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L'AVENIR DU FRANÇAIS DANS LES PUBLICATIONS ET LES COMMUNICATIONS SCIENTIFIQUES ET TECHNIQUES

Actes du colloque international
L'AVENIR DU FRANÇAIS
DANS LES PUBLICATIONS
ET LES COMMUNICATIONS
SCIENTIFIQUES ET
TECHNIQUES

Volume II

L'avenir du français
dans la science et la technologie




CHAPITRE X

Propositions et
recommandations relatives
aux périodiques
et aux communications
scientifiques et techniques




Article 10.1.

PROPOSITIONS ET RECOMMANDATIONS CONCERNANT LES PÉRIODIQUES SCIENTIFIQUES ET TECHNIQUES

Nous ne prenons pas ici en considération les propositions ou les recommandations concernant les ouvrages, les livres, les manuels scientifiques et techniques. Les lecteurs intéresses par ce sujet pourront consulter les travaux de l'AUPELF et du B.N.I.S.T. dont il a déjà été question dans le chapitre V de ce document.

Nous proposons cependant aux participants au colloque de passer en revue quelques propositions ou recommandations formulées par diverses personnes ou associations ou par certains organismes, et de loger dans cette grille d'analyse » les suggestions particulières qu'ils jugeraient pertinentes à ce thème de la rencontre. Pour les fins de ce document, nous assimilons les Actes de colloques aux périodiques scientifiques et techniques.

Sous-article 10.1.1.

Recommandations provenant du rapport d'expertise soumis à la Commission parlementaire d'enquête sur la langue française (1981)

« Le cœur d'une politique de restauration de la langue française réside dans les périodiques scientifiques, affirme J.L. Boursin1. »

Il est peu d'activités humaines qui puissent se passer de stimulant. Le principal stimulant de la recherche scientifique est la notoriété, et c'est pourquoi nous avons placé au premier rang de ces recommandations celles qui concernent la qualité scientifique de nos périodiques. C'est seulement lorsque nous aurons des revues de qualité que nous pourrons briser la croyance en la supériorité d'une revue au nom de sa langue.

A. Recommandations concernant la qualité scientifique

  • L'édition d'un guide développant de manière normative les principes de base pour l'organisation d'une revue et le choix, la rédaction et la présentation d'un article.

  • La création d'une cellule d'évaluation permanente des publications scientifiques primaires.

  • La généralisation au sein des organismes publics de recherches et du Conseil supérieur des corps universitaires du système en cours à l'I.N.S.E.R.M. : l'établissement d'une liste de revues par des commissions scientifiques et dans les disciplines de la compétence de chacun des organismes qui puisse servir de référence pour orienter les publications des chercheurs vers des supports de qualité.

  • Le développement des projets de coopération internationale, et en premier lieu européenne.





1 Jean-Louis BOURSIN, « Le français, langue scientifique », Rapport d'expertise remis à la Commission d'enquête sur la langue française, dans : Pascal CLÉMENT, Rapport fait au nom de la Commission d'enquête sur la langue française, Paris, Assemblée nationale, no 2311, 1981, t. II, pp. 288-289. L'auteur résume dans ce rapport les recommandations qu'il avait formulées dans son étude, Le périodique scientifique de langue française, op. cit., pp. 155-159. [retour au texte]




COMMENTAIRES

  • L'édition d'un « guide » développant d'une façon un peu normative, les principes de base pour :

    • l'organisation d'une revue,

    • le choix, la rédaction et la présentation des articles.

    Ceci implique pour les revues :

    • La création, d'un comité de direction pour définir et orienter la politique de la revue à long terme.

    • La création d'un comité de lecture ouvert largement aux scientifiques étrangers, un article devant être agréé par au moins deux référents dont un étranger.

    • La création d'un comité de rédaction permanent.

    • Des recommandations aux auteurs pour la rédaction et la présentation des mémoires.

Certes de tels vade-mecum existent çà et là; mais ils n'ont jamais pu prendre de valeurs normatives faute d'une volonté. C'est dire que cette recommandation est étroitement liée à la mise en place du HCIS2.

  • La création d'une cellule d'évaluation permanente des publications scientifiques primaires. Cette cellule rattachée au HCIS réunirait quelques experts scientifiques de grande compétence tant sur le plan scientifique qu'éditorial. Elle évaluerait les résultats de la politique conduite en matière de publications dans les différents secteurs scientifiques. Elle s'efforcerait notamment :

    • de juger du niveau qualitatif du contenu des revues, en déterminant le niveau d'audience de ces revues, à partir de critères objectifs. Les niveaux à identifier sont de trois sortes international, national ou local. Les critères objectifs de mesure du niveau d'audience sont de diverses natures :

      • fréquence des citations d'articles,
      • nombre d'abonnements à l'étranger,
      • nombre d'articles étrangers publiés dans la revue,
      • nombre de tirés à part;

    • d'examiner la qualité des revues quant à leur organisation et leur fonctionnement au niveau des structures précédemment définies dans le guide proposé ci-dessus, notamment en ce qui concerne leur profil international ou national, la régularité de parution les délais de publication des textes, etc.

    • de s'assurer de la politique rédactionnelle notamment au niveau des comités d'experts figurant dans les revues qui auraient reçu ou qui seraient susceptibles de recevoir une aide publique.

  • La généralisation au sein des organismes publics de recherches et du Comité Consultatif des Universités du système en coursa l'INSERM : Établissement par les commissions scientifiques d'une liste de revues, qui puisse servir de référence, dans les disciplines de la compétence de l'organisme considéré afin d'orienter les publications des chercheurs vers des supports dont la qualité et l'audience sont objectivement reconnues.

  • Le Développement des projets de coopération internationale, et en premier lieu européens; ils s'inscrivent dans cet effort pour la qualité scientifique. Pour de simples raisons de démographie, il existe de nombreux secteurs où la recherche française à elle seule est incapable d'alimenter une revue de niveau international.





2 Haut Comité de l'information scientifique; la création d'un tel organisme avait été recommandée en 1978. La MIDIST joue le rôle prévu par le H.C.I.S. [retour au texte]




Une première étape consiste en l'élargissement des comités de rédaction et de lecture, l'introduction de personnalités étrangères au sein de ces comités et parmi les référents. Beaucoup de revues de niveau national (au moins pour les sciences exactes, car les sciences humaines et sociales sont en retard sur ce plan) pratiquent cette ouverture, évitant ainsi le danger mortel de la consanguinité des écoles fermées sur elles-mêmes, et dont les travaux ne sont cités qu'à l'intérieur du groupe. À ce niveau, on peut dire aujourd'hui que la présence de personnalités étrangères au sein des comités est une condition minimale pour qu'une revue soit aidée.

Des tentatives plus complètes d'européanisation ont vu le jour récemment. Une telle orientation est également bénéfique en ce qu'elle favorise une vie scientifique plus intense et le développement des échanges et des confrontations sur le plan européen, pouvant amorcer la création de sociétés savantes ou scientifiques européennes.

Le C.N.R.S. avait, il y a quelques années, répondu à quelques initiatives en ce domaine. À ce titre, et d'un point de vue scientifique, le regroupement de cinq revues nationales au sein d'une revue européenne « Astronomie et astrophysique » est généralement considéré comme une action bénéfique.

La Fondation européenne de la Science a les mêmes préoccupations.

Cependant, cette orientation n'est pas sans soulever des difficultés :

  • les pourparlers sont toujours longs et difficiles; beaucoup en fait, n'ont pas abouti,

  • la structure de l'édition française étant, il y a quelques années surtout, assez différente de celle d'autres pays européens, il y avait, et il y a sans doute encore, le risque que de telles revues européennes nées de la fusion de revues nationales n'échappent en fin de compte aux éditeurs français,

  • en toute hypothèse, il convient d'abord d'assainir les problèmes internes et d'opérer si possible des reclassements entre les revues françaises, afin de mieux se placer ensuite sur le plan européen.

