Accéder au contenu principal
 

 

INDICATEURS
DE LA SITUATION LINGUISTIQUE
AU QUÉBEC édition 1992



6 Langue et communication

6.1 Presse écrite

6.1.1 Langue des quotidiens, 1960-1991

En bref
La proportion du tirage des quotidiens en français a connu un accroissement de 14 points au cours des 31 dernières années.



Entre 1970 et 1985, les quotidiens francophones et anglophones semblent suivre des évolutions opposées. Le tirage en langue française passe de quelque 800 000 exemplaires à près de 1 000 000. Quant au tirage en langue anglaise, il subit un ralentissement, plus marqué encore entre 1975 et 1980 : on observe alors une chute importante du nombre d'exemplaires.

En ce qui concerne les quotidiens francophones, la fermeture du Montréal-Matin et du Jour (entre 1975 et 1980) s'est traduite par un accroissement sensible du tirage pour l'ensemble des autres quotidiens.

Par ailleurs, la fermeture du Montreal Star à la fin des années 1970 a fait chuter de façon notable le nombre d'exemplaires en anglais.

À Montréal, la segmentation linguistique du tirage des quotidiens exprime encore plus clairement la situation observée dans l'ensemble du Québec. Dès 1975, les quotidiens francophones suivent une progression inversement proportionnelle à celle des quotidiens anglophones.

Le tirage total des quotidiens anglophones ne cesse de décroître alors que celui des quotidiens francophones affiche une croissance constante jusqu'en 1985.

Conséquemment, la représentation proportionnelle du tirage en langue française s'accroît (voir le graphique ci-contre). En 1960, 69 % du tirage québécois était en langue française. Trente et un ans plus tard, cette proportion est passée à 83 %, soit une hausse de 14 points. Cet indicateur porte sur les quotidiens publiés au Québec1; il ne représente donc pas le volume de lecture en français ou en anglais de la population québécoise2.




Tableau 6.1.1
Nombre de titres et tirage (en milliers) des quotidiens selon la langue de publication, ensemble du Québec et Montréal, 1960-1991



Graphique 6.1.1
Répartition (en %) du tirage des quotidiens selon la langue de publication, ensemble du Québec, 1960-1991




1 Inclut Le Droit, publié à Ottawa, mais distribué majoritairement en sol québécois. [retour au texte]

2 Comme les quotidiens de Toronto vendus à Montréal ne sont pas publiés au Québec, ils ne sont pas comptabilisés. [retour au texte]





6.1.2 Composition du lectorat des quotidiens montréalais selon la langue maternelle, 1990

En bref
Les lecteurs francophones et anglophones des quotidiens montréalais privilégient ceux qui sont publiés dans leur langue, tandis que les allophones lisent surtout le quotidien en anglais.



Les données sur la composition du lectorat des quotidiens montréalais constituent un autre indicateur, bien que très partiel, des habitudes de lecture des groupes linguistiques de la région métropolitaine de Montréal.

Notons d'abord que le lectorat du quotidien en langue anglaise The Gazette est composé de 18,8 % de francophones et de 23,7 % d'allophones. Celui des quotidiens en langue française compte de 6 % à 7 % d'anglophones et de 5 % à 10 % d'allophones. Au total, le lectorat de chacun des quotidiens francophones est composé d'au moins 11% de non-francophones.

On observe par ailleurs que la composition du lectorat des quotidiens francophones est assez homogène, soit entre 84 % et 89 % de francophones.

L'examen des nombres absolus montre que la préférence des allophones va à la lecture du quotidien anglophone. En effet, dans la région métropolitaine de Montréal, près de 130 000 allophones lisent The Gazette, environ 30 000 lisent La Presse, 28 600, Le Journal de Montréal et 6 200, Le Devoir1.




Tableau 6.1.2
Répartition des lecteurs des quotidiens montréalais selon la langue maternelle, par titre, Montréal, 1990



Graphique 6.1.2
Répartition (en milliers) des lecteurs des quotidiens montréalais selon la langue maternelle, par titre, Montréal, 1990




1 Une personne peut être comptée plus d'une fois si elle lit plus d'un quotidien. [retour au texte]





6.1.3 Langues des hebdomadaires 1960-1991

En bref
La proportion du tirage des hebdomadaires en français est passée de 52 % en 1960 à 86 % en 1991.



Au Québec, la presse hebdomadaire est principalement constituée de publications d'information générale : les hebdomadaires régionaux. D'autres publications hebdomadaires, non recensées ici1, sont également accessibles aux lecteurs québécois. Pour la plupart, elles sont spécialisées (habitation, affaires, variétés, etc.).

