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Les appellations semblables à celles qui précèdent sont souvent accompagnées d'un indice d'appartenance juridique. À titre d'exemple, Les Ateliers Omicron ltée, Quincaillerie Mercier inc. Lorsque la partie spécifique est formulée en français, il n'est pas obligatoire d'utiliser un générique français. On peut donc utiliser le nom « Au Bon Pain », sans le faire précéder de la mention Lorsqu'un nom d'entreprise est composé d'un terme générique formulé en français et d'une partie spécifique exprimée dans une autre langue, il est conforme aux modalités de la Charte de la langue française en vertu de l'article 27 du règlement sur la langue du commerce et des affaires. En d'autres termes, selon les textes en vigueur, la dénomination En conclusion, en ce qui concerne l'immatriculation des noms d'entreprises, le Québec s'est doté d'un instrument juridique adéquat dont la puissance peut être démontrée facilement. Les mesures que l'Inspecteur général des institutions financières a prises pour appliquer la Loi sur la publicité légale ont pour résultat que les noms d'entreprises sont conformes à la Charte de la langue française. Cela ne signifie pas que ces noms doivent être unilingues français, car nous savons que la loi permet d'utiliser des mots provenant de langues différentes de la langue officielle. S'il existe encore quelques noms qui ne sont pas conformes, il s'agit, dans la plupart des cas, d'enregistrements faits avant le 1er janvier 1994, date d'entrée en vigueur de la Loi sur la publicité légale. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue le cas des entreprises constituées sous le régime fédéral. Même si les entreprises immatriculées sous un nom anglais seulement doivent fournir une version française de leur nom pour être enregistrées au fichier de l'Inspecteur général des institutions financières, ces entreprises constituées sous le régime fédéral ont la possibilité de faire affaires, sous ce seul nom anglais, partout au Canada, y compris au Québec. En revanche, les entreprises immatriculées ailleurs, à l'étranger ou dans d'autres provinces canadiennes, doivent utiliser seulement la version française approuvée par l'Inspecteur général des institutions financières. 2. Le régime juridique de l'affichage des noms d'entreprisesPour les établissements, il n'existe aucune obligation juridique d'afficher sur leur façade quelque élément que ce soit pour identifier l'objet ou révéler la nature de leurs activités commerciales ou des services offerts. Par conséquent, les commerçants ne sont tenus d'afficher ni le nom officiel sous lequel ils sont inscrits dans le fichier C.I.D.R.E.Q. de l'Inspecteur général des institutions financières, ni aucun des autres noms qu'ils ont déclarés dans ce fichier. Cette situation explique pourquoi certains noms affichés diffèrent de ceux qui apparaissent à titre de nom d'entreprise ou de nom d'emprunt dans le fichier de l'Inspecteur général des institutions financières; il arrive même qu'ils soient absents de ce fichier. Il peut même se présenter que certains commerces n'affichent qu'un terme générique : boulangerie, cinéma, dépanneur, etc. D'autres, encore, n'affichent aucun élément permettant de déterminer leurs activités commerciales. Si l'entreprise décide d'afficher un nom, elle doit le faire inscrire au fichier C.I.D.R.E.Q., mais nos travaux ont montré que plusieurs entreprises omettent de le faire. Même si les entreprises constituées en vertu d'une loi fédérale sont tenues de faire inscrire, dans le fichier de l'Inspecteur général des institutions financières du Québec, une version de leur nom qui se conforme aux prescriptions de la Charte de la langue française, elles ne sont pas obligées d'afficher ce nom formulé en français. Une entreprise constituée, en vertu de la loi québécoise, sous le nom de En effet, lorsqu'une société affiche un nom d'entreprise rédigé uniquement en anglais et immatriculé à Ottawa, cette société peut, en principe, faire affaires partout au Canada sous ce nom. Pour sa part, l'entreprise enregistrée à Québec ne peut afficher un nom anglais. C'est donc dire que, selon le lieu d'immatriculation de l'entreprise, il existe un traitement différent, ce qui peut paraître difficilement justifiable. En ce qui concerne l'affichage des noms pour l'identification commerciale, qu'en est-il de la pratique dans l'Île-de-Montréal? Selon un relevé4 que le Conseil de la langue française a fait à partir d'une enquête sur l'affichage commercial dans l'Île-de-Montréal en 1999, laquelle portait sur un échantillon de 4 Voir, en annexe, Gisèle LEDUC. « Analyse de l'affichage des enregistrements et langue Ces résultats permettent de constater que les entreprises ne sont pas tenues d'afficher leur nom officiel, ni aucun autre nom immatriculé dans le fichier C.I.D.R.E.Q. Cependant, lorsqu'elles décident d'afficher un nom, elles doivent se conformer à la législation linguistique sous réserve de ce qui a été dit précédemment en ce qui concerne les entreprises constituées sous le régime fédéral. La règle de base en la matière est énoncée dans l'article 58 de la Charte de la langue française, lequel prévoit que l'affichage public et la publicité commerciale doivent se faire en français, mais admet la présence d'une autre langue à condition d'accorder une nette prédominance à la langue française :
Le même article prévoit des exceptions à cette règle générale. Les voici :
Il en sera question dans les paragraphes qui suivent. En vertu de l'article 63 de la Charte, les noms d'entreprises doivent être formulés en langue française. Selon l'article 68, ils peuvent être assortis d'une version formulée dans une autre langue, pourvu que le français y figure de façon, pour le moins, aussi évidente. Toutefois, l'article 58, qui concerne l'affichage en général, s'applique aussi à l'affichage d'un nom d'entreprise; conséquemment, en vertu de l'article 58, lorsqu'un nom d'entreprise comportant une version dans une autre langue est affiché, on doit nettement accorder la prédominance au français. Selon les données tirées de l'enquête menée en 1999 et portant sur l'affichage commercial dans l'Île-de-Montréal, 68,4 p. 100 des noms affichés étaient formulés en une seule langue, le français5. Dans le tableau qui présente ces données, les catégories regroupent les noms selon leur composition linguistique, et non pas selon leur conformité à la Charte. Par exemple, le nom « Resto-bar karaoké Quynh Anh » est conforme à la loi, tout en étant classé dans la catégorie « français et autre ». 5 Voir, en annexe, Gisèle LEDUC. « Analyse de l'affichage des enregistrements et langue
En additionnant, dans le tableau précédent, toutes les catégories où des mots anglais apparaissent, une conclusion se dégage : l'anglais est présent dans 5,4 p. 100 des noms affichés et les noms affichés uniquement en anglais comptent pour 0,6 p. 100 du total. Dans la catégorie des neutres, qui sont des marques de commerce, on observe beaucoup de noms anglais. Cependant, comme il s'agit précisément de marques de commerce, ces noms sont couverts par une exception, comme cela sera expliqué plus loin dans le texte; en conséquence, ils peuvent être affichés tels quels. Il est utile de noter aussi que les langues autres que le français et l'anglais sont peu présentes dans l'affichage des noms. L'article 58 de la Charte permet d'apporter, par règlement, des exceptions non seulement à la règle de la nette prédominance du français, mais aussi à celle qui impose la présence de la langue officielle. Le règlement sur la langue du commerce et des affaires concrétise cet article en définissant les cas où l'usage du français doit être exclusif, ceux où la présence du français peut s'accompagner de celle d'une autre langue sans obligation de nette prédominance, et ceux où l'on n'exige pas la présence de la langue officielle.
