Accéder au contenu principal
 

 
Le français et les langues scientifiques de demain

Le français et
les langues scientifiques
de demain
Actes du colloque
tenu à l'Université du Québec à Montréal
du 19 au 21 mars 1996






THÈME III

LE FRANÇAIS, LANGUE DE TRAVAIL
ET LANGUE DE FORMATION SCIENTIFIQUE





LE FRANÇAIS, LANGUE DE FORMATION SCIENTIFIQUE
Aloyse-Raymond NDiaye
Fonds international de coopération universitaire

L'AUTEUR N'A PAS FOURNI DE TEXTE





LE FRANÇAIS, LANGUE DE TRAVAIL SCIENTIFIQUE :
LE CAS DE L'AÉROSPATIALE
Christopher McAll en collaboration avec
Catherine Montgomery, Carl Teixeira et Louise Tremblay
Université de Montréal

L'AUTEUR N'A PAS FOURNI DE TEXTE





LES RÉPERCUSSIONS SUR LA STRUCTURE LINGUISTIQUE INTERNE
DE LA DÉPENDANCE PAR RAPPORT À UNE AUTRE LANGUE
Pierre Lerat
Université de Paris XIII, France





Introduction : une approche psycholinguistique

La dépendance linguistique est une notion plus subjective que celle de dépendance économique, militaire ou politique, en ce sens que toute langue, même la plus menacée, est un système sémiotique capable de tout formuler selon ses ressources propres. Encore faut-il que les locuteurs lui en donnent l'occasion en constituant une communauté résolue et organisée. Pour cette raison, et aussi peut-être à cause d'habitudes de pensée venues de la macrosociologie, la question a surtout été abordée, à ce jour, en termes sociolinguistiques, sur la base du constat de rapports de forces modifiables; il en résulte une prime aux idéologies, plutôt qu'à une approche plus scientifique. Je propose donc d'emprunter une autre voie, qui aura au moins l'avantage d'être plus en phase avec les méthodes de recherche actuelles dans les sciences humaines et sociales.

Comme la dépendance linguistique affecte à la fois les sujets parlants et leur idiome, il semble de bonne méthode d'examiner les différents types d'opérations cognitives mises en œuvre dans les contacts interlinguistiques. Les questions qui se posent alors sont au moins de trois ordres : questions de perception, questions de conceptualisation, questions d'énonciation. Cette tripartition correspond à un triple rapport de l'humain au langage : rapport aux connaissances linguistiques, rapport au réel, expérience de l'interaction humaine.

Questions de perception

L'influence linguistique et stylistique de l'anglais scientifique sur la communication savante dans les autres langues du monde est un phénomène de portée très large, qui peut fournir à lui seul des exemples nombreux et divers.

Ce qui est rassurant, c'est que les effets produits se limitent pour l'essentiel à des segments d'énoncés que leurs propriétés linguistiques rendent impropres à altérer la structure des langues dominées : il s'agit de dénominations, abrégées ou non, donc d'un étiquetage du réel perçu et conçu.

Les dénominations, au sens de nomenclatures de choses et de noms de concepts, sont forcément influencées par le lieu de leur origine; ce qui est vrai des patronymes et des toponymes l'est aussi des unités terminologiques. Le poète latin Horace disait que les noms suivent les réalités (« verba res sequuntur »), ce qui est rassurant : faisons mieux que les Américains en matière scientifique, et l'équilibre des dénominations évoluera en faveur du français! Il faut bien sûr relativiser le principe d'Horace, car les créations lexicales hors de l'anglophonie peuvent viser des effets d'anticipation dans la perspective d'un lectorat international; ce qui est vrai dans le domaine des techniques, où une petite auto française a été commercialisée sous le nom de car ou un véhicule motonautique japonais sous le nom de jetski, ne l'est pas encore dans les sciences, semble-t-il, mais on peut imaginer qu'un scientifique francophone en mal de visibilité, entre deux dénominations plausibles pour une idée nouvelle, se décide en fonction de la plus ou moins grande transparence pour un lecteur anglophone.

Les abréviations usuelles, comme les autres mots, sont mémorisées en fonction de leur fréquence. Il en résulte que beaucoup de sigles ou acronymes courants dans une communauté scientifique donnée bénéficient d'une forte prime à l'origine géographique, à l'univocité, et à la pression sociale. Le premier facteur est le principe d'Horace (« verba res sequuntur »), le deuxième est le caractère suffisant, le troisième résulte des effets de l'interaction dans le laboratoire ou la communauté concernés. Quand la communauté est internationale, comme c'est le cas dans l'Union européenne ou à l'ISO, l'anglais jouit d'un privilège de fait qui résulte du rapport des forces non linguistiques; l'exemple des normes en informatique se passe de commentaires : les spécialistes, en Europe, ne traduisent jamais ASCII, SGML, HTML ni TEI, pas plus que des noms propres. Le volontarisme rencontre ici une limite de fait, qui rend illusoire le remplacement de GATT par AGETAC ou par toute autre création substitutive. Ce n'est pas grave, en l'occurrence, pour la communication, et c'est même commode. Ce qui est vrai d'un nom d'institution internationale déjà obsolète l'est aussi des sigles scientifiques; ainsi, en linguistique, ou bien l'on n'est pas compétent en syntaxe formelle, ou bien l'on sait ce qui compte, c'est-à-dire ce que sont les grammaires LFG et HPSG, et non pas comment cela pourrait se dire plus commodément, puisque le plus commode est précisément de ne pas avoir à développer un sigle. Je ne dis pas que de tels sigles venus de l'anglais ne polluent pas la communication en français; je dis seulement que les sigles polluent la communication linguistique en général, mais que les méfaits sont limités quand le milieu concerné est étroitement spécialisé.

L'image graphique des dénominations est influencée par la lecture fréquente de textes en anglais, ce qui est nécessaire et encore à encourager en Europe, notamment en France, où les étudiants préfèrent d'instinct l'extrait au livre et leur idiome à tout autre. Ce qui est bon pour l'accès à des connaissances exprimées en langue étrangère l'est moins pour ce qui est de la maîtrise de la sienne. Le lecteur scientifique cultivé, qui lit ses collègues dans plusieurs langues, n'a que trop tendance à suivre le modèle de l'anglais et à écrire fonctionnalisme; pourquoi diable nos réformateurs l'y encouragent-ils? Il n'est pas bon que le volontarisme s'exerce au détriment de l'orthographe, autant dire du patrimoine, avec pour effet de contrarier une autre tendance, plus saine, à la défense de l'identité linguistique.

Pour conclure sur les effets linguistiques de la prédominance objective de l'anglais scientifique dans les bibliothèques spécialisées, il convient à la fois de relativiser leur importance et d'être vigilants. Sans appliquer aux langues le paradoxe de Valéry selon qui « ce qu'il y a de plus profond, c'est la peau », il faut bien voir que la perception de la forme des mots fait partie de l'accès aux langues, et donc des conditions nécessaires à leur apprentissage. En même temps, il est rassurant que le génie des langues ne se trouve altéré ni dans leur phonologie, ni dans leur morphologie, ni dans leur syntaxe, donc dans rien de vital pour un idiome. La vigilance est de bonne méthode, y compris face aux projets de réformes trop peu mûris, mais le français se porte bien, et le français des sciences tout particulièrement.

Questions de conceptualisation

Les travaux de psychologie cognitive et de psychologie sociale ont mis l'accent sur l'importance de la catégorisation dans la perception et la dénomination de notre environnement. Or l'acclimatation de l'emprunt a un rapport avec la catégorisation dans la mesure où il entre dans une gamme sémantique préexistante. Par exemple, en géographie, on parle depuis longtemps de thalweg, à défaut d'une dénomination endogène pour désigner un fond de vallée; si ce germanisme ne tire pas à conséquence en français, c'est pour des raisons conceptuelles : pour en parler pertinemment en français, il faut le situer non pas par rapport à thal ni à weg, mais dans des définitions où soient mobilisables des termes français adéquats tels que fond, ligne, pente ou vallée. Il en va de même pour le grec reconnaissable dans ophtalmologue : puisque pour en parler pertinemment l'on a besoin de mots français tels que médecin et œil, cet hellénisme n'est qu'un corps étranger, non un concept étranger.

Là où l'emprunt deviendrait préoccupant, c'est dans une situation où tout un champ conceptuel ne se formulerait avec précision qu'au moyen de termes anglais. Il n'existe pas d'exemples de cette situation dans la culture scientifique des francophones, et c'est rassurant, car ce serait le signe d'une dépendance grave. Tout autre est le cas de l'anglicisme isolé, même bien implanté, comme radar, dont le statut en français n'est pas plus erratique que celui d'un mot dialectal. Prenons l'exemple d'un mot de patois comme /ljet/, peu connu hors du Perche (et de la Franche-Comté, me dit Henriette Walter); quand j'ai voulu savoir ce que l'on entendait par là, le français a très bien fait l'affaire, car pour me l'expliquer, il a suffi de dire que c'est un tiroir, dont la seule particularité est vraisemblablement une connotation de terroir. Mutatis mutandis, SGML s'éclaire pour un francophone dès qu'on utilise les mots de sa langue pour lui expliquer qu'il s'agit de marquage, de balises textuelles, etc.

Ainsi, le terme en langue étrangère n'est une menace pour la communication spécialisée en langue française que s'il est appelé à faire partie d'un champ notionnel dont le vocabulaire est déjà fortement exogène.

Questions d'énonciation

Les répercussions les plus visibles sur la structure interne des langues influencées sont celles qui se manifestent dans la production d'énoncés dans ces langues. L'expérimentation est difficile en la matière, du fait de la grande instabilité des conditions de la communication, même spécialisée, et aussi parce que l'observation, là comme ailleurs, ne vaut que si elle est guidée par des hypothèses de travail claires et fermes. L'appropriation de l'emprunt est graduelle, comme toute acquisition linguistique; elle varie en particulier selon le respect ou non de la prononciation d'origine, la reformulation lexicale de langue à langue, la règle de la quatrième proportionnelle chère à Saussure, la déstructuration ou restructuration du groupe de mots.

