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Ordre des francophones d'Amérique

L'Ordre des francophones d'Amérique

L'Ordre des francophones d'Amérique est une décoration décernée annuellement depuis 1978 par le Conseil supérieur de la langue française. Cette distinction reconnaît les mérites de personnes qui se sont consacrées ou qui se consacrent au maintien et à l'épanouissement de la langue française en Amérique, ou qui ont accordé leur soutien à l'essor de la vie française sur le continent américain.

Les insignes de l'Ordre sont constitués d'une médaille et d'une fleur de lys stylisée portée à la boutonnière, qui représente le symbole de l'Ordre. Les récipiendaires reçoivent également un parchemin calligraphié, signé par le premier ministre du Québec, le ministre responsable de la Langue française ainsi que par le président du Conseil supérieur de la langue française.

Sept récipiendaires sont nommés annuellement, soit deux pour le Québec et les cinq autres pour l'Acadie des provinces de l'Atlantique, l'Ontario, l'Ouest canadien, les Amériques et les autres continents.

Voici la liste complète des récipiendaires de l'Ordre depuis 1978.

Françoise Lionnet

Née à l’île Maurice, Françoise Lionnet grandit dans une famille mauricienne d’origine bretonne par son père, dont les aïeux arrivent à Maurice vers la fin de la période coloniale française. Par sa mère et sa grand-mère aux origines mixtes – provençale, hollandaise et sud-africaine –, elle apprend très tôt la valeur de la diversité raciale, religieuse et culturelle. À l’âge de huit ans, elle passe six mois en Afrique du Sud, où elle apprend à parler couramment l’anglais, et acquiert aussi des notions d’afrikaans (cet autre créole) et de zoulou.

À Maurice, elle fait ses études primaires et une partie de ses études secondaires. Ses parents s’installent à La Réunion en 1962, et elle y termine sa scolarité, obtenant son baccalauréat de philosophie en 1966 avant d’être admise en hypokhâgne au lycée Mignet, à Aix-en-Provence. Étant l’aînée de quatre enfants, elle quitte le pays et poursuit ses études supérieures à Aix, bénéficiant de bourses et de séjours linguistiques au Clare College, à Cambridge, en Angleterre, puis à Munich, en Allemagne.

Sa famille lui manque, mais elle ne reviendra dans l’océan Indien que pour de rares vacances, étant engagée dans un parcours qui va l’amener à Ann Arbor, en Amérique du Nord, en 1969, après l’obtention d’une bourse d’échange avec l’Université du Michigan, où elle se forme à l’enseignement du français, langue étrangère. Elle y décroche sa maîtrise en 1971 et, plus tard, son doctorat. Elle passe les années 1970 à Toronto comme enseignante à Ryerson, avant de terminer sa thèse. Elle se marie, suit son mari qui enseigne à la New School for Social Research à New York, donne naissance à deux enfants et déménage à Chicago, où elle sera en poste à la Northwestern University jusqu’en 1998, année où elle accepte un poste à Los Angeles, ville-monde tentaculaire dont la diversité et la multiplicité lui rappellent l’île Maurice à une tout autre échelle.

En 1996, ayant obtenu une bourse Fulbright pour enseigner à l’Université de Maurice, elle redécouvre le quotidien de son pays d’origine après des décennies d’absence. Elle renouvelle son contact avec ses frères et sa sœur, et avec les écrivains et les chercheurs mauriciens. Directrice pendant dix ans d’un programme soutenu par la Fondation Mellon, elle laisse une profonde influence sur les études transnationales et encourage les échanges entre Maurice et les États-Unis. En 2015, elle obtient un poste à Harvard et se réjouit de pouvoir y enseigner les cultures de l’océan Indien.

C’est notamment pour son engagement dans la reconnaissance de la multiplicité des cultures et des littératures francophones dans les études universitaires américaines, pour sa défense de la diversité langagière dans un contexte de mondialisation, et pour son soutien aux jeunes chercheurs que le Conseil supérieur de la langue française lui décerne l’Ordre des francophones d’Amérique.