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INDICATEURS
DE LA SITUATION LINGUISTIQUE
AU QUÉBEC édition 1992



7 Langue et culture

7.1 Édition

7.1.1 Langue de l'édition de monographies, 1972-1990

En bref
La proportion de titres en français dans l'édition de monographies varie selon les années : de 82 % en 1972 et de 91 % en 1980, elle se situe à 84 % en 1990.



Les statistiques de l'édition au Québec sont basées sur les documents reçus au Bureau du dépôt légal de la Bibliothèque nationale du Québec. En vertu de la loi, tous les éditeurs1, sont tenus de déposer deux exemplaires de leurs publications. Ce dépôt légal s'applique aux éditions et aux rééditions2 Les statistiques présentées dans cette section sur les monographies3 excluent donc les réimpressions.

Le nombre total des titres4 de monographies, livres5 et brochures6, publiés annuellement entre 1972 et 1990, a été multiplié par 3, et celui du nombre d'exemplaires, par 1,5.

La proportion des titres en français est plus élevée de 2,2 points en 1990 qu'en 1972, et celle des exemplaires, de 7,2 points. Les publications en français atteignent un sommet au début des années 1980, soit environ 90 % des titres et des exemplaires de l'édition québécoise. La proportion des publications en anglais s'est également accrue entre 1972 et 1990 : celle des titres, de 2,6 points, et celle des exemplaires, de 4,4 points. Quant aux publications multilingues et autres, elles ont fluctué à la baisse à partir de 1978; en 1990, elles représentent 2,3 % des titres et 6,8 % des exemplaires publiés.




Tableau 7.1.1
Répartition (en %) des titres et des exemplaires de l'édition de monographies selon la langue de publication, ensemble du Québec, 1972-1990



Graphique 7.1.1
Pourcentage de titres en français dans l'édition de monographies, ensemble du Québec, 1972-1990




1 Inclut les éditeurs privés et les organismes et ministères du gouvernement — qui font l'objet des deux indicateurs qui suivent — et plusieurs autres, notamment les maisons d'enseignement et les diverses associations. [retour au texte]

2 Une « réédition » se distingue des éditions antérieures par des modifications apportées au contenu ou à la présentation. [retour au texte]

3 Une « monographie » est un ouvrage (livre ou brochure) formant un tout en un ou plusieurs volumes, soit qu'il paraisse en une seule fois, soit que la publication s'étale sur une durée limitée selon un plan établi à l'avance. [retour au texte]

4 « Titre » est le terme utilisé pour désigner une publication imprimée, constituant un tout distinct, qu'elle soit en un ou plusieurs volumes. [retour au texte]

5 Un « livre » est une publication non périodique comptant au moins 49 pages (pages de couverture non comprises), éditée dans le pays et offerte au public. [retour au texte]

6 Une « brochure » est une publication non périodique imprimée comptant au moins 5, mais pas plus de 48 pages (pages de couverture non comprises), éditée dans le pays et offerte au public. [retour au texte]





7.1.2 Langue de l'édition commerciale, 1972-1990

En bref
La proportion de titres en français dans l'édition commerciale varie selon les années, entre 82 % en 1978 et 92 % en 1980, mais elle se maintient au-dessus de 89 % depuis 1980.



Le nombre de titres des maisons d'édition commerciales a plus que doublé entre 1972 et 1982. Tout au long de cette période, le nombre de titres publiés en français a progressé plus rapidement que tout autre; de 1972 à 1990, 2,1 fois plus de titres ont été publiés en français, 1,5 fois plus en anglais, et les titres multilingues et autres se sont multipliés par 1,3.

La place relative occupée par l'édition commerciale en langue française est devenue plus importante, à partir de 1980 notamment. Au cours des dernières années de la décennie, la proportion des titres publiés en français atteint 90 %, alors qu'elle était de 85 % en 1972. Quant aux titres publiés en anglais, ils accusent une baisse de près de 3 points entre 1972 et 1990, tandis que les titres multilingues et autres ont diminué de 1,2 point.