En matière de phonétique, il convient de rappeler d'abord deux faits majeurs. Le premier, qui relativise tout, est la résistance des systèmes phonologiques aux altérations résultant des contacts de langues. Le second est l'importance de la variation, selon les conditions sociales et géographiques du contact. Un premier exemple peut-être fourni par l'emprunt, en intelligence artificielle, du mot frame, que les spécialistes, en France, prononcent tantôt à l'américaine, tantôt à la française, mais jamais de façon intermédiaire, donc toujours selon la logique de l'une des deux langues. La prononciation à la française est celle qui choque le plus, surtout dans la situation canadienne de bilinguisme, car c'est du franglais; de fait, elle acclimate un emprunt, et l'on pourrait à première vue dire tout aussi bien cadre, schéma ou structure; à première vue seulement, car ces mots correspondent à une catégorisation au niveau de base, mais conceptuellement frame relève du bas niveau, le niveau des connaissances spécialisées : un frame est un schéma propre à MA, de même qu'une tronçonneuse n'est pas n'importe quelle scie. Un deuxième exemple est plus troublant : il s'agit du nom courant d'un type de véhicule, monospace, qui, graphiquement, a tout d'un mot anglais, mais qui dans les publicités sur les chaînes de télévision françaises est prononcé comme espace; certes, il s'agit d'un nom générique de produit industriel, mais l'analogie avec spatial fait que le phénomène est susceptible d'extension. Le véritable inconvénient, dans les deux cas, n'est donc pas une altération du système, mais l'hésitation possible du locuteur, forme d'insécurité linguistique et source de culpabilisation culturelle.

La reformulation lexicale de langue à langue est aussi un indice d'hésitation. Elle n'est pas propre aux langues spécialisées, mais dans ce dernier cas, l'usage apparemment redondant de l'emprunt correspond à un besoin de précision dans la formulation des connaissances non linguistiques, et non pas à une simple recherche de connotation. Par exemple, on parlera d'un « cadre au sens de frame en intelligence artificielle », ou de la « montée au sens chomskyen de raising ». Ce repérage cognitif présente plusieurs caractéristiques intéressantes. D'abord, il se limite à des dénominations terminologiques, comme le montrent les restrictions de domaines introduites explicitement dans les exemples analysés. Ensuite, il est caractéristique des énoncés utilisés à des fins didactiques. Enfin, et c'est ce qui est le plus rassurant, il perd sa raison d'être et disparaît quand la notion est devenue familière; ainsi, en grammaire, les spécialistes francophones n'ont plus besoin de raising et se contentent spontanément, entre eux, de montée, devenu un terme à son tour.

L'application de la quatrième proportionnelle à la dérivation lexicale fait partie des idées de Saussure qui l'ont fait taxer de mentalisme. Maintenant que le mentalisme a redoré son blason grâce aux sciences cognitives, on peut sans vergogne observer la canalisation des emprunts par le génie de la langue. Ainsi, la micro-informatique a popularisé en France le mot scanner chez les linguistes après sa percée chez les médecins; les choses en sont au point que l'on parle couramment, dans les laboratoires de linguistique et autour, de scannériser et de scannérisation, ou encore de scanner et de scannage. Le mal est fait, puisque le radical exogène prend ainsi ses aises; le bien aussi, puisque la francisation morphologique est indéniable en pareil cas. À voir les choses de haut, c'est-à-dire en historien de la langue, force est de constater que le système du français reste indemne après ces emprunts, complètement assimilés déjà, y compris phonétiquement.

En matière de syntaxe, l'idée chomskyenne de modèle général de compétence phrastique rend assez bien compte de l'autonomie des systèmes linguistiques au niveau de la phrase globale. Ce qui est vrai de la spécificité des schémas de phrases du français en général l'est aussi des français spécialisés. La seule menace sérieuse semble peser, en français technique plus qu'en français scientifique, sur la structure des groupes nominaux et adjectivaux. On sait que dans les langues romanes, et en particulier en français, l'ordre normal veut que le substantif déterminé précède celui qui le détermine; on sait aussi que dans les langues germaniques, à commencer par l'anglais, la tendance forte est strictement contraire; on pourrait donc s'attendre à des perturbations résultant du contact des langues, mais en fait la permutation est de règle : context sensitive donne sensible au contexte. Le danger vient d'ailleurs : de la tendance, chez les scientifiques et les ingénieurs, à faire l'économie des mots outils. Restituer les articles et les prépositions dans la séquence lexicalisée « outil alignement pédales » est un exercice formateur, mais sans portée pratique, puisque l'expression reste propre à la société franco-britannique EUROCOPTER qui produit les hélicoptères et leur nomenclature en même temps dans les deux langues; en revanche, la pluralité des réponses possibles montre le risque d'une perte d'information sémantique : la langue est menacée parla tendance à la nomenclature plus que par l'anglicisation en tant que telle, en l'occurrence.

Conclusions

Le moment est venu d'aborder plusieurs questions auxquelles il aurait été prématuré de répondre avant d'avoir décrit à grands traits les liens entre performances linguistiques et connaissances spécialisées.

1 - L'anglais joue-t-il le rôle d'un nouveau latin?

Non, ne serait-ce que parce qu'il contribue lui-même à la survie de radicaux du latin, comme l'a souligné ici Henriette Walter. Un éminent collègue prend un air chagrin quand il entend le verbe implémenter, en bon latiniste, il ne peut manquer d'y reconnaître le thème du verbe implere, « remplir », mais il en faudrait plus pour le consoler. De fait, ce qui profite à une langue morte n'a pas de conséquences pratiques, tandis que l'usage de l'anglicisme profite à une langue vivante, qui n'est pas seulement la langue des clercs, mais aussi celle des échanges marchands à l'échelle de la planète. Cette multifonctionnalité et cette universalité géographique sont de grande conséquence. En particulier, elles appellent des contre-pouvoirs linguistiques, que les États modernes ont le devoir de mettre en place. L'exemple de l'ordonnance de Villers-Cotterets, souvent invoqué, est important parce qu'il concerne le statut de la langue, auquel il importe de veiller jalousement partout où il existe des enjeux politiques et culturels majeurs. L'action sur le corpus de la langue a une portée bien plus modeste, car ses limites sont celles de la menace elle-même, qui pèse essentiellement sur des dénominations plus ou moins spécialisées; c'est cet aspect lexicographique et terminologique qui justifie jusqu'à un certain point la comparaison entre l'anglais et le latin tardif, en dépit de différences majeures qui tiennent à la relative autorégulation des langues scientifiques, à la culture linguistique des scientifiques et à la multiplication des centres de décision professionnels, nationaux, multinationaux et internationaux. Ce dernier facteur est de grande conséquence, car il n'existe pas une situation simple où il y aurait un dominant et des dominés, mais il faut prendre en compte des facteurs culturels, économiques et politiques pour comprendre l'importance de l'anglais à Caracas, du français à Lisbonne ou de l'allemand à Budapest.

2 - Que peuvent des commissions de terminologie?

Valider des dénominations d'objets de connaissances émergents dans le langage public. Autrement dit, agir sur le corpus de la langue dans les limites de leur autorité ou de leur mandat, en luttant contre la montre, car le temps joue en faveur de l'emprunt, en acceptant des améliorations, donc en ne figeant rien, en recommandant l'un des usages constatés plutôt que des créations ex nihilo, selon le sage conseil donné dans ce colloque par M. Sournia. Dans la pratique, cela veut dire documentation officielle plutôt que réglementation, support électronique plutôt que support papier, recommandations commentées plutôt que prohibition de l'emprunt. Techniquement, cela présuppose une triple validation : linguistique, conceptuelle, professionnelle. Autant dire que c'est un art difficile, qui autorise un droit à l'erreur.

3 - Le traitement automatique des langues a-t-il des conséquences linguistiques?

Oui. Un ordinateur jamais n'abolira le hasard, mais il peut contribuer à en réduire les effets dans les langues technologisées. C'est en effet un instrument de normalisation, locale mais effective, du fait de la tendance à rechercher, à défaut d'une impossible traduction automatique à proprement parler, des moyens divers d'assistance à la traduction et à la rédaction dans les limites de l'entreprise ou du laboratoire. Dans les sciences, on sait que l'harmonisation terminologique est assurée depuis longtemps à l'échelle internationale en chimie, mais que les conflits d'écoles font partie des règles du jeu scientifique dans le monde entier et dans les langues de tous les pays développés; dans les entreprises, où le contrôle de la terminologie est un enjeu économique, la normalisation obéit à des sources d'autorité multiples, qui vont de l'ISO au service commercial. Les logiciels non terminologiques peuvent aussi contribuer à influencer l'usage; ainsi, un contrôleur orthographique doit être tolérant là où ce dernier est flottant comme pour les graphies représentationalisme et représentationnalisme, et demander si l'on veut écrire en français traditionnel ou non. Quant à la traduction automatique, au niveau de l'énoncé, c'est un très beau rêve, mais un rêve, puisqu'aucune machine ne dispose d'une vraie compétence linguistique de locuteur natif, ni d'une expertise de professionnel. L'avenir est durablement à la traduction humaine assistée, d'où le besoin croissant de traducteurs terminologues.

Ainsi, je pense avoir montré que l'anglais scientifique exerce une domination dont les causes ne sont pas linguistiques, ni dues à telle politique linguistique, ni à chercher du côté du traitement automatique des langues. Il ne faudrait pas croire pour autant que cette domination résulte uniquement de l'excellence proprement scientifique : on sait bien que les prix Nobel ne sont pas tous anglophones. Il serait également trop simpliste d'invoquer un consentement social de la communauté scientifique mondiale, qui jugerait plus commode et plus univoque la communication en une seule langue, celle du plus fort; en ce sens, l'anglais jouerait un rôle comparable au latin non pas des scientifiques, mais des religieux dans l'Église catholique romaine, ce qui est discutable, car il n'existe pas de présomption d'infaillibilité dans la science américaine. Qu'il me soit donc permis d'avancer une hypothèse effrayante, si l'on pense au retard accumulé, stimulante, si l'on se dit qu'il s'agit simplement de bien s'organiser. Cette idée est que les langues scientifiques de demain seront les langues des pays producteurs de ressources documentaires d'intérêt international, par leur quantité, leur qualité et aussi leur prix. Les vecteurs à l'échelle planétaire existent, mais la francophonie scientifique a beaucoup à faire pour y tenir un rang digne de celui que lui ont conféré dans le passé ses imprimeurs, ses libraires et ses bibliothécaires. Autrement dit, c'est de la qualité et de la quantité de nos bases de données bibliographiques que dépend désormais principalement le rayonnement de la science en français, qui par elle-même se porte plutôt bien et qui dispose d'une langue à toute épreuve.






