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LES QUÉBÉCOIS ET LEURS MOTS

Les Québécois et leurs mots

ÉTUDE SÉMIOLOGIQUE
ET SOCIOLINGUISTIQUE
DES RÉGIONALISMES
LEXICAUX AU QUÉBEC



Annette Paquot




CONCLUSION GÉNÉRALE

Avant de faire un bref commentaire des principaux résultats de ce travail, rappelons-en certaines caractéristiques qui en déterminent les limites.

La notion de départ, celle de « canadianisme Â» et, de façon plus générale, celles de « français régional Â» et de « régionalisme Â» sont questionnables et questionnées, d'une part par le structuralisme, d'autre part par certaines tendances de la sociolinguistique. Par définition, ce qui fait d'un mot un canadianisme est de nature non fonctionnelle, puisqu'on ne peut l'appréhender et le définir qu'en considérant le système fonctionnel du français de la fin du XXe siècle au Québec non pas en soi, mais par opposition au français de Paris de la même époque, c'est-à-dire par opposition à quelque chose qui lui est extérieur. Cette caractéristique que possèdent certains des mots utilisés au Canada français est donc non pertinente pour le structuraliste. Nous le reconnaissons volontiers, mais pour nous cela ne diminue pas la légitimité d'études centrées sur cette notion et, sur ce point, la rigidité du structuralisme orthodoxe nous semble devoir être dépassée. Par ailleurs, nous montrerons plus loin que ce caractère non fonctionnel ne résiste pas à l'examen lorsque l'on considère non pas la notion de canadianisme en général, mais le rôle concret des canadianismes dans la communication. On a aussi répudié les concepts de « français régional Â» et de « régionalisme Â» tels qu'on les définit habituellement parce qu'ils « découlent de la prédominance d'une norme centrale Â», celle du français standard par rapport à laquelle on définit les particularismes, alors que le relevé de ces particularismes devrait suivre, et non précéder, ou même remplacer, les descriptions de la langue de chaque communauté envisagée en soi et la comparaison des descriptions entre elles1. Nous reconnaissons volontiers la pertinence théorique et méthodologique de cet argument. Malheureusement, sur le plan pratique, nous ne disposons à l'heure actuelle d'aucune description complète du français du Québec qui pourrait servir de base à cette comparaison.




1 Voir J.-Cl. Corbeil, « Le français régional en question Â», art. cit. Ajoutons que le même auteur estime que l'emploi d'expressions comme a niveaux de langue Â» ou « régionalisme Â» constitue une a sorte d'hypocrisie linguistique Â» parce qu'il nie ou minimise la variation linguistique Â» (voir « Ã‰léments d'une théorie de la régulation linguistique Â» dans La norme linguistique, op. cit., p. 298). Il écrit cependant ailleurs que « la méthodologie des ismes Â» ne peut que a déboucher sur la mise en relief des différences Â» (« Le régionalisme lexical: un cas privilégié de variation linguistique Â» dans La lexicographie, op. cit., p. 59). [retour au texte]




Rappelons aussi que les canadianismes sur lesquels nous avons fait porter nos questions ne peuvent pas être considérés comme un échantillon représentatif — au sens statistique du terme — de l'ensemble des canadianismes correspondant à la définition que nous en avons donnée et que chaque question ne porte que sur un très petit nombre de canadianismes de chacune des catégories que nous avons distinguées. Nous ne pouvons donc généraliser nos affirmations, particulièrement celles que nous avons pu faire au sujet des différences de comportement constatées entre les divers types de canadianismes. Cependant, les quelque 150 canadianismes que nous avons sélectionnés pour l'ensemble du questionnaire nous paraissent constituer un éventail plus large que ce qui est utilisé habituellement pour ce genre de recherches.

Nous avons déjà mentionné le fait que nous n'avons pu prendre en considération que les régions de Montréal et de Québec; il faut donc se souvenir qu'on ne peut étendre nos conclusions à l'ensemble du Québec.

Après une brève synthèse de nos observations générales, question par question, nous centrerons le résumé de nos résultats successivement sur les mots et sur les répondants. Nous résumerons ensuite les relations entre les réponses à diverses questions. Nous passerons enfin à un commentaire interprétatif de certains points qui nous paraissent justifier un intérêt particulier.

Lorsqu'on demande aux personnes interrogées comment elles nomment habituellement certains objets usuels, on constate que les canadianismes sont mentionnés un peu plus souvent que leurs synonymes standard mais qu'ils sont tous concurrencés par ces derniers. Cependant, sur le plan individuel, cette coexistence des deux types de mots ne correspond à une possibilité de choix que pour moins de la moitié des sujets. Ceux qui ont cette possibilité exercent leur choix de façon marquée, mais pas toujours dans le même sens et, en moyenne, les canadianismes ne sont préférés que par un peu plus de la moitié des sujets concernés. Le caractère régional des canadianismes n'est relevé également que par environ la moitié des répondants en moyenne. Ils établissent un certain lien entre le style familier et les canadianismes, mais ils s'accordent pour ne pas les réserver exclusivement aux situations qui commandent l'usage de ce style. Sur le plan normatif, enfin, ils témoignent d'une indulgence nettement marquée, mais non généralisée, envers les canadianismes lorsqu'on leur demande de les évaluer. Cette indulgence disparaît quand il est question des usages préférentiels que l'école doit transmettre aux enfants.

Pour chacune des questions étudiées dans ce rapport, nous avons constaté une très grande dispersion des résultats selon les mots en cause. Sur le plan théorique, ce fait doit être mis en relation, nous semble-t-il, avec le caractère en théorie non fonctionnel de la notion de canadianisme, qui définit en conséquence une classe hétérogène d'unités. La dispersion que nous avons constatée n'est qu'un reflet de cette hétérogénéité : les canadianismes n'ont en commun que le fait d'être des canadianismes. Ils n'ont pas de propriétés communes dans l'imaginaire et la compétence des locuteurs comme ils n'en ont probablement pas des points de vue sémantique et phonologique. Sur le plan pratique, nous en concluons que cette singularité devrait être étudiée systématiquement comme le sont les autres aspects des unités lexicales, qui sont le plus souvent singulières également, ce qui d'ailleurs explique et justifie l'existence de la lexicographie.

Nous avons étudié le rôle des variables linguistiques pour deux questions : la reconnaissance des canadianismes et leur évaluation. Les canadianismes de sens sont moins reconnus et moins condamnés que les canadianismes de forme; les canadianismes de formation française sont moins repérés que les emprunts, mais, curieusement, ce sont ces derniers qui sont le moins souvent condamnés. Quant au mode de présentation des textes, il agit toujours dans le même sens : l'audition entraîne une reconnaissance et une condamnation moins fréquentes que la lecture.

Le rapprochement des tableaux de distribution des répondants permet de mettre en évidence une variation importante dans leur comportement d'ensemble selon la question posée2. En effet, en ce qui concerne quatre des questions traitées dans cet ouvrage, l'usage déclaré des canadianismes, la possibilité de choix entre canadianismes et mots standard, la reconnaissance des canadianismes et leur évaluation, on observe — avec un certain décalage vers l'indulgence dans le cas de l'évaluation des canadianismes — des distributions de forme normale dont les modes et les moyennes se situent à peu près au milieu de l'éventail des réponses possibles. Soulignons cependant un cas particulier : la distribution des répondants selon le nombre de canadianismes condamnés définit une courbe beaucoup plus aplatie que les autres; des effectifs plus nombreux que dans les trois autres cas y correspondent aux valeurs extrêmes de l'éventail des possibilités. Néanmoins, dans tous ces cas, nos observations peuvent se résumer de la façon suivante : le nombre des personnes interrogées qui répondent dans tel sens à la question posée dans plus de la moitié de ces cas est à peu près le même que celui de celles qui répondent dans le même sens dans moins de la moitié des cas. En d'autres termes, non seulement les réponses sont partagées, mais la ligne de partage est située de façon telle qu'il n'est pas possible de tirer une conclusion tranchée concernant le comportement de l'ensemble des répondants.

