifique. Le CONACYT reconnaît le rôle important que jouent les nombreuses autres revues qui, bien qu'elles ne soient pas incluses dans l'index, respectent parfaitement leur objectif d'être des véhicules d'information corporative ainsi que d'événements et de nouvelles associés à leurs membres.

Les critères d'évaluation utilisés dans la révision des revues qui ont sollicité leur inclusion dans l'index sont, en termes généraux, la qualité du contenu, le profil de la revue, son impact, sa périodicité, sa régularité et sa distribution.

Les caractéristiques des revues scientifiques mexicaines incluses dans l'index

La distribution géographique des revues révèle à nouveau le degré de concentration qui existe au pays : 78 % se situent dans la capitale et seulement 22 % ailleurs au pays. En ce qui concerne le champ de connaissance, 40 des 68 revues appartiennent aux domaines des sciences sociales et des humanités. Ceux des sciences naturelles et ceux de l'ingénierie et des sciences de la santé sont moindrement représentés. En ce qui concerne le support, l'Université nationale autonome du Mexique a 18 des revues, étant le principal soutien. Elle est suivie par les Sociétés scientifiques avec 13 revues.

Les revues scientifiques mexicaines sont relativement jeunes quand on les compare à celles de l'Europe; cependant, six ont plus de 50 ans, et 25 ont moins de 10 ans. Par champ de connaissance, celles des sciences de la santé sont les plus anciennes, avec 36 ans en moyenne, suivies par celles des sciences naturelles (physique et biologie). Les plus jeunes sont celles d'ingénierie.

La périodicité avec laquelle se publient ces revues est faible, bien que cela soit en train de changer rapidement, suite aux recommandations du Comité d'évaluation. Actuellement, cependant, seulement une poignée est bimestrielle (les plus fréquentes).

En ce qui concerne le professionnalisme des revues, la grande majorité présente un profil très similaire : un bon nombre se publie grâce à l'enthousiasme de ses éditeurs, lesquels se voient obligés de remplir une multitude de fonctions pour réussir à ce que chaque numéro voit le jour. Un défi que la grande majorité de ces publications doit relever est celui de rendre la revue plus professionnelle, puisque si elles n'y arrivent pas, elles pourront difficilement percer.

Livres scientifiques, techniques, de texte et revues de divulgation

Le CONACYT a invité la communauté scientifique nationale à présenter des demandes pour écrire des livres de texte pour les niveaux du baccalauréat et post-gradué. La grande majorité de ceux qui furent appuyés ont livré leurs manuscrits et ceux-ci, ainsi que le programme lui-même, se trouvent en processus d'évaluation.

La série de livres scientifiques de divulgation La science depuis le Mexique mérite une mention spéciale, laquelle a réalisé jusqu'à maintenant plus de 130 titres. Ceux-ci sont publiés par la maison d'édition paraétatique Le Fonds de Culture économique.

Dans le domaine des revues de divulgation scientifique, plusieurs existent au pays, dont l'une des plus importantes, Science et Développement, est éditée par le CONACYT.

L'avenir de la science et les revues en Amérique latine

Le développement accéléré des communications dans le monde présentera un élément qui peut contribuer à ce que la science puisse renforcer ses racines en Amérique latine. Un des problèmes actuels est le manque de moyens de communication entre les scientifiques de la région, ainsi que les grandes distances et les services de courrier qui laissent beaucoup à désirer. À l'avenir, la disponibilité d'accès par Internet ainsi que par courrier électronique permettra d'accroître l'échange entre les scientifiques de la zone. Il est connu que plusieurs revues sont en train de se convertir à l'électronique, c'est-à-dire qu'elles peuvent accéder aux réseaux internationaux, ce qui sera bénéfique pour les chercheurs qui n'ont pas de bibliothèques bien documentées.

Dans ce contexte, les réseaux de chercheurs qui sont établis dans des pays ibéro-américains, comme le Programme de Science et Technologie pour le Développement (CYTED), méritent une mention spéciale. C'est un effort fait sous l'impulsion de l'Espagne depuis 1984, lequel inclut en plus de ce pays le Portugal et tous les pays latino-américains de langue espagnole ou portugaise, au total 21 pays. C'est un instrument pour faciliter le développement technologique et l'innovation au moyen de la coopération entre universités, centres de recherche et développement, et les entreprises innovatrices des pays ibéro-américains. Son objectif est de favoriser la coopération dans le domaine de la recherche appliquée et le développement technologique pour l'obtention de résultats transférables aux systèmes de production et aux politiques sociales des pays ibéro-américains. Actuellement, il regroupe autour de 5 700 scientifiques et technologues ibéro-américains.

 
LES DIX PAYS QUI PRODUISENT 76 % DU TOTAL DES PUBLICATIONS DANS SCI
(1994)


 
PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES DANS LES PAYS
LATINO-AMÉRICAINS DE LANGUE
ESPAGNOLE (SCI - 1994)


 
PAYS D'AMÉRIQUE LATINE QUI PRODUISENT 85 %
DES ARTICLES DE LA RÉGION
PUBLIÉS DANS LES REVUES INDEXÉES


 
REVUES RÉPERTORIÉES DANS « L'INDEX DES REVUES SCIENTIFIQUES MEXICAINES »
ET LES CHAMPS DE CONNAISSANCE


 
SOURCES D'APPUI FINANCIER DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES


 
ANCIENNETÉ MOYENNE DES PUBLICATIONS INCLUSES DANS « L'INDEX DES REVUES SCIENTIFIQUES MEXICAINES »


 
ANCIENNETÉ DES PUBLICATIONS RÉPERTORIÉES DANS « L'INDEX DES REVUES SCIENTIFIQUES MEXICAINES »


 
PÉRIODICITÉ DES PUBLICATIONS INCLUSES DANS « L'INDEX DES REVUES SCIENTIFIQUES MEXICAINES »





LA LENGUA ESPAÑOLA EN LA CIENCIA


Marcial Bonilla Marin
CONACYT, México





Resumen

Se presenta una breve introducción histórica, haciendo énfasis en los antecedentes del desarrollo cientifico en hispanoamérica. Se sitúa la contribución de los países que usan este idioma en el marco mundial de las publicaciones científicas indizadas en las bases de datos de "corriente principal". Se analiza con detalle la contribución de América Latina en las publicaciones registradas en el Science Citation Index. Se discute la colaboración científica en el marco del Tratado de Libre Comercio y las políticas científicas de Estado en materia de publicaciones científicas, utilizando como ejemplo el Indice de Revistas Científicas Mexicanas de Excelencia. Finalmente se emiten algunas opiniones sobre el futuro de la ciencia y de las revistas científicas en Latinoamérica.

Introducción

Hablar de la ciencia en el idioma español es hablar de los documentos escritos que prueban la generación de nuevos conocimientos en esta lengua. Un científico que posee un conocimiento a fondo de su lengua nacional revela de manera inequívoca que es parte de una sociedad poseedora de una cultura sólida y de un sistema educativo adecuado. La ciencia require de precisión en las palabras para poder expresar correctamente las ideas. La ciencia también genera los nuevos términos requeridos para expresar las nuevas teorias o los nuevos conocimientos. Una lengua que no tiene la vitalidad derivada de la actividad científica de la sociedad que la usa, está condenada a perecer y a la pobreza cultural.

Los primeros trabajos científicos escritos en español se ubican varios cientos de años atrás, en España, donde muchos de los conocimientos científicos Ilegaron a raíz de la invasión islámica. En los primeros años de gestación del idioma español, la utilización de este idioma en obras científicas es escasa, ya que en esa época se acostumbraba que los escritos científicos se publicaran en latín. Más tarde el idioma español rivaliza con el latín como lengua para libros científicos. Así, en los siglos XVI, XVII y hasta entrado el siglo XVIII la producción científica es escrita de manera alternativa en español y en latín, dependiendo de la especialidad y del lugar1.

 

1 Elías Trabulse. Historia de la Ciencia en México. Siglo XVI. Mexico. Fondo de Cultura Económica. (1992). [retour au texte]




La generación de la cultura científica en América Latina, en el idioma español, está ligada a la conquista y a la religión. La evangelización fue utilizada como un mecanismo de culturización con objeto de inducir un sistema de educación occidental. Los conquistadores sabiamente utilizaron a los sacerdotes (principalmente de las órdenes Franciscana y Dominica) para llevar a cabo esta ingente labor. Los franciscanos conocedores de los antecedentes culturales de los indígenas aprovecharon la habilidad representativa y musical de éstos para transmitir las nuevas enseñanzas2. Los primeros escritos científicos de América Latina datan del siglo XVI. Los autores son todos inmigrantes espaoles, con estudios cursados en instituciones españolas. La mitad de ellos pertenecían al clero. E. Trabulse1 considera que el primer libro científico es una obra de matemáticas impresa por Juan Pablos en 1556, cuyo autor es Juan Diez (Sumario compendioso de las quentas de plata y oro que en los reinos del Pirú son necessarias a los mercaderes y todo género de tratantes. Con aigunas reglas tocantes al arithmética). Rodríguez-Sala2 reporta la publicacin técnico-científica, "Instrucción Náutica" escrita en 1587, por Diego García de Palacio. Es importante señalar que los intercambios epistolares entre los científicos europeos y los del nuevo mundo se efectuaban en latín, la lengua científica de la época1.