THÈME IV

LES RÉSEAUX DE COMMUNICATION





Intervention de Marianne Grunberg-Manago
Académie des Sciences, Paris





Une des préoccupations constantes de l'Académie des Sciences concerne la déontologie de l'expression linguistique dans les sciences et les techniques. Tour à tour, tous les ministres français de la Culture et de la Recherche ont pris conscience de ce problème.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la communauté scientifique francophone cherchait à faire connaître ses progrès à la communauté internationale, et avait pour ambition de publier ses résultats dans les meilleures revues mondiales, qui, dans leur grande majorité, étaient de langue anglaise. Le pli était pris, et même dans les instances d'évaluation, du moins dans le domaine de la biologie, qui m'est le plus familier, seules les publications en langue anglaise étaient considérées comme du plus haut niveau. Enfin, les revues françaises, pour élargir leur diffusion, ont commencé à faire précéder les articles de résumés en anglais, puis à publier des mémoires entiers dans cette langue, et certaines sont maintenant totalement rédigées en anglais.

Quelle attitude adopter face à cette situation? La loi de 1982 sur la recherche inscrivait parmi les programmes mobilisateurs le développement de l'information scientifique, en favorisant l'usage de la langue française. Plus récemment, une loi a prescrit l'usage de la langue française dans les colloques internationaux organisés sur le territoire français. Toutefois, l'élan donné n'eut pas, sur le comportement des scientifiques, tout l'effet escompté, et dans le passé, les associations de défense de la langue ont pris souvent des positions très critiques vis-à-vis de la pratique des scientifiques et très réservées sur les lignes de conduite dégagées par l'Académie. Notre attitude est cependant dépourvue d'ambiguïté : qu'on en juge. Lors du discours annuel de la séance solennelle de notre Compagnie, intitulé : « Le français peut-il être encore une langue d'expression scientifique? », un Secrétaire perpétuel reprenait les thèmes du rapport de 1982 et lançait un appel aux autorités gouvernementales et à ses collègues scientifiques pour favoriser le développement d'une expression scientifique en français. L'action de l'Académie n'est pas restée sans effet et, en 1989, les deux Secrétaires perpétuels étaient nommés membres de droit du Conseil Supérieur de la Langue Française. Ils le sont toujours. Leur présence s'est traduite par deux rapports au Conseil Supérieur, l'un en 1990 intitulé « Le français dans les sciences et les techniques », le second en 1995 ayant pour titre « La déontologie de l'expression scientifique et technique ». Si l'Académie est ainsi invitée à s'exprimer, ce qui constitue un progrès certain, cela n'implique pas que ses avis et recommandations soient suivis. L'Académie estime qu'en fait, la tâche primordiale consiste à répondre convenablement aux besoins professionnels et aux attentes culturelles des populations francophones. Elle pense que les autorités gouvernementales et les instances et associations de la francophonie ne portent pas une attention suffisante et ne consacrent pas assez d'efforts à ce problème, et qu'elles devraient encourager et mobiliser les professeurs et les chercheurs au service d'une telle mission. Elle déplore que ces mêmes instances gouvernementales, dans leur zèle à défendre le français, limitent la liberté d'expression des scientifiques lorsqu'ils diffusent leurs résultats et leurs découvertes auprès d'un public pourtant très majoritairement non francophone, alors que l'attrait exercé sur ce public par le rayonnement de la communauté scientifique française est un puissant facteur pour lui faire connaître notre culture et même notre langue. Mieux vaut une revue éditée en France, internationalement reconnue, diffusée à un large public, et qui, même si elle est publiée en anglais, se démarque des modes des groupes de pression anglo-saxons, plutôt qu'une revue francophone ignorée du public international, et qui le sera aussi bientôt du public français.

En revanche, l'article 2 des statuts de l'Académie énonce que cette dernière « œuvre pour que les acquis du développement scientifique soient intégrés dans la culture des hommes de notre temps et qu'elle est attentive au maintien du rôle et de la qualité du langage scientifique français ». L'Académie ne peut renoncer à ces deux devoirs qui en fait sont liés. Elle est à juste titre très préoccupée en constatant que trop souvent dans notre pays, les sciences ne sont pas considérées comme partie intégrante de la culture. Elle veut œuvrer pour l'intégration du développement scientifique dans la culture française. C'est pourquoi, plus que toute autre institution de notre pays, elle a le souci d'assurer le développement d'une expression scientifique de qualité en français au bénéfice de toutes les couches de la population. Celle-ci doit comprendre notamment des revues de vulgarisation scientifique, et des mises au point destinées plus particulièrement au grand public. D'ailleurs, très souvent, à côté de revues spécialisées rédigées en anglais, les sociétés scientifiques possèdent un journal entièrement en français, composé d'informations et de mises au point sur les grands sujets d'actualité. En somme, il convient de faire nettement la distinction entre deux niveaux de communication, bien différents par le nombre des personnes qu'ils concernent : d'une part, les discussions entre spécialistes du monde entier, destinées à faire progresser la recherche, et qui ne peuvent se dérouler que dans une langue qu'ils comprennent tous, et se trouve aujourd'hui être le plus souvent l'anglais scientifique; et d'autre part, la diffusion de l'information scientifique et technique au sein de la population, ce qui, dans nos pays francophones, ne saurait se faire autrement qu'en français.

Ainsi, l'Académie entend-elle conduire une politique active de communication en français, en premier lieu au service de la presse et des vecteurs audiovisuels qui atteignent le grand public. Pour garantir l'exactitude des informations, l'Académie et le CADAS (Comité des Applications des Sciences) ont crée avec divers concours et notamment celui de la Cité des Sciences et de l'Industrie, l'association Science-Contact, cellule qui peut à tout moment mettre directement en communication avec un expert tout journaliste voulant confirmer une nouvelle ou obtenir sur elle quelques détails, quelques précisions ou quelques explications.

Mais, le meilleur moyen de défendre la langue française auprès de la communauté scientifique internationale reste, à mon sens, les visites d'étudiants, stagiaires postdoctoraux, chercheurs et professeurs étrangers qui viennent séjourner en France, et c'est sur ce point que je voudrais insister. En effet, lorsqu'un chercheur étranger arrive dans un laboratoire français, non seulement il apprend en général rapidement la langue, mais il se familiarise également avec la culture française. Des organismes tels que l'Alliance française, les écoles bilingues, les bibliothèques, les centres culturels, favorisent largement cette connaissance. Il faut saluer le rôle de la Fondation Kastler, qui dépend de l'Académie des Sciences, et qui apporte aide et soutien aux professeurs étrangers dans leurs démarches administratives et qui, surtout, maintient le contact avec eux lorsqu'ils retournent dans leur pays d'origine. Ces échanges pourraient être encore renforcés par la mise en place d'un système d'attribution de bourses par le Ministère des Affaires Étrangères. De retour dans leur pays d'origine, nombreux sont ceux qui cherchent à rencontrer des personnes qui ont également vécu en France, et s'intéressent aux manifestations culturelles (journaux, cinéma, expositions, etc.), contribuant ainsi au rayonnement de la culture française.

En résumé, l'information scientifique d'expression française, sans exclure les cercles de spécialistes, doit d'abord viser à satisfaire l'attente du grand public. La diffusion de cette information ne peut guère être régentée par décret, mais elle doit pourtant être ressentie comme un devoir impérieux pour les chercheurs et techniciens de nos pays. De cette diffusion dépend en effet l'image qu'aura la science auprès de la population, image qui déterminera le niveau technique et scientifique de nos pays et par là leur rayonnement dans le monde.






QUELQUES BALISES POUR UNE PÉDAGOGIE DE LA RÉDACTION
EN FRANÇAIS SCIENTIFIQUE
Anne-Élizabeth Dalcq
Institut Supérieur de Traducteurs et Interprètes, Belgique





L'impossibilité d'isoler la nomenclature de la science et la science de la nomenclature tient à ce que toute science physique est nécessairement formée de trois choses : la série des faits qui constituent la science; les idées qui les rappellent; les mots qui les expriment. Le mot doit faire naître l'idée; l'idée doit peindre le fait; ce sont trois empreintes d'un même cachet; et, comme ce sont les mots qui conservent les idées et qui les transmettent, il en résulte qu'on ne peut perfectionner le langage sans perfectionner la science, ni la science sans le langage, et que, quelque certains que fussent les faits, quelque justes que fussent les idées qu'ils auraient fait naître, ils ne transmettraient encore que des impressions fausses, si nous n'avions pas des expressions exactes pour les rendre.

Lavoisier.


1. Délimitation du cadre

1.1. Les langues de spécialité

Si chacune des nombreuses définitions des « langues de spécialité », souligne l'importance exceptionnelle de leurs fonctions communicative et cognitive, elle exige de facto du texte de spécialité trois qualités essentielles : informativité, pertinence, cohérence.

L'informativité est primordiale puisqu'un texte spécialisé véhicule un contenu de connaissances acquises par des experts. Logique et clarté sont ici les maîtres mots puisqu'il ne faut jamais perdre de vue que l'hermétisme est un danger qui menace constamment la communication spécialisée.

La pertinence, « qualité de ce qui convient à l'objet dont il s'agit » (Petit Robert), suggère en fait l'adéquation à plus d'un élément : le sujet traité, la compétence du destinataire en la matière (qui détermine le degré de technicité), le type de support utilisé.

La cohérence se doit d'être à la fois textuelle et conceptuelle. Textuelle, parce qu'un texte spécialisé ne se résume pas à une suite d'énoncés juxtaposés; on pourrait parler ici de cohésion du texte. Conceptuelle, parce que le texte spécialisé s'appuie sur la continuité du raisonnement, faute de quoi il échappe à sa mission première : communiquer l'information - sans ambiguïté.

Ces trois caractéristiques des langues de spécialité s'appliquent avec une acuité toute particulière au français scientifique et technique. Se pose dès lors la question des moyens à mettre en œuvre pour permettre au rédacteur d'un texte scientifique ou technique d'assumer cette triple exigence.

1.2. La rédaction scientifique et technique

Pierre Lerat (1992) définit la rédaction technique comme l'utilisation réglée de l'écrit en vue de transmettre des informations spécialisées, caractérisée par une fonction dominante : le transfert des connaissances. Cette utilisation est réglée par la conformité à des normes (liées au domaine), par l'utilisation des ressources graphiques et par l'adaptation des outils langagiers. C'est ce dernier point qui sera pris en compte ici en essayant d'apporter des éléments de réponse à la question suivante : quels sont les besoins en matière de formation à la rédaction scientifique et technique?

Il paraît indispensable, avant d'aborder l'évaluation de ces besoins, de préciser le cadre dans lequel s'inscrit la rédaction. Ce cadre est fonction de trois paramètres le destinateur, le support et le destinataire.

1.2.1. Le couple destinateur-destinataire

Trois possibilités se présentent :

  1. Le spécialiste s'adresse à des spécialistes, ce qui définit un texte de haute technicité.

  2. Le spécialiste s'adresse à des non-spécialistes : il s'agit alors d'un texte de vulgarisation ou de semi-vulgarisation.