Il n'en va pas de même lorsqu'il s'agit des réponses à la question sur le style qui décrivent, on s'en souvient, ce que les locuteurs disent de leur comportement langagier dans diverses circonstances. Cet aspect de leur imaginaire stylistique nous paraît assez homogène et clairement marqué. Rappelons en effet que plus de la moitié disent ne réserver aucun canadianisme aux situations familières et que plus de 90 % disent n'en réserver que trois ou moins sur douze. Homogènes et tranchées également sont les opinions des répondants en matière de norme prescriptive, puisque près de 90 % d'entre eux souhaitent que l'école ne privilégie qu'au plus deux canadianismes sur six. Ils sont tout aussi unanimes à reconnaître qu'ils emploient des canadianismes en général.




2 Voir tableaux I.3; II.2; III.2; IV.6; V.2 et V.12. [retour au texte]




Nous avons établi également que les variables sociologiques influencent toutes les réponses sauf celles qui portent sur l'emploi des canadianismes selon la situation. Cette absence de lien mérite d'être soulignée et doit être rapprochée de ce que nous venons de dire concernant l'homogénéité de la population en matière d'opinion sur le style des canadianismes. C'est le niveau d'instruction qui a l'action la plus large : il agit sur les réponses à toutes les autres questions. Cette action est régulière et sans surprise : les personnes les plus instruites disent employer le moins de canadianismes, ont le plus de possibilité de choix entre canadianismes et mots standard et distinguent le mieux ces deux types de mots. Leur attitude est également le plus conforme à la norme traditionnelle. Le sexe et le lieu de résidence ont une action beaucoup plus limitée et n'influencent que trois des cinq variables. Cette action s'exerce de façon totalement opposée : dans les deux cas, le lieu de résidence a un rôle déterminant en ce qui concerne la reconnaissance des canadianismes et les deux aspects de l'attitude normative les Montréalais étant à la fois plus compétents sur le plan méta-architectural et plus sévères sur le plan normatif, tandis que le sexe ne joue qu'en ce qui concerne l'emploi déclaré des canadianismes et les possibilités de choix, les femmes faisant état d'un usage plus proche du français standard et d'une plus grande possibilité de choix. Enfin l'âge est déterminant en ce qui concerne l'emploi déclaré des canadianismes, la possibilité de choix entre ces derniers et les mots standard, leur reconnaissance et leur évaluation. Cette action, à la différence de celle du niveau d'instruction, n'est jamais régulière et diffère d'une question à l'autre, ce qui interdit toute synthèse. Soulignons cependant le comportement des personnes les plus âgées de notre échantillon : ce sont elles qui déclarent employer le plus de canadianismes, ont le moins la possibilité de les choisir plutôt qu'un mot standard, les identifient le moins et manifestent le plus d'indulgence lorsqu'il s'agit de les évaluer.

Nous avons mis en relation les uns avec les autres les résultats relatifs à un bon nombre des questions traitées ici. Nous avons étudié en particulier l'incidence, sur les représentations de l'usage des canadianismes, de la possibilité de choix entre ceux-ci et les mots standard, de la reconnaissance de leur caractère régional et des attitudes normatives à leur égard. Ces calculs nous ont permis de constater que la possibilité de choix et la reconnaissance du caractère régional des canadianismes, qui ne sont pas nécessairement lices mais que l'on pourrait considérer comme deux aspects d'un phénomène plus large, la compétence lexicale dans son expression métalinguistique, influencent tous deux l'usage déclaré des sujets et que ces relations vont dans le même sens : plus le choix et la reconnaissance sont élevés, moins l'usage déclaré est marqué de régionalismes. Par ailleurs, une attitude négative envers les canadianismes sur les plans évaluatif et prescriptif correspond également à une moins grande importance de leur présence dans cet usage. Compétence et conformisme vont donc de pair pour affaiblir la position des canadianismes dans les représentations de l'usage. Cette relation est renforcée par le lien statistique que nous avons établi entre la reconnaissance des canadianismes et la tendance à les évaluer négativement et entre cette dernière et le désir de les voir écartés de l'usage prôné par l'école. Rappelons enfin que ni la possibilité de choix ni la reconnaissance des canadianismes n'influencent le style que leur attribuent les locuteurs.

Certains résultats plus particuliers appellent également des commentaires et demandent à être mis en relation les uns avec les autres pour prendre toute leur signification. Dans les lignes qui suivent. nous tenterons une interprétation adoptant successivement les points de vue structuraliste, sémiologique et sociologique.

Nous avons montré que les locuteurs disaient employer pour désigner les objets à propos desquels on les interrogeait davantage de canadianismes que de mots standard. que la présence de ces derniers n'était cependant pas marginale et que les canadianismes ne sont d'un usage exclusif pour aucun des objets à dénommer. Ce dernier point nous paraît important : ces éléments du français standard non seulement font l'objet d'une « connaissance virtuelle Â» au Québec3, mais y sont d'un usage effectif; les réponses à notre question en sont à la fois des attestations et des confirmations métalinguistiques de la part des locuteurs eux-mêmes. Ce que Cl. Poirier a appelé l'« intrication Â» de ces deux types d'unités lexicales est un phénomène bien réel et très général4. Chacun des espaces dénominatifs que nous avons étudiés constitue donc un champ synonymique qui est, pour le sémanticien structuraliste, le lieu d'oppositions fonctionnelles entre les deux termes qui y correspondent, puisque ces termes coexistent tous deux sur le même « marché linguistique Â», pour reprendre la métaphore de P. Bourdieu5. Le trait de contenu, ou sème, qui oppose les désignations régionales et les autres relève de la connotation de ces unités puisqu'il porte sur autre chose que le référent. Ce trait connotatif de « canadianisme Â» est donc constitutif de la valeur, au sens saussurien du terme, des unités qui en sont porteuses. Il ne peut cependant être défini que d'un point de vue qui dépasse le cadre structural pour considérer l'architecture de la langue. On se trouve donc devant la situation, paradoxale, d'une opposition qui s'établit dans le cadre structural d'un système fonctionnel (le français du Canada), mais dont le linguiste ne peut déterminer le contenu que d'un point de vue non pertinent dans la perspective structuraliste, celui de l'architecture des structures qui composent la langue historique qu'est le français. Cet état de choses n'existerait pas si les désignations standard n'avaient pas cours sur le marché linguistique québécois puisque, dans ce cas, il n'y aurait pas d'opposition et le trait « canadianisme Â» ne serait pas pertinent.

