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Cérémonie de remise des insignes de l'Ordre des francophones d'Amérique, du Prix du 3-Juillet-1608 et du prix littéraire Émile-Ollivier pour l'année 2013

2013-09-30
Photo de la remise des prix du CSLF.

(Le texte lu fait foi.)


Madame la Ministre,
Madame la Secrétaire adjointe à la francophonie,
Madame la Conseillère,
Distingués récipiendaires de l’Ordre des francophones d’Amérique,
Lauréats du Prix du 3-Juillet-1608 et du prix littéraire Émile-Ollivier,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Mesdames et Messieurs les membres du corps consulaire et des tribunaux administratifs,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,


Je vous souhaite la plus cordiale des bienvenues à cette remise des prix du Conseil supérieur de la langue française. Cette année, la cérémonie se déroule sous le signe des anniversaires. D’abord, un 35e anniversaire, puisque c’est en 1978 que le Conseil de la langue française remettait pour la toute première fois les insignes de l’Ordre des francophones d’Amérique et le Prix du 3-Juillet-1608. L’événement s’était déroulé lors d’un banquet offert par le premier ministre du Québec de l’époque, monsieur René Lévesque, dans le cadre des célébrations du 370e anniversaire de la fondation de Québec. Ces distinctions ont été créées pour reconnaître les mérites de personnes s’étant consacrées au maintien et à l’épanouissement de la langue française en Amérique ou ayant accordé leur soutien à l’essor de la vie française sur le continent américain.


Plus qu’un simple décompte des années, les anniversaires constituent des occasions de faire des bilans. Ainsi, en 35 ans, pas moins de 300 fervents défenseurs du fait français en Amérique ont reçu l’insigne de l’Ordre, des personnes en provenance du Québec, de l’Acadie, de l’Ontario, de l’Ouest canadien, des Amériques et des autres continents, qui se distinguent toutes, dans leurs sphères d’activité respectives, par l’ampleur de leurs réalisations. Pendant la même période, le Prix du 3-Juillet-1608 a été remis à 34 organisations ou personnes qui ont rendu des services exceptionnels à la collectivité et à l’ensemble de la francophonie nord-américaine. J’ai bien dit organisations ou personnes, car pendant près de dix ans, les personnes physiques étaient également admissibles à recevoir le Prix. En 1987, le Conseil en a modifié les critères d’attribution afin de ne le destiner qu’aux organisations dont les activités contribuent de façon remarquable à la promotion de la langue française.


S’il est facile de préciser le nombre somme toute important de récipiendaires, de lauréats et de lauréates, il est beaucoup moins aisé de saisir toute la mesure de leurs diverses contributions tant celles-ci sont imposantes, en plus d’être essentielles à la promotion et à l’avancement de la vie française en Amérique. Les actions de ces personnes et de ces organisations en faveur du français, qui plus est, leur engagement envers leur milieu, insufflent un supplément de vitalité indispensable à cette langue si largement minoritaire sur ce continent. Leur mérite est considérable, leur attachement à notre langue commune est exemplaire. De le souligner de façon solennelle comme nous le faisons ce soir dans l’enceinte de l’hôtel du Parlement du Québec, seul État majoritairement francophone en Amérique du Nord, est source de satisfaction et de grande fierté pour le Conseil supérieur de la langue française.


Le Conseil est également fier et heureux de remettre le prix littéraire Émile-Ollivier.


Parlant d’anniversaires, je ne saurais passer sous silence le fait que 2013 marque le 350e anniversaire de l’arrivée des premières Filles du roi en Nouvelle-France. Non seulement elles sont les aïeules d’un très grand nombre de personnes au Québec, au Canada et aux États-Unis, mais elles ont aussi participé directement à la diffusion de la langue française dans la colonie laurentienne en la transmettant comme langue maternelle à des milliers de Canadiens de l’époque, une transmission qui se poursuit toujours. Bien sûr, le français ne se transmet pas uniquement comme langue maternelle, surtout de nos jours, mais également par l’enseignement, le travail, l’art, la littérature et la chanson.


Ce bref retour sur les origines du français en Nouvelle-France me mène à rappeler combien cette langue s’est enracinée sur ce continent. Pour reprendre à ma façon  Félix Leclerc, qui nous a quittés il y a 25 ans, je dirais que la langue française a fait non seulement le tour de l’île, elle a fait son p’tit bonheur de chemin; ses souliers ont beaucoup voyagé, aux quatre coins de l’Amérique. Des barachois et poulamons de la côte atlantique jusqu’aux vastes prairies et aux saskatoons de l’Ouest, des bayous et chaouis de la Louisiane — le chaoui étant un raton laveur — jusqu’aux bœufs musqués et aux inconnus du cercle arctique — l’inconnu étant une espèce de poisson —, la langue française a nommé de nouvelles réalités typiques du Nouveau Monde. Tout en maintenant des liens étroits avec les variétés de français parlées en Europe, elle s’est métissée et réinventée en fonction des besoins de dénomination sans cesse renouvelés et selon les aléas de l’Histoire. Vivante, elle continue de le faire au rythme des nouveautés technologiques et culturelles. Cette richesse lexicale est à l’image de la diversité des populations francophones du continent.


Par leurs réalisations, les récipiendaires et lauréats de ce soir exaltent en nous la fierté d’appartenir à cette francophonie d’Amérique, de parler cette langue française qui est devenue l’une des vitrines privilégiées du Nouveau Monde.


Ma patrie, c’est la langue française, a bien dit Albert Camus, dont c’est le centenaire de la naissance cette année. J’aime particulièrement cette citation. De façon simple, elle illustre un pouvoir immense que possède toute langue, celui de créer une appartenance, une patrie dont les dimensions géographiques n’ont de limites que celles de la dispersion de ses locuteurs. Une patrie de l’esprit qui transcende les différences sociales, culturelles, ethniques et politiques. De ce point de vue, on peut dire que les récipiendaires de l’Ordre des francophones d’Amérique, les lauréats du Prix du 3-Juillet-1608 et du prix littéraire Émile-Ollivier sont non seulement des citoyens de la langue française, mais de véritables patriotes.


Avant de redonner la parole à notre maîtresse de cérémonie, j’aimerais prendre quelques instants pour rendre hommage aux membres du Conseil dont le mandat est arrivé à terme cette année : messieurs Winston Chan et Jocelyn Létourneau, ainsi que mesdames Mélanie Joly et Sylvia Martin-Laforge. Je les remercie très sincèrement de leur engagement au sein du Conseil. J’en profite également pour souhaiter la bienvenue aux nouveaux membres du Conseil : madame Rachida Azdouz, ainsi que messieurs James Archibald, Guillaume Marois et Éric Poirier.


En terminant, je tiens à remercier chaleureusement les membres des différents jurys qui ont donné de leur temps afin de sélectionner les lauréats et récipiendaires que nous honorons ce soir. Un merci particulier à madame Lorraine Pagé, membre du Conseil, qui a été présidente du jury de l’Ordre des francophones d’Amérique et du Prix du 3-Juillet-1608, et à madame Monique Lachance, directrice de l’information au Conseil, qui a agi à titre de présidente du jury du prix littéraire Émile-Ollivier.


Je tiens enfin à souligner le travail accompli par le personnel du Conseil, qui assure le succès de cette cérémonie, année après année.


Au nom des membres du Conseil supérieur de la langue française et en mon nom personnel, j’adresse mes plus sincères félicitations à chacun des récipiendaires et des lauréats.


Je vous remercie de votre attention.

 

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