Le mouvement en faveur des revues européennes semble devoir s'amplifier dans l'avenir. Mais nous devons sans doute aller à pas prudents, en faisant avancer les choses sur notre propre terrain, en liaison étroite avec les éditeurs français.

B. Recommandations concernant la langue

  • Dans les revues de niveau local ou national, seul l'emploi du français doit être toléré.

  • Dans les revues françaises de niveau international, une certaine proportion d'articles écrits en langues étrangères (dans la langue de l'auteur) est admissible, le résume en anglais doit être systématique.

  • Dans les revues internationales où le français est admis, son emploi par nos chercheurs doit être exigé.

  • Dans les revues étrangères ou le français n'est pas admis, la publication des manuscrits de nos auteurs se fait dans la langue exigée par la revue, mais elle s'accompagne d'une publication en français, sous une forme éventuellement ramassée, de l'essentiel des résultats.

  • L'aide à la traduction en français de revues de haut niveau publiées dans des langues non comprises de nos chercheurs.

  • L'expérience sur deux revues françaises de niveau international d'une publication simultanée des articles en deux langues soit en un même fascicule, soit en deux éditions séparées.

COMMENTAIRES

  • Dans les revues de niveau local ou national, seul l'emploi du français doit être toléré. L'anglomanie à ces niveaux relève du snobisme et n'a nul besoin d'être encouragée par les deniers publics. Signalons que le Gouvernement américain lui-même interdit de reverser aux revues privées ou étrangères les fonds d'origine fédérale.

  • Dans les revues françaises de niveau international, une position plus souple peut être adoptée :

    1. Une certaine proportion d'articles écrits en langues étrangères (dans la langue de l'auteur) est admissible; ils sont alors accompagnés de traductions on de résumés soit dans le corps même de la revue, soit en fascicules séparés.

    2. Le résumé en anglais doit être systématique; il est de nature à favoriser le classement et l'indexation par des bibliothécaires du monde entier, de même que la décision de consultation par les chercheurs. Il suppose une langue parfaite que peu de chercheurs français possèdent, et entraîne donc des coûts supplémentaires qui doivent être pris en charge par la collectivité nationale. La Société française de physique a déposé des demandes d'aide en ce sens et cette recommandation peut donc recevoir immédiatement un début d'application.

  • Dans les revues internationales où le français est admis (avec résume en anglais), il doit être exigé que les chercheurs français publient en français, aucun chiffre sérieux n'ayant pu être avancé sur une éventuelle perte d'audience.

  • Dans les revues étrangères où le français n est pas admis, nos chercheurs conservent évidemment le droit (le devoir?) de publier leurs manuscrits dans la langue exigée; par ces revues. Il est alors vivement recommandé qu'ils publient en français, sous une forme éventuellement « ramassée », l'essentiel de leurs résultats en précisant qu'il existe un important complément, en anglais par exemple :

    • quels pourront fournir a la demande (multigraphie),

    • qu'ils feront imprimer dans un périodique français multilingue ou étranger.

  • L'aide à la traduction en français de revues de haut niveau. Le problème des traductions doit recevoir une attention particulière. En Europe, l'OCDE a créé à Delft l'ETC (European Translation Center) qui concentre les traductions dans les langues européennes de publications faites en russe, chinois, japonais... Un effort analogue dans un domaine plus spécialisé est effectué par l'Euratom. Les Américains eux-mêmes traduisent systématiquement les revues de haut niveau : cela a commencé en 1949 avec le Zhurnal Obshchei Khimii (Journal de Chimie Générale d'U.R.S.S.) et concernait vingt ans plus tard près de 200 périodiques. Aux traductions systématiques de journaux s'ajoutent des traductions sélectives : toutes ces entreprises parviennent à s'équilibrer financièrement après une aide de démarrage. [...]

    Cela signifie clairement que, lorsqu'on estime qu'une revue contient des résultats intéressants, on n'hésite pas à la traduire aux frais de l'utilisateur. À contrario, cela rend un peu dérisoires les efforts de traduction aux frais de l'émetteur, au moins en direction de la langue anglaise. Beaucoup plus rentables pour la recherche française apparaîtraient les traductions rapides en français des revues de haut niveau publiées dans des langues non comprises de nos chercheurs.

  • L'expérience sur deux revues françaises de niveau international, d'une publication simultanée des articles en deux langues :

    • soit en un même fascicule.

    • soit en deux éditions séparées (à l'exemple de la revue allemande Angewandte Chemie).

C. Recommandations concernant la production

  • La mise en place de moyens permettant de sensibiliser les auteurs à certains aspects, souvent négligés, de la communication scientifique.

  • L'établissement d'un « code des usages » : recommandations typographiques spécifiques aux revues primaires.

  • La rédaction d'un document de référence informatif à l'usage des rédacteurs en chef.

  • L'institution de stages d'apprentissage des techniques de l'édition et de la communication destinés aux rédacteurs.

  • La création dans chaque revue de secrétariats de rédaction.

  • Une attention constante au développement des techniques de composition et l'encouragement des expériences nouvelles en ce domaine.

  • L'emploi par les auteurs de caractères O.C.R. lisibles par un lecteur optique.

  • L'homogénéisation des taux de la T.V.A. sur les publications primaires, indépendamment des supports.

  • L'aide au lancement de revues de synopsis.

  • La participation a l'effort international de recherche technologique concernant la redéfinition des moyens de communication primaire.

D. Recommandations concernant la diffusion

  • La création d'outils d'information.

  • L'amélioration de la diffusion de l'information.

  • La création d'un fichier central d'adresses.

  • La création d'un réseau de présentation et de vente des revues françaises primaires : les points S.

  • La création de coopératives de diffusion.

  • Le renforcement du rôle des bibliothèques par l'augmentation urgente de leurs crédits.

  • La réduction des coûts de transport aérien.

COMMENTAIRES

Les commentaires de l'auteur du Rapport d'expertise remis à la Commission d'enquête sont, sur ces deux derniers sujets, trop élaborés et parfois trop techniques pour qu'il soit possible de les reproduire ici sans rompre l'économie générale de notre document. Aussi renvoyons-nous les lecteurs intéressés à l'ouvrage de J.L. Boursin. Le périodique scientifique de langue française, op. cit., pp. 160-172.

Sous-article 10.1.2.

Propositions de la Commission parlementaire d'enquête sur la langue française (section « La langue française dans les revues scientifiques et les Actes de colloques »)3

Restaurer et développer le rayonnement du français dans la pensée scientifique nationale et internationale est pour votre Commission un impératif absolu. L'ampleur de l'invasion anglophone est telle que de simples exhortations ne suffisent plus; mais en même temps il faut bien se rendre compte qu'une coercition pure et simple créerait dans le monde scientifique une réaction de rejet qui irait à l'encontre du but recherché.

C'est pourquoi les mesures que votre Rapporteur vous propose sont inspirées parle souci de faire appel à la responsabilité des scientifiques, en leur offrant les moyens actuellement manquants d'une expression de qualité dans notre langue et en ôtant aux récalcitrants éventuels, par cette action résolue, le prétexte de l'insuffisance des instruments de communication. On rendra plus crédible le recours à des sanctions qui sont, à terme, inévitables, si la démarche suivie fait apparaître une liaison étroite entre le développement des moyens et l'aggravation du dispositif sanctionnateur.





3 Nous citons ici presque in extenso, les propositions du Rapporteur de la Commission parlementaire d'enquête sur la langue française, Pascal CLÉMENT, op. cit., t. I, pp. 111-114. [retour au texte]




[...]