Le nombre d'éditions


L'examen des données de 1960 à 1991 montre que le nombre d'éditions2 des hebdomadaires en langue française a diminué en 1970. Cette baisse s'est accompagnée d'une augmentation des publications bilingues qui atteignent un sommet avec 44 éditions.

Le nombre de publications en langue anglaise affiche par ailleurs une diminution importante en 1980. Ce nombre atteint alors la dizaine; en 1990, une légère remontée le fait passer à 16, mais il redescend à 14 en 1991.

Le tirage


À partir de 1980, les publications en langue française ont un tirage total particulièrement élevé3. Parallèlement, celui des hebdomadaires bilingues demeure important, surtout en 1970 : ce genre de publications dépasse alors même les éditions francophones quant au nombre d'exemplaires. Enfin, le tirage des éditions anglophones demeure restreint.

En 1960, le tirage total des hebdomadaires au Québec était en majorité (52 %) en langue française, 38 % des exemplaires étaient bilingues et environ 10 % du tirage, en langue anglaise. Trente et un ans plus tard, la proportion d'exemplaires en langue française atteint 86 %; celle des exemplaires bilingues a chuté à 12 % et le tirage en langue anglaise est cinq fois moindre et ne représente plus que 2 % de l'ensemble.




Tableau 6.1.3
Nombre d'éditions et tirage (en milliers) des hebdomadaires selon la langue de publication, ensemble du Québec, 1960-1991



Graphique 6.1.3
Répartition (en %) du tirage des hebdomadaires selon la langue de publication, ensemble du Québec, 1960-1991




1 Il y a aussi, dans la région de Montréal, une quinzaine d'hebdomadaires ethniques, c'est-à-dire publiés dans une langue autre que le français ou l'anglais. [retour au texte]

2 Pour les hebdomadaires, le mot « édition » est employé au lieu de « titre » pour comptabiliser les publications coiffées d'un même titre, mais qui font l'objet de plusieurs éditions. [retour au texte]

3 L'essor considérable de la distribution gratuite de journaux francophones dans les foyers explique en partie cette situation. [retour au texte]





6.1.4 Langue des périodiques, 1991

En bref En 1991, 72 % des périodiques édités au Québec sont en langue française, 19 % en anglais et 9 % bilingues.



Le nombre de périodiques en langue française édités au Québec1 a connu un accroissement sensible entre 1970 et 1980, soit une augmentation annuelle moyenne de 7 points de pourcentage. Entre 1980 et 1991, le nombre de titres s'accroît deux fois moins vite, l'augmentation annuelle moyenne étant de 3,5 points de pourcentage.

Le tirage, pour sa part, passe de quelque 3 millions à 6 millions d'exemplaires entre 1970 et 1980, ce qui correspond à une augmentation annuelle moyenne de 12 points de pourcentage. En 1991, le tirage des périodiques francophones est encore de 6 millions.

Pour cette même année, la répartition du nombre de périodiques édités au Québec selon la langue de publication est la suivante : 72 % sont en français, 19 % en anglais, et 9 % bilingues. La distribution du tirage est assez semblable, soit 73 % en français, 16 % en anglais, et 11 % bilingue.

Dans la mesure où une part importante du marché québécois est constituée de périodiques américains ou européens, cet indicateur ne montre pas l'évolution des habitudes de lecture de la population.

En revanche, un sondage effectué en 1989 par la firme Impact Recherche a révélé que 19 des 25 périodiques préférés de la population montréalaise sont publiés en français et produits au Québec. Sur les dix premiers, neuf sont dans ce cas.




Tableau 6.1.4
Nombre de titres et tirage (en milliers) des périodiques selon la langue de publication, ensemble du Québec, 1991 (1960-1991 pour les périodiques francophones)



Graphique 6.1.4
Répartition (en %) des titres et du tirage des périodiques selon la langue de publication, ensemble du Québec, 1991




1 Le répertoire Canadian Advertising Rates & Data (CARD) recense uniquement les publications contenant de la publicité. La compilation du tirage total des périodiques a été effectuée avec les informations sur les tirages disponibles dans ce répertoire. [retour au texte]





6.2 Télévision

6.2.1 Écoute de la télévision par francophones1, 1981-1991

En bref
Les francophones de la région de Montréal regardent moins souvent la télévision en langue anglaise en 1991 qu'ils ne le faisaient en 1981.