L'article 25 du règlement décrit d'autres cas où il n'est pas nécessaire d'offrir une version française dans l'affichage. Comme cet article a des répercussions importantes sur la question étudiée, nous le présenterons plus en détail. L'article énumère quatre cas d'exception, où la présence du français n'est pas obligatoire :
Avant de passer à la question proprement dite des marques de commerce, il est important de dégager les deux constatations suivantes à propos du règlement :
3. L'utilisation des marques de commerceLes deux sections précédentes ont permis de préciser le cadre juridique qui régit l'utilisation des marques de commerce, soit dans le libellé d'un nom d'entreprise, soit dans l'affichage de l'identité commerciale. À ce stade-ci, il paraît opportun de prendre en considération le concept de marque de commerce. Une marque de commerce est un signe apposé sur un produit ou identifiant un service; elle permet de distinguer un produit parmi d'autres produits similaires vendus par des concurrents, ou un service parmi des services concurrents offerts par d'autres. Elle n'a pas nécessairement de connotation linguistique. Elle peut être une combinaison de chiffres et de lettres, une représentation graphique, un dessin. On a admis récemment l'enregistrement de couleurs et même celui d'une marque sonore. À titre d'exemple, la célèbre bouteille de Coca-Cola est une marque de commerce. La marque de commerce peut aussi être composée par un nom propre; à titre d'exemple, Dior. En pareil cas, elle n'est pas assignable à une langue plutôt qu'à une autre. Cependant, il peut arriver qu'une marque de commerce soit constituée de mots qui ont une connotation linguistique. Ainsi, Second Cup et Canadian Tire, qui sont des marques de commerce, sont également des expressions de la langue anglaise. Une marque de commerce peut aussi être une locution. À titre d'exemple, Just Do It a été enregistré par Nike, sans version française. En revanche, la locution It's finger lickin' good, appartenant à la compagnie Tricon, a une version française, C'est bon à s'en lécher les doigts. Une conclusion en découle : certaines marques de commerce utilisent des constructions identifiables à une langue, mais cela est loin d'être le cas pour toutes les marques. Du point de vue juridique, les marques de commerce posent des problèmes particuliers. En effet, dans notre système juridique, la marque de commerce est le nom donné à un produit ou à un service. En déposant une marque de commerce, le titulaire obtient le droit exclusif de l'utiliser partout au Canada. En droit canadien, la marque de commerce est aussi créée par l'usage qu'on en fait. Mais elle ne bénéficie d'une protection plus efficace que si elle a été enregistrée. Les législations d'autres pays exigent l'enregistrement pour accorder une protection juridique aux marques de commerce. La procédure d'enregistrement des marques de commerce est beaucoup plus lourde que celle des noms d'entreprises, puisque le délai d'attente est de l'ordre d'une année. L'enregistrement confère à son propriétaire un droit exclusif et, en vertu d'accords internationaux, il facilite un enregistrement équivalent dans d'autres pays, obtenant ainsi une protection internationale. Ainsi, le Cirque du Soleil peut s'annoncer, sous son nom français, aux États-Unis; parce que la marque de commerce y est protégée, il n'a pas à se présenter sous l'appellation de Sun Circus. Rien n'interdit à une entreprise de prendre comme nom officiel une marque de commerce. Dans le cas des franchises, le nom de la franchise est en général enregistré comme marque de commerce. On peut même avoir une marque de commerce générique, comme « GM », et des marques de commerce spécifiques, comme les produits « Pontiac » et « Chevrolet ». Lorsque les marques de commerce sont enregistrées, leur enregistrement se fait à Ottawa. De plus, du fait de l'encadrement juridique international qui régit le droit des marques de commerce, tout pays, quel qu'il soit, ne peut exiger, unilatéralement, qu'une marque de commerce ait une version dans sa langue officielle. À titre d'exemple, la Chine, après avoir considéré la possibilité d'imposer la traduction des marques de commerce, y a renoncé. Lorsqu'une entreprise qui exploite ses affaires au Québec utilise comme nom une marque de commerce libellée dans une autre langue que le français, elle doit, pour se rendre conforme aux dispositions de la Charte de la langue française, ajouter, dans son nom d'entreprise, un générique formulé en français. Cette entreprise peut également déclarer comme nom une version française de la marque de commerce. Par contre, nous avons vu qu'une entreprise qui cherche à identifier l'établissement où elle exerce ses activités commerciales n'est pas obligée d'utiliser son nom officiel, ni même les autres noms déclarés dans le fichier de l'Inspecteur général des institutions financières. Ce n'est pas tellement l'utilisation d'une marque de commerce dans les noms d'entreprises qui soulève un problème. C'est plutôt son utilisation pour l'identification d'un établissement. Les exemples suivants aideront à mieux comprendre les différences qu'il peut y avoir entre les noms d'entreprises du fichier C.I.D.R.E.Q. et les autres noms apparaissant sur la devanture des commerces :
Selon une étude6 menée pour le Conseil de la langue française, lorsqu'une marque de commerce apparaît dans la désignation d'une entreprise, son impact, sur le plan visuel, est particulièrement frappant, puisque la marque occupe 55 p. 100 de l'espace du nom affiché. Dans le chapitre suivant, nous aborderons le deuxième volet du rapport du comité chargé de nourrir la réflexion du Conseil de la langue française. 6 Voir, en annexe, Gisèle LEDUC. « Analyse de l'affichage des noms d'entreprise et de l'impact visuel ». [retour au texte] CHAPITRE II
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| Tableau 2 Indice de l'impact des langues sur le plan visuel, en pourcentage |
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| Total | Sainte-Catherine Ouest | Sainte-Catherine Est | Quartier chinois | Boul. Saint-Laurent Centre | Petite Italie | |
| Français | 77,8 | 74,8 | 86,5 | 44,3 | 84,3 | 76,0 |
| Anglais | 11,3 | 21,0 | 9,7 | 0,6 | 7,4 | 3,7 |
| Autres langues | 11,1 | 4,3 | 3,8 | 55,3 | 8,2 | 20,2 |
Source : Gisèle Leduc, « Analyse de l'affichage des noms d'entreprise et de l'impact
visuel ». Voir le document en annexe 5.
Le Conseil s'est penché sur l'introduction de diverses mesures pour que la prolifération de l'affichage des marques de commerce ne porte pas atteinte à la visibilité du français au Québec.
Il a étudié sérieusement la possibilité d'imposer l'ajout d'un terme générique en français, lorsque la marque de commerce est rédigée dans une autre langue. En effet, la réglementation actuelle sur l'affichage ne prévoit pas d'obligation en ce sens. Lorsqu'il n'existe pas de version française, une entreprise a le droit d'afficher une marque de commerce rédigée uniquement dans une autre langue. Selon l'hypothèse étudiée par le Conseil, un établissement serait tenu d'ajouter un terme comme « magasin », « entreprise »,
Cette hypothèse soulève bon nombre de difficultés. Une marque de commerce forme un tout, protégé par des lois et des accords internationaux; son utilisation s'inscrit souvent dans une stratégie de mise en marché d'un produit ou d'un service, stratégie internationale, voire mondiale. Tout ajout dans son affichage pourrait porter atteinte à son intégrité et aux objectifs de visibilité commerciale de l'entreprise qui en possède les droits exclusifs. De plus, pour de nombreuses marques de commerce, le choix d'un générique ne s'impose pas d'emblée et pourrait rendre la situation encore plus confuse aux yeux des consommateurs. Enfin, il a paru évident qu'il n'était pas possible de trouver une solution unique pour couvrir une multitude de cas particuliers.
Pour ces raisons, le Conseil n'a pas retenu l'hypothèse mentionnée précédemment. Par ailleurs, une enquête menée par le Conseil a montré que 72,6 p. 100 des noms des commerces présents dans les secteurs touchés par l'étude ont déjà recours à des précisions en français ou à des termes génériques en français, alors que 2,5 p. 100 utilisent un slogan français à côté de leur nom9.
9 Voir, en annexe, Gisèle LEDUC. « Analyse de l'affichage des noms d'entreprise et de l'impact visuel ». [retour au texte]
Dans cette perspective, le Conseil estime souhaitable d'envisager certaines mesures incitatives visant à ajouter du français lorsque l'affichage d'une marque de commerce sert à identifier un établissement :
ce pourrait être, bien sûr, l'ajout d'un terme générique;
ce pourrait être un libellé descriptif de l'activité de l'établissement;
ce pourrait être un message publicitaire;
ce pourrait être la traduction ou, mieux encore, une version adaptée en français de la marque de commerce.
Dans les faits, comme on l'a vu, bon nombre d'établissements retiennent déjà l'une ou l'autre de ces mesures dans leur affichage. Il suffirait alors d'encourager l'élargissement de ces pratiques en laissant au propriétaire de l'établissement la liberté de retenir celle qu'il juge la plus appropriée à ses activités, à sa clientèle, à la marque de commerce et, le cas échéant, aux exigences contractuelles du
En outre, pour que les commerçants puissent bénéficier, en cas de besoin, d'un soutien à un affichage en français de bonne qualité, l'Office de la langue française pourrait promouvoir davantage son service spécialisé d'aide linguistique.
Le Conseil juge également qu'une intervention plus approfondie devrait être faite auprès des représentants des entreprises étrangères qui songent à s'établir au Québec, afin de les convaincre de traduire ou d'adapter leur marque en français ou, encore, de la faire accompagner d'un slogan ou d'un descriptif en français, et ce, en leur faisant valoir l'avantage, sur le plan économique, de tenir compte du fait que la majorité de leur clientèle québécoise est francophone. D'ailleurs, certains franchiseurs étrangers ont retenu comme valable une telle pratique, en adoptant une version française ou adaptée de leur nom pour leurs franchisés québécois; par exemple, « Poulet frit Kentucky », « Chalet Suisse »,
Par ailleurs, le Conseil estime que l'évaluation de la conformité de l'affichage commercial avec les dispositions de la Charte devrait prendre en considération l'ensemble de la façade, soit, d'une part, l'identité de l'établissement, et, d'autre part, le reste de l'affichage. En procédant à une évaluation de l'ensemble, et non pas de chaque partie, pour s'assurer du respect de la nette prédominance du français, le Conseil estime que l'objectif d'assurer une plus grande visibilité du français serait atteint.
En conséquence, le Conseil de la langue française recommande :
QUE l'Office de la langue française exerce davantage son rôle de service et de soutien à la francisation des noms d'entreprises et de l'affichage des établissements commerciaux, en proposant, aux établissements qui s'identifient par une marque de commerce, une série de mesures visant à accroître la présence du français dans leur affichage.
QUE, lorsqu'elle procède à l'évaluation de la conformité de l'affichage commercial avec les règles de la Charte de la langue française, la Commission de protection de la langue française considère l'ensemble de la façade des établissements, y compris le nom de l'établissement, en continuant de tenir compte, le cas échéant, de l'exception prévue pour les marques de commerce au paragraphe 4 de l'article 25 du règlement sur la langue du commerce et des affaires.