  3. Le non-spécialiste, informé par le spécialiste, rédige et s'adresse en général à des non-spécialistes, bien que ce ne soit pas toujours le cas.

1.2.2. Le support

Déjà évoquée dans la définition de la pertinence du texte scientifique, la définition du support est un préalable à toute opération de rédaction : on ne rédige pas de la même manière un mode d'emploi ou un article dans une revue de vulgarisation, un manuel ou une thèse de doctorat. Aux différentes formes de l'écrit s'ajoutent celles de l'écrit destiné à l'oral, la rédaction d'un cours ou d'une conférence, par exemple (cf. D. Blampain (1995)).

2.

Évaluation des besoins en matière de formation à la rédaction technique

2.1. Méthode d'approche

Afin d'essayer de déterminer les points chauds à envisager dans le cadre d'une formation à la rédaction technique, 40 articles ont été étudiés. D'une longueur de quatre à six pages, et rédigés pour la plupart par des experts en chimie, en physique, en biologie et en médecine, ces articles proviennent de revues de semi-vulgarisation (type La Recherche ou Pour la Science). Il faut y ajouter une centaine de courts textes de même origine, mais dont l'objectif est d'informer brièvement sur les progrès de la recherche (type Les échos de la science dans La Recherche, ainsi qu'un article de Médecine-Sciences, dépouillés par Daniel Blampain et dont certaines occurrences ont été reprises).

La rédaction de ces différents textes a été envisagée selon un ordre conduisant de la plus petite à la plus grande unité : le mot (ou le morphème quand le mot est décomposable), le syntagme nominal, la phrase et enfin le texte lui-même. L'analyse touche ainsi tant le lexique utilisé tributaire (en partie du moins) du domaine, que la formulation syntaxique, qui dépend du destinataire. Pour répondre à certaines des difficultés rencontrées, des exercices types d'entraînement à la rédaction seront proposés.

2.2. Relevé des difficultés et propositions d'exercices d'entraînement

2.2.1. Niveau du mot ou du syntagme nominal

2.2.1.1. Vocabulaire abstrait

Il ressort de multiples études que le maniement du vocabulaire abstrait est une des difficultés importantes rencontrées par le rédacteur technique. Kocourek (1991) insiste sur la présence écrasante, en langue de spécialité, de termes techniques et d'un vocabulaire spécialisé, présence si dominante qu'elle en devient presque un terme définitoire. Si une aide à la rédaction doit inventorier les termes de la spécialité, qui relèvent de la nomenclature et de la terminologie, elle devrait également prévoir un entraînement à l'utilisation de termes communs à différentes spécialités. Les termes système, structure et réaction, utilisés dans des sens différents, serviront d'exemples.



Système

Définitions

  • ensemble d'idées, logiquement solidaires, considérées dans leurs relations;
  • construction théorique que forme l'esprit sur un vaste sujet;
  • ensemble organisé d'éléments intellectuels;
  • ensemble conçu par l'esprit (à titre d'hypothèse, de croyance) d'objets de pensée unis par une loi;
  • distribution d'un ensemble d'objets de connaissance selon un ordre qui en rend l'étude plus facile; classification qui en résulte;
  • ensemble coordonné de pratiques tendant à obtenir un résultat (cf. méthode);
  • ensemble possédant une structure, constituant un tout organique; ensemble structuré d'éléments naturels de même espèce ou de même fonction;
  • appareil, dispositif, formé par une réunion d'organes, d'éléments analogues constituant un ensemble cohérent.

Contrairement à la structure, le système est toujours une image du réel élaborée par l'homme, un découpage du réel opéré par lui.

Exemples

De nombreux mécanismes peuvent avoir lieu dans les systèmes supramoléculaires : détection de photons lumineux, séparation de charges induites par des transferts de photons ou d'électrons, modifications des propriétés optiques ou électroniques des molécules, etc.(..) Les systèmes supramoléculaires ont (..) un autre avantage (..) : les supermolécules, qui sont fondées sur des liaisons faibles, ont la capacité de se dissocier et de se reconstituer.

Les ordinateurs actuels sont composés de systèmes d'entrée des données, de systèmes de traitement de l'information, de systèmes de sortie et de mémoires.



Structure

Définitions

  • agencement observable et analysable que présentent les éléments d'un ensemble (concret ou abstrait);
  • manière dont un ensemble concret, spatial, est envisagé dans ses parties, dans son organisation;
  • disposition des parties d'un ensemble abstrait, d'un phénomène ou d'un système complexe, généralement envisagée comme caractéristique de cet ensemble et comme durable;
  • ensemble, système formé de phénomènes solidaires, tels que chacun dépend des autres et ne peut-être ce qu'il est que dans et par sa relation avec eux.
verbe : structurer
nom (formé sur structure) : structura

Chimie, physique : Groupement de différentes parties d'un ensemble ou de points qui en permettent la cohésion : structure de la matière, de l'atome, du noyau.

Exemples

Un groupe de biologistes français et étrangers révèle... avoir réussi à mettre en évidence un phénomène encore inexplicable, qui pourrait bouleverserles conceptions actuelles sur la structure de la matière.

Bogdany a également mis en évidence d'autres détails de la structure de la mémoire des abeilles.



Réaction

Définitions

  • force qu'un corps agissant sur un autre détermine en retour chez celui-ci.

Réaction en chaîne : réaction se produisant par l'intermédiaire d'une série d'étapes pouvant se reproduire indéfiniment.

Chimie : action réciproque de deux ou plusieurs substances qui entraîne des transformations chimiques.

verbe : réagir

Exemples

Ces molécules pourraient (..) conduire à une nouvelle génération de servomécanismes qui effectueraient un travail mécanique en réaction à la détection de chaleur, de lumière, de pression ou de modifications chimiques.
(locution prépositive)

La reconnaissance moléculaire se fonde sur la complémentarité géométrique et interactionnelle entre un récepteur et un substrat. Dans les systèmes biologiques, cette reconnaissance déclenche souvent des séries de réactions qui conduisent à des manifestations macroscopiques indispensables à la vie : contraction musculaire, activation cellulaire, sécrétions endocrines, etc.
(sens chimique)

Différents types d'exercices d'entraînement au maniement de ce vocabulaire peuvent être mis au point : phrases mutilées à compléter (exemple 1), regroupement de termes par parenté de sens (exemple 2), recherche de nuances entre termes de sens voisins (exemple 3). (Extraits de Dalcq (A.E.), Van Raemdonck (D.), Wilmet (B.), Le français et les sciences, Duculot,1989).

Exemple 1

  • « À cette époque on ne savait rien ni sur la composition ni sur la (...) des atomes. »

Quel est le terme qui conviendrait pour remplacer les points?

  1. la structure
  2. le système
  3. la théorie
  4. la nature
  • « F. Bogdany a également mis en évidence d'autres détails de la structure de la mémoire des abeilles. »

Quel est le terme qui n'appartient pas au même groupe sémantique que structure?

  1. organisation
  2. agencement
  3. disposition
  4. système
  • « La théorie cinétique des gaz est un exemple de l'explication du comportement ...(A)... macroscopique en fonction de ses ...(B)... microscopiques. »

A. 1. d'une réaction
2. d'une structure
3. d'un système
4. d'une relation
B. 1. composés
2. constituants
3. facteurs
4. composants
  • « Les ...(A)... des substances dans une solution peuvent être (...B...) si l'on connaît le nombre de moles de ces substances et le volume de la solution. »

A. 1. équations
2. corrélations
3. concentrations
4. combinaisons
B. 1. mesurées
2. calculées
3. constatées
4. estimées

Exemple 2

Divisez chacun des groupes en deux sous-groupes qui devront comporter chacun quatre termes ayant en commun un élément de sens avec le terme souligné.

Paramètre Réaction
Cœfficient
Distillation
Facteur
Fusion
Produit
Réactif
Réduction
Substitution

Loi Structure
Convention
Modèle
Plan
Postulat
Principe
Règle
Schéma
Système

Exemple 3

Donnez la nuance de sens qui différencie les éléments de chacune des paires de mots suivantes :

1. convention - loi
2. corollaire - relation
3. nécessaire - suffisant
4. pertinent - valide
5. alternatif - successif
6. constituant - facteur
7. principe - postulat
8. périodique - intermittent
9. théorème - axiome
10. norme - type

2.2.1.2. Synonymie, antonymie, hyperonymie

Il existe des relations de synonymie ou d'antonymie entre les affixes (préfixes ou formants antérieurs, suffixes ou formants postérieurs) et entre les termes eux-mêmes.

Exemples :

SYNONYMIE

Synonymie des préfixes
  • les glandes endocrines - les mutations intracellulaires
  • une infection sous-cutanée - les îles subantarctiques
Synonymie des suffixes
  • l'oxygénation des cellules - le rétrécissement de l'œsophage
  • des traces de feuillage - la constitution de l'ossature
Synonymie des termes

a) par relation attributive
  • Les protéines sont de longues chaînes d'acides aminés. (attribut du sujet)
  • Les gènes peuvent se présenter sous plusieurs formes, qu'on appelle allèles. (attribut du c.o.d.)
b) par apposition

1° Derrière une virgule
  • Les protéines sont de longues chaînes d'acides aminés, groupes chimiques qui, en plus de leurs atomes de carbone et d'azote responsables de l'enchaînement en protéines, portent une chaîne latérale qui leur donne des propriétés chimiques spécifiques.

  • La naxolone, produit connu pour inhiber les endorphines, molécules voisines de la morphine et produites naturellement dans le cerveau.

2° Avec une locution indiquant l'équivalence
  • L'entropie, c'est-à-dire la tendance naturelle au désordre.
3° Entre parenthèses
  • Nous avons comparé la proportion de mâles pondus par la reine (sex-ratio primaire) et celle des mâles atteignant le stade adulte (la sex-ratio secondaire).

c) par plusieurs procédés

Depuis, cette affection est appelée daltonisme, un terme employé à la place de « cécité aux couleurs » pour désigner plus largement toute atteinte à la vision des couleurs.

ANTONYMIE

Antonymie des préfixes
  • Des analyses génétiques en cours dans notre laboratoire devraient nous permettre de confirmer ou d'infirmer une telle hypothèse.

D'autres couples d'antonymes, à partir des préfixes CO- ou IN-, peuvent être cités, par exemple :

CO- (CON-) IN-
converger - diverger
concentrique - excentrique
induire duire
inclure - exclure

Antonymie des suffixes
  • Le motif azobenzène bascule d'un état plutôt hydrophobe vers un état plutôt hydrophile.

