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Formation en anglais dans les établissements universitaires francophones

2021-07-29

La formation en anglais dans les établissements universitaires francophones du Québec Québec, le 29 juillet 2021 – Il y a une présence de l’anglais dans l’offre de formation des quinze établissements universitaires francophones du Québec, mais elle se manifeste dans des proportions moindres que ce que laissaient présager certaines tendances, alors que près de 90 % des programmes recensés permettent d’obtenir une formation entièrement et exclusivement en français. Cette présence se manifeste aussi dans des domaines d’études particuliers.

Tels sont deux des constats de l’étude rendue publique aujourd’hui par le Conseil supérieur de la langue française et intitulée La formation en anglais dans les établissements universitaires francophones du Québec.

L’objectif de l’étude consistait à brosser le portrait de l’offre des programmes pouvant être poursuivis partiellement ou totalement en anglais, telles qu’étaient établies leurs structures au printemps et à l’automne 2020 de même qu’à l’hiver 2021.

 Les programmes ont en conséquence été répertoriés et catégorisés en fonction de la présence plus ou moins grande de l’anglais dans leur configuration même. On doit ici comprendre par « présence de l’anglais » le fait qu’un programme permette d’obtenir un certain nombre ou la totalité des crédits afférents par des cours dans lesquels l’enseignement se déroule en anglais.
 
Au total, ce sont 2 713 programmes qui ont été recensés et leur structure de cours analysée, soit 492 certificats, 92 mineures avec diplôme, 68 majeures avec diplôme, 530 baccalauréats, 891 maîtrises, 328 DESS et 312 doctorats.

La présence de cours offerts en anglais dans chacun d’eux a été établie en fonction de six catégories, lesquelles reflètent le pourcentage maximal de crédits de cours en anglais pouvant être obtenus à l’intérieur d’un programme pour l’obtention d’un diplôme (de la catégorie 1, avec 100 % de crédits de cours en français, jusqu’à la catégorie 6, avec 100 % de crédits de cours en anglais).

L’étude comporte aussi un premier chapitre qui propose un rappel des avis et des publications du Conseil supérieur de la langue française en lien avec la place du français dans les activités scientifiques, de même que dans la formation universitaire au Québec, alors que son second chapitre donne un aperçu de l’offre de formation en langue anglaise dans l’enseignement supérieur en Europe, dans des sociétés dont l’anglais n’est pas la langue nationale.

Portrait selon les catégories

Des 2 713 programmes recensés dans l’étude, plus de 88,5 % sont de catégorie 1 et permettent ainsi d’obtenir une formation entièrement et exclusivement en français, faisant en sorte qu’un peu plus d’un dixième de l’offre globale peut comporter une composante en anglais plus ou moins importante.

En y ajoutant les programmes de catégorie 2, cela fait en sorte que près de 95 % de tous les programmes des quinze établissements universitaires francophones du Québec ne comportaient pas, au moment de la recension, de composantes permettant d’obtenir plus de 19 % de crédits de cours en anglais.

Pour leur part, les programmes des catégories 5 (de 80 % à 99 % de crédits de cours en anglais) et 6 (100 % de crédits de cours en anglais) se révèlent relativement marginaux, comptant en tout, avec 39 programmes, pour 1,4 % de l’ensemble.

Ce recours à la langue anglaise semble ainsi s’exercer dans des proportions moindres que ce que laissaient présager soit une tendance internationale dans les pays n’ayant pas l’anglais comme langue nationale, soit une tendance qui avait déjà cours au Québec au regard de la langue des productions à caractère scientifique ou soit encore la tendance qu’auraient les établissements québécois à faire en sorte d’attirer une clientèle internationale, souvent anglophone.

Domaines d’études

Les domaines d’études associés aux 39 programmes des catégories 5 et 6 sont en bonne part, soit à 59 %, liés à la gestion et à l’administration des affaires, bien qu’ils soient aussi présents dans les autres catégories.

Le poids relatif ici recensé de ces domaines pourrait en partie s’expliquer par le fait que la langue anglaise est généralement considérée comme étant la langue privilégiée des affaires, ce qui pourrait inviter à son recours dans certains programmes de formation. Ce phénomène est aussi non seulement observable en Europe, mais il l’avait déjà été plus tôt par le Conseil dès 2012 et même par d’autres avant lui.

Accessibilité linguistique

Il est important de souligner que si un programme peut être suivi partiellement ou entièrement en anglais, et alors classé dans la catégorie afférente, ce même programme peut aussi, le cas échéant, être suivi entièrement ou partiellement en français. Le caractère exclusif ou non des formations offertes en anglais a permis d’évaluer ce que nous avons alors qualifié « d’accessibilité linguistique ».

Ainsi, 30 des 39 programmes (77 %) des catégories 5 et 6, à savoir celles permettant d’obtenir de 80 % à 100 % de crédits de cours en anglais, pouvaient aussi être suivis entièrement en français. En d’autres termes, rares sont les cas pour lesquels un programme, voire un cours, offert en anglais revêt un caractère exclusif et ne permettrait pas alors à un étudiant de suivre un même parcours universitaire en français.