Les recommandations« linguistiques » sont ici secondes, elles n'ont aucun sens si les mesures indispensables ne sont pas prises pour assurer une meilleure qualité aux publications françaises.

Sur ce point, votre Commission ne peut qu'appuyer les efforts de la M.I.D.I.S.T. qui a défini quatre impératifs de qualité :

  • existence d'un secrétariat permanent de rédaction;

  • existence d'un comité de direction à compétence d'orientation;

  • ouverture du Comité de lecture à des spécialistes étrangers (qui ne devraient pas être dans la mesure du possible exclusivement américains);

  • publication d'articles publiés par des étrangers écrivant dans leur langue ou traduits.

L'obéissance à ces quatre règles devrait comporter pour les revues des avantages positifs tels que l'octroi de subventions liées à un plan de publication ou une aide à la diffusion extérieure et à la prospection d'abonnements étrangers.

Naturellement, les revues dont la qualité serait ainsi reconnue devraient respecter, en outre, des prescriptions linguistiques assurant au français la place qui lui revient.

La traduction linguistique de ces orientations peut donner lieu à débat. L'idéal serait de réaliser pour les revues scientifiques ce qu'accomplissent des revues internationales de théologie comme Concilium ou Communio qui sont publiées simultanément en plusieurs langues grâce à un réseau international de traducteurs. Les contraintes économiques risquent de rendre ce système inopérant pour des revues scientifiques à plus faible marché. Par ailleurs, le bilinguisme tel qu'il est actuellement pratiqué — admission dans la même édition de deux langues — ne peut, étant donné le rapport des forces en faveur de l'anglais, que conduire à un effacement progressif de notre langue, au-delà de concessions symboliques.

C'est pourquoi il pourrait être envisagé d'encourager l'édition en plusieurs langues des revues françaises de niveau international.

[...]

Une part de l'attraction exercée par les États-Unis sur la recherche scientifique en France provient de ce que les scientifiques français ont l'impression de trouver ainsi les meilleures ouvertures sur le monde.

Il est nécessaire de répondre à cette aspiration en France de deux manières :

  • par le développement de la traduction dans les deux sens de la documentation scientifique et une politique des échanges scientifiques internationaux;

  • par l'accueil, en France, de chercheurs étrangers pour lesquels il conviendrait de trouver des modalités convenables d'invitation et d'insertion dans les structures universitaires.

L'application de ces directives devrait être confiée à une instance indépendante soit un organisme nouveau, soit la M.I.D.I.S.T. Le C.N.R.S. ne peut pas être retenu, les responsables des publications scientifiques françaises composant en nombre des instances dirigeantes et risquant d'être ainsi juges et parties.

Sous-article 10.1.3.

Recommandations provenant de l'Académie nationale de médecine

Dans un premier rapport4, la commission no XIII de l'Académie nationale de médecine a adopté des recommandations destinées à « porter remède » aux tendances actuelles. Dans un second rapport5, elle a abordé le problème de la langue des communications lors des congrès scientifiques. Dans un troisième rapport6, elle s'est penchée sur le français dans la presse écrite médicale et biologique. Nous reproduisons ici les solutions préconisées par cet organisme et les recommandations qu'il formule :

Transmettre nos travaux à l'étranger est une nécessité; mais celle-ci n'implique pas obligatoirement que les Français utilisent une autre langue dans les revues françaises.

  • Les conditions pouvant permettre d'obtenir la reconnaissance par les organismes français de recherche d'un plus grand nombre de revues médicales, pharmaceutiques et biologiques de langue française tiennent d'abord à la qualité des travaux présentés, tant dans le fond que dans la forme. Elle dépend essentiellement de la précision de l'exposé des résultats et de la valeur des commentaires qu'ils appellent et auxquels la langue française permet de donner une empreinte spécifique liée à la richesse des termes et à l'expression des nuances. Un enseignement de la rédaction médicale et de la recherche documentaire ne pourrait être que bénéfique.

    Le souci permanent d'améliorer la qualité éditoriale et la sélection rigoureuse des articles sont essentiels. Tout article ne doit être admis pour publication qu'après avis d'une et parfois plusieurs personnalités compétente françaises ou étrangères : le rôle des comités de lecture reste primordial.

  • Pour faciliter la diffusion des travaux a l'étranger, il convent que dis résumés substantiels (400 mots environ pour les articles originaux, 150 mots pour les faits isolés) accompagnent les articles pour être traduits en tangues étrangères. Leur rédaction doit indiquer clairement le but de l'article, la méthodologie servie, les principaux résultats, en particulier numériques, et les conclusions. Destinés à être traduits, ils ne devront comporter aucune abréviation qui ne serait pas explicitée.

  • À titre de réciprocité, il conviendrait de réclamer sans se lasser qu'un résumé en français figure dans les revues étrangères. Malgré les difficultés facilement imaginables que cela peut soulever, un effort doit être entrepris par les rédacteurs et les éditeurs de nos revues auprès de leurs homologues étrangers.

    L'indexation des sommaires des revues françaises dans les répertoires tels que les « Current Contents » parait indispensable. Elle sera d'autant plus facilement obtenue que la qualité des résumés en langues étrangères en rendra la lecture plus aisément accessible. Il faut demander que ces résumés soient largement accueillis dans ces répertoires.

  • Il est inadmissible que des auteurs français publient en anglais ou en toute autre langue étrangère dans une revue française. La publication en français doit être exigée notamment pour les revues auxquelles les organismes officiels de recherche accordent des subventions.

    Lorsqu'un auteur français publie dans une autre langue dans une revue étrangère, il serait normal que le travail de référence soit publié en français.

  • Lorsqu'une revue scientifique française est amenée à publier en langue étrangère des articles retenus pour leur importance et émanant d'auteurs dont la langue maternelle n’est pas le français, ces articles devront comporter un résumé très complet en français répondant aux normes indiquées ci-dessus.

  • Trop souvent, les auteurs français réservent une place privilégiée voire exclusive dans la bibliographie de leurs travaux aux références anglo-saxonnes. Cette tendance doit être stigmatisée et les comités de rédaction des revues françaises doivent veiller à ce que des travaux français ou étrangers de valeur ne soient pas injustement écartés.

    Il est essentiel à cet égard, de s'assurer que les travaux français occupent la place qu'ils méritent dans les fichiers bibliographiques français et étrangers.

    Certains organismes de recherches doivent cesser de privilégier des publications en langues étrangères, lors de l'évaluation des titres des chercheurs français.

    La solidarité des auteurs des sociétés savantes et des éditeurs français doit se manifester dans l'effort de défense de la recherche d'expression française.

  • Le rôle des pouvoirs publics, par l'intermédiaire de l'Office de promotion du livre français à l'étranger, et primordial pour l'aide à l'envoi des revues et des livres français dans les universités étrangères ainsi qu'à leur présentation dans les Congrès se tenant à l'étranger.

* * *




4 Hugues GOUNELLE de PONTANEL et Jean-Louis PARROT, « Défense de la langue française au nom da la Commission no XIII élargie, Bulletin de l'Académie nationale de médecine, vol. 163, no 6, 1979, pp. 631-635. [retour au texte]

5 Hugues GOUNELLE de PONTANEL, Jean-Louis PARROT et René KÜSS, « Sur l'emploi du français dans les échanges scientifiques internationaux (rapport limité à l'expression orale) », Bulletin de l'Académie nationale de médecine, vol. 164, no 4, 1980, pp. 396-404. [retour au texte]

6 Hugues GOUNELLE de POTANEL et Jean DI MATTEO, « Sur l'emploi du français dans la presse écrite médicale et biologique, Bulletin de l'Académie de médecine, vol. 165, no 1, 1981, pp. 117-120. C'est nous qui soulignons. [retour au texte]




Pour mieux saisir l'ampleur des problèmes qui se posent, il faut rappeler que les organismes français qui ont leur mot à dire sur « le français, langue de la science » sont nombreux en France et que la concertation entre eux représente déjà, aux yeux de plusieurs, un défi à relever :

    AUPRÈS DU PREMIER MINISTRE

  • Le Haut Comité de la langue française;

  • La Mission interministérielle de l'information scientifique et technique (secrétariat d'État à la Recherche).