Desde los primeros años de la colonia existió la inquietud por crear un centro de educación superior en América, ya que los hijos de los colonizadores tenían que viajar a la metrópolis para realizar sus estudios. La creación de la Real y Pontificia Universidad de México tuvo lugar el 25 de enero de 1553 (Rodríguez-Sala).

Posteriormente, en el siglo XVIII aparecen las primeras publicaciones periódicas con una presencia efímera como Asuntos Varios sobre Ciencias y Artes y Mercurio Volante con Noticias Importantes y Curiosas sobre Varios Asuntos de Fisica y Medicina ambas publicadas en 1772. En el siglo XIX aparecen las primeras revistas que se editan de manera regular, e incluso, algunas siguen siendo vigentes en la actualidad, como el Boletín de la Sociedad de Geografía y Estadística de México.

En los siglos XIX y XX sigue incrementándose el uso del español en la publicación de textos cientificos. Hay que recordar que en el siglo XIX tienen lugar las guerras de independencia en Latinoamerica y en el siglo XX ocurren guerras civiles importantes (revoluciones nacionales). Estos sucesos modifican cons iderablemente la vida y la cultura en America Latina.

 

2 Ma. Luisa Rodríguez-Sala. Raíces de la Cultura científica Nacional. Los primeros Personajes en la Nueva España, Siglo XVI. Colección la Ciencia y la Tecnología en la Historia. Consejo Nacional de Ciencia y Tecnologia. México (1994). [retour au texte]




La incorporación de Latinoamérica a los circuitos científicos internacionales ocurre hasta las primeras décadas del siglo XX. En general se puede afirmar que, hasta entrado el siglo XX3, nuestra contribución en las publicaciones de "corriente principal" son escasas.

Las Publicaciones Científicas Internacionales y el Idioma

Para aquellos países como los iberoaméricanos, que tienen una lengua materna diferente a la Lengua Universal utilizada por los científicos para comunicarse entre sí, resulta un tanto injusta la distribución de las revistas de corriente principal indizadas, pues sólo una pequeña fracción de sus publicaciones nacionales están incluidas en estos índices internacionales. Las tendencias actuales de utilizar parámetros bibliométricos provienen, en buena medidad de la iniciativa de la empresa privada Institute for Scientific Information, de Filadelfia, Estados Unidos, para registrar la información proveniente de unas 3,300 revistas científicas, de las más de 70,000 existentes. Una inspección en torno a los diferentes mecanismos que se utilizan en la actualidad para medir la productividad, el impacto, la calidad de los investigadores y hasta de las mismas instituciones, revela que la evaluación se realiza con base a parámetros proporcionados por la estadística bibliométrica. Existe el consenso de que estas medidas bibliométricas dejan mucho que desear, sin embargo todo mundo está de acuerdo que todavía no hay un sistema mejor, por lo que en el medio científico es considerado como un mal necesario.

Como resultado de esto tenemos que a los científicos se les evalúa con base en un sistema de méritos sustentado en el número de publicaciones, Io cual conduce a una "explosión tipográfica". En efecto, este criterio ha dado lugar a la proliferación de ciertos vicios como las publicaciones múltiples (muchas veces Io mismo), publicaciones fragmentadas (varios artículos que podrían ser uno solo) y la multitud de autores que firman un trabajo sin estar clara su participación. América Latina no es ajena a este fenómeno y no es raro leer en los periódicos locales alguna noticia referente a comportamientos no ortodoxos de investigadores que motivan la intervención de las Comisiones de Honor y Justicia para su ventilación.

Conforme a un análisis de los artículos publicados en 19944, en las revistas pertenecientes al Science Citation Index (SCI), se observa que de los diez países que registran el porcentaje más alto de publicaciones, ninguno es de habla española. Cabe mencionar que estos diez países producen conjuntamente 76% del total de publicaciones correspondientes a 1994. Estados Unidos es el primero en la lista, participando con 31 % de las publicaciones, siendo seguido por Japón con 8 %, el Reino Unido con 7.9 %, Alemania y Francia con 7 % y 5.6 %, respectivamente. Estos son seguidos por Canadá (4.3 %), Rusia (4.1 %), Italia (3.4 %), Holanda (2.3 %) y Australia (2.1 %). Como se puede ver, de estos diez países, cuatro tienen como lengua materna el inglés (considerando la parte anglófona de Canadá). El primer país de habla hispana que aparece en la lista es precisamente Espana, con el lugar número once y con una participación de 2 % de las publicaciones indizadas en SCI. Los siguientes son Argentina (0.35 %) y México (0.33 %) en los lugares 31 y 32, respectivamente. Posteriormente aparecen Chile, Venezuela, Puerto Rico y Cuba ocupando posiciones comprendidas entre el número 39 y el 55.

 

3 A. M. Cetto. Publicaciones científicas en América Latina, pag. 29 International Council of Scientific Unions. México (1995). [retour au texte]

4 W. Wayt Gibbs, Lost Science in the Third World. Scientific American, pag. 92 - 99, Agosto 1995. [retour au texte]




América Latina

En latinoamerica existe un permanente debate sobre el uso del idioma español en las revistas científicas que aspiran a ser reconocidas por la comunidad científica internacional.

América Latina en su conjunto produce 1.8 % de los articulos publicados en las revistas indizadas en el SCI, conforme a los datos de 1993. Este número incluye a Brasil que produce 0.65 %. Aunque esta participación latinoamericana es pequeña, el subcontinente ha incrementado constantemente su porcentaje : en 1978 se publicaron 3,126 artículos y en 19935 la cifra ascendió a casi 13,000 Io que representa un crecimiento del 1 % (1978) al 1.8 % en 1993. La participación de los países latinoamericanos es muy irregular : cuatro de ellos, Argentina, Brasil, Chile y México, contribuyen con 85 % de las publicaciones. El factor de impacto de los articulos publicados en la región es aproximadamente la mitad que el promedio mundial, es decir, son citados 50 % menos que el promedio.

En la opinión de algunos investigadores, los datos antes presentados no favorecen a la región y son causa de una fuerte polémica cuestionando la representatividad de los países latinoamericanos en los índices internacionales. Esta polémica no es privativa de Latinoamérica, ha tenido eco en revistas como Scientific american4, Science5 o Nature6. Un ejemplo de ello es el círculo vicioso establecido por las citas o factor de impacto de una revista. El Instituto para la Información Científica (Institute for Scientific Information) requiere, entre otras cosas, que una revista sea referida por las que sí estan incluidas en el SCI, para que puede ser considerada su inclusión en este índice. Pero, al mismo tiempo, por estar fuera del índice, no tiene referencias pues los trabajos publicados por estas revistas no tienen la difusión requerida para que los científicos de todo el mundo los conozcan. Esto aumenta el "efecto Mate& en el liderazgo de las revistas del primer mundo.

 

5 J. Cohen. Science in Latin America. Science 267 : 808 (1995) [retour au texte]

6 J. Maddox and H. Gee. Science in Mexico. Nature 368 : 6474 : 789-804. (1994) [retour au texte]




Vale la pena mencionar que en América Latina se han hecho esfuerzos para lograr el reconocimiento internacional de las publicaciones periódicas; por arraigar la cultura científica en el seno de una sociedad con escasa o nula tradición en este campo, mediante publicaciones de divulgación y por producir libros de texto para educación superior y de posgrado7.

Es importante citar a A. M. 
Cetto8 cuando se refiere a la importancia de tener revistas locales, que publiquen en idioma español en Latinoamerica :
Es válido pensar, sin embargo, que el valor y la utilidad de una revista pueden ir mucho más allá de lo que parece indicar la frecuencia con que es citada en la literatura . ... En términos más amplios lo que cabe analizar al juzgar una revista, es si se ha planteado objetivos válidos o relevantes, y si cumple satisfactoriamente con ellos. Entre estos, además del objetivo de "calidad"; que es comunmente aceptado aunque de dificil definición, existen otros elementos o criterios que deberían incluirse con pesos relativos en función del contexto específico de la revista cuando se juzga su valor, impacto o trascendencia.

Entre los elementos que considera estan el considerar las revistas como un medio de comunicación científica de una comunidad; como un elemento para promover el desarrollo de la actividad científica, y como indicador de mismo; la revista como medio de definición y difusión del vocabulario cientifico de un idioma; la función de la revista en la definición de una política de desarrollo científico propia de la comunidad, del país o de la región.

 

7 M. Fortes Besprosvani. Ecología de las publicaciones científicas latinoamericanas, en Publicaciones científicas en América Latina, pag. 40. International Council of Scientific Unions. Mexico (1995) [retour au texte]

8 A. M. Cetto. ¿Por qué producir revistas científicas en América Latina? Science International 52-53 (1993) [retour au texte]




El Tratado de Libre Comercio (TLC) y la Colaboración Científica Internacional

La liberalización regional y global del comercio, la globalización de la información son factores que afectan a los países del TLC. Sin embargo el Tratado de Libre Comercio no dice nada acerca de la investigación científica o de la innovación tecnológica. Los primeros indicadores, sin embargo, muestran que la liberación comercial afecta intensificando las colaboraciones científicas y de innovación tecnoldgica.

Existen fuertes vinculos de colaboracidn bilateral entre cientificos estadounidenses y canadienses, asi como entre mexicanos y estodounidenses. Las colaboraciones trilaterales han sido débiles pero están incrementándose.

Si se toma en cuenta los articulos publicados conjuntamente en revistas internacionles arbitradas, Estados Unidos tiene cerca de 44 % de la cooperacibn científica mexicana y aproximadamente 42 % de la del Canadá. La cooperación científica de México con Canadá representa alrededor de 7 % de su interacción internacional, mientras que la cooperación de Estados Unidos con Canadá representa alrededor de 10% de su actividad de colaboración internacional.

