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Suzanne de Courville Nicol

Transcription de l'allocution de Suzanne de Courville Nicol

Monsieur le Ministre,
Madame la Conseillère municipale et membre du comité exécutif de la Ville de Québec,
Monsieur le Président du Conseil supérieur de la langue française,
Mesdames et Messieurs, chers amis et invités,
Chers membres de ma famille,

Courage, patience et persévérance! Voilà la devise qui m'anime!

Je tiens d'abord à remercier les membres du Conseil supérieur de la langue française et les personnes qui ont appuyé ma candidature pour ce grand honneur que vous me faites aujourd'hui.

Je dis merci à monsieur Ben Van De Walle, chevalier de l'Ordre de la Pléiade. Franco-Albertain voué au développement économique depuis des décennies, il est mon grand ami, appuyant tous mes projets depuis 1989. Je lui dis merci d'avoir présenté ma candidature et davoir cru que je méritais de me joindre à cette liste de personnes distinguées, membres de l'Ordre des francophones d'Amérique.

Un merci spécial à mon frère défunt, Jacques de Courville Nicol, mon mentor et mon héros, défenseur légendaire de la langue française et des droits linguistiques en Ontario de 1960 jusqu'à ses derniers jours à la fin du mois d'août 2018.

Je remercie mes enfants Catherine et Daniel Sawyer. Leur naissance, en 1981 et en 1983, à La Ronge, en Saskatchewan, a bouclé ma vocation, ce choix de leur permettre de vivre et de grandir en français, là où l'éducation en français n'était qu'à sa phase embryonnaire. Je les remercie aussi pour leur choix d'éduquer leurs enfants – mes cinq petits-enfants – en français à Kamloops, en Colombie-Britannique, et à Airdrie, en Alberta.

Notre famille a du sang amérindien. Les documents obtenus par Roydon Hughes, mon neveu chercheur, confirment que le 6 novembre 1644, à Québec, Marie-Olivier Manitouabéouich épousait Martin Prévost; ce sont là mes neuvièmes arrière-arrière-grands-parent. Il s'agit du premier mariage officiel entre un Blanc et une Amérindienne.

Je crois que ce métissage de sang et de racines francophones et autochtones a fait de nous, les de Courville Nicol, les guerriers-défenseurs naturels de la langue française de notre pays.

« La peur est une réaction. Le courage est une décision. » – Winston Churchill

À Ottawa, en 1967, au moment où je commençais ma carrière en communications à la Société Radio-Canada, je n'aurais jamais imaginé l'avenir qui m'attendait. Au fil des années, certains moments révélateurs et une accumulation d'affrontements et de moments difficiles m'ont donné le courage de me dévouer à l'épanouissement, au rayonnement et à la défense de notre chère langue française dans l'Ouest canadien.

Aucune puissance sur cette terre ne peut détruire la soif de respect, d'égalité et de dignité humaine. Les francophones du Canada ont soif depuis 1837, confrontés alors au rapport conflictuel et à la politique d'assimilation voulue par Lord Durham.

« Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. » – Jean de La Fontaine

Ce que nous sommes, ce que nous devenons, c'est surtout grâce à ceux et à celles qui ont appuyé nos efforts au fil des ans; mais c'est aussi grâce aux individus qui nous font trébucher et qui sont prêts à tout faire pour bloquer nos efforts. Vous les connaissez, ils sont partout. En bonne Canadienne, je les appelle « les gardiens de but », ces gens qui ne veulent pas que quelqu'un marque des points, au détriment et au risque d'affaiblir la force et le poids politique de la grande famille francophone de leur coin.

« Le succès est le fils de la persévérance. » – Pierre-Édouard Lémontey (1826)

« On doit savoir d’où on vient, pour savoir où on s’en va. »

Je suis très fière des projets uniques du Bureau de visibilité de Calgary, dont je suis fondatrice et présidente. Fière surtout du livre intitulé Rouleauville. Le berceau de Calgary (1899-1907), ouvrage amorcé en 2012 en partenariat avec mon collègue et très bon ami Ken LaPointe et qui documente les moments et les faits incontournables de l’histoire et du patrimoine français de Calgary, ainsi que ceux qui touchent la francophonie de l'Ouest canadien, de 1871 à 2019.

Les blessures qui ne sont pas visibles sont plus douloureuses que celles qui peuvent être traitées physiquement.

Il s'agit maintenant de célébrer nos succès et, pour chacun d'entre nous, de nous demander si nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour continuer à bâtir le Canada français, le Québec et la francophonie d'Amérique de nos rêves.

Merci.