    DANS D'AUTRES MINISTÈRES

  • La Direction du Livre (Affaires culturelles);

  • La Direction générale des relations culturelles (Affaires étrangères);

  • La Direction générale des relations culturelles (Coopération);

  • La Direction de l'information scientifique et technique (Universités);

  • Le service des bibliothèques (Universités);

  • La délégation aux Relations universitaires internationales (Universités).

    SOUS FORME D'ÉTABLISSEMENTS PUBLICS

  • Le Centre national des lettres (Affaires culturelles);

  • Le C.N.R.S., l'INRA, l'INSERM.

« Disons simplement qu'à notre avis, conclut Jean-Louis Boursin, la renonciation n'est pas inévitable. Il est possible, il est souhaitable de réveiller non seulement les administrations, mais l'opinion publique et la conscience des scientifiques eux-mêmes. Car, en ce domaine, on ne fera rien sans eux, et encore moins contre eux.

«[...] Aux actions administratives, aux actions incitatives des pouvoirs publics devra s'ajouter un effort permanent d'information à l'intention des différentes communautés scientifiques : sociétés savantes, universités et centres de recherche, instances d'évaluation et de jugement. La place idéale de la recherche française dans le monde est celle que lui assignent sa valeur et le niveau de nos chercheurs. Il serait vain d'espérer lui donner un rang immérité au nom d'on ne sait quel nationalisme mal placé. Inversement le rôle de l'État est d'enlever tout, les obstacles qui l'empêcheraient d'occuper cette place7. »

Sous-article 10.1.4.

Recommandations provenant du mémoire soumis par Arnold J. Drapeau lors de la consultation sur le Livre vert : la politique québécoise de la recherche scientifique

Comme on l'a déjà souligna plus haut, le Livre vert et le Livre blanc sur la politique québécoise de la recherche scientifique et technique sont deux documents majeurs qui, d'une part, soulèvent les problèmes généraux et spécifiques à résoudre dans ce domaine et, d'autre part, préconisent des moyens à prendre pour atteindre les objectifs fixés.





7 Jean-Louis BOURSIN, « Le français, langue scientifique », dans : Pascal Clément, op. cit., t. II, p. 292. C'est nous qui soulignons. [retour au texte]




Évidemment, le problème de l'I.S.T. est posé dans le Livre vert et la consultation dont il a été l'objet a permis à plusieurs organismes ou associations de faire connaître leur point de vue sur le sujet. Dans un document du CRIQ, Marcel Risi écrit, pour sa part :

« Même si l'agent d'information québécois est choyé parle vaste choix qui lui est, « disponible au bout des doigts », il éprouve un profond sentiment de dépendance, car aucun outil utilisable et disponible n'est vraiment québécois ni dans sa structure ni dans son contenu : le réseau documentaire québécois n'existe pas. La situation de l'information scientifique et technique est dramatique au Québec non pas d'abord à cause de la triple dépendance envers les réseaux indiqués (américains, canadiens et français) mais parce que rien n'incite à un développement québécois, au point que les timides initiatives déjà prises ont dû passer péniblement par des réseaux étrangers pour être mises en marché. [...]

« Cette carence quasi totale de structure entraîne l'utilisation des réseaux américains pour diffuser au Québec les banques québécoises à contenu québécoise!8... »

Quant au problème spécifique de la diffusion de l'I.S.T. — produite par les chercheurs québécois francophones — dans les périodiques scientifiques, il est également abordé par quelques mémoires, non pas cependant sous l'aspect des qualités ou des carences des revues scientifiques et techniques québécoises mais sous celui de l'utilisation croissante de l'anglais par les chercheurs québécois francophones pour la diffusion, à l'étranger, des résultats de leurs travaux de recherche.

Exposant la problématique du Livre vert en cette matière, les auteurs écrivent :

« Il faudrait d'abord que les scientifiques de langue française soient eux-mêmes convaincus de la place à donner à l'I.S.T. en français. Trop d'entre eux publient presque exclusivement en anglais et dans des périodiques anglophones. Ils jouissent évidemment ainsi d'une audience plus vaste, sans avoir à subir les retards dus aux délais de traduction; mais ils empêchent aussi par là des périodiques francophones de se développer. Cercle vicieux bien typique : on publie ailleurs parce qu'on juge que les périodiques francophones ont moins de lecteurs, et c'est en partie parce qu'on publie ailleurs que les périodiques francophones ont moins de lecteurs! Il faudrait sans doute recourir ici à des incitations qui encourageraient les chercheurs à publier en français — tout en rappelant qu'il n'est pas question de bouder les réseaux de langue anglaise. On pourrait aussi soutenir les entreprises de traduction et les efforts pour affermir un vocabulaire technique de langue française9. »

C'est dans ce contexte particulier qu'il faut replacer les recommandations formulées par Arnold J. Drapeau10. Nous citons ici in extenso les mesures préconisées par l'auteur, en les regroupant selon les titres des articles de ce chapitre.





8 Marcel RISI, Le CRIQ et la documentation en langue française, op. cit., pp. 14-15. [retour au texte]

9 Le Ministre d'État au Développement culturel, Pour une politique québécoise de la recherche scientifique, op. cit.p. 199. C'est nous qui soulignons. [retour au texte]

10 Arnold J DRAPEAU, « Publions en français, langue scientifique internationale », Eau du Québec, vol. 12, no 4, novembre 1979, pp. 313-322. C'est nous qui soulignons. [retour au texte]




Afin de soutenir et d'encourager l'accroissement de la diffusion de l'information scientifique et technique en langue française, je recommande les mesures suivantes au niveau de :

L'administration politique nationale

  • Qu'une enquête globale soit effectuée sur la situation du périodique scientifique et technique au Québec incluant les revues d'universités, de centres et d'instituts de recherche de même que celles des associations professionnelles ou sociétés savantes;

  • qu'un Secrétariat national du périodique scientifique et technique de langue française soit créé au sein du Gouvernement du Québec afin d'en promouvoir le soutien, la qualité et la diffusion. C'est le seul organisme nouveau qui est proposé au niveau gouvernemental dans ces recommandations;

  • que le ministère de l'Éducation du Québec n'accorde plus dans ses subventions une préférence particulière aux revues d'universités tout en excluant de façon intégrale les revues d'associations professionnelles tel que cela apparaît dans le « Programme de subventions d'aide aux revues scientifiques » de la Direction générale de l'enseignement supérieur;

  • que le ministère de l'Éducation du Québec prépare un règlement ou une directive afin que les subventions accordées dans « Le programme de formation de chercheurs et d'action concertée » le soient dans la mesure où les articles publiés en relation avec un projet de recherche soient en français dans des revues avec un comité de lecture. Cette règle devrait s'appliquer à tous les ministères et organismes gouvernementaux qui accordent des subventions et contrats de recherche aux universités, hôpitaux, centres, cliniques et instituts de recherche;

    que le ministère de l'Éducation du Québec incite ou oblige les bibliothèques qu'il subventionne directement ou indirectement, à accorder une priorité aux acquisitions de revues en langue française sans pour autant ignorer ou négliger les revues en anglais;