Considerando una base de produccion de artículos por millón de habitantes, Estados Unidos produce 992 articulos, mientras que Canadá publica 890 y México 17 (datos de 1990). La producción trilaleral es muy rara : entre 1980 y 1991 sólo 56 artículos fueron publicados.

El Estado y las Revistas científicas Nacionales

En algunos países Latinoamericanos, como Brasil y México se están produciendo movimientos para optimizar los recursos e impulsar a las mejores publicaciones científicas con objeto de que aumenten su impacto en los circuitos internacionales. En ambos países se han efectuado recientemente evaluaciones de las publicaciones y se han identificado a las que tienen calidad y que deben apoyarse para que se conviertan en instrumentos capaces de difundir internacionalmente los trabajos científicos de la región.

El Indice de Revistas científicas Mexicanas de Excelencia, fue establecido por el Consejo Nacional de Ciencia y Tecnología (CONACYT) desde 1993, después de convocar públicamente a todas las revistas científicas para que se sometieran a un proceso evaluativo. En la actualidad se tienen 68 revistas científicas incluídas en el Indice.

El número de publicaciones en Ciencia y Tecnología vigentes, registradas por el Centro Mexicano del International Standard Serial Number (ISSN), en 1993 ascendía a 1,134 revistas mientras que 244 permanecian suspendidas. Del número total de revistas existentes, las incluídas en el índice representan una pequeña fracción, sólo 6 %. Las causas por las que se procedió a crear este índice son, por una parte económicas, para tratar de optimizar recursos y, por otro para apoyar fuerte y decididamente a aquellas revistas que tienen posibilidades de tener un impacto mayor en la región.

Entre las 68 revistas pertenecientes al Indice de Revistas científicas Mexicanas, dos están incluidas en el Science Citation Index (La Revista Mexicana de Astronomía y la Revista Mexicana de Física) y una más será incluida a partir de 1997 (Archives of Medical Research). Las restantes están registradas también en indices internacionales importantes como Social Sciencies Citation Index, Arts and Humanities, Current Contents, etc.

El Indice de Revistas científicas Mexicanas sólo incluye a las revistas que presentan un perfil de investigación científica. El CONACYT reconoce el importante papel que desempeñan otras muchas revistas que, aunque no fueron incluidas en el Indice, cumplen cabalmente con su objetivo de ser vehículos de información gremial, así como de los eventos y noticias que competen a sus agremiados.

Los criterios de evaluación utilizados en la revisión de las revistas que solicitaron su inclusión en el Indice son, en términos generales, la calidad del contenido, el perfil de la revista, su impacto, su periodicidad, regularidad y distribución.

Características de las Revistas Científicas Mexicanas Incluidas en el Indice

La distribución geográfica de las revistas revela nuevamente el grado de concentración que existe en el país : 78 % se ubican en la capital y sólo 22 % en el interior. En cuanto al área del conocimiento, 40 de las 68 pertenecen a las áreas de Ciencias Sociales y Humanidades. Son menormente representadas las de Ciencias Naturales, las de Ingeniería y Ciencias de la Salud. En relación al patrocinio, la Universidad Nacional Autónoma de México tiene 18 de las revistas, siendo el principal patrocinador y es seguido por las Sociedades Científicas con 13 revistas.

Las Revistas Científicas Mexicanas son relativamente jóvenes cuando se comparan con las europeas, sin embargo seis tienen más de 50 años de antigüedad, y 25 tienen menos de 10 anos. Por áreas del conocimiento, las de Ciencias de la Salud son las más antiguas, con 36 años en promedio, seguidas por las de Ciencias Naturales (Física y Biología). Las más jóvenes son las de Ingeniería.

La periodicidad con que se publican estas revistas es baja, aunque esto está cambiando rápidamente, debido a las recomendaciones del Comité evaluador. En la actualidad, sin embargo, sólo un puñado son bimestrales (las más frecuentes).

En cuanto a la profesionalización de las revistas, la gran mayoría presenta un perfil muy similares : Un buen número se publica debido al entusiasmo de sus editores, quienes se ven obligados a desempeñar una multitud de funciones para lograr que cada número vea la luz. Un reto que la gran mayoría de estas publicaciones debe vencer es la profesionalización de la revista, ya que de no alcanzarlo dificilmente podrân trascender.

Libros Científicos, Técnicos, de Texto y Revistas de Divulgación

El CONACYT convocó a la Comunidad Científica Nacional a presentar solicitudes para escribir libros de texto para los niveles de licenciatura y posgrado. La gran mayoría de los que fueron apoyados han entregado sus manuscritos y éstos, así como el mismo Programa se encuentra en proceso de evaluación.

Merece especial mención la serie de libros cientificos de divulgación La Ciencia desde México, que lleva a la fecha más de 130 titulos. Estos son publicados por la editorial paraestatal El Fondo de Cultura Económica.

En el campo de las revistas de divulgación científica existen varias en el país, siendo Ciencia y Desarrollo, editada por el CONACYT, una de las más importantes.

El Futuro de la Ciencia y las Revistas en Latinoamerica

El acelerado desarrollo de las comunicaciones en el mundo presentará un elemento que puede coadyuvar a que la ciencia pueda afianzar sus raíces en latinoamerica. Uno de los problemas actuales es la falta de medios de comunicación entre los científicos de la región, así como las grandes distancias y los servicios de correo que dejan mucho que desear. En un futuro la disponibilidad de acceso por internet así como de correo electrónico permitirán incrementar el intercambio entre los científicos de la zona. Es sabido que muchas revistas están en proceso de convertirse en electrónicas, es decir, que se puedan accesar por las redes internacionales, lo cual será beneficioso para los investigadores que no tienen bibliotecas bien documentadas.

En este contexto merece una mención especial las redes de investigadores que se están estableciendo en iberoamérica, como el Programa de Ciencia y Técnología para et Desarrolio (CYTED). Este es un esfuerzo impulsado por España desde 1984, que incluye además de ella a Portugal y todos los países latinoamericanos de habla española o portuguesa, en total 21 países. Es un instrumento para facilitar el desarrollo tecnológico y la innovación mediante la cooperación entre Universidades, Centros de Investigación y Desarrollo y las empresas innovadoras de Iberoamérica. Su objetivo es fomentar la cooperación en el campo de la investigación aplicada y el desarrollo tecnológico para la obtención de resultados transferibles a los sistemas productivos a las políticas sociales de los países iberoamericanos. En la actualidad agrupa alrededor de 5,700 científicos y tecnólogos iberoamericanos.






L'ALLEMAND DANS LES SCIENCES


Ulrich Ammon
Gerhard-Mercator-Universität, Allemagne





Der deutsch Originaltext folgt nach
der französischen Übersetzung


L'allemand, l'une des trois plus importantes langues scientifiques au début du siècle

Plusieurs faits montrent sans conteste que l'allemand, au début du siècle, occupait à peu près le même rang que l'anglais et le français. Un indice important, c'est le ratio des publications en allemand dans l'ensemble des publications scientifiques. On peut citer à ce propos l'étude de Tsunoda sûrement très connue ici (1983). Tsunoda a étudié la part qui revient à chaque langue scientifique parmi les plus importantes dans la masse totale des publications dans trois sciences exactes (biologie, chimie, physique) de même qu'en médecine et en mathématiques durant la période s'étendant de 1880 à 1980. Il s'appuie pour cela sur les bibliographies et les banques documentaires les plus importantes des États-Unis, de France, de Russie et d'Angleterre. Si l'on calcule la moyenne des données recueillies par Tsunoda, tirées d'abord des différentes banques documentaires nationales pour chaque science et ensuite pour les différentes sciences, l'on obtient la figure suivante :

 
FIGURE 1a :
POURCENTAGE DES PUBLICATIONS (SELON LA LANGUE) DANS CINQ SCIENCES AU COURS D'UN SIÈCLE (D'APRÈS TSUNODA 1983)
Moyenne obtenue à partir des banques documentaires américaines, allemandes, françaises et russes


 
FIGURE 1b :
POURCENTAGE DES PUBLICATIONS (SELON LA LANGUE) DANS CINQ SCIENCES AU COURS D'UN SIÈCLE (D'APRÈS TSUNODA 1983)
Moyenne obtenue à partir des banques documentaires américaines seulement


Les banques documentaires américaines sont les meilleures, surtout celles qui portent sur des documents récents; mais pour des documents anciens, ce n'est pas le cas. Le tableau le plus objectif que nous puissions obtenir pour le début du siècle proviendra de la moyenne des données tirées des banques documentaires de tous les pays. Notre figure 1b montre cette moyenne. Comme on le voit, l'allemand surpasse au début du siècle toutes les autres langues scientifiques, y compris l'anglais.

Le haut niveau des sciences dans les pays de langue allemande au début du siècle

Des indices de tous ordres nous montrent que les pays de langue allemande au début de notre siècle étaient en tête dans différentes disciplines scientifiques. C'est pourquoi un scientifique devait lire les publications provenant de ces pays et publier en allemand, pour pouvoir prendre part aux discussions avec les sommités de sa discipline. Le Japonais Shigeru Nakayama (1981 : 48), par exemple, dans une étude statistique portant sur l'histoire de la médecine, en arrive à la conclusion que, durant la période s'étendant de 1830 jusque vers 1910, c'est l'Allemagne qui a le plus fait de découvertes dans ce domaine (et à certaines époques, beaucoup plus que les autres). Une multitude d'autres indices vont dans le même sens, par exemple, le nombre de prix Nobel en sciences pures.