Le Conseil de la langue française a voulu connaître l'importance de l'affichage des noms d'entreprises en d'autres langues que le français et l'anglais. On sait, en effet, que les commerces à forte connotation ethnoculturelle sont souvent la propriété d'allophones. Il ressort de l'enquête de Gisèle Leduc, dont le texte est présenté en annexe, que, dans les secteurs sur lesquels la recherche a porté, la proportion de tous les noms affichés contenant une autre langue que le français ou l'anglais s'élève à 17 p. 100. Les secteurs où s'observe en plus grande quantité un affichage de noms de commerce en une langue tierce sont le Quartier chinois, dans une proportion de 87,8 p. 100, et la petite Italie, dans une proportion de 28,2 p. 100. Selon les données d'une autre enquête menée, en 1999, par le Conseil et portant sur un échantillon de 3 151 commerces, les langues tierces ne sont présentes, dans l'ensemble de l'île, que dans 2 p. 100 des noms affichés. En général, on ne peut donc pas dire que les langues autres que le français et l'anglais sont très visibles dans le paysage linguistique de Montréal. Elles le sont seulement dans des secteurs bien déterminés.
Le Conseil de la langue française rappelle que le règlement sur la langue du commerce et des affaires, adopté en vertu de l'article 58 de la Charte, permet, dans un certain nombre de cas, l'utilisation de termes en langue étrangère sans obligation d'ajouter une version en langue française. Ainsi, il n'est pas obligatoire de traduire une appellation d'origine, la dénomination d'un produit exotique ou d'une spécialité étrangère, une devise héraldique ou toute autre devise non commerciale. Les toponymes désignant des lieux situés hors du Québec, les patronymes et les prénoms ou, encore « un nom distinctif à caractère culturel » font aussi partie des exceptions autorisées.
Le Conseil estime que bon nombre des affiches identifiant des établissements spécialisés dans la vente de produits typiques de pays étrangers, par exemple les commerces du Quartier chinois de Montréal, relèvent des exceptions prévues au règlement et, à ce titre, respectent les modalités de la Charte. Si l'on reconnaît, en particulier, que les libellés en caractères chinois transmettent souvent des messages non commerciaux, ils sont couverts par les exceptions prévues au règlement et ne doivent pas être traduits en français. En conséquence, le Conseil estime que, lors de l'appréciation de l'importance relative du français dans l'affichage commercial aux fins d'en vérifier la conformité réglementaire, ce type de message ne doit pas être pris en considération.
Quant aux noms des petits commerces spécialisés, ils devraient être traités comme toute affiche annonçant une marque de commerce déposée, à condition qu'ils satisfassent aux critères de reconnaissance d'une marque de commerce. Dans la mesure où l'on considère que, dans les faits, il s'agit d'une marque de commerce protégée par l'usage, ces affiches relèvent des exceptions prévues dans le même règlement.
Ainsi, les exceptions prévues dans le règlement sur la langue du commerce et des affaires permettent l'emploi, dans des circonstances précises, d'une autre langue, et ce, sans obligation d'adjoindre une version française. Il est possible de concilier les exigences de présence du français et la présence d'autres langues pour bien refléter la diversité ethnoculturelle du Québec actuel, surtout à Montréal. Le Conseil propose de retenir des mesures incitatives analogues à celles qui ont été mises de l'avant dans le cas des marques de commerce.
Pour les commerces à forte identité ethnoculturelle, l'approche globale que le Conseil retient répond aussi à des considérations économiques. Cette approche permettrait aux établissements commerciaux de retenir la meilleure stratégie pour attirer une plus large clientèle en misant sur une forte identité ethnoculturelle. De plus, cette approche invite les propriétaires de ces établissements à contribuer à la présence du français dans l'affichage commercial.
En conséquence, le Conseil de la langue française recommande :
QUE les établissements à forte connotation ethnoculturelle puissent bénéficier de services pour concilier leur désir de s'afficher dans une autre langue que le français et la nécessité de répondre aux attentes des consommateurs eu égard à la présence du français; ces services pourraient être offerts par un regroupement dont la création est proposée dans le présent texte ou, à défaut, par l'Office de la langue française.
QUE, lorsqu'on procède à l'évaluation de la conformité de l'affichage des établissements à forte identité ethnoculturelle avec les dispositions de la Charte de la langue française, l'on tienne fortement compte des exceptions prévues dans les paragraphes 2 et 3 de l'article 25 du règlement sur la langue du commerce et des affaires et, le cas échéant, dans le paragraphe 4 du même règlement.
Le Conseil considère que la responsabilité première en ce qui concerne la présence et l'importance du français dans l'affichage commercial au Québec appartient aux entreprises et aux commerçants. La loi et la réglementation visent à corriger une situation qui était devenue inacceptable en fixant un minimum à respecter. La définition de ce minimum est elle-même sujette à diverses contraintes, comme celle du respect des marques de commerce. Il n'en demeure pas moins que les entreprises doivent assumer au mieux leur responsabilité sociale de contribuer au visage français du Québec, ce que de façon générale elles affirment vouloir.
À cet égard, les organisations économiques et les associations professionnelles devraient jouer un rôle incitatif. Le Conseil tient à rappeler que le consommateur, aussi, a un rôle essentiel à jouer. Le Conseil croit souhaitable que les principaux intervenants, le Conseil du patronat, les chambres de commerce régionales et nationales, les commissaires industriels, les associations de protection du consommateur, etc., conjuguent leurs efforts au sein d'un regroupement dont l'objectif serait de faire la promotion du français, y compris dans l'affichage des noms d'entreprises, en particulier quand des marques de commerce sont utilisées. La Catalogne, qui connaît une situation différente, mais analogue à celle du Québec, a mis sur pied un tel regroupement qui vise à accroître la présence et la visibilité du catalan dans l'affichage commercial.
Ce Regroupement pour l'usage du français dans l'affichage commercial pourrait prendre des initiatives en vue de favoriser l'utilisation accrue du français dans l'affichage commercial, de repérer des moyens à cette fin et d'appuyer les démarches de l'Office de la langue française pour inciter les commerçants, les industriels et les fournisseurs de services à accorder plus de place au français sur la devanture de leurs établissements. L'objectif assigné au regroupement serait de faire en sorte qu'une plus grande proportion de français soit utilisée dans l'affichage des noms, soit en ajoutant un générique, soit en ajoutant un libellé pour décrire en français l'activité de l'établissement, soit en ajoutant un message publicitaire en français, soit, mieux encore, en adoptant une version française de la marque de commerce utilisée comme nom d'entreprise. Plus spécifiquement, on pourrait définir les objectifs suivants :
informer les membres du regroupement sur les règles actuelles et la situation de l'affichage des noms d'entreprises et des marques de commerce;
jouer, auprès des membres, un rôle de promotion du français;
servir de vigie d'information auprès de membres éventuels. Un réseau d'échange de renseignements devrait être mis en place pour rejoindre toute nouvelle entreprise qui s'implanterait au Québec et l'informer des règles relatives à l'utilisation du français;
servir de guichet unique d'aide à la francisation, pour les membres. À cette fin, le personnel de l'Office de la langue française pourrait offrir le service;
envisager de créer un prix annuel pour la meilleure adaptation, au marché québécois, d'un nom d'entreprise ou d'une marque de commerce;
rendre publics, chaque année, un bilan d'action et un état de la situation.
Selon le Conseil, la responsabilité demeurerait celle de l'entreprise. Toutefois, le regroupement lui permettrait de mieux connaître les moyens disponibles pour rejoindre sa clientèle qui, au Québec, est généralement francophone.
Dans l'esprit du Conseil, les partenaires privilégiés du regroupement sont les différentes structures de représentation, d'animation ou de mise en réseau du milieu des affaires, ainsi que les structures qui font la promotion économique du Québec à l'étranger.
Compte tenu de l'intérêt manifesté par les divers intervenants qu'il a eu l'occasion de rencontrer au cours de ses consultations, le Conseil de la langue française recommande à la ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française de nommer un comité dont l'objectif sera de définir et de créer la structure du regroupement proposé. Bon nombre d'associations ont déjà donné leur accord de principe et elles sont disposées à collaborer à la mise en place de ce projet. La réflexion du comité devra porter sur l'organisation, la mission et la structure de financement du regroupement.
Dans la perspective proposée par le Conseil, le regroupement jouerait un rôle de guichet unique auprès des représentants des secteurs privé et public du domaine économique qui prendraient le relais pour informer les entreprises visées, au sujet des services offerts. En d'autres termes, le Conseil espère que la création du regroupement permettra d'adopter une nouvelle dynamique qui, à l'Office de la langue française, se traduira en particulier par une politique faisant davantage appel au partenariat et à la responsabilisation du milieu des affaires.
En conséquence, le Conseil de la langue française recommande :
QUE le gouvernement du Québec et les associations privées en cause mettent en place un comité chargé d'étudier la création d'un regroupement pour l'usage du français dans l'affichage commercial dans le but de contribuer à la promotion du français dans l'affichage des noms d'entreprises, en particulier quand ces noms comportent des marques de commerce.
