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En bref
La population immigrée arrivée au Québec entre 1981 et 1986 est plus souvent de langue maternelle autre que française ou anglaise, comparativement à celle des années 1970.



La population immigrée, telle qu'elle est définie dans les données du recensement, comprend les personnes nées à l'étranger qui ont obtenu le droit de résidence permanente. Depuis leur arrivée au pays, elles peuvent avoir acquis ou non la citoyenneté canadienne. Toutefois, leurs enfants nés sur le sol québécois sont exclus de cette catégorie pour être intégrés à la population native québécoise.

Les données de recensement décrivent non pas les caractéristiques de toutes les personnes qui ont immigré au Québec au cours d'une période donnée, mais seulement de celles qui y sont encore. Interviennent donc des facteurs tels que la mortalité et l'émigration qui ne touchent pas tous les groupes de la même façon1.

La majorité (54 %) des Québécois immigrés se déclarent de langue maternelle unique autre que française ou anglaise. Cette situation n'est pas récente, comme on peut le constater à l'examen des périodes d'immigration. À partir de la période 1971-1975, la proportion de la population immigrée de langue maternelle autre s'accroît sans cesse (de 47 % à 56 %), ce qui reflète la diversification des pays d'origine et la situation mondiale des courants migratoires.

En outre, au recensement de 1986, les personnes immigrées ont davantage le français (19 %) que l'anglais (17 %) comme langue maternelle. Notons la baisse continue de la représentation des personnes de langue maternelle anglaise parmi la population immigrée, tant en nombre qu'en pourcentage, parmi les cohortes récentes. Pour sa part, la population immigrée de langue maternelle française est relativement stable parmi les cohortes de 1971-1975 et 1976-1980. Bien que la proportion des arrivants francophones accuse une baisse au cours de la dernière période étudiée, ceux-ci sont encore supérieurs en nombre par rapport aux anglophones.




Tableau 2.1.1
Répartition de la population immigrée selon la langue maternelle, par période d'immigration, ensemble du Québec, 1986



Graphique 2.1.1
Répartition (en %) de la population immigrée selon la langue maternelle, par période d'immigration, ensemble du Québec, 1986




1 Les données recueillies sur la langue maternelle sont aussi tributaires de facteurs tels que le sous-dénombrement du recensement et, là aussi, certains groupes sont plus touchés que d'autres; il y a enfin la perte toujours possible de sa langue maternelle. [retour au texte]





2.1.2 Principales langues maternelles recensées autres que française ou anglaise, 1986


En bref
La composition de la population immigrée se modifie par l'arrivée de nouveaux immigrants de langue maternelle espagnole, vietnamienne, chinoise et arabe.



Retracer la composition de la population immigrée selon la langue maternelle demande de se reporter aux différents mouvements qui ont caractérisé l'immigration passée et récente. En effet, bien que l'on s'en tienne, par les données du recensement, aux caractéristiques des personnes encore présentes sur le territoire, ces populations linguistiques sont celles qui ont été alimentées par l'immigration. Le tableau retenu pour illustrer la composition diversifiée de la population immigrée de langue maternelle autre que française ou anglaise couvre trois périodes.

Il faut noter tout d'abord la prépondérance de la période antérieure à 1971, qui représente à elle seule 61 % du groupe. Le poids de certaines langues comme l'italien, le grec, l'allemand y est tel qu'au classement total ces langues se situent respectivement au premier, au second ou au cinquième rang malgré la perte d'importance qu'elles ont subie parmi les cohortes plus récentes. Pour sa part, le portugais se situe au quatrième rang; déjà importante chez les cohortes anciennes, cette langue occupe le deuxième rang parmi les arrivants de 1971-1980 et le dixième rang parmi ceux de 1981-1986. Le hongrois se classe au dixième rang en raison de son poids dans les cohortes anciennes.

Par ailleurs, il faut remarquer l'importance des langues maternelles telles que l'espagnol, le chinois, le vietnamien, l'arabe au cours des périodes 1971-1980 et 1981-1986, qui leur permet de se hisser respectivement aux troisième, sixième, neuvième et septième rangs.