  • On parle alors d'homoplasie, notion qui s'oppose à celle d'homologie.

Antonymie des termes
  • Le phénomène d'extension ou de contraction des polymères.

  • Des stimulations déclenchent le repliement ou l'extension des protéines.

  • Nous avons obtenu des polymères qui s'allongent en présence de la protéine kinase, et se replient en présence de phosphate alcalin, une enzyme d'effet inverse.

Dans ces trois derniers exemples, ce sont trois paires différentes d'antonymes qui expriment une même opposition :

extension - contraction
extension - repliement
s'allongent - se replient

Martin Riegel définit l'hyponymie comme la relation hiérarchique entre un terme sous-ordonné (l'hyponyme) et un terme qui lui est superordonné (hyperonyme). Très couramment utilisé en langue scientifique, ce procédé permet de situer un élément dans son ensemble :

Ce gène code une enzyme, l'adénosine désaminase

ou de rattacher un terme à plusieurs ensembles :

  • Nathans et son équipe ont recherché les gènes qui codent un composant des pigments visuels, l'opsine.

  • Tous les pigments visuels sont composés du 11 cis-rétinal, une molécule dérivée de la vitamine A, et d'une protéine, l'opsine.

Il ne serait pas inutile ici de prévoir un entraînement à l'identification des formants (exemple 4) ou des mots (exemple 5) synonymes et antonymes (Extraits de Bochart-Fiévez, Richesse du vocabulaire, Duculot, 1992 et de Dalcq (A.E.), Van Raemdonck (D.), Wilmet (B.), Le français et les sciences, Duculot, 1989).

Exemple 4

  • Préfixe « DÉ » : citez le contraire des verbes ci-dessous :
1. dénigrer 2. dérober
3. dénier 4. décliner
5. débouquer 6. désigner
7. déconnecter 8. dévier
9. délarder 10. décocher
11. déférer 12. déniveler


  • Relevez les verbes formés à l'aide du préfixe « DÉ » pouvant signifier la négation, la séparation, la cessation.

  • Mots formés à l'aide du suffixe « age ». Dans alunissage, le suffixe « cage » désigne l'action; dans rayonnage, il désigne un ensemble, une collection. Dans les noms suivants, précisez si le suffixe « cage » désigne une action (ou son résultat) ou un ensemble.

1. herbage 2. branchage
3. arrosage 4. feuillage
5. bocage


  • Qu'indique le préfixe « oligo- » dans oligo-éléments?

    1. Que ce sont des substances d'origine végétale.
    2. Que ce sont des éléments chimiques entrant dans la composition des graisses.
    3. Que ce sont des éléments chimiques nécessaires pour nourrir l'organisme.
    4. Que ce sont des éléments chimiques présents en faible quantité dans l'organisme.
  • En quoi consiste la cytolyse?

    1. C'est la destruction d'une cellule par dissolution de sa membrane.
    2. C'est la dissolution d'un organisme microscopique.
    3. C'est la destruction d'un solide sous l'effet d'une température élevée.
    4. C'est le processus de régénération d'un tissu.

Exemple 5

  • Retrouvez, dans la deuxième colonne un mot de sens contraire à un mot de la première colonne.

1. périgée 1. ombre
2. couchant 2. aurore
3. crépuscule 3. méridional
4. aphélie 4. levant
5. nadir 5. boréal
6. austral 6. périhélie
7. soleil 7. zénith
8. septentrional 8. apogée


  • Quel mot de la première colonne est le contraire d'un mot de la deuxième? Appariez l'un et l'autre.

1. revers 1. ubac
2. débâcle 2. aval
3. flux 3. talus
4. sommet 4. anticyclone
5. adret 5. embouchure
6. cyclone 6. reflux
7. source 7. pied
8. amont 8. embâcle


  • Il existe une similitude de sens entre un mot de la première colonne et un mot de la deuxième. Appariez l'un et l'autre.

1. abysse 1. estuaire
2. sérac 2. faîte
3. crique 3. poudrin
4. delta 4. rive
5. embrun 5. bruine
6. cime 6. abîme
7. ressac 7. rayonnement
8. grève 8. sinuosité
9. berge 9. déferlement
10. méandre 10. baie
11. cataracte 11. cascade
12. frimas 12. givre


  • Retrouvez, parmi les verbes ci-dessous, ceux qui ont un rapport de sens avec lancer, éblouir, décliner, englober.

  • aveugler, baisser, fusionner, catapulter, lâcher, luire, dépérir, impliquer, intégrer, larguer, offusquer, déchoir, darder, envelopper, incorporer, s'étioler, propulser, fasciner, contenir, disparaître, réunir, impressionner, décroître

2.2.1.3. Expressions de quantification

Il s'agit d'expressions pour la plupart non numériques. Il faudrait distinguer proportion et quantité, précise ou approximative.

Proportion :
  • (...) l'implant libérerait une quantité d'insuline proportionnelle à la glycémie.

  • L'héritabilité est proportionnelle à cette variabilité génétique. Elle est aussi fonction de la variabilité due à l'environnement.

  • (...) la demande en tissu pancréatique humain est bien supérieure à la quantité de tissu disponible.
Quantité approximative :
  • (...) on ne devrait jamais observer de rayon cosmique (...) ayant à parcourir des distances de l'ordre d'une centaine de millions d'années-lumière.

  • Un noyau de fer trace des arabesques dont le rayon de courbure est du même ordre de grandeur que les dimensions de notre galaxie.

  • l'émission de zetta-particules se fait de façon parfaitement classique jusqu'à des énergies de plusieurs centaines de ZeV.

On pourrait proposer la consultation d'une « échelle de quantification », permettant de varier les expressions de quantité et de proportion (exemple 6, extrait de Dalcq (A.E.), Van Raemdonck (D.), Wilmet (B.), Le français et les sciences, Duculot, 1989).

Exemple 6

Dans ce tableau sont répertoriées des expressions de quantification, pour la plupart non numériques. Il faut y ajouter d'autres termes accompagnant les notions de quantité et qui permettent l'expression de l'approximation, par exemple : presque, quasi (quasiment) lorsque le seuil déterminé n'est pas atteint, ou à peine, lorsque le seuil déterminé vient d'être atteint.


Quantité Expressions

zéro ne pas (de) (un), ne rien,... aucun, nul,...

un un, un seul, le, la

entre un et deux plus d'un (+ singulier)
moins de deux (+ pluriel)

deux et plus des, les, quelques, plusieurs, certains, divers (pl.), différents, un certain nombre de, deux, trois...


peu de un très (trop) petit nombre de, une très (trop) petite quantité de ...
un peu de un petit nombre de, une petite quantité de ...
pas assez trop peu de, un trop petit nombre de, une trop petite quantité de ...
assez un nombre suffisant/satisfaisant de, une quantité suffisante/ satisfaisante de ...
beaucoup un (très) grand nombre de, une(très) grande quantité de, nombreux ...
la plupart des le plus grand nombre de(s), la majorité de(s), presque tous les, la plus grande partie de(s) ...
tous la totalité de(s), tous les ... chaque, tout (= tous pris un par un)

trop un trop grand nombre de, une trop grande quantité de, trop de ...

2.2.1.4. Caractérisation : expansion par participe présent ou passé

Parmi les différents types de caractérisation intrinsèque (ou absolue), il n'est pas étonnant de trouver en abondance dans un texte de spécialité l'expansion par participe passé ou présent (mode impersonnel). Kocourek la note comme une caractéristique de la langue technoscientifique et appelle construction participiale, tout participe élargi. Il faut toutefois être attentif aux différentes valeurs que peuvent prendre ces expansions (ou propositions participiales).

Valeur causale et consécutive :

(...) une concentration excessive en glucose, dans le sang, déclencherait le transfert d'électrons du groupe prosthétique vers les molécules de glucose voisines de l'enzyme; devenu hydrophile, le polymère se déplierait alors en libérant de l'insuline.

Valeur causale :

Le rédacteur en chef me demanda d'éviter tout développement sur les isotopes et l'analyse du pollen, son lectorat étant incapable de les comprendre.

Valeur passive :

(...) des nervations isolées à partir de feuilles d'arbres de la forêt dense de Côte d'Ivoire.

2.2.1.5. Caractérisation : collocations

Moins figés que les locutions, les assemblages appelés collocations résultent de contraintes sémantiques de sélection (Lerot). Dans le cadre du syntagme nominal, ces contraintes sont faibles quand elles s'appliquent à des noms d'extension large comme personne ou chose, et fortes quand elles concernent des noms d'extension réduite.

La maîtrise de ces collocations concerne notamment l'étude des corrélations entre un nom et les expansions qui le déterminent. Deux exemples illustrent ces corrélations : le cas du nom GÈNE et celui du nom ARBRE au sens figuré.



Occurrences du nom GÈNE + expansion
(dans huit articles)



GÈNE anormal (2x)
GÈNE normal (2x)
GÈNE dirigeant la synthèse des protéines
GÈNE défectueux (4x)
unique GÈNE
GÈNES correcteurs
GÈNES qui confèrent un pouvoir pathogène
GÈNE(S) thérapeutique(s) (12x)
GÈNE thérapeutique ciblé
GÈNES introduits (2x)
GÈNE qui inhibe la réplication du virus
GÈNES qui empêcheront une maladie de se déclencher
GÈNES de prédisposition
GÈNES protecteurs
GÈNE inséré
nouveaux GÈNES
GÈNE qui provoque le suicide des cellules cancéreuses
GÈNE suppresseur de tumeurs

GÈNES mutés
GÈNE de la protéine du prion
GÈNE propre de la protéine


GÈNE adaptatif
GÈNE sans fonction particulièrement bénéfique

GÈNE codant pour le/ce récepteur (3x)
GÈNE codant pour l'enképhaline
GÈNE du récepteur A2a
GÈNE du récepteur A2a de l'adénosine
GÈNES codant pour ces récepteurs
GÈNES codant pour les récepteurs A2a
GÈNES codant pour les récepteurs A2b
GÈNES précoces

GÈNE de l'hémoglobine

GÈNE(S) de résistance (6x)

GÈNES de résistance différents vis-à-vis de plusieurs souches d'un même pathogène ou de pathogènes différents
GÈNES de résistance des plantes
GÈNES de résistance modifiés par génie génétique
GÈNES de résistance isolés à partir d'une famille végétale
GÈNE RPS2 de résistance
GÈNES de résistance Cf9 (résistance à la cladosporiose) chez la tomate
GÈNES de résistance N (résistance au virus de la mosaïque) chez le tabac
GÈNES de résistance L et M (résistance à la rouille) chez le lin
seul GÈNE
GÈNE d'avirulence (4x)
GÈNE d'avirulence qui correspond au gène de résistance
GÈNE d'avirulence du parasite
GÈNES d'avirulence des agents pathogènes
GÈNES de plantes
GÈNES d'agents pathogènes
GÈNES appartenant à une même famille
GÈNES qui codent les récepteurs d'antigènes présents à la surface des lymphocites