Dans l'ensemble du Québec, les habitudes d'écoute de la télévision des francophones — définis en fonction de la langue d'usage et non de la langue maternelle — ont été stables au cours des dernières années. Sauf en 1983, l'écoute accordée à l'ensemble des diffuseurs francophones n'a varié que de 2,8 points de pourcentage de 1981 à 1991, tandis que la part d'écoute des francophones accordée à la télévision en langue anglaise s'est maintenue entre 8,1 % et 12,4 % depuis 1984.

Bien que la programmation de la télévision en langue française soit populaire auprès des francophones, il n'en demeure pas moins que ceux-ci écoutent, en anglais, une proportion relativement importante d'émissions canadiennes-anglaises ou américaines. Pour la période observée ici, cette habitude, particulièrement enracinée chez les francophones de Montréal, est à son point culminant en 19832. La situation s'est cependant modifiée depuis. De 21,6 % en 1981, avec un sommet de 27,8 % en 1983, la part de l'écoute des francophones de Montréal consacrée à la télévision en langue anglaise est descendue à 12,3 % à l'automne 1991.

Si on exclut la région de Montréal, la télévision en langue française recueille un taux annuel moyen de 89,9 % de l'écoute des francophones du Québec, et la télévision en langue anglaise, de 8,2 %.

Ce sont surtout les francophones de Montréal qui ont modifié leurs habitudes et qui écoutent de moins en moins la télévision en langue anglaise. En conséquence, l'écart se réduit entre la région de Montréal et les autres régions du Québec pour ce qui est de l'écoute de la télévision anglophone.




Tableau 6.2.1
Répartition (en %) des heures d'écoute de la télévision par les francophonesa ensemble du Québec, Montréalb et le Québec sauf Montréal, automnes de 1981 à 1991, journée complète



Graphique 6.2.1
Pourcentage des heures d'écoute de la télévision anglophone par les francophones, Montréal et le Québec sauf Montréal, automnes de 1981 à 1991, journée complète




1 Sont considérées ici comme francophones les personnes dont la langue parlée à la maison (langue d'usage) est le français. [retour au texte]

2 De façon générale, les spécialistes attribuent la forte hausse des transferts d'écoute vers la télévision en langue anglaise de 1983 à la grève de Télé-Métropole. [retour au texte]





6.2.2 Écoute de la télévision par les anglophones1, 1987-1991

En bref
Entre 1987 et 1991, les anglophones ont accordé en moyenne 90 % de leur temps d'écoute de la télévision à des canaux en langue anglaise et 5 % à la télévision en langue française.



Les habitudes d'écoute des anglophones de la région métropolitaine de Montréal varient peu entre 1987 et 1991. On observe tout de même une légère baisse de l'écoute en français depuis 1988 (2 points de pourcentage).

L'intérêt des anglophones pour la télévision diffusée dans leur langue ne se dément pas; ils y consacrent, en 1991, 90,6 % de leur temps d'écoute. Ce pourcentage est identique à celui que les francophones hors Montréal consacrent à la télévision en langue française (voir l'indicateur 6.2.1). Notons qu'une part importante de l'écoute des anglophones va à la télévision américaine; entre 1987 et 1991, un pourcentage annuel moyen de 37,5 % de leur écoute a été alloué directement à celle-ci, et 52,7 %, à la télévision canadienneanglaise (surtout CFCF).

Cependant, les stations canadiennes diffusent aussi des émissions américaines. Par conséquent, en 1990, seulement 26 % des émissions regardées par les anglophones du Canada étaient d'origine canadienne. Ce pourcentage était de 64 % chez les francophones2.




Tableau 6.2.2
Répartition (en %) des heures d'écoute de la télévision par les anglophonesa, Montréalb, automnes de 1987 à 1991, journée complète



Graphique 6.2.2
Répartition annuelle moyenne (en %) des heures d'écoute de la télévision par les anglophones, Montréal, automnes de 1987 à 1991, journée complète




1 Sont considérées ici comme anglophones les personnes dont la langue parlée à la maison (langue d'usage) est l'anglais. [retour au texte]

2 L'écoute de la télévision - 1990, Statistique Canada, Division de l'éducation, de la culture et du tourisme, catalogue no 87-208. [retour au texte]





6.3 Radio

6.3.1 Langue de diffusion des stations de radio, 1970-1991

En bref
Entre 1970 et 1991, le nombre de stations radiophoniques qui diffusent en français a connu une croissance marquée.