Par ailleurs, le fait que la compétence méta architecturale ne soit pas l'apanage du linguiste et puisse être le fait des sujets eux mêmes doit être également intégré dans cette interprétation. Il permet d'échapper au paradoxe que nous venons d'évoquer. Le trait connotatif qui dans le système québécois marque bicycle par opposition à bicyclette et myrtille par opposition à bleuet trouve alors sa définition au niveau structural lui-même. Il relève, nous venons de le voir, de l'architecture de la langue, mais la compétence des locuteurs lui donne une existence fonctionnelle : il est inscrit dans le système réel par — et donc pour — une partie importante de la population. Comme nous l'avons souligné dans une communication récente6 cet aspect de la compétence métalinguistique des locuteurs a des effets non seulement sur la valeur structurale des éléments du système, mais aussi sur leur mise en oeuvre dans les discours, même non métalinguistiques. L'emploi d'un canadianisme par un locuteur québécois dans une conversation tenue au Québec avec un interlocuteur québécois n'a pas la même valeur selon que les interlocuteurs en connaissent ou en ignorent le caractère régional. Cela nous conduit à penser qu'« Ã©tudier le système québécois comme s'il était la seule forme de la langue française Â», c'est-à-dire en ignorant la problématique des régionalismes, risque d'en donner une vision réductrice7, même dans l'optique structuraliste ou fonctionnaliste : les systèmes eux-mêmes n'ignorent pas ce qui leur est extérieur et s'en trouvent modifiés.




3 Voir note 16 du chapitre II. [retour au texte]

4 Cl. Poirier. « L'intrication des mots régionaux et des mots du français général dans le discours québécois Â» dans Langues et linguistique, no 9, 1983, pp. 45-67. [retour au texte]

5 P. Bourdieu op. cit., p. 14. [retour au texte]

6 A. Paquot. « Comportement langagier et compétence métalinguistique : une enquête sur la valeur sémiologique des canadianismes Â», communication présentée au colloque La lexicographie québécoise, op. cit., pp. 103-113. [retour au texte]

7 Voir J.-Cl. Corbeil, « Myrtille ou bleuet. Les Québécois devant la norme Â» dans Le français dans le monde, 169, mai-juin 1982, p. 60. [retour au texte]




Enfin, l'opposition canadianisme/mot standard n'est pas de nature purement théorique : nous avons vu qu'elle est effective aussi au niveau individuel, où elle se concrétise par une possibilité de choix lexical qui n'est pas sans conséquence, puisque les locuteurs qui ont le choix entre les deux types de dénominations exercent en général ce choix en manifestant des préférences marquées ce qu'en outre ils disent employer moins les dénominations régionales que ceux qui n'ont pas ce choix. « Choix Â» signifie « concurrence Â» et, dans la situation que nous avons étudiée, cette concurrence joue en faveur des mots standard.

Envisagées du point de vue sémiologique, la connaissance du caractère régional des canadianismes et la possibilité de choix lexical entre canadianismes et mots standard sont très importantes. En effet, de nombreux sémiologues, tels E. Buyssens, L. Prieto, J. Martinet et G. Mounin, estiment fondamentale la distinction entre indice et signal. Ils définissent l'indice comme un « fait immédiatement perceptible qui nous fait connaître quelque chose à propos d'un autre qui ne l'est pas »8 et le signal comme un fait qui a « Ã©té produit pour servir d'indice »9 et dont l'intention doit être reconnue par ceux auxquels il est destiné. Seuls les signaux répondent donc à une intention de communication. Cette distinction permet d'opposer la sémiologie de la communication, dont l'objet est le décodage de l'étude des signaux, aux sciences d'observation et à la sémiologie de la signification, dont relève l'interprétation des indices. Or il ne peut y avoir intention de communiquer un contenu que s'il est connu du locuteur et que si celui-ci pense qu'il en est de même pour son allocutaire et — mais ceci est discutable — que si le locuteur a le choix entre la possibilité d'exprimer ce contenu et celle de ne pas l'exprimer. Dans le cas du trait de contenu « canadianisme Â», nos résultats imposent un raisonnement probabiliste au moment de l'attribution du statut d'indice ou de signal à l'énonciation d'un canadianisme. L'emploi de bicycle ou de bleuet et non de bicyclette ou de myrtille par un Canadien d'expression française né au Québec et habitant la région de Québec ou celle de Montréal a un certain nombre de chances de pouvoir être interprété comme un simple indice de son origine géographique et un certain nombre de chances de pouvoir recevoir l'une des multiples interprétations qu'autorise le statut de signal. La connaissance des caractéristiques sociologiques de ce locuteur peut permettre de préciser le degré de probabilité de chacune de ces deux possibilités, mais non d'arriver à une certitude.




8 L. Prieto, La sémiologie, dans Le Langage, Paris, Gallimard, 1966, p. 95. [retour au texte]

9 Ibid., p. 96. Voir aussi G. Mounin, Introduction à la sémiologie, Paris, Éditions de Minuit, 1970, pp. 13-14; E. Buyssens, La communication et l'articulation linguistique, Paris, P.U.F., 1967, pp. 12, 18, 19 et 20; J. Martinet, Clefs pour ia sémiologie, Paris, Seghers, 1973, pp. 49-51. [retour au texte]




Les considérations qui précèdent doivent être prises en compte si l'on veut tenter un bref commentaire sur la fonction sociologique des canadianismes. Des chercheurs ont évoqué à propos de divers types de faits lexicaux les notions de fonction intégrative et de fonction identitaire ou emblématique. Ainsi J.-Cl. Corbeil, qui utilise la première de ces notions, affirme que « les faits que l'on classe sous l'étiquette « français régional Â» sont, de ce point de vue, ceux-là mêmes qui sont utilisés comme marque d'appartenance à une communauté particulière ou qui servent, autre aspect, de moyens d'affirmation de l'identité culturelle »10, et des chercheurs suisses ont posé, en s'inspirant de travaux de Labov sur le vernaculaire américain, l'hypothèse d'une fonction identitaire de certains des néologismes employés dans une bande de jeunes11. Dans les deux cas, les faits linguistiques en question permettent et signifient tout à la fois l'appartenance à un groupe particulier. Nous ne pensons pas, quant à nous, que l'on puisse de façon générale et sans précaution attribuer ces fonctions à l'emploi des canadianismes au Québec. En effet, pour pouvoir les exercer, l'énonciation de ces mots doit avoir, nous semble-t-il, valeur de signal, c'est-à-dire, répétons-le, être le résultat d'un choix et véhiculer de façon consciente le contenu « canadianisme Â». Or, outre le fait que les canadianismes n'occupent qu'un peu plus de la moitié de l'espace dénominatif dans l'imaginaire des locuteurs, nos données montrent que leur emploi habituel est' selon les affirmations des locuteurs eux-mêmes, davantage le fait de ceux qui en connaissent le moins le caractère régional et qui n'ont que peu de possibilités de choix. On doit donc conclure que les canadianismes ne sont, de façon générale, pas utilisés par les francophones du Québec comme marques d'appartenance à cette collectivité, ce qui n'exclut pas, évidemment, que certains de leurs emplois particuliers puissent avoir cette fonction. Ni, bien sûr, qu'ils puissent être interprétés comme indices de cette appartenance. Il faut se garder cependant d'interpréter ces résultats comme un rejet ou une négation de la spécificité régionale ou ethnique : cette identité n'est pas portée en étendard, certes, mais elle n'est ni dévalorisée. ni cachée par les Québécois, qui, à notre avis, témoignent ainsi d'une attitude équilibrée, aussi éloignée du purisme complexé que du régionalisme ethnocentrique.