Le pourcentage des exemplaires en langue française, par rapport à l'ensemble de l'édition commerciale, se maintient entre 87 % et 96 %, à l'exception de la période de 1976 à 1978 et de l'année 1990 où cette proportion est inférieure à 83 %. Le pourcentage d'exemplaires en langue anglaise est plus élevé en 1978 (11,3 %), en 1989 (11,6 %) et en 1990 (13,5 %). La proportion des exemplaires multilingues et autres est exceptionnelle en 1976 (15,8 %).

Le tirage moyen de l'édition commerciale est à la baisse; en 1972, il était d'environ 3 800 exemplaires, et de 3 400 en 1990. Deux années ne suivent pas cette tendance : en 1987, le tirage moyen était d'environ 4 000 exemplaires et, en 1988, de plus de 5 000. De façon générale, le tirage des publications en français est à la baisse, exception faite des années 1987 et 1988, tandis que celui des publications en anglais serait à la hausse depuis 1984. Notons que le tirage moyen des publications multilingues et autres est généralement plus bas que pour l'ensemble de l'édition commerciale.




Tableau 7.1.2
Répartition (en %) des titres et des exemplaires de l'édition commerciale selon la langue de publication, ensemble du Québec, 1972-1990



Graphique 7.1.2
Pourcentage de titres en français dans l'édition commerciale, ensemble du Québec, 1972-1990







7.1.3 Langue des publications du gouvernement du Québec, 1972-1990

En bref
La proportion de titres en français dans les publications du gouvernement du Québec varie selon les années; de 71 % en 1972 à 93 % en 1982, elle se situe à 84 % en 1990.



Après des variations importantes entre 1972 et 1986, le nombre de titres publiés par le gouvernement du Québec s'est stabilisé depuis lors à 1 500 titres environ.

Les tendances sont différentes selon la langue de publication. De 1978 à 1982, plus de 90 % des titres étaient en français, alors que, depuis 1987, leur proportion est inférieure à 85 %. Quant aux titres anglais, leur proportion dépasse 10 % depuis 1984 et atteint un sommet de 17,8 % en 1988. Par contre, les publications multilingues et autres occupent une place de plus en plus marginale dans les publications gouvernementales. En 1974, il y a eu plus de 200 titres multilingues et autres, tandis que leur nombre demeure inférieur à 40 depuis 1986 et représente moins de 2 % des publications gouvernementales.

Le nombre d'exemplaires dans l'édition gouvernementale atteint un sommet de 1976 à 1984, soit entre 5 et 7 millions d'exemplaires annuellement. À partir de 1986, ce nombre descend en-dessous de 4 millions, conséquence conjuguée d'une diminution du nombre de titres publiés et d'un tirage moyen plus faible.

La répartition des exemplaires selon la langue de publication ne connaît pas, au cours des années 1980, de fluctuations aussi marquées que durant la décennie précédente. À partir de 1980, la part des exemplaires en français oscille néanmoins entre 79,1 % et 89,7 %, tandis que la proportion des publications en anglais atteint en moyenne 12 % et que celle des publications multilingues et autres passe sous les 2 %. Avant 1978, cependant, le tirage moyen des publications multilingues et autres dépassait largement celui des publications en français.

Avec les années, le tirage moyen des publications gouvernementales a été réduit. Il était de 6 700 exemplaires par titre en 1972 et de 4 000 en 1980; il n'est plus que de 2 200 en 1990.




Tableau 7.1.3
Répartition (en %) des titres et des exemplaires des publications du gouvernement du Québec selon la langue de publication, ensemble du Québec, 1972-1990



Graphique 7.1.3
Pourcentage de titres en français dans les publications du gouvernement du Québec ensemble du Québec, 1972-1990







7.2 Cinémas et vidéocassette

7.2.1 Langue de projection dans les cinémas, 1976-1990

En bref
Le pourcentage de films projetés en français passe de 72 % en 1976 à 54 % en 1987 pour remonter à 61 % en 1990.