    1. que les points suivants soient inscrits à titre prioritaire dans le « Programme de subventions d'aide aux revues scientifiques » de la Direction générale de l'enseignement supérieur : la diffusion à l'étranger, la présence d'un résumé en français et en anglais au début de l'article, l'importance pour les revues d'être répertoriées ou indexées dans les répertoires ou bulletins signalétiques tels que : Chemicals Abstract, Biological Abstract, Engineering Index, Microbiology Abstract, Pollution Abstract, Index Medicus, etc.;

    2. tous les périodiques du Québec devraient être inscrits dans le EBSCO'S Librarians Handbook et l'ULRICH'S International Periodicals Directory or Irregular Serials and Annuals;

  • que le Gouvernement du Québec décide de la création d'un bulletin ou répertoire signalétique mensuel dans lequel seraient mentionnées toutes les nouvelles publications des ministères, commissions régies, sociétés et laboratoires d'État en tenant compte des points suivants : titre, auteur, bref résumé, nombre de pages, année de publication, coût, numéro de commande;

    1. en un deuxième temps pourraient être greffés à ce répertoire tous les mémoires de maîtrise, thèses de doctorat et rapports techniques au fur et à mesure qu'ils seraient terminés dans les universités du Québec avec les mêmes détails que ci-haut;

    2. ce répertoire analytique pourrait éventuellement être placé sous la responsabilité de « l'Institut national de l'information scientifique ».

L'administration politique internationale

  • Que le gouvernement du Québec et celui de la France s'unissent afin que ce dernier pays demande à tous les organismes internationaux qui relèvent de l'ONU qu'ils publient en français tous les futurs documents scientifiques et techniques. Tel n'est pas le cas présentement, même si le français a statut de langue officielle. Les ouvrages sont la plupart du temps publiés en anglais.

L'administration universitaire

  • Que les administrations universitaires accordent plus de points de mérite à un article publié en français qu'à un article écrit en anglais;

  • que le fait d'écrire en français dans les périodiques scientifiques de langue française du Québec ne soit plus considéré comme un handicap pour la promotion d'un professeur tel que cela s'est déjà vu dans le passé;

  • que les services de la recherche des universités incitent, soutiennent et encouragent par diverses mesures les professeurs et chercheurs à publier prioritairement et majoritairement en français;

L'administration des périodiques

  • Que la diffusion à l'étranger, et en particulier aux États-Unis, devienne une priorité;

  • que soit incorporé un résumé en français et en anglais au début de chaque article publié et qu'une table des matières avec les titres en anglais et leurs auteurs apparaissent après la table des matières en français;

  • que des ententes bilatérales de collaboration soient conclues entre, par exemple, un périodique du Québec et un périodique d'une spécialité identique en France, en Belgique, en Suisse ou en un autre pays;

  • qu'une Association des directeurs scientifiques (que l'on désigne souvent sous le nom d'éditeurs techniques) de revues de langue française du Québec soit formée, afin que ceux-ci puissent étudier leurs problèmes, se concerter, s'appuyer, s'entraider et développer des relations avec les directeurs scientifiques en d'autres pays francophones.

Le Livre blanc, pour sa part, propose quelques mesures pour améliorer la situation du français dans l'I.S.T., par le truchement des publications scientifiques et techniques.

« En ce qui concerne l'aide à la publication scientifique en langue française, les propos échangés au cours de la consultation auront permis de mieux saisir la complexité des problèmes que soulève une telle question. Cependant, une fois faites les nuances qui s'imposent concernant la place relativement modeste du français dans le monde scientifique international et la nature des problèmes les plus urgents des chercheurs, il serait inconcevable que le seul État francophone d'Amérique du Nord ne se préoccupe pas de la publication en français de la communauté scientifique nationale. Il y a là une question élémentaire de dignité et de cohérence de l'affirmation culturelle. Il y a aussi là pour une bonne partie de la population un facteur non négligeable d'accessibilité aux travaux de nos scientifiques; et cette accessibilité, notamment dans des domaines ou sur des questions d'intérêt général, peut compter pour beaucoup dans l'approfondissement du dialogue entre les scientifiques et le grand public.

« Conscient du rôle important que jouent les associations en matière de publication scientifique, le gouvernement est résolu à soutenir certaines actions que ces associations et sociétés identifieront comme scientifiquement et socioculturellement les plus rentables. Il faudra, par exemple, s'interroger sur l'opportunité de fonder au Québec une revue scientifique et technique d'intérêt général — une revue du genre de la revue américaine Science — et de participer activement, au sein de la francophonie, à certains efforts de publication en concertation. De son côté, dans l'octroi de certaines subventions et même des contrats publics de recherche, le gouvernement envisage la possibilité d'introduire une clause concernant l'obligation de produire un rapport en langue française; une étude sera entreprise sur la question11. »

Article 10.2.

PROPOSITIONS ET RECOMMANDATIONS CONCERNANT LES COMMUNICATIONS (ORALES) SCIENTIFIQUES ET TECHNIQUES

Le colloque doit, en principe, aborder l'examen du problème des communications scientifiques et techniques. Pour les fins de la discussion, on a assimilé les Actes des congrès scientifiques aux ouvrages ou aux périodiques scientifiques et techniques. Reste le problème des communications orales. Pour faciliter la discussion en cette matière, nous avons recueilli quelques propositions et recommandations que nous reproduisons ici, sans commentaires.

Sous-article 10.2.1.

Propositions provenant du rapport d'expertise de J.L. Boursin à la Commission parlementaire d'enquête sur la langue française

« En ce qui concerne les congrès et colloques, la réglementation peut être renforcée. Dans les congrès tenus en France, les chercheurs français doivent s'exprimer en français. Dans les congrès tenus à l'étranger et où la langue française est admise, les chercheurs français doivent s'exprimer dans leur langue, au moins chaque fois que le déplacement est payé sur fonds publics français. Le contrôle est très simple, il suffit que les agents comptables ne puissent rembourser un déplacement à l'étranger qu'au vu d'une attestation de l'ambassadeur de France indiquant, soit que le français ne fait pas partie des langues du colloque, soit que le bénéficiaire a présenté sa communication en français.

« Pour les colloques tenus en France, cette politique suppose une aide à l'interprétariat, considéré comme coûteux et techniquement difficile. Nous faisons ici une suggestion. Le recrutement massif d'enseignants titulaires dans nos universités au cours de la décennie 1965-1975 fait qu'inévitablement, et malgré les efforts budgétaires sans précédent déployés par le ministre des Universités pour débloquer les carrières, un certain nombre d'entre eux ne deviendront pas professeurs, alors même qu'ils sont en surnombre dans leurs établissements. Pourquoi ne pas créer un corps d'interprètes scientifiques, qui offrirait un débouché à ceux qui accepteraient une formation d'interprète? Ce corps, doté des indices des professeurs de deuxième classe, pourrait contribuer à résoudre simultanément un problème « social » et les problèmes évoqués dans ce rapport12. »





11 Un projet collectif, op. cit.p. 38. C'est nous qui soulignons. [retour au texte]

12 Jean-Louis BOURSIN, « Le Français, langue scientifique », dans Pascal Clément, op. cit., t. II. p. 290. C'est nous qui soulignons. [retour au texte]




Sous-article 10.2.2.

Propositions provenant du rapport de la Commission parlementaire d'enquête de l'Assemblée nationale française sur la langue française

« La première mesure qui s'impose est une mesure d'ordre. Il est tout de même étonnant que les autorités ministérielles n'aient pas connaissance des colloques et autres rencontres qui ont lieu dans le cadre des universités. Une enquête systématique devrait donc être organisée à ce sujet chaque année avec le concours des présidents d'universités.