Portrait selon les établissements

Tous les établissements universitaires francophones au Québec offrent, comme il se doit et bien évidemment, des programmes de catégorie 1, à savoir là où la formation peut être suivie entièrement et exclusivement en français, les différences s’affichant plutôt dans l’importance relative de cette catégorie par rapport aux autres.

Cinq établissements n’offrent que des programmes de catégorie 1, deux le font dans des proportions de 98 % à 99 % et quatre dans des rapports de 86 % à 94 %, soit 3 ainsi onze des quinze établissements. Pour trois autres, les proportions des programmes de catégorie 1 varient de 63 % à 79 %, ce qui fait en sorte que la présence de l’anglais s’y manifeste de façon plus marquée qu’ailleurs. Enfin, pour un établissement, cette catégorie compte pour 28 % des programmes.

Les programmes de catégorie 6, soit ceux qui permettent d’obtenir la totalité des crédits de cours en anglais, sont présents dans sept établissements, dont cinq dans des proportions relativement marginales, soit inférieures ou égales à 1 %, les deux autres à hauteur de 14 %. En conséquence, on retrouve huit établissements où il est impossible de suivre un quelconque programme offert entièrement en anglais.

Précisons toutefois que si un programme peut être suivi partiellement ou entièrement en anglais, il peut aussi l’être entièrement ou partiellement en français. Considérant l’objet de l’étude, ce programme a été classé et comptabilisé en fonction de l’importance de la présence de l’anglais. Un établissement peut ainsi afficher un pourcentage relativement élevé de programmes offerts dans les catégories dans lesquelles il y a présence de l’anglais, sans interdire que la totalité ou une partie de ces programmes soit aussi offerte entièrement en français.

La recension effectuée n’a pas permis par ailleurs de dessiner de tendances spécifiques qui permettraient de distinguer de façon particulière les deux ensembles ou univers constitués des cinq universités à charte et des dix établissements du réseau de l’Université du Québec. Ces entités sont d’ailleurs différentes les unes des autres à l’intérieur même de ces deux grands ensembles. Il ne semble pas non plus apparaître de liens significatifs entre l’offre de programmes en anglais et la présence de l’établissement francophone sur le territoire de l’île de Montréal.

Conclusion générale

Cette recherche visait à faire état de constats et de tendances en ce qui a trait à l’offre de formation en anglais dans les établissements universitaires francophones du Québec et, en ce sens, bien qu’ils y soient nommément identifiés et leurs offres de cours recensées à un moment donné, il est entendu qu’il ne s’agissait pas de leur délivrer au même moment des certificats de bonne conduite ni de mener un exercice de contrôle au regard de la mise en œuvre des politiques linguistiques de ces établissements.

La présence de l’anglais dans la formation universitaire francophone au Québec se manifeste de diverses manières, des témoignages, des relevés ou des enquêtes en faisant montre. Il peut s’agir en cela des travaux exigés, des lectures imposées, des examens soumis, des plans de cours déposés, du matériel pédagogique disponible, sinon de la tenue de séminaires et de la production de thèses. L’anglais occupe aussi une place importante du côté de la recherche universitaire et des publications scientifiques. Le Conseil ne peut que déplorer ces tendances.

Il n’en demeure pas moins, selon ce que démontre la recension effectuée, que les programmes eux-mêmes sont essentiellement offerts en français.

Les raisons, les motifs et les conjonctures qui permettraient d’expliquer la présence plus ou moins grande de l’offre de formation en anglais dans les établissements universitaires francophones du Québec sont à la fois nombreux et variés, certains étant propres à la dynamique linguistique québécoise.

Cette présence s’inscrit aussi dans des perspectives et des tendances qui se manifestent dans d’autres sociétés occidentales où l’anglais n’est pas la langue nationale, et elle résulte de plus de la position de la langue anglaise dans les univers économique, social et culturel.

Bien qu’elle soit moins forte que présumée et plus marquée dans certains établissements que dans d’autres, l’offre de formation en anglais à l’enseignement universitaire francophone au Québec apparaît comme un sujet d’intérêt et comme un phénomène qui, selon le Conseil, mérite une observation constante, étant donné l’attrait déjà important de la langue anglaise dans diverses sphères d’activités au Québec et son incidence potentielle sur la carte de formation que pourraient établir les établissements universitaires, sur la langue de transmission des connaissances, sur la langue de communication, sur les pratiques linguistiques futures des étudiants et, enfin, sur l’avenir même du français au Québec.

À propos du Conseil supérieur de la langue française

Le Conseil a pour mission de conseiller le ministre responsable de la Langue française sur toute question relative à la langue française au Québec. De plus, il peut informer le public sur toute question qui concerne le français au Québec.
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Source : Conseil supérieur de la langue française Téléphone : 418 643-2740 Courriel : cslf@cslf.gouv.qc.ca

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