Les années 1984-1987 semblent une période de rajustement ou de réorientation de l'activité des salles de cinéma et des ciné-parcs; elles marquent un changement de l'évolution des projections cinématographiques selon la langue de projection1. De 1978 à 1987, l'assistance2 a diminué de plus de 5 millions de spectateurs, soit près de 30 %. Cette perte a été assumée essentiellement par les films projetés en langue française; la proportion de l'assistance accordée à ceux-ci est passée de 69 % à 51 %. Parallèlement, le nombre de projections3 en langue anglaise s'accroissait de 73 000 à 121 000, tandis que les projections en langue française diminuaient de 173 000 à 140 000; ces dernières constituaient 70 % des représentations en 1978 et 54 % en 1987.

Depuis 1987, l'assistance totale a augmenté de près de un million de spectateurs et la régression du français dans les projections cinématographiques s'est muée en progression. De 1987 à 1990, l'assistance à des films projetés en français s'accroît de 1,5 million; elle représente 57 % de l'assistance totale en 1990, soit un gain de 6 points depuis 1987. En même temps, le nombre de projections en langue française s'accroît de 140 000 à 167 000 et représente 61 % de l'ensemble, soit un gain de 7 points depuis 1987.

En somme, de 1978 à la période 1984-1987 — période de changement —, l'activité des salles de cinéma et des ciné-parcs a régressé, de même que la part du français dans ce domaine. Depuis 1987, année où le gouvernement québécois a revu la législation sur le cinéma, cette activité en salle et dans les ciné-parcs s'est accrue, ainsi que la proportion de l'espace français, sans toutefois atteindre le niveau de 1978.




Tableau 7.2.1
Répartition (en %) des projections cinématographiques et da l'assistance selon la langue de projection, ensemble du Québec, cinémas et ciné-parcs, 1976-1990



Graphique 7.2.1
Répartition (en %) des projections cinématographiques selon la langue de projection, ensemble du Québec, cinémas et ciné-parcs, 1976-1990




1 La « langue de projection » est la langue encodée sur la bande sonore pendant la projection d'un film. Par exemple, un film anglais doublé en majeure partie en français est considéré comme en langue française, tandis qu'un film anglais sous-titré en français ne l'est pas. Les statistiques sur le cinéma, produites par le Bureau de la statistique du Québec, distinguent deux catégories selon la langue de projection, soit les projections en français et les projections dans une langue autre que le français. On comprendra que cette dernière catégorie comprend surtout des proJections en langue anglaise. [retour au texte]

2 L'« assistance » est définie par le nombre de personnes qui ont payé un billet d'entrée pour assister à une représentation. [retour au texte]

3 Le « nombre de projections » correspond au nombre de représentations. [retour au texte]





7.2.2 Langue d'écoute des films sur vidéocassettes selon la langue maternelle, 1987-1991

En bref
Dans le domaine de la vidéocassette, la proportion de films loués en français est passée de 56 % en 1986 à 70 % en 1990 pour redescendre à 67 % en 1991.



Le magnétoscope a rapidement pris place parmi les équipements audiovisuels des ménages québécois. En 1985, 31 % des foyers possédaient un magnétoscope et, en 1991, 68 %1. L'arrivée du magnétoscope a donné lieu à de nouvelles pratiques telles que la location de vidéocassettes et leur visionnement à domicile. Ainsi, la proportion de la population âgée de 15 ans et plus qui regarde des vidéocassettes louées s'est accrue de 11 points entre 1986 et 1991, passant de 24,5 % à 35,2 %2.

Les francophones sont venus un peu plus tardivement à l'écoute de vidéocassettes louées. En effet, en 1986, 24 % des francophones regardaient des films sur vidéocassettes louées, comparativement à 26 % des anglophones et à 31 % des allophones. En 1991, la proportion avoisine 35 % pour les trois groupes linguistiques3.

Selon les années, la population québécoise âgée de 15 ans et plus regarde mensuellement de 8 à 10 millions de films sur vidéocassettes louées.