Le Conseil propose aussi que, si l'approche et les mesures proposées dans le présent avis devaient être retenues par la ministre responsable de la Charte de la langue française, une évaluation en soit faite après cinq ans.
QUE le gouvernement du Québec entreprenne des négociations avec le gouvernement fédéral pour que ce dernier, lorsqu'il enregistre une entreprise dont le siège social est situé au Québec, exige que son nom officiel comprenne une version française dont l'usage serait obligatoire au Québec.
QUE le gouvernement du Québec propose au gouvernement fédéral un mécanisme pour qu'une société fédérale dont le siège social est situé dans une autre province soit tenue d'utiliser une version française de son nom d'entreprise lorsqu'elle fait affaires au Québec.
QUE, dans les discussions sur la promotion de la diversité culturelle et des langues nationales, auxquelles il participe, le gouvernement du Québec inclue la question de l'affichage des marques de commerce.
QUE l'Office de la langue française exerce davantage son rôle de service et de soutien à la francisation des noms d'entreprises et de l'affichage des établissements commerciaux, en proposant, aux établissements qui s'identifient par une marque de commerce, une série de mesures visant à accroître la présence du français dans leur affichage.
QUE, lorsqu'elle procède à l'évaluation de la conformité de l'affichage commercial avec les règles de la Charte de la langue française, la Commission de protection de la langue française considère l'ensemble de la façade des établissements, y compris le nom de l'établissement, en continuant de tenir compte, le cas échéant, de l'exception prévue pour les marques de commerce au paragraphe 4 de l'article 25 du règlement sur la langue du commerce et des affaires.
QUE les établissements à forte connotation ethnoculturelle puissent bénéficier de services pour concilier leur désir de s'afficher dans une autre langue que le français et la nécessité de répondre aux attentes des consommateurs eu égard à la présence du français; ces services pourraient être offerts par un regroupement dont la création est proposée dans le présent texte ou, à défaut, par l'Office de la langue française.
QUE, lorsqu'on procède à l'évaluation de la conformité de l'affichage des établissements à forte identité ethnoculturelle avec les dispositions de la Charte de la langue française, l'on tienne fortement compte des exceptions prévues dans les paragraphes 2 et 3 de l'article 25 du règlement sur la langue du commerce et des affaires et, le cas échéant, dans le paragraphe 4 du même règlement.
QUE le gouvernement du Québec et les associations privées en cause mettent en place un comité chargé d'étudier la création d'un regroupement pour l'usage du français dans l'affichage commercial dans le but de contribuer à la promotion du français dans l'affichage des noms d'entreprises, en particulier quand ces noms comportent des marques de commerce.
Adopté à l'unanimité à la 270e assemblée
du Conseil de la langue française,
le 16 juin 2000 à Montréal.
En juin dernier, à l'occasion de la conférence de presse que j'ai donnée concernant l'application de la Charte de la langue française dans le quartier chinois, j'ai annoncé que je désirais confier au Conseil de la langue française le mandat d'étudier la question de l'affichage des raisons sociales au Québec.
Il est en effet parfois devenu difficile pour les citoyens de comprendre la subtilité des règles qui s'appliquent en la matière et qui résultent, dans certains cas, du partage des compétences entre le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral.
Dans ce contexte, le moment m'a semblé venu de m'adresser au Conseil de la langue française pour lui demander de procéder à un examen approfondi des différents aspects de cette question.
À cet égard, il m'apparaîtrait utile que votre examen traite de la problématique générale de l'affichage des raisons sociales au Québec en englobant notamment la question des marques de commerce utilisées comme raison sociale.
L'objectif est de dégager clairement les dimensions sociales, culturelles et économiques du cadre global dans lequel s'inscrit la question de l'affichage des raisons sociales au Québec en vue de proposer des modalités d'action qui puissent assurer le visage français du Québec que ce soit par des interventions à caractère social, politique ou juridique.
J'apprécierais également que votre réflexion mette en lumière la dynamique résultant de l'interaction des diverses lois québécoises ou fédérales régissant les raisons sociales ou les dénominations sociales des entreprises ainsi que les exigences qui pourraient découler de traités, de conventions ou de pactes internationaux en matière de commerce ou de propriété intellectuelle.
C'est donc en ayant à l'esprit ces diverses considérations que je sollicite l'avis du Conseil de la langue française afin qu'il me fasse part des réflexions et des recommandations qu'il jugera à propos de formuler.
Veuillez agréer, Madame la Présidente, l'expression de mes sentiments les meilleurs.
| 225, Grande Allée Est Bloc A 1er étage Québec (Québec) G1R 5G5 Téléphone : (418) 643-2110 Télécopieur : (418) 643-9164 |
480, boul. St-Laurent 7e étage Montréal (Québec) H2Y 3Y7 Téléphone : (514) 873-2137 Télécopieur : (514) 873-0980 |
Un comité a été formé par le Conseil de la langue française pour lui proposer un texte d'avis. Ce comité était composé des personnes suivantes :
Alain PrujinerAssociation des gens d'affaires et professionnels italo-canadiensGroupes de pression :
Association des restaurateurs du Québec
Chambre de commerce chinoise de Montréal
Chambre de commerce hellénique de Montréal
Chambre de commerce juive
Chambre de commerce du Montréal métropolitain
Chambre de commerce de Montréal
Conseil du patronat
Institut national sur le franchisage
Jeune chambre de commerce de Montréal
Alliance QuébecRencontres individuelles :
Coalition Québec
Mouvement estrien
Mouvement national des Québécois et des Québécoises
Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal
Townshippers' Association
Gilles Angers, Office de protection du consommateur
Robert Auclair, ASULF
Pierre Bourque, maire de la ville de Montréal
Fernand Daoust, FTQ
Denis Landry, compagnie Claude Néon Limitée
Trun Nguyen, représentant de la communauté vietnamienne
Jean-Paul Perreault, Impératif français
Jean Pronovost, sous-ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie
Dermod Travis, Forum Action Québec
Arlindo Viera, Conseil des relations interculturelles
Il y a quelques mois, les médias ont largement fait état des difficultés qu'il y avait, dans un certain nombre de cas, à appliquer la législation québécoise sur l'affichage. Des personnes se plaignaient de voir de plus en plus dans le paysage urbain des noms de commerce en langue anglaise; vérification faite, il est apparu que plusieurs de ces noms étaient en fait des marques de commerce. Par ailleurs, les problèmes soulevés par l'affichage dans le quartier chinois ont attiré l'attention sur le cas particulier des commerçants dont les produits et les services ont une forte connotation ethnoculturelle.
La ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française a saisi officiellement le Conseil de la langue française de ces problèmes. Dans une lettre datée du 3 septembre 1998, elle demandait au Conseil d'examiner la problématique générale de l'affichage des raisons sociales au Québec. La demande précisait que cet examen devait inclure la question des marques de commerce utilisées comme raisons sociales. La ministre exprimait aussi le souhait que le Conseil dégage clairement les dimensions sociales, culturelles et économiques du cadre global dans lequel s'inscrit la question de l'affichage des raisons sociales au Québec en vue de proposer des modalités d'action qui puissent assurer le visage français du Québec que ce soit par des interventions à caractère social, politique ou juridique.
Pour remplir le mandat qu'il a reçu, et spécialement pour s'assurer de bien prendre en considération les dimensions sociales, économiques et culturelles de l'affichage des raisons sociales, le Conseil de la langue française a décidé d'entreprendre une série de consultations avec des organismes, associations et personnes en provenance de différents secteurs de la société québécoise. Nous avons donc l'honneur d'inviter votre organisme ou votre association à venir rencontrer et à discuter avec des membres du comité institué par le Conseil pour étudier l'affichage des raisons sociales.
Le mandat du Conseil ne porte pas sur le régime juridique général de l'affichage commercial : l'article 58 de la Charte, qui prévoit la nette prédominance de la langue française, n'est pas remis en question. Même si la loi permet maintenant d'utiliser d'autres langues en plus du français, les enquêtes que le Conseil a menées depuis 1995 ont montré que la place du français dans le paysage montréalais demeurait stable. Les consultations qu'entreprend le Conseil ne concerneront que l'affichage des raisons sociales.
Nous avons pu constater que le nom que le commerce affiche n'est pas toujours le nom officiel complet sous lequel il est enregistré chez l'Inspecteur général des institutions financières. Dans certains cas, on utilise un autre nom ou une marque de commerce.
Le Conseil de la langue française souhaite connaître vos opinions et entendre vos observations et vos recommandations sur l'affichage des raisons sociales, c'est-à -dire l'affichage sur un établissement de son nom commercial. Nous désirons attirer votre attention sur les deux points suivants : 1) d'une part, l'affichage des marques de commerce comme raisons sociales, c'est-à -dire pour identifier les établissements commerciaux; 2) d'autre part, l'affichage du nom des commerces servant en priorité une clientèle ethnique ou offrant des produits et des services ayant une forte connotation ethnoculturelle. Le Conseil est aussi disposé à recevoir des observations relatives à l'affichage des raisons sociales portant sur d'autres points que les deux qui viennent d'être mentionnés.
