Transcription de l'allocution de Pierre Boutet

Mesdames et Messieurs les récipiendaires de l’Ordre des francophones d’Amérique,
Messieurs les représentants des organisations lauréates du Prix du 3-Juillet-1608,
Madame la présidente du Conseil du trésor et ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne,
Madame la Conseillère municipale et membre du comité exécutif de la Ville de Québec,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Mesdames et Messieurs membres du corps consulaire,
Mesdames et Messieurs les invités d’honneur,
Mesdames et Messieurs,

Bienvenue à cette cérémonie associée aux prix et distinctions du Conseil supérieur de la langue française.

C’est pour moi un grand plaisir, à titre de président du Conseil, de procéder à cette 42e remise des insignes de l’Ordre ainsi que du Prix du 3-Juillet-1608.

Ces distinctions, je vous le rappelle ainsi, sont décernées à des personnes – que vous connaîtrez davantage sous peu – qui se sont distinguées par leur attachement à la langue française et qui, ici comme ailleurs, ont explicitement manifesté leur volonté de la voir s’épanouir. 

Ce rendez-vous annuel est important à double titre, d’abord parce qu’il permet de prendre toute la mesure des réalisations de ces personnes ou des organismes dans lesquels elles s’investissent, et aussi parce qu’il nous autorise à souligner de nouveau le fait que la promotion de la langue française et davantage encore sa défense participent à sa vitalité.

Il y a maintenant près de 45 ans que le Québec s’est doté de la Charte de la langue française, laquelle a sans conteste autorisé qu’une impulsion ait été donnée, qu’une route ait été tracée et qu’un chemin ait été déjà parcouru.

Ces avancées seront suivies sous peu d’une nouvelle étape, dans la perspective de l’adoption d’une révision de cet instrument, et plusieurs défis demeurent.

Je n’entends pas ici faire référence à la langue de travail, à la francisation des immigrants ou encore à l’affichage public, d’autres forums s’y prêtent mieux, mais sinon à la qualité et à la maîtrise de la langue française, questions qui reviennent périodiquement dans l’actualité, qui circulent dans la sphère publique et qui s’inscrivent comme préoccupation constante de la société québécoise.

Qu’il s’agisse des dossiers de l’analphabétisme, de la littératie, de la formation des enseignants, de l’épreuve uniforme de français au niveau collégial ou encore des lacunes du français oral et des productions écrites, les inquiétudes persistent d’une décennie à l’autre.

Le Conseil a depuis 1977 produit plus d’une vingtaine d’ouvrages, d’études et de rapports traitant de ces sujets sous divers angles.

À cet égard, dans un avis publié en 2015, il rappelait que bien qu’elles ne fassent pas à ce jour explicitement l’objet de dispositions dans la Charte, la qualité et la maîtrise de la langue n’en demeurent pas moins deux composantes essentielles au rayonnement du français au Québec, voire assurément ailleurs aussi dans la francophonie.

Pour le Conseil, la qualité et la maîtrise de la langue sont des sujets qui ne peuvent être dissociés de la volonté d’assurer sa survie et sa vitalité au Québec, et de protéger au même moment son statut de langue commune.

Aussi, dans un contexte de concurrence avec d’autres langues, la capacité qu’a le français de se maintenir, sinon d’occuper davantage l’espace public, est liée à la maîtrise qu’en ont les citoyens.

Le Conseil est aussi d’avis que le français est le fondement sur lequel s’appuient tous les apprentissages scolaires et que sa maîtrise, parce qu’elle ouvre l’accès à la connaissance, favorise la réussite.

Davantage qu’un seul outil d’expression et de communication, la langue, en lien indissociable avec la culture, est aussi un mode d’appréhension du réel. Elle est bien évidemment créatrice d’identité.

S’il est enfin reconnu que différentes actions doivent être mises en œuvre par les gouvernements et leurs appareils afin d’améliorer la pratique de la langue française, de valoriser son usage et de renforcer les identités francophones, cette langue ne saurait toutefois s’ancrer davantage, voire briller, sans que des personnes et des organisations s’y engagent au quotidien.

Les parcours des récipiendaires et des organisations lauréates que nous honorons ce soir s’inscrivent dans ces perspectives.

Personnalités dont les actions sont déterminantes, ils défendent la langue française et la font rayonner dans leur domaine d’activité.

L’impulsion qu’ils impriment à la vitalité de cette langue, en Acadie, en Ontario, dans l’Ouest canadien, au Québec, aux États-Unis, en Suède et en Allemagne, mérite d’être reconnue.

Au nom des membres du Conseil supérieur de la langue française et en mon nom, je tiens donc à les en féliciter.

En terminant, je remercie les membres du jury qui ont sélectionné les récipiendaires et les organisations lauréates.

Je veux aussi remercier mes collaboratrices dans l’opération, soit la chargée de projet Marie-Pier Falardeau, ainsi que Maryse Savard, Marlène Dionne et Natalie Tremblay.

Merci également à notre duo musical composé de Louis-Solem Pérot, violoncelliste, et de Marie-Christine Roy, violoniste.

Je tiens enfin à souligner la présence parmi nous ce soir de récipiendaires de l’Ordre des années précédentes, soit madame Martine Galibois-Barss et messieurs Robert Auclair, Yves Frenette, Conrad Ouellon et Gilles Pellerin.

Je vous remercie de votre attention et vous souhaite une bonne soirée.