Au Québec, l'univers radiophonique se subdivise en stations privées, publiques et communautaires. Entre 1970 et 1990, le nombre total de stations radiophoniques a presque doublé, passant de 68 à 135. Les stations qui diffusent en langue française ont connu la plus forte croissance puisque leur nombre a plus que doublé (de 55 à 118). Cette augmentation est surtout attribuable aux stations MF francophones qui sont passées de 6 à 56. Le nombre de stations de langue anglaise, de son côté, n'a progressé que de 1,36 fois au cours de cette période (de 11 à 15).

Cependant, le nombre de stations de radio a diminué de 135 qu'il était en 1990 à 130 en 1991. Le contexte économique particulièrement difficile dans le secteur des médias a principalement touché les stations MA de langue française, dont le nombre est passé de 118 à 113.

De toutes les stations actuellement en ondes, la plupart (86,9 %) diffusent en français. Les stations québécoises diffusant en anglais se trouvent à Montréal, à l'exception de trois, situées à Sherbrooke, Québec et Saint-Augustin (Basse-Côte-Nord)1.

Le nombre de stations communautaires a également connu une progression importante (de 2 à 22); sauf deux d'entre elles, ces stations diffusent en français.

Le nombre de stations multilingues est restreint (2) et n'a pas varié depuis 1970.




Tableau 6.3.1
Répartition des stations de radioa selon la langue de diffusion et le type de station, ensemble du Québec, 1970-1991



Graphique 6.3.1
Répartition des stations de radio selon la langue de diffusion, ensemble du Québec, 1970-1991




1 Ministère des Communications, Direction générale des médias, compilation des données du C.R.T.C. [retour au texte]





6.3.2 Langue de diffusion et heures d'écoute des stations de radio, 1990

En bref
En 1990, dans la région de Montréal, 64 % des heures d'écoute des stations radiophoniques se font en français et 35 %, en anglais.



Dans l'ensemble du Québec, la proportion des heures d'écoute radiophonique en français est de 78,7 %. Cette proportion est légèrement inférieure au poids relatif des francophones (82,9 %1) dans la population du Québec. Les stations de langue anglaise recueillent pour leur part le cinquième de l'écoute radiophonique.

À l'extérieur de la région métropolitaine de Montréal, la proportion des heures d'écoute consacrées aux stations de langue française atteint 91,9 %, comparativement à 7,8 % pour celles qui diffusent en anglais.

La situation est cependant très différente à Montréal. Bien que les anglophones ne représentent que 16,9 % de la population de la région de Montréal2, les stations qui diffusent en anglais recueillent 34,5 % des heures d'écoute en 1990. Cette situation constitue une caractéristique du marché montréalais et il influence l'expansion de son système de radiodiffusion.




Tableau 6.3.2
Répartition des heures d'écoute de la radioa selon la langue de diffusion, ensemble du Québec, Montréalb et le Québec sauf Montréal, 1990



Graphique 6.3.2
Répartition (en %) des heures d'écoute de la radio selon la langue de diffusion, ensemble du Québec, Montréal et le Québec sauf Montréal, 1990




1 Au recensement de 1986. Voir l'indicateur 1.1. [retour au texte]

2 Michel Paillé, Nouvelles tendances démolinguistiques dans l'île de Montréal, 1981-1996, Québec, Conseil de la langue française, « notes et documents », no 71, 1989, p. 23. [retour au texte]





6.3.3 Écoute des stations de radio francophones et anglophones selon la langue des auditeurs, 1990

En bref
En 1990, dans la région de Montréal, 84 % des heures d'écoute radiophonique des francophones vont vers des stations qui diffusent en français, comparativement à 96 % hors de la région montréalaise.



L'écoute par les francophones définis en fonction de la langue d'usage et non de la langue maternelle des stations de radio de langue anglaise demeure un enjeu important. En 1990, 9,0 % des heures d'écoute des francophones de l'ensemble du Québec sont consacrées aux stations anglophones. Cette part d'écoute est encore plus élevée dans la région de Montréal (16,0 %).

De leur côté, les anglophones de Montréal consacrent uniquement 7,3 % de leur temps d'écoute aux stations de radio francophones, comparativement à 24,9 % ailleurs au Québec.




Tableau 6.3.3
Répartition des heures d'écoute des stations de radioa francophones et anglophones selon la langue d'usage des auditeurs, ensemble du Québec, Montréalb et le Québec sauf Montréal, 1990



Graphique 6.3.3
Répartition (en %) des heures d'écoute des stations de radio francophones selon la langue d'usage des auditeurs, ensemble du Québec, Montréal et le Québec sauf Montréal, 1990




haut