Pour illustrer mon propos, voici le nombre des prix Nobel obtenus par des scientifiques allemands comparé à celui des prix obtenus par des scientifiques anglophones et francophones au cours de notre siècle. Les statistiques ne sont pas tout à fait fiables, parce qu'elles ont été établies à d'autres fins : c'est pourquoi le Canada a été inclus parmi les pays de langue anglaise et les Pays-Bas, ainsi que toute la Belgique, ont été associés à la France. Néanmoins, on voit très bien l'augmentation du pourcentage pour les pays de langue allemande.

 
FIGURE 2a :
ORIGINE ETHNIQUE DES PRIX NOBEL EN SCIENCES PURES EN POURCENTAGE
(D'APRÈS SKUDLIK 1990, 319, TABLEAU 34)


 
FIGURE 2b :
ORIGINE ETHNIQUE DES PRIX NOBEL EN SCIENCES PURES EN POURCENTAGE
(D'APRÈS SKUDLIK 1990, 319, TABLEAU 34)


Comme on le voit, le nombre des prix Nobel parmi les scientifiques de langue allemande est particulièrement élevé, plus élevé même que le nombre des prix parmi les scientifiques de n'importe quel groupe de pays réunis selon la langue.

Pourquoi les pays de langue allemande ont-ils connu un si grand succès à cette époque dans les sciences pures? On ne peut répondre à cette question que d'une façon globale. Cela est certainement à mettre au compte de l'essor fulgurant de l'économie du Reich allemand créé quelques années auparavant, en 1871, dont le produit national brut aux alentours de 1910 dépasse celui de la Grande-Bretagne et qui est bien supérieur à celui de la France. Cela dépend aussi de la structure de l'université allemande, fondée au début du XIXe siècle par Guillaume de Humboldt. Le principe suivi est celui d'une relation étroite entre la recherche et l'enseignement, ce qui a été extrêmement stimulant pour la recherche universitaire. Dans la mesure où les professeurs d'université étaient eux-mêmes des chercheurs, ils pouvaient prétendre à être également de bons professeurs. Ce principe, en fait, donne la préséance à la recherche sur l'enseignement, même si celui-ci ne doit pas être négligé.

Raisons du recul de l'allemand comme langue scientifique

Je ne peux, au stade actuel de la recherche, fournir une appréciation juste des causes de ce recul et de leur interaction. Cependant, quelques grandes lignes se laissent relativement bien dégager. La cause la plus immédiate du recul de l'allemand, ce sont les catastrophes qui ont marqué l'histoire des pays de langue allemande au cours de ce siècle. La Première Guerre mondiale et la défaite de l'Allemagne a eu des effets négatifs aussi bien directement sur la place de la langue allemande dans les sciences que sur le niveau des sciences. La guerre psychologique menée principalement par les pays anglo-saxons a fait que la langue des Huns, comme on appelait les Allemands, a été interdite dans les manifestations publiques, et ce, particulièrement aux États-Unis et en Australie. On s'est trouvé à décourager par là également l'utilisation de l'allemand dans les sciences. Un certain temps après la fin de la guerre, l'allemand a même été interdit comme langue d'usage dans les conférences internationales.

Ce qui a sûrement eu un effet encore plus négatif à la longue, c'est le fait que la guerre a ruiné économiquement les pays de langue allemande, comme, du reste, les pays européens de langue française. Ils ont alors manqué de ressources pour maintenir la recherche au niveau d'avant-guerre. À l'opposé, les États-Unis, le plus important pays anglophone, sortent de la guerre économiquement plus puissants et possèdent en conséquence des moyens financiers pour continuer à développer les sciences chez eux.

À l'époque du national-socialisme, les Allemands ont détruit eux-mêmes une grande partie de leur potentiel scientifique. De nombreux scientifiques, dont plusieurs, mais pas tous, étaient Juifs, ont été chassés du pays ou tués. Après la guerre, l'Allemagne et l'Autriche, complètement détruites, ont perdu encore une grande partie des scientifiques qui étaient restés au pays à cause du drainage des cerveaux. Ce drainage s'est fait surtout au profit des États-Unis. C'est pourquoi les États-Unis sont devenus sans conteste non seulement la plus grande puissance économique, mais aussi la plus grande puissance scientifique.

Surtout à cause du poids des États-Unis, la communauté linguistique anglophone (l'ensemble des gens ayant l'anglais comme langue maternelle) est plus forte économiquement que toutes les autres communautés linguistiques. J'ai fait le calcul pour la fin des années 80 et la figure 3 permet de les comparer :

 
FIGURE 3 :
LA FORCE ÉCONOMIQUE DE L'ALLEMAND PAR RAPPORT AUX AUTRES LANGUES


Pour ces dernières années, les chiffres sont assurément bien différents; cependant, il est vraisemblable que les proportions sont restées les mêmes. Selon la puissance économique du pays, les moyens consacrés à la recherche seront différents. D'après un estimé fiable du gouvernement allemand, les États-Unis, en 1990, ont accordé 365,2 milliards de DM, le Japon, 144,2 milliards de DM et la République fédérale (avant la réunification), 65,8 milliards de DM à la recherche. Je ne connais pas le montant pour la France, mais il est sûrement inférieur aux autres.

Si l'allemand voulait jouer à nouveau un rôle prépondérant, il faudrait auparavant que les scientifiques allemands jouent un rôle prépondérant. Il faudrait également qu'ils publient dans leur langue. Leurs publications devraient susciter tant d'intérêt que les non-germanophones verraient un avantage à les lire. Mais comme les scientifiques de langue allemande disposent de bien moins de moyens que leurs collègues anglophones, il y a peu de chances que l'on puisse s'attendre à un tel développement.

Si l'on compare notre époque aux époques antérieures, on s'aperçoit que le nombre relatif des scientifiques qui lisent l'allemand a diminué. Ceci est une des raisons pour lesquelles on lit aujourd'hui moins de publications en langue allemande qu'avant. En conséquence, beaucoup d'auteurs germanophones cherchent à publier leurs travaux en anglais plutôt qu'en allemand. Les maisons d'édition scientifique en Allemagne d'ailleurs les encouragent souvent dans cette voie; elles pressent même les auteurs à publier en anglais. Le marché pour les produits en anglais est plus vaste, de telle sorte que les maisons d'édition peuvent en vendre plus. Ces produits peuvent même être vendus moins cher et malgré tout rapporter davantage. Devant cette situation, plusieurs revues scientifiques de renom ont choisi carrément l'anglais comme langue de publication. La transition ne s'est pas faite brutalement, mais en passant par l'étape intermédiaire du plurilinguisme. La séquence observée est reproduite dans la figure 4; il est rare, il est vrai, qu'une revue passe par toutes ces étapes.

 
FIGURE 4 :
ÉTAPES DANS LE PASSAGE DE L'ALLEMAND À L'ANGLAIS
DANS LES REVUES


C'est ainsi que Archiv für Verdauungskrankheiten est devenu Gastrœnterologia, puis Digestion; la revue autrichienne Österreichische Botanische Zeitschrift est devenue Plants Systematics and Evolution ou le Zeitschrift für Tierpsychologie, Ethology. La gravité de la situation apparaît clairement, quand on voit que la plupart de ces revues, publiées en territoire germanophone, n'acceptent plus que des contributions en anglais; d'autres acceptent encore des contributions dans d'autres langues, notamment en français et en allemand, mais, dans les faits, les contributions en anglais sont les plus nombreuses et de beaucoup.

Vestiges de l'allemand comme langue scientifique

De nombreuses données (cf. Ammon 1991 : 217-237) prouvent hors de tout doute que les scientifiques allemands dans plusieurs disciplines et dans toutes sortes de textes ont moins tendance que d'autres à faire appel à l'anglais. Dans des conditions par ailleurs comparables, on observe surtout les différences suivantes :

 
FIGURE 5 :
PRÉFÉRENCE LINGUISTIQUE DES SCIENTIFIQUES DE LANGUE ALLEMANDE


Les raisons les plus importantes pour rendre compte de ces différences sont celles-ci :

  • Les objets d'étude et les thèmes dans les sciences humaines sont davantage d'intérêt national que dans les sciences naturelles, de telle sorte que les discussions se font plutôt dans la langue maternelle.

  • Les sciences humaines, du fait qu'elles sont moins formalisées, sont plus près du quotidien pour ce qui est de la méthode de connaissance et par là de la langue maternelle que les sciences pures plus formalisées.

  • Dans les sciences appliquées, la communication avec le profane issu de sa propre communauté linguistique joue un plus grand rôle que dans les sciences pures ou théoriques.

  • Ce dernier point vaut aussi mutatis mutandis pour l'enseignement.

  • Avec des résultats provisoires de la recherche, on n'ose pas s'adresser au public international, ce qui serait le cas si l'on choisissait l'anglais.

Ces différences donnent à penser qu'il est peu probable que les scientifiques germanophones se mettront à l'anglais dans un avenir rapproché. Dans l'application des sciences et dans l'enseignement, il y a pour l'instant encore des barrières infranchissables.