10 J.-Cl. Corbeil, « Le français régional en question Â», art. cit., pp. 39 et 40. [retour au texte]

11 J.-F. De Prieto et F. Del Coso-Calame, « La néologie dans son contexte social : identité et langage dans une bande de jeunes Â», dans Actes du colloque sur la néologie et la formation des mots, 11-12 nov. 1982, Tranel, 5, Neuchâtel, Institut de linguistique de l'Université de Neuchâtel, 1983, pp. 137-152. [retour au texte]




Les remarques qui précèdent ont trait à la fonction sociale des utilisations, toujours individuelles, de la langue. Nos observations appellent également quelques commentaires de portée sociologique qui concernent les locuteurs en tant que collectivité. Certains pensent qu'une communauté linguistique se définit plus par la reconnaissance d'une norme unique que par l'unicité des usages pratiqués. Il n'est pas absurde d'étendre cette fonction d'identification à l'ensemble des compétences, représentations et attitudes qui constituent l'imaginaire linguistique. Or, nous l'avons rappelé, nous n'avons guère constaté d'unité dans la plus grande partie des réponses à nos questions. Seuls le style des canadianismes et la norme prescriptive font l'objet d'un certain consensus. La prégnance de la norme prescriptive n'est pas de nature à distinguer la communauté québécoise, unifiée sur ce point, des autres groupes qui composent la francophonie Mais que les locuteurs n'associent guère, dans l'ensemble, l'emploi des régionalismes et les situations familières pourrait bien constituer un trait original de l'identité linguistique des Québécois.




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* Cette bibliographie reprend tous les titres cités dans le présent ouvrage à l'exception du glossaire. [retour au texte]




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I. PRÉSENTATION

Dans le glossaire qui suit, nous donnons pour chaque entrée sa catégorie grammaticale et son genre (s'il y a lieu), son sens et des renseignements sur sa qualité de canadianisme de sens ou de forme, sa catégorie étymologique et son statut normatif.

En ce qui concerne le sens de l'entrée, nous considérons celui qui est le plus usuel pour les régionalismes qui apparaissent sans contexte dans le questionnaire et celui qui est actualisé par le contexte pour les autres; nous l'exprimons par un mot français standard synonyme de l'entrée ou par une brève définition.

La distinction entre canadianisme de forme et canadianisme de sens est fondée sur les principes suivants : nous considérons comme canadianisme de forme une forme linguistique utilisée au Canada mais non attestée en français standard (ex. : fun, placoter) ou une forme utilisée au Canada et attestée également en français standard mais ne présentant pas de lien à la fois étymologique et historique avec celle du français standard (ex. : frette « froid Â» et frette « anneau ou ceinture métallique servant à renforcer des pièces de bois ou de béton, etc. Â»); constitue un canadianisme de sens toute forme linguistique canadienne attestée en français standard et présentant un lien à la fois étymologique et historique avec celle du français standard (ex. : prélart « linoléum Â» et prélart « grosse toile imperméable Â»; le sens du premier dérive de celui du second).

La provenance des mots décrits a été déterminée à l'aide de tous les ouvrages métalinguistiques, pour la plupart canadiens, parus jusqu'en août 1986 et qui ont fait état de la question. Quand un mot ou un emploi a fait l'objet d'une étude concluante, l'ordre de présentation des données est le suivant : origine — celle qui est la plus généralement admise — et référence(s); les références sont mises entre crochets droits. Quand un mot ou un emploi n'a pas fait l'objet d'une étude suffisamment concluante, nous l'indiquons entre crochets droits et nous faisons suivre cette remarque d'une hypothèse qui tient compte des données disponibles.

Les indications sur le statut normatif des entrées ont été relevées dans une sélection d'ouvrages métalinguistiques parus avant juillet 1982, date des enquêtes. Il s'agit du Dictionnaire nord-américain de la langue française de L.-A. Bélisle, du Dictionnaire des difficultés de la langue française au Canada de G. Dagenais, des Fiches publiées par le Comité de linguistique de Radio-Canada depuis 1960, du bulletin C'est-à-dire... publié par le même comité depuis 1961 et de différents ouvrages publiés par l'Office de la langue française du gouvernement du Québec.




* Ce glossaire a été réalisé par S. Canac-Marquis. [retour au texte]




Les renvois bibliographiques sont faits conformément au système d'abréviations créé et utilisé par les chercheurs du Trésor de la langue française au Québec, équipe dirigée par le professeur Cl. Poirier. Les références complètes des ouvrages cités en abrégé dans le glossaire sont reprises dans le paragraphe IV, qui suit le glossaire proprement dit.

II. ABRÉVIATIONS ET SIGLES

adj. adjectif, adjectival
adv. adverbe
amér. américain
dep. depuis
dict. dictionnaire
ex. exemple
f. féminin
fr. français
m. masculin
pl. pluriel
rem. remarque
s. siècle
substantif
s.v. sub verbo
v. verbe
voir
v. pron. verbe pronominal
OLF Office de la langue française
TLFQ Trésor de la langue française au Québec (Université Laval)

