Transcription de l'allocution de Pierre Boutet

Mesdames et Messieurs récipiendaires de l'Ordre et lauréate du Prix,
Madame la Ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Langue française,
Madame la Conseillère municipale et membre du comité exécutif de la Ville de Québec,
Mesdames et Messieurs les membres du corps consulaire,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Mesdames et Messieurs les Secrétaires généraux, Sous-ministres et Présidentes et Présidents d’organismes publics,
Mesdames et Messieurs les invités,

Bienvenue à cette cérémonie de remise des prix et distinctions du Conseil supérieur de la langue française. 

C'est pour moi avec grand plaisir, à titre de président du Conseil, que nous procédons, pour une 40e année, à cette remise des insignes de l'Ordre des francophones d'Amérique et du Prix du 3-Juillet-1608.

Ces distinctions, je vous le rappelle ainsi, sont décernées à des personnes – que vous connaîtrez davantage sous peu – qui se sont distinguées par leur attachement à la langue française.

Leurs mérites sont de cette manière reconnus parce que, d'ici comme d'ailleurs, elles ont explicitement manifesté leur volonté de la voir s'épanouir.  

Ce rendez-vous annuel est important à double titre, d'abord parce qu'il permet de prendre toute la mesure des réalisations de ces personnes ou des organismes dans lesquels elles s'investissent, et aussi parce qu'il permet de souligner de nouveau que l'attachement à la langue française, sa promotion, et davantage encore, sa défense, participent à sa vitalité.

À ce jour, et sur 40 ans, plus de 350 personnes et 32 organisations ont vu leurs contributions saluées, ne s’agissant pas ici, vous l'aurez compris, que d'un simple décompte. 

Seul État majoritairement francophone en Amérique, le Québec est un des piliers de la francophonie, et c'est d'ici et de l'Acadie que le français s'est propagé en Amérique.

À ce titre, il est permis de dire qu'à l’instar de la France, les francophones de ces terres, comme ceux du centre et de l'ouest du Canada, ont contribué à faire de la langue française une langue aujourd'hui parlée sur les 5 continents, et ce, par plus de 300 millions de locuteurs.

Il y a maintenant plus de 40 ans que le Québec s'est doté d'un  instrument qui permettait de faire du français une langue officielle, reconnue comme langue du travail, de l'enseignement, des communications, du commerce, des affaires et de l'Administration.

Cette Charte a sans conteste autorisé qu'une impulsion ait été donnée, qu'une route ait été tracée et qu'un chemin ait été parcouru jusqu'à aujourd'hui, mais ces avancées ne doivent occulter d'autres défis.

Dans un avis publié en 2015, le Conseil rappelait que bien qu'elles ne fassent pas explicitement l'objet de dispositions dans la Charte, la qualité et la maîtrise de la langue n'en demeurent pas moins deux composantes essentielles au maintien et au rayonnement du français au Québec, voire assurément ailleurs aussi dans la francophonie.

L'intérêt que porte le Conseil à l'amélioration de la maîtrise de la langue française est notamment lié à la volonté d'assurer sa vitalité et de protéger son statut de langue commune. 

Dans un contexte de concurrence avec d'autres langues, la capacité qu'a le français de se maintenir, sinon d'occuper davantage l'espace public, est liée à la maîtrise qu'en ont les citoyens. 

Ainsi, les stratégies d'amélioration de la maîtrise du français doivent considérer, davantage que jamais, les personnes issues de l'immigration, étant entendu que de faibles compétences linguistiques constituent un facteur d'exclusion. 

Le Conseil est aussi d'avis que le français est le fondement sur lequel s'appuient tous les apprentissages scolaires et que sa maîtrise, parce qu'elle ouvre l'accès à la connaissance et aux savoirs, favorise la réussite. L'amélioration des compétences en français passe donc nécessairement par l'école.

Le Conseil jugeait enfin dans l'un de ses mémoires, rendu public il y a plus de 25 ans, que la langue, par son rôle et ses fonctions, est la matrice de la culture. Bien davantage qu’un outil d'expression et de communication, elle en est un d'appréhension du réel et du savoir. Elle est bien évidemment créatrice d'identité. 

Par ailleurs, s'il est reconnu que différentes actions doivent être mises en œuvre par les gouvernements et leurs appareils afin de renforcer et de façonner nos propres identités francophones, la langue française ne saurait toutefois se maintenir, s'ancrer davantage, voire briller sans que des personnes et des organisations s'engagent, au quotidien, à en assurer la protection et la promotion. 
Les parcours des récipiendaires et de l'organisation lauréate que nous honorons ce soir s'inscrivent dans ces perspectives.

Personnalités dont les actions sont déterminantes, ils défendent la langue française et la font rayonner dans leur domaine d'activité, qu'ils soient linguiste, chercheur, auteur-compositeur, administrateur ou professeur.

L'impulsion qu'ils impriment à la vitalité de cette langue, en Acadie, en Ontario, dans l'Ouest canadien, au Québec, aux États-Unis et en Pologne, mérite d'être reconnue. 

Au nom des membres du Conseil supérieur de la langue française et en mon nom, je tiens à féliciter ainsi les récipiendaires de l'Ordre des francophones d'Amérique et l'organisation lauréate du Prix du 3-Juillet-1608.

En terminant, je remercie les membres du jury qui, sous la présidence de madame Lorraine Pagé, membre du Conseil et ici présente, ont sélectionné les récipiendaires et l’organisation lauréate. Je veux également souligner le concours du personnel du Conseil et de la chargée de projet, Marie-Pier Falardeau, tous participant de nouveau cette année à la tenue de cet événement. 

Je vous remercie de votre attention et vous je souhaite une bonne soirée.