« Ceux-ci, auxquels la loi d'orientation confère la responsabilité de leur établissement selon un principe d'autonomie, devraient être explicitement chargés de veiller au respect de la législation en vigueur sur l'emploi de la langue française. S'ils s'y refusaient, la loi d'orientation donnerait au Ministre tous les pouvoirs de substitution nécessaires.

« Aucune subvention ne devrait être accordée ni par les ministères, ni par le C.N.R.S., ni par l'université d'accueil aux organisateurs d'un colloque tenu entièrement ou principalement en anglais sans traduction simultanée.

« Pour tout colloque international, un système de traduction simultanée serait obligatoirement prévu. Les crédits correspondants devraient être individualisés dès la présentation par les organisateurs du projet du budget du colloque.

« Des aides devraient être accordées aux universités pour l'équipement de leurs locaux en systèmes de traduction simultanée, soit à demeure, soit en location temporaire.

« Des directives précises devraient être données pour améliorer la formation des interprètes au vocabulaire scientifique, et initier — pour des rencontres de faible importance — des jeunes scientifiques aux techniques de l'interprétariat.

« À ferme, lorsque ces mesures auront reçu une application suffisante, devrait être formellement interdit l'emploi par des chercheurs français d'une autre langue que le français dans leurs communications sous la sanction du retrait total ou partiel de la subvention éventuellement accordée13. »

Sous-article 10.2.3.

Propositions provenant de la XIIIe Commission de l'Académie nationale de médecine14

Dans son premier rapport, la Commission avait exprimé des vœux concernant les colloques :

  • que notre gouvernement s'abstienne d'apporter son aide aux réunions et publications excluant la langue française;

  • que le programme de réunions organisées en France sous le patronage d'autorités nationales, soit en tout état de cause rédigé en français;

  • qu'une obligation soit édictée pour les enseignants et chercheurs du secteur public, de s'exprimer en français en France et dans les pays francophones, et aussi dans les pays non francophones chaque fois qu'il existe une traduction simultanée.





13 Pascal CLÉMENT, op. cit., t. I., pp. 111-112. C'est nous qui soulignons. [retour au texte]

14 Voir les notes 4, 5 et 6 de ce chapitre. [retour au texte]




Dans son troisième rapport, la Commission revient sur le sujet, précise ses orientations et formule des recommandations.

L'Académie, en raison de mauvaises habitudes déjà prises, n'ignore pas les difficultés du problème. Elle estime cependant de son devoir d'inviter les Membres de la Communauté scientifique à fournir l'effort sans lequel bientôt la langue française ne sera plus à même d'exprimer les données actuelles de la science.

L'emploi du français dans la communication scientifique orale ne saurait d'autre part faire l'objet d'une obligation en dehors des pays francophones si n'était assurée simultanément la généralisation de la traduction et de l'interprétation. Ces auxiliaires de la communication, réputés contraignants, deviendront d'autant plus maniables et efficaces qu'ils seront mieux connus et davantage utilisés. C'est pourquoi l'Académie présente les recommandations suivantes :

A. Recommandations générales

L'interprète n'est certes pas un spécialiste des questions traitées, sa qualification lui permet cependant d'assurer la transmission d'un message hautement spécialisé aux conditions suivantes :

  • Avoir connaissance à l'avance du texte de la communication. (En pratique, les interprètes de conférence travaillant en équipes, il faudra remettre au moins deux exemplaires de la communication au service d'interprétation.)

  • Avoir dans la mesure du possible un contact direct avec l'orateur avant la conférence de façon à résoudre d'éventuelles difficultés de compréhension.

  • Pouvoir suivre le débit de l'orateur, à cette fin :

    • parler lentement,
    • articuler très distinctement,
    • procéder par phrases courtes et employer un style clair,
    • s'écarter le moins possible de son texte.

    L'expérience démontre que, lorsque ces règles sont rigoureusement appliquées, les interprètes donnent leur juste sens au message, et de plus, que nombre d'auditeurs peuvent se passer de traduction alors même qu'ils ne se savaient pas capables de suivre un exposé en français.

B. Congrès en pays francophones

  • S'il existe une traduction simultanée, il n'y a aucune raison de ne pas parler français.

  • En l'absence de traduction simultanée on facilitera la compréhension du texte français par la diffusion de traductions ou de résumés substantiels et par la projection de diapositives libellées dans les langues de travail.

    Pour la discussion on emploiera de préférence le français avec éventuellement traduction consécutive dans une autre langue, effectuée par l'orateur lui-même ou par un collègue.

    On pourra également, par courtoisie, employer la langue de l'interlocuteur et traduire ensuite en français.

C. Congrès en pays non francophones

  • Les participants français devront toujours demander :

    • que le français soit l'une des langues officielles de travail;

    • que soit prévue une interprétation simultanée ou consécutive.

  • Lorsqu'il existe une traduction simultanée, on utilisera le français.

  • En l'absence de traduction simultanée, on utilisera, soit le français, soit la langue du pays-hôte en s'aidant de diapositives. La discussion sera menée en français ou dans la langue du pays-hôte (langue de grande diffusion) avec traduction consécutive par l'orateur lui-même ou par un collègue... Contrairement à l'opinion de certains, la traduction consécutive n'entraîne pas une perte de temps. Elle donne au contraire le temps de la réflexion et évite bien souvent des malentendus générateurs de discussions inutiles.

D. Réunions des organismes internationaux

Conseil de l'Europe, O.M.S., FAO. UNESCO. C.E.E., etc.

Le français étant officiellement reconnu comme langue de travail de ces organismes, on devra toujours exiger une traduction simultanée ou consécutive aux exposés, ainsi que l'ont formellement édicté les pouvoirs publics.

E. Recommandations aux pouvoirs publics

L'emploi du français dans la communication scientifique orale doit pouvoir bénéficier de facilités de traduction et d'un allégement de son coût.

  • Il est en conséquence nécessaire que des crédits réservés à la traduction et à l'interprétation soient attribués aux organismes de recherche (INSERM, CNRS, INRA, etc.) et que soient constituées des équipes de traducteurs auxquelles pourront avoir recours les auteurs français.

  • Il pourrait être utile de prévoir, dans le cadre du service national, l'affectation à ces organismes de recherche d'étudiants linguistes. Cette mesure, peu coûteuse, servirait aussi bien les intéressés que les chercheurs.

  • La création d'un fonds d'intervention destiné à subventionner la traduction simultanée dans les congrès internationaux qui se tiennent sur le territoire français paraît être une mesure indispensable et rentable. Elle invitera en effet les organisateurs de congrès à l'étranger à prévoir également une traduction simultanée et contribuera ainsi vigoureusement au maintien du rôle du français comme langue scientifique internationale.

Sous-article 10.2.4.

Propositions provenant du mémoire d'Arnold J. Drapeau soumis lors de la consultation sur le Livre vert : la politique québécoise de la recherche scientifiques15

  • Que toutes les conférences prononcées à des congrès scientifiques au Québec, au Canada et à l'étranger le soient en français lorsque celui-ci est reconnu comme une des langues officielles du congrès. Que le gouvernement du Québec intervienne auprès des organismes qu'il subventionne directement ou indirectement afin que cette mesure entre en vigueur dès que possible.

  • Lorsque le congrès ou l'association qui le soutient ne reconnaît pas le français comme une des langues officielles, les scientifiques francophones de divers pays devraient s'unir avec l'encouragement et le soutien gouvernemental afin d'effectuer les démarches et les pressions nécessaires pour que la langue française soit reconnue officiellement.

Article 10.3.