Résistances et mouvements d'opposition

Depuis le milieu des années 80, on sent que les scientifiques allemands opposent une résistance à la domination de l'anglais comme langue scientifique, même si ces résistances ne sont pas aussi vives que celles que l'on rencontre chez les francophones. On déplore très haut le déclin de l'allemand comme langue scientifique, par exemple, dans le Bericht der Bundesregierung über die deutsche Sprache in der Welt [Rapport du gouvernement fédéral sur la langue allemande dans le monde] (1985) ou dans l'étude Deutsch ais Wissenschaftssprache [L'allemand comme langue scientifique] (Kalverkämper/Weinrich 1986). Dans une enquête menée par moi-même auprès de savants rattachés à l'université ou à l'industrie, un pourcentage non négligeable parmi eux a manifesté l'intention d'éviter de communiquer en anglais. Un tiers (33,3 %) refuse, sinon à l'occasion, de publier en anglais, un quart (24,6 %) renonce aux contacts avec des collègues et à peine un cinquième (18,8 %) refuse de participer à des congrès, s'ils sont obligés de le faire en anglais (Ammon 1990).

Contrairement à ce qui s'est fait dans le passé, on fait de plus en plus d'efforts pour réintroduire l'allemand comme langue scientifique. Un exemple parmi plusieurs : l'AILA (Association Internationale de Linguistique Appliquée), où l'allemand, depuis cette année, est admis comme langue de communication. La Deutsche Forschungsgemeinschaff, la plus grande organisation pour le développement de la recherche en l'Allemagne, insiste pour accorder la préférence aux revues scientifiques de langue allemande. Les savants allemands prennent de plus en plus conscience du fait que l'allemand a pris un retard certain et n'a pas été modernisée à cause de la domination de l'anglais comme langue scientifique, et de nombreux scientifiques, en plus grand nombre qu'autrefois, ne se contentent plus d'emprunter tout simplement les termes à l'anglais, mais s'efforcent de les germaniser ou de créer des équivalents allemands pour chacun d'eux (cf. Ammon 1991 : 277-281).

On ne saurait espérer que l'allemand reprenne la place qui a été la sienne dans le passé. Mais des développements récents semblent indiquer que, malgré tout, l'anglais n'accèdera pas à une position de monopole, du moins dans un avenir rapproché. Quelques langues continueront à avoir de l'importance, de sorte que les scientifiques ont intérêt à les apprendre, ne serait-ce que pour pouvoir prendre connaissance des publications qui se font dans cette langue. L'allemand sera l'une de ces langues. Peu à peu les scientifiques allemands gagneront en assurance et cela contribuera à assurer à l'allemand une place parmi les langues scientifiques - une conséquence de la réunification et de la distance toujours plus grande qui nous sépare de l'époque la plus honteuse de l'histoire allemande, celle du national-socialisme.




Ouvrages cités :

Ammon, Ulrich (1990). German or English? The Problems of Language Choice Experienced by German-speaking Scientists. In Neld, P. H. (ed.) Language Conflict and Minorities/ Sprachkonflikte und Minderheiten. Bonn : Dümmler, 33-51.

Ammon, Ulrich (1991). Die internationale Stellung der deutschen Sprache. Berlin, New York : De Gruyter.

Bericht der Bundesregierung über die deutsche Sprache in der Welt (1985). (Bundestagsdrucksache 10/3784). Bonn.

Grimes, Barbara F. (ed.) (1984). Languages of the World : Ethnologue, 10e édition. Dallas/TX : Wycliffe Bible Translation.

Haefs, Hanswilhelm (ed.) (1987/1989). Der Fischer Weltalmanach 88/90. Frankfurt a. M. : Fischer Taschenbuch Verlag.

Kalverkämper, Hartwig / Weinrich, Harald (eds.) (1986). Deutsch als Wissenschaftssprache. 25. Konstanzer Literaturgespräch (Forum für Fremdsprachenforschung, 3). Tübingen : Narr.

Nakayama, Shigeru (1981). Teikoku daigaku no Tanjou [La naissance de l'université impériale). 3e édition, Tokyo, Chaokoronsha.

Skudlik, Sabine (1990). Sprachen in den Wissenschaften. Deutsch und English in der internationalen Kommunikation (Forum für Fachsprachen, 10). Tübingen : Narr.

Tsunoda, Minoru (1983). Les langues internationales dans les publications scientifiques et techniques. Sophia linguistica : 144-155.






DIE DEUTSCHE SPRACHE IN DEN WISSENSCHAFTEN


Ulrich Ammon
Gerhard-Mercator-Universität, Allemagne





Eine von drei annähernd gleichrangigen Wissenschaftssprachen zu Beginn unseres Jahrhunderts

Verschiedene Daten belegen unzweifelhaft, daß Deutsch zu Beginn dieses Jahrhunderts eine Wissenschaftssprache ungefähr gleichen Ranges war wie das Englische und das Französische. Ein wichtiger Indikator dafür ist z. B. der Anteil an der Gesamtheit wissenschaftlicher Publikationen. Hierüber gibt die hier sicher gut bekannte Untersuchung von Tsunoda (1983) Aufschluß. Tsunoda hat den Anteil der wichtigsten Wissenschaftssprachen an der Gesamtmenge der Publikationen in drei Naturwissenschaften (Biologie, Chemie, Physik) sowie in Medizin und Mathematik über die Zeitspanne von 1880 bis 1980 verfolgt. Dabei stützt er sich auf die wichtigsten Referatenorgane und Bibliographien aus USA, Frankreich, Rußland und Deutschland. Wenn man über Tsunodas Befunden die Mittelwerte errechnet, zunächst aus den verschiedenen nationalen Referatenorganen für die einzelnen Wissenschaften und daraufhin noch einmal für die verschiedenen Wissenschaften, dann erhält man den in Abbildung 1a dargestellten Befund.

 
ABBILDUNG 1a
ANTEIL DER SPRACHEN AN DEN PUBLIKATIONEN IN FÜNF WISSENSCHAFTEN IM VERLAUF VON 100 JAHREN (AUFGRUND VON TSUNODA 1983)


 
ABBILDUNG 1b
ANTEIL DER SPRACHEN AN DEN PUBLIKATIONEN IN FÜNF WISSENSCHAFTEN IM VERLAUF VON 100 JAHREN (AUFGRUND VON TSUNODA 1983)


Zwar sind die amerikanischen Referatenorgane vor allem in neuester Zeit die repräsentativsten; für frühere Zeiten gilt das jedoch nicht ohne weiteres. Das sachgetreueste Bild zu Beginn unseres Jahrhunderts erhalten wir vermutlich aus den Mittelwerten über den Referatenorganen aller Länder. Dieser Mittelwert ist oben in unserer Abbildung 1b dargestelit, der Befund nach den amerikanischen Referatenorganen allein unten auf unserer Abbildung. Wie man sieht, übertrifft das Deutsche zu Beginn unseres Jahrhunderts alle anderen Wissenschaftssprachen, auch das Englische.

Das hohe Niveau der Wissenschaften in den deutschsprachigen Ländern zu Beginn unseres Jahrhunderts

Es gibt zahlreiche Hinweise verschiedenster Art darauf, daß die deutschsprachigen Länder um die Jahrhundertwende und zu Anfang unseres Jahrhunderts in verschiedenen wissenschaftlichen Disziplinen führend waren. Daher muß man die von dort kommenden Veröffentlichungen lesen und hat auch gerne in der deutschen Sprache veröffentlicht, um sich auf diese Weise mit den führenden Vertretern der Disziplin auseinanderzusetzen. So kommt beispielsweise der Japaner Shigeru Nakayama (1981: 48) aufgrund einer statistischen Auswertung der Geschichte der Medizin zu dem Ergebnis, daß in der Zeit von 1830 bis etwa 1910 Deutschland am meisten, zeitweise sogar mit Abstand am meisten zu den Entdeckungen der Medizin beigetragen hat. Auch der Anteil an den naturwissenschaftlichen Nobelpreisen stützt unsere generelle Behauptung. Eine Vielzahl anderer Indikatoren weisen in dieselbe Richtung. Zur Illustration gebe ich den Anteil der Nobelpreise wieder, den die deutschsprachigen Wissenschaftler im Vergleich zu den englischsprachigen und den französischsprachigen im Verlauf des Jahrhunderts errungen haben. Die Statistik stimmt nicht ganz, weil sie zunächst für andere Zwecke gemacht wurde : so ist Kanada insgesamt den englischsprachigen Ländern zugeordnet, und die Niederlande und ganz Belgien sind mit Frankreich zusammengefaßt. Jedoch wird die Entwicklung des Anteils der deutschsprachigen Länder trotzdem deutlich genug.

 
ABBILDUNGEN 2a und 2b
NATIONALE HERKUNFT DER NATURWISSENSCHAFTLICHEN NOBELPREISTÄGER IN PROZENTEN
(NACH SKUDLIK 1990 : 319, TAB. 34)


Wie man sieht, ist der Anteil der deutschsprachigen Lânder an den naturwissenschaftlichen Nobelpreisen zu Beginn des Jahrhunderts ausgesprochen hoch, zeitweilig höher als der Anteil irgendwelcher anderen nach Sprachen gebildeten Ländergruppen.

