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INDICATEURS
DE LA SITUATION LINGUISTIQUE
AU QUÉBEC édition 1992




12 Langue et toponymie

Langue de dénomination des toponymes officialisés, 1978 et 1992



En bref
Quelque 78 % des noms de lieux officialisés par la Commission de toponymie jusqu'en 1992 sont en français. En 1978, la proportion était de 74 %.



Les noms de lieux (toponymes) du Québec témoignent à la fois de l'histoire et de l'usage courant issu des apports linguistiques et socioculturels. Ce sont les nommants, souvent anonymes, qui choisissent la langue donnée aux noms de lieux, mais ce sont les utilisateurs qui en consacrent l'usage. C'est après constat d'un usage bien établi, parfois de nombreuses années plus tard, que la Commission de toponymie est appelée à officialiser les noms donnés aux lieux.

La composition du corpus des noms de lieux officialisés par la Commission au fil des ans traduit l'évolution sociolinguistique des diverses régions du Québec. L'augmentation du pourcentage des noms de lieux en langue française entre 1978 et 1992 peut être due à plusieurs facteurs : soit qu'il y ait eu plus de nommants francophones ou de nommants qui aient utilisé le français, soit que les inventaires toponymiques de la Commission aient porté davantage sur des régions où les lieux dénommés en langue française étaient plus nombreux. Par ailleurs, au cours de la même période, le nombre de toponymes en langue anglaise a doublé, passant de 8 392 à 16 866.

Quant à l'accroissement du pourcentage de noms de lieux en langues amérindiennes et en inuktitut, il s'explique par l'effort de la Commission, au cours de la dernière décennie, pour traiter la toponymie usuelle, souvent séculaire, des régions du Québec habitées ou fréquentées par la population autochtone.

Si la Charte de la langue française a accru les pouvoirs et les devoirs de la Commission, les répercussions de cette loi ont surtout porté sur l'amélioration de la qualité linguistique des noms de lieux, c'est-à-dire sur les règles d'écriture et sur les normes de choix (degré d'usage, banalité, homonymie, etc.). La francisation s'est exercée essentiellement sur la langue des génériques constitutifs des noms de lieux (lac, rivière, montagne, anse, rue, route, etc.).

Au 31 mars 1992, la distribution des toponymes officialisés se présente comme suit : 77,6 % sont en français, 10,9 % en anglais, 5,3 % en langues amérindiennes et 1,6 % en inuktitut. Entre 1978 et 1992, ce sont les toponymes en langues amérindiennes et en inuktitut qui ont connu le plus fort accroissement, soit respectivement de 4,3 et de 3,0 fois. Quant au nombre de toponymes en français, il s'est accru de 2,6 fois et celui des toponymes en anglais, de 2,0 fois.




Tableau 12
Répartition des toponymes officialisés selon la langue de dénomination, ensemble du Québec,
1978 et 1992a



Graphique 12
Répartition des toponymes officialisés selon la langue de dénomination, ensemble du Québec, 1992






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