GÈNES impliqués dans le transport vésiculaire
GÈNES codant pour des protéines de coatomères

GÈNE du vert (11x)
GÈNES du vert supplémentaires
multiples GÈNES du vert
GÈNE du bleu (4x)
GÈNE correspondant au pigment bleu
GÈNE du rouge (8x)
GÈNES rouges et verts
GÈNES « vert » et « rouge »
GÈNES normaux du vert et du rouge
GÈNES hybrides (2x)
GÈNES hybrides, pour moitié vert et pour moitié rouge
GÈNES hybrides, pour partie vert et pour partie rouge
GÈNE anormal
GÈNES qui codent les pigments
GÈNES de photopigments
second GÈNE

Une remarque à propos de l'accord des adjectifs vert et rouge dans quelques occurrences de ce dernier article sur Les gènes de la vision des couleurs. Il s'agit de l'accord des adjectifs vert et rouge, épithètes du nom gène. Puisqu'il s'agit des gènes codant le vert et le rouge, les formes d'accord correspondant à cette réalité sont les formes GÈNE DU VERT (11 attestations), GENE DU ROUGE (8 attestations), ou, tout aussi logiques, les formes GÈNE « VERT », GÈNE « ROUGE », qui ne sont cependant attestées qu'une fois. Les formes GÈNES ROUGES ET VERTS doivent être considérées comme des accords de la langue courante, non adaptés au contexte scientifique. Ceci permet dès lors de justifier les accords a priori marqués des formes GÈNES HYBRIDES, POUR MOITIÉ VERT ET POUR MOITIÉ ROUGE et GÈNES HYBRIDES, POUR PARTIE VERT ET POUR PARTIE ROUGE.

On constate par ailleurs que seuls cinq adjectifs sont antéposés. Il s'agit d'adjectifs de quantification ou de caractérisation extrinsèque : unique, nouveaux, seul, multiples et second. Leur antéposition est donc tout à fait normale.



Occurrences du nom ARBRE (sens figuré) + expansion
(dans un article)



ARBRES généalogiques
ARBRE dit de similitude
ARBRE correspondant à des indices de similitude
ARBRE ainsi reconstitué
ARBRE de Cavalli-Sforza et Edwards
ARBRES de Cavalli-Sforza et Wainscoat
ARBRE(S) de distance (2x)
ARBRE de parcimonie (3x)
ARBRE parcimonieux (2x)
ARBRE le plus parcimonieux
ARBRE qui maximise le nombre d'homologies
ARBRE(S) généalogique(s) (3x)
seul ARBRE qui va minimiser le nombre de mutations
ARBRE non enraciné
ARBRE montrant cinq groupes où les Japonais anciens se rapprochent des Japonais actuels et des Asiatiques du Sud-Est

D'autres exemples peuvent être cités : le système immunitaire, des mécanismes de défense, une réaction en chaîne...

Des exercices du type de ceux qui suivent pourraient dans une certaine mesure constituer un entraînement à la maîtrise de ce type de difficultés (exemple 7, extrait de Bochart-Fiévez, Richesse du vocabulaire, Duculot, 1992) :

  • Appariez un mot la première colonne avec un adjectif de la deuxième.

1. un équinoxe 1. magnétique
2. un point 2. tellurique
3. une sphère 3. vernal
4. une voûte 4. tropical
5. une station 5. septentrional
6. une onde 6. sidéral
7. une secousse 7. cardinal
8. un vent 8. orbital
9. une révolution 9. armillaire
10. l'Europe 10. céleste


  • Quel adjectif de la deuxième colonne détermine un nom de la première colonne?

1. température 1. artésien
2. air 2. sismique
3. nappe 3. lacustre
4. eau 4. diluvienne
5. puits 5. abyssal
6. cité 6. clémente
7. secousse 7. conditionné
8. fond 8. sédimentaire
9. roche 9. phréatique
10. pluie 10. saumâtre


  • D'un nom peuvent dériver plusieurs adjectifs; appariez un adjectif de la deuxième colonne avec un nom de la troisième colonne.

1. port 1. portatif 1. mère
2. portable 2. mur
3. porteur 3. appareil
4. portant 4. dette
2. onde 1. ondé 1. blé
2. onduleux 2. mouvement du son
3. ondoyant 3. tissu
4. ondulatoire 4. tôle
5. ondulant 5. fièvre
6. ondulé 6. ligne
3. ligne 1. ligné 1. équation
2. linéaire 2. papier
3. linéal 3. perspective




2.2.1.6. Nominalisation

Témoin de la puissante capacité créatrice de la langue, ce procédé consiste à transformer en nom ou en syntagme nominal, une phrase, un verbe ou un syntagme verbal. En voici quelques exemples extraits du corpus :

  • la détection des photons lumineux
  • l'ajout d'atomes
  • la complémentarité géométrique et interactionnelle entre un récepteur et un substrat
  • la contraction musculaire
  • l'acidification du milieu
  • la complexation des ions
  • le transfert d'électrons
  • la conduction d'électrons
  • la diffusion du complexe dans la membrane

Différents types d'exercices peuvent être conçus pour l'entraînement à la nominalisation ou à l'adjectivisation (exemple 8, extrait de Bochart-Fiévez, Richesse du vocabulaire, Duculot, 1992 ) :

  • Pour chacun des verbes, indiquez le nom marquant l'action ou le fait.

1. arroser 2. ruisseler
3. noyer 4. pétrifier
5. submerger 6. ensabler
7. inonder 8. tournoyer


  • De quels noms dérivent les adjectifs suivants?

1. digital
2. cathodique
3. nodal
4. séquentiel
5. discal
  • D'un nom peuvent dériver plusieurs adjectifs. Faites précéder d'un nom chacun des adjectifs.

1. terre - terrestre 2. eau - aqueux
- terreux - aquifère
- terrien
3. côte - côtier 4. air - aérien
- costal - aérifère
- aéricole


  • Citez les adjectifs dérivés des noms suivants :

1. houle
2. océan
3. torrent
4. volcan
5. fange
6. saillie
7. tempête
8. résidu
9. abysse
10. brèche

2.2.2. Niveau de la phrase

2.2.2.1. Expression de la gradation

Lerat (1995) cite trois possibilités d'organisation de l'énoncé pour exprimer une gradation : ordre sémantique, ordre hiérarchique, ordre mathématique.

Ces catégories peuvent être illustrées par les exemples suivants :

(...) il s'agit de particules connues, autrement dit de neutrons, protons, photons et autres neutrinos extrêmement énergiques. (ordre sémantique)

Le directeur et le sous-directeur de l'Institut de physique (ordre hiérarchique)

Les surfaces articulaires astragaliennes, antérieure, moyenne et postérieure (ordre situationnel)

56 % du groupe des 3 ans, 73 % du groupe des 4 ans et 91 % de celui des 5 ans (ordre mathématique)

2.2.2.2. Affinités verbe - complément

Les collocations se manifestent au niveau du syntagme verbal dans la maîtrise des affinités sélectives (Martin Riegel) entre un verbe et son complément : le syntagme la tête est le seul complément possible au verbe hocher, on dit outrepasser ses droits, mais transgresser des ordres, etc.

Quelques exemples issus du corpus :

  • Un inhibiteur de COX - 2 induit la mort des cellules anormales.
  • Ces données corroboraient l'affirmation de l'historien.
  • Pour combler le vide entre les deux valeurs.

Des exercices du type de ceux qui suivent peuvent servir d'aide à la rédaction (exemple 9, extrait de Bochart-Fiévez, Richesse du vocabulaire, Duculot, 1992) :

  • Appariez le verbe et son complément.

1. émettre 1. un câble
2. auditionner 2. un numéro d'appel
3. expédier 3. un appareil de télévision
4. oblitérer 4. un disque
5. déconnecter 5. une émission
6. programmer 6. un timbre
7. composer 7. une onde
8. débrancher 8. un colis


  • Relevez, parmi les verbes ci-dessous, ceux qui se rapportent à un son, à une image, à une onde, à une information. Plusieurs verbes peuvent se rapporter simultanément à plusieurs noms.

1. transmettre
2. capter
3. synchroniser
4. polariser
5. focaliser
6. propager
7. détecter
8. digitaliser
9. amplifier
10. moduler

2.2.2.3. Utilisation de l'impersonnel

Alors qu'apparaît un effort constant, dans la langue scientifique, d'écarter toute référence personnelle à l'auteur ou au destinataire et d'observer les règles linguistiques d'une stricte objectivité de présentation (Kocourek), il est légitime de s'interroger sur les ressources syntaxiques de l'impersonnel. Les attestations du corpus peuvent être regroupées de la manière suivante :

Présentatif + complément du présentatif

  • Présentatif + syntagme nominal

  • Il faudrait des capteurs établis sur une surface de 20 km2.
  • Il pourrait s'agir des restes d'une sépulture récente.

  • Présentatif + infinitif + syntagme nominal c.o.d.

  • Il faudrait (..) élever des animaux dont les tissus soient compatibles avec le système immunitaire humain.

  • Il faut admettre l'existence d'un continuum entre les pathologies de l'intelligence et sa variation normale.

  • Présentatif + infinitif + subordonnée complétive c.o.d.

  • Il faut souligner que la réalité de tels phénomènes a été remise en cause.

  • Présentatif + adverbe + complément du présentatif

  • Il s'agit alors du fossile le plus ancien.

  • Forme interrogative

  • Mais s'agit-il bien d'éponges?

Verbe impersonnel + complément du verbe impersonnel

  • Verbe impersonnel (+ adverbe) + adjectif + préposition + infinitif

  • Il semble difficile d'arriver à faire jouer un blues dérapant à une vache.

  • Il est crucial d'expliquer la taille des nuages.

  • Il semble plus intéressant d'étudier des interactions faibles.

  • Il est relativement aisé de distinguer les mâles et les femelles adultes.

  • Il n'est pas possible d'isoler ce facteur des autres variables liées aux environnements.

  • Il est par conséquent important de comprendre le processus de la sécrétion des protéines.

  • Il est trop facile de dire que l'effet placebo est une illusion.

  • Verbe impersonnel + infinitif + complément de l'infinitif

  • Il importe de mettre en garde contre l'usage abusif qui est fait du mot Q.I.