Warum die deutschsprachigen Länder um diese Zeit in den Naturwissenschaften so erfolgreich waren, kann hier nur in groben Ansätzen beantwortet werden. Es hing sicher zusammen mit der sich schnell entwickelnden beträchtlichen Wirtschaftskraft des erst neu, nämlich 1871, entstandenen "Deutschen Reichs", dessen Bruttosozialprodukt um 1910 dasjenige Großbritanniens überstieg und deutlich über dem von Frankreich lag. Sicher hängt es aber auch zusammen mit der spezifischen Form der deutschen Universität, die von Wilhelm von Humboldt zu Beginn des 19. Jahrhunderts begründet wurde. Darin wird vor allem die besonders enge Verbindung zwischen Forschung und Lehre zum Prinzip gemacht, die für die Universitätsforschung außerordentlich stimulierend war. Nur insoweit die Universitätslehrer selber Forscher waren, konnten sie für sich beanspruchen, auch gute akademische Lehrer zu sein. Dieses Prinzip gibt im Grunde der Forschung Prioritât über die Lehre, wenngleich diese dabei nicht vernachlâssigt werden soll.

Gründe für den Rückgang von Deutsch ais Wissenschaftssprache

Eine genaue Gewichtung der Ursachen und Darstellung des Zusammenspiels dieser Gründe ist beim derzeitigen Forschungsstand noch nicht möglich. Einige Grundlinien lassen sich jedoch relativ leicht identifizieren. Sie hängen recht unmittelbar mit der katastrophalen Geschichte der deutschsprachigen Lânder im Verlauf dieses Jahrhunderts zusammen. Der I. Weltkrieg und sein Ausgang hatten negative Auswirkungen sowohl direkt auf die Stellung der deutschen Sprache als auch auf das Niveau der Wissenschaften in den deutschsprachigen Ländern. Die psychologische Kriegführung vor allem der angelsächsischen Länder beinhaltete unter anderem auch, daß die Sprache der "huns" (Hunnen), wie man die Deutschen nannte, in der Öffentlichkeit weitgehend verboten wurde, besonders krass in den USA oder in Australien. Dadurch wurde auch ihre Verwendung in der Wissenschaft entmutigt. Auch nach dem Krieg war Deutsch als Sprache internationaler Konferenzen eine Zeitlang verboten.

Noch nachhaltiger hat sicher negativ gewirkt, daß die deutschsprachigen Länder, wie übrigens auch die europäischen französischsprachigen Länder, durch den I. Weltkrieg wirtschaftlich praktisch ruiniert wurden. Es haben dann einfach die Ressourcen gefehlt, um die Forschung auf dem früheren Niveau aufrecht zu erhalten. Demgegenüber gingen vor allem die USA als das größte englischsprachige Land wirtschaftlich sogar gestärkt aus dem Krieg und hatten damit auch die Finanzmittel für den weiteren Ausbau ihrer Wissenschaften.

Zur Zeit des Nationalsozialismus haben die Deutschen selber große Teile ihrer wissenschaftlichen Grundlagen zerstört. Eine große Zahl führender Wissenschaftler, von denen viele (aber nicht alle) Juden waren, wurden aus dem Land vertrieben oder umgebracht. Nach dem Krieg waren Deutschland und Österreich dann vollständig zerstürt und verloren infolgedessen noch einmal einen großen Teil der noch verbliebenen Wissenschaftler durch brain drain, vor allem an die USA. Die USA wurden nun eindeutig nicht nur zur wirtschaftlich, sondern auch zur wissenschaftlich dominanten Weltmacht.

Vor allem aufgrund des Gewichts der USA ist die englische Sprachgemeinschaft (die Gesamtzahl der Muttersprachler) auch wirtschaftlich stärker als alle anderen Sprachgemeinschaften. Nach einer von mir durchgeführten Berechnung für die Zeit am Ende der 1980er Jahre ergibt sich das in Abbildung 3 dargestellte Verhältnis.

 
ABBILDUNG 3
ÖKONOMISCHE STÄRKE VON DEUTSCH IM VERHÄLTNIS ZU ANDEREN SPRACHEN


Für die neueste Zeit sehen die Zahlen zwar sicher etwas anders aus; die Proportionen dürften aber annähernd gleichgeblieben sein. Entsprechend der Wirtsschaftskraft können auch unterschiedlich große Mittel für die Forschung freigesetzt werden. Nach zuverlässiger Schätzung der deutschen Regierung gaben im Jahr 1990 die USA 365,2, Japan 144,2 und die Bundesrepublik Deutschland (vor der Vereinigung) 65,8 Milliarden DM für die Forschung aus. Der Betrag für Frankreich ist mir nicht bekannt, er liegt aber sicher noch niedriger.

Wenn Deutsch als Wissenschaftssprache wieder eine führende Position erlangen wollte, so müßten wohl zunächst einmal die deutschsprachigen Wissenschaftler eine Führungsposition erreichen. Sie müßten außerdem in der eigenen Sprache publizieren. Ihre Publikationen müßten so interessant sein, daß sich für die Anderssprachigen die Lektüre wirklich lohnt. Auf diesem Wege wäre eine Umkehrung der Tendenz vielleicht möglich. Da den deutschsprachigen Wissenschaftlern jedoch viel geringere Mittel zur Verfügung stehen als den englischsprachigen, ist eine solche Entwicklung kaum zu erwarten.

Im Vergleich zu früher ist auch die relative Zahl von Wissenschaftlern, die Deutsch überhaupt lesen kdnnen, zurückgegangen. Dies ist ein Grund, neben anderen, daß deutschsprachige Verüffentlichungen in geringerem Umfang gelesen werden als früher. Infolge davon sind manche deutschsprachige Autoren bestrebt, statt in ihrer Muttersprache lieber auf englisch zu verdffentlichen. Die wisssenschaftlichen Verlage in Deutschland kommen ihnen in diesem Bestreben nicht selten entgegen oder drängen die Autoren sogar, auf englisch zuveröffentlichen. Der Markt für englischsprachige Produkte ist nämlich größer, so daß von ihnen mehr verkauft werden können. Sie können sogar billiger verkauft werden, und man kann trotzdem mehr an ihnen verdienen. Infolge dieser Situation haben auch viele renommierte Fachzeitschriften ihre Sprachwahl ganz auf das Englische umgestellt. Die Umstellung ist dabei zumeist nicht sprunghaft, sondeur über Zwischenstufen der Mehrsprachigkeit geschehen. Die zu beobachtende Stufenfolge ist in Abbildung 4 dargestellt, wobei allerdings eine einzelne Zeitschrift kaum je alle Stufen durchschreitet.

 
ABBILDUNG 4
STUFEN DER UMSTELLUNG VOM DEUTSCHEN AUFS ENGLISCHE BEI ZEITSCHRIFTEN


So wurde z. B. aus Archiv für Verdauungskrankheiten > Gastrœnterologia > Digestion, aus Österreichische Botanische Zeitschrift > Plant Systematics and Evolution oder aus Zeitschrift für Tierpsychologie > Ethology. Die ganze Strenge der Situation zeigt sich daran, daß die meisten dieser Zeitschriften, die im deutschen Sprachgebiet verlegt werden, nur noch englischsprachige Beiträge akzeptieren; andere erlauben zwar noch Beiträge in anderen Sprachen, vor allem in Deutsch oder Französisch, tatsächlich überwiegen die englischsprachigen Beiträge jedoch bei weitem.

Residuen für Deutsch als Wissenschaftssprache

Eine Vielzahl von Daten (vgl. Ammon 1991 : 217-237) belegen unzweifelhaft, daß die deutschsprachigen Wissenschaftler in manchen Fächern (Disziplinen) und in manchen Textsorten nicht so stark zum Gebrauch des Englischen neigen wie in anderen. Unter ansonsten vergleichbaren Bedingungen zeigen sich vor allem die folgenden Unterschiede (Abbildung 5).

 
ABBILDUNG 5
PRÄFERENZEN DER SPRACHWAHL DEUTSCHSPRACHIGER WISSENSCHAFTLER


Folgendes sind vermutlich die wichtigsten Gründe für diese Unterschiede :

  • Die Gegenstände und Themen der Geistes- und Kulturwissenschaften sind in höherem Maße als die der Naturwissenschaften von primär nationalem Interesse, so daß auch die Kommunikation darüber eher in der eigenen Sprache stattfindet.

  • Die Geistes- und Kulturwissenschaften sind aufgrund des geringeren Formalisierungsgrades erkenntnismethodisch stärker an die Alltags- und damit an die jeweilige Muttersprache der Wissenschaftler gebunden als die stärker formalisierten Naturwissenschaften.

  • In den angewandten Wissenschaften spielt die Kommunikation mit den Laien aus der eigenen Sprachgemeinschaft eine größere Rolle als in den reinen/theoretischen Wissenschaften.

  • Letzteres gilt mutatis mutandis auch für die Lehre.

  • Mit vorläufigen Forschungsbefunden wagt man sich noch nicht an die größere internationale Öffentlichkeit, der man sich mit der Wahl des Englischen aussetzt.

Diese Unterschiede lassen auch vermuten, daß eine gänzliche Umstellung der deutschsprachigen Wissenschaftler auf das Englische in absehbarer Zeit nicht möglich ist. In der Anwendung der Wissenschaften und in der Lehre gibt es hier vorläufig unüberschreitbare Grenzen.

