Transcription de l'allocution de Tanja Niemann, directrice générale du Consortium Érudit

Madame la Ministre,
Madame la Conseillère municipale et membre du comité exécutif de la Ville de Québec,
Monsieur le Président du Conseil supérieur de la langue française,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

À l'époque où Érudit a été lancé à la fin des années 1990, peu de chercheurs et de citoyens possédaient une connexion Internet, et même le moteur de recherche Google n’existait pas encore.

Or, l'intérêt croissant des revues scientifiques pour une diffusion numérique existe bel et bien. C’est donc grâce à une collaboration visionnaire entre l'Université de Montréal, l'Université du Québec à Montréal et l’Université Laval qu'Érudit devient, six ans après sa fondation, un consortium interuniversitaire. 

La plateforme devient également le lieu de diffusion des revues savantes soutenues par le Fonds de recherche du Québec, et 29 revues supplémentaires y sont diffusées : Anthropologie et sociétés, Cinémas, Phytoprotection, Théologiques et Voix et Images, pour ne citer que quelques exemples. Plus récemment, Érudit est reconnu comme l'une des Initiatives scientifiques majeures (ISM) au Canada par la Fondation canadienne pour l’innovation et demeure au jour d'aujourd'hui la seule ISM en sciences humaines et sociales. 

Le rassemblement derrière cette initiative marque l'importance de la diffusion des résultats de la recherche et représente la volonté de la communauté scientifique de s'approprier ses outils de production et de diffusion. Une plateforme faite ici, pour la recherche d'ici, et gouvernée par cette même communauté. 

Aujourd'hui, 20 ans après notre fondation, nous pouvons dire que la mission d'Érudit est plus que réussie : la plateforme erudit.org offre l'accès à l'un des plus grands corpus scientifiques et culturels francophones. 

Car la collection d'Érudit ne s’arrête pas au seul contenu québécois, puisque sont également diffusées des publications issues d'autres provinces canadiennes, et de la grande francophonie. Chaque année, ce sont ainsi plus de 6 000 nouveaux articles qui viennent alimenter ce corpus, présentant les dernières avancées de la recherche en sciences humaines et sociales : anthropologie, droit, économie, histoire, littérature, sociologie… et même en sciences politiques! 

La qualité des recherches publiées et la mise en place de stratégies de partenariat avec plusieurs centaines de bibliothèques et d'institutions à travers le monde font que le rayonnement de ces contenus dépasse largement nos frontières. En offrant une tribune sans égale à des milliers de chercheurs et d'auteurs, Érudit est fier de contribuer à la diffusion de leurs idées, et au renforcement des liens entre les différentes communautés francophones partout dans le monde.

Alors qu'un oligopole d'éditeurs commerciaux menace la richesse et la diversité des publications scientifiques, Érudit a su devenir une véritable voie de diffusion non commerciale, garantissant ainsi l’indépendance intellectuelle, idéologique et financière des revues savantes et culturelles francophones du Québec. 

Les infrastructures indépendantes de diffusion de la recherche gagnent actuellement en reconnaissance en Europe et ailleurs. C'est pourquoi il est impératif de solidifier nos infrastructures québécoises et canadiennes de diffusion numérique, afin de bonifier ces vitrines exceptionnelles pour nos chercheurs.

L'équipe d'Érudit, les membres du conseil d'administration et les universités associées du consortium sont très fiers de recevoir le Prix du 3-Juillet-1608. Et car nul ne sera jamais trop Érudit, nous allons poursuivre nos actions en faveur de l'accès aux connaissances scientifiques et culturelles, avec la confiance en l'avenir que nous donne cette marque de soutien.