Transcription de l'allocution de Michel Dubé

Monsieur le Ministre,
Monsieur le Maire,
Monsieur le Président du Conseil supérieur de la langue française,
Chers amis de la langue française en Amérique,

Je veux d'abord remercier le Conseil supérieur de la langue française de cette précieuse reconnaissance que vous nous accordez ici aujourd'hui. Je me dois de remercier l'Assemblée communautaire fransaskoise qui a soumis mon nom cette fois, comme elle le fait si fidèlement depuis 1978! C’est au nom de mes dix prédécesseurs fransaskois à l'Ordre des francophones d'Amérique, dont mon père, Albert Dubé, en 1987, que j'accepte cet honneur. Sans l'ombre d'un doute, c'est grâce à ces grands Fransaskois et à ces grandes Fransaskoises que non seulement je suis francophone, Fransaskois, Canadien français et francophone d'Amérique, mais que mes enfants et petits-enfants le sont aussi, 350 ans après l'arrivée du seul Dubé ici même à Québec et par la suite à l'île d'Orléans! C'est pour cette jeune génération surtout ainsi que par principe de justice sociale et de reconnaissance historique et culturelle que nous sommes impliqués dans la défense de la langue française partout.

À l'extérieur du Québec, nous sommes 2,6 millions de personnes à parler le français au Canada. En Amérique, le Québec compris, nous sommes plus de 20 millions de personnes de souche française!

Venant d'un milieu francophone très minoritaire – les Fransaskois représentent moins de 2 % de la population de la Saskatchewan –, je comprends très bien les défis auxquels font face mes compatriotes des autres provinces et territoires canadiens. La pente est raide, le découragement peut être omniprésent, et nos petites communautés sont fragiles! Comment faire pour réduire les risques ? Les mieux nantis doivent appuyer les moins favorisés. Le Conseil supérieur de la langue française est un allié important dans la valorisation du fait français en Amérique, et je vous en remercie sincèrement. Tout en sachant les efforts entrepris jadis et ceux en cours à l'heure actuelle pour assurer la pérennité du fait français en Amérique, il est nécessaire que les institutions publiques ainsi que les gouvernements nationaux, provinciaux et municipaux soient encore plus créatifs, proactifs et généreux à notre endroit! La participation citoyenne doit être encouragée pour contrer cet individualisme social qui semble dominer notre société.

Je suis optimiste à ce sujet lorsque j'observe des actions rassembleuses, telles que la mise en place par le Québec et le Centre de la francophonie des Amériques du Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique. Plutôt que de nous retirer dans nos petits îlots individuels soi-disant pour « nous protéger », élargissons nos frontières et reprenons notre place sur les territoires que nous, francophones d'Amérique, avons tant contribué à fonder! Nous avons tous et toutes une histoire à partager, des terroirs à promouvoir et des accents dont il faut être fiers!

Merci à vous tous!