Widerstände und Gegenbewegungen

Seit Mitte der 1980er Jahre gibt es erkennbare Widerstände gegen die Dominanz des Englischen ais Wissenschaftssprache deutschsprachiger Wissenschaftler, wenn diese auch nicht so stark sind wie die Widerstände im französischsprachigen Raum. Massiv kritisiert wurde der Niedergang von Deutsch als Wissenschaftssprache z.B. im Bericht der Bundesregierung über die deutsche Sprache in der Welt (1985) oder in dem Band Deutsch ais Wissenschaftssprache (Kalverkämper/Weinrich 1986). In einer von mir selbst durchgeführten Befragung von Universitäts- und Industriewissenschaftlem haben beträchtliche Prozentsätze die Bereitschaft bekundet, die Kommunikation auf englisch zu verweigern. Ein Drittel (33,3 %) verzichtet zumindest gelegentlich auf das Publizieren, ein Viertel (24,6 %) verzichtet auf den Kontakt mit Kollegen und knapp ein Fünftel (18,8 %) auf die Teilnahme an wissenschaftlichen Kongressen, wenn dies nur auf englisch möglich ist (Ammon 1990). Im Gegensatz zu früher gibt es neuerdings auch intensivere Bemühungen, Deutsch wieder ais Sprache wissenschaftlicher Konferenzen einzuführen. Fines von verschiedenen Beispielen ist die AILA (Association Internationale de Linguistique Appliquée), wo Deutsch seit diesem Jahr wieder reguläre Konferenzsprache ist. Die Deutsche Forschungsgemeinschaft, die größte Forschungsförderungsorganisation Deutschlands, hält an der bevorzugten Förderung deutschsprachiger wissenschaftlicher Zeitschriften fest. Das Bewußtsein, daß die deutsche Sprache infolge der Dominanz des Englischen ais Wissenschaftssprache in einen Modernisierungsrückstand geraten ist, breitet sich unter den deutschsprachigen Wissenschaftlern allmählich aus, und mehr ais früher sind bemüht, nicht mehr einfach Termini aus dem Englischen zu übernehmen, sondern sie einzudeutschen oder deutsche Entsprechungen zu bilden (vgl. Ammon 1991 : 277-281).

Eine Wiedergewinnung der alten Stellung von Deutsch ais Wissenschaftssprache ist allerdings kaum möglich. Neuere Entwicklungen deuten jedoch immerhin darauf hin, daß das Englische keine Monopolstellung erlangen wird, zumindest nicht in absehbarer Zeit. Einige Sprachen werden daneben ais Wissenschaftssprachen so bedeutsam bleiben, daß es sich für Wissenschaftler lohnt, sie zu lernen, um die Veröffentlichungen in diesem Sprachen wenigstens zur Kenntnis nehmen zu können. Zu diesen Sprachen wird auch das Deutsche gehören. Zur Stabilisierung des Deutschen ais Wissenschaftssprache wird auch die allmähliche Normalisierung des Selbstbewußtseins der deutschen Wissenschaftler beitragen - eine Folge der Wiedervereinigung Deutschlands und der allmähiich größer werdenden Distanz zur schändlichsten Epoche der deutschen Geschichte, dem Nationalsozialismus.




Zitierte Literatur :

Ammon, Ulrich (1990) German or English? The Problems of Language Choice Experienced by German-Speaking Scientists. In Nelde, P. H. (ed.) Language Conflict and Minorities/Sprachkonflikte und Minderheiten. Bonn : Dümmler, 33-51.

Ammon, Ulrich (1991) Die internationale Stellung der deutschen Sprache. Berlin/New York : de Gruyter.

Bericht der Bundesregierung über die deutsche Sprache in der Welt (1985) (Bundestagsdrucksache 10/3784). Bonn.

Grimes, Barbara F. (ed.) (1984) Languages of the World: Ethnologue. 10. Auf. Dallas/TX : Wycliffe Bible Translation.

Haefs, Hanswilhelm (ed.) (1987/1989) Der Fischer Weltalmanach '88/'90. Frankfurt a. M. : Fischer Taschenbuch Verlag.

Kalverkämper, Hartwig/Weinrich, Harald (eds.) (1986) Deutsch ais Wissenschaftssprache. 25. Konstanzer Literaturgespräch (Forum für Fremdsprachenforschung, 3). Tübingen : Narr.

Nakayama, Shigeru (1981) Teikoku daigaku no Tanjou [Die Geburt der kaiserlichen Universität]. 3. Aufl. Tokyo : Chuokoronsha.

Skudlik, Sabine (1990) Sprachen in den Wissenschaften. Deutsch und Englisch in der intemationalen Kommunikation (Forum für Fachsprachen, 10). Tübingen : Narr.

Tsunoda, Minoru (1983) Les langues internationales dans les publications scientifiques et techniques. Sophia Linguistica : 144-155.






LA LANGUE RUSSE EN SCIENCE


Vladimir Grégorovitch Gak
Université pédagogique de Moscou
Université Lomonossov, Russie





Le problème traité dans cet article comprend au moins trois aspects :

  • la langue russe en science en Russie;
  • la langue russe en science à l'extérieur de la Russie;
  • la présence des langues étrangères (notamment du français) dans la vie scientifique de la Russie.

Aperçu historique

Jusqu'au milieu du XXe siècle, le russe n'était pas admis dans le concert des langues internationales de communication scientifique. Les revues scientifiques avertissaient leurs lecteurs et leurs auteurs éventuels : Rossica non leguntur. Aucun auteur ne devait présenter un texte rédigé en russe dans une revue internationale. Mais le russe a toujours été la langue principale de l'activité et des publications scientifiques à l'intérieur du pays. L'entrée du russe dans l'arène internationale se fait dans l'après-guerre. Depuis ce temps-là, le prestige du russe a connu les périodes de montée et de baisse, selon les sciences et les pays.

Facteurs

La propagation du russe dans la science internationale était liée à des facteurs scientifico-culturels et politico-militaires. Parmi les facteurs de premier type, il faut noter les succès évidents des sciences et des techniques en URSS. En 1966, une revue américaine écrivait que les États-Unis avaient perdu plus de 10 milliards de dollars parce qu'on n'avait pas étudié le russe et qu'on avait ignoré les réalisations de la science en Russie. L'étude du russe a été stimulée par l'intérêt général pour ce pays dans le monde qui s'est fait sentir surtout dans les années 60, après le lancement du spoutnik, et dans les années 80, avec la pérestroïka.

Les facteurs politico-militaires ont favorisé l'expansion du russe dans l'Empire russe, et puis, en URSS, ainsi qu'après la guerre, dans les pays de mouvance communiste. Un autre facteur important était les mesures destinées à stimuler l'étude du russe par les spécialistes étrangers et à former des savants possédant cette langue (création d'universités et facultés pour les étudiants étrangers, ainsi que des stages et des bourses d'étude). Parmi les facteurs secondaires, on peut signaler aussi une émigration assez importante de scientifiques russes qui a contribué à la meilleure connaissance de la science et de la langue russe à l'étranger.

Géographie

De nos jours, on peut distinguer quatre zones géographiques quant à l'emploi du russe dans les activités scientifiques :

  • la Fédération de Russie;
  • la Communauté d'États Indépendants (C.E.I., les républiques ex-soviétiques);
  • les pays de l'Est européen et autres qui ont été sous l'influence politique et économique de l'URSS;
  • les autres pays du monde.

Dans les deux premiers cas, il faut tenir compte du fait que jusqu'au début des années 90, le russe était le véhicule presque exclusif de l'information scientifique dans le pays. Si la langue russe n'avait pas de statut constitutionnel de langue d'État, elle n'en avait pas moins toutes les caractéristiques. Pour les savants de l'URSS multiethnique, le russe était un moyen important permettant d'accéder aux valeurs scientifiques et culturelles internationales : ils apprenaient ce qui se passait dans le monde à travers les traductions en russe. La connaissance du russe permettait seule d'avoir une bonne formation scientifique, de faire carrière. Analysons tous ces cas de plus près.

L'histoire linguistique sociale de l'URSS laisse distinguer trois périodes. Les deux premières décennies après la révolution, c'était l'époque du grand aménagement linguistique (« édification linguistique », selon la formule adoptée) où des dizaines de langues sans écriture ont été dotées d'un alphabet, les langues littéraires ont été normalisées, l'enseignement de ces langues et dans ces langues a été organisé, etc. À partir des années 30, on constate un renversement de tendance, qui s'est accentué dans l'après-guerre. Malgré les déclarations officielles sur le développement des cultures nationales et le multilinguisme de façade, on a vu se réduire les fonctions sociales et culturelles des langues nationales en faveur du russe. À quelques exceptions près (républiques baltes, Géorgie, etc.), l'enseignement supérieur n'était offert qu'en russe. Le russe est devenu une langue scolaire, de l'enseignement et de formation scientifique pour la majorité écrasante de ceux qui ne l'ont pas comme langue maternelle. La troisième période a commencé avec la pérestroïka et la désagrégation de l'URSS. Les jeunes États indépendants et les autonomies au sein de la Fédération de Russie ont pris des mesures pour transformer leurs langues nationales en langues d'États possédant le spectre entier de fonctions sociales, en les introduisant ou en élargissant leur emploi dans l'enseignement et dans la vie culturelle et scientifique. Mais après un accès d'euphorie, on a dû constater que c'était là une tâche très difficile à réaliser, vu la présence d'une importante population russophone ne sachant pas la langue du pays, mais surtout à cause de l'histoire linguistique de ces républiques dont il a été question auparavant.

Pour la Fédération de Russie, prenons l'exemple de la République du Tatarstan. Cet exemple est intéressant pour trois raisons : les Tatars constituent la minorité ethnique la plus forte, qui vient en seconde position après les Russes (mais de très loin); ils ont une longue tradition écrite et, parmi les nombreuses ethnies de souche turque en Russie, ils étaient parmi les plus évolués sur le plan culturel; le Tatarstan jouit actuellement de la plus grande autonomie parmi les autres républiques de la Fédération.