PROPOSITIONS ET RECOMMANDATIONS CONCERNANT LES BANQUES DE DONNÉES

Dans le domaine des banques de données bibliographiques (donnant accès à des références d'articles) la suprématie des systèmes américains est écrasante, affirme J.L. Boursin. Les raisons en sont multiples :

  • tout d'abord, les États-Unis, les premiers à agir en ce domaine, ont occupé le marché et créé des habitudes de consommation. On sait combien est difficile dans ces conditions la reconquête d'un marché. La plupart des systèmes américains sont d'ailleurs autofinancés, après un soutien initial important du Gouvernement fédéral;

  • la qualité des produits américains est généralement meilleure car la couverture du domaine est excellente soit par une sélection appropriée des publications, soit par une exhaustivité complète. De plus, grâce à l'effort important de recherche et de développement du Gouvernement fédéral, ces systèmes sont techniquement sur le plan informatique les plus avancés;

  • l'emploi de l'anglais favorise la diffusion de ces fonds d'information16.

Sous-article 10.3.1.

Propositions provenant du rapport d'expertise à la Commission parlementaire d'enquête sur la langue française

L'auteur du rapport d'expertise approuve les initiatives récentes du gouvernement français et les orientations prises en matière d'I.S.T. informatisée.

Mise en place d'un centre serveur

Devant [la] situation de dépendance totale à la fois au plan technique et linguistique [vis-à-vis des États-Unis] il a été décidé en Conseil des ministres en février 1978 de créer un centre serveur répondant aux attentes des utilisateurs français d'information scientifique et technique.





15 Voir la note 10 de ce chapitre. C'est nous qui soulignons. [retour au texte]

16 Jean-Louis BOURSIN, « Le français, langue scientifique », dans : Pascal Clément, op. cit., II, p. 278. C'est nous qui soulignons. [retour au texte]




Ce centre inauguré le 22 juin&bnsp;1978 offre aujourd'hui accès à plus de vingt banques bibliographiques (soit plus de 6,5 millions de références d'articles) dont 90 % en français, à plus de 500 clients. On peut estimer qu'aujourd'hui ce centre (dont la marque commerciale est Questel) a conquis environ 20 % du marché national qui, il y a dix-huit mois, était entièrement aux mains des serveurs américains.

Développement de banques de données numériques dans les domaines scientifiques, techniques et économiques

Ce secteur est appelé à connaître, au plan mondial, une croissance considérable car ces systèmes ont le double avantage d'une part de fournir une information directement utilisable, d'autre part de permettre à partir des données stockées d'effectuer des traitements sophistiqués transformant ces outils en systèmes puissants d'aide à la conception et la décision.

Mise en place de 50 banques de données numériques ou factuelles

Aussi afin de dynamiser ce secteur, où la France dispose déjà de quelques réalisations de renommée internationale (Thermodata, Pluridata, Ergodata, Gaphyor), le Gouvernement a décidé par une procédure d'appel aux propositions de créer 50 nouvelles banques de données d'ici à cinq ans. Les secteurs considérés comme prioritaires sont l'agriculture, la biologie et l'économie.

Cette procédure commencée en 1979 a permis de sélectionner 20 projets parmi 80 propositions et en 1980 20 nouveaux projets parmi 130 dossiers.

Lancement d'un système d'information industrielle

Afin de permettre aux industriels français d'une part de recevoir l'ensemble des informations nécessaires au maintien de leur compétitivité, d'autre part de faire connaître à l'étranger leurs produits et donc dynamiser leurs exportations, un ensemble de quatre opérations a été lancé en liaison avec la Délégation à l'innovation et à la technologie du ministère de l'Industrie.

  • en matière de propriété industrielle : l'aide apportée à l'I.N.P.I. (Institut national de la propriété industrielle) a permis de rendre accessible sur le centre serveur dès 1980 une base sur les brevets déposés en France depuis 1969. Une base décrivant tous les brevets déposés en France depuis 1958, donc couvrant la période de protection légale de vingt années sera ouverte au public dès 1981;

    [...]
  • en matière de technologies négociables : une société (Transinove) sera créée au début de 1981 afin d'exploiter un système d'information assurant la diffusion systématique des licences et savoir-faire disponibles sur le marché national et au plan européen;

  • en matière de catalogues de produits industriels : une société (S.I.T.E.) a été créée afin de mettre en place et d'exploiter un système d'informations techniques sur les produits industriels. L'année 1980 aura permis de réaliser une maquette sur environ 20 000 produits, de procéder à une étude de marché et d'élaborer un compte d'exploitation prévisionnel.

Création d'une banque de données terminologiques

Afin d'examiner la nécessité de créer une banque de données terminologiques, la M.I.D.I.S.T. a financé une étude qui a permis de tirer les conclusions suivantes :

  • il existe une demande réelle d'outils d'aide à la traduction technique (une société telle que Creusot Loire doit traduire chaque année plus de 40 000 pages pour pouvoir répondre aux appels d'offres internationaux);

  • le besoin se situe au niveau des vocabulaires techniques multilingues automatisés et non au niveau d'une banque globale de terminologie théorique;

  • le développement de ces outils doit être pris en charge par le secteur privé avec une aide initiale des pouvoirs publics car ces systèmes répondent à un marché solvable17.

Sous-article 10.3.2.

Recommandations provenant du mémoire d'Arnold J. Drapeau présenté lors de la consultation sur le Livre vert sur la politique québécoise de la recherche scientifique et sur le Livre blanc portant sur le même sujet18

  • Que toutes les banques de données scientifiques et techniques dans les ministères et organismes du Gouvernement, les universités, les hôpitaux, les instituts, centres et cliniques de recherche soient coordonnées, concentrées et intégrées à un ordinateur placé sous la responsabilité d'un organisme, soit l'Informatech France-Québec qui pourrait prendre le nom de l'Institut national de l'information scientifique et être plus tard rattaché à l'Institut national de la recherche scientifique. À ce dernier pourrait éventuellement être annexé le Secrétariat national du périodique scientifique et technique advenant sa création.

  • Que le gouvernement du Québec effectue les démarches nécessaires auprès de la France afin que toutes les banques de données de ce pays, dans tous les domaines, soient concentrées et intégrées à l'ordinateur de l'Institut national de l'information scientifique et que l'alimentation des données à cet organisme soit continue et permanente.

  • Que le gouvernement du Québec effectue des démarches et conclue des accords similaires avec la Belgique, la Suisse et le Canada.

Dans le Livre blanc sur la politique québécoise de la recherche scientifique, faisant suite aux consultations sur le Livre vert, on adopte, à l'endroit des problèmes de l'I.S.T. au Québec, des positions nuancées selon les divers aspects considérés. On prévoit notamment la création, auprès du Conseil de la politique scientifique, d'une commission de l'I.S.T., qui aurait pour tâche la consolidation et l'amélioration des systèmes existants et l'élaboration d'initiatives nouvelles qui répondraient à des besoins bien identifiés.

Une autre mesure, préconisée dans le « plan d'action », vise plus spécifiquement ce qui fait l'objet de notre propos : les banques de données informatisées.