La part des films en version française dans l'ensemble a augmenté de près de 12 points entre 1986 et 1991, passant de 55,6 % à 67,1 %, ce qui s'explique à la fois par le comportement des francophones et par celui des anglophones. Entre 1987 et 1991, la part des films regardés en version française est passée de 67,5 % à 75,3 % chez les francophones avec un sommet de 81,6 % en 1990) et de 4,9 % à 11,4 % chez les anglophones. Chez les allophones, la proportion de vidéocassettes en français est de 10 % en moyenne. En raison de la taille de ce sous-échantillon, les variations annuelles observées chez ce dernier groupe ne sont pas statistiquement significatives.




Tableau 7.2.2
Répartition (en %) des films regardés sur vidéocassettes louées selon la langue d'écoute, par langue maternelle, ensemble du Québec, 1987-1991, population âgée de 15 ans et plus



Graphique 7.2.2
Répartition (en %) des films sur vidéocassettes louées selon la langue d'écoute, ensemble du Québec, 1986-1991, population âgée de 15 ans et plus




1 Enquête annuelle de la firme Jean Jolicoeur et associés, Statmédia. Cette enquête est effectuée chaque printemps auprès d'un échantillon d'environ 3 000 répondants, représentatif de la population québécoise âgée de 15 ans et plus. [retour au texte]

2 Enquête annuelle de la firme Jean Jolicoeur et associés, Statmédia. Cette enquête est effectuée chaque printemps auprès d'un échantillon d'environ 3 000 répondants, représentatif de la population québécoise âgée de 15 ans et plus. [retour au texte]

3 Enquête annuelle de la firme Jean Jolicoeur et associés, Statmédia. Cette enquête est effectuée chaque printemps auprès d'un échantillon d'environ 3 000 répondants, représentatif de la population québécoise âgée de 15 ans et plus. [retour au texte]





7.2.3 Répartition des spectateurs de films sur vidéocassettes selon la langue d'écoute, 1987-1991

En bref
Dans le domaine de la vidéocassette louée, la proportion de francophones qui regardent des films en français seulement s'est accrue de 16 points de pourcentage entre 1987 et 1990, mais elle a baissé de 5 points en 1991.



La tendance dominante, tant chez les francophones que chez les anglophones, est d'écouter des vidéocassettes dans sa langue maternelle. Chez les allophones, la préférence va à l'écoute de films en version anglaise.

Des changements se sont produits au cours des dernières années dans les habitudes d'écoute de vidéocassettes louées, en fonction de la langue maternelle. Ainsi, de 1987 à 1990, les francophones ont été de plus en plus nombreux à regarder des vidéocassettes exclusivement en français; même si, chez eux, une proportion stable n'écoute des vidéocassettes qu'en anglais (en moyenne 13 %), celle des spectateurs dans les deux langues a diminué au profit de l'écoute en français exclusivement. En 1991 cependant, la tendance ne s'est pas maintenue et c'est l'écoute en français qui a diminué. En cinq ans, la proportion de spectateurs francophones qui écoutent des vidéocassettes en français seulement s'est néanmoins accrue de 10,6 points.

Les anglophones, pour leur part, ont augmenté de 7 points l'écoute exclusive de vidéocassettes en français (0,8 % en 1987 contre 7,7 % en 1991).

Enfin, chez les allophones, les changements qui se produisent d'année en année ne vont pas dans le même sens. À l'exception de l'année 1989, il semble toutefois qu'une proportion de 35 % à 40 % d'entre eux regardent des vidéocassettes en français, que ce soit en français seulement ou en français et en anglais.




Tableau 7.2.3
Répartition (en %) des spectateurs de films sur vidéocassettes louées selon la langue d'écoute, par langue maternelle, ensemble du Québec, 1987-1991, population âgée de 15 ans et plus



Graphique 7.2.3
Répartition (en %) des spectateurs francophones de films sur vidéocassettes louées selon la langue d'écoute, ensemble du Québec, 1987-1991, population âgée de 15 ans et plus




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