L'affichage des marques de commerce comme raisons sociales.- Les marques de commerce sont de plus en plus fréquemment utilisées comme noms d'établissement. C'est surtout le cas des commerces que l'on appelle des franchises, par exemple Second Cup, Burger King, Canadian Tire, etc.; certaines franchises ont des noms français, par exemple Le Château. La plupart des marques de commerce n'ont pas de connotation linguistique parce que ce sont des noms propres (Macdonald, Harveys) ou des noms forgés de toutes pièces ou formés d'une combinaison de syllabes (Nortel, Optimax, Natrel). Le Conseil de la langue française est conscient qu'il existe des accords internationaux auxquels a souscrit le Canada et que le gouvernement du Québec s'est engagé à respecter. Dans ces conditions,
Pensez-vous qu'il serait opportun, ou souhaitable, ou faisable, que le Québec impose l'affichage d'un terme générique français (par exemple : restaurant, épicerie, quincaillerie, garage, etc. : restaurant La Dolce Vita, magasin Canadian Tire, etc.) chaque fois qu'une marque de commerce dans une autre langue que la langue officielle sert à désigner un établissement commercial?
Que pensez-vous d'une politique incitative qui viserait à convaincre les entreprises de se doter, lorsque cela est possible, d'une version française (utilisation d'un générique français, traduction ou adaptation) si elles affichent comme nom une marque de commerce dans une langue autre que la langue officielle. Cette francisation pourrait être une traduction ou une adaptation française sur le modèle de Bureau en Gros (ailleurs Business Depot Co. Ltd.) ou de Poulet frit Kentucky (Kentucky Fried Chicken).
Advenant l'adoption de pareille politique, pensez-vous que l'Office de la langue française ou des organismes gouvernementaux comme l'Inspecteur général des institutions financières ou Investissement Québec pourraient jouer un rôle utile, et lequel?
Quelles seraient, d'après vous, les conditions qui pourraient faire en sorte qu'une telle politique ait des résultats positifs appréciables?
Croyez-vous que le monde des affaires devrait jouer un rôle plus dynamique dans la francisation des raisons sociales? Que pensez-vous de l'idée de confier la coresponsabilité de la francisation des raisons sociales au milieu des affaires à condition qu'il accepte d'en rendre compte au gouvernement?
Comment l'État devrait-il assurer le succès de cette politique?
Préféreriez-vous que le gouvernement ne touche pas du tout à l'affichage des marques de commerce?
Les petits commerces à forte connotation ethnoculturelle.- Dans l'état actuel de la réglementation, ces petits commerces ont le choix entre deux possibilités d'affichage de leur nom diamétralement opposées : soit respecter l'article 58 et avoir ainsi deux fois plus de français que toute autre langue, soit se prévaloir des exceptions de l'article 25 du règlement sur la langue du commerce et des affaires avec la possibilité de n'afficher aucun nom français. Dans le premier cas, la nette prédominance fait en sorte que disparaît de l'affichage une bonne partie du caractère ethnoculturel, ce qui fait justement partie du fonds de commerce. Dans le deuxième cas, on peut estimer qu'on lèse le droit à l'information du consommateur, francophone, anglophone ou allophone, qui ne connaît pas la langue en question.
Est-il souhaitable de changer le régime actuel pour permettre à certains petits commerçants de mieux mettre en valeur le caractère ethnoculturel des biens et des services qu'ils offrent?
Serait-il possible de trouver un moyen terme par rapport à la situation actuelle, c'est-à -dire ne pas imposer la nette prédominance du français pour certains commerces tout en exigeant la présence dans tous les cas de la langue officielle même si elle est moins en évidence que la langue utilisée par le commerçant?
Quels seraient, d'après vous, les commerces qui pourraient bénéficier d'un tel régime?
Serait-il nécessaire d'ajouter que le français devrait, dans tous les cas prévus par ce régime, être la deuxième langue la plus en évidence (après la langue d'identification ethnoculturelle du commerce)?
Comment l'État, par l'intermédiaire de ses organismes comme l'Office de la langue française, devrait-il assurer le suivi de cette politique?
Les communautés ethnoculturelles devraient-elles y être associées et de quelle façon?
L'État devrait-il aider les commerçants à trouver une version française de leur raison sociale?
Que pensez-vous de l'idée de confier la coresponsabilité de la francisation des raisons sociales aux communautés ethnoculturelles?
Voilà les sujets sur lesquels le Conseil de la langue française aimerait connaître votre opinion. Il est bien entendu que la liste des questions qui précèdent n'est pas limitative et qu'au cours de la séance de consultation à laquelle vous serez invités, vous pourrez saisir le Conseil de tout autre élément qui vous semble apporter un élément de solution ou un éclairage nouveau.
Le Conseil de la langue française vous convie, d'abord et avant tout, à une consultation orale. Mais, si vous le souhaitez, vous pouvez aussi nous transmettre vos observations par écrit.
Une des hypothèses de travail du Conseil est de maintenir le régime actuel d'obligations juridiques en ce qui concerne l'affichage des noms d'entreprises et des marques de commerce, et de miser sur la création d'un regroupement de partenaires pour faire en sorte que les entreprises, quand elles affichent leur nom, y introduisent volontairement plus de français.
Ce scénario repose sur l'intérêt économique des entreprises à desservir en français la clientèle québécoise ainsi que sur l'engagement du milieu des affaires et sur la responsabilité civique des entreprises à l'égard du français, langue officielle et commune au Québec.
Le Conseil estime cette voie prometteuse, mais avant de faire des recommandations au gouvernement, il veut savoir jusqu'à quel point le milieu des affaires est prêt à participer et étudier avec ses représentants les modalités de fonctionnement d'un tel regroupement.
Rappelons qu'en matière d'affichage des noms d'entreprises, le commerçant peut afficher ou ne pas afficher le nom de son entreprise, et que s'il le fait, il doit se conformer aux règles de francisation existantes.
Cette pratique est généralement respectée. Néanmoins, l'utilisation des marques de commerce vient souvent troubler la perception du consommateur ou du citoyen. En effet, les règles internationales auxquelles le Canada, et conséquemment le Québec, ont souscrit, protègent l'intégrité des marques de commerce déposées. De ce fait, les commerçants peuvent afficher leur marque de commerce telle qu'elle est enregistrée, ce que prévoit d'ailleurs la réglementation afférente à la Charte.
Le consommateur ou le citoyen se trouve alors confronté à la réalité suivante : un magasin préfère annoncer le produit qu'il vend ou le service qu'il offre, parce que dans sa stratégie commerciale, le nom du produit est plus important que le nom de son entreprise. Il utilisera alors sa marque de commerce. Et il s'avère que l'utilisation de mots courants de la langue anglaise dans les marques de commerce a pour effet d'introduire de l'anglais dans le paysage.
Le Conseil reconnaît les effets des traités internationaux sur l'affichage. Il estime que les entreprises pourraient « localiser » davantage leurs produits et, de ce fait, tenir compte des particularités linguistiques et culturelles des pays où elles exercent leurs activités.
La mise sur pied d'un regroupement de partenaires aurait pour finalité de contribuer à la promotion de l'utilisation du français dans l'affichage du nom d'établissement, en particulier quand on recourt à des marques de commerce. L'objectif étant de faire en sorte que davantage de français soit utilisé dans l'affichage, soit en ajoutant un générique, soit en ajoutant un libellé descriptif en français de l'activité de l'établissement, soit en ajoutant un message publicitaire en français ou mieux encore, en adoptant une version française de la marque de commerce utilisée.
Cette responsabilité demeurerait celle de l'entreprise qui a tout intérêt, d'un point de vue commercial, à rejoindre sa clientèle cible qui, au Québec, est généralement francophone. Par ailleurs, en adoptant une telle approche, elle ferait également preuve d'un comportement civique exemplaire permettant de faire du français la langue commune de vie au Québec.
La composition du regroupementLes partenaires privilégiés sont les différentes structures de représentation, d'animation ou de mise en réseau du milieu des affaires, et les structures qui font la promotion économique du Québec à l'étranger.
On pourrait donc y trouver :
les différentes Chambres de commerce, le Conseil du patronat;
les associations à caractère économique, comme celles qui représentent des franchiseurs et les diverses communautés ethnoculturelles;
les entreprises qui œuvrent directement dans le domaine de l'affichage;
les institutions qui travaillent à la promotion du Québec à l'étranger : Investissement Québec, Montréal International.
Le regroupement pourrait agir dans le cadre suivant :
une structure autonome du point de vue administratif, mais rattachée structurellement à une association d'envergure nationale (Chambre de commerce du Québec, par exemple);
ou
une société à but non lucratif, dûment constituée, rattachée à une association d'envergure nationale et financée conjointement par le privé et le gouvernement.
Information des membres : sur les règles actuelles et la situation de l'affichage des noms d'entreprises et des marques de commerce.
Animation des membres : le regroupement doit jouer un rôle proactif de promotion de l'usage du français.
Vigie d'information auprès des éventuels membres : un réseau d'échange d'information devrait être mis en place pour rejoindre toute nouvelle entreprise qui s'implanterait au Québec et l'informer des règles d'utilisation du français.