III. GLOSSAIRE

ACHALER v.
    « Importuner, ennuyer Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Dialectalisme [v. DFQ].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais].
ADONNER (S') v. pron.
    « Se trouver par hasard Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Archaïsme-dialectalisme [v. BovProc 61-63].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais].
AIGUISOIR s.m.
    « Taille-crayon Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. [Aucune étude historique disponible pour cet emploi]. Innovation. Rem. Extension sémantique d'après le sens français de « rendre tranchant ou pointu Â» qui s'étend, au Canada, à des classes d'objets non métalliques (un crayon par ex.).
  3. Terme rejeté [v. Dagenais, s.v. aiguiser].
APPAREILLER (S') v. pron.
    « Se préparer Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Archaïsme [v. PoirAngl 47].
  3. Terme n'ayant fait l'objet d'aucun jugement normatif.
APPLICATION s.f.
    Dans faire application : « postuler Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Anglicisme [v. Colpron 8; PoirLex 68].
  3. Emploi rejeté [v. Bélisle; OLFBur 62; Dagenais; RCFich n° 10].
BABICHE s.f.
    « Peau tannée découpée en lanières Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Amérindianisme [v. PoirLex 64].
  3. Terme n'ayant fait l'objet d'aucun jugement normatif.
BALAYEUSE s.f.
    « Aspirateur Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Innovation [v. LaurQuéb 34 et 35].
  3. Terme rejeté [v. Bélisle]. Rem. Considéré comme familier dans RCFich n° 66.
BARRER v.
    « Fermer à clef Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. [Aucune étude historique disponible pour cet emploi]. Probablement, dialectalisme [v. FEW barra 1, 157a]. Rem. A été considéré comme un mot du français populaire dans Mass 732.
  3. Terme rejeté [v. Dagenais].
BAS s.m.
    « Chaussette Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Dialectalisme [v. NolAc 28].
  3. Terme rejeté [v. OLFHab, qui le considère comme étant employé « Ã  tort Â»].
BATTURE s.f.
    « Portion du rivage que le jusant laisse à découvert Â»
  1. Canadianisme de sens. Rem. Le sens de « fond rocheux à fleur d'eau, sur lequel la mer se brise Â» attesté en France [v. TLF] ne correspond pas à l'emploi canadien.
  2. Innovation [v. BlaisTop; MassIG 87].
  3. Terme accepté [v. OLFCan]. A été normalisé [v. OLFAvisMJ 7].
BEIGNE s.m. et f. [m. dans le questionnaire]
    « Pâte frite en forme de couronne Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. [Aucune étude historique concluante disponible pour cet emploi]. Origine gallo-romane probable. Un emploi beigne « beignet Â» est en effet attesté dans un parler de la Suisse romande [d'après TLF, s.v. beignet].
  3. Terme accepté [v. OLFMenus2-3 n° 509; Dagenais].
BICYCLE s.m.
    « Bicyclette Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Anglicisme [v. Colpron 13; LavEstr].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais].
BICYCLE À TROIS ROUES s.m.
    « Tricycle Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Innovation [v. LaurQuéb 286]. Rem. A été considéré comme un anglicisme dans LavEstr.
  3. Terme n'ayant fait l'objet d'aucun jugement normatif.
BLÉ D'INDE s.m.
    « Maïs Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Archaïsme-dialectalisme [v. L'HeurMoul 423; MassIG 229]. Rem. Au sens de « Ã©pi de maïs Â», le mot est considéré comme une innovation dans MassIG 223.
  3. Terme accepté [v. Bélisle; Dagenais, avec cette réserve: « [...] il faut écrire maïs Â»].
BLEUET s.m.
    « Baie bleue ou noire d'une plante de la famille des éricacées Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Dialectalisme [v. BlaisTop, s.v. bluet; MassIG 247-248].
  3. Terme accepté [v. Bélisle, s.v. bluet; Dagenais, jugement favorable mais nuancé; OLFCan; v. aussi OLFQuéb 31: terme accepté].
BORD s.m.
    « Côté Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Dialectalisme [v. NolAc 109; JunStraka 481; JunCan 112].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais].
BORDÉE s.f.
    « Chute abondante (de neige) Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Innovation (sur la base d'un dialectalisme) [v. PoirLex 75]. Rem. A été considéré comme un dialectalisme dans OLFQuéb 25.
  3. Terme accepté [v. RCCan 4]. A cependant fait l'objet d'un rejet dans Dagenais.
BOUCANE s.f.
    « Fumée Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Dialectalisme [v. BlaisTop; Mass n° 1210].
  3. Terme n'ayant fait l'objet d'aucun jugement normatif.
BRASSIÈRE s.f.
    « Soutien-gorge Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Anglicisme [v. Colpron 15; OLFHab; PoirLex 68].
  3. Terme rejeté [v. OLFHab; Bélisle; Dagenais].
BREUVAGE s.m.
    « Boisson Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Anglicisme de maintien [v. OLFMenus3 77; PoirLex 69-70 : « [cet emploi a] vécu en français jusqu'au XIXe siècle mais l'influence de l'anglais a dû contribuer à en maintenir la fréquence en québécois [...] Â»] ou anglicisme-archaïsme [v. Colpron 15].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais; RCFich n° 41; v. aussi OLFMenus3 77].
CADRAN s.m.
    « Réveille-matin Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Innovation [v. LaurQuéb 159; MassIG 37].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais, s.v. horloge; RCFich n° 7].
CALER v.
    « Enfoncer Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Dialectalisme [v. LavEstr; MassIG 89].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais].
CANCEL(L)ER v.
    « Annuler Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Anglicisme [v. Colpron 16; Dubuc] ou anglicisme de maintien [v. SchwabDroit 27; DarbQuéb 64].
  3. Terme rejeté [v. Bélisle; Dagenais, s.v. cancellation; RCFich n° 15].
CARCAJOU s.m.
    « Espèce de glouton d'Amérique du Nord Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Amérindianisme [v. PoirLex 65; PellFaune 57]. Rem. Figure sans marque dans les dict. français [v. notamment Robert 1985, GLLF et Lexis].
  3. Terme accepté [v. Bélisle].
CARROSSE s.m.
    « Voiture d'enfant Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Probablement, innovation [v. ClasObs 124, qui considère que le mot a fait l'objet d'un changement sémantique].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais; RCFich n° 101].
CHAMPLURE s.f.
    « Robinet Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Dialectalisme [v. ParVerr 59060; JunPron 29; Mass n° 1187].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais, s.v. chantepleure].
CHARGER v.
    « Demander (en paiement) Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Anglicisme [v. Colpron 21; PoirLex 71].
  3. Terme rejeté [v. Bélisle; Dagenais, s.v. charge].
CHAUDIÈRE s.f.
    « Seau Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Dialectalisme [v. PoirLex 62; LavEstr].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais, s.v. fournaise].
CHEAP adj.
    « Bon marché Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Anglicisme [v. Colpron 111; PoirLex 67].
  3. Terme n'ayant fait l'objet d'aucun jugement normatif.
CLAQUES s.f.pl.
    « Caoutchoucs Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Archaïsme [v. MercChauss 175-178].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais, s.v. pardessus].
CLIP s.m. et f.
    « Trombone Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Anglicisme [v. Colpron 113].
  3. Terme n'ayant fait l'objet d'aucun jugement normatif.
CLOTCHE, CLUTCH s.f.
    « Embrayage Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Anglicisme [v. Colpron 113].
  3. Terme rejeté [v. Bélisle; Dagenais, s.v. automobile].
COMTÉ s.m.
    « Circonscription électorale Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Anglicisme [v. HarePol318 : a Ce mot a pris une extension de sens au Canada sous l'influence de l'anglais : County = circonscription électorale en Grande-Bretagne. Â»].
  3. Terme accepté [v. Bélisle, qui le considère comme un canadianisme de bon aloi]. A cependant fait l'objet d'un rejet dans Dagenais.
CORPORENCE s.f.
    « Corpulence Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Archaïsme [v. PoirLex 60].
  3. Terme n'ayant fait l'objet d'aucun jugement normatif.
COUTELLERIE s.f.
    « Service de couverts Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Anglicisme [v. Colpron 30; DarbQuéb 66].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais; RCFich n° 84].
CRÉMAGE s.m.
    « Glaçage Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. [Aucune étude historique disponible pour cet emploi]. Probablement, innovation. Rem. Aucun emploi correspondant n'est consigné dans FEW crama 2, 1271.
  3. Terme rejeté [v. Dagenais, s.v. glaçage].
CRETONS s.m. pl.
    « Pâté de porc haché et de panne Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Probablement, archaïsme-dialectalisme [v. Mass n° 1332 et ALO n° 574, qui attestent l'existence du mot en France sous des variantes apparentées].
  3. Terme accepté [v. OLFMenus2 n° 107 et OLFMenus3 n° 108]. A cependant fait l'objet d'un rejet dans Dagenais.
DACTYLO (forme tronquée de dactylographe) s.f.
    « Machine à écrire Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Archaïsme [v. ParUrs 115, qui se prononce pour dactylographe].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais; RCFich n° 98].
EFFACE s.m. et f.
    « Gomme Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. [Aucune étude historique disponible pour cet emploi]. Probablement, innovation Rem. Paraît n'avoir été relevé qu'au Canada français [d'après FEWfacies 3, 356a].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais, s.v. gomme].
ENCABANÉ adj.
    « Enfermé chez soi Â»
  1. Canadianisme de forme. Rem. Dérivé de cabane.
  2. Dialectalisme [v. NolAc 107].
  3. Terme n'ayant fait l'objet d'aucun jugement normatif.
ENFARGÉ adj.
    « Pris (dans qqch. qui empêche d'avancer) Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. [Aucune étude historique disponible pour cet emploi]. Probablement, dialectalisme [v. FEW ferrea 3, 469b].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais, s.v. enfarger].
ENGAGÉ adj.
    « Occupé Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Anglicisme [v. Colpron 40].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais; RCFich n° 27].
ÉNUMÉRATEUR s.m.
    « Recenseur Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Anglicisme [v. Colpron 167; LexDéb].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais; RCFich n° 334].
FAN s.m. et f.
    « Ventilateur Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Anglicisme [v. Colpron 120].
  3. Terme rejeté [v. Bélisle; Dagenais, s.v. automobile].
FRETTE adj.
    « Froid Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Maintien d'une forme phonétique ancienne attestée dans une grande partie du domaine d'oil [v. JunPron 57; Mass n° 1188].
  3. Terme n'ayant fait l'objet d'aucun jugement normatif.
FUN s.m.
    Dans la locution adj. le fun : « agréable, plaisant Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Anglicisme [v. Colpron 126; LavEstr; VerrAngl 211].
  3. Terme rejeté [v. Bélisle].
GARROCHER v.
    « Lancer, jeter Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Dialectalisme [v. PoirLex 63].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais].
HAMBOURGEOIS s.m.
    « Hamburger Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Innovation [néologisme proposé par l'OLF pour éviter l'anglicisme hamburger, v. OLFMenus2-3 n° 606].
  3. Terme accepté [v. OLFMenus2-3 n° 606].
JUMPER v.
    « Sauter, bondir Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Anglicisme [v. Colpron 132].
  3. Terme n'ayant fait l'objet d'aucun jugement normatif.
LONGUE-DISTANCE s.m.
    « Appel interurbain Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Anglicisme [v. Colpron 57; VerrAngl 255].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais, s.v. téléphone].
LUMIÈRES s.f. pl.
    « Feux de signalisation Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Anglicisme [v. Colpron 57].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais; RCFich n° 5].
MALLE s.f.
    « Poste Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Anglicisme [v. Colpron 58; LavEstr; DarbQuéb 72; PoirAngl 80].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais, s.v. poste; RCFich n° 98].
MASKINONGÉ s.m.
    « Poisson d'eau douce d'Amérique du Nord apparenté au brochet Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Amérindianisme [v. BlaisTop; PoirLex 65].
  3. Terme accepté [v. Bélisle; Dagenais; OLFCan].
MITAINE s.f.
    « Moufle Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Archaïsme-dialectalisme [v. NolAc 30; ParVerr 158 et 244; JunCompt 134].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais; OLFHab, aussi s.v. moufle].
MOUFFLET s.m.
    « Muffin Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Innovation [néologisme proposé par l'OLF pour éviter l'anglicisme muffin, v. OLFMenus2-3 n° 36].
  3. Terme accepté [v. OLFMenus2-3 n° 36].
NAPKIN s.f.
    « Serviette de table Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Anglicisme [v. Colpron 137].
  3. Terme n'ayant fait l'objet d'aucun jugement normatif.
NIAISEUX adj., s.m.
    « Niais, sot Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Dialectalisme [v. NolAc 30-31].
  3. Terme n'ayant fait l'objet d'aucun jugement normatif.
OCCUPATION s.f.
    « Profession, métier Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Anglicisme [v. SchwabDroit 75 et 95; DenAngl 91]. Rem. Le mot paraît être usité en France [v. Robert 1985, CollinsR et GLLF].
  3. Terme rejeté [v. RCFich n° 482].
OUANANICHE s.f.
    « Saumon d'eau douce d'Amérique du Nord Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Amérindianisme [v. PoirLex 66; PellFaune 175].
  3. Terme accepté [v. Bélisle; Dagenais; OLFCan; RCCan 6].
OUAOUARON s.m.
    « Grenouille géante d'Amérique du Nord Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Amérindianisme [v. PoirLex 65; PellFaone 220].
  3. Terme accepté [v. Bélisle; Dagenais, avec cette réserve : « [...] a sa place dans le langage familier au Canada, mais on doit s'abstenir de l'écrire Â»; OLFCan]
PAMPHLET s.m.
    « Brochure; dépliant Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Anglicisme [v. Colpron 66; LexDéb; Dubuc].
  3. Terme rejeté [v. Bélisle; OLFBur 62; Dagenais; RCFich n° 9].
PARTISAN(N)ERIE s.f.
    « Esprit de parti Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. [Aucune étude historique disponible pour cet emploi]. Il s'agit sans doute d'une innovation [v. Barbeau 176 : « [...] les termes d'origine canadienne agréés en France sont en nombre infinitésimal. Le relevé complet en serait à faire. On noterait parmi les néologismes de notre cru : patinoire, partisannerie [...]. Â»]. Rem. Le mot est attesté en français du Canada dep.1880 [v. TardAngl 13] et en français standard, avec la mention rare, dep. 1943 [v. Robert 1985].
  3. Terme rejeté [v. RCDire-2, 4].
PATRONAGE s.m.
    « Favoritisme politique Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Anglicisme [v. Colpron 69].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais; RCFich n° 97].
PIASTRE s.f.
    « Dollar Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Anglicisme [v. VerrAngl 293; JunBerg 116-117].
  3. Terme rejeté [v. RCDire-1, 5 : « Si elles [ = les désignations sou et piastre] ne sont plus de mise dans les textes officiels, il n'y a pas de mal à les conserver dans la langue familière. Â»].
PILER v.
    « Marcher (sur) Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Dialectalisme [v. DrapCont 72].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais].
PITONNAGE s.m.
    « Fait d'actionner les touches d'un clavier (par ex. celui d'un ordinateur) Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Innovation [Aucune étude historique disponible pour cet emploi].
  3. Terme n'ayant fait l'objet d'aucun jugement normatif.
PLACOTER v.
    « Bavarder; médire Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Dialectalisme [v. DFQ].
  3. Terme n'ayant fait l'objet d'aucun jugement normatif.
PLAIN-PIED s.m.
    « Maison de plain-pied Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Innovation [v. PawlMais 35-36, 37].
  3. Terme n'ayant fait l'objet d'aucun jugement normatif.
POSITION s.f.
    « Situation, emploi, poste Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Anglicisme [v. SchwabDroit 98; Colpron 72; LexDéb]. Rem. Le mot paraît être usité en France [v. Robert 1985].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais; RCFich n° 97].
POUDRERIE s.f.
    « Neige fine et sèche soulevée par le vent Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Innovation (sur la base d'un archaïsme) [v. PoirLex 75; MassIG 66 et 480].
  3. Terme accepté [v. Bélisle; OLFCan; RCCan 7]. A cependant fait l'objet d'un rejet dans Dagenais.
PRÉLART s.m.
    « Linoléum Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Innovation [v. DFQ].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais].
PROFESSIONNEL s.m.
    « Personne qui exerce une profession libérale Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Anglicisme [v. Colpron 76; Dagenais].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais; RCFich n° 176].
RÉPLIQUEUX s.m.
    « Qui répond en s'obstinant au lieu d'obéir et se taire Â» [v. Bélisle]
  1. Canadianisme de forme.
  2. [Aucune étude historique disponible pour cet emploi]. Rem. Le sens de répliqueux correspond à celui du fr. répliqueur « qui réplique, aime à répliquer Â» [v. Lexis]. Le français canadien — du moins celui qu'on parle au Québec — connaît, pour les noms d'agents, un phénomène d'extension du suffixe -eux par analogie avec le suffixe français -eur [v. RivEt 123-136]. Le suffixe -eux véhicule parfois une connotation péjorative : elle est toutefois plus difficile à percevoir lorsque le contenu de la base du mot renferme lui-même une charge d'affectivité.
  3. Terme n'ayant fait l'objet d'aucun jugement normatif.
RESTER v.
    « Habiter Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Français populaire [v. BovProc 141-142 : « [...] largement attesté dans plusieurs régions de France et en Suisse romande [...] Â»; JunBell 173-174 : « [...], encore vivant dans de nombreux parlers, notamment en parisien populaire, dans le Nord-Ouest, l'Ouest, etc. Â»]. Rem. Le mot n'est pas marqué en français du Canada. En France, par contre, les dict. Ie donnent comme familier [v. DG, Lexis, DFC, RobMéth et Larousse 1982], populaire [v. GLLF], régional [v. PRobert et Robert 1985] ou rural [v. Robert 1985].
  3. Terme n'ayant fait l'objet d'aucun jugement normatif.
SET s.m.
    « Service (de vaisselle, de table) Â»
  1. Canadianisme de forme. V. Rem. sous 2.
  2. Anglicisme [v. Colpron 149; PoirLex 49; VerrAngl 339]. Rem. Emprunt à l'anglais historiquement distinct de celui qui est usité en France au sens d'« ensemble des napperons d'un service Â» [v. PRobert].
  3. Terme rejeté [v. RCFich no 406].
SIGNALER v.
    « Composer (un numéro de téléphone) Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. [Aucune étude historique disponible pour cet emploi]. Probablement, innovation. Rem. A parfois été considéré comme un anglicisme, mais ce n'est pas établi [v. par ex. LaurAngl 91 et D'AnjFr].
  3. Terme rejeté [v. Dagenais, s.v. téléphone, qui ne le considère pas comme un anglicisme].
SOUBASSEMENT s.m.
    « Sous-sol Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Anglicisme [v. Colpron 86].
  3. Terme rejeté [v. RCFich n° 258; Dagenais].
SOUS-MARIN s.m.
    « Sorte de sandwich Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Anglicisme [v. OLFAvisR 99].
  3. Terme accepté [emploi proposé par l'OLF pour rendre l'amér. submarine, v. OLFMenus2-3 n° 633].
SPLIT-LEVEL s.m.
    « Maison dont les diverses parties sont aménagées à des niveaux différents Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Anglicisme [v. Colpron 156; PawlMais 32-33].
  3. Terme n'ayant fait l'objet d'aucun jugement normatif. Rem. Dans RCFich n° 129, sans rejeter split-level explicitement, on propose les traductions maison à paliers/à ressaut/à entresol.
STEADY adj.
    « Régulier Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Anglicisme [v. Colpron 157; LavEstr].
  3. Terme rejeté [v. Bélisle].
SUPPORT s.m.
    « Cintre Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. [Aucune étude historique disponible pour cet emploi]. Probablement, innovation (sur la base du sens français de « ce sur quoi une chose repose Â»).
  3. Terme rejeté [v. Dagenais, s.v. cintre].
SUPPOSÉMENT adv.
    « Censément Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Probablement, innovation [v. OffrSynt 291 : « Probablement une création québécoise sous l'influence analogique de censément (en fr. québécois supposé est constamment employé pour censé). Â»]. Rem. On y a vu également une influence de l'anglais dans LaurRapp-1, 12 : « Supposément (supposedly), théoriquement possible en français, est inusité Â».
  3. Terme rejeté [v. LaurRapp-1, 12].
SWITCHER v.
    « Ã‰tablir ou modifier les connexions dans un système Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Anglicisme [v. Colpron 160].
  3. Terme rejeté [v. Bélisle].
TIRE s.f.
    « Sirop d'érable très épaissi, ayant la consistance du miel Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Innovation [v. MassIG 468].
  3. Terme accepté [v. Bélisle; OLFCan; RCCan 8].
TOURTIÈRE s.f.
    « Pâté (tourte) à base de viande de porc hachée Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Dialectalisme [v. MassIG 356 et 478; PaqPât 77; Mass n° 1336].
  3. Terme accepté [v. OLFMenus2-3 n° 306; LefBél 6; RCCan 8]. A cependant fait l'objet d'un rejet dans Dagenais, s.v. tourte.
TRAITE s.f.
    Dans payer la traite, employé figurativement au sens de « entretenir, gâter Â»
  1. Traite « tournée Â» est un canadianisme de sens.
  2. [Aucune étude historique disponible pour cet emploi]. Le sens dérivé est, probablement, une innovation (sur la base de payer la traite « payer un verre, une tournée Â», généralement considéré comme un calque de l'anglais, v. par ex. NolAc 19 et 119, Barbeau 153 et Dagenais).
  3. Emploi n'ayant fait l'objet d'aucun jugement normatif. Cependant, traite « tournée Â» a été rejeté dans Dagenais.
TRUCK s.m.
    « Camion Â»
  1. Canadianisme de forme. V. Rem. sous 2.
  2. Anglicisme [v. Colpron 164; LavEstr; VerrAngl 421]. Rem. Emprunt à l'anglais historiquement distinct de celui qui est usité en France au sens de « sorte de camion, de lourd chariot Â» [v. Lexis, s.v. truc2].
  3. Terme rejeté [v. Bélisle].
TUQUE s.f.
    « Bonnet de laine Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Innovation [v. PoirLex 75; JunLex 223-226].
  3. Terme accepté [v. Bélisle; Dagenais; OLFCan; v. aussi OLFQuéb 36: terme accepté].
VENIR v.
    « Devenir Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. Archaïsme [v. PoirLex 60; PoirAngl 47; JunBerg 120].
  3. Terme n'ayant fait l'objet d'aucun jugement normatif.
VIDANGES s.f. pl.
    « Ordures ménagères Â»
  1. Canadianisme de sens.
  2. [Aucune étude historique disponible pour cet emploi]. Probablement, innovation.
  3. Terme rejeté [v. LaurRapp-2, 6; Dagenais; RCFich n° 226].
VIVOIR s.m.
    « Salle de séjour Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Innovation [néologisme proposé pour éviter l'anglicisme living-room, v. OLFCan; DarbFr 111; Blanchard, s.v. Living-room].
  3. Terme accepté [v. Bélisle; OLFCan]. A cependant fait l'objet d'un rejet dans Dagenais.
VOTATION s.f.
    « Ã‰lection Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. [Aucune étude historique disponible pour cet emploi]. Probablement, archaïsme-dialectalisme [v. DarbStat 10 : « Il y a survivance, en Suisse aussi bien qu'au Québec, dans le cas de votation en face de vote. En fait, votation figure dans les dictionnaires du XIXe et du XXe siècle, mais dans l'Hexagone, sa fréquence est faible. Â»]. A été considéré comme un anglicisme dans Barbeau 84.
  3. Terme rejeté [v. OLFElect n° 59; Dagenais; RCFich n° 11].
VOTEUR s.m.
    « Ã‰lecteur Â»
  1. Canadianisme de forme.
  2. Anglicisme [v. Colpron 174; HareParl 473; HarePol 136 « Le mot voteur, de l'anglais voter, se rencontre parfois [au Canada français], surtout dans les textes officiels [de 1784 à 1812]. Cependant, les Canadiens emploient surtout électeur. Â»; Barbeau 92]. Rem. Voteur, de même qu'un certain nombre de termes empruntés au parlementarisme britannique, s'est dit en France sous la Révolution [v. HarePol 237-238; Robert 1985].
  3. Terme rejeté [v. OLFElect n° 150; Dagenais, s.v. électeur; RCFich n° 12].


IV. RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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RCCan : Comité de linguistique [de Radio-Canada], « Canadianismes Â», C'est à-dire..., vol. 3, n° 10, 1966 janv.-févr., pp. 1-8.

RCDire-1 : Comité de linguistique [de Radio-Canada], [sans titre], C'est-à-dire..., vol. 2, n° 5, 1963 sept.-oct., 6 p.

RCDire-2 : Comité de linguistique [de Radio Canada], [sans titre], C'est-à-dire... vol. 4, n° 7, 1968 juill.-août, 14 p.

RCFich : Fiches publiées par le Comité de linguistique de Radio-Canada, Montréal, nov. 1960 (en cours de publication).

RivET : RIVARD, Adjutor, Études sur les parlers de France au Canada, Québec, J.-P. Garneau, 1914, 281 p.

Robert 1985 : ROBERT, Paul, Le grand Robert de la langue française. Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française, 2e éd. ent. rev. et enr. par Alain Rey, Paris, Le Robert, 1985, 9 vol.

RobMéth : Le Robert méthodique. Dictionnaire méthodique du français actuel, réd. dir. par Josette Rey Debove, Paris, Le Robert, 1982, XXIV-1617 p.

SchwabDroit : SCHWAB, Wallace, Les anglicismes dans le droit positif québécois, Gouvernement du Québec, 1984, 160 p.

TardAngl : TARDIVEL, J[ules]-P[aul], L'anglicisme, voilà l'ennemi, Québec, Imprimerie du « Canadien Â», 1880, 28 p. (« causerie faite au Cercle catholique de Québec, le 17 décembre 1879 Â»).

TLF : Trésor de la langue française. Dictionnaire de la langue du XIXe et du XXe siècle (1789-1960), sous la dir. de Paul Imbs, t. 1, Paris, Éditions du Centre national de la recherche scientifique, 1971 (en cours de publication).

VerrAngl : VERREAULT, Claude, Les anglicismes lexicaux dans « Nazaire et Barnabé Â» de Ovila Légaré, sketches humoristiques radiodiffusés au Québec de 1939 à 1958 (thèse de maîtrise), Université Laval (Québec), 1977, II-497 p. (en dépôt au TLFQ).




ANNEXE

Texte des questions dont les réponses sont analysées et commentées
dans 1e présent ouvrage
  1. « Comment nommez-vous cet objet? Â»

  2. « Existe-t-il un autre mot? Â»

    Les enquêteurs présentaient aux répondants des dessins représentant les objets suivants : un aspirateur ménager, une voiture d'enfant, un réveille-matin, un soutien-gorge, une paire de moufles, un ventilateur électrique, un hamburger, une paire de caoutchoucs, un tricycle pour enfants, une gomme, un trombone (agrafe), un cintre (porte-manteau), une paire de chaussettes, un billet d'un dollar, une bicyclette, un seau, un taille-crayon, un épi de maïs, un robinet, des feux de signalisation.

  3. « Vous arrive-t-il, même rarement, d'utiliser les mots suivants Â» :

    (A) en famille,
    (B) avec vos amis,
    (C) dans d'autres circonstances? Â»
  4. (Si 3 non :) « Connaissez-vous ce mot? Â»

    boucane, tricycle, fleuve, champlure, taille-crayon, switcher, taque, robinet, cancel(l)er, niaiseux, cheap, auto-stop, shopping, garrocher, émécher, bedonner, babiche, pare-choc, steady, sandwich, canneberge, carcajou, vaniteux, répliqueux.

  5. « Ã€ votre avis, les enseignants devraient-ils inciter les enfants à utiliser de préférence le mot... ou le mot...? Â»

    annuler ou cancel(l)er; placoter ou bavarder; corpulence ou corporence; s'appareiller ou se préparer; censément ou supposément; embrayage ou clotche.

  6. « Voudriez-vous souligner dans les textes suivants les mots que vous considérez comme n'appartenant pas au « bon français Â», c'est-à-dire au français dont les grammaires et les dictionnaires donnent le modèle? Â»

    Vous êtes jeune et ambitieux? Vous êtes à la recherche de votre première occupation? Vous voulez venir vite riche? Nous vous offrons un travail très bien rémunéré : votre standing n'aura rien à envier à celui d'un professionnel; le candidat devra posséder une voiture et rester à Montréal. Faites application le plus tôt possible, car une telle position ne se retrouvera pas de si tôt. Pour plus de renseignements, composez 657-4018 : si engagé, signalez 657-3712. Fatigué de vivre encabané, fatigué du temps frette et du stress de la vie moderne? Nous pouvons solutionner votre problèmeù: venez vivre en pleine nature et partez à la découverte d'un monde nouveau où il n'y a pas de sonnerie de cadran le matin, où personne ne vous achale ni ne vous pile sur les pieds dans le métro. Consultez notre pamphlet ou téléphonez à nos bureaux (nous acceptons les longues distances).

    Comme vous le savez, il y aura des élections dans quinze jours dans votre comté; un recensement sera effectué dans toutes les localités du Québec; l'énumérateur passera cette semaine. Si vous prévoyez vous absenter, prévenez-nous par la malle ou par téléphone. Avant la votation, et afin de renforcer l'esprit critique des voteurs face à la partisanerie, nous vous suggérons d'assister à la conférence donnée par Madame Régine Tremblay et dont le thème sera : « Le patronage et le népotisme, mythes ou réalités? Â» Cette rencontre aura lieu dans le soubassement de l'église Saint-Luc.

    Je réalise enfin que j'ai engraissé beaucoup cet été et demain je commence un régime : aux vidanges, les hambourgeois, les hot-dogs, les sous-marins, les moufflets, les beignes arrosés de tire, les gâteaux au crémage au chocolat et les breuvages trop sucrés! À moi, les repas composés uniquement de salades et de yogourts aux bleuets! À moi, les longues heures de jogging ou de bicyclette le long des battures!

    Ces textes étaient présentés par écrit à la moitié de l'échantillon et oralement à l'autre moitié avec la formulation suivante : « Voudriez-vous interrompre la lecture des textes suivants...? Â»

  7. « Employez-vous des canadianismes? Â»

  8. « Voudriez-vous souligner les canadianismes présents dans les textes suivants? Â»

    Vous voulez vivre une année de rêve? Nous chargeons dix dollars et vous pouvez en gagner dix mille. Imaginez : vous faire payer la traite pendant un an! Nous fournissons la maison — plain-pied ou split-level — avec grand vivoir confortablement meublé, avec rideaux et prélarts luxueux. L'alimentation sera à nos frais : vous achèterez ce qui vous plaira, que ce soit une tourtière et des cretons ou du caviar et du champagne. Vous utiliserez notre set de vaisselle, nos napkins et notre coutellerie en argent. N'est-ce pas merveilleux? Ça va être le fun!

    L'autre jour, je me promenais boulevard Ste-Anne quand un chauffard qui conduisait un truck a foncé sur moi juste en face des lumières de la 5e Avenue. J'ai évité de justesse un accident en jumpant quelques mètres plus loin; heureusement que j'avais mes claques et mon imperméable, car je me suis retrouvée enfargée dans la boue. Quant au camion, plus chanceux que moi, il s'est arrêté de l'autre bord du chemin, les roues calées dans la vase du fossé. Par chance, au même moment une dépanneuse s'adonnait à passer par là et l'a sorti du pétrin en un instant.

    Vacances... En entendant ce mot, je range mes mitaines et mes boites, je laisse la poudrerie, les bordées de neige et le pitonnage de neuf à cinq sur ma dactylo. Je fais mes valises, je barre la porte et hop! me voilà au soleil, taquinant la ouananiche, la truite ou le maskinongé sous l'oeil bienveillant du ouaouaron.

    Ces textes étaient présentés par écrit à la moitié de l'échantillon et lus par l'enquêteur à l'autre moitié.




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