Les dix principales langues représentent plus des trois quarts de la population immigrée de langue maternelle autre que française ou anglaise. Cette situation est la même pour chacune des cohortes étudiées.




Tableau 2.1.2
Principales langues maternelles de la population immigrée de langue maternelle unique autre que française ou anglaise, par période d'immigration, ensemble du Québec, 1986



Graphique 2.1.2
Répartition de la population immigrée de langue maternelle unique autre que française ou anglaise selon la langue maternelle, ensemble du Québec, 1986







2.1.3 Langue maternelle des immigrants admis au Québec, 1982-1991

En bref
La proportion de personnes de langue maternelle autre que française ou anglaise a tendance à s'accroître parmi les immigrants admis au Québec.



Pour l'ensemble de la période 1982-1991, les immigrants accueillis par le Québec avaient le profil suivant selon la langue maternelle : 8 % d'entre eux étaient de langue maternelle française, 7 % de langue anglaise et 85 % de langue autre que française et anglaise. Si on divise la période 1982-1991 en deux périodes quinquennales, on peut noter la croissance de l'importance des immigrants de langue maternelle autre que française et anglaise de 79 % au cours de la période 1982-1986 à 88 % au cours des années 1987-1991.

Il est possible d'établir un lien entre le profil linguistique des immigrants actuels et la diversification des pays d'origine des immigrants ainsi que l'avènement des grands courants Sud-Nord. Ces changements ont contribué à l'accroissement des langues maternelles autres que française ou anglaise.

Durant la période 1982-1991, le nombre d'immigrants de langue maternelle française et anglaise a augmenté moins vite que celui des autres immigrants, ce qui a eu pour effet de diminuer leur importance relative entre les périodes 1982-1986 et 1987-1991. Pour ces deux périodes, le poids relatif des immigrants de langue maternelle française est resté supérieur à celui des anglophones.

L'arabe, l'espagnol, le créole, le cantonais et le vietnamien sont les principales langues maternelles autres que le français ou l'anglais pour l'ensemble de la période 1982-1991. Chacune se trouve à l'intérieur des deux périodes quinquennales étudiées, mais pas dans le même ordre.

L'arabe est, de loin, la principale langue maternelle des immigrants, avec un peu plus de 50 000 locuteurs; viennent ensuite les immigrants de langue maternelle espagnole (29 600), française (22 100), créole (20 600), anglaise (17 500), cantonaise (16 400) et vietnamienne (11 200).




Tableau 2.1.3
Répartition des immigrants admis au Québec selon la langue maternelle, 1982-1986 et 1987-1991a



Graphique 2.1.3
Répartition (en %) des immigrants admis au Québec selon la langue maternelle, 1982-1986 et 1987-1991







2.2 Connaissance du français et de l'anglais



2.2.1 Connaissance du français et de l'anglais parmi la population immigrée recensée au Québec en 1986

En bref
La population immigrée arrivée au Québec après 1970 connaît plus souvent le français que l'anglais.



À partir des réponses fournies à la question posée par le recensement quant à la capacité des personnes de soutenir une conversation en français et en anglais, 45 % des personnes immigrées recensées au Québec en 1986 se sont déclarées bilingues, 25 % ont dit connaître l'anglais seulement, 24 % le français seulement et 6 % aucune de ces deux langues. Au total, on trouve donc, au sein de la population immigrée, presque autant de personnes qui peuvent s'exprimer en français (69 %) qu'en anglais (70 %).

Par ailleurs, il faut noter un changement en faveur du français à l'intérieur des différentes cohortes. Si les personnes arrivées avant 1971 ont déclaré, en plus grand nombre, connaître l'anglais plutôt que le français (77 % contre 67 %), la situation s'est inversée pour les cohortes arrivées ultérieurement, ce qui reflète une plus grande pénétration du français parmi les cohortes de langue maternelle autre.




Tableau 2.2.1
Répartition de la population immigrée selon la connaissance du français et de l'anglais, par période d'immigration, ensemble du Québec, 1986



Graphique 2.2.1
Répartition (en %) de la population immigrée selon la connaissance du français et de l'anglais, par période d'immigration, ensemble du Québec, 1986







2.2.2 Connaissance du français et de l'anglais parmi la population immigrée de langue maternelle autre recensée au Québec en 1986

En bref
La population immigrée de langue maternelle autre arrivée au Québec après 1975, particulièrement celle qui est âgée de moins de 15 ans, connaît plus souvent le français que l'anglais.