Guichet unique de service d'aide à la francisation pour les membres : le service serait offert par le personnel de l'Office de la langue française (OLF).
Le regroupement devra rendre public annuellement un bilan d'action et de situation.
Le rôle de l'OLFAu sein du regroupement, l'OLF joue un rôle de soutien administratif ainsi que de conseil auprès des membres en fournissant des services d'information juridique et de conseil linguistique pour faciliter l'utilisation adéquate du français.
Au total, 824 affichages ont été relevés dans l'ensemble des trois segments de rues à l'étude, soit de la rue Sainte-Catherine, des rues Guy à Amherst, de la rue Saint-Laurent, des rues Viger à Mont-Royal, et de la rue Saint-Laurent, des rues Rosemont à Jean-Talon. L'observation a été faite en mars 2000.
Le tableau qui suit porte sur l'ensemble des observations, ainsi que sur les cinq segments à l'étude :
sur l'ensemble des 824 observations;
sur le segment de la rue Sainte-Catherine Ouest (des rues Saint-Laurent à Guy);
sur le segment de la rue Sainte-Catherine Est (des rues Saint-Laurent à Amherst);
sur le segment du Quartier chinois, soit de la rue Saint-Laurent, de la rue Viger au boulevard René-Lévesque;
sur le segment de la rue Saint-Laurent Centre, du boulevard René-Lévesque à la rue Mont-Royal;
sur le segment de la petite Italie, soit de la rue Saint-Laurent (des rues Rosemont à Jean-Talon).
| Total | Sainte-Catherine Ouest | Sainte-Catherine Est | Quartier chinois | Saint-Laurent Centre | Petite Italie | |
| N=824 | N=276 | N=103 | N=492 | N=265 | N=131 | |
| % | % | % | % | % | % | |
| Sur l'ensemble des observations | 100 | 33,5 | 12,5 | 5,9 | 32,2 | 15,9 |
| Indice3 d'impact visuel du français | 77,8 | 74,8 | 86,5 | 44,3 | 84,3 | 76,0 |
| Indice d'impact visuel de l'anglais | 11,3 | 21,0 | 9,7 | 0,6 | 7,4 | 3,7 |
| Indice d'impact visuel des autres langues | 11,1 | 4,3 | 3,8 | 55,3 | 8,2 | 20,2 |
1 Indice créé par le pourcentage des affichages contenant du français PAR la surface qu'occupe cette langue. [retour au texte]
2 À interpréter avec attention, car la base statistique est faible. [retour au texte]
3 Indice créé par le pourcentage des affichages contenant du français PAR la surface qu'occupe cette langue. [retour au texte]
| Total | Sainte-Catherine Ouest | Sainte-Catherine Est | Quartier chinois5 | Saint-Laurent Centre | Petite Italie | |
| Présence d'une marque de commerce (vérifiée ou non) OUI | 31,4 | 58,06 | 35,0 | 16,6 | 13,0 | |
| Nombre de marques de commerce (répétition ou marques différentes) | 2,43 | 2,34 | 1,56 | 2,89 | 2,82 | |
| Proportion de la MC sur l'affichage du nom | 55,2 | 54,2 | 58,8 | 61,3 | 38,8 |
4 Les chiffres en rouge représentent les différences qui sont significatives d'un point de vue statistique. [retour au texte]
5 À interpréter avec attention, car la base statistique est faible. [retour au texte]
6 Les chiffres en rouge représentent les différences qui sont significatives d'un point de vue statistique. [retour au texte]
| Total | Sainte-Catherine Ouest | Sainte-Catherine Est | Quartier chinois8 | Saint-Laurent Centre | Petite Italie | |
| Langue de l'affichage9 | ||||||
| Contenant du français | 90,910 | 87,0 | 94,2 | 98 | 93,6 | 88,5 |
| Contenant de l'anglais | 21,7 | 36,6 | 19,4 | 15,1 | 11,5 | |
| Contenant une autre langue | 17,4 | 8,0 | 6,8 | 87,8 | 12,8 | 28,2 |
| Contenant du chinois | 6,2 | 0,7 | - | 85,7 | 1,9 | 1,5 |
| Contenant de l'arabe | 0,2 | 0,4 | - | - | - | |
| Contenant de l'hébreu | 0,2 | - | - | - | - | |
| Contenant toute autre langue | 13,0 | 7,6 | 6,8 | 30,6 | 10,6 | 27,5 |
7 Les chiffres en rouge représentent les différences qui sont significatives d'un point de vue statistique. [retour au texte]
8 À interpréter avec attention, car la base statistique est faible. [retour au texte]
9 Les patronymes et les marques de commerce ne contenant pas de mots courants de la langue anglaise sont considérés comme français. [retour au texte]
10 Se lit comme suit : le français est présent dans 90,9 p. 100 des affichages. [retour au texte]
| Total | Sainte-Catherine Ouest | Sainte-Catherine Est | Quartier chinois11 | Saint-Laurent Centre | Petite Italie | |
| % moyen de surface de français | 85,512 | 86,0 | 91,8 | 45,2 | 90,1 | 85,9 |
| % moyen de surface d'anglais | 51,9 | 57,4 | 50,1 | 10,0 | 49,3 | 32,5 |
| % moyen de surface d'autres langues | 63,7 | 53,4 | 56,4 | 63,0 | 64,1 | 71,5 |
11 À interpréter avec attention, car la base statistique est faible. [retour au texte]
12 Se lit comme suit : lorsqu'il est présent dans l'affichage, le français occupe 85,5 p. 100 de l'affichage.[retour au texte]
| Total | Sainte-Catherine Ouest | Sainte-Catherine Est | Quartier chinois | Saint-Laurent Centre | Petite Italie | |
| Présence de mots courants de la langue anglaise : | ||||||
| Dans la marque | 7,814 | 18,5 | 4,9 | 1,5 | 2,3 | |
| Dans le nom | 11,7 | 14,5 | 11,7 | 12,1 | 9,2 | |
| Syntaxe anglaise15 | 2,1 | 4,0 | 3,9 | 0,8 | - |
13 Les chiffres en rouge représentent les différences qui sont significatives d'un point de vue statistique. [retour au texte]
14 Se lit comme suit : 7,8 p. 100 des affichages observés utilisent un ou plusieurs noms de marque qui contiennent un ou des mots courants de la langue anglaise. [retour au texte]
15 Les affichages contenant le suffixe anglais de la possession, le 's. [retour au texte]
| Total | Sainte-Catherine Ouest | Sainte-Catherine Est | Quartier chinois16 | Saint-Laurent Centre | Petite Italie | |
| Proportion de l'affichage du nom par rapport à la devanture | 24,3 | 26,9 | 23,5 | 28,5 | 24,4 | 17,9 |
| Présence de précisions ou de termes génériques avec l'affichage du nom | 72,6 | 58,0 | 76,7 | 91,8 | 76,6 | 84,7 |
| Présence de slogan avec l'affichage du nom commercial | 2,5 | 1,8 | 4,9 | - | 2,3 | 3,8 |
16 À interpréter avec attention, car la base statistique est faible. [retour au texte]
Le calcul d'un indice d'impact visuel illustre la part relative du français, de l'anglais et des autres langues, en tenant compte à la fois de la proportion dans laquelle la langue apparaît et de la surface occupée lorsque celle-ci apparaît. L'indice global du français pour les cinq segments observés est de 78 contre 11 pour l'anglais et 11 pour les autres langues.
Le tiers (31 p. 100) des affichages montrent une marque de commerce.
Les marques de commerce monopolisent plus de la moitié (55 p. 100) des affichages.
Les affichages observés occupent environ le quart de la devanture des commerces.
Les trois quarts (73 p. 100) des affichages donnent également des précisions ou présentent des termes génériques.
Globalement, 91 p. 100 des affichages contiennent du français, 22 p. 100 contiennent des mots courants de la langue anglaise et 17 p. 100 des mots de langues autres que le français ou l'anglais.
La surface moyenne occupée par le français, lorsque celui-ci est présent dans l'affichage, est de 85 p. 100 contre 52 p. 100 pour l'anglais et 66 p. 100 pour les autres langues.
La présence de mots courants de la langue anglaise se remarque particulièrement dans les noms affichés (12 p. 100 des cas) et dans les marques (8 p. 100 des cas). L'emploi du suffixe anglais de possession, l'apostrophe s, demeure négligeable (2 p. 100 des cas).
L'indice d'impact visuel de l'anglais dans ce segment est deux fois plus élevé que l'indice global de l'anglais dans l'ensemble des segments observés (21 au lieu de 11). Le français demeure au premier rang, avec sensiblement le même indice que dans l'ensemble (75 au lieu de 78); toutefois, l'absence presque totale d'autres langues au bénéfice de l'anglais augmente l'impression d'omniprésence de l'anglais.
Le segment de la rue Sainte-Catherine Ouest se distingue de l'ensemble parce qu'il contient presque deux fois plus d'affichages contenant une ou des marques de commerce (58 p. 100 contre 31 p. 100).