Cependant, l'enquête effectuée récemment par le Secteur de l'Étude du russe en tant que moyen de communication interethnique en ex-URSS (directeur — V. Belousov) de l'Institut de la Langue russe de l'Académie des sciences de Russie a montré que parmi les étudiants tatars de l'Institut pédagogique de Kazan (facultés de physique et de géographie) 100 % parlent le russe, et 68 % seulement, le tatar, langue de leurs ancêtres. Les 64 % ont reçu la formation scolaire en russe, alors que 29 % seulement, en tatar. Cela montre que la majorité des Tatars sont mieux préparés à recevoir l'enseignement supérieur en russe que dans leur langue maternelle, d'autant plus que jusqu'à ces derniers temps, tous les manuels universitaires étaient publiés en russe.

La situation est encore plus compliquée dans les républiques indépendantes. On peut diviser ces pays en trois groupes : les pays où la langue vernaculaire pourrait à la longue remplacer le russe dans l'enseignement supérieur et en science (Baltique, Moldavie, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan); les pays où la langue nationale est moins bien préparée à exercer ces fonctions (pays d'Asie centrale); les pays slaves (Ukraine, Biélorussie), où la parenté proche avec le russe rend moins nécessaire et peu rentable le passage de la science au russe. La connaissance du russe était une composante obligatoire de formation des chercheurs. À l'exception de quelques publications en philologie, les ouvrages scientifiques étaient édités en russe. La majorité de manuels universitaires a été publiée en russe ou traduite du russe. On a entrepris la rédaction des dictionnaires bilingues pour les sciences et techniques, mais les spécialistes de ces républiques disaient eux-mêmes que c'était une perte inutile d'efforts parce que les ingénieurs et les chercheurs possédaient bien le russe et préféraient se servir d'ouvrages de référence en russe au lieu d'avoir affaire à une terminologie nationale. Les publications universitaires en langues nationales ont connu une forte réduction après la guerre. Ainsi en Ukraine, entre 1946 et 1980, la part des manuels universitaires édités en ukrainien a baissé de 85 % à 8 %, c'est-à-dire de plus de 10 fois. En 1985, en Turkménie, sur 5 575 chercheurs il y en avait 3 305 d'origine turkmène qui, à l'exception des philologues, ne possédaient presque pas la langue du pays. On ne publiait en turkmène que des ouvrages sur la philologie, des manuels de sciences humaines, quelques livres de vulgarisation, alors que les ouvrages sur toutes les sciences naturelles et techniques, l'économie, l'ethnographie, l'archéologie, l'histoire, ont été tous publiés en russe. Si l'on faisait paraître un recueil d'articles en langue du pays, on les accompagnait de résumés en russe.

Le russe a de très fortes positions en science dans la majorité des républiques ex-soviétiques. Les chiffres du même sondage linguistique montrent qu'en Azerbaïdjan, parmi les chercheurs scientifiques azéris de Bakou, 100 % parlent russe, 94 % ont reçu leur formation scolaire en russe, mais tous ont fait leurs études universitaires en russe. Pour la génération présente, le russe reste, dans tous ces pays, un moyen important de communication scientifique, surtout dans le domaine des sciences naturelles et des techniques.

Un dilemme de grande importance se pose ici devant les scientifiques de ces jeunes pays. Le problème a été abordé encore par A. Meillet qui, dans son livre Les langues dans l'Europe nouvelle (P., 1928), examinait la situation linguistique dans les nouveaux États appelés à une vie indépendante après la Première Guerre mondiale. En distinguant les langues nationales et les langues « de civilisation », il soulignait qu'une langue nationale peut donner un accès plus rapide et plus large à la culture pour une grande masse de gens; mais cette commodité est compensée par une gêne pour les élites intellectuelles, scientifiques et techniques, car leur audience est limitée et ils ne peuvent plus participer à un large échange d'idées. Ceux qui n'emploient que les langues nationales ne peuvent, sous peine de rester les gens inférieurs, se dispenser de bien posséder une grande langue de civilisation. En s'isolant, les sujets de langue nationale perdent pour eux-mêmes le bénéfice du progrès, et ils le ralentissent pour la grande langue. La langue qui repose sur une base trop étroite, qui n'a pas assez d'instruments de travail en science (manuels, livres de référence, etc.), n'est qu'un outil médiocre : elle maintient ceux qui l'emploient à un niveau inférieur.

Dans certaines républiques ex-soviétiques, on a voulu remplacer le russe par une autre grande langue, par l'anglais en premier lieu. Mais comme les nombreux outils de travail scientifique que l'on a sont en russe, comme le russe a constitué une part importante dans la formation des chercheurs, comme la science russe elle-même garde toujours de grandes possibilités de développement, les savants de ces pays reviennent à l'idée de ne pas abandonner la langue russe, mais de continuer à l'utiliser dans leur travail professionnel.

La situation est quelque peu semblable dans les pays ex socialistes. Il y a dix ans, le russe y était enseigné obligatoirement, il jouait un rôle important dans la vie scientifique de ces pays (projets scientifiques en commun, échanges d'étudiants et de professeurs, colloques, etc.). Après la pérestroïka, avec la distanciation de ces pays à l'égard de la Russie, la langue russe y a connu un certain recul, remplacée dans l'enseignement et en science par les grandes langues européennes. Mais actuellement on assiste à une amorce de tendance opposée. Des chercheurs commencent à revenir dans notre pays, on organise toujours plus de colloques où le russe est l'une des langues de travail, on utilise le russe dans l'enseignement et le travail scientifique. Cette tendance est plus claire en Pologne, en Bulgarie, en Slovaquie, elle est moins nette en Hongrie et en République tchèque. Il ne faut pas oublier qu'il y a à Cuba 300 000 personnes parlant le russe, dont beaucoup ont reçu leur formation scientifique en URSS.

Dans les autres pays, le prestige du russe s'explique par celui de la science russe et par l'intérêt que l'on porte à la Russie. Les années 1987-92 ont vu une grande montée de l'intérêt pour le russe. Le nombre de ceux qui se sont mis à étudier cette langue a augmenté de trois fois, globalement. Après, le russe a connu un certain recul, mais le niveau de ceux qui l'étudient dépasse celui d'avant 1987. Tous les ans, ont lieu de nombreux colloques, surtout sur les sujets linguistiques et culturels, où le russe est admis en tant que langue de travail.

Dans les pays du Tiers-Monde, il y a une couche assez importante d'intellectuels ayant reçu leur formation universitaire en Russie et en russe. Dans les années 60, on a fondé à Moscou l'Université de l'Amitié des peuples Patrice Lumumba qui recevait des étudiants des pays d'Afrique, d'Asie, d'Amérique latine. On a créé également des cours préparatoires pour les étudiants étrangers qui devaient ensuite faire leurs études en russe dans diverses universités. Ces gens-là peuvent utiliser le russe dans leur travail scientifique.

Langues étrangères en Russie. La science russe en langues étrangères. Les autorités russes ont toujours été intéressées à faire connaître mieux la science russe à l'étranger et la science d'autres pays en Russie. À cet effet, de grandes maisons d'édition ont été créées, chargées de traduire et d'éditer les livres russes en d'autres langues et vice versa. On a traduit et publié également beaucoup de manuels et d'ouvrages de référence à l'intention des étudiants étrangers (surtout en anglais, en français, en espagnol, mais aussi en hindi, en arabe, etc.) ainsi que des ouvrages de vulgarisation scientifique.

On publie des recueils d'articles et des ouvrages de savants russes en anglais et dans d'autres langues. Les savants russes publient et parlent plus souvent qu'auparavant en langues étrangères (par ordre de décroissance : anglais, allemand, français). Pour des raisons historiques, psychologiques et pragmatiques, le français est employé moins par les scientifiques russes que l'anglais ou l'allemand. Les normes d'État pour les publications scientifiques en matière de langue n'existent pas. Mais il y a vingt ans, on a recommandé aux auteurs russes d'assurer la traduction des articles qu'ils envoient aux revues étrangères en Russie. De nombreuses revues scientifiques placent des résumés et sommaires en anglais, très rarement en français.

Les dispositions récentes relatives à la langue russe prises par le gouvernement de la FR permettent de prévoir la reconstitution d'un Comité pour la terminologie scientifique. Un mouvement contre l'anglomanie linguistique est aussi à prévoir. L'anglais a fortement imprégné la terminologie scientifique, économique, technique. Les termes anglais évincent souvent les termes d'origine française, plus anciens en russe. Les spécialistes constatent que l'emprunt anglais réduit les possibilités dérivationnelles du russe.

Tendances

Les bouleversements qui sont survenus en URSS au cours de ces dernières années ont réduit l'importance du russe dans la vie scientifique sur le plan international. Mais on voit s'affermir de plus en plus des facteurs plus durables qui permettent d'envisager un renversement de tendance dans les années à venir. Le russe affermira sa valeur de langue scientifique d'importance internationale sur la base de données purement scientifiques, économiques et culturelles au détriment des facteurs politico-militaires.

Quant au rôle des langues étrangères dans la vie scientifique en Russie, il ne cessera d'augmenter, aussi bien sur le plan passif (étude de ces langues par les scientifiques) que sur le plan actif (publications et interventions). Mais le français semble être condamné à être devancé par l'anglais (et probablement, par l'allemand). Il conservera pourtant son rôle de brillant second.




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