  • Verbe impersonnel + syntagme nominal complément du verbe impersonnel

  • Il existe peut-être près de nous des reliques du big bang.

  • Forme interrogative

  • Existe-t-il dans l'Univers des régions d'une rigidité magnétique suffisante?

  • Verbe impersonnel + subordonnée complétive complément du verbe impersonnel

  • Il apparaît que les spongiaires (...) ont des possibilités d'évolution et d'adaptation bien supérieures à ce que l'on croyait.

  • Il arrive parfois qu'elles [les chambres volcaniques] se vidangent complètement.

  • Il se trouve que cette cyclicité se retrouve dans les variations climatiques.

  • Il est probable que la génétique contribue à l'intelligence.

  • Il est vrai que l'on trouve chez les insectes sociaux une division du travail originale basée sur des caractères morphologiques.

  • Il est clair que le nombre de mâles adultes dépend du contrôle établi par les reines.

  • Verbe impersonnel (sans sujet exprimé) + subordonnée complétive complément du verbe impersonnel

  • Reste que leurs performances physiques semblent tout juste suffisantes.

2.2.2.4. Utilisation des connecteurs

Véritable pivot de la langue scientifique, l'étude des connecteurs s'inscrit à la fois dans le cadre de la construction de la phrase et dans celui de l'organisation du texte.

Pour ne pas entrer dans le détail des listes, seul un exemple sera étudié ici : le cas de la corrélation, « rapport entre deux phénomènes qui varient en fonction l'un de l'autre; lien, rapport réciproque » (Petit Robert). Différents moyens peuvent être utilisés :

Adverbes de liaison

  • Plus le champ magnétique appliqué est intense, plus il fournit d'énergie pour étudier le comportement électronique du matériau.

  • Plus les longueurs d'ondes sont grandes, plus l'atténuation de la lumière par les poussières interstellaires est faible.

  • Plus le nombre des marqueurs analysés sera grand, meilleure devrait être la reconstitution de l'histoire évolutive de l'homme.

  • Plus le champ électromagnétique est intense, plus il lui communique d'énergie, et plus elle [la particule chargée] en perd.

  • Plus un caractère est héritable (...), moins il est modulable par l'environnement.

  • Les ondes radio sont idéales (..) : non seulement, elles passent à travers la Zoa sans encombre, mais elles tracent à merveille les bras spiraux des galaxies peu lumineuses.

  • La réponse instrumentale n'est certes pas préprogrammée, mais doit correspondre au répertoire instrumental de l'espèce étudiée.

  • Si la marge ouest de l'Amérique du Nord avait été accolée à l'Antarctique oriental et à l'Australie, alors un autre continent s'était détaché de la marge appalachienne.

  • Ces variations seraient liées soit aux fluctuations du niveau marin (...), soit aux changements de la répartition des masses glace/eau qui feraient varier la vitesse de rotation de la Terre.

Prépositions :

  • Le contenu en éléments volatils (...) varie en fait en fonction de la vitesse d'éruption (...)

  • Au fur et à mesure de sa montée, la porosité du mélange augmente.

Conjonctions de subordination

  • À mesure qu'elles [les cordes cosmiques] s'effondrent, le courant électrique qui les traverse s'intensifie.

  • À mesure que les cellules se multiplieront (...), le polymère se dégradera.

  • Au fur et à mesure que la vitesse d'éruption diminue, le processus d'entraînement devient plus efficace.

  • Au fur et à mesure que la matière s'élève, son mouvement ascendant s'accélère.

  • Un caractère est d'autant plus propice à la sélection que son héritabilité est grande.

  • Ce conservatisme est d'autant plus déroutant que cette approche est de moins en moins répandue.

  • La trajectoire sera plus ou moins sinueuse suivant qu'elles [les particules] sont plus ou moins chargées.

  • La majorité des matériaux deviennent de plus en plus désordonnés quand leur énergie s'accroît

On trouve également quelques attestations dans lesquelles la corrélation est exprimée autrement que par des connecteurs logiques (utilisation de moyens lexicaux ou de pronoms en corrélation) :

  • (...) il existe une corrélation entre la variabilité génétique et celle du trait.

  • Il existe aussi un couplage entre vitesse d'ascension et fraction volumique de gaz.

  • Les proies les plus rapides ne sont atteintes que par les prédateurs les plus rapides (..) : il y a coévolution entre le prédateur et sa proie, chacun étant poussé par l'autre à courir plus vite.

  • Un abaissement du métabolisme va de pair avec un ensemble des comportements.

Différents moyens peuvent être combinés :

  • Si la vitesse initiale est suffisamment élevée, alors le jet sera capable d'entraîner et de réchauffer suffisamment d'air pour que le mélange devienne moins dense que l'atmosphère.

Des exercices de type Q.C.M., permettant l'entraînement au passage d'une forme coordonnée à une forme subordonnée (ou inversement) peuvent être proposés (exemple 10, extrait de Dalcq (A.E.), Van Raemdonck (D.), Wilmet (B.), Le français et les sciences, Duculot, 1989) :

  • « Les rayons cathodiques, tels qu'ils étaient alors appelés, firent l'objet d'expériences multiples et sans cesse améliorées au fur et à mesure que les possibilités techniques permettaient d'atteindre des vides plus poussés. »

Au fur et à mesure que signifie ici que :

  1. Plus les possibilités techniques se perfectionnaient, plus on multipliait les expériences.

  2. Plus on multipliait les expériences, plus les possibilités techniques se perfectionnaient.

  3. Plus les possibilités techniques se perfectionnaient, plus on améliorait les expériences.

  4. Plus on améliorait les expériences, plus les possibilités techniques se perfectionnaient.

  • « ... les abeilles mémorisent un motif floral [...] comme une image [...] comme une liste de caractéristiques semblables à celle que donnerait une agence immobilière pour remplacer une photographie. »

Les [...] pourraient être remplacés par :

1. non seulement ... mais encore
2. non pas... mais
3. soit ...soit
4. tantôt ...tantôt

2.2.3. Niveau du texte

2.2.3.1. Utilisation des connecteurs

Bon nombre de connecteurs servent également à la construction du texte. Il serait utile en effet de consacrer un temps de formation à la manipulation d'une typologie des articulations logiques, réparties en deux groupes :

  • Articulations relatives aux objets du monde : cadre spatio-temporel, articulations relatives aux faits (préalables - modalités - finalités - rapports des faits entre eux)

  • Articulations inhérentes au discours : agencement du discours, intervention du locuteur

Différents types d'exercices peuvent être envisagés :

  • Q.C.M. testant la compréhension/la capacité de remplacer le connecteur (exemple 11, extrait de Dalcq (A.E.), Van Raemdonck (D.), Wilmet (B.), Le français et les sciences, Duculot, 1989) :

  • « Mais, au fait, la recherche scientifique est-elle une source de bonheur, ou [...] de bien-être matériel, pour l'humanité? »

Quelle est l'expression qui ne convient pas pour remplacer les points?

1. au plus
2. tout au moins
3. tout au plus
4. au moins
  • « ... face à l'augmentation des besoins à satisfaire, [...] par l'expansion démographique, les industries sont contraintes de développer rapidement toutes leurs activités, aussi bien en quantité qu'en productivité. »

Quelle est l'expression qui ne convient pas pour remplacer les points?

1. notamment
2. si ce n'est
3. entre autres
4. ne serait-ce que
  • « Notre monde n'est sans doute pas aussi égoïste et individualiste qu'on se plaît à le croire. »

Sans doute se rapproche ici, par le sens, de :

1. sans aucun doute
2. peut-être
3. probablement
4. sans ambiguïté
  • « Puzzle » : texte découpé à reconstituer dans l'ordre sur la base des connecteurs utilisés en début de paragraphe (exemple 12, extrait de Dalcq (A.E.), Van Raemdonck (D.), Wilmet (B.), Le français et les sciences, Duculot, 1989) :

  • Reconstitution de textes

    Il s'agit ici de reconstruire un texte cohérent à partir des paragraphes donnés. Notez la réponse en indiquant les numéros des paragraphes dans l'ordre dans lequel ils doivent se trouver.






TEXTE 3
Nardone (P.), « Les scientifiques et l'unité perdue » dans Le Soir, 25 juillet 1988.

1

Mais ces besoins d'unité sont aussi renforcés par des faits. Aux énergies quotidiennes, ces quatre forces sont parfaitement distinctes. Les théoriciens ont réussi à démontrer que la charge, la « susceptibilité » à l'interaction, change lorsque l'on augmente l'énergie mise en jeu dans le processus. Ce phénomène, difficile à expliquer, plonge ses racines dans les fluctuations quantiques du vide propres aux théories modernes de l'interaction.

2

Ces particules, vecteurs de l'interaction, peuvent exister en soi. Elles constituent alors le « champ libre » de l'interaction, la force pure sans objets sur lesquels elle puisse agir. Le photon, par exemple, est le vecteur d'interaction de l'électromagnétisme. C'est lui qui permet de formaliser le comportement de la lumière.

3

Maxwel, à la fin du XIXe siècle, avait déjà réussi une union spectaculaire en fondant l'électrostatique et le magnétisme dans un seul schéma : l'électromagnétisme. On en a déduit que la lumière est une onde électromagnétique qui naît obligatoirement de cette union.

4

Un lien physique noue ces deux entités différentes et la gravitation y est alors interprétée comme une conséquence, un sous-produit, de la courbure de l'espace-temps. La mécanique quantique s'attache à définir en termes opérationnels clairs, ce qu'est la matière. Elle englobe actuellement, dans son schéma descriptif, les trois forces restantes.

5

La cosmologie du « moment initial » doit donc savoir si oui ou non cette unification prend place, afin de pouvoir construire une évolution cohérente. Avec l'expansion de l'univers, l'énergie d'interaction diminue et ces quatre forces se séparent. Il y a morcellement de l'apparence, qui finalement conduit, dans notre univers, aux quatre forces connues.

6

Mais qu'est-ce qui peut justifier la nécessité d'une unité? Comment le photon et les vecteurs de l'interaction faible, peuvent-ils n'être qu'une seule entité? Au-delà d'un besoin philosophique de simplification, l'espoir de pouvoir, comme Maxwell, prévoir des phénomènes nouveaux, stimule les physiciens.

7

À chaque champ d'interaction est associée une particule, son vecteur, mais aussi une charge, un couplage, une « affinité » qui permet l'émission ou l'absorption de celui-ci. La masse peut-être vue comme la « charge » gravitationnelle, la charge électrique comme celle de l'électromagnétisme. Reconnaître l'existence de quatre forces, revient à affirmer l'existence de quatre champs d'interaction et de quatre charges capables d'y être sensibles. Toutes les particules sont sensibles à la gravitation, mais hélas! personne n'a encore détecté la particule libre de l'interaction : le graviton. Le neutron ne possède pas de charge électrique et donc ne peut-être.