L'impact des langues affichées dans ce segment est différent en ce que l'usage de l'anglais semble nettement plus grand ici. Outre la plus grande quantité de marques et de noms contenant des mots courants anglais, une hypothèse est que la surface occupée par l'anglais est plus grande que dans les autres secteurs. Dans l'ensemble, l'on retrouve des mots courants de l'anglais dans un affichage sur cinq et l'anglais occupe alors, en moyenne, la moitié de l'affichage. Dans la rue Sainte-Catherine Ouest, les mots courants anglais se retrouvent dans le tiers des affichages et ceux-ci occupent alors presque 60 p. 100 de la surface. Cette différence a un effet significatif : dans ce dernier cas, l'impression d'une grande présence de l'anglais, voire d'une prédominance, est nette et beaucoup plus grande que dans les autres secteurs à l'étude.
Les termes génériques ou les précisions sont également significativement moins nombreux (58 p. 100 contre 73 p. 100).
La présence de mots courants de la langue anglaise dans les affichages est une fois et demie plus grande (37 p. 100 contre 22 p. 100), alors que la présence d'autres langues que le français ou l'anglais est significativement moins élevée (8 p. 100 contre 17 p. 100). L'impact est d'autant plus grand que la surface relative d'affichage est grande (elle frôle les 60 p. 100).
Finalement, la présence de mots courants de la langue anglaise dans les marques affichées est deux fois plus élevée dans l'ensemble des territoires couverts par cette étude (19 p. 100 contre 8 p. 100).
Le segment de la rue Sainte-Catherine Est se distingue peu par rapport à l'ensemble des affichages observés.
L'indice d'impact visuel de la rue Sainte-Catherine Est indique une présence du français qui se révèle plus fort que dans l'ensemble (87 au lieu de 78), une présence de l'anglais comparable à l'ensemble (10 par rapport à 11) et, par conséquent, une plus faible présence des autres langues (4 par rapport à 11).
Vue d'un autre angle, la présence d'autres langues que le français ou l'anglais est plus faible que dans l'ensemble (7 p. 100 contre 17 p. 100).
Le Quartier chinois se distingue par la très grande présence (en nombre et en surface) de la langue chinoise (86 p. 100 contre 6 p. 100) dans les affichages. Outre le chinois, le vietnamien est présent dans quatre affichages sur 10.
L'indice d'impact visuel de ce quartier indique une forte présence du chinois et du vietnamien (indice de 55), suivie du français (indice de 44) et, finalement, de l'anglais (indice inférieur à un).
Le français est également présent partout (98 p. 100), quoique celui-ci n'apparaisse que sur de petites surfaces d'affichage, d'où l'impression, fausse, que le français est absent du Quartier chinois. En effet, lorsqu'il est présent, le français occupe 45 p. 100 des surfaces d'affichage contre 63 p. 100 pour le chinois ou le vietnamien.
L'emploi de génériques est très répandu (96 p. 100 contre 73 p. 100).
L'anglais est, Ã toutes fins utiles, absent des affichages dans ce quartier.
L'indice d'impact visuel de ce quartier ressemble à celui de la rue Sainte-Catherine Est, mais avec une présence un peu plus grande des autres langues. En effet, dans ce quartier, les autres langues dépassent légèrement l'anglais (8 contre 7).
Ce segment se distingue à la fois par le faible nombre de marques de commerce dans ses affichages (16 p. 100 contre 31 p. 100); le pourcentage de mots courants de la langue anglaise dans les marques est également plus faible (2 p. 100 contre 8 p. 100).
Cependant, la présence de mots courants de l'anglais dans les noms se compare à l'ensemble des affichages observés.
Le français est présent dans un plus grand pourcentage d'affichages (94 p. 100 contre 91 p. 100).
La présence de langues autres que le français ou l'anglais est significativement plus faible que dans l'ensemble (13 p. 100 contre 17 p. 100).
L'indice d'impact visuel de ce quartier montre une prédominance du français suivie des autres langues (l'italien). L'anglais est presque absent de ce quartier. D'une certaine façon, ce quartier ressemble à la rue Sainte-Catherine Ouest : le français y est comparable (petite Italie 76, la rue Sainte-Catherine Ouest 75), la deuxième langue de ce quartier connaît un indice de 20 ou de 21, sauf que c'est l'anglais au centre-ville et l'italien dans la petite Italie et troisièmement, ce segment se distingue par la faible présence de marques de commerce dans ses affichages (13 p. 100 contre 31 p. 100) et par le petit nombre de mots courants de la langue anglaise qui se retrouvent dans ces marques (2 p. 100 contre 8 p. 100).
Malgré une présence comparable d'une deuxième langue, la présence de l'italien semble, subjectivement, moins prédominante dans la petite Italie que l'anglais dans la rue Sainte-Catherine Ouest. La raison semble résider dans le pourcentage plus élevé de marques de commerce dans le segment du centre-ville.
La présence de termes génériques ou de précisions est élevée avec 85 p. 100 des affichages qui en contiennent contre 73 p. 100 dans l'ensemble.
La présence d'une autre langue, notamment l'italien, se remarque avec 28 p. 100 des affichages qui en contiennent contre 17 p. 100 d'autres langues dans l'ensemble.
Il serait probablement possible d'augmenter la présence du français dans les affichages en empruntant les pistes qui suivent :
L'impression de grande présence de l'anglais est causée par les facteurs suivants :
Il y a corrélation entre la prédominance de marques de commerce, celle de mots courants de la langue anglaise dans les affichages et la rareté relative de termes génériques ou de précisions dans les affichages.
L'utilisation de marques de commerce comprenant des mots courants tirés de l'anglais, sans génériques en français.
L'absence d'autres langues.
La présence de termes génériques ou de précisions dans les vitrines plutôt que dans l'affichage principal fait en sorte de diminuer l'impact de ces termes génériques, souvent en français. Ce sont principalement les affichages qui captent l'attention, au bénéfice des marques affichées (avec des mots anglais dans 19 p. 100 des cas dans la rue Sainte-Catherine Ouest) et, par conséquent, au détriment de termes explicatifs en français.
Plus de 15 p. 100 de l'ensemble des observations recueillies par le sous-traitant ont été validées, personnellement et sur le terrain, par l'analyste, ce qui a permis de couvrir ainsi tous les segments à l'étude.
| Critères objectifs d'analyse | |
| Ont été classés dans Non M.C. | Les affichages qui ne contiennent pas de marque de commerce connue. Cette partie de l'analyse contient un facteur subjectif quant au classement d'un mot comme marque de commerce plutôt que comme nom, tout simplement. Une marque qui n'est pas connue par l'observateur risque de se retrouver dans la présente catégorie. |
| Ont été classés dans Oui M.C. | Les affichages comprenant au moins une marque de commerce reconnue comme telle par l'observateur. |
| A été classé dans Nbre M.C. | Le nombre de marques qui apparaissent dans l'affichage, soit en répétition (deux fois la même marque), soit en nombre de marques différentes. |
| A été classé dans M.C. sur nom affiché | Le pourcentage occupé par la ou les marques de commerce sur l'affichage observé (et non pas sur la façade du commerce). |
| A été classé dans Affichage sur devanture | Le pourcentage occupé par l'affichage complet (y compris les marques de commerce) sur l'ensemble de la façade du commerce, qui se situe au |
| Ont été classés dans Précisions ou génériques | Les affichages comprenant au moins une précision ou un terme générique. |
| Ont été classés dans Oui slogan | Les affichages comprenant au moins un slogan |
| A été classée dans % français | La proportion occupée par la langue française dans l'affichage. Ont été inclus dans le français, les patronymes et les marques de commerce (de langue neutre) qui ne contiennent aucun mot courant de la langue anglaise. |
| A été classée dans % anglais | La proportion occupée par la langue anglaise dans l'affichage. Ont été incluses dans l'anglais les marques de commerce (officiellement neutres) qui contiennent un ou des mots courants de la langue anglaise. |
| A été classée comme % autre langue | La proportion occupée par une autre langue que le français ou l'anglais. |
| SI AUTRE LANGUE : | |
| Chinois | Le nombre d'affichages qui contiennent un ou des caractères chinois. |
| Arabe | Le nombre d'affichages qui contiennent un ou des mots écrits en arabe. |
| Hébreu | Le nombre d'affichages qui contiennent un ou des mots écrits en hébreu. |
| Autre | Tous les affichages, qui ne sont ni en français ni en anglais ni en chinois ni en arabe ni en hébreu. |
| Ont été classés comme Présence mots anglais marque | Les affichages contenant des mots courants de la langue anglaise dans la marque (vérifiée ou d'usage). |
| Ont été classés comme Présence mots anglais nom | Les affichages contenant des mots courants de la langue anglaise dans le nom. |
| Ont été classés comme Présence syntaxe anglaise | Les affichages contenant le suffixe anglais de la possession, le 's. |

Au total, 3 151 observations ont été analysées. L'échantillon comprenait 2 866 observations différentes, dont 111 sans affichage. 30,8 p. 100 des observations ne sont pas enregistrées (ou sont introuvables) et 3,5 p. 100 n'ont aucun affichage pour un total de 2 070 observations dont l'enregistrement a été analysé. Les données proviennent de l'enquête sur l'affichage des commerces menée par le Conseil de la langue française et l'Office de la langue française en 1999.
