Transcription de l'allocution d'Allister Surette

Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Je voudrais d’abord remercier très sincèrement les membres du Conseil supérieur de la langue française et les personnes qui ont présenté et appuyé ma candidature pour cet honneur que vous m'attribuez ici aujourd'hui. Je vous en suis très reconnaissant.

Je suis originaire de Pubnico, un petit village acadien situé dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. L'industrie primaire est la pêche; j'ai donc naturellement grandi et travaillé, dès un très jeune âge, dans l'usine familiale de transformation de poisson. Je suis issu d'un système scolaire dont l'enseignement était largement en anglais, y compris les livres et les matériels scolaires.

De plus, ma famille n'était aucunement impliquée dans la francophonie ou en politique, donc le fait de poursuivre des études universitaires, d'enseigner dans les écoles publiques, de devenir député et ministre, d'occuper les postes de président-directeur général d'un collège communautaire et de recteur universitaire est certainement un parcours particulier comparativement aux autres membres de ma famille.

Ce n'est pas avant l'âge de 31 ans, c’est-à-dire en 1993, lorsque je me suis lancé en politique, que j'ai vraiment découvert l'Acadie, la francophonie canadienne et la francophonie internationale. L'élément déclencheur et ce qui a fait que la francophonie m'intéresse et retient mon attention ont été, d'abord, ma nomination, par le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, à titre de conseiller spécial pour l'établissement du système scolaire pour la gestion des écoles homogènes de langue française dans la province, suivie de mes premières visites en Louisiane, où j'ai rencontré des Cajuns fiers de leur culture et de la langue française.

Ces expériences et d'autres qui ont suivi m'ont laissé un sens des responsabilités. Je suis motivé à offrir un leadership dans différents dossiers afin d'appuyer ma communauté locale, provinciale et nationale. Nos communautés en milieu minoritaire à l'extérieur du Québec, surtout celles en milieu rural, font face à de nombreux défis et ont besoin d'un soutien particulier. L'appui et l'engagement des gouvernements municipaux, du gouvernement provincial et du gouvernement fédéral sont cruciaux pour la survie et l'épanouissement de ces communautés. Évidemment, j'ai espoir pour la vitalité future de nos communautés, et c'est la raison pour laquelle j'y consacre autant de temps et d'efforts.

Nous avons déjà fait du chemin. Depuis l'établissement d'un système de gestion des écoles francophones en Nouvelle-Écosse, c'est-à-dire du Conseil scolaire acadien provincial (CSAP) en 1995, mes deux filles, nées en 1991 et 1994, ont bénéficié d'une éducation uniquement en français et sont donc maintenant parfaitement bilingues. Ma plus vieille a même poursuivi ses études postsecondaires en français et est détentrice d’un baccalauréat ès arts/baccalauréat en éducation de l'Université Sainte-Anne.

Malgré nos nombreuses victoires, nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers. D'un océan à l'autre, nos communautés continuent de lutter pour faire respecter leurs droits et pour faire vivre leur langue et leur culture. C'est une bataille que l'on ne peut pas mener seul. Nous devons continuer à nous mobiliser, à travailler ensemble avec nos voisins et nos alliés pour gagner encore plus de terrain et assurer un futur prospère pour notre francophonie.

Je voudrais conclure mon témoignage en affirmant avec ma profonde conviction qu'il est crucial que ceux et celles d'entre nous qui peuvent offrir un leadership doivent le faire, car la survie, l'épanouissement et la vitalité de nos communautés en dépendent.