Recherche de nuances (exemple 13 extrait de Dalcq (A.E.), Van Raemdonck (D.), Wilmet (B.), Le français et les sciences, Duculot, 1989) et regroupement des articulations (exemple 14, extrait de Dalcq (A.E.), Van Raemdonck (D.), Wilmet (B.), Le français et les sciences, Duculot, 1989)

  • Recherche de nuances entre termes :

    Donnez la nuance de sens qui différencie les éléments de chacune des paires de mots suivantes :

    1. puisque - parce que
    2. sous prétexte que - en raison de
    3. grâce à - à cause de
    4. en fait - de fait
    5. conformément à - à l'exemple de
    6. aussi - ainsi
    7. en fonction de - en corrélation avec
    8. or - mais
    9. sans doute - sans aucun doute
    10. peut-être - plutôt

  • Regroupement de termes :

    Divisez chacun des groupes en deux sous groupes qui devront comporter chacun quatre termes ayant en commun un élément de sens avec le terme souligné.

À l'échelle de

En raison de

à mesure que
à plus forte raison
à raison de
de cet ordre
de par
en raison directe de
faute de
sous prétexte que

Au point que

En vue de

c'est pourquoi
de manière à
de peur de
de telle sorte que
+ indicatif
de telle sorte que
+ subjonctif
ipso facto
pour que
trop pour que

2.2.3.2. Articulations logiques et focalisation

Ces articulations concernent l'accentuation d'une partie du message par une mise relief, soit par détachement, soit par différentes locutions :

C'est ... que

C'est donc dans l'environnement immédiat des machines cosmiques les plus performantes que les particules sont le plus freinées.

Ce n'est sans doute là que le reflet de l'évolution de galaxies.

En ce qui concerne

En ce qui concerne le choix des données, la plupart des marqueurs sont testés sur des populations européennes.

Quant à

L'imipramine, quant à elle, conserve son statut d'antidépresseur de référence.

Dans le cas de

Dans le cas de petites colonnes éruptives (..) , la présence de vapeur d'eau dans l'atmosphère joue un rôle important.

De ce point de vue

De ce point de vue, l'exemple des problèmes touchant à l'alimentation et à la sécurité est essentiel.

2.2.3.3. Organisation du texte

Il est question ici, non seulement de l'utilisation des articulations logiques servant de marqueurs pour l'argumentation, mais aussi de la manière dont le discours est organisé : présentation de recherches, description d'expériences, forme interrogative ou déclarative de la présentation d'une difficulté théorique ou opératoire, etc. Faute de place, on se limitera ici à énumérer les différentes manières par lesquelles débutent les articles du corpus :

Date et description de l'expérience : 7 textes

Exposé du problème sous forme déclarative : 21 textes

Exposé du problème sous forme interrogative : 9 textes

Forme « littéraire » : 4 textes

N.B. Certains textes combinent deux catégories.

3. Conclusion

Les pistes qui viennent d'être proposées ne constituent encore qu'une partie d'un vaste ensemble. Il faudrait encore, au niveau du mot et du syntagme, analyser l'intersection entre rédaction scientifique et terminologie, comme le fait Pierre Lerat (1991) en se posant la question de la définition d'un tronc commun entre rédaction technique et terminologie.

Il définit (1992) la terminologie comme un ensemble structuré de concepts et de dénominations dans un domaine spécialisé. Ceci suppose la gestion d'un vocabulaire contrôlé, de définitions contrôlées, d'une phraséologie contrôlée.

Au niveau de la phrase, on pourra se pencher entre autres sur les différentes techniques de l'utilisation du passif, sur les multiples rôles des appositions ou sur les emplois des propositions subordonnées, complétives surtout.

Tenant compte de ces différents paramètres et de ceux qui ont été cités dans l'introduction, on pourrait aboutir à un schéma du type de celui-ci, qui synthétise les différents facteurs qui pèsent sur l'acte de rédaction scientifique :

RÉDACTION

I
I
V

I
I
V

-

RESPECT DES
NORMES

FORMULATION SYNTAXIQUE

-

UTILISATION DU LEXIQUE

I
I
I
I
I
I
I
I
V

I
I
I
I
I
V

DOMAINE

SUPPORT - DESTINATION






BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages et articles de référence

Association pour la promotion des publications scientifiques : Quelle(s) langue(s) pour la science?, APPS collection, 1995.

BLAMPAIN (D.) : Langue française et langues de spécialité, Communication au Colloque Langue française et littérature francophone : forces centripètes / forces centrifuges (Liège, 1995), 1995.

BOCHART-FIÉVEZ (J.) : Richesse du vocabulaire, Duculot, 2 vol., 1990 et 1992.

DALCQ (AE.), VAN RAEMDONCK (D.), WILMET (B.) : Le français et les sciences, Duculot, 1989.

DIEPE (Groupe) : Savoir écrire au secondaire, De Bœck Université, 1995.

KOCOUREK : La langue française de la technique et de la Science, Brandstetter, 1991.

LERAT (P.) : Intégrer la terminologie à la rédaction technique, Actes du colloque Terminologie et enseignement des langues (Cergy-Pontoise, 1991), Le TILV, 1991.

LERAT (P.) et BUIN (G.) : La formation à la rédaction technique assistée, Actes du colloque TAMA 92, Termnet, 1992.

LERAT (P.) : Les langues spécialisées, P.U.F., 1995.

LEROT (J.) : Précis de linguistique générale, Les Éditions de Minuit, 1993.

RIEGEL (M.), PELLAT (J.C.), RIOUL (R.) : Grammaire méthodique du français, P.U.F., 1994.

ULLAND (H.) : Les nominalisations agentive et instrumentale en français moderne, Peter Lang, 1993.

VERLINDE (S.) : (Proceedings of the Symposium on différentiation in LSP, Learning and teaching (Leuven, 1990), K.U.L., Instituut voor Levende Talen, 1991.

Articles scientifiques dépouillés

AMMAR (S.) et JOUVENT (R.), Succès et paradoxes des antidépresseurs, La Recherche, Oct. 1995.

ANDERSON (F.), La thérapie génétique, Pour la science, Nov. 1995.

ARON (S.) et PASSERA (L.), Les fourmis : entente cordiale ou conflit fratricide?, La Recherche, Nov. 1995.

AUGE (M.), La disparition du loup marsupial, Pour la science, Nov. 1995.

AUNIS (D.), Un antibactérien naturel, Pour la science, Nov. 1995.

BARRIEL (V.), Mythes et réalités de l'approche génétique, La Recherche, Juin 1995.

BOEBINGER (G.), PASSNER (A.), BEVK (J.), Les aimants les plus puissants du monde, La Recherche, Août 1995.

BOISSE (P.) et PETITJEAN (P.), Les quasars, filtres de l'univers, La Recherche, Mai 1995.

BRANDEIS (G.), En direct des panaches, La Recherche, Mars 1995.

BORATAV (M.) et PETER (P.), L'énigme des zetta-machines, La Recherche, Nov. 1995.

DALZIEL (I.), La Terre avant la Pangée, Pour la Science, Mars 1995.

DE KERMIKRI (I.), L'air des villes rend bien malade, La Recherche, Sept. 1995.

DELIGEORGES (S.), Tueuses bien-aimées, La Recherche, Déc. 1995.

DELOISON (Y.), Le pied des premiers hommes, La Recherche, Nov. 1995.

DRON (M.), GEFFROY (V), ADAM (A.F.), Chez les plantes aussi des gènes font de la résistance, La Recherche, Avril 1995.

FARMELO (G.), La découverte des rayons X, Pour la science, Nov. 1995.

GOUD (B.) et TIXIER (A.), Le voyage intracellulaire des protéines, La Recherche, Mars 1995.

GOULD (J.) et MARLER (P.), L'apprentissage instinctif, Pour la Science, Mars 1987.

GRILL (J.B.) et REAL (B.), Herbes filtrantes, Pour la Science, Nov. 1995.

ISSAR (A.), La Bible et la Science font-elles bon ménage?, La Recherche, Janv. 1996.

JAUPART (C.), Genèse et métamorphose d'une éruption, La Recherche, Mars 1995.

KRAAN (R.), Une galaxie géante à notre porte, La Recherche, Déc. 1995.

LANGER (R.) ET VACANTI (J.), Les organes artificiels, Pour la Science, Nov. 1995.

LEHN (J.M.), Vers une chimie de l'information, Pour la Science, Nov. 1995.

MOORE (J.), Comment expliquer la diversité humaine?, La Recherche, Juin 1995.

PRUSINER (S.), Les maladies à prions, Pour la Science, Mars 1995.

PUECH (P.F.) et ALBERTINI (H.), L'ours, la lionne qui n'en était pas une et le préhistorien, La Recherche, Sept. 1995.

ROUBERTOUX (P.) et CARLIER (M.), Le Q.I. est-il héritable? La Recherche, Janv. 1996.

SARAGOSTI (S.), Comment le virus du sida déjoue les pièges qui lui sont tendus, La Recherche, Avril 1995.

SCHIFFMANN (S.) et VANDERHAEGEN (J.J.), Implications de l'adénosine dans les noyaux de la base : interactions avec le système dopaminergique, Médecine/Sciences, Fév. 1995.

SHERMAN (P.) et PFENNIG (D.), La reconnaissance parentale, Pour la Science, Août 1995.

SIEGAL (M.), Le « goût » subtil du mensonge et de l'erreur, La Recherche, Oct. 1995.

TOVEE (M.), Les gènes de la vision des couleurs, La Recherche, Janv. 1995.

URRY (D.), Les machines à protéines, Pour la Science, Mars 1995.

VACELET (J.) et BOURY-ESNAULT (N.), Quand les éponges ont des dents, La Recherche, Avril 1995.

VANDERMEERSCH (B.), Homo sapiens : ce que disent les fossiles, La Recherche, Juin 1995.

VEISSIER (I.), Quand l'intelligence vient aux vaches, La Recherche, Déc. 1995.

WALKER (A.), El niño a-t-il son origine au fond de la mer?, La Recherche, Oct. 1995.

WIDLOCHER (D.), Le cerveau et la vie mentale, La Recherche, Oct. 1995.

WOODS (A.), La fièvre destructrice des éruptions explosives, La Recherche, Mars 1995.




haut
Free download porn in high quality RGPorn.com - Free Porn Downloads