SUR L'ENSEMBLE DES 3 151 OBSERVATIONS, Y COMPRIS LES OBSERVATIONS NON ENREGISTRÉES (INTROUVABLES)
On retrouve des noms d'emprunt (complets ou partiels) dans 37 p. 100 des affichages et les noms officiels (complets ou partiels), dans 28 p. 100 des affichages.
Dans l'ensemble, 15,7 p. 100 des affichages sont enregistrés par des compagnies à numéro, les trois quarts d'entre elles étant enregistrées au Québec.
Presque 12 p. 100 des affichages appartiennent à des compagnies dont le nom est un nom de personne.
37,3 p. 100 des affichages le sont soit en français seulement, soit en français et en anglais.
10,2 p. 100 des affichages le sont soit en anglais seulement, soit en anglais et en français. Par conséquent, ces entreprises peuvent afficher en anglais, soit exclusivement soit partiellement.
Le nom officiel de l'entreprise (soit partiellement, soit en totalité) est affiché dans 27,3 p. 100 des cas, alors que le nom d'emprunt (soit partiellement, soit en totalité) apparaît dans 37 p. 100 des affichages observés.
Un peu plus des deux tiers des affichages le sont en français.
20,9 sont neutres, soit parce qu'ils affichent un patronyme, un acronyme ou une construction (14,8 p. 100), soit parce qu'ils affichent un ou des mots courants de la langue anglaise qui sont enregistrés comme nom officiel ou nom d'emprunt dans le fichier des entreprises (6,1 p. 100).
Des mots courants de l'anglais, mots non enregistrés, apparaissent dans 4,8 p. 100 des affichages.
Les autres langues que le français et l'anglais apparaissent dans moins de 2 p. 100 des affichages.
| Total des observations | Marge d'erreur | Observations enregistrées | Marge d'erreur | Observations non enregistrées | Marge d'erreur | |
| Sans affichage | 3,5 | ±1,0 | Exclues | 10,3 | ±5,6 | |
| Enregistrement : | ||||||
| Compagnie à numéro - Québec inc. | 11,7 (74,5)17 | ±3,1 | 17,8 (74,5) | ±4,1 | ||
| Compagnie à numéro - Canada inc. | 4,0 (25,5) | ±5,2 | 6,1 (25,5) | ±5,2 | ||
| Nom d'une personne seulement | 11,8 | ±3,0 | 18,0 | ±4,1 | ||
| Enregistrement en français | 28,0 | ±3,0 | 42,6 | ±3,2 | ||
| Enregistrement en français ET en anglais | 9,3 | ±3,4 | 14,2 | ±4,6 | ||
| Enregistrement en anglais seulement | 0,9 | ±11,6 | 1,4 | ±11,6 | ||
| Compagnie non enregistrée (introuvable)18 | 34,3 | ±2,7 | Exclues |
17 Sur l'ensemble des compagnies à numéro, 74,5 p. 100 sont enregistrées au Québec. [retour au texte]
18 Soit que ces affichages puissent être totalement différents du nom officiel, soit qu'il y ait eu erreur dans les transcriptions des observations. La présente analyse ne permet pas de distinction entre ces deux hypothèses. [retour au texte]
| Total des observations | Marge d'erreur | Observations enregistrées | Marge d'erreur | Observations non enregistrées | Marge d'erreur | |
| Affichage par rapport à l'enregistrement | ||||||
| Nom officiel complet | 8,5 | ±3,6 | 12,9 | ±4,8 | ||
| Nom officiel complet + précisions | 3,5 | ±5,5 | 5,4 11,3 8,2 |
±5,6 | ||
| Nom officiel sans particule juridique (inc., ltée) | 7,4 | ±3,8 | ±5,1 | |||
| Mots clés du nom officiel | 5,4 | ±4,5 | ±4,5 | |||
| Mots clés du nom officiel + précisions | 3,2 | ±5,7 | 4,9 | ±5,9 | ||
| Nom d'emprunt complet | 22,6 | ±3,2 | 34,4 | ±3,6 | ||
| Nom d'emprunt complet + précisions | 8,4 | ±3,6 | 12,8 | ±4,8 | ||
| Nom d'emprunt sans particule juridique | 3,0 | ±6,1 | 4,5 | ±6,1 | ||
| Mots clés du nom d'emprunt | 1,8 | ±7,9 | 2,8 | ±7,7 | ||
| Mots clés du nom d'emprunt + précisions | 1,6 | ±8,7 | 2,4 | ±8,4 |
| Total des observations | Marge d'erreur | Observations enregistrées | Marge d'erreur | Observations non enregistrées | Marge d'erreur | |
| Langue affichée par rapport à l'enregistrement | 89,7 | ±1,9 | ||||
| Neutre | 14,8 | ±3,6 | 15,9 | ±4,3 | 12,7 | ±6,7 |
| Neutre (parce que nom enregistré) | 6,1 | ±4,2 | 8,6 | ±4,4 | 1,3 | -- |
| Français seulement | 68,4 | ±1,9 | 70,5 | ±2,4 | 64,2 | ±3,4 |
| Français et anglais | 4,6 | ±4,9 | 3,0 | ±7,5 | 7,8 | ±6,4 |
| Français et autre | 1,7 | ±8,2 | 1,7 | ±9,9 | 1,6 | ±15,4 |
| Français et anglais et autre | 0,2 | -- | 0,1 | -- | 0,3 | -- |
| Anglais seulement | 0,6 | ±14,0 | 0,1 | -- | 1,7 | ±14,9 |
| Anglais et autre | -- | -- | -- | -- | 0,1 | -- |
| Autre seulement | 0,1 | -- | -- | -- | 0,2 | -- |
| Critères objectifs d'analyse | |
| Enregistrement : | |
| Compagnie à numéro - Québec inc. | Enregistrement « numéro Québec inc. ». |
| Compagnie à numéro - Canada inc. | Enregistrement « numéro Canada |
| Nom d'une personne seulement | Nom et prénom d'une personne, seulement. |
| Enregistrement en français | Tous les termes sont des mots français. |
| Enregistrement en français ET en anglais | Deux noms officiels, en français et en anglais. |
| Enregistrement en anglais seulement | Nom officiel en anglais seulement, y compris les termes juridiques. |
| Compagnie non enregistrée (introuvable) | Affichage introuvable dans le fichier Cidreq. |
| Affichage par rapport à l'enregistrement | |
| Nom officiel complet | L'affichage est précisément le nom officiel complet. |
| Nom officiel complet + précisions | L'affichage comprend le nom officiel complet + d'autres précisions. |
| Nom officiel sans particule juridique | L'affichage est le nom officiel complet, à l'exception des termes juridiques tels que inc., ltée, (1988), etc. |
| Mots clés du nom officiel | Se retrouvent dans l'affichage un ou des mots clés du nom officiel. |
| Mots clés du nom officiel + précisions | Se retrouvent dans l'affichage un ou des mots clés du nom officiel + d'autres précisions. |
| Nom d'emprunt complet | L'affichage est précisément le ou l'un des noms d'emprunt enregistrés dans le fichier. |
| Nom d'emprunt complet + précisions | L'affichage comprend précisément un nom d'emprunt enregistré + d'autres précisions. |
| Nom d'emprunt sans particule juridique | L'affichage est le nom d'emprunt complet, à l'exception des termes juridiques tels que inc., ltée, (1988), etc. |
| Mots clés du nom d'emprunt | Se retrouvent dans l'affichage un ou des mots clés du nom d'emprunt. |
| Mots clés du nom d'emprunt + précisions | Se retrouvent dans l'affichage un ou des mots clés du nom d'emprunt + d'autres précisions. |
| Langue affichée par rapport à l'enregistrement | |
| Neutre | Comprend tous les patronymes, les constructions et les acronymes. |
| Neutre parce que nom enregistré | Contient des mots courants de la langue anglaise qui sont juridiquement |
| Français seulement | Contient du français seulement. |
| Français et anglais | Contient des mots courants du français et de l'anglais, ces derniers n'étant enregistrés ni comme nom officiel ni comme nom d'emprunt. |
| Français et autre | Contient des termes en français et provenant de langues autres que l'anglais. |
| Français et anglais et autre | Contient du français, de l'anglais et d'autres langues. |
| Anglais seulement | Contient des mots courants de la langue anglaise, termes non enregistrés dans le fichier. |
| Anglais et autre | Contient des mots courants de la langue anglaise et des termes provenant d'autres langues. |
| Autre seulement | Contient des termes provenant d'autres langues que le français et l'anglais. |
| Présidente | Nadia Brédimas-Assimopoulos |
| Secrétaire | Alexandre Stefanescu
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| Deux personnes choisies après consultation des associations socioculturelles représentatives | |
| Enith Ceballos Henry Milner |
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| Deux personnes choisies après consultation des organismes syndicaux représentatifs | |
| Benoît Lavallée Robert Légaré |
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| Deux personnes choisies après consultation des associations patronales représentatives | |
| Nycole Bélanger Francine Osborne |
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| Deux personnes choisies après consultation des milieux universitaires | |
| Chantal Bouchard Alain Prujiner |
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| Deux personnes choisies après consultation des associations représentatives des groupes ethniques | |
| Bernadette Maugile
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