17 Jean-Louis BOURSIN, « Le français, langue scientifique », dans Pascal Clément, op. cit., II, pp. 278-279. C'est nous qui soulignons. [retour au texte]

18 Voir la note 10 de ce chapitre. [retour au texte]




« On sait, affirme le ministre d'État, que plusieurs milieux et le gouvernement lui-même déplorent que les chercheurs et le public en général ne disposent pas d'un meilleur accès à la documentation québécoise, c'est-à-dire à l'information scientifique et technique produite au Québec ou sur le Québec; ne doit-on pas encore passer par des banques non québécoises et souvent incomplètes pour obtenir des informations concernant des recherches menées au Québec ou sur le Québec? Certes, des efforts sont déjà entrepris pour corriger cette situation; citons, à titre d'exemples, ENVIRODOQ, HISCABEC, certaines banques du Centre de recherche industrielle du Québec (C.R.I.Q.) et le projet du ministère de l'Éducation concernant les recherches québécoises en sciences de l'éducation. Dans le même esprit et en vue d'une action plus globale, le gouvernement est disposé à confiera un organisme existant ou à créer le mandat de colliger et de diffuser l'ensemble ale l'information scientifique et technique québécoise. Un tel organisme, qui pourrait avoir des attaches publiques et privées — donc, être de statut mixte — serait chargé d'assurer l'accès à toute l'information scientifique et technique proprement québécoise, que celle-ci provienne des milieux industriels, universitaires ou gouvernementaux; il devrait aussi s'occuper de la diffusion à l'étranger de l'information scientifique et technique québécoise. Rien n'interdit de penser que cet organisme puisse éventuellement assumer des responsabilités beaucoup plus vastes en matière d'accès à l'information, notamment la constitution et la gestion d'un serveur central québécois. L'objectif immédiat envisagé ici est cependant plus limité et plus modeste et ne concerne que l'information scientifique et technique proprement québécoise19. »

* * *

En somme, dans ce domaine, et du seul point de vue de l'avenir du français dans l'I.S.T., la coopération entre tous les pays industrialisés, entièrement ou partiellement de langue française, est absolument nécessaire, même sans prétendre entrer dans le cycle de la concurrence impossible avec les banques américaines.

Voilà exposées ici quelques-unes des propositions répertoriées lors de la préparation de ce document. Elles peuvent certainement servir d'amorce à une discussion fructueuse sur les mesures concrètes à prendre pour améliorer la situation du français dans la science et la technologie, dans l'I.S.T. et dans les périodiques et les communications scientifiques et techniques.





19 Un projet collectif, op. cit.p. 43. C'est nous qui soulignons. [retour au texte]



Postface





Quel est l'avenir du français dans les périodiques et les communications scientifiques et techniques, dans l'I.S.T., dans la science et la technologie? Quel est l'avenir du français en général pour autant que celui-ci soit lié à celui-là?

Il appartient aux participants au colloque d'en débattre. Pour notre part, nous pensons que la recherche d'une réponse à chacune de ces questions doit partir d'une analyse lucide de la dynamique (interne et externe) du phénomène à l'étude, de son impact (réactions et conséquences) ainsi que des conditions préalables (subjectives et objectives) à remplir et des moyens (généraux et particuliers) à prendre pour freiner et enrayer cette dynamique.

Les réponses des uns et des autres varieront selon les jugements portés quant à la pertinence et au poids des faits et des divers arguments exposés dans ce document. Aussi pensons-nous que les participants au colloque doivent procéder eux-mêmes à cette analyse.

Pour faciliter — autant que faire se peut — cet exercice, nous proposons, au début de ce document de travail, une table des matières — sorte de grille —, qui permettra à chacun, selon ses connaissances et ses expériences, de pondérer l'ensemble et chacun des éléments de la problématique et de la thématique exposés dans les pages précédentes.

* * *

À l'égard de l'avenir du français en général et du français dans la science et la technologie, beaucoup de chercheurs francophones éprouvent sans doute (et éprouveront lors du colloque) un sentiment analogue à celui qu'exprime Bernanos : « Le démon de mon cœur s'appelle : à quoi bon! »

Plus enclins à la lutte, mais sans illusion par ailleurs, d'autres chercheurs adoptent l'attitude de Guillaume le Taciturne : « Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer. »

D'autres enfin, peut-être moins pessimistes mais plus visionnaires, se rangent dans le camp de Malraux qui affirme : « Je crois à la puissance des États-Unis, mais je crois que la puissance est une chose et que l'histoire en est une autre. Carthage était puissante... ». Reste à savoir si la francophonie plus ou moins inféodée à « Carthage » ne sera pas elle-même entraînée dans sa chute...

* * *

Peut-être que l'histoire des hommes et des collectivités, après tout, n'est pas autre chose qu'une longue lutte, plus ou moins lucide et plus ou moins courageuse, pour échapper au destin : « Nous savons maintenant, civilisations, que vous étés mortelles » (Paul Valéry).





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Sigles et abréviations





A.C.C.T.
Agence de coopération culturelle et technique

ACFAS
Association canadienne-française pour l'avancement des sciences

A.F.A.L.
Association francophone d'accueil et de liaison

A.I.E.A.
Association internationale de l'énergie atomique

A.I.P.L.F.
Association internationale des parlementaires de langue française

ANSULF
Association nationale des scientifiques pour l'usage de la langue française

AUPELF
Association des universités partiellement ou entièrement de langue française

BIRD
Banque internationale pour la reconstruction et le développement

B.N.I.S.T.
Bureau national de l'information scientifique et technique

CAN/OLE
Canadien On-Lne Enquiry (ou liaisons informatiques directes)

CAN/SDI
Canadien Sélective Dissemination of Information (ou diffusion sélective de l'information canadienne)

C D.I.U.P.A.
Centre de documentation des industries utilisatrices de produits agricoles

C.D.S.T.
Centre de documentation scientifique et technique

C.E.A.
Commissariat à l'énergie atomique

CERN
Centre européen de recherches nucléaires

C.I.D.S.T.
Comité de l'information et de la documentation scientifique et technique

C.L.F.
Conseil de la langue française

C.N.D.S.T.
Comité national de documentation scientifique et technique

C.N.E.T.
Centre national d'études des télécommunications

C.N.I.C.
Centre national d'information chimique

C.N.R.S.
Centre national de la recherche scientifique

C.N.U.S.T.D.
Conférence des Nations unies pour la science et la technologie au service du développement

C.R.D.I.
Centre de recherche et de développement international

CRIQ
Centre de recherche industrielle du Québec

CROP
Centre de recherche sur l'opinion publique

D.G.R.S.T.
Direction générale à la recherche scientifique et technique

E.D.F.
Électricité de France

E.S.I.T.
École supérieure d'interprétariat et de traduction

E.T.C.
European Translation Center

FAO
Food and Agricultural Organisation

F.C.A.C.
Formation de chercheurs et d'action concertée

F.M.I.
Fonds monétaire international

GATT
General Agreement on Tariffs and Trade

GERDAT
Groupement d'études et de recherches en agronomie tropicale

H.C.I.S.
Haut Comité de l'information scientifique

H.C.L.F.
Haut Comité de la langue française

ICIST
Institut canadien de l'information scientifique et technique

ICSUAB
International Council of Scientific Unions Abstracting Board

I.F.P.
Institut français du pétrole

I.N.P.I.
Institut national de la propriété industrielle

INRA
Institut national de la recherche agronomique

INSERM
Institut national de la santé et de la recherche médicale

IRIA
Institut de recherche en informatique et automatique

I.S.I.
Institute for Scientific Information

I.S.T.
Information scientifique et technique

I.T.F.
Institut textile de France

LISULF
Ligue internationale des scientifiques pour l'usage de la langue française

MIDIST
Mission interministérielle de développement de l'information scientifique et technique

O.C.D.E.
Organisation de coopération et de développement économiques

O.C.R.
Optical Character Reader

O.L.F.
Office de la langue française

O.M.C.I.
Organisation mondiale du commerce international

O.M.S.
Organisation mondiale de la santé

P.M.E.
Petite et moyenne entreprise

P.N.B.
Produit national brut

RIB
Réseau informatique pour les bibliothèques

S.C.I.
Science Citation Index

SIT
Service d'information technique

S.S.C.I.
Social Science Citation Index

T.V.A.
Taxe sur la valeur ajoutée

U.E.L.F.
Union des éditeurs de langue française

U.I.T.
Union des industries textiles

UPU
Union des postes universelles


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