En 1986, quelque 65 % des personnes immigrées de langue maternelle unique autre que française ou anglaise ont déclaré avoir une connaissance suffisante du français pour soutenir une conversation : 22 % s'en tenaient à la seule connaissance du français et 43 % pouvaient converser soit en français, soit en anglais.

Les données de 1986 montrent par ailleurs, à l'instar des autres recensements, l'influence de la durée de résidence sur l'apprentissage d'une nouvelle langue: proportions plus élevées de personnes qui ne connaissent ni le français ni l'anglais et proportions plus faibles de bilingues parmi les cohortes récemment arrivées.

En outre, il est possible de constituer un indice pour illustrer le rapport entre le nombre total de personnes qui déclarent connaître le français et celles qui disent connaître l'anglais (voir le graphique ci-contre). Les personnes bilingues sont ainsi comptabilisées dans les deux groupes. Cet indice permet de constater qu'un plus grand nombre d'immigrants déclarent en 1986 connaître l'anglais plutôt que le français. Cependant, parmi les cohortes récentes, on trouve un nombre supérieur de personnes qui se disent capables de communiquer en français par rapport à celles qui déclarent pouvoir le faire en anglais.

Chez les moins de 15 ans, ceux qui connaissent le français sont deux fois plus nombreux que ceux qui connaissent l'anglais. Le groupe des 45 ans et plus vit une situation inverse, en raison de l'importance numérique des cohortes anciennes dans ce groupe.




Tableau 2.2.2
Répartition (en %) de la population immigrée de langue maternelle unique autre selon la connaissance du français et de l'anglais, par groupe d'âge et par période d'immigration, ensemble du Québec, 1986



Graphique 2.2.2
Nombre de personnes qui connaissent le français pour 100 qui connaissent l'anglais, parmi la population immigrée de langue maternelle unique autre, par groupe d'âge et par période d'immigration, ensemble du Québec, 1986







2.2.3 Connaissance du français et de l'anglais parmi les immigrants admis au Québec, 1972-1991

En bref
La proportion d'immigrants ne connaissant ni le français ni l'anglais à leur arrivée au Québec s'est surtout accrue au cours des années 1970. Elle se situe maintenant à 42 %.



Plusieurs facteurs peuvent aider à comprendre les changements qu'on peut observer dans la répartition des immigrants selon la connaissance qu'ils ont du français et de l'anglais au moment de leur admission au Québec. Mentionnons en particulier la grille de sélection (cette dernière favorise la venue de personnes connaissant le français en accordant des points à ces candidats et à leur conjoint), la diversification des pays sources et, enfin, l'importance de certains programmes spéciaux qui, par leur poids et leurs caractéristiques, agissent sur le profil linguistique de l'immigration totale.

Le fait marquant dans l'immigration au Québec depuis 1982 est sans contredit l'augmentation du nombre des immigrants au cours des années 1987-1991.

Comme le montre le graphique, l'immigration québécoise des années 1987-1991 est composée aux deux tiers environ de personnes ne connaissant pas le français au moment de leur admission: 42 % ne connaissaient ni le français ni l'anglais, et 24 % connaissaient l'anglais.

Notons que, au cours des deux périodes précédentes, on trouve une proportion comparable de personnes connaissant l'anglais seulement. Par contre, durant la période 1972-1976, cette proportion était de 36 % et, en nombre, ce groupe de personnes était le plus important.

Quelque 34 % des immigrants admis au Québec entre 1987 et 1991 connaissaient le français, soit 19 %, le français seulement, et 15 %, le français et l'anglais. Cela représente une diminution de 5 points de la proportion de personnes qui connaissaient le français par rapport à la période précédente.




Tableau 2.2.3
Répartition des immigrants admis au Québec selon la connaissance du français et de l'anglais, 1972-1991a



Graphique 2.2.3
Répartition (en %) des immigrants admis au Québec selon la connaissance du français et de l'anglais, 1972-1991







2.3 Langue d'usage

2.3.1 Langue d'usage de la population immigrée recensée au Québec en 1986

En bref
Parmi la population immigrée, l'usage à la maison d'une langue autre que le français ou l'anglais prédomine, particulièrement chez les personnes dont l'arrivée au Québec est récente.



En 1986, 37 % des personnes immigrées utilisaient le plus souvent une langue autre que le français ou l'anglais dans leur foyer, 25 % parlaient l'anglais chez elles, 22 % le français et 16 % utilisaient plusieurs langues soit, dans la plupart des cas, la langue d'origine avec le français ou l'anglais.

Au fil des années d'enracinement au pays, une partie des allophones est encline à adopter une langue d'accueil. Ainsi, alors que 54 % de la population immigrée est de langue maternelle autre que française ou anglaise, seulement 37 % utilisent à la maison leur langue d'origine. Cette mobilité linguistique a profité surtout au groupe de langue anglaise pour les anciennes cohortes et à celui de langue française pour les plus récentes.

À cause de cette mobilité linguistique, on recense plus de personnes qui ont le français ou l'anglais pour langue d'usage que d'individus de langue maternelle correspondante. On observe en outre un plus grand nombre de réponses multiples. Cet écart est particulièrement accentué parmi les cohortes les plus anciennes, ce qui souligne l'effet de la durée de résidence.

Il faut enfin remarquer que, parmi les cohortes arrivées après 1971, les personnes qui parlent français au foyer sont plus nombreuses que celles qui utilisent l'anglais.




Tableau 2.3.1
Répartition de la population immigrée selon la langue d'usage, par période d'immigration, ensemble du Québec, 1986



Graphique 2.3.1
Répartition (en %) de la population immigrée selon la langue d'usage, par période d'immigration, ensemble du Québec, 1986







2.3.2 Langue d'usage de la population immigrée de langue maternelle autre que française ou anglaise recensée au Québec en 1986

En bref
La population immigrée de langue maternelle autre arrivée au Québec après 1975 et qui a effectué un transfert linguistique parle plus souvent le français que l'anglais à la maison.



Près des deux tiers des personnes immigrées vivant au Québec en 1986 et ayant une langue maternelle autre que le français ou l'anglais déclaraient, au dernier recensement, qu'elles continuaient de parler une tierce langue au foyer (62 %). Par contre, 15 % d'entre elles utilisaient simultanément une autre langue et 23 % disaient ne parler que l'anglais ou le français chez elles, ayant effectué ce qu'on appelle un transfert linguistique.

Globalement, les transferts sont encore en majorité orientés vers l'anglais en 1986, soit dans une proportion de 2 pour 1.

Toutefois, on constate que ce portrait global ne reflète pas la situation de toutes les personnes immigrées. On remarque que les personnes immigrées avant 1971 ont, quel que soit leur âge, adopté majoritairement l'anglais plutôt que le français. En effet, le nombre de transferts vers le français pour 100 transferts vers l'anglais est toujours inférieur à 100. Parmi les cohortes 1971-1975, le rapport tend à s'égaliser en se rapprochant de 100, sauf chez les 15-24 ans où il est inférieur et chez les moins de 15 ans où il est supérieur. Cet indice devient par contre supérieur à 100 parmi les cohortes arrivées après 1976. Cette attraction plus grande du français, plus forte d'ailleurs en 1976-1980 qu'en 1981-1986, s'observe à tous les âges. Le cas des jeunes de moins de 15 ans est particulièrement digne de mention sur ce plan.

Les cohortes récentes n'ont pas suffisamment de poids et l'importance de leurs transferts est encore trop faible numériquement pour modifier le portrait général des transferts linguistiques des allophones.




Tableau 2.3.2
Répartition (en %) de la population immigrée de langue maternelle unique autre que française ou anglaise selon la langue d'usage, par groupe d'âge et par période d'immigration, ensemble du Québec, 1986




Graphique 2.3.2
Nombre de transferts vers le français pour 100 vers l'anglais, parmi la population immigrée de langue maternelle autre, par groupe d'âge et par période d'immigration